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L’ex-patron chinois d’Interpol retenu en Chine pour corruption

8 oct. 2018, PAR Acteurs Publics
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L'ex-président d'Interpol, Meng Hongwei, le 4 juillet 2017, lors du congrès mondial de l'organisation, à Singapour - Wong Maye-E/AP/SIPA

Meng Hongwei, nommé fin 2016 à la tête d’Interpol, a “accepté des pots-de-vin”, a annoncé Pékin lundi 8 octobre, quelques heures après la démission subite du chef de l’organisation policière mondiale.


La Chine a mis fin dans la nuit à la rocambolesque disparition du président d’Interpol, Meng Hongwei, en annonçant que ce dernier faisait l’objet d’une enquête dans son propre pays. Celui est qui également vice-ministre de la Sécurité publique en Chine “a accepté des pots-de-vin et est soupçonné d’avoir violé la loi”, a annoncé Pékin dans un communiqué, sans fournir de précisions sur ces accusations.

Le communiqué du ministère de la Sécurité publique est présenté comme un compte-rendu d’une réunion organisée lundi 8 octobre dans la cellule du Parti communiste chinois (PCC) du ministère. Le texte ne précise pas si les accusations imputées à Meng Hongwei relèvent de ses fonctions ministérielles ou bien de celles qu’il exerçait à Interpol. Il n’est pas non plus précisé s’il a ou non été placé en détention. L’enquête “illustre clairement la détermination du camarade Xi Jinping”, le Président chinois, à combattre la corruption, se contente de commenter le ministère.

Disparition “inquiétante”

Interpol, organisation internationale basée à Lyon, avait annoncé, quelques heures plus tôt, la démission “avec effet immédiat” de son président. Son épouse, Grace Meng, qui avait signalé sa disparition “inquiétante” à la police française jeudi 4 octobre, a déclaré pour sa part dimanche à Lyon que son mari, âgé de 64 ans, était “en danger”. Parlant à des journalistes, elle a révélé que le dernier message reçu du téléphone de son mari, le 25 septembre alors qu’il venait d’arriver en Chine, ne comportait qu’un émoticone représentant un couteau. 

Meng Hongwei, nommé fin 2016 à la tête d’Interpol, est loin d’être le premier haut responsable chinois à succomber à la campagne contre la corruption lancée par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir, fin 2012. Populaire dans l’opinion publique, cette campagne, qui a sanctionné plus de 1,5 million de cadres, est également soupçonnée de servir à éliminer des opposants internes à la ligne de M. Xi.

Mais le cas de M. Meng, qui a gravi les échelons de l’appareil sécuritaire chinois au temps où celui-ci était dirigé par un rival du président Xi Jinping, est une première au sein de grandes institutions internationales. Ledit rival, Zhou Yongkang, purge actuellement une peine de prison à perpétuité après avoir été condamné en 2015 pour corruption, abus de pouvoir et divulgation de “secrets d’État”.

(avec AFP)