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La politique d’éducation prioritaire n’atteint pas ses objectifs, selon la Cour des comptes

Dans un rapport publié ce mercredi 17 octobre, la Rue Cambon juge que la politique d’éducation prioritaire passe largement à côté de ses objectifs. Et préconise de recentrer les efforts sur le primaire et les établissements les plus défavorisés.

17/10/2018 | ACTUALITÉ

Bilan “décevant” pour la politique d’éducation prioritaire, selon le rapport rendu ce mercredi 17 octobre par la Cour des comptes. Cette politique, sur laquelle s’appuient les gouvernements successifs depuis près de quarante ans pour aider les établissements situés dans des zones socialement défavorisées, concentre des moyens (1,7 milliard d’euros en 2017) au bénéfice de 20 % des élèves dans plus de 1 000 réseaux réunissant collèges et écoles, dont 350 en éducation prioritaire renforcée (REP+), les autres en REP. Son objectif était de réduire à moins de 10 % les écarts de niveau entre les élèves scolarisés en éducation prioritaire et les autres. Diverses études internationales, notamment le classement Pisa, montrent en effet qu’en France plus qu’ailleurs, les inégalités sociales pèsent sur les résultats des élèves. Or, selon la Cour des comptes, qui a débuté ses travaux sur le sujet il y a deux ans, la politique d’éducation prioritaire n’a pas atteint son objectif. L’effet de la scolarisation en éducation prioritaire sur les résultats des élèves est même, écrivent les magistrats financiers, “très faible”. Ainsi, au collège, si les écarts de performance en mathématiques et en français ne se détériorent plus, ils restent de l’ordre de 20 à 30 % selon les disciplines et les années. La Cour trouve plusieurs explications à ces résultats décevants : l’outil le plus efficace, la réduction de la taille des classes, est resté trop longtemps modeste et pas assez orienté vers les REP+ et le premier degré (maternelle et primaire). “Ce n’est pas le premier rapport dans lequel nous préconisons de redéployer les moyens de l’éducation nationale en faveur du primaire, ces années-là sont essentielles”, a insisté, mercredi, le Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, en présentant le rapport. Se concentrer sur les premières années d’apprentissage Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a lancé depuis l’an dernier le dédoublement des classes de CP et CE1 en REP+ et en REP, ce qui semble précisément correspondre aux recommandations de la Cour. Mais cette dernière préconise de concentrer cette mesure “très coûteuse” à la fois sur les trois premières années des apprentissages fondamentaux (grande section de maternelle, CP, CE1) et sur les zones les plus en difficulté. Un autre “levier à approfondir”, selon les auteurs du rapport, serait de renforcer l’attractivité des postes en éducation prioritaire. Les enseignants qui sont affectés dans ces quartiers défavorisés sont souvent les moins expérimentés et l’absentéisme des professeurs y est plus marqué, avec un recours fréquent à des contractuels. Jusqu’ici, les différents mesures mises en place pour les stabiliser (primes, points gagnés pour les mutations…) n’ont pas porté leurs fruits, selon la Cour. Les effets de la création récente d’une nouvelle prime de 1 000 euros par an en REP+ (qui pourrait atteindre à terme 3 000 euros) ne peuvent encore être évalués. Deux ans d’ancienneté Pour la Cour, il faudrait affecter en éducation prioritaire des enseignants ayant au moins deux ans d’ancienneté et élargir la capacité des chefs d’établissement à recruter “sur profils” pour ces postes particuliers. Une idée qui semble avoir les faveurs de Jean-Michel Blanquer. La “labellisation” des établissements en REP ou REP+ a aussi pu encourager des stratégies d’évitement de la part de certaines familles, ce qui a réduit encore la mixité sociale, souligne le rapport. La Cour des comptes recommande de sortir de cette logique “binaire” et de répartir l’ensemble des établissements en 9 catégories en fonction de l’origine sociale et des résultats scolaires des élèves. Une façon d’allouer différemment les moyens pour mieux tenir compte des 70 % d’élèves défavorisés, scolarisés en dehors de l’éducation prioritaire, tout en accentuant l’effort sur les établissements concentrant le plus de difficultés. Le gouvernement vient de confier une mission à l’universitaire Pierre Mathiot et à l’inspectrice générale Ariane Azéma pour repenser l’éducation prioritaire, mission dont les résultats sont attendus pour juin 2019. Avec AFP


Sciences Po veut lever 100 millions d’euros d’ici 2022 pour se diversifier

L’institut d’études politiques de Paris a lancé, lundi 8 octobre, une grande campagne de collecte de fonds pour “soutenir l’ambition de Sciences Po de se réinventer pour les prochaines générations”. Elle doit aboutir en 2022.

09/10/2018 | ACTUALITÉ

À l’occasion de son gala annuel, lundi 8 octobre, Sciences Po Paris a lancé une ambitieuse campagne de levée de fonds. L’établissement public d’enseignement des sciences politiques et sociales espère ainsi lever 100 millions d’euros d’ici 2022, date anniversaire de sa fondation par Émile Boutmy il y a cent cinquante ans. Et date à laquelle l’institution entend inaugurer son nouveau campus sur le site de l’Artillerie. Un investissement important. C’est précisément à cet emménagement que devront servir une partie des fonds collectés. Situé à deux pas du site historique, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, ce campus s’étendra sur 14 000 m² et comprendra, entres autres, un espace dédié à l’entreprenariat et à l’innovation, une grande bibliothèque et deux nouvelles salles informatiques. Poursuivre la diversification de l’institution Cette campagne, qui s’adresse aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers, devrait permettre, en plus de financer l’aménagement du site de l’Artillerie, de poursuivre un certain nombre de chantiers que l’institution a initiés ces dernières années. Il s’agira en particulier d’approfondir ses efforts en matière d’égalité des chances, en réaffirmant “l’engagement d’accueillir les talents les plus divers”. Aujourd’hui, 30 % de ses élèves bénéficient d’une aide sociale de sa part (soit 10,5 millions d’euros). De nouveaux outils seront acquis pour faciliter l’intégration des personnes handicapées. Il est également question de s’ouvrir à de nouvelles disciplines, pour articuler son “expertise en sciences humaines et sociales avec les sciences du vivant et les sciences dures”. Une articulation qui passera par la création de nouvelles chaires au carrefour de plusieurs disciplines, comme la chaire “Good in tech” avec l’Institut Mines-Télécoms et la chaire d’écrivain en résidence, ainsi que par la création de nouveaux programmes d’enseignement. Autre objectif : l’extension de la présence de Sciences Po à l’international, “avec l’Afrique comme horizon prioritaire”, où l’institution a déjà ouvert une antenne au Kenya en début d’année. Ce renforcement international doit se faire à travers un programme de bourses d’excellence et de fonds de mobilité et la conclusion de nouveaux partenariats avec des établissements étrangers. Des levées de fonds depuis 2008 Sciences Po n’en est pas à son coup d’essai. L’institution s’est dotée, dès 2008, d’une direction chargée des levées de fonds pour mener un premier programme de collecte entre 2008 et 2013. Durant ces cinq années, ce ne sont pas moins de 40 millions d’euros qui ont été réunis. Un dispositif que l'institution a perpétué les années suivantes. En 2017, elle a notamment collecté 12,8 millions d’euros à travers les mécénats et les partenariats d’entreprises (58 % du total), des financements de fondations (21 %) ou des dons de particuliers (21 %), principalement des anciens élèves. Les chiffres ont nettement progressé depuis 2014, année durant laquelle Sciences Po n’avait levé que 5,2 millions d’euros, après quoi elle a levé 5,7 millions en 2015 et 6,3 millions en 2016. Si la majeure partie de ces dons proviennent de l’Hexagone, l’école trouve également de généreux donateurs par le biais de ses structures basées à l’étranger, au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’US Sciences Po Foundation a ainsi levé près de 560 000 dollars l’an dernier quand la Sciences Po Alumni Charity UK Trust a récolté 75 000 livres sterling auprès de ses anciens élèves britanniques. Ressources en hausse constante L’institution n’a pourtant pas de quoi s’apitoyer. Ses ressources n’ont cessé de croître ces dernières années, y compris celles en provenance de l’État. Les subventions publiques sont ainsi passées de 36 millions d’euros en 2000 à 69,4 millions d’euros en 2017, pour un budget total de 188 millions d’euros, dont 62 millions proviennent des droits d’admission et de scolarité. Dans le même temps, les efforts mis en œuvre par l’école pour trouver de nouvelles sources de financements ont contribué à réduire significativement la part de la dotation publique dans ses ressources, celle-ci ayant chuté de 66 % en 2000 à seulement 37 % l’an dernier. Le gros de ses ressources provient des droits d’admission et de scolarité (33 %). Avec cette nouvelle campagne de financement d’une ampleur inédite, l’institution entend donc passer à la vitesse supérieure. Une première “phase silencieuse” lui aurait déjà permis de lever 47 millions d’euros, dont 37 millions ont déjà été collectés.


Le gouvernement pousse un cran plus loin la stratégie de diversification des profils de recteurs

Dans la continuité des trois réformes engagées depuis 2001, le pouvoir macronien va augmenter de 20 à 40 % le contingent des emplois de recteurs pouvant être occupés par des personnes non issues de l’université.

