Quantcast

Votre journal Acteurs Publics

économie

THEMES

TYPES D'ARTICLES

JOURNALISTES




Les députés valident la transformation de l’Afpa en établissement public

Le texte adopté le 18 janvier par l’Assemblée nationale et qui sera transmis au Sénat ratifie l’ordonnance du 10 novembre 2016 portant création au sein du service public de l’emploi de l’établissement public chargé de la formation professionnelle des adultes. Un changement de statut entré en vigueur depuis le 1er janvier.

20/01/2017 | ACTUALITÉ

L’Assemblée nationale a donné, le 18 janvier, son feu vert au changement de statut de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), afin d’assurer la pérennité de cette structure dont la situation financière reste “fragile”, ont souligné les députés. Le texte adopté, qui sera transmis au Sénat, permet de ratifier l’ordonnance du 10 novembre 2016 portant création, au sein du service public de l’emploi, de l’établissement public industriel et commercial (Epic) chargé de la formation professionnelle des adultes. Elle est entrée en vigueur au 1er janvier. Le changement de statut de l’Afpa, décidé en 2015, avait été approuvé en décembre par le conseil d’administration du leader de la formation professionnelle, créé en 1949. L’Afpa forme chaque année quelque 150 000 personnes, dont 100 000 demandeurs d’emploi et 50 000 salariés. L’association avait frôlé la cessation de paiement en 2012, étant touchée de plein fouet par l’ouverture du marché de la formation à la concurrence en 2009. Inquiétudes sur tous les bancs La secrétaire d’État à la Formation professionnelle, Clotilde Valter, a mis en avant dans l’Hémicycle la “nécessité d’une évolution en profondeur” du statut de l’Afpa, pour des raisons “à la fois juridiques et économiques”. Elle a défendu un “formidable outil” permettant aux “personnes éloignées de la formation et de l’emploi de retrouver un parcours professionnel”, et a dit la confiance du gouvernement “dans la solidité du modèle qui a été construit” et dans “les personnels” de l’Afpa, laquelle bénéficiera de 110 millions d’euros de financements de l’État pour 2017. Si le texte a obtenu le soutien de tous les groupes, les députés ont formulé des inquiétudes sur la situation financière de l’Afpa, qui reste “extrêmement fragile”, selon le rapporteur, Jean-Patrick Gille (PS), pour qui toutefois “les fondements du redressement de l’Afpa sont désormais posés”. Départs et souffrance au travail Jean-Louis Costes (LR) s’est ainsi soucié “de l’avenir de l’agence”, tandis que Sonia Lagarde (UDI) a formulé des “craintes” sur une situation économique qui “reste fragile” et appelé à la vigilance pour les personnels alors que “le plan d’économies engagé il y a quatre ans devrait se poursuivre en 2017 et 2018”, la direction ayant évoqué “300 départs par an sur un effectif de 8 000 personnes”. Au nom du Front de gauche, Jacqueline Fraysse s’est, elle aussi, préoccupée de la question de “la pérennité financière qui reste posée” et de “la situation sociale et (du) devenir des personnels”, alors que “les syndicats s’inquiètent pour l’activité et dénoncent régulièrement la souffrance au travail née de la désorganisation généralisée et de l’insuffisance des effectifs”. Avec AFP


La Cour des comptes prépare un audit des finances publiques pour l’après-présidentielle

Le Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a annoncé, le 19 janvier, l’initiative de la Rue Cambon de “préparer la conduite d’un audit général des finances publiques” qui sera publié en juin. Si l’évolution des dépenses publiques paraît maîtrisée, il a évoqué plusieurs “contraintes”, parmi lesquelles la “forte dynamique salariale” dans les administrations. 

19/01/2017 | ACTUALITÉ

Le propos est certes (comme toujours) mesuré, mais la mise en garde bien réelle. Alors que s’ouvre une campagne présidentielle dont l’issue incertaine pourrait se conjuguer avec des promesses non chiffrées, Didier Migaud, Premier président de la Cour des comptes, stigmatise “les élixirs d’alchimiste” et autres “annonces incertaines” pour mieux privilégier “de vrais remèdes dont les principes actifs sont plus efficaces et plus durables”. La France reste souffrante, a glissé le Premier président de la Cour des comptes, jeudi 19 janvier, à l’occasion de l’audience solennelle de rentrée de son institution, à laquelle assistaient le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, et quelques-uns des membres de son gouvernement, quand bien même l’évolution globale des dépenses publiques apparaît davantage maîtrisée. “Le redressement de nos comptes publics est encore loin d’être acquis et nos finances publiques sont encore fragiles et vulnérables”, a-t-il martelé. Et d’annoncer que la Cour avait “d’ores et déjà pris l’initiative de préparer la conduite d’un audit général des finances publiques” dans le cadre du prochain rapport sur la situation des finances publiques publié en juin. Satisfecit sur les dépenses des collectivités Voilà donc les promesses électorales priées de respecter la trajectoire des finances publiques. Quand bien même “la poursuite du redressement des comptes publics n’est pas une fin en soi”, plutôt “une condition sine qua non de la préservation et du renforcement de nos services publics”. Les magistrats des comptes, a pris soin de souligner en substance Didier Migaud, ne sont pas hors sol, déconnectés des maux de la France, victimes “d’un trouble obsessionnel comptable ou d’une myopie” (sic) qui borneraient leur horizon “en leur faisant donner la priorité au redressement présent plutôt qu’aux vertus des investissements pour l’avenir”. Si l’évolution des dépenses apparaît “davantage maîtrisée aujourd’hui qu’elle ne l’était hier”, avec notamment un satisfecit sur les dépenses locales, les “contraintes” relevées par la Rue Cambon sont multiples. Parmi elles, outre l’incertitude quant au niveau à venir des taux d’intérêt de la dette et les efforts budgétaires liés au renforcement de la sécurité intérieure et extérieure, Didier Migaud a évoqué “la très forte dynamique salariale constatée dans les administrations publiques depuis 2016” sous l’effet des mesures telles que la hausse du point d’indice des fonctionnaires (+ 0,6 % en juillet 2016 et + 0,6 % en février 2017), le protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR) et certaines revalorisations catégorielles. Le Premier président a par ailleurs appelé à davantage d’évaluation – “Trop souvent encore les réformes sont entreprises sans évaluation préalable de l’existant” – et d’expérimentation pour favoriser les démarches d’innovation. Et a formulé des vœux en la matière pour 2017… 


En Tunisie, les projets industriels sacrifiés sur l’autel de la bureaucratie

7 548 projets d’investissement industriel, totalisant la création de 236 000 emplois, sont tombés à l’eau entre 2005 et 2015. En cause principalement, la complexité des démarches administratives et l’hostilité du climat d’affaires dans le pays.

18/01/2017 | ACTUALITÉ

Six cents projets de création d’entreprises en moyenne par an ont échoué en Tunisie entre 2005 et 2015. Selon une étude que vient de rendre publique l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), ces investissements dont le coût est estimé à environ 4 milliards d’euros, totalisent 236 000 emplois. Plus d’un tiers concerne le secteur de l’agroalimentaire. Le reste a ciblé les industries mécaniques et électriques. À l’origine de cet énorme gâchis, la machine bureaucratique qui entrave l’initiative économique et affecte l’ensemble des acteurs, même les plus imposants. L’étude révèle à ce sujet que plus de la moitié des projets non réalisés porte sur des investissements importants dont le coût est égal ou supérieur à 2 millions d’euros. La plupart (70 %) devaient aussi voir le jour dans les régions de l’est du pays, qui ont ainsi perdu la chance de régler leurs problèmes de sous-développement et de chômage. Cette partie du territoire tunisien a d’ailleurs connu les plus violentes manifestations qui ont conduit à la chute du régime de Ben Ali il y a six ans. Depuis, la situation s’est enlisée. Le bilan de l’APII montre que le taux d’échec des projets industriels a augmenté avec une moyenne de 900 par an entre 2011 et 2015. Durant cette période de grande instabilité politique, 2 000 entreprises ont par ailleurs fermé leurs portes dont un quart dirigé par des étrangers. Résultat : le chômage a connu une hausse importante en 2016. Le nombre des sans-emploi a dépassé les 600 000 pour une population active de 4,5 millions de personnes.  Lenteur des procédures Même s’il ne s’est pas exprimé publiquement sur l’étude de l’APII, le gouvernement partage néanmoins le constat qui y est fait. Saida Ounissi, ministre d’État en charge de la Formation professionnelle et de l’Initiative privée, assure que 80 % des projets d’entreprenariat se trouvent bloqués à cause de la lenteur des procédures. Le ministre de l’Investissement, du Développement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, a reconnu pour sa part, lors d’une audition parlementaire en octobre dernier, qu’outre la situation sécuritaire, la corruption et la lourdeur bureaucratique ont de profondes répercussions sur l’activité économique. “L’investissement pourrait évoluer de 10 % si l’administration se débarrasse des obstacles qui l’empêchent de jouer pleinement son rôle”, a-t-il précisé. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, estime de son côté que les fonctionnaires tunisiens ont l’obligation d’améliorer leurs rapports avec le monde de l’entreprise, en brisant les carcans qui brident leurs actions. Pour mieux les aiguiller, l’État a mis en place un dispositif de simplification des démarches administratives et fiscales qui a abouti à la suppression de dizaines de procédures, jugées superflues. Selon un sondage réalisé pour le compte d’une organisation de jeunes patrons il y a quelques semaines, la totalité des interrogés (un peu plus de 400 dirigeants de PME) pense que le gouvernement doit faire mieux en matière de lutte contre la bureaucratisation, estimant qu’elle constitue la première source d’inquiétude, devant l’instabilité du climat politique et social dans le pays. Corruption Autre problème capital : les pratiques de prévarication largement répandues dans le secteur des marchés publics et qui nuisent à l’économie. Chawki Tabib, qui préside depuis peu la Commission nationale de lutte contre la corruption, estime que 25 % du volume des marchés finance les opérations de pots-de-vin et les commissions. L’ampleur de la corruption est d’ailleurs l’une des raisons qui ont empêché les hommes d’affaires étrangers de revenir. Résultat : les investissements directs étrangers (IDE) sont en chute libre. Ils ont diminué de 5 % en 2015. Durant la même période, le taux global d’investissement a été estimé à 19,4 % du PIB. Tablant sur une relance de l’économie en 2017, le gouvernement multiplie les gestes de bonne volonté. Devant les participants à la conférence internationale sur l’investissement organisée à Tunis début décembre, Le Premier ministre, Youssef Chahed, s’est engagé à rendre la Tunisie plus attractive pour les investisseurs étrangers. “Nous finirons par améliorer le climat d’affaires et vaincre toutes les difficultés”, a-t-il réitéré ces derniers jours, devant des chefs d’entreprises allemandes en visite dans le pays. Samia Lokmane-Khelil


Theresa May souligne que le Royaume-Uni “quitte l’Union européenne mais pas l’Europe”

Tout en confirmant le scénario d’un Brexit clair et net et une sortie du marché unique, la Première ministre britannique a insisté sur la nécessité d’un retrait par étapes et d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne.

