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La police fédérale belge confrontée à des difficultés de recrutement

13 sept. 2018, PAR Acteurs Publics
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Credit : Daina Le Lardic / Isopix//ISOPIX_isopix3716/Credit:SIPA

En raison de la pénurie d’agents de police en Belgique, le ministère des Affaires intérieures souhaite procéder à 1 400 embauches nouvelles par an. Face au manque de candidats, le ministère est accusé d’abaisser le niveau, ce qu’il réfute. Mais il reconnaît que les procédures de recrutement sont grippées.


“Les cadres d’évaluation durant le processus de recrutement de la police doivent être plus sévères et plus stricts afin qu’il y ait moins de marge d’interprétation.” Ce commentaire du ministre belge des Affaires intérieures, Jan Jambon, intervient après les révélations du journal De Standaard, le 8 septembre dernier, où des témoignages anonymes indiquaient que des candidats jugés insatisfaisants ou ayant commis des délits pouvaient néanmoins entreprendre la formation de police.

“À aucun moment, il n’a été question d’exercer des pressions pour laisser passer des candidats, bien au contraire”, a rétorqué le porte-parole du ministre, jugeant les informations relayées par le quotidien “inexactes et incomplètes”. Il a cependant reconnu que certains candidats étaient connus pour consommation de drogues ou infraction au code de la route.

Taux de réussite de 95 %

Selon les chiffres officiels, le pourcentage de candidats au poste d’inspecteur – la majeure partie des aspirants – réussissant la sélection a doublé, de 7 à 14 %, entre 2014 et 2017. À l’issue de la formation, qui dure un an, le taux de réussite est de 95 %.

D’après le Syndicat national des personnels de police et de sécurité belge (SNPS), seule la moitié des 1 400 inspecteurs de police recherchés cette année a pu être recrutée. Face au manque de candidats, le taux de réussite des sélections doit certes augmenter, mais “le niveau d’exigence ne peut pas être abaissé”, estime le ministre.

Point de mire des critiques de tous bords, la procédure de sélection est jugée trop lente. “Il peut parfois s’écouler un an avant que les candidats reçoivent le résultat d’une seule épreuve, a commenté le porte-parole du ministre. La procédure de sélection actuelle est trop longue. Après des années de désinvestissement dans la police, nous comptons bien rattraper le temps perdu.”

“Machine grippée”

En mai dernier, un audit demandé par Jan Jambon avait établi que les procédures de recrutement des policiers étaient insuffisantes. Le rapport avait porté ses critiques sur les services de recrutement de la police, qui regroupe 97 personnes, et avait recommandé une réorganisation en profondeur ainsi que l’introduction de procédures de recrutement plus simples. “Nous pressentons que cela ne fonctionne pas, avait alors réagi le porte-parole du ministre. Cet audit confirme que la machine est grippée.”

La police belge est confrontée à un problème d’image en tant qu’employeur et doit faire face à une véritable guerre des talents, où elle est en concurrence avec des entreprises privées. Illustration de cette difficulté, la dernière campagne estivale visant à constituer la nouvelle direction de la sécurisation – qui remplacera, à terme, les militaires patrouillant dans la rue –, semble prendre du retard. “Le ministre a proposé d’alléger les critères en matière sportive, ce que les syndicats ont refusé”, a commenté Frédéric Fortunato, permanent syndical au SNPS.

Jean-Bernard Gallois