03/10/2018 | ACTUALITÉ

Une marche de plus. L’exécutif a franchi une étape supplémentaire dans l’ouverture des profils des recteurs d’académie. Le gouvernement d’Édouard Philippe a présenté, lors du Conseil des ministres du 3 octobre, un décret permettant d’ouvrir un peu plus l’accès aux postes de recteurs. Ainsi, le nombre de postes que pourront occuper les non-universitaires passera de 20 à 40 %. Cette microréforme pousse un plus loin la stratégie de diversification des profils initiée de manière constante par les gouvernements précédents, quelle que soit leur tendance politique. Et ce alors que les ministres successifs ont pu rencontrer des difficultés à détecter assez de personnalités ayant montré, par leur carrière, des qualités de gestion des ressources humaines et des capacités de communication publique nécessaires pour gérer un service public assez exposé et volumineux en effectifs. Historiquement, l’institution napoléonienne des recteurs a presque toujours été la chasse gardée des universitaires. Bonaparte ne voulait pas que les préfets – qu’il avait créés – mettent la main sur l’éducation. C’est ainsi que progressivement, seuls des titulaires d’un doctorat puis d’une habilitation à diriger des recherches (HDR, le titre universitaire le plus élevé en France, qu’il est possible d’obtenir après un doctorat) ont pu longtemps être statutairement nommés aux postes de recteurs d’académie, le recteur faisant également fonction de chancelier des universités, même si ces dernières se sont grandement autonomisées, notamment avec la réforme de 2008 (loi LRU). En 2001, le ministre de l’Éducation nationale d’alors, Jack Lang, ouvrait une première brèche en permettant de nommer des non-titulaires d’HDR mais justifiant du doctorat, dans la limite de 10 % des postes. Processus lent et continu Trois personnes ont ensuite été nommées dans ce cadre-là, entre 2001 et 2010. “Malgré cette ouverture, les gouvernements n’ont pas réussi à repérer un nombre suffisant de personnes susceptibles de devenir recteurs, analysait dans une étude socio-historique élaborée en 2013 Patrick Gérard, ancien recteur de l’académie de Paris, aujourd’hui directeur de l’ENA. Il est vrai que depuis la loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (loi Pécresse), la fonction de président d’université, plus intéressante et plus gratifiante à assumer dans un établissement doté de responsabilités et de compétences élargies, a davantage attiré de professeurs prêts à s’impliquer dans la gestion administrative de leur établissement.” Et le haut fonctionnaire d’observer : “Ce mouvement a sans doute contribué à restreindre le vivier des recteurs.” En 2010, Luc Chatel et Valérie Pécresse, alors respectivement ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur de Nicolas Sarkozy, poursuivent l’ouverture de ces postes (dans la limite de 20 % des emplois cette fois-ci, soit 6 sur 30). L’acquis de 2001 est préservé et l’accès est élargi à des personnalités non titulaires de HDR ou de doctorat, mais ayant déjà exercé les emplois de secrétaire général de ministère ou de directeur d’administration centrale (quel que soit le ministère) pendant trois ans. Pour aller plus loin, la ministre Najat Vallaud-Belkacem a, en 2015, entrepris de diversifier un peu plus en faisant “sauter”, via un décret, l’exigence du doctorat, mais en maintenant la condition des dix ans d’expérience. Il s’agissait d’ouvrir l’accès à des personnalités non titulaires du doctorat et n’ayant pas été directeurs d’administration. Sans toucher au quota. Réactions négatives La réglementation actuelle prévoit ainsi que nul ne peut être nommé recteur s’il n’est pas habilité à diriger des recherches (HDR). Dans la limite de 20 % de l’effectif des emplois correspondants, peuvent être nommées recteurs : soit des personnes ayant exercé les fonctions de secrétaire général de ministère ou de directeur d’administration centrale pendant au moins trois ans, soit des personnes justifiant d’une expérience professionnelle de dix ans au moins dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement, de la formation ou de la recherche. Lorsqu’elles ne sont pas titulaires du doctorat, la nomination de ces personnes intervient après avis d’une commission chargée d’apprécier l’aptitude des intéressés à exercer les fonctions de recteur. Le quota de 20 % est aujourd'hui utilisé à plein, indique le ministère à Acteurs publics. Avec le nouveau décret que l’équipe Macron s’apprête à prendre, le quota est porté à 40 % et la condition d’expérience saute. Restera le passage devant la commission d’aptitude, qui est, lui, maintenu. Le projet de décret a été rejeté le 20 septembre par le Conseil supérieur de l’éducation, une instance consultative où siègent des membres représentant les personnels, les usagers et les partenaires de l’État dans l’action éducative (aucune voix pour, 49 voix contre et 14 abstentions). Pour les universitaires, les places de recteurs vont devenir de plus en chères, puisque cette réforme va se conjuguer avec une autre : la réduction, annoncée pour le 1er janvier 2020, du nombre de rectorats en métropole, calqué sur le nombre de régions (13), avec des enjeux à traiter à ce niveau encore plus complexifiés. Interrogé par Acteurs publics en septembre 2017 sur l’intérêt d’augmenter le quota de recteurs “hors HDR” au-delà des 20 %, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, universitaire agrégé de droit public et ancien recteur de Créteil et de la Guyane, n’avait pas manifesté un enthousiasme débordant : “Ces ouvertures ont permis une diversification des profils, une aération du système. Mais je suis assez attaché au fait que les recteurs aient une légitimité académique”, poursuivait-il, estimant cependant que le mode de recrutement et de préparation à la fonction devait changer. Plusieurs initiatives d’ouverture La conférence des présidents d’université (CPU), actuel influent du monde de l’éducation, a jugé, le 1er octobre, que cette nouvelle ouverture “contredirait en effet la politique affichée de valorisation du doctorat et ne contribuerait pas à la diversification de la haute fonction publique affirmée par ailleurs”. Une réaction, à ce stade, des plus modérées en comparaison de celle affichée lors de la dernière ouverture, en 2015. La CPU avait en effet attaqué le décret devant le Conseil d’État. La haute juridiction administrative avait rejeté le recours.  On notera qu’avec ce décret, le Président Macron affiche une nouvelle fois sa volonté d’ouverture en matière de haute fonction publique, même s’il bute sur pas mal de résistances ou de difficultés structurelles. Ainsi, le Conseil constitutionnel a-t-il retoqué début septembre le décret ouvrant aux contractuels des emplois de direction dans l’administration centrale de l’État, dans la fonction publique territoriale et dans l’hospitalière, estimant que le véhicule juridique utilisé n’était pas le bon. Une ouverture par ailleurs très contestée. Le gouvernement remettra très certainement l’ouvrage sur le métier avec le prochain projet de loi de réforme de la fonction publique, prévu pour le premier semestre 2019. Quant au décret ouvrant le statut des emplois de 22 consuls généraux au Quai d’Orsay publié cet été, il est pour le moment fragilisé par des recours devant le Conseil d’État, déposés par plusieurs syndicats des affaires étrangères. La nomination de l’écrivain et proche du couple Macron Philippe Besson à Los Angeles, que ce décret devait permettre, paraît plus qu’incertaine. Le président de la République n’a d’ailleurs toujours pas publié le décret de nomination. Le jugement concernant le décret sur le statut des emplois de consuls généraux devrait lui être rendu par les sages du Palais-Royal d’ici neuf à douze mois. Enfin, l’objectif fixé pendant la campagne présidentielle de recruter en dehors de la fonction publique un quart des directeurs d’administration centrale des ministères n’a pas du tout été mis en œuvre, alors que le statut le permet.


Le gouvernement veut mobiliser 75 à 100 millions d’euros pour l’inclusion numérique

À l’occasion d’un déplacement à Nantes, le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, va annoncer le lancement du plan d’action pour l’inclusion numérique, qu’il élabore depuis près d’un an. Un “passe numérique” donnant accès à la formation doit notamment être lancé en 2019.

12/09/2018 | ACTUALITÉ

Entre 13 et 14 millions. C’est le nombre de Français que l’on estime en difficulté avec le numérique et ses usages, selon que l’on regarde les chiffres de l’Arcep ou de France Stratégie. Quoi qu’il en soit, cela signifie qu’un Français sur 5 est en en situation d’exclusion ou de distanciation vis-à-vis de la société numérique. Une population à laquelle le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, est bien décidé à venir en aide. Depuis le lancement d’une mission sur la mise en place d’une stratégie pour un numérique inclusif, qui a accouché d’un rapport fin mai, le secrétaire d’État multiplie les apparitions et prises de parole sur le sujet, dont il a fait l’une de ses priorités. Notamment en nommant Salwa Toko à la tête du nouveau Conseil national du numérique (CNNum) et en chapeautant la création de la Fondation Femmes numériques. Il a même commandé une étude à France Stratégie, l’organisme de prospective du gouvernement, pour appuyer sa politique et insister sur la nécessité d’agir. L’idée, comme nous l’expliquait le cabinet de Mounir Mahjoubi en mai, étant de mobiliser le maximum d’acteurs pour en faire un “sujet politique”. C’est, semble-t-il, désormais chose faite. Le secrétaire d’État va annoncer, jeudi 13 septembre, à l’occasion de l’événement Numériques en communs, à Nantes, les principales mesures d’action en faveur de l’inclusion numérique. Généralisation du passe numérique L’objectif de cette réunion des acteurs de la médiation numérique est de “faire une rentrée de mobilisation générale”, réunissant notamment les acteurs de la Mednum (le réseau des médiateurs numériques), des collectivités, des entreprises engagées et des opérateurs de services publics, afin de “rappeler l’importance du sujet et son urgence”, explique Yolaine Proult, conseillère “inclusion numérique et innovation” de Mounir Mahjoubi. Et surtout, d’annoncer le lancement du “passe numérique”. Un lancement qui n’est autre que la généralisation d’une initiative lancée à la fin du précédent quinquennat. Le chèque numérique (ou chèque Aptic) initié par Axelle Lemaire – alors secrétaire d’État au Numérique – en 2016 était en effet entré, entre avril et mai 2017, dans une phase d’expérimentation au niveau national. Dans la forme que lui donne l’actuel secrétariat d’État, le “passe numérique” doit permettre aux personnes en retrait du numérique, mais pas totalement en rupture – et donc “autonomisables”, soit 5 millions de personnes –, de suivre des formations aux fondamentaux des outils numériques. Le “passe” sera ainsi doté de 50 à 100 euros, ce qui donnera accès à 10 ou 20 heures de formation de base permettant d’“apprendre à naviguer, à créer une adresse mail, à remplir les procédures en ligne ou à faire une recherche d’emploi”, précise Yolaine Proult. Donner l’impulsion aux acteurs de la médiation Désormais, l’enjeu est de “massifier” le dispositif. Pour ce faire, l’État prévoit de mettre 15 millions d’euros sur la table. Une enveloppe d’amorçage qui doit avant tout permettre de faire “effet levier sur l’ensemble des acteurs”. Le gouvernement compte notamment sur l’investissement des collectivités, via des fonds européens, comme le font déjà certaines d’entre elles (la ville de Rennes et les départements du Gard et des Pyrénées-Atlantiques, notamment), mais aussi sur celui des opérateurs de services publics tels que Pôle emploi ou La Poste, et sur des entreprises privées. Mounir Mahjoubi va d’ailleurs signer, demain, des chartes d’engagement avec plusieurs entreprises dont “la politique RSE [de responsabilité sociale des entreprises, ndlr] prend ces questions très au sérieux”, explique sa conseillère. Orange, BNP Paribas, Veolia ou encore le Crédit agricole feraient partie des premiers partenaires et devraient apporter 500 000 euros supplémentaires. De quoi, espère-t-on du côté du secrétariat d’État, atteindre un financement total de 75 à 100 millions d’euros annuels grâce à cette “logique de levées de fonds”. À titre de comparaison, le dispositif expérimental du chèque numérique n’aurait pour l’heure consacré que 250 000 euros à la formation des citoyens, pour un total de 25 000 chèques. La Banque des territoires nouvellement créée au sein de la Caisse des dépôts et consignations va également investir 5 millions d’euros afin de former aidants numériques et travailleurs sociaux, et ainsi permettre de “structurer la filière de la médiation sur tout le territoire”. Un recensement des offres d’inclusion numérique dans les territoires est également en cours afin de constituer une cartographie nationale. Lancement en 2019 Ces 75 à 100 millions d’euros ne permettraient toutefois de ne former que 1,5 million de Français. Aussi le secrétariat d’État prévoit-il de renouveler l’expérience, au moins pendant cinq ans, afin d’atteindre l’objectif d’autonomisation de 5 à 6 millions de personnes. Des appels à projets devraient être émis d’ici la fin de l’année pour pouvoir “concrètement délivrer les passes numériques en 2019 et monter en puissance dans leur distribution”. Une distribution qui passera par les collectivités, entreprises associées et opérateurs sociaux. Lesquels sont en première ligne face aux populations concernées. C’est en effet aux travailleurs sociaux que reviendra la première étape de la prise en charge, celle de l’identification des publics et de leur diagnostic, mais aussi de l’accompagnement des publics non autonomisables, que ce soit du fait de leur grand âge ou de leur maîtrise du français. En attendant, un “kit d’intervention rapide” à destination des aidants et une “boîte à outils” ont d’ores et déjà été mis en ligne.