17/01/2017 | ACTUALITÉ

C’est le scénario d’un “hard” Brexit qu’a dessiné, ce mardi 17 janvier, Theresa May dans un discours très attendu. Le Brexit signifiera la sortie du Royaume-Uni du marché unique, a ainsi clairement affirmé la Première ministre britannique en dévoilant point par point son plan de sortie, près de sept mois après le vote historique. “Ce que je propose ne peut pas signifier une appartenance au marché unique”, qui nous empêcherait de négocier “nos propres accords commerciaux”, a-t-elle déclaré à Londres.  Le résultat des négociations de sortie du pays de l’Union européenne sera soumis au Parlement, qui se prononcera par un vote, a aussi annoncé Theresa May. “Le gouvernement soumettra l’accord final à un vote des deux chambres du Parlement”, a-t-elle souligné, tout en insistant sur la nécessité d’une sortie par étapes pour éviter un “changement trop brutal déstabilisant”. Accord douanier avec l’UE La cheffe du gouvernement britannique a plaidé pour un nouvel accord douanier entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Elle souhaite ainsi la signature d’un accord de libre-échange “large et ambitieux” avec Bruxelles alors que 44 % des exportations britanniques sont allées vers le continent européen en 2015. “Je ne veux pas que le Royaume-Uni soit membre de la politique commerciale commune (de l’UE) et je ne veux pas que nous soyons liés aux tarifs extérieurs communs, ce sont des éléments de l’union douanière qui nous empêcheraient de conclure nos propres accords commerciaux avec d’autres pays, a-t-elle prévenu. Mais je veux que nous ayons un accord douanier avec l’UE.” “Nous quittons l’Union européenne mais pas l’Europe (…). Il faudra des compromis demandant de l’imagination des deux côtés”, a poursuivi la locataire du 10 Downing Street. Theresa May a également annoncé une reprise en main dans le domaine judiciaire, notamment via un départ de la Cour de justice de l’Union européenne et un renforcement des liens avec l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord, peu favorables au Brexit. (avec AFP)


Quand Michel Sapin emmène ses directeurs en "team-building"

Le ministre des Finances a organisé l’été dernier un séminaire de « renforcement d’équipe » avec certains membres de cabinets ministériels et une vingtaine de directeurs d’administration. Une initiative très inhabituelle pour les hauts fonctionnaires des Finances.

13/01/2017 | ACTUALITÉ

Au début de l’été, Argenton-sur-Creuse, petite commune de 5 000 âmes dans l’Indre, a accueilli la fine fleur de Bercy. Sur ses terres dans cette commune dont il a été le maire jusqu’en 2012, Michel Sapin, le ministre des Finances, flanqué de son secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, a tenu à organiser une séquence inhabituelle, un séminaire, avec certains membres de leurs cabinets respectifs, mais aussi et surtout avec les directeurs d’administration centrale (DAC). Si le ministre nommé à Bercy en 2014 a l’habitude d’organiser des séminaires avec son propre cabinet à son domicile et si les administrations ont elles-mêmes pris pour certaines le pli de séminaires internes hors les murs, la réunion des fameux deux étages – cabinets politiques d’un côté et administration de l’autre, deux mondes que leurs positionnements institutionnels respectifs placent en situation de tension feutrée – n’a semble-t-il jamais eu lieu. En tout cas, si tel a été le cas, personne ne se souvient d’une initiative semblable à Bercy, ni même dans un autre ministère d’ailleurs. Au point que la démarche a pu nourrir en amont un certain scepticisme. Un séminaire, mais pourquoi ? « La motivation du ministre reste une énigme, raconte après coup un directeur. Mais quand on est ressorti, on n’a pas trouvé ça idiot. On pouvait parler de tout et de rien, avec une vraie proximité avec le ministre et le cabinet. Je ne sais pas si on en retirera grand-chose mais en tout cas, je suis ressorti requinqué, car il ne faut pas se le cacher, dans une année préélectorale, ce n’est pas simple de se motiver. On se dit “ils sont partants…” » Le ministre Sapin, qui observe attentivement depuis deux ans ses ouailles – il rencontre les plus grands directeurs en tête-à-tête une fois tous les quinze jours en moyenne – dans ce ministère qu’il avait déjà dirigé vingt ans plus tôt sous la Présidence Mitterrand, a donc, en cette fin du mois de juin, décidé de bousculer leurs habitudes pendant deux jours, dont un de week-end. Loin du tumulte parisien. L’objectif ? Favoriser un meilleur fonctionnement interne et une plus grande compréhension des attentes de l’environnement extérieur par le truchement d’un intermède convivial où les directeurs ont l’occasion de mieux se connaître entre eux. Délier les langues Pour délier les langues, le patron a demandé à la cheffe de l’inspection générale des finances (IGF), Marie-Christine Lepetit, d’animer la première partie du séminaire, celle où les directeurs peuvent parler librement, hors sa présence et celle des cabinets. Puis le cercle s’élargit dans un second temps aux membres du cabinet et enfin, le deuxième jour, aux ministres. Michel Sapin a choisi la patronne de l’IGF pour sa fine connaissance de Bercy mais aussi parce qu’il ne la jugeait pas en situation de rivalité avec les autres DAC. Tout compte, à ce niveau-là. « Elle était aussi à même de poser un cadre méthodologique pour pouvoir aider les directeurs à essayer de travailler de manière collaborative et ouverte entre eux, en identifiant les sujets sur lesquels ils ont l’impression qu’il existe des marges de progression possibles dans le travail interdirectionnel », résume, avec un sens immodéré de la diplomatie, un proche du ministre. À Bercy comme ailleurs, la transversalité ne se décrète pas. L’ancienne patronne de la législation fiscale a sondé au préalable les attentes du monde extérieur vis-à-vis de Bercy, mais aussi l’Élysée et Matignon, ainsi qu’une poignée de jeunes du ministère. Outre un entretien avec Michel Sapin, elle a également rencontré les directeurs d’administration. Une manière de laisser dégorger les escargots, pour mieux purger les irritants. Lorsque la vingtaine de directeurs se retrouve en séminaire, des exercices constitués pour certains à partir des verbatims des entretiens anonymisés, les attendent. L’assemblée va par exemple répondre à une série de questions vrai-faux, de façon à tester le degré d’alignement de cet aréopage sur le ministre. L’idée, destinée à créer une dynamique de groupe, fonctionne. La salle se trompe, beaucoup. Comme avec cette diapositive projetée sur Powerpoint. « Le ministre a dit : en matière de communication, il faut être prudent. » Toute la salle répond vrai, sauf… que c’est faux. Michel Sapin viendra l’expliquer plus tard : les directeurs doivent prendre des risques et davantage communiquer, prenant le contre-pied de l’image des ministres toujours jaloux de leur communication – ce qui n’est, soit dit en passant, pas qu’une image. La communication politique du ministre, par exemple un passage au 20 heures, ne suffit pas pour expliquer un projet de transformation, est-il estimé. D’où cette invitation. C’est ainsi que dans les semaines suivantes, la communication de la direction générale des finances publiques va monter en puissance pour accompagner la présentation du prélèvement à la source, qui engendre un certain degré de suspicion, notamment au sein de la presse. Autre sujet de discussion très concret du week-end : l’élaboration des notes au ministre qui, semble-t-il, ne donne pas complètement satisfaction. Il remontait autant de notes qu’il y avait de directions sur des sujets pourtant communs. « L’idée, c’est de se dire que l’interdirectionnalité n’est pas assumée exclusivement au cabinet », analyse un baron. « Au niveau des notes, ça ne se passait pas mal, mais disons que ça pouvait mieux marcher », ajoute un collègue. Chantiers prospectifs Le fonctionnement a depuis été revu, pour tendre vers un schéma plus collaboratif, un peu sur le modèle de la Commission européenne, où aucune note transversale ne remonte au cabinet d’un commissaire sans avoir reçu le visa des directions générales concernées, même de celles qui n’ont rien trouvé à y redire. Histoire de s’assurer que tous les angles d’une même problématique ont bien été traités. Les relations entre les cabinets et les administrations, éternel sujet de débat, sont aussi abordées. Mais on n’en saura pas beaucoup plus sur leur contenu. « Nous sommes dans un univers assez viril, relève une source. Ici, les directeurs n’ont pas leur langue dans leur poche. Quand ils ont l’occasion de dire un truc, ils le disent. » Dans un registre plus conceptuel, le séminaire vise à approfondir le positionnement de Bercy sur des grands sujets, avec à la clé l’identification de quelques chantiers prospectifs. « Un reproche fait à Bercy consiste à dire qu’on est tout le temps en réaction, face à l’urgence, qu’on ne met pas de propositions sur la table. On entend beaucoup ces choses-là », confie un haut fonctionnaire. Une préoccupation pas uniquement propre à Bercy et qui fait écho à celle d’autres ministères comme par exemple l’Intérieur. Sous l’impulsion de Bernard Cazeneuve, la Place Beauvau a en effet décrété cet automne la mobilisation générale sur la prospective en appelant en renfort le monde de la recherche. À chacun ses solutions. À Argenton-sur-Creuse, le temps file. On rallonge certaines séquences. On ne discute pas que du fond, mais de la forme aussi. Le style des grand-messes de Bercy s’invite par exemple dans les conversations. « Michel Sapin a “déniaisé” certaines choses, juge un haut fonctionnaire. On avait des habitudes de réunion un peu convenues. Et clairement, le ministre nous a dit en substance : “je ne suis pas dupe. Quand vous me dites que tout va bien, je sais que ce n’est pas vrai”. C’était utile que lui aussi dise qu’il n’est pas satisfait de ces moments », poursuit ce vieux routier de Bercy. Devant ses directeurs, le ministre profite de l’occasion pour faire part de ses attentes pour les derniers mois du quinquennat. Michel Sapin explique également la manière dont il met en œuvre la contribution de son ministère au gouvernement, livre son analyse de sa responsabilité vis-à-vis du Président et du Premier ministre, ou de ses relations avec les médias et le Parlement. Bref, il donne à comprendre son personnage. « Ce séminaire est lié à la conception du ministre, qui considère que son cabinet est important, mais que ses collaborateurs les plus proches doivent être les directeurs d’administration, ce qui n’est pas la vision de tous les ministres… » décrypte, non sans malice, un proche. L’heure tourne et le retour pour Paris approche. Les perturbations liées à une grève de la SNCF pousseront tout ce petit monde à plier bagage un peu plus tôt que prévu. Exit la balade en vélo ou l’excursion en canoë-kayak programmées initialement. Tout juste le ministre aura-t-il le temps de troquer son costume de politique pour celui de conférencier et de guider son équipe dans le musée Argentomagus, que ce fan de numismatique connaît par cœur. En 2017, il faudra trouver un autre musée. Et sans doute un autre ministre.


