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Un plan sur la mixité femmes-hommes dans les armées confié à une contre-amirale

14 sept. 2018, PAR Emilie Coste
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Cette contre-amirale doit notamment réfléchir à des actions visant à consolider l'égalité professionnelle dans les armées et lutter contre les comportements sexistes.


Lors des questions au gouvernement, mercredi 12 septembre, la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé devant l’Assemblée nationale avoir confié l’élaboration d’un plan pour favoriser la mixité femmes-hommes dans les armées et lutter contre les comportements sexistes à la contre-amirale Anne de Mazieux. Jusqu’ici chargée de mission sur la question* auprès du directeur des ressources humaines du ministère des Armées depuis mai dernier, la contre-amirale devrait ainsi être prochainement nommée directrice de projet.

“Nos armées doivent être attractives, modernes et ouvertes”, a souligné la ministre, ajoutant qu’au “ministère des Armées, comme dans toute la société, l’égalité hommes-femmes doit être une réalité concrète, et non pas un objectif d’affichage”.

Avec un taux de féminisation de 15 %, l’armée française est la quatrième la plus féminisée au monde, selon le gouvernement. Par ailleurs, comme l’a entre autres rappelé Florance Parly, la loi de programmation militaire (LPM) prévoit des mesures visant à faciliter l’engagement et la parentalité. Mais selon cette dernière, “ce n’est pas assez”.

Conclusions attendues pour 2019

Dans le cadre de sa mission, dont les conclusions sont attendues pour le printemps 2019, Anne de Mazieux aura la responsabilité de proposer “un vaste plan Mixité, qui aura pour objet de consolider l’égalité professionnelle, de veiller à la conciliation entre vie familiale et engagement militaire et de poursuivre la lutte contre tous les comportements sexistes”, a en outre expliqué Florence Parly, ajoutant que le mot d’ordre sur ce dernier point était la “tolérance zéro”. Rappelons que dans une enquête datant de mars dernier, nos confrères de Libération avaient notamment fait état de faits de harcèlement sexiste et moral au sein des classes préparatoires du lycée militaire de Saint-Cyr.

Née en 1961, Anne de Mazieux, notamment passée par l’École d’administration de la Marine, l’École nationale des Chartes, a notamment été responsable du suivi de la féminisation à bord des bâtiments de la Marine, de sa mise en œuvre au sein des unités et de l’évaluation du moral des équipages, à la cellule “Conditions de vie” du cabinet du chef d’état-major de la Marine entre 1998 et 2000. Elle a ensuite été cheffe de cabinet du commandant du porte-avions Charles-de-Gaulle et responsable de la communication opérationnelle du bâtiment (2000-2002).

Plus tard dans sa carrière, Anne de Mazieux fut notamment cheffe du bureau “Porte-parole” à la direction de la communication du ministère de la Défense (Dicod), entre 2006 et 2008, avant d’être affectée, en janvier 2009, au secrétariat général du Conseil de l’Union européenne, auprès de Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère et de la sécurité commune. Cette même année, elle est devenue “plume” du chef d’état-major de la Marine, à l’époque Pierre-François Forissier.

Après avoir officié auprès de l’Union européenne comme conseillère du président du comité militaire, à l’époque le général Patrick de Rousiers (2012-2015), Anne de Mazieux a pris les fonctions de cheffe de la section “Personnel, moral, formation” à l’état-major des armées, entre 2015 et 2017. À ce titre, elle était également conseillère de Pierre de Villiers, alors chef d’état-major des armées, et de ses adjoints pour la condition militaire, le moral, la concertation et l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Elle a notamment élaboré un plan d’amélioration de la vie quotidienne des militaires et de leurs familles, qui a ensuite été décliné sous la forme du “plan Famille” ministériel.

 

* Mission dans le cadre de laquelle elle est chargée de conduire la démarche de labellisation du ministère relative à “l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes”.