Les directeurs d’école en mal de reconnaissance

Selon une étude de l’OCDE publiée mardi 11 septembre, l’écart de salaire entre un directeur d’école français et un enseignant n’est que de 7 %, contre en moyenne 41 % dans les autres pays de l’organisation.  

12/09/2018 | ACTUALITÉ

Voilà une étude sur laquelle les syndicats ne manqueront sans doute pas de s’appuyer pour réclamer une revalorisation des conditions de travail des directeurs d’école. Dans la dernière édition de son rapport annuel “Regards sur l’éducation”, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pointe en France un manque de reconnaissance salariale des directeurs d’école. Un directeur d’école en primaire gagne ainsi 7 % de plus seulement que les enseignants de son établissement. “C’est le plus faible écart observé dans la zone OCDE”, a souligné le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, lors de la présentation du rapport, mardi 11 septembre [cliquez ici pour consulter le rapport et ici pour consulter la note spécifique à la France]. L’écart s’établit en moyenne à 41 % au sein de l’OCDE. La France fait également office d’exception quand la comparaison porte sur les salaires des directeurs d’école en comparaison de ceux d’autres chefs d’établissement, à la tête des collèges notamment. Un chef d’établissement au collège gagne ainsi “presque 70 % de plus que celui de l’élémentaire, l’écart le plus élevé de tous les pays de l’OCDE [la moyenne y est de 13 %, ndlr]”, explique l’organisation. Accroître la responsabilité Dans son rapport, l’OCDE pointe également la faible autonomie des chefs d’établissement dans notre pays. Une plus grande marge de manœuvre leur permettrait, ainsi qu’aux enseignants, d’“obtenir de meilleures décisions” et ainsi de “favoriser la réussite scolaire de tous les élèves”.  “En France, plus de la moitié des décisions concernant le premier cycle de l’enseignement secondaire sont prises par les autorités centrales quand 10 % seulement le sont au niveau de chaque collège”, a expliqué le secrétaire général de l’OCDE. Autant d’éléments qui seront à coup sûr mis en avant lors des négociations entre les représentants du personnel et le ministère de l’Éducation nationale. La question des directeurs d’école doit en effet figurer à l’ordre du jour de l’agenda social l’année prochaine.


La Cour des comptes plaide pour un renforcement des opérateurs de la formation professionnelle

La Rue Cambon a rendu public, lundi 3 septembre, un référé concernant les fonctions d’encadrement, de coordination et d’évaluation des opérateurs de la formation professionnelle.

04/09/2018 | ACTUALITÉ

Approfondir le cadre contractuel qui lie l’État et les opérateurs de la formation professionnelle, renforcer la coordination de ces derniers et faire davantage converger leurs systèmes d’information. Voici, en substance, les recommandations qu’a émises la Cour des comptes pour améliorer le système de la formation professionnel en France. À l’heure actuelle, la gestion de la mutualisation des fonds de formation professionnelle revient en effet au Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) quand le financement des actions de formation revient à des opérateurs sectoriels et interprofessionnels, les OPCA. Dans son référé du 3 septembre (mais signé le 8 juin) à destination de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et relatif aux performances de la formation professionnelle, la Cour des comptes insiste notamment sur la nécessité de “maintenir une fonction de contractualisation permettant de disposer, au niveau sectoriel, de relais efficaces pour les orientations qui peuvent être fixées par l’État et les partenaires sociaux”. Reste que, toujours selon la Cour, le fonctionnement des OPCA ne leur permet pas de contribuer efficacement au financement d’actions destinées à des secteurs d’activité ou à des publics prioritaires. En cause, la réduction des possibilités de mutualisation des fonds depuis la loi du 5 mars 2014 et la réticence de certaines branches professionnelles à financer des priorités transversales dépassant leur propre cadre sectoriel. Aussi, “les orientations et priorités définies au niveau national devraient faire l’objet d’une contractualisation plus précise dans la détermination des objectifs stratégiques”, indique la Cour, notamment en vue d’apprécier la qualité du service rendu par les OPCA aux entreprises et individus. Coordination à approfondir Dans son référé, la Cour pointe également certaines défaillances dans la coordination des opérateurs. Notamment en matière de rapprochement des approches et des outils prévus par la loi du 5 mars 2014 et son décret d’application du 30 juin 2015. Or les contrôles de la Cour ont “mis en lumière les difficultés rencontrées par les différents systèmes d’information”. Si le Fonds de gestion des congés individuels de formation (Fongecif) et le FPSPP ont travaillé sur un outil commun, il a finalement été abandonné. De leur côté, les OPCA “n’ont pas entrepris de réflexion d’ensemble sur leurs systèmes d’information alors qu’il aurait été nécessaire de les relier à celui du compte personnel de formation géré par la Caisse des dépôts”. La Cour recommande donc au ministère du Travail d’établir un “schéma directeur des systèmes d’information” afin de garantir leur “cohérence, compatibilité et interconnexion” et de “permettre le suivi des parcours de formation et l’évaluation de la performance du système de la formation professionnelle”. Renforcer cette coordination aurait pour effet, selon les magistrats de la Rue Cambon, de “corriger les inégalités d’accès à la formation, tant en ce qui concerne les personnes les moins qualifiées que les petites entreprises” ; de “mieux s’adapter à l’évolution des compétences requises par l’économie française” et enfin de “contenir le coût et améliorer la qualité des prestations de formation et leur adéquation aux besoins des individus et entreprises”. Évaluation de la performance trop limitée Si le “Plan 500 000 formations” lancé par François Hollande en 2016 a fait l’objet d’un bilan à part entière, la Cour note que les “bilans et évaluations ne devraient pas être limités à la mise en œuvre des plans conjoncturels”. Il apparaît également que la performance globale des OPCA devrait elle aussi être évaluée, mais que le cadre contractuel entre l’État et ses opérateurs devrait pour cela “mieux expliciter les objectifs poursuivis et les moyens en œuvre pour y parvenir”. Nombre de ces sujets ont fait l’objet d’une révision dans le cadre du projet de loi “pour la liberté de choisir son avenir professionnel”, adopté définitivement le 1er août par l’Assemblée nationale. Les OPCA, tels qu’ils existent aujourd’hui, seront ainsi supprimés et remplacés par des “opérateurs de compétences”. Au niveau national, le FPSPP, le Cnefop et Copanef devraient être remplacés par une agence unique, France Compétences.


Nomination des patrons de l’audiovisuel : les enjeux de la réforme à venir

Alors que la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a dévoilé en juin les grandes lignes de sa réforme de l’audiovisuel public, Acteurs publics revient sur l’une des mesures phares qui devrait s’inscrire dans ce grand chantier : celle de la nomination des patrons de l’audiovisuel public.

22/08/2018 | ACTUALITÉ

Aujourd’hui dévolu au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le pouvoir de nomination des patrons des chaînes de TV et radio publiques serait en passe de changer de mains. Dans le cadre d’une vaste réforme du secteur, dont les grands axes ont été dévoilés en juin, le gouvernement prévoit en effet de s’attaquer à ce sujet pour le moins épineux. Les détails de cette petite révolution au sein de France Télévisions, France Médias Monde et Radio France ne devraient pas être connus avant quelques mois, avec une mise en place de la réforme qui pourrait intervenir “d’ici fin 2018-début 2019”, explique le ministère de la Culture à Acteurs publics. Quoi qu’il en soit, “les arbitrages ne sont aujourd’hui pas rendus”, toujours selon le ministère. Un scénario, déjà évoqué par le chef de l’État, Emmanuel Macron, lors de la campagne présidentielle, se démarque cependant : celui de confier cette prérogative aux conseils d’administration (CA) des groupes concernés. Différencier celui qui nomme de celui qui contrôle La question de savoir qui doit nommer et démettre les P.-D.G. des chaînes publiques est loin d’être nouvelle. Ni même les volontés de réforme du système actuel. Si le CSA, l’autorité de régulation de l’audiovisuel français, disposait de ce pouvoir depuis sa création en 1989, celui-ci s’était néanmoins vu retirer cette prérogative sous l’ère de Nicolas Sarkozy. En effet, la loi du 5 mars 2009 relative à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision conférait ce pouvoir au président de la République. Une décision qui avait alors été contestée, au motif qu’elle remettait en cause l’indépendance des personnes nommées à l’égard de l’exécutif. La mesure n’avait toutefois pas résisté au changement de majorité, puisqu’à son arrivée au pouvoir, François Hollande avait choisi de redonner au gendarme du PAF sa compétence en matière de nomination. Cela dans une volonté de “réhabiliter l’indépendance du secteur”, selon les termes employés par le gouvernement à l’époque. D’abord promesse de campagne, cette mesure était ensuite devenue réalité dans le cadre des lois ordinaire et organique relatives à l’indépendance de l’audiovisuel public, adoptées le 15 novembre 2013. Si le choix de François Hollande avait été salué à l’époque, celui-ci est néanmoins aujourd’hui remis en question. Et pour cause, selon Xavier Gouyou-Beauchamps, ancien président de France Télévisions, “le CSA doit avant tout être chargé de la régulation du secteur. Or on ne peut pas être régulateur si on est autant impliqué dans la gouvernance. Autrement, cela occasionne un véritable conflit d’intérêts. Dans d’autres secteurs, cette situation serait inimaginable : si on regarde les télécommunications, pourrait-on envisager que l’autorité de régulation du secteur [l’Arcep] nomme aussi les patrons des opérateurs ? La réponse est non.” Un avis également partagé par André Gattolin, sénateur LREM des Hauts-de-Seine, à l’origine d’une proposition de loi sur le sujet déposée fin 2017, et servant aujourd’hui de base de travail au gouvernement. Selon lui, le problème est qu’il “est très difficile de contrôler une personne qu’on a soit même nommée”. Et “sur les chaînes publiques, ajoute-t-il, il est aujourd’hui plus compliqué que sur les chaînes privées de formuler des critiques, de suivre les mises en demeure”. Polémiques récentes Pour ne rien arranger, l’histoire récente a été marquée par plusieurs polémiques ayant ravivé la question de confier ou non ce pouvoir au gendarme de l’audiovisuel. On se souvient ainsi de la désignation, en avril 2015, de Delphine Ernotte en tant que présidente de France Télévisions. L’arrivée à la tête du groupe de cette ancienne cadre d’Orange avait provoqué un tsunami au sein de la sphère des médias, au motif que la nomination aurait été, selon certains, “entachée d’irrégularités” et se serait tenue dans le cadre d’un processus “opaque et antidémocratique”. Plus récemment, début 2018, c’est la question de la révocation ou non de Mathieu Gallet qui avait remis le feu aux poudres. Ce dernier, à la tête de Radio France depuis 2014, a en effet été condamné en janvier pour favoritisme, dans le cadre de faits intervenus lorsqu’il était à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), entre 2010 et 2014. Le CSA étant alors seul maître pour décider si, oui ou non, le principal intéressé pourrait garder ses fonctions, Françoise Nyssen s’était exprimée dans Le Monde au lendemain de la condamnation. “Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable. Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent”, avait ainsi déclaré la ministre de la Culture. Une sortie qui avait été perçue comme un coup de pression à l’égard du CSA de la part du gouvernement et avait semé le doute, dans certains esprits, quant à l’indépendance de l’autorité vis-à-vis de l’exécutif.  Alternative C’est donc dans ce contexte que s’inscrit le désir du gouvernement de réformer le système actuel. Une démarche qui n’est pas saluée par tous les acteurs. Ainsi, David Assouline, sénateur PS de Paris, qui s’exprimait en janvier dernier sur la chaîne Public Sénat, suspecte que “le véritable objectif du gouvernement” soit “de pouvoir nommer presque directement les patrons de l’audiovisuel public” et de toucher, ainsi, à “l’indépendance des médias”. Et toujours à gauche de l’échiquier politique, François Hollande, dans son ouvrage Les Leçons du pouvoir, publié en avril, a quant à lui mis en garde son successeur à la présidence de la République quant à sa volonté de détricoter la mesure qu’il avait remise en place. “II est toujours possible de critiquer” la gestion des instances indépendantes, écrit-il, “mais au moins leur lien avec le pouvoir ne peut servir de prétexte”. Par ailleurs, ajoute l’ancien Président, “revenir d’une façon ou d’une autre au système antérieur ne serait un progrès ni pour l’indépendance ni pour la performance de l’audiovisuel public”. Néanmoins, dans l’ensemble, cette volonté de transformation rencontre l’approbation. Et l’idée de laisser aux CA le soin de nommer leurs dirigeants, déjà citée à plusieurs reprises par Françoise Nyssen au cours des derniers mois, fait son chemin. Selon la proposition de loi Gattolin, cette solution aurait ainsi le mérite de “renforcer l’indépendance d’un service public de l’audiovisuel appelé à des réformes en profondeur dans le contexte d’un modèle économique à bout de souffle”. Même son de cloche chez Jean-Marie Cavada, député européen, président du parti Génération citoyens et ancien président de France 5, RFO et Radio France, qui a jugé récemment dans une tribune publiée sur son blog et dans Le Monde, que “les conseils d’administration sont légitimes à désigner leur(s) candidat(es), répondant ainsi à la logique simple des entreprises”. Bien sûr, d’autres scénarios existent. Par exemple, il pourrait être envisagé de créer “un organisme ad hoc”, suggère Xavier Gouyou-Beauchamps, au sein duquel “le gouvernement nommerait un petit nombre de personnalités qualifiées au sein de ce conseil, uniquement chargées des nominations. C’est un système que j’avais déjà préconisé en 1986 [peu avant la création du CSA]”, se souvient l’ancien président de France Télévisions, “mais il est néanmoins un peu compliqué à mettre en place, car il engendrerait la création d’un énième conseil”. Questions en suspens Dans le cas où les nominations reviendraient aux conseils d’administration, resterait néanmoins à déterminer selon quelles modalités. Une des premières questions sera de savoir qui composera lesdits CA, aujourd’hui forts de 2 parlementaires, de 4 ou 5 représentants de l’État, de 4 ou 5 personnalités indépendantes et de 2 représentants du personnel. Selon Xavier Gouyou-Beauchamps, pour que la solution fonctionne, “il faut que les représentants de l’État au CA soient peu nombreux, car l’expérience montre que dans le cas contraire, il y a souvent des désaccords entre ces derniers et les représentants de la société”. André Gattolin propose lui aussi de réduire la part des représentants de l’État, en les portant à 2. Mais selon le sénateur, il faut aussi aller plus loin, en supprimant les sièges dévolus aux parlementaires, tout en faisant passer le nombre des personnalités qualifiées à 8. Autre interrogation, celle de savoir qui désignera les personnalités qualifiées des CA, aujourd’hui choisies par le CSA. La proposition de loi Gattolin suggère une désignation par le Premier ministre, après avis conforme des commissions permanentes compétentes au Parlement statuant à la majorité des trois cinquièmes de leurs membres. Mais l’idée est loin de faire l’unanimité. Car, comme l’a souligné David Assouline lors d’un débat en séance publique au Sénat en février auquel participait Françoise Nyssen, ce processus de nomination reviendrait à ce que le Premier ministre propose, “dans la quasi-totalité des cas”, les membres du CA. “On ne prend ainsi pas le chemin de l’indépendance”, a-t-il estimé.