Nicolas Théry : “Il est dommage que le dynamisme des territoires ne soit pas plus valorisé”

Inspecteur des finances au parcours atypique, passé par les cabinets ministériels, la CFDT, la Commission européenne, aujourd’hui à la tête du Crédit mutuel, Nicolas Théry déplore dans un entretien à Acteurs publics la “sinistrose parisienne”, qu’il oppose à la vitalité des territoires. L’ancien haut fonctionnaire porte par ailleurs un regard critique sur l’évolution de l’action publique.

12/01/2017 | ACTUALITÉ

Quel lien avez-vous gardé avec votre administration d’origine ? Un lien d’immense gratitude et de reconnaissance. Sur l’ENA comme sur l’inspection générale des Finances, je sais que la tradition est de dire du mal… Mais ce système républicain a permis à un galopin du lycée Paul-Hazard d’Armentières d’accéder à de hautes fonctions, via Sciences-Po et l’ENA. C’est une chance extraordinaire. Quant à l’inspection des Finances, c’est une formidable école où l’on apprend à travailler en équipe. Quel regard portez-vous sur Bercy, que vous avez connu à votre sortie de l’ENA, à la fin des années 1980 ? Ce qui me frappe – et c’est une leçon de management –, c’est que Bercy est une maison qui fait rapidement confiance à ses cadres, qui est restée soucieuse de voir émerger des cadres à tous les niveaux et de les aider. Tous ceux qui sont passés par le ministère des Finances ont eu des mentors qui les ont formés. Il y a un côté compagnonnage qui n’est pas forcément vu de l’extérieur… Ou bien qui est vu comme le fameux “esprit de corps”… C’est un vrai apprentissage. Je pense à la direction du Trésor, que je connais bien. Ces valeurs-là sont au premier rang. De l’exigence et de la bienveillance… Vous avez été en cabinet ministériel, auprès de Dominique Strauss-Kahn, à la fin années 1990. Le rôle et l’influence des cabinets ont-il changé ? Ce qui a changé, c’est le raccourcissement du temps et l’éruption d’une médiatisation à outrance. J’ai été récemment dans le bureau d’un directeur de cabinet. Il y avait deux écrans de télévision branchés sur les chaînes d’information et j’ai dû changer de place pour parler à mon interlocuteur… Il y une quinzaine d’années, on attendait Le Monde à 13 heures, les unes des quotidiens le matin, Le Canard enchaîné le mardi soir, des dépêches thématiques. On est maintenant dans le temps ultracourt des réseaux sociaux. Ce qui me frappe, et là c’est le système qui est en cause, c’est que les cabinets renforcent souvent cette ultramédiatisation alors qu’ils devraient être des courroies chargées d’assurer l’interaction entre les éléments techniques, juridiques, économiques et financiers et une action d’intérêt général d’ordre politique. Il y a une responsabilité collective dans le raccourcissement absolu du projet. Une illustration : le redressement du Crédit lyonnais jusqu’à sa privatisation a reposé sur une stratégie conduite sans dévier pendant deux ans. Aujourd’hui, on ne pourrait pas mener ce dossier dans les mêmes conditions de sérénité. “Personne n’a plus envie d’être ministre qu’un directeur général et l’inverse est parfois vrai…” Qui est responsable de ce raccourcissement ? Les responsabilités sont partagées. Je pense que l’ensemble du système politico-médiatique s’interrogeait plus sur les fins, les objectifs et les contraintes qu’aujourd’hui. Sur mes dossiers, je me souviens avoir eu des conversations passionnantes en off avec des journalistes. Il y avait la volonté de comprendre la stratégie, d’aller chercher au-delà des “angles” faciles. Je constate moins cette évolution chez les fonctionnaires. C’est pour cela que c’est une responsabilité forte des politiques, des ministres et des cabinets de laisser l’administration à distance des médias pour qu’elle garde cette capacité et cette liberté de réflexion. Le rôle d’une administration centrale, au-delà de la production de textes, de normes, de dépenses, c’est avant tout une capacité de compréhension du réel, une capacité de déterminer la responsabilité publique, l’intérêt public. Je n’ai jamais cru que l’intérêt public allait de soi, il se construit avec des acteurs, dans l’échange, la réflexion, la recherche et il faut préserver cela, cette liberté de réflexion et de dialogue avec tous les acteurs.  Pourtant, les hauts fonctionnaires, certains directeurs d’administration notamment, se plaignent parfois du rôle des cabinets, de la communication du ministre. Ils aimeraient bien pouvoir s’exprimer plus librement… Il y a là une formidable ambiguïté. Personne n’a plus envie d’être ministre qu’un directeur général et l’inverse est parfois vrai… Cela fait partie de la tension légitime entre, d’un côté, une compétence administrative fondée sur une extrême rigueur, la qualité intellectuelle, une volonté de servir l’intérêt général et de l’autre, une fonction politique qui a la confiance du peuple et dont le rôle est de conduire les affaires publiques. Et donc ? Ce n’est pas à un directeur général de déterminer les priorités de communication. Pas plus que ce ne devrait être la responsabilité du ministre de déterminer les contraintes, le cheminement nécessaire sur le plan juridique, économique et financier. On parle souvent de grands ministres. Ma conviction est qu’il n’y a de grands ministres que dans la rencontre avec de grandes équipes. Quand je suis arrivé au ministère des Finances, le ministre qui a signé ma première carte professionnelle s’appelait Pierre Bérégovoy. J’avais beaucoup d’admiration pour lui car il avait constitué une équipe très mobilisée, venant d’horizons divers. Par équipe, j’entends le cabinet et les directeurs d’administration. À l’époque, Pierre Bérégovoy s’est appuyé sur des directeurs d’administration qui avaient travaillé dans des cabinets de droite : Jean-Claude Trichet au Trésor ou Daniel Bouton au budget. Sa force est d’avoir su tirer le meilleur de son administration. “Je suis contre le spoils system car cette pratique prive les organisations de leur capacité de dialogue et d’échange.” Constituer une équipe de directeurs d’administration pour un ministre revient-il donc à instaurer une forme de spoils system ? Je suis contre le spoils system car cette pratique prive les organisations de cette capacité de dialogue et d’échange. La grande responsabilité d’une fonction de direction est d’arriver à mobiliser des collaborateurs, des acteurs, des interlocuteurs venant de tous horizons autour d’un diagnostic partagé, d’un langage commun et d’une capacité à faire émerger un intérêt général. L’État, les administrations, les entreprises gagnent au dialogue. Chacun doit jouer pleinement sa partition. Vous êtes inspecteur des finances, à la tête d’une banque. Qu’est-ce qui vous différencie, même si vous n’y êtes pas parvenu par une ligne droite, des autres inspecteurs des finances banquiers ? J’ai quitté l’inspection générale des Finances (IGF) quand j’avais 27 ans. J’en ai 51. Mon parcours me définit beaucoup plus que ces quatre années passées à l’IGF et cela vaut pour tous les fonctionnaires. Vous accédez à des responsabilités parce que vous êtes en adéquation avec un projet, une équipe et une situation. J’ai ressenti un coup de cœur pour le Crédit mutuel à cause de son caractère mutualiste, de son efficacité, d’un mélange de forte décentralisation et d’innovation. N’auriez-vous pas pu rejoindre une banque d’affaires ? Le mutualisme est un engagement fort. Il y a une logique d’intérêt commun ancré dans le mutualisme, au plus près des territoires et de la société. Une adéquation entre l’actionnariat collectif, représenté par les sociétaires et les élus mutualistes, et la logique de service du sociétaire et du client. Cet alignement d’intérêts est, pour moi, fondamental. Dans vos fonctions actuelles, de quelle manière votre expérience du secteur public vous sert-elle ? La banque, l’assurance et le téléphone sont des métiers hautement régulés : la compréhension des logiques de régulation, des contraintes juridiques, de l’évolution du cadre législatif est évidemment importante. Il y a dans l’action publique une pratique de la complexité qui sert par la suite. On sait que les grandes idées générales qui tombent du ciel ne marchent pas. Pascal Lamy [ancien commissaire européen et actuel délégué interministériel chargé de la candidature française pour l’Exposition universelle de 2025, ndlr], avec qui j’ai travaillé à la Commission européenne, disait que, dans le système européen, on lâche 20 à 30 % de ses objectifs pour avoir 100 % de soutien. Cette compréhension qu’ont les fonctionnaires de la nécessité de trouver une base large de soutien est la condition pour que les mesures soient mises en œuvre. Dans un groupe comme le Crédit mutuel, aussi décentralisé, cette pratique est essentielle. Nous sommes 2 100 caisses locales, autant de PME à la mentalité de start-up, réunies dans 18 fédérations régionales qui adhèrent à 6 outils financiers, les caisses fédérales, et qui sont rattachées à une organisation nationale, chargée de la marque et de la cohérence prudentielle. Ce modèle est complexe dans son organisation mais formidablement efficace car le sens qu’on arrive à imprimer au projet, la capacité d’investissement dans les outils, la formation des salariés, créent cette cohérence. À la tête de cet ensemble, mon expérience dans le public est donc très utile.   “Il faut des blocs de compétences clairs et des élus jugés et évalués sur ces responsabilités.”   Vous avez passé plusieurs années à Bruxelles auprès de Pascal Lamy, puis dans les services de la Commission européenne. Qu’en est-il, là-bas, de l’image et de l’influence de l’élite administrative française ? J’ai eu quelques années heureuses à la Commission européenne auprès de Pascal Lamy comme directeur de cabinet et comme conseiller de Peter Carl, directeur général de l’environnement. Mais j’ai ressenti ensuite beaucoup d’insatisfaction et de frustration face à l’inaction et j’ai décidé de partir. Ce qui m’a frappé à la Commission, c’est qu’à la grande diversité de nationalités et de cultures est associée une grande étroitesse intellectuelle et sociale. La pensée unique et la bonne conscience règnent. On est très loin de l’effervescence de la Commission Delors. Il y avait à l’époque de vrais combats idéologiques, des discussions denses au service du projet européen… À quoi attribuez-vous cette évolution ? C’est le pouvoir politique qui détermine la mission de l’administration. Le tournant pour moi, c’est la commission Barroso en 2004. José Manuel Barroso est arrivé avec en tête deux priorités. D’abord, selon lui, il fallait que la Commission devienne un simple secrétariat administratif du Conseil européen. Ensuite, sous prétexte de casser les baronnies, il a bureaucratisé au maximum. Le résultat est que la Commission – une invention institutionnelle géniale parce qu’elle a en principe deux missions : le monopole de l’initiative et la garde des traités – n’a plus pris la moindre initiative, ni aucun risque sur les traités. La machine tourne en rond.  Le Crédit mutuel est très implanté partout en France. Quel regard portez-vous sur la vitalité et les difficultés des territoires ? Et sur la réforme territoriale ? Je suis étonné de la vitalité de beaucoup de territoires, de la force de beaucoup d’initiatives régionales, métropolitaines et locales. Le contraste est saisissant avec la sinistrose parisienne. Je n’ai pas une vision angélique de la situation car je vois aussi à quel point des départements, des villes peuvent être touchés par le déclin démographique. Mais même là, le potentiel d’innovation est réel. Il est dommage que le dynamisme des territoires ne soit pas plus valorisé. Doit-on aller plus loin dans la décentralisation ? Ce débat, c’est la queue qui remue le chien ! On parle de la conséquence et on ne s’interroge pas sur la nécessité. Je suis un militant de la subsidiarité. Il s’agit de traiter les problèmes au plus près du terrain mais on oublie que c’est aussi l’obligation d’assistance bienveillante de la part de l’échelon supérieur. En pratique, cela veut dire : responsabilité à tous les niveaux. Il faut des blocs de compétences clairs et des élus jugés et évalués sur ces responsabilités. Dans notre pratique d’entreprise au Crédit mutuel, nous avons deux principes : on industrialise tout ce qui est possible pour gagner en efficacité et on décentralise toute la fonction de proximité, le relationnel, la décision concrète vis-à-vis des sociétaires et des clients. C’est applicable à beaucoup d’organisations et probablement à l’action publique. “Cela me gêne quand je vois des élus se construire contre le préfet.” Quel doit être le rôle de l’État, notamment dans les territoires ? Aujourd’hui, nous avons encore trop de niveaux administratifs, mais je reste convaincu qu’il n’y a pas de décentralisation réelle sans déconcentration efficace. Le préfet est un acteur essentiel de l’harmonie et du développement des territoires au nom de l’État. Et de l’intérêt général ? Cela me gêne quand je vois des élus se construire contre le préfet. Le vrai enjeu n’est même pas celui des blocs de compétences, c’est la cohérence. Aujourd’hui, la démocratie est écartelée entre une petite élite qui s’arroge le monopole de l’intérêt général et une société médiatique qui remplace le réel par des effets de communication. Je suis stupéfait de voir comment des bobards peuvent ainsi se propager. La démocratie n’est pas une mécanique qui ronronnerait entre deux élections. Pierre Rosanvallon le rappelle parfaitement. C’est une ambition collective, une capacité à faire participer tout le monde, sans exception, à la construction et à la mise en œuvre de l’intérêt commun. De ce point de vue, le mutualisme est une institution remarquable. C’est un authentique bien commun : avec les réserves accumulées dans le passé et qui sont mises au service des sociétaires et des clients d’aujourd’hui et de demain ; avec une présence forte sur les territoires, au service de leur développement économique ; avec des liens étroits avec le tissu économique et associatif, pour permettre à chacun de financer ses projets, de se projeter dans l’avenir. Il fait donc partie des acteurs du bien commun. Propos recueillis par Bruno Botella Nicolas Théry 1965 Naissance à Lille 1989 Rejoint l’inspection générale des Finances à sa sortie de l’ENA (promotion Liberté, Égalité, Fraternité) 1993 Rejoint la direction du Trésor 1997 Conseiller pour les affaires monétaires et financières au cabinet de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie 2000 Secrétaire confédéral pour les questions économiques à la CFDT 2002 Directeur de cabinet de Pascal Lamy, commissaire européen au Commerce international 2006 Directeur à la direction générale de l’environnement à la Commission européenne 2009 Rejoint le groupe Crédit mutuel CIC 2012 Président-directeur général de CIC-Est 2016 Président de la Confédération nationale du Crédit mutuel  


