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Déficits : l’Italie dans le collimateur de la Commission européenne

28 sept. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, au centre, avec (à gauche) le ministre du Travail, Luigi Di Maio (M5S) et le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini - Alessandro Di Meo/AP/SIPA

La décision du gouvernement italien de coalition (M5S et Ligue) d’afficher un déficit de 2,4 % du PIB sur les trois prochaines années a suscité une vive réaction de Bruxelles. Rome assure ne pas vouloir aller au conflit.


Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a estimé, vendredi 28 septembre, que le budget italien, qui prévoit un déficit public de 2,4 % du PIB sur les trois prochaines années, “paraît hors des clous” des règles européennes.

Dans sa première réaction après la décision de la coalition au pouvoir en Italie – alliant le Mouvement 5 étoiles, populiste, et la Ligue, d’extrême droite – d’accroître le déficit, Pierre Moscovici, qui a qualifié “d’explosive” la dette publique italienne – elle se situe à environ 132 % de son PIB –, a affirmé que les règles de la zone euro devaient “être respectées”

Jeudi 27 septembre, le gouvernement italien a décidé de porter le déficit à 2,4 % du PIB, contre 0,8 % prévu par le précédent gouvernement de centre-gauche. Au terme d’un dur et long bras de fer avec le ministre modéré des Finances, Giovanni Tria, qui plaidait pour un déficit à 1,6 % pour éviter toute tension, le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue ont obtenu gain de cause.

Le dialogue commence, selon Rome

Pierre Moscovici souhaite désormais discuter avec les autorités italiennes, notamment avec le ministre des Finances, qu’il rencontrera lundi 1er octobre. “Les sanctions sont théoriquement possibles, car elles sont prévues par les traités. [Mais] je ne suis pas dans l’esprit des sanctions”, a-t-il assuré. 

De son côté, le vice-Premier ministre italien, Luigi di Maio, a souligné vendredi que Rome n’entendait pas “aller au conflit” avec la Commission européenne. “Maintenant débute le dialogue avec l’Union européenne et avec les grands investisseurs privés”, a-t-il déclaré lors d’un colloque à Rome.

Le taux d’emprunt italien s’est nettement tendu à l’ouverture des marchés ce vendredi, les investisseurs se montrant nerveux après cette annonce, tandis que la bourse de Milan perdait près de 2 %. L’euro commençait lui-même à accuser le coup face au dollar.

(avec AFP)