L’inclusion numérique élevée au rang de priorité nationale (3/3)

Face à la numérisation galopante de la société et de l’administration, dont la finalité est la dématérialisation de tous les services publics à l’horizon 2022, le gouvernement entend faire de l’inclusion numérique, combat déjà porté par plusieurs associations, une priorité. Troisième et dernier volet de notre dossier consacré à FranceConnect et à la dématérialisation de l'administration.

22/08/2018 | ACTUALITÉ

Dans un local niché au cœur du quartier parisien de la Maison-Blanche, le monde afflue en ce milieu d’après-midi. Au guichet, deux bénévoles de l’association Emmaüs Connect répondent aux demandes des habitants du coin. Certains sont ici pour s’inscrire à des ateliers d’initiation à l’informatique, d’autres, plus nombreux ce jour-là, viennent pour bénéficier de tarifs avantageux sur la téléphonie et la connectivité. En vitrine, des équipements d’occasion trônent, affichant des prix modiques. À l’origine, l’association a été créée pour répondre à l’enjeu de l’accès concret au numérique. “Nous nous sommes rendu compte que les gens défavorisés recevaient la double peine en achetant leurs unités téléphoniques dans un bureau de tabac sans abonnement et les payaient 30 à 50 fois plus cher”, explique Jean Deydier, fondateur d’Emmaüs Connect. Des publics fragiles, ne maîtrisant pas toujours le français, se voyaient donc d’autant plus exclus que la société basculait vers le numérique. Les personnes que l’association accompagne sont toutes des bénéficiaires de l’action sociale. À leur arrivée, “nous leur faisons passer un entretien pour déterminer leur niveau de compétences informatiques et s’ils doivent suivre une formation ou seulement recevoir un coup de pouce”, explique la responsable du bureau local, Sophie Sabos. Après quoi, les ateliers et permanences peuvent les aider dans leurs démarches quotidiennes. “Nous leur montrons comment mener une recherche d’emploi, utiliser une boîte mail, envoyer des SMS”, énumère la responsable. Mais le premier frein à lever, c’est celui de la confiance. L’association vise d’abord à faire ce que le fondateur appelle de “l’urgence numérique” pour “dédramatiser ces sujets”, qui peuvent être perçus comme “une montagne par les publics éloignés”. Cheval de bataille Les 9 centres d’accueil ne suffisent pas à répondre à toute la demande. Jean Deydier a donc créé une seconde association, WeTechCare, qui développe une plate-forme réunissant les bonnes pratiques afin de mettre des tiers en capacité de former les gens au numérique. Pour l’instant, la plate-forme se focalise sur l’accès aux droits et s’attaque aux sujets de l’inclusion financière et énergétique par le numérique et bientôt à la mobilité et à la santé. À l’aube des services publics entièrement dématérialisés, la menace d’une aggravation de cette forme moderne d’analphabétisme se fait sentir. En France, on estime à 13 millions le nombre de personnes considérées comme “éloignées” du numérique et à 6,7 millions celles qui ne se connectent jamais à Internet, selon le Baromètre du numérique édité par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). Le défenseur des droits a également fait part de ses inquiétudes vis-à-vis de l’accès aux services publics dans un contexte de dématérialisation. Dans son dernier rapport sur le sujet, qui remonte à mars 2017, l’institution souligne que “l’administration numérique ne doit pas renforcer des facteurs d’inégalité déjà existants” et que la dématérialisation peut “favoriser la marginalisation de nouveaux publics, notamment, celles et ceux qui sont peu à l’aise avec l’écrit ou qui sont éloignés de l’outil Internet tels que les personnes âgées, sans oublier les jeunes qui en maîtrisent surtout les usages ludiques”. Ce phénomène d’exclusion a été pris à bras le corps par le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi. Depuis sa prise de fonction, l’ancien président du Conseil national du numérique a fait de la lutte contre l’exclusion numérique son cheval de bataille. Stratégies locales pour enjeu national En décembre 2017, dans le cadre de la mission “Société numérique”, il a lancé la “Stratégie nationale pour un numérique inclusif”, destinée à trouver les solutions pour enrayer cette forme d’exclusion. Celle-ci a accouché, fin mai, d’un rapport construit avec les acteurs du terrain, d’Emmaüs Connect à la Caisse nationale d’allocations familiales, en passant par l’Association des petites villes de France, réunis en 4 groupes autour de 4 axes de travail, de l’identification des besoins jusqu’au financement des solutions. Pour l'heure, le gouvernement semble avoir fait le pari d’une stratégie basée sur la mise en capacité des acteurs à aider les publics éloignés du numérique plutôt que sur de lourds investissements dans la formation. “La volonté, c’est de faire un plan qui associe l’ensemble des acteurs autour du sujet, l’État, les collectivités, les acteurs privés et les opérateurs de service public, pour amplifier ce qui peut se faire dans les territoires”, explique Yolaine Proult, conseillère “innovation publique et inclusion numérique” de Mounir Mahjoubi. Aussi, le premier fruit de la mission a été, dès la remise du rapport, la mise en ligne d’une plate-forme d’accompagnement constituée, pour le moment, de deux principaux volets. D’abord, un “kit inclusion numérique” afin d’accompagner étape par étape une collectivité ou un opérateur dans l’élaboration de sa stratégie d’inclusion numérique. Ensuite, une “boîte à outils”, alimentée des différents outils qui seront développés à l’avenir afin de faciliter l’identification des publics et leur diagnostic, et celle des médiateurs numériques qui opèrent dans les territoires. “Il y a déjà des choses qui se font et l’idée n’est pas de les étouffer, mais de les faire émerger”, justifie la conseillère. Le gouvernement entend extraire plusieurs mesures du rapport afin de consolider et de développer le réseau des acteurs de l’inclusion numérique, notamment avec la constitution d’un fonds de soutien. Mais le mouvement viendra d’abord des territoires.


Le gouvernement lance le chantier de la fusion des académies

Alors que la France compte actuellement 17 régions académiques et 30 académies, le gouvernement entend diviser ce chiffre par deux, avec 13 académies correspondant aux 13 régions métropolitaines.