Bruxelles serait devenue la capitale mondiale du lobbying

Le Public Affairs Council a interrogé 61 entreprises sur leur pratique du lobby dans la capitale européenne. Près des deux tiers d’entre elles ont implanté leur cabinet de lobbying en Belgique ou en utilisent un pour mieux approcher les institutions européennes. Mais seules 16 % d’entre elles ont installé leur siège social en Belgique. 

12/01/2017 | ACTUALITÉ

Des entreprises bien représentées à Bruxelles mais pas plus impliquées. C’est la conclusion rapide qui transparaît du rapport de l’association Public Affairs Council, qui vient de paraître. Première du genre, car jamais aucune étude précise n’est parue sur les lobbies depuis la création de l’Union européenne, cette publication d’une cinquantaine de pages émane “d’une agence créée aux États-Unis, qui vend des formations et du conseil en lobbying”, indique Martin Pigeon, chercheur à l’Observatoire de l’Europe industrielle, une organisation non gouvernementale qui étudie les lobbies. Limitée dans sa taille, car seules 61 entreprises ont été interrogées – sur les 15 000 à 20 000 lobbies présents à Bruxelles –, l’étude apporte quelques éléments intéressants dans le détail. Son axe est anglo-saxon car un tiers des sociétés interrogées sont américaines, 13 % sont britanniques et 16 % sont belges. Sur les quasi-deux tiers qui annoncent faire du lobbying à Bruxelles, 40 % d’entre elles appartiennent au secteur industriel et 10 % à celui de la finance et de l’assurance. Registre européen de transparence Côté budget, la moitié d’entre elles consacrent entre 200 000 et 500 000 euros à leur budget “affaires publiques”, un budget qui a augmenté pour 42 % d’entre elles lors des deux dernières années. “Les budgets mentionnés me paraissent dans la moyenne de ce que les entreprises déclarent dans le registre européen de transparence du lobbying”, poursuit Martin Pigeon. Quant aux problèmes que rencontre la profession de lobbyiste, la confusion créée par le Brexit et la transparence sont les réponses les plus souvent citées. Lancée fin septembre, la dernière proposition de la Commission européenne pour instaurer un “registre de transparence” obligatoire pour les lobbies avec données précises vise à instaurer davantage de transparence. Tous les lobbies voulant accéder aux bureaux des commissaires européens, des eurodéputés et des diplomates des délégations nationales devront remplir une fiche précise : adresse, nom des responsables de leur bureau bruxellois et les sommes d’argent consacrées à leur influence. En cas de contournement des règles, ils s’exposent à des sanctions allant de l’avertissement à la suspension des visites. Cette proposition suscite quelques interrogations. Perçue comme une parade aux récentes polémiques notamment celle sur le passage dans le privé de l’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso, elle ne concerne que le haut de la pyramide des institutions européennes et permet aux lobbies de se rapprocher discrètement des chefs d’unité de la Commission européenne, dont l’influence sur les sujets techniques est cruciale. Au 12 janvier 2017, on comptait 10 939 lobbyistes inscrits sur le registre. Jean-Bernard Gallois  


Emmanuel Macron débauche le patron de France Stratégie

Le candidat à la présidentielle, leader d’En marche ! et ex-ministre de l’Économie vient de recruter Jean Pisani-Ferry, le commissaire général de France Stratégie, pour s’occuper de son projet.

11/01/2017 | ACTUALITÉ

Un recrutement aux allures de petite démonstration de force. À un peu plus de trois mois de l’élection présidentielle et alors que la pression monte à gauche du fait du score d’Emmanuel Macron dans les sondages et de l’affluence à ses meetings, le candidat d’En marche ! et ex-ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique vient de réaliser un coup en embauchant l’actuel commissaire général de France Stratégie, Jean Pisani-Ferry, pour coordonner son projet. “L’ambition transformatrice que porte Emmanuel Macron m’apparaît à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés, a expliqué, le 11 janvier, Jean Pisani-Ferry dans une tribune publiée sur Medium.com. Sur l’économie, la société ou l’Europe, je partage son analyse et l’orientation de son projet. Les Français sont fatigués des ajustements de paramètres auxquels se résument trop souvent les politiques publiques. Leur confiance s’est émoussée au fil de multiples réformes, sans cesse recommencées, dont ils ne perçoivent souvent ni le sens ni l’effet. Ils ne se reconnaissent plus dans la multiplicité de règles et de statuts qui les divisent au lieu de les réunir. Ils aspirent à la reconnaissance de leurs capacités et de leurs initiatives. Ils ont soif d’un débat politique qui dépasse les postures”, a poursuivi Jean Pisani-Ferry, qui a démissionné ce jour de son poste à France Stratégie. En opérant ce recrutement, le candidat d’En marche ! attire à lui un intellectuel installé depuis quatre ans au cœur de Matignon et qui a ainsi pensé la société et l’économie françaises pour le compte de l’État. Le commissaire général a su aussi démontrer un certain savoir-faire en matière de communication. Économiste proeuropéen Economiste de formation, Jean Pisani-Ferry, 65 ans, ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn à Bercy, avait été prolongé pour un an à son poste en novembre dernier, au-delà de la limite d’âge, grâce à une disposition législative – votée en 2011 à l’initiative de Nicolas Sarkozy – qui permet au pouvoir politique de maintenir dans leurs fonctions quelques hauts fonctionnaires. Jean Pisani-Ferry avait été recruté en 2013 par l’équipe de Jean-Marc Ayrault pour donner une nouvelle impulsion à cet organisme de réflexion (l’ancien commissariat au Plan créé par Charles de Gaulle et qui a depuis changé de dénomination). Cet économiste, ancien directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), est par ailleurs très introduit dans les milieux européens. Il a notamment dirigé le think tank Bruegel. En ces premiers jours de janvier, Emmanuel Macron enregistre aussi le soutien de Pierre Henry, directeur général de France Terre d’asile, dont les combats résonnent fort à gauche. L’ex-correspondante aux États-Unis de la chaîne d’information en continu i>télé, Laurence Haïm, devrait, elle, rejoindre le porte-parolat du candidat, selon Le Monde.


