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Pour l’Italie, les taux d’emprunt ne reflètent pas la situation du pays

9 oct. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le ministre de l'Économie et des Finances, Giovanni Tria, à Rome, le 3 octobre 2018 - Giuseppe Lami/AP/SIPA

Selon le gouvernement italien, qui subit la pression de Bruxelles et du Fonds monétaire international, la fébrilité sur les marchés autour de la situation budgétaire du pays “disparaîtra” une fois que son programme de politique économique sera approuvé par le Parlement.


La forte hausse des taux d’emprunt pour la dette italienne “ne reflète pas les données fondamentales du pays”, a jugé, mardi 9 octobre, le ministre italien de l’Économie, Giovanni Tria, en se disant confiant dans l’évolution de l’économie de la péninsule.

En raison des inquiétudes autour du budget italien, le spread, c’est-à-dire l’écart entre les taux d’emprunt italien et allemand à dix ans, s’est largement accru ces derniers jours. “Une fois que le programme de politique économique sera approuvé par le Parlement, l’incertitude qui a pesé sur les titres d’État ces derniers mois disparaîtra”, a tenté de rassurer Giovanni Tria devant les commissions des finances du Parlement.

Le nouveau gouvernement populiste prévoit un déficit public à 2,4 % du PIB l’an prochain – contre 0,8 % prévu par le précédent exécutif de centre-gauche –, puis à 2,1 % en 2020 et à 1,8 % en 2021. Même si cela représente une amélioration par rapport à la première annonce de ce gouvernement, la Commission européenne a fait état d’une “déviation significative” par rapport au parcours engagé précédemment et par rapport aux recommandations européennes.

“Baisser le ton”

Rome base son budget sur des prévisions de croissance de 1,5 % en 2019, 1,6 % en 2020 et 1,4 % en 2021. Le ministre a qualifié, mardi 9 octobre, ces prévisions de “prudentes”, estimant qu’“elles pouvaient être largement dépassées” grâce notamment aux mesures prises pour favoriser les investissements et qui doivent, selon lui, avoir un impact positif sur la croissance dès 2019.

Le ministre de l’Économie, tout comme le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, ont par ailleurs souligné “la nécessité de baisser le ton” dans le cadre des discussions avec l’Union européenne, mais le premier vice-président du Conseil, Matteo Salvini, a répété mardi que l’exécutif ne reviendrait pas sur les décisions annoncées.

Le même jour, le Fonds monétaire international (FMI) a demandé à l’Italie “de maintenir les réformes faites sur les retraites et le marché du travail”. “Une marche arrière sur les réformes ou la mise en œuvre de politiques qui nuiraient à la soutenabilité de la dette déclencherait une forte hausse du spread”, a prévenu l’institution.

(avec AFP)