Quantcast

Le préfet de la région Paca chargé d’une concertation par Édouard Philippe

13 sept. 2018, PAR Shahinez Benabed
  • 03
    MIN
  • 0

UGO AMEZ/SIPA

Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et des Bouches-du-Rhône depuis novembre dernier, Pierre Dartout est un ancien élève de la célèbre promotion Voltaire de l'ENA, qui a aussi été celle de l’ancien Président François Hollande.


Le Premier ministre, Édouard Philippe, a chargé le préfet de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, d’une “concertation” visant au possible agrandissement de la métropole Aix-Marseille-Provence et à sa fusion avec le département des Bouches-du-Rhône, selon une lettre de mission.

Cette concertation, qui doit se tenir d’ici la mi-novembre, portera “sur le périmètre de la métropole, notamment pour apprécier l’opportunité de procéder à une fusion intégrale de celle-ci avec le département des Bouches-du-Rhône, ainsi que le champ de compétences qu’elle doit exercer”, écrit le Premier ministre dans ce courrier daté du lundi 10 septembre.

Pour mémoire, la métropole Aix-Marseille-Provence, dont le président LR, Jean-Claude Gaudin, vient de démissionner [lire notre article sur le sujet], a été créée le 1er janvier 2016 en lieu et place de 6 intercommunalités. Elle regroupe aujourd’hui 62,4 % de la superficie et 91,5 % de la population des Bouches-du-Rhône, soit près de 1,8 million d’habitants. Seules 29 communes du département n’en font pas partie.

“Au terme de deux années d’existence, un premier bilan pointe un certain nombre d’évolutions dans sa gouvernance et son fonctionnement qui permettraient à la métropole de gagner en efficacité, en visibilité et en affirmation”, juge Édouard Philippe dans sa lettre adressée au préfet. Par ailleurs, le Premier ministre envisage de “rendre” aux communes certaines compétences de la métropole “qui nécessitent une approche de proximité”, sans toutefois dire lesquelles.

Préfet de Paca depuis 2017

Pierre Dartout, quant à lui, est préfet de la région Paca et des Bouches-du-Rhône depuis novembre dernier. Âgé de 64 ans, diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d’une licence de droit, il est également passé par les bancs de l’ENA, dans la célèbre promotion Voltaire de 1980, qui a aussi été celle de l’ancien Président François Hollande. Pierre Dartout a notamment occupé plusieurs postes dans la préfectorale. Préfet de la région Aquitaine, puis Nouvelle-Aquitaine (qui a un temps été baptisée Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes) entre 2015 et 2017, il a aussi été préfet de Champagne-Ardenne, préfet de la Marne de 2013 à 2015 et préfet du Val-de-Marne de 2010 à 2013. Pierre Dartout avait par ailleurs, et entre autres, été préfet de plusieurs départements entre 1998 et 2007 : dans les Pyrénées-Orientales, la Drôme, les Pyrénées-Atlantiques et le Var.

Il a aussi notamment été délégué interministériel à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar) de 2009 à 2010 et directeur du cabinet, entre 2007 et 2008, du président de l’Assemblée nationale de l’époque, à savoir Bernard Accoyer, ainsi que directeur adjoint de cabinet, entre 1993 et 1994, de Dominique Perben, alors ministre des Départements et Territoires d’outre-mer.

Avec AFP

Un “modèle lyonnais” qui ne fait pas l’unanimité

Le projet de fusion de la métropole avec le département des Bouches-du-Rhône intervient alors que la question des délimitations entre les métropoles et les départements est un des points “chauds” des relations entre le gouvernement et les collectivités locales. Plusieurs départements (en Île-de-France, Haute-Garonne, Loire-Atlantique, Gironde, Alpes-Maritimes) redoutent en effet le modèle de la métropole de Lyon, qui a récupéré l’intégralité des pouvoirs du département à l’intérieur de son périmètre. Les présidents des conseils départementaux de Haute-Garonne, de Gironde, de Loire-Atlantique, des Alpes-Maritimes et du Nord ont ainsi écrit lundi à Emmanuel Macron pour lui redire leur opposition à ce “modèle lyonnais”. Ce dernier leur “paraît contenir le risque irrévocable d’accentuer davantage les fractures territoriales qui affaiblissent notre pays”, écrivent-ils dans une lettre obtenue par l’AFP.