Le Liban se dote d’un ministère anticorruption

Le pays compte parmi les États les plus corrompus du monde, selon l’ONG Transparency International. Ce fléau a donné naissance à un collectif baptisé “Nous réclamons des comptes” qui lutte depuis deux ans pour une plus grande transparence dans la gestion des affaires publiques. 

11/01/2017 | ACTUALITÉ

Le gouvernement d’union nationale formé au Liban en décembre dernier dispose de 5 nouveaux portefeuilles, dont un ministère d’État dédié à la Lutte contre la corruption, véritable fléau dans le pays. Le titulaire du poste, Nicolas Tueni, a révélé que cette pratique avait fait perdre au Liban en moyenne 3 millions d’euros par an. “En récupérant ces sommes, nous allons augmenter nos gains et fortifier l’économie”, assure-t-il, précisant que l’éradication de la corruption se traduirait par un bond annuel de la croissance de 5 %. De son côté, le nouveau chef du gouvernement, Saad Hariri, estime que la lutte contre la corruption est un facteur de stabilité dans le pays. “Mon objectif est de ramener la confiance dans le Liban afin que les gens reviennent et investissent”, a-t-il fait savoir au lendemain de sa nomination, à la mi-décembre. Selon lui, la numérisation pourrait réduire les pratiques de prévarication qui sclérosent l’administration. Il pense par ailleurs qu’en employant plus de femmes, les valeurs d’éthique et de transparence seront mieux défendues dans la fonction publique. Le chef de l’État lui-même, Michel Aoun, est intervenu dans le débat sur la lutte contre la corruption, en appelant les citoyens “à garder les yeux ouverts”. Le Président libanais a dans ce cadre promis d’offrir une protection de la part de l’État pour tous ceux qui dénoncent les personnes corrompues. Déliquescent et clientéliste L’instabilité politique qui mine le pays depuis plusieurs années a affaibli tous les dispositifs de contrôle. Selon le dernier classement de l’ONG Transparency International, rendu public en janvier 2016, le Liban compte parmi les États les plus corrompus du monde. Il occupe la 123e position sur un ensemble de 168 pays. Ce résultat désastreux a été confirmé quelques mois plus tard par une étude de la même organisation sur la perception de la corruption dans les pays arabes. Au Liban, 92 % des personnes interrogées ont affirmé que cette pratique a progressé. Affligés par le délabrement des services publics et doutant de la volonté de la classe politique d’endiguer le phénomène, des citoyens ont créé en 2015 un collectif baptisé “Nous réclamons des comptes”. Il a émergé au moment où le pays était confronté à une grave crise de gestion des ordures domestiques, qui s’est enlisée en partie à cause d’une guerre d’intérêts pour le contrôle du marché du traitement des déchets. Cette crise que les autorités ont eu du mal à régler est, pour beaucoup de Libanais, le symbole d’un État déliquescent et clientéliste. D’autres problèmes, comme les coupures récurrentes d’électricité et le coût exorbitant des communications, ont également poussé à la révolte citoyenne. Contrôles rigoureux des fonctionnaires Ces derniers jours, un nouveau collectif qui se bat contre les pratiques commerciales d’Alfa, la seule compagnie de téléphonie mobile dans le pays, a demandé aux clients de suspendre leurs communications. Selon ce groupe, les secteurs de l’énergie et des télécommunications sont les principaux foyers de corruption au Liban.   De leur côté, les animateurs de Nous demandons des comptes ont organisé, à la fin de l’année 2016, une nouvelle manifestation devant les locaux de l’inspection générale des Finances dans la capitale, Beyrouth. Ce rassemblement, qui s’est tenu à la veille de la formation du nouveau gouvernement, avait pour principale revendication la mise en place de contrôles rigoureux des fonctionnaires au niveau des ministères et des différentes administrations. Le collectif veut aussi que les opérations d’audit soient élargies aux hauts responsables de l’État, dont certains sont éclaboussés par différents scandales. C’est notamment le cas de ministres ayant siégé dans l’ex-gouvernement dirigé par Tammam Salam entre 2014 et 2016. Ce cabinet assimilé par les médias libanais à un club d’affairistes et de commissions avait souvent défrayé la chronique pour des méfaits liés à des marchés publics douteux. La gabegie au sommet de l’État a d’ailleurs entraîné le retrait d’un des partis de la coalition (les phalangistes) du gouvernement en 2015.  Un autre ministre, celui de la Santé, s’est quant à lui démarqué en menant la guerre contre la corruption dans son propre secteur, où un tiers du budget serait régulièrement détourné. Wael Abou Faour, qui vient d’être remplacé, avait aussi rendu publique une “liste de la honte” incluant les noms de grandes surfaces et de restaurants qui ne respectent pas les règles sanitaires, et ce en totale connivence avec les services d’hygiène. Samia Lokmane-Khelil  


La Cour des comptes appelle à réduire le coût du vote des Français de l’étranger

Supérieur à 34,3 millions d’euros entre 2011 et 2014, le coût de l’organisation des élections pour les Français établis en dehors de France est particulièrement élevé, juge la Rue Cambon dans un référé rendu public le 10 janvier. Dématérialiser l’envoi de la propagande électorale et favoriser le vote par Internet devraient contribuer à réduire ces dépenses.

10/01/2017 | ACTUALITÉ

En 2012, le coût de l’organisation des élections présidentielle et législatives pour les Français établis hors de France était supérieur d’une à trois fois à celui des Français inscrits en métropole, soit 20,50 euros par votant à l’étranger contre 7,45 euros sur le territoire national. C’est le constat fait par la Cour des comptes dans un référé, dévoilé mardi 10 janvier, dans lequel la juridiction pointe le coût particulièrement élevé de l’organisation du vote pour les Français établis à l’étranger. Ainsi, sur la période 2011-2014, marquée par 4 scrutins, le coût des élections organisées pour les Français expatriés s’est élevé à 34,3 millions d’euros pour une “faible participation”. Et ce malgré les facilités de vote offertes (vote dans les bureaux, par Internet et par correspondance), notent les magistrats. La participation s’est ainsi élevée à 42,1 % au second tour de l’élection présidentielle de 2012, contre 80,4 % en France, et à 11 % pour les élections européennes de 2014, contre 42,4 %. Manque de fiabilité de la liste consulaire En cause notamment : les “importantes” dépenses de personnel, estimées à 15,7 millions d’euros pour la période 2011-2014, qui ne font l’objet d’aucune évaluation, déplore la Cour des comptes. L’envoi “papier” des documents de propagande électorale est également “très coûteux”, soulignent les magistrats financiers, selon lesquels son montant représente 15 % des 18,6 millions d’euros de dépenses hors personnel. L’occasion pour la Cour des comptes d’appeler à la dématérialisation de ces documents. L’organisation des scrutins comporte en outre “de nombreuses faiblesses”, avec en particulier une liste électorale consulaire “pas complètement fiable” et la présence d’“électeurs fantômes”. En 2011, ces derniers ont été évalués à 6,3 % des inscrits à Londres. De nombreuses défaillances ont également été constatées lors du vote par correspondance. Bien qu’il soit jugé “pas satisfaisant”, vu des difficultés techniques constatées en 2012 et 2014, le vote par Internet est préconisé. La Cour considère que son développement permettrait de réduire les coûts d’organisation des scrutins, “sans dégrader le niveau de participation”. Incitation à ne pas utiliser la voie postale Les magistrats recommandent également d’“améliorer la fiabilité des listes électorales en mettant fin effectivement à la double inscription” (France et étranger) et en simplifiant les radiations. Ils recommandent aussi la suppression du vote par correspondance pour les législatives. Dans sa réponse à la Cour des comptes, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, se déclare favorable à la suppression du vote par correspondance, qu’il juge “marginal”. “Toutefois, cette suppression est du ressort du législateur, précise le ministre, et, comme le sait la Cour, se heurte à l’hostilité de plusieurs élus.” Néanmoins, pour les échéances électorales de 2017, le Quai d’Orsay donnera pour instruction aux postes consulaires de ne pas inciter les électeurs à utiliser la correspondance “et surtout de les alerter sur les éventuelles défaillances des systèmes postaux, lesquelles pourraient avoir pour conséquence une arrivée de leur vote trop tardive pour que celui-ci soit pris en compte”, précise le ministre.   (avec AFP)


François Fillon déclenche une polémique sur les fonctionnaires à France Télécom

“Vous pensez qu’il y aurait de l’Internet en France si on avait toujours France Télécom avec des fonctionnaires ?” a lancé le candidat LR à la présidentielle le 6 janvier, lors d’un déplacement aux États-Unis, s’attirant la colère d’un syndicat de l’entreprise. Le P.-D.G. d’Orange, Stéphane Richard, a envoyé sur Twitter un message de soutien aux salariés et aux fonctionnaires de l’entreprise.