20/08/2018 | ACTUALITÉ

Personnalisation des parcours des professeurs, réorganisation des académies : le Premier ministre, Édouard Philippe, et le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ont dévoilé cet été les principaux axes de la réforme de l’éducation nationale, initiée dans le cadre d’une réforme globale de la sphère publique. Ces mesures s’inscrivent en effet dans la réforme de la fonction publique initiée par le Premier ministre, qui ambitionne de réaliser 30 milliards d’euros d’économie d’ici 2022. Le gouvernement cherche “à faire de profondes transformations, pas de petites économies”, a déclaré, le 2 août, le Premier ministre dans une interview conjointe avec le ministre de l’Éducation, accordée au quotidien régional Ouest-France. L’objectif est de “mieux organiser notre système éducatif pour que les moyens consacrés par la Nation à cette première priorité permettent la réussite de tous les élèves”, a souligné Matignon dans un communiqué diffusé parallèlement à cette interview. Le premier axe de cette réforme porte sur une réorganisation territoriale. La France compte actuellement 17 régions académiques et 30 académies (26 métropolitaines et 4 d’outre-mer), et le gouvernement entend diviser ce chiffre par deux. Il compte conserver 13 académies, correspondant aux 13 régions métropolitaines, tout en précisant que les “sièges de rectorat ne seront pas forcément dans la capitale régionale”, selon Jean-Michel Blanquer. La création d’un nouveau corps enseignant retoquée Deuxième axe de réforme : la formation initiale des professeurs qui, à l’heure actuelle, “ne nous donne pas satisfaction”, a expliqué le ministre de l’Éducation nationale. Il s’agit de développer le tutorat des futurs enseignants et de leur permettre d’échanger avec “des enseignants qui sont eux-mêmes au contact des élèves”, a-t-il précisé. Il entend également favoriser la formation continue, qui “doit valoriser les professeurs tout à la fois dans leur carrière et sur le plan financier”. Le gouvernement prévoit ensuite la création d’une prime spécifique qui sera attribuée dès la rentrée prochaine aux professeurs en écoles et en collèges REP+ (réseaux d’éducation prioritaire), des établissements réputés difficiles. Selon Jean-Michel Blanquer, une prime de 1 000 euros nets va être distribuée en septembre aux personnels des REP+, puis 2 000 euros un an plus tard et 3 000 euros en septembre 2020. À noter que la proposition du rapport CAP22 (du comité Action publique 2022) relative à la création d’un nouveau corps enseignant n’a pas été retenue. Le Premier ministre estime en effet que rendre attractif le métier d’enseignant en apportant une “réponse purement statutaire aurait à la fois beaucoup agité les esprits et mis beaucoup de temps à aboutir”. Nouvelle instance d’évaluation Selon une étude de l’OCDE publiée début juin, la formation des enseignants en France laisse à désirer et le vivier de recrutement manque de diversité sociale. “Une hausse de la responsabilité des établissements pour recruter les enseignants” est associée à “une amélioration des performances des élèves en sciences, compréhension de l’écrit et en maths”, notait le document. Matignon indique par ailleurs vouloir faire émerger “une nouvelle culture de l’évaluation” avec la création d’une instance d’évaluation au premier trimestre 2019. Avec AFP  


CAP22 veut un nouveau corps d’enseignants offrant plus de souplesse aux chefs d’établissement

Les experts missionnés sur la réforme de l’État suggèrent de créer un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui des professeurs certifiés.

23/07/2018 | ACTUALITÉ

“Les résultats éducatifs de la France aux grandes enquêtes internationales ne sont que dans la moyenne, alors que l’engagement et la mobilisation des enseignants n’ont pas faibli et que leurs efforts sont considérables.” C’est l’un des constats des experts du comité Action publique 2022 (CAP22) formulés dans leur rapport sur la réforme de l’État (cliquez-ici pour le consulter). Le comité, missionné par le gouvernement, propose pour y remédier plusieurs pistes concernant l’organisation de l’éducation nationale. Parmi elles, l’augmentation du temps d’enseignement du secondaire actuel, avec un recours à deux heures supplémentaires, “ce qui conduira à améliorer leurs rémunérations, et créer pour cela un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui de professeur certifié”. Ce corps pourrait être constitué sur la base du volontariat. “Le temps d’enseignement serait supérieur à celui des professeurs certifiés mais la rémunération serait également supérieure”, note le rapport. Pourraient être proposées aux membres de ce corps des dynamiques de carrière “plus intéressantes”. Ce corps serait soumis à des obligations supplémentaires (bivalence, annualisation d’une partie du temps d’enseignement, obligation de remplacement dans l’intérêt du service) qui offriraient plus de souplesse aux chefs d’établissement, indique le rapport. Formation et gestion dans le viseur Les experts suggèrent aussi de revoir la formation des enseignants afin qu’elle “favorise l’exercice du métier mais aussi les mobilités professionnelles et la diversité des carrières”. La phase du concours pourrait intervenir dès la fin du cycle de licence, “afin de consacrer les deux années de master à une formation en alternance dans laquelle la pratique mais aussi la réflexion autour des pratiques pédagogiques occupent une place de choix”. Une proposition qui rejoint une piste récemment formulée par la Cour des comptes. Le CAP22 estime aussi que les prérecrutements pourraient être développés. Les étudiants s’engageraient tôt dans leur cursus à devenir enseignants et pourraient ainsi bénéficier rapidement d’une première insertion dans le monde professionnel, avant de passer les concours. “Enfin une évaluation objective et impartiale des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) doit être menée et pourrait donner lieu à une accréditation professionnelle ainsi qu’une réflexion sur le recrutement des personnels des Espé et leur lien avec l’université”, complètent les auteurs du rapport. Au chapitre de l’organisation territoriale, le rapport suggère de faire de l’académie l’échelon de décision stratégique pour la mise en œuvre de la politique éducative, tout en poussant à une révision du périmètre des académies “pour se rapprocher de la carte des services de l’État sur le format des nouvelles régions”. Les experts suggèrent aussi de renforcer le rôle de l’échelon départemental “pour qu’il décline à son niveau les orientations régionales (stratégie d’animation pédagogique, accompagnement des établissements…) et mette en place une gestion des carrières des enseignants”. Dans cette optique, le rapport préconise de développer une fonction ressources humaines, “mise en œuvre jusqu’au niveau départemental, pour accompagner les personnels des établissements”.


La formation des enseignants dans le collimateur de la Cour des comptes

Dans un référé consacré à la mise en place des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), la Cour des comptes recommande de rationaliser la carte des formations, mais aussi d’avancer le concours d’enseignant à la fin de la licence. Le coût de deux années du master professionnel en Espé est évalué à 1,1 milliard d’euros.

05/06/2018 | ACTUALITÉ

Cinq ans après leur création, les difficultés d’installation des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) “doivent encore être surmontées”. C’est le constat que dresse la Cour des comptes dans un référé, mis en ligne lundi 4 juin, consacré à ces établissements chargés de la formation initiale des enseignants du secteur public, qui accueillaient en 2016 un peu plus de 65 000 étudiants.   Opérationnelles à la rentrée 2013, les Espé (au nombre de 32) ont succédé aux instituts universitaires de formation des maitres (IUFM) et préparent actuellement, en deux ans après la licence, au master “Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation” (MEEF) et aux concours de recrutement de l’éducation nationale, présentés en fin de première année de master. Rationalisation de la carte des formations Dans ce document [cliquez ici pour le consulter], la Rue Cambon appelle notamment les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à renforcer le pilotage de l’État face aux universités par l’inscription de la formation initiale des enseignants dans les contrats de sites universitaires, mais aussi par un meilleur suivi des coûts de formation. “Ni le ministère, ni les universités (auxquelles sont rattachées les Espé) ne connaissent et ne suivent le coût de la formation initiale des enseignants”, souligne la Cour. Selon les magistrats financiers, le coût de deux années du master professionnel en Espé est évalué à 1,1 milliard d’euros. Ce meilleur pilotage passerait aussi, selon l’institution, par la rationalisation de l’offre de formation en “affirmant le rôle d’impulsion de la région académique pour promouvoir les coopérations inter-Espé et mutualiser des formations au niveau interacadémique”. La couverture territoriale des Espé est “insuffisamment resserrée et régulée par le ministère”, jugent en effet les magistrats de la Rue Cambon. Sur certains sites, les effectifs de certains parcours sont même inférieurs à 10 étudiants. L’occasion pour la Cour de recommander un pilotage “plus volontariste” de la carte des formations, notamment pour les disciplines rares ou à faibles effectifs. Effort de professionnalisation à poursuivre Afin de “mieux recruter, former et accompagner les jeunes enseignants”, les magistrats financiers recommandent aussi de “poursuivre l’effort de professionnalisation” des enseignants en favorisant la “polyvalence disciplinaire” et surtout en “révisant les modalités du concours de recrutement”. Alors que la première année du master “tend à trop se réduire à une préparation disciplinaire éloignée de l’ambition initiale du master MEEF”, puisqu’essentiellement consacrée à la préparation du concours, la deuxième année du master (année d’alternance ) est “complexe” en matière d’organisation pour le ministère, “qui doit concilier des contraintes multiples (lieux de stage proches du lieu de formation du lauréat, taille de l’école ou de l’établissement, qualité de l’équipe pédagogique, environnement scolaire) tout en optimisant sa ressource enseignante”, estiment-ils. Cette deuxième année est tout autant “exigeante” pour les élèves, qui doivent concomitamment “mener un stage en responsabilité, poursuivre la formation en Espé et rédiger un mémoire professionnel”, ajoutent les magistrats. Concours avancé ? Pour aboutir à une “professionnalisation plus précoce”, la Rue Cambon préconise donc de placer les épreuves d’admissibilité en fin de licence, ce qui permettrait aux universités de préparer les candidats sur le plan disciplinaire. Les épreuves d’admission, qui seraient alors “placées au cours de l’année de M1”, seraient ainsi “plus axées sur la professionnalisation afin de sélectionner ceux des admissibles qui présentent les meilleures aptitudes et la plus forte motivation pour le métier, quitte à compléter la formation disciplinaire par la suite”, détaille la Cour. Une évolution du concours qui semble recevoir l’approbation du gouvernement. Dans leur réponse au référé de la Cour des comptes [cliquez ici pour la consulter], les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation nationale) et Frédérique Vidal (Enseignement supérieur) indiquent que des réflexions sont en cours entre les directions ministérielles concernées et un comité associant notamment la CPU (Conférence des présidents d’université) ou le réseau national des Espé “notamment sur la nature et la place du concours de recrutement, afin que celui-ci joue mieux son rôle de repérage, de qualification et de valorisation des compétences professionnelles attendues à l’entrée dans le métier”. Et d’ajouter qu’un “consensus se dégage progressivement”, donc, en faveur d’une épreuve d’admissibilité en fin de licence et d’une épreuve d’admission située en M1 ou en M2, précisent-ils. La réforme de la formation des enseignants semble bel et bien se dessiner.


La Cour des comptes souligne l’ampleur du recours aux contractuels à l’école

Les agents contractuels de l’éducation sont principalement des enseignants (des remplaçants non titulaires), mais aussi des assistants d’éducation, des accompagnants d’élèves en situation de handicap et des personnes en contrat aidé, note la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mai.

