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Sur ses déficits, l’Italie fait un pas en avant, un pas en arrière

3 oct. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le Premier ministre italien, Guiseppe Conte - © Reiner Zensen/PHOTOWEB/SIPA

La pression exercée par la Commission européenne sur l’Italie a peut-être porté ses fruits. Rome pourrait ramener ses prévisions de déficits publics à un niveau plus acceptable pour Bruxelles et surtout pour les marchés financiers.


Le gouvernement italien pourrait céder à la pression de Bruxelles et revoir ses prévisions de déficit à la baisse pour 2020 et 2021, afin d’apaiser les inquiétudes des marchés, selon des informations publiées par la presse mercredi 3 octobre.

L’Italie, qui a présenté la semaine dernière un budget prévoyant un déficit de 2,4 % du PIB pour les trois prochaines années, prévoirait désormais de contenir ce déficit à 2,2 % en 2020 et à 2 % en 2021, selon le Corriere della Sera et La Repubblica. La Commission européenne, qui devra examiner ce projet à partir du 15 octobre, avait jugé que les objectifs initiaux paraissaient “hors des clous”.

Mardi soir, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, avait déjà tenté de rassurer les marchés en promettant d’accélérer la réduction de la dette publique du pays, qui représente aujourd’hui 131 % de son produit intérieur brut (PIB). Il n’a cependant donné aucun chiffre et le gouvernement n’a officiellement pas changé de ligne par rapport à son projet initial.

Tensions entre Bruxelles et Matteo Salvini

Mercredi, Guiseppe Conte devait à nouveau rencontrer les chefs des partis qui forment la coalition gouvernementale, la Ligue et le Mouvement Cinq Étoiles (M5S). 

Les tensions avec Bruxelles sont loin d’être apaisées puisque mardi soir, le vice-Premier ministre, Matteo Salvini (Ligue), a vivement attaqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, coupable selon lui de déstabiliser l’Italie en inquiétant les investisseurs au sujet du budget. 

Ces derniers jours, le spread, c’est-à-dire l’écart entre les taux d’emprunt italien et allemand à dix ans, a fortement grimpé pour dépasser, mardi soir, les 300 points (contre 233 mercredi), une preuve de la nervosité des marchés vis-à-vis de l’Italie. 

(avec AFP)