09/01/2017 | ACTUALITÉ

La campagne électorale française bat son plein… aux États-Unis. Dans le cadre d’un déplacement au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, l’un des plus importants salons “high-tech” au monde, où se rend également l’un de ses concurrents dans la course à l’Élysée, l’ancien ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique Emmanuel Macron, le candidat LR, François Fillon, a déclenché une polémique autour des fonctionnaires et de l’entreprise Orange (anciennement France Télécom) détenue à 23 % par l’État. “Qu’est-ce qu’a fait M. Macron en matière de technologie ? Il a fait des choses ? Qu’est-ce que j’ai fait, moi ?” s’est interrogé, le 6 janvier, François Fillon au micro de l’émission Quotidien sur TMC. Et l’ancien ministre des Télécommunications du gouvernement Juppé de répondre lui-même : “J’ai ouvert les télécommunications à la concurrence. Vous pensez qu’il y aurait de l’Internet en France si on avait toujours France Télécom avec des fonctionnaires ? Et qui s’opposait à cette réforme ? La gauche.” En 1995, conformément aux directives de l’Union européenne, François Fillon avait préparé l’ouverture du marché à la concurrence, effective à partir de 1998. “Il est sans doute inutile de dire que les 53 000 fonctionnaires appartenant toujours aux effectifs d’Orange (ils représentent environ la moitié des effectifs français) sont particulièrement choqués par ce dénigrement répété des fonctionnaires, que M. Fillon entend faire disparaître à vitesse grand V s’il accède aux fonctions présidentielles”, s’est ému le 8 janvier, sur le Huffington Post, Sébastien Crozier, le président du syndicat CFE-CGC Orange, en référence aux 500 000 suppressions de postes de fonctionnaires promises sur cinq ans par le candidat LR s’il accède à l’Élysée en mai prochain. Ancien “dircab” dans le gouvernement… Fillon “En 1994, France Télécom était la première entreprise de France en termes de bénéfice, et le quatrième opérateur de télécommunications mondial, par son chiffre d’affaires et son trafic international”, plaide encore le syndicaliste. “Les fonctionnaires ne s’en sortaient pas si mal pour faire de leur entreprise une référence mondiale : le réseau de télécommunications français était à l’époque reconnu comme le plus moderne et le plus performant au monde”, ajoute-t-il en faisant remarquer que vingt ans plus tard, Orange a disparu de la liste des 10 premiers opérateurs mondiaux. Devant cette polémique naissante au sein même de son entreprise, le P.-D.G. d’Orange, Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy sous le gouvernement Fillon et lui aussi présent au CES de Las Vegas, a cru bon devoir envoyer depuis son compte Twitter un discret message de soutien à ses troupes : Après sa sortie, François Fillon s’est attiré quelques moqueries sur Twitter, notamment de l’ex-Premier ministre Manuel Valls, candidat à la primaire organisée fin janvier par le Parti socialiste et ses alliés :  


Arnaud Montebourg, “candidat des territoires, non des métropoles”

“J’ai vu une France coupée en deux avec des métropoles qui se construisent et des provinces qui baissent, perdent de la substance, perdent leurs commerces”, a affirmé le candidat à la primaire de la gauche en répétant avoir, dans son programme, “budgété et présenté un investissement de 20 milliards d’euros, sur cinq ans, dans les territoires”.

09/01/2017 | ACTUALITÉ

En adressant des “vœux de sortie de crise” aux Français, le 7 janvier à Blanzy, son fief de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg s’est posé en “candidat des territoires, non des métropoles” et a réaffirmé son projet de relance économique et écologique. “Je suis venu dire ici comment la transformation profonde que je porte va changer la donne sur nos territoires”, a déclaré devant plus de 400 personnes l’ancien ministre du Redressement productif, candidat à la primaire organisée par le Parti socialiste, à quelques jours du premier débat, jeudi 12 janvier. “Il faut remettre la France au travail, se retrousser les manches pour créer de la richesse”, a-t-il ajouté. “J’ai vu une France coupée en deux avec des métropoles qui se construisent et des provinces qui baissent, perdent de la substance, perdent leurs commerces. C’est la France qui ferme. On sait ce qu’est un désert médical, culturel, économique”, a poursuivi Arnaud Montebourg. 20 milliards d’euros d’investissements Le candidat à la primaire de la gauche a répété avoir, dans son programme, “budgété et présenté un investissement de 20 milliards d’euros, sur cinq ans, dans les territoires, dans les projets d’infrastructures (…) et il ne s’agit pas de faire des ronds-points”, a-t-il souri. “N’ayez pas peur de l’investissement car il rapporte”, a-t-il insisté, ajoutant que les marchés publics devraient réserver “80 % de leurs commandes” aux entreprises françaises car selon lui, “le « Made in France » peut faire tourner les PME”. Reprenant un autre de ses chevaux de bataille, Arnaud Montebourg a proposé de consacrer “3 milliards (d’euros) pour inciter les entreprises à accepter une réorganisation par le télétravail”, gage d’emploi, de vie familiale plus épanouie, mais aussi, pronostique-t-il, “de baisse de 33 % de l’absentéisme et d’une hausse de la productivité de 22 %”. Côté santé, il a proposé “aux 2,5 millions de Français qui vivent dans des déserts médicaux que la Sécurité sociale salarie des médecins dans les maisons de santé et que les étudiants en médecine fassent un service civique, humanitaire” aux côtés de ces médecins. Avec AFP


Le portefeuille boursier de l’État a fondu de plus de 11 % en 2016

Les participations cotées de l’État sont repassées sous les 60 milliards d’euros l’an dernier. En 2008, avant la crise financière, le portefeuille de l’État dépassait les 130 milliards d’euros. 

09/01/2017 | ACTUALITÉ

Après une dégringolade de 13,15 % en 2015, le portefeuille de participations cotées de l’État a continué de perdre de la valeur en 2016, en baisse de 11,48 %, retombant à 59,75 milliards d’euros contre 67,4 milliard d’euros il y a un an, selon les chiffres annuels publiés par l’Agence des participations de l’État (APE). Selon ces données, le portefeuille de l’État, qui dispose de participations dans 14 sociétés cotées, a pâti principalement des difficultés du secteur de l’énergie. La cote d’EDF, dont l’APE détient aujourd’hui 85,6 %, a ainsi chuté de 28,7 % en un an. Celle d’Engie, dont il possède 32,8 %, a reculé de 25,8 %, tandis que celle d’Areva, dont il détient 28,8 %, a chuté de 20,7 %. La valeur du portefeuille public a également été plombée par la chute des titres Air France (- 26,3 %), Renault (- 8,8 %), Orange (- 6,8 %) et Aéroport de Paris (- 5 %). Thales, Safran et Eramet en hausse L’État a, en revanche, partiellement compensé ces chutes avec les hausses de Thales (+ 33,3 %) et Safran (+ 8 %) mais aussi avec l’envolée du groupe minier et métallurgique Eramet (+ 92,3 %), dont le poids dans son portefeuille n’a toutefois pas permis de compenser les baisses sur d’autres titres. L’État français est présent, via l’APE, au capital de 81 entreprises, dont 14 sont cotées en bourse. En 2015, il a perçu 3,9 milliards d’euros de dividendes des entreprises dont il est actionnaire. Le portefeuille devrait augmenter l’année prochaine avec le renflouement d’EDF et Areva, en proie à des difficultés financières, qui seront compensées, en partie seulement, par de nouvelles cessions. (avec AFP)


Exclusif : un rapport somme les managers des services déconcentrés de s’impliquer dans le dialogue social

Le dialogue social dans les directions départementales interministérielles souffre d’un défaut d’articulation avec le dialogue social ministériel et d’un manque de marges de manœuvre, juge un rapport d’inspection que dévoile Acteurs publics. La sélection des managers locaux doit davantage s’appuyer sur les qualités et les aptitudes managériales.