31/05/2018 | ACTUALITÉ

La Cour des comptes souligne “l’ampleur” du recours aux contractuels dans l’éducation nationale, un chiffre en hausse pour l’année scolaire 2016-2017, qu’elle explique par la “crise profonde d’attractivité” du métier d’enseignant et par les conditions très strictes de remplacement des absents. Les agents contractuels sont principalement des enseignants (des remplaçants non titulaires), des assistants d’éducation, des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et des personnes en contrat aidé, rappelle la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mai (cliquez-ici pour le consulter). Ils représentaient près de 20 % des effectifs du système scolaire sur l’année scolaire 2016-2017, soit quelque 200 000 personnes. Concernant les seuls enseignants non titulaires, leur nombre a augmenté de 15 % en deux ans, à plus de 30 000 équivalents temps plein. Les contractuels “ne peuvent plus être considérés comme simple variable d’ajustement”, souligne la Cour des comptes. Le “vivier” des professeurs titulaires remplaçants est en effet affecté dès le début d’année scolaire sur des postes non pourvus, notamment dans le second degré. La Cour des comptes rappelle ainsi que 15 % des postes ouverts au concours du Capes en 2016 n’ont pas été pourvus (un taux qui est monté à 21 % pour les mathématiques). Les remplacements en cours d’année sont, eux, effectués de plus en plus souvent par des contractuels. “Comme l’a déjà souligné la Cour en 2013 et 2017, le métier d’enseignant connaît une crise profonde d’attractivité, désormais structurelle”, note le rapport. Annualisation et polyvalence C’est dans les académies de Versailles, Créteil et Lille que les contractuels sont les plus nombreux. En Seine-Saint-Denis (qui dépend de l’académie de Créteil), près de 14 % des enseignants sont des contractuels, soit le taux le plus élevé des départements de métropole. Des contractuels dont “un grand nombre” prennent leurs fonctions “sans préparation”, selon les magistrats de la Rue Cambon. Le niveau de qualification demandé n’est pas uniforme, mais on peut être recruté, à titre exceptionnel, à bac + 2, en l’absence de candidats et dans les académies rencontrant des difficultés dans certaines disciplines. Pour la Cour des comptes, “l’ampleur de la croissance” des emplois contractuels “est la conséquence de l’absence de réformes structurelles”. Elle rappelle ses recommandations, émises depuis 2013 : annualisation du temps de travail des enseignants et plus grande polyvalence disciplinaire des professeurs de collège et de lycée. Deux mesures qui faciliteraient, selon elle, la gestion des remplacements des professeurs absents. Les syndicats enseignants sont farouchement hostiles à ces deux recommandations. Avec AFP


Le “mammouth” académique bientôt rationalisé ?

Un rapport remis aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur préconise de “s’orienter” vers la mise en place, à l’horizon 2021, de 13 académies métropolitaines (contre 26 actuellement) pour remplacer 13 régions académiques “déjà à bout de souffle” deux ans après leur création.

17/05/2018 | ACTUALITÉ

Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal “n’ont plus le choix” : “ils doivent aligner l’organisation de leurs services déconcentrés sur celle des autres administrations de l’État”. C’est le constat accablant d’un rapport remis au mois de mars aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, qui préconise d’organiser concrètement le passage de 26 à 13 académies métropolitaines. Une évolution qui pourrait se faire “au plus tard” à l’horizon de la rentrée 2021 “pour les cas les plus complexes”. La mission auteure du rapport [cliquez ici pour le consulter] estime en effet que le dispositif actuel des régions académiques, mis en place il y a deux ans, est “déjà à bout de souffle”. S’il “a permis des avancées et a construit des rapprochements d’expertises et des collaborations utiles, les limites de l’exercice sont désormais atteintes, constate la mission, composée du conseiller d’État François Weil, ancien recteur de l’académie de Paris, d’Olivier Dugrip, recteur de la région académique Nouvelle-Aquitaine et recteur de l’académie de Bordeaux, de Marie-Pierre Luigi, inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, et d’Alain Perritaz, inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Il faut maintenant passer à une autre phase qui fera émerger de nouvelles académies, en phase avec les nouvelles régions qui représentent le nouveau périmètre de l’action de l’État”. Académies métropolitaines et régions académiques Les services déconcentrés de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur font en effet figure d’exception dans le paysage administratif français. Alors que la majorité des administrations se sont alignées sur la nouvelle carte des régions (passées de 22 à 13 au 1er janvier 2016), la Rue de Grenelle a préféré conserver (par un décret du 10 décembre 2015) une organisation territoriale autour de 26 académies métropolitaines. Pour “prendre en compte” les évolutions intervenues avec la mise en place des nouvelles régions, ces dernières ont malgré tout été regroupées au sein de 13 régions académiques, correspondant, elles, aux nouvelles entités régionales. Composées d’une à 3 académies, ces régions académiques ont à leur tête un recteur de région académique désigné parmi les recteurs des académies de la région. Néanmoins, “il n’est pas nécessaire de multiplier les exemples pour pouvoir affirmer que le dispositif institutionnel mis en place ne fonctionne qu’au prix d’une forte déperdition d’énergie, en particulier du haut encadrement des services déconcentrés, qui doit s’impliquer au-delà du raisonnable dans les groupes de travail nécessités par la coordination interacadémique”, indique le rapport, émaillé de nombreux verbatims de responsables d’académie. Trois scénarios de fusion Comment, donc, rectifier le tir et faire en sorte que les ministères chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur soient “efficaces et reconnus dans des régions aux compétences et aux pouvoirs croissants” ? Pour aboutir à 13 académies correspondant aux 13 régions académiques, le rapport propose 3 scénarios d’évolution, distinguant 3 catégories de région académique. Les régions académiques “comparables aux académies existantes” tout d’abord. Sont ici concernées les régions académiques de Bourgogne-Franche-Comté, des Hauts-de-France, de Normandie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans toutes ces régions, les académies sont prêtes à la fusion, estime la mission, qui suggère de confier aux recteurs de ces régions académiques l’élaboration d’un projet de fusion “à remettre à la fin de l’année 2018, pour une mise en œuvre progressive en 2019 et 2020”. “Il ne s’agit, ni plus ni moins, que de reproduire à l’échelon régional l’organisation académique actuelle sur la base d’un réaménagement des services académiques dans leurs sites respectifs confirmés”, ajoute le rapport. Viennent ensuite les 4 régions académiques “les plus étendues” : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Ici, la mise en œuvre du principe de fusion des académies “implique la conception de nouveaux modes de gouvernance pour maintenir ou renforcer, dans le nouveau cadre, le fonctionnement et la qualité du suivi indispensables”. Les projets de fusion sont rapidement attendus (fin 2018 ou début 2019) pour une mise en œuvre progressive à la rentrée 2020. La région académique d’Île-de-France, enfin, et sa singularité. Le projet de fusion de ses 3 académies (Paris, Versailles et Créteil) dépendra des arbitrages qui seront rendus sur la métropole du Grand Paris, précise la mission. “La nécessité de coordonner l’organisation de la gouvernance académique avec les évolutions de la structure administrative de la région et la complexité des opérations à mener justifient que la mise en place complète de la nouvelle organisation n’intervienne pas avant le début de l’année 2021”, ajoute-t-elle. Il va donc falloir encore patienter avant que la carte des académies soit pleinement rationalisée.                                           La carte des 13 régions académiques actuelles et des académies (Source : ministère de l’Éducation nationale)


L’État prié de revoir le pilotage des directions régionales des affaires culturelles

Bouleversements organisationnels, déficit d’attractivité… Un rapport commun des inspections générales de l’Administration, des Affaires culturelles et des Finances pointe les conséquences – néfastes – de la réforme territoriale de 2015 sur le fonctionnement des directions régionales des affaires culturelles (Drac).

07/05/2018 | ACTUALITÉ

Des administrations bien perçues par les acteurs du milieu, un rôle bien compris et utile, mais une organisation défaillante. Dans un rapport consacré aux directions régionales des affaires culturelles (Drac) – les services déconcentrés du ministère de la Culture –, les inspections générales de l’Administration, des Affaires culturelles, et des Finances (IGA, Igac et IGF) alertent l’État, à l’occasion d’une “revue des missions, de l’organisation et des moyens des services déconcentrés du ministère de la Culture”, publiée le 25 avril. “Les directions régionales des affaires culturelles sont considérées comme les seules administrations à détenir dans les territoires une expertise technique et scientifique ainsi qu’un savoir-faire juridique nécessaires à la mise en œuvre de la réglementation, de la protection et de la valorisation du patrimoine matériel et immatériel”, analysent les inspections générales. Pour autant, les Drac doivent continuer d’occuper ce rôle de relais de la politique culturelle de l’État dans les territoires (protection du patrimoine, soutien à la création, attribution de labels…) tout en composant avec les bouleversements organisationnels occasionnés par le dernier acte de la décentralisation de l’État. Les travaux menés par les trois inspections générales ont abouti à la formulation de 9 propositions en vue d’améliorer l’efficacité des Drac. Défis organisationnels Premier constat dressé dans le rapport : le fonctionnement des Drac a largement pâti de la réforme territoriale de 2015, qui a redessiné la carte des régions et réorganisé les services déconcentrés de l’État. La réduction du nombre de régions (de 22 à 13 en métropole) et les fusions qui ont suivi ont entraîné les Drac dans un lourd processus de réorganisation, au cours duquel “elles n’ont pas été suffisamment accompagnées et soutenues par l’administration centrale, notamment en matière de gestion des ressources humaines”, soulignent les auteurs du rapport. Ils déplorent en outre “l’étendue des nouveaux territoires”, qui constitue selon eux “un défi pour l’accomplissement des missions”, ainsi que la décision du gouvernement de ne pas retenir “l’option de directeurs adjoints à vocation géographique dans les sites « distants » mais celle d’une organisation en pôles multisites […] aux liens hiérarchiques trop complexes”. Aussi, pour compenser les effets de l’organisation multisites des Drac, jugée “source de confusions et de pertes d’efficacité considérables” par les trois inspections générales, le rapport suggère de supprimer la fonction de directeur de pôle et de la remplacer par la création, dans les sites distants géographiquement, par des postes de directeurs adjoints avec “une large délégation de mandat et de signature”. Lourds enjeux en termes de ressources humaines L’État, dans le découpage des nouvelles régions, n’a, d’après le rapport, pas suffisamment pris en compte la dimension “ressources humaines” des transformations qu’il a provoquées. Le document préconise ainsi de redonner aux Drac des “marges de manœuvre dans les recrutements”, notamment par le maintien de leur plafond d’emploi, “le temps de procéder à la mise en place d’une GPEEC [gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences, ndlr] adaptée aux problématiques des services déconcentrés”, et le recours aux recrutements externes. Au total, en 2016, 2 353 équivalents temps plein travaillaient pour les Drac (- 2 % par rapport à 2013), soit environ 8 % des effectifs de la culture et 3 points de plus que ce que représente l’administration centrale. Une seconde mesure invite à “construire et mettre en œuvre un plan de gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences, spécifique aux Drac”. Cela passe par la mise en place d’un plan prévisionnel des départs à la retraite et d’une gestion des carrières, avec un chantier de formation adapté aux réalités locales. Plan d’urgence pour la transformation numérique En outre, “la question de l’attractivité des postes se pose clairement, non seulement pour recruter des directeurs régionaux et des adjoints, mais également pour d’autres fonctions, notamment celles qui nécessitent une expertise scientifique ou artistique, le plus souvent en raison de rémunérations indemnitaires trop faibles et de l’absence de gestion des carrières”, notent les auteurs du rapport, qui craignent une “dégradation rapide des directions régionales”. Pour contenir sinon limiter cette dégradation, les inspections générales proposent de constituer un vivier de directeurs et d’adjoints, et de mener une étude comparative des écarts indemnitaires avec les autres directions régionales. Du reste, le rapport invite à mettre en place un plan d’urgence pour la transformation numérique des Drac. Et à revoir la relation entre les Drac et l’administration centrale, qui repose, selon ses auteurs, encore trop largement sur une “communication descendante” ne favorisant pas “l’échange et la réflexion” et ne laissant pas de place à “des visions plus innovantes [et] à des expérimentations”. 