04/01/2017 | ACTUALITÉ

Un petit monde toujours engoncé dans une construction poussive. Sept ans après la création des directions départementales interministérielles (DDI), placées sous l’autorité du préfet et qui ont regroupé localement plusieurs services déconcentrés issus de ministères différents, le bras territorial de l’État (ses yeux et ses oreilles aussi) pâtit encore de certaines insuffisances liées pour partie à sa constitution originelle. “Le dialogue social dans les DDI souffre d’un défaut d’articulation avec le dialogue social ministériel et d’un manque de marges de manœuvre notamment en raison de contraintes budgétaires”, juge un rapport d’inspection que dévoile Acteurs publics. Ce document élaboré par 6 services traite de l’évaluation du dialogue social et de la prévention des risques psycho-sociaux. “Ce dialogue est par ailleurs perturbé par l’instabilité structurelle des DDI touchées par une succession ininterrompue de réformes et une insuffisante harmonisation des règles de gestion des agents notamment en ce qui concerne l’action sociale et les conditions de rémunération”, poursuivent les auteurs du rapport. Toutefois, le constat se veut nuancé : le dialogue social formel s’exerce conformément aux textes et la grande majorité des DDI a mis en place, en complément des instances formelles, des modalités de dialogue informel. Cultures ministérielles tenaces Dans ce petit monde (29 929 agents fin 2015, soit 16 % de moins qu’en 2011), les cultures ministérielles perdurent, avec des effets tant sur les méthodes, les pratiques que sur les contrôles, par exemple dans le réseau jeunesse et sports, qui n’a jamais digéré son intégration dans cette horizontalité. De manière globale, le rapport fait état de nombreux témoignages attestant d’“une greffe qui n’a pas pris”, “d’une réforme qui n’a que partiellement abouti” et d’entités qui, au mieux, cohabitent, sans être parvenues à constituer de nouvelles structures, dotées d’une identité et d’une culture propres. Certains verbatim font état d’un ressenti assez clair : “On a raté quelque chose avec la création des DDI, on est allé trop vite” ; “la création des DDI a été un élément très perturbateur et douloureux” ; “on a juxtaposé des services, on ne les a pas fusionnés”, sont d’autres opinions fréquemment exprimées comme : “l’intégration des affaires maritimes, conduite à marche forcée, a été un déracinement”. Une pause dans les réformes En “accord avec l’ensemble de la communauté de travail des DDI”, la mission insiste sur l’“impérieuse nécessité” de faire une pause dans les réformes structurelles et de stabiliser les missions pour permettre un dialogue social local de qualité. Si le dialogue formel satisfait aux exigences légales, il n’en reste pas moins très insuffisant. “Nombreux sont les sujets mis à l’ordre du jour des comités, notamment les comités techniques, qui font l’objet de débats stériles et récurrents et qui ne conduisent à aucune prise de décision”, note le rapport. Et en premier lieu les sujets sur lesquels le directeur local a peu de marges de manœuvre pour décider à son niveau, pris en étau entre les décisions nationales, régionales, ou relevant de l’autorité préfectorale : l’évolution des missions ou des orientations stratégiques nationales, la réduction des effectifs, etc. Certes, un dialogue informel a été mis en œuvre en parallèle dans 80 % des DDI (rencontres informelles ou groupes de travail thématiques) mais ces échanges, aussi louables soient-ils, font fréquemment l’objet de critiques. Pour tenter d’améliorer la situation, les inspecteurs identifient deux préalables. Le dialogue social en DDI ne peut pas concerner, “sauf à titre informatif”, telle ou telle mesure que la structure doit mettre en œuvre, mais doit concerner les conditions de mise en œuvre de cette mesure, de réflexion, d’accompagnement effectif des agents concernés au sein et avec la communauté de travail. Plus d’implication des managers Surtout, les clés de l’amélioration sont détenues par les managers locaux. Un message très important du rapport. “La mission a constaté, lors de ses auditions, de manière assez systématique, que, dans les services où le dialogue social est réputé de bonne qualité (de l’avis des représentants du personnel et des agents), l’équipe de direction, c’est-à-dire le directeur et son adjoint, s’investit fortement”, peut-on lire. Pas de secret donc. À cet égard, les inspecteurs jugent utile d’expliciter le caractère primordial de cette mission dans les textes, en ajoutant dans le décret relatif aux emplois de direction de l’administration territoriale de l’État (Date) une phrase mentionnant la responsabilité du directeur pour la conduite du dialogue social. Dans la même veine, le rapport préconise d’intégrer, dans les procédures de nomination des directeurs départementaux et des directeurs adjoints, les avis des secrétaires généraux (direction des ressources humaines) en mettant davantage l’accent sur les qualités et aptitudes managériales. Pour renforcer la cohésion entre les directeurs et leurs adjoints, il est proposé que ces derniers soient nommés par arrêté du Premier ministre, pris après avis du préfet, cet avis étant rendu après consultation systématique du directeur de la DDI concernée, “ce qui est loin d’être toujours le cas”, note le rapport. La fonction de secrétaire général (SG) de DDI, autre rouage essentiel du dispositif, doit être revalorisée en intégrant les SG les plus importants dans la catégorie des directeurs de l’administration territoriale de l’État et en “mettant en place pour tous un réel parcours de carrière”. Une formation à ce type de poste paraît aussi souhaitable. Mais au-delà de ces trois acteurs-là, c’est bien l’ensemble de la chaîne hiérarchique qui est invitée à s’impliquer davantage, et notamment les chefs de service. Bilan contrasté sur les risques-psychosociaux Le rapport livre aussi quelques “perles”, comme ce constat assez déroutant glissé au détour de la page 50, s’agissant des freins structurels à la cohésion interne : “il n’est pas concevable, comme cela semble être le cas dans certains services, que des agents ne connaissent pas ou ne voient jamais le directeur, au motif, parfois évoqué, qu’il est originaire d’un autre ministère que le leur”. Au plan national, la mission estime aussi nécessaire de redéfinir le rôle de la direction des services administratifs et financiers (DSAF) du Premier ministre pour qu’elle devienne “un véritable centre de ressources des DDI et un meilleur appui en matière de dialogue social”. S’agissant des risques psychosociaux (RPS) enfin, le rapport fait état d’un bilan contrasté. Le rythme des changements intervenus dans les DDI et les efforts d’adaptation qu’ils requièrent de la part des agents et des cadres de proximité constituent les causes majeures d’apparition des RPS. Les nombreuses démarches mises en œuvre restent inabouties. La mission, qui lie qualité du dialogue social et limitation des RPS, suggère la mise en place de groupes de travail sur des sujets d’organisation constructifs et “proches des préoccupations des agents dans le cadre du dialogue social informel” et le développement de l’amélioration participative des processus opérationnels (APPO) au plus près des tâches quotidiennes. Et là encore, l’ensemble de la chaîne hiérarchique est invitée à s’impliquer, et notamment l’encadrement de proximité.


La fonction publique argentine sous haute tension

Récession, inflation à deux chiffres et déficit budgétaire incitent le gouvernement libéral du Président Macri à raboter dans les effectifs des fonctionnaires en Argentine. Mais face à la forte mobilisation syndicale, la main tremble.

03/01/2017 | ACTUALITÉ

“L’entourage de golden boys de Mauricio Macri plaît bien aux investisseurs étrangers”, a remarqué l’ambassadeur de France à Buenos Aires, Pierre-Henri Guignard, au lendemain de sa rencontre avec le Président argentin. Le nouveau gouvernement, formé il y a un an, essentiellement d’anciens directeurs de multinationales, suscite aussi la méfiance, voire le rejet d’une partie de la population dans un contexte de récession et, surtout, d’inflation, vieux démon de l’économie argentine, étonnement jamais dompté. Par ricochet, cette inflation chronique confère aux syndicats de travailleurs un rôle politique majeur car tout au long de l’année, ils négocient un pourcentage de hausse salariale à deux chiffres, accordé en fonction de la hausse générale des prix. Ce taux a fortiori controversé fut de 20 à 40 % en 2016, selon les sources syndicales. Or la loi de finances argentine pour 2017 prévoit pour cette année-ci un taux de 17 %. L’Association des travailleurs de l’État (ATE), principal syndicat de fonctionnaires de l’administration nationale – 700 000 agents –, a déjà fait savoir qu’elle réclamerait une hausse de salaires supérieure à 17 % lors des négociations paritaires de mai prochain. Critères de rentabilité Dans ce rapport de force, le débat tourne autour de la réduction du déficit budgétaire et du maintien des emplois publics. Jusqu’ici, les syndicalistes ont remporté une manche sur les “golden boys”. Ils ont réussi à freiner la vague de licenciements dans la fonction publique en organisant notamment une manifestation monstre devant la Casa Rosada, le palais présidentiel, le jour même où Mauricio Macri y recevait François Hollande [voir article]. Par ailleurs, les 75 000 agents contractuels de l’administration, qui n’ont pas le statut de fonctionnaires malgré leur ancienneté, pourront participer en 2017 à des concours qui leur seront réservés, débouchant sur 8 700 postes fixes, selon le secrétaire général de l’ATE, Hugo Godoy, interrogé par Acteurs publics le 27 décembre dernier, au sortir d’une réunion avec les conseillers techniques du ministère de la Modernisation de l’État. Sur quoi repose ce pouvoir syndical ? Au-delà des manifestations de rue colorées au rythme des tambours avec le soutien d’associations de quartier de lutte contre la pauvreté ou la violence conjugale, il y a une certitude : “L’Argentine est un pays riche. C’est notre conviction, notre consigne. Ici, l’argent abonde. Le problème n’est pas le manque de ressources, mais leur distribution”, martèle Hugo Godoy. La question des déficits publics servirait d’argument pour justifier les bas salaires et les attaques contre la fonction publique. “Manque de gestion et de formation des agents” Un avis que ne partage pas la Présidence argentine. Pour le chef de cabinet du président, Marcos Peña, “le poids élevé des dépenses en emplois publics et le déficit budgétaire sont deux problèmes historiques de l’Argentine qui sont liés. Nous dépensons plus que nous ne gagnons. Nous devons réduire ce déficit qui doit passer de 4,8 % en 2016 à 4,2 % en 2017”. Mais, a-t-il reconnu, “le surdimensionnement de l’État est moins problématique que le manque de gestion et de formation des agents”. Le secrétaire général de l’ATE n’en démord pas : “Le gouvernement veut appliquer dans l’administration des critères de rentabilité et de gestion du personnel propres au secteur privé.” Et de citer le cas du “réseau de chemins de fer, privatisé puis démantelé dans les années 1990 avec les conséquences que l’on sait, les morts sur la route, notre pitoyable aménagement du territoire et la compétitivité cassée des entreprises de province”. Pourtant, quoi qu’en disent les syndicats, la politique conduite n’est pas 100 % libérale. Le Président Macri a conservé les programmes d’aide sociale et la nationalisation d’entreprises opérée par l’ancien gouvernement. Il a promulgué une loi d’urgence sociale qui prévoit 2 milliards d’euros sur trois ans, renoncé à rabaisser le seuil minimum imposable de l’impôt sur le revenu et mis un terme à la vague de licenciements dans la sphère publique. Marc-Henry André


NOMINATIONS

Florent de Bodman prend de nouvelles fonctions dans une association

Conseiller “ouverture des données et transformation numérique de l’action publique” au cabinet de la secrétaire d’État chargée du Numérique et de l’Innovation, Axelle Lemaire, depuis janvier 2016, Florent de Bodman a rejoint l’Agence nouvelle des solidarités actives (Ansa) pour y prendre en charge les projets innovants pour la petite enfance. L’Agence nouvelle des solidarités actives est une association sans but lucratif créée en janvier 2006 par Martin Hirsch, alors président d’Emmaüs, et Benoît Genuini, ancien président d’Accenture, pour mettre en œuvre des actions locales, expérimentales, innovantes de lutte contre la pauvreté et l’exclusion avec les pouvoirs publics, les associations et les entreprises. Énarque de la promotion Jean-Jacques Rousseau (2011), Florent de Bodman, administrateur civil, a débuté comme adjoint au chef du bureau “Solidarité et insertions” à la direction du budget, à Bercy, en 2012. Deux ans plus tard, il est devenu adjoint au chef du bureau “Logement, ville et territoires” au sein de la même direction (2014-2015).

20/01/2017 | NOMINATION FRANCE


Christine Weisrock nommée sous-directrice

Cheffe de la mission de modernisation, de pilotage et de rénovation de l’organisation des ressources humaines au sein de la direction générale des finances publiques (DGFIP), au ministère de l’Économie, depuis 2015, Christine Weisrock, administratrice civile hors classe, a été nommée sous-directrice en charge de la sous-direction “stratégie et expertises de l’immobilier de l’État” à la direction de l’immobilier de l’État de la DGFIP. Âgée de 58 ans, diplômée de Sciences-Po Paris, Christine Weisrock a débuté sa carrière comme administratrice de la ville de Paris. Cheffe du service des affaires générales à la direction du patrimoine et de l’architecture en 2001, puis cheffe du bureau des personnels administratifs et techniques, à la direction des ressources humaines de la ville de Paris, entre 2002 et 2006, elle avait ensuite rejoint l’administration centrale du ministère des Transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer comme adjointe au sous-directeur des politiques touristiques, à la direction du tourisme (2006-2008). Nommée responsable de la mission “Pilotage des ressources humaines” au secrétariat général du ministère de l’Économie, en 2009, Christine Weisrock était directrice de projet auprès du chef du service des ressources humaines de la DGFIP, à Bercy, en charge de la mission de préparation de l’Opérateur national de paye (ONP), de 2011 à 2015.

19/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Deux nouvelles nominations à la Caisse des dépôts

Le directeur général du groupe Caisse des dépôts (CDC), Pierre-René Lemas, a procédé à deux nominations au sein de la Caisse. Directeur général des services du Conseil de territoire Marseille-Provence depuis 2015 et, parallèlement, directeur général adjoint à la métropole Aix-Marseille Provence depuis janvier 2016, Philippe Blanquefort (photo) rejoint la CDC comme directeur régional “Auvergne-Rhône-Alpes”. Il remplace Gil Vauquelin, en poste depuis janvier 2016, qui devient, lui, directeur régional “Bretagne”, chargé d’assurer le management fonctionnel des services mutualisés à l’échelle des trois directions régionales Bretagne, Centre-Val de Loire et Pays de la Loire, et qui prend parallèlement les fonctions de directeur de projet auprès du directeur du réseau et des territoires, Marc Abadie. Âgé de 51 ans, Philippe Blanquefort, ancien élève de l’École du commissariat de l’air et de l’IEP d’Aix-en-Provence, a débuté sa carrière au ministère de la Défense en tant que chef du soutien personnel du commissariat de l’air. Il est nommé premier conseiller à la chambre régionale des comptes de Lorraine en 2001 et évolue à ces fonctions pendant dix ans. En 2011, Philippe Blanquefort intègre la Cour des comptes européenne en tant que chef de bureau. L’année suivante, il rejoint la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole en tant qu’inspecteur général des services (2012-2015), avant de devenir directeur général des services en 2015. Gil Vauquelin, 56 ans, a été formé sur les bancs de l’ENA (promotion Victor Schoelcher, 1996). À sa sortie de la prestigieuse école, il est nommé sous-préfet chargé des affaires économiques et de la politique de la ville à la préfecture de Meurthe-et-Moselle (1996-1999), avant d’exercer comme sous-préfet de Langon (Gironde). En 2001, Gil Vauquelin intègre le groupe Caisse des dépôts en tant que directeur régional “Réunion-Océan Indien”, puis, en 2005, il est désigné directeur régional “Poitou-Charentes”. Quatre ans plus tard, Gil Vauquelin devient directeur interrégional “Est” et directeur régional “Alsace” de la CDC (2009-2015).

19/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau chef du service “Industrie” à la direction générale des entreprises

Adjoint au directeur général de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) au ministère de l’Économie, depuis 2012, Benjamin Gallezot a été nommé chef de service, chargé du service de l’industrie au sein de la direction générale des entreprises du même ministère. Il remplace Christophe Lerouge, qui avait été désigné à ce poste en 2013 et officie comme directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées depuis septembre 2016. Avant cela, Benjamin Gallezot a évolué en cabinets ministériels. Conseiller technique au cabinet du président de la République Nicolas Sarkozy de 2010 à 2012, il avait auparavant officié au sein du cabinet du ministre de la Défense Hervé Morin, comme conseiller pour les affaires industrielles (2009-2010). Normalien, cet ingénieur principal de l’armement de 44 ans a d’abord été affecté à la direction des centres d’expertise et d’essais à la délégation générale pour l’armement (DGA), de 1994 à 1998, avant d’exercer en tant que chef du bureau de la construction navale à la direction de la coopération et des affaires industrielles de la DGA jusqu’en 2003. Rapporteur à la Cour des comptes pendant cinq ans (2003-2008), Benjamin Gallezot a piloté la sous-direction de l’énergie et des affaires sociales à la direction générale de l’énergie et du climat au ministère de l’Écologie en 2008-2009.

18/01/2017 | NOMINATION FRANCE


France Brevets nomme un expert de l’énergie à sa présidence

Président-directeur général de l’Institut français du pétrole énergies nouvelles (Ifpen) de 2003 à 2015, Olivier Appert a été nommé président de la société France Brevets. Il succède à Philippe Caïta, en poste depuis 2015. Détenue à parité entre la Caisse des dépôts et l’État, la société d’investissements dédiée aux brevets France Brevets a été créée en 2011. Les domaines d’intervention de France Brevets sont les technologies de l’information et de la télécommunication, la sécurité, l’énergie, l’espace, les matériaux et technologies médicales (MedTech). Ancien élève de l’École polytechnique et ingénieur général des Mines – admis à faire valoir ses droits à la retraite en 2014 – Olivier Appert, 67 ans, a débuté sa carrière au service des Mines de Lyon, avant d’évoluer dans plusieurs cabinets ministériels. Conseiller technique au cabinet du ministre de l’Industrie Pierre Joxe en mai-juin 1981, il avait ensuite été chargé de mission au cabinet du Premier ministre Pierre Mauroy jusqu’en 1984, puis directeur adjoint du cabinet de la ministre du Redéploiement industriel et du Commerce extérieur Édith Cresson (1984-1986). En 1987, Olivier Appert prend la responsabilité de l’activité “radiocommunication mobile” au sein de la société Télécommunications radioélectriques et téléphoniques (TRT), avant d’être nommé – en 1989 – directeur des hydrocarbures au ministère de l’Industrie. Il rejoint, en 1994, la direction de l’Institut français du pétrole énergies nouvelles (Ifpen), où il a notamment été en charge de la recherche et développement et de la filiale Isis, holding technologique cotée en bourse. En 1999, Olivier Appert devient directeur de la coopération long terme et de l’analyse des politiques énergétiques au sein de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), jusqu’en 2003, date à laquelle il est nommé à la présidence de l’Ifpen.

17/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Un ex-conseiller de Michel Sapin et Christophe Sirugue part dans le privé

Conseiller chargé du pôle des restructurations aux cabinets du ministre de l’Économie, Michel Sapin, et du secrétaire d’État chargé de l’industrie, Christophe Sirugue, depuis septembre 2016, Romain Raquillet a rejoint le cabinet de conseil en ressources humaines Altedia comme directeur de la practice stratégie sociale. Conseiller en charge des mutations économiques et des restructurations au cabinet du ministre du Travail François Rebsamen en 2014-2015, Romain Raquillet était conseiller social au cabinet du ministre de l’Économie Emmanuel Macron et au cabinet de la secrétaire d’État chargée du Commerce, Martine Pinville, jusqu’en août 2016. Âgé de 42 ans, avocat inscrit au barreau de Californie et diplômé de l’IEP de Lille, Romain Raquillet a travaillé comme consultant pour le cabinet de conseil Syndex entre 2003 et 2014.

17/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Un premier poste en cabinet ministériel pour Racha Sahly

Adjointe au chef de l’unité “Analyse économique et intelligence numérique” de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) et parallèlement cheffe de cette unité par intérim depuis 2015, Racha Sahly a été nommé conseillère “télécommunications” aux cabinets du ministre de l’Économie, Michel Sapin, et de sa secrétaire d’État chargée du Numérique, Axelle Lemaire. Formée sur les bancs de Sciences-Po Paris et de l’Institut européen d’administration des affaires (Insead), Racha Sahly a d’abord été économiste junior au sein de l’Agence nationale pour la promotion de l’investissement, de 2004 à 2006, avant d’officier comme rédactrice en chef adjointe de Décideurs Magazine entre 2007 et 2009.

17/01/2017 | NOMINATION FRANCE


Sophie Bergogne promue à la Cour des comptes

Présidente de la 2e section de la chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France depuis 2014, Sophie Bergogne, magistrate de chambre régionale des comptes, a été promue conseillère référendaire à la Cour des comptes et affectée à la présidence de la chambre régionale des comptes de Bretagne. Elle succède à Jean-Louis Heuga, en poste depuis 2014, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Après une première partie de carrière dans le secteur privé, et plus particulièrement dans le monde de l’édition, Sophie Bergogne a rejoint, après sa sortie de l’ENA en 2000 (promotion Averroès), la chambre régionale des comptes de Midi-Pyrénées comme conseillère. En 2007, elle rejoint celle de Provence-Alpes-Côte d’Azur, aux mêmes fonctions, où elle évolue pendant quatre ans. De 2011 à 2014, elle est chargée de mission, puis adjointe au secrétaire général pour les affaires régionales (Sgar) de Guadeloupe.

16/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Frédéric Advielle change de chambre régionale des comptes

Président de la chambre régionale des comptes (CRC) de Normandie depuis 2012, Frédéric Advielle, conseiller référendaire à la Cour des comptes, a été nommé président de la chambre régionale des comptes (CRC) des Hauts-de-France. Il succède à Thierry Vught, en poste depuis 2013. Président de chambre régionale des comptes de Basse-Normandie de 2010 à 2012, Frédéric Advielle présidait avant cela une section de la chambre régionale des comptes de Picardie (2008-2010). Ce magistrat de 58 ans, formé à l’IRA de Lille, a débuté sa carrière comme attaché d’administration centrale à la direction du Trésor au ministère de l’Économie. Conseiller de chambre régionale des comptes affecté en Lorraine en 1995, il exerce ensuite les mêmes fonctions à la chambre régionale des comptes du Nord-Pas-de-Calais (2000-2003). Délégué dans les fonctions de commissaire du gouvernement près la chambre régionale des comptes du Nord-Pas-de-Calais en 2003, Frédéric Advielle a exercé à ce poste jusqu’en 2008.

16/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Christine Weisrock, administratrice civile hors classe, est nommée sous-directrice en charge de la sous-direction “stratégie et expertises de l’immobilier de l’État” à la direction de l’immobilier de l’État de la direction générale des finances publiques à Bercy – Emmanuel Amigues devient conseiller “politiques immobilières et jeux” au cabinet du secrétaire d’État chargé du Budget, Christian Eckert – Racha Sahly est désignée conseillère “télécommunications” aux cabinets du ministre de l’Économie et des Finances, Michel Sapin, et de la secrétaire d’État au Numérique et à l’Innovation, Axelle Lemaire – Sophie Gourion est nommée conseillère en charge de la communication au cabinet de la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol.  

16/01/2017 | NOMINATION FRANCE