“Académie des banlieues”, cités éducatives : les pistes du rapport Borloo

L’ancien ministre Jean-Louis Borloo a remis ce jeudi 26 avril son rapport “Vivre ensemble, vivre en grand la République”, sur les quartiers prioritaires. Fort de 19 programmes, celui-ci préconise notamment la création d’une grande académie des leaders inspirée de l’ENA, pour former une “élite des banlieues” et la création d’un fonds de 5 milliards d’euros à la Caisse des dépôts.

26/04/2018 | ACTUALITÉ

Un rapport attendu et qui s’était – un peu – fait attendre. Ce jeudi 26 avril, l’ancien ministre délégué à la Ville Jean-Louis Borloo a remis au Premier ministre, Édouard Philippe, son rapport sur la situation des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Mettant en garde contre le risque de “nouvel apartheid” en matière de mixité, ce document, intitulé “Vivre ensemble, vivre en grand la République” vise notamment à “faire revenir la République” dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour lutter contre le “repli identitaire et communautaire”. Rappelons que la remise de ce document fait suite à la mission confiée par le gouvernement à l’ancien ministre, par ailleurs père de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), [lire notre article sur le sujet], à la suite d’un déplacement du Président Emmanuel Macron en novembre dernier, au cours duquel ce dernier avait défini les grands principes d’un plan de mobilisation en faveur des quartiers. Pour épauler Jean-Louis Borloo dans son travail, le ministère de la Cohésion des territoires avait par ailleurs lancé 10 groupes de travail thématiques sur les quartiers prioritaires, dont les conclusions ont été remises en mars dernier. Une “académie des leaders” pour former “une élite des banlieues” Fort de 19 “programmes”, le rapport formule de multiples propositions allant de la “relance immédiate de la rénovation urbaine” à la réorganisation de l’école, en passant par diverses mesures de justice et financières. Parmi les propositions phares qui concernent directement la fonction publique, figure notamment celle de créer une grande école, que Jean-Louis Borloo qualifie d’“académie des leaders”, inspirée de l’ENA, et visant à former “une élite des banlieues”. Plus globalement, le document de l’ancien maire UDF de la commune nordiste de Valenciennes propose plusieurs mesures d’ordre économique devant aider à un renouveau de ces QPV qui abritent près de 6 millions d’habitants. Rappelant que la rénovation urbaine a généré “48 milliards [d’euros] de travaux” en dix ans, il appelle à la création d’un fonds de plus de 5 milliards d’euros à la Caisse des dépôts et consignations, abondé notamment par “la cession des participations de l’État en 2018 (10 milliards annoncés)”, qui ne créerait “pas de dépenses budgétaires nouvelles pour l’État”. “Je dois avouer ma stupéfaction d’avoir découvert à quel point le système était désinvolte et se mentait à lui-même”, affirme en conclusion de son rapport l’ancien ministre, qui souligne combien les moyens déployés dans les quartiers prioritaires “sont en dessous du minimum républicain” et combien les correctifs “se sont quasiment tous arrêtés”. Cités éducatives Jean-Louis Borloo plaide aussi pour “un énorme travail sur l’école”. Un enjeu de taille, lorsqu’on sait que, “35 % de la jeunesse en France est domiciliée dans des territoires prioritaires”, rappelle Driss Ettazaoui, vice-président de l’association Ville et Banlieue, qui a piloté un des groupes de travail sur les banlieues, interrogé par Acteurs publics. Dans ce sens, le rapport préconise ainsi la création de “cités éducatives”. “Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Donc ça va être magnifique, des cités éducatives avec énormément de moyens humains et d’accompagnement” dans “le sport, la culture…” a notamment déclaré Jean-Louis Borloo lors de la remise du rapport. La création de 200 campus numériques dans les quartiers fait également partie des recommandations, de même que la mise en place d’un “recrutement massif en alternance” dans les entreprises présentes sur les territoires prioritaires et d’actions pour “lutter contre l’illettrisme”. Élus de banlieue inquiets Reste maintenant à savoir quel accueil sera fait à ces différentes propositions par le gouvernement. Si Matignon a d’ores et déjà précisé que le document, ainsi que les conclusions des 10 groupes de travail thématiques lancés par le ministère de la Cohésion des territoires, viendront “nourrir” le plan de mobilisation en faveur des quartiers que le président de la République doit annoncer dans le courant du mois de mai, “c’est à Emmanuel Macron de voir ce qu’il veut faire : mettre en œuvre le plan tel que je le propose, en faire plus, moins. Faire différemment”, a indiqué Jean-Louis Borloo, dans une interview fleuve donnée à nos confrères du Monde. “Ce que je sais, c’est que je propose 19 programmes, qu’il faut un leader pour chacun d’eux et un comité de suivi dont le rôle sera de s’assurer, tous les jours, que les choses se fassent et de les évaluer”, ajoute-t-il en outre, indiquant que si le président de la République “décidait de lancer ce plan” et lui demandait de présider ledit comité, il accepterait l’offre. Du côté des élus de banlieue, qui attendaient le rapport avec impatience, et qui ont récemment reproché à l’exécutif de ne pas mesurer la gravité de la situation des quartiers, l’inquiétude quant à la suite est toujours présente. Interrogé par Acteurs publics le 25 avril, Driss Ettazaoui, vice-président de Ville et Banlieue, ne peut néanmoins “pas croire que le gouvernement a mobilisé près de 250 personnes sur les groupes de travail et demandé un rapport à Jean-Louis Borloo sur la question de la politique de la ville pour accoucher d’une souris”. Souris ou éléphant, il faudra, quoi qu’il en soit, attendre le mois de mai, et les annonces d’Emmanuel Macron, pour en avoir le cœur net. (Avec AFP) Les quartiers prioritaires de la politique de la ville en chiffres 5,5 millions. C’est à peu près le nombre d’habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) en France. 1 515. C’est le nombre de quartiers prioritaires de la politique de ville que compte la France. En place depuis 2015, en remplacement de plusieurs zones et quartiers préexistants au sein de la politique de la ville et à la suite de la promulgation de la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014, ils sont déterminés en fonction d’un critère unique, celui du revenu des habitants. 700. C’est le nombre de communes, situées en métropole et en outre-mer, abritant des quartiers prioritaires de la politique de la ville.


NOMINATIONS

Le chef de cabinet de Franck Riester en passe d’être nommé

Le nouveau ministre de la Culture, Franck Riester, prend ses quartiers rue de Valois et rassemble ses fidèles. Parmi eux, son ancien collaborateur à l’Assemblée nationale, Thomas Velter, chef du cabinet de Bruno Le Maire à Bercy, devrait devenir très prochainement son chef du cabinet. Né en 1984, Thomas Velter est un collaborateur de longue date de Franck Riester. Après un passage au cabinet de Jean-François Copé à Bercy, comme chargé de mission, et un autre par l’agence de communication Havas (ex-Euro RSCG C & O), comme assistant consultant (2006-2007), il a rejoint l’équipe des collaborateurs parlementaires de Franck Riester, lorsque celui-ci a été élu député de la Seine-et-Marne, en 2007. Un an plus tard, il a pris la direction de son cabinet, pendant presque neuf ans. En juin 2017, un mois après l’arrivée de Bruno Le Maire au gouvernement, Thomas Velter a rejoint le cabinet du ministre de l’Économie, pour qui il avait déjà fait campagne, comme référent “Grand Ouest” et chef de cabinet, en vue de la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017.

18/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Roger Vrand nommé dans un corps d’inspection

Après trois ans passés en tant que sous-directeur du socle commun, de la personnalisation des parcours scolaires et de l’orientation au ministère de l’Éducation nationale, Roger Vrand a été nommé inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) de 1re classe. Rappelons que l’IGAENR dépend directement des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Divisée en 6 groupes territoriaux, elle suit notamment la mise en œuvre des politiques éducatives, ainsi que leur impact général. Dans ce cadre, elle a “compétence sur tous les aspects administratifs du système éducatif, de l’enseignement supérieur et de la recherche”, précise le ministère sur son site Internet. Titulaire d’un DEA de littérature et civilisations françaises de l’université Paris-Sorbonne et agrégé de lettres modernes, le nouvel IGAENR a notamment été, de 2010 et 2015, sous-directeur de la vie scolaire, des établissements et des actions socio-éducatives au ministère de l’Éducation nationale, avant de prendre la tête, à cette dernière date, de la sous-direction du socle commun, où il officiait jusqu’à récemment. Cet ancien professeur de lettres en classes préparatoires aux grandes écoles a également été, plus tôt dans sa carrière, de 2007 à 2009, directeur général adjoint de la mission laïque française, une association reconnue d’utilité publique visant à diffuser la culture française et sa langue à l’international.  

18/10/2018 | NOMINATION FRANCE

L’ESCPI Paris a un nouveau directeur général

Du changement à la tête de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles (ESCPI) de la ville de Paris. Vincent Croquette, ancien élève de cette même ESCPI, vient en effet d’y être nommé directeur général. Il remplacera ainsi, en janvier prochain, Jean-François Joanny, qui occupe la fonction depuis 2014 et dont le mandat prendra fin le 31 décembre. Rappelons que l’ESPCI est une école d’ingénieurs publique de la ville de Paris, fondée en 1882 sur la montagne Sainte-Geneviève. Première école d’ingénieurs française dans le classement de Shanghai 2017, elle forme chaque année 90 élèves ingénieurs, et compte 6 prix Nobel depuis sa création, notamment les célèbres Pierre et Marie Curie, qui y ont débuté leurs travaux sur la radioactivité. Physicien spécialisé en biophysique, Vincent Croquette, 62 ans, est directeur de recherche CNRS au Laboratoire de physique statistique de l’École normale supérieure et enseignant à l’ESPCI. Entré au CNRS en 1982, cet ingénieur, chercheur et entrepreneur, a également fondé plusieurs start-up, notamment Picotwist, une société commercialisant un microscope doté de pinces magnétiques.  

17/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Un groupe de travail lancé par le gouvernement dans le cadre d’une réforme des études de santé

Les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, viennent d’annoncer le lancement d’un nouveau groupe de travail portant sur la suppression, dans le domaine de la santé, des numerus clausus et de la première année commune aux études de santé (Paces). Piloté par le professeur Jean-Paul Saint-André, ce groupe travail fait suite à l’annonce, en septembre dernier, par le Président Emmanuel Macron, d’une rénovation du système des études de santé, avec notamment la suppression du fameux numerus clausus – ce quota d’admission en deuxième année pour les études de médecine, dentaire, pharmacie et maïeutique (sage-femme) – ainsi que de la Paces, dans le but de “mieux former les futurs professionnels de santé pour préparer l’avenir de notre système de soins, et appuyer les transformations dont il a besoin”, selon un communiqué. Dans le cadre de sa nouvelle mission, Jean-Paul Saint-André sera chargé de présenter, d’ici fin novembre, une proposition d’organisation, c’est-à-dire un scénario opérationnel “permettant une mise en œuvre de ces réformes pour l’année universitaire 2019-2020”, précise le gouvernement. Âgé de 69 ans, Jean-Paul Saint-André a notamment été président de l’université d’Angers de 2012 à 2016 et doyen de la faculté de médecine d’Angers entre 2001 et 2011. Docteur en médecine et spécialiste en anatomie pathologique, il a débuté sa carrière en tant qu’assistant des universités-assistant des hôpitaux en anatomie pathologique, puis chef de travaux des universités-assistant des hôpitaux, à la faculté de médecine et CHU d’Angers, sur la période 1978-1989. Il est devenu professeur des universités et praticien hospitalier en anatomie pathologique à partir de 1989.

15/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau directeur financier pour l’Afpa

Pour succéder à Ghislain Brocart, en poste depuis 2013, l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), établissement public chargé de la formation professionnelle, vient de recruter Roger Moreau comme directeur financier. Ce dernier officiait jusqu’ici à l’Office national des forêts (ONF), où il était adjoint à Marie-Anne Clerc, la directrice économique et financière, et chef du département “Finances et performance”. Titulaire, entre autres, d’un MBA de l’Essec et passé par Sciences Po Paris, Roger Moreau a été analyste financier pour la banque Dexia pendant deux ans, à partir de 2006, avant de rejoindre la direction du budget de Bercy en 2008. D’abord adjoint au chef du bureau des collectivités locales (2008-2010), puis adjoint au chef du bureau de la défense (2010-2012), il a ensuite été promu chef du bureau de la culture, de la jeunesse et des sports (2012-2014). C’est en 2014 que Roger Moreau a rejoint l’Office national des forêts, où il a d’abord officié comme chef du département “Finances et performance”, avant d’être nommé, parallèlement, adjoint à Marie-Anne Clerc, directrice économique et financière, un an plus tard.

15/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Christian-Lucien Martin change de sous-direction

Sous-directeur de l’enseignement supérieur et de la recherche en architecture au ministère de la Culture depuis 2014, Christian-Lucien Martin, administrateur général, vient d’être nommé à la tête de la sous-direction de l’emploi, de l’enseignement supérieur et de la recherche à la direction générale de la création artistique du même ministère. Il succède ainsi à Philippe Belin, devenu récemment haut fonctionnaire à l’encadrement supérieur [lire notre article sur le sujet] et prend le relais de Florence Touchant, adjointe à cette même sous-direction, qui assurait l’intérim depuis quelques mois. Âgé de 58 ans, Christian-Lucien Martin est un ancien élève de l’École nationale d’administration (promotion Cyrano de Bergerac, 1999). Ancien chef de bureau des écoles d’ingénieurs à la direction de l’enseignement supérieur au ministère de l’Éducation nationale entre 1999 et 2002, ce haut fonctionnaire a notamment été secrétaire général de deux universités, celle de Lille-III, de 2002 à 2004, puis celle de Paris-I Panthéon-Sorbonne, jusqu’en 2007. Sous-directeur de la vie fédérale et du sport de haut niveau à la direction des sports du ministère éponyme pendant près de six ans, jusqu’en 2013, Christian-Lucien Martin a ensuite été, durant un an, chargé de mission auprès du médiateur de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur.

12/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Christophe Chauffour part chez un opérateur

L’administrateur civil hors classe Christophe Chauffour, sous-directeur des affaires financières au secrétariat général du ministère de la Culture, vient de rejoindre la Réunion des musées nationaux du Grand Palais des Champs-Élysées (RMN-GP). Cet ancien conseiller d’Audrey Azoulay rue de Valois y a en effet été nommé directeur général délégué adjoint, en renfort d’Emmanuel Marcovitch, directeur général délégué et actuellement président par intérim de cet établissement public né de la fusion de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais en 2011. Énarque (promotion Willy Brandt, 2009) âgé de 36 ans, passé par Sciences Po Bordeaux et titulaire d’un master 2 en études européennes approfondies du Collège d’Europe, Christophe Chauffour a d’abord été affecté au ministère de la Défense, où il a notamment été chef du bureau de la programmation et du pilotage budgétaire de la direction des affaires financières, de 2010 à 2012, puis chargé de mission auprès du sous-directeur des bureaux des cabinets pendant un an. Puis, après trois ans passés à la Cour des comptes comme rapporteur extérieur au sein de la 4e chambre, ce haut fonctionnaire est entré au cabinet d’Audrey Azoulay, alors ministre de la Culture, en 2016. Conseiller pour les affaires financières et immobilières et chargé du tourisme culturel et de la culture scientifique, il est ensuite brièvement devenu directeur adjoint du cabinet, dans les dernières semaines du quinquennat Hollande.  Christophe Chauffour a ensuite été nommé, en mai 2017, quelques jours seulement avant le changement de gouvernement, sous-directeur des affaires financières du ministère de la Cuture. Entre janvier et avril derniers, il était aussi chargé de l’intérim des fonctions de chef du service des affaires financières et générales du secrétariat général du ministère de la Culture.

11/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Jean-Pierre Clamadieu nommé président d’un opéra

Porté, en mai dernier, à la tête du conseil d’administration d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, patron sur le départ du chimiste belge Solvay, vient également d’être nommé – en Conseil des ministres ce lundi 10 octobre – président du conseil d’administration de l’Opéra national de Paris. Il succède au conseiller d’État Bernard Stirn, qui a occupé cette fonction non exécutive de 2011 à mai dernier. Il a également pris la place, au sein du conseil d’administration de cet établissement public industriel et commercial, de Patricia Barbizet, présidente du conseil d’administration de la Philharmonie de Paris depuis 2016 et ex-directrice générale de la holding de François Pinault Artémis, aujourd’hui présidente du club Le Siècle, depuis 2017. Jean-Pierre Clamadieu, 60 ans, est directeur général et président du comité exécutif de Solvay depuis 2012, après avoir occupé, pendant un an, la place de numéro deux du groupe en tant que directeur général adjoint et vice-président du comité exécutif. Après dix ans passé dans le public – notamment comme secrétaire général pour les affaires régionales (Sgar) à la préfecture de Champagne-Ardenne (1986-1988) et comme conseiller technique de Martine Aubry, alors ministre du Travail, entre 1991 et 1993 –, cet ingénieur en chef au corps des Mines de formation, passé par l’École nationale supérieure des mines de Paris, avait rejoint le secteur privé en 1993, comme responsable du projet de dépollution automobile du groupe chimique et pharmaceutique Rhône-Poulenc. Lorsque le groupe a disparu, en 1998, Jean-Pierre Clamadieu a rejoint Rhodia, ex-division “Chimie” de Rhône-Poulenc, rachetée en 2011 par Solvay. Il y a été président de Rhodia éco-service (1999-2000), avant d’être nommé directeur général, en 2003, puis président-directeur général (P.D.-G.), en 2008. Au Mouvement des entreprises de France (Medef), Jean-Pierre Clamadieu a également été président de la commission “Développement durable” entre 2007 et 2014.

10/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Une mission sur la politique territoriale de l’éducation nationale lancée par Jean-Michel Blanquer

Dans le cadre d’un processus visant à redéfinir la territorialisation des politiques éducatives, initié le 3 octobre dernier, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé avoir confié une nouvelle mission à Ariane Azéma, inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, et à Pierre Mathiot, professeur des universités. Ces derniers devront en effet réfléchir à “apporter une vision globale de ce que doit être la politique territoriale de l’éducation nationale, dans un double objectif d’élévation générale du niveau des élèves et de justice sociale”, indique un communiqué du ministère. Dans le détail, cette mission devra notamment “proposer un cadrage national capable de s’adapter à des situations locales très diverses” et étudier “de nouvelles modalités de pilotage de proximité, des formes originales d’organisation […], ainsi qu’un suivi continu du parcours des élèves jusqu’à leur entrée dans l’enseignement supérieur”, toujours selon le communiqué. Les deux missionnés auront jusqu’à début novembre pour remettre leurs premiers éléments de réflexion, avant de rendre leur rapport en juin 2019. La mise en œuvre de la réforme de la territorialisation est quant à elle prévue pour la rentrée 2020. Née en 1969, Ariane Azéma, agrégée d’histoire et ancienne élève de l’École normale supérieure, a notamment été directrice de cabinet, entre 2016 et 2017, d’Emmanuelle Cosse, lorsque cette dernière était ministre du Logement et de l’Habitat durable. Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche de 1re classe depuis 2015, elle a également été, plus tôt dans sa carrière, conseillère technique, entre 2005 et 2010, au cabinet du président du conseil régional d’Île-de-France (à l’époque Jean-Paul Huchon), puis directrice générale adjointe des services de ce même conseil régional, chargée de l’unité opérationnelle des lycées, jusqu’en 2015. Pierre Mathiot, pour sa part, est professeur des universités en sciences politiques depuis 1999 et conseiller spécial du directeur de sciences Po Lille, Benoît Lengaigne, depuis 2015. Âgé de 51 ans, titulaire d’un doctorat et d’une agrégation en sciences politiques et ancien élève de l’IEP de Paris, il a notamment été directeur de Sciences Po Lille de 2007 à 2015 et délégué ministériel aux parcours d’excellence au ministère de l’Éducation nationale de 2016 à 2017. Il a en outre déjà été chargé, pendant trois mois, jusqu’en janvier dernier, par Jean-Michel Blanquer, d’une mission sur la réforme du lycée et du baccalauréat.  

08/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Jonathan Guémas a rejoint l’Élysée

Le bruit courait depuis plusieurs semaines. L’ancien conseiller “stratégie, prospective et discours” de Gérard Collomb Place Beauvau, Jonathan Guémas – qui avait quitté le cabinet du désormais ex-ministre de l’Intérieur peu de temps avant sa démission du gouvernement [lire notre article sur le sujet] – a effectivement rejoint l’Élysée. Au sein de l’équipe de Sylvain Fort, plume d’Emmanuel Macron depuis son élection et désormais à la tête du pôle “Communication”, il œuvrera à la rédaction des discours présidentiels, en tant que conseiller technique.  Né en 1988, Jonathan Guémas était entré au cabinet de Gérard Collomb, alors président de la communauté urbaine de Lyon (aujourd’hui la métropole de Lyon), en 2010, comme chargé de rédaction. En 2014, ce normalien est devenu son conseiller “communications publiques, études, prospective”, toujours à Lyon, avant de le suivre place Beauvau en juin 2017.

08/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Une commissaire générale des états généraux du livre en français dans le monde a été nommée

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, vient de nommer, en tant que commissaire générale des états généraux du livre en français dans le monde, l’associée et directrice générale de la société de conseil Altima Conseil, Sylvie Marcé. Cette ancienne directrice générale du groupe d’éditions Humensis aura ainsi pour mission d’organiser les prochains états généraux sur le sujet. Dans un communiqué, la ministre précise que lesdits états généraux, qui se dérouleront d’ici la fin de l’année 2019, donneront lieu à différentes initiatives et manifestations qui seront précisées dans les prochaines semaines. L’Institut français a été désigné comme opérateur de cette future édition et “apportera son soutien notamment à travers la mobilisation du réseau culturel français à l’étranger et l’expertise de son département « Langue française, livre et savoirs » dont la directrice, Judith Roze, assurera le commissariat général adjoint de l’opération”, précise encore le communiqué. Sylvie Marcé officie dans le secteur du livre depuis vingt ans. Cette normalienne, agrégée de mathématiques et titulaire d’un DEA de statistiques mathématiques et probabilités, a dirigé l’association Savoir lire de 1998 à 2002, avant de devenir notamment présidente-directrice générale des Éditions Belin, de 2008 à 2016, puis de diriger, pendant un an, le groupe Humensis, né de la fusion de Belin et des éditions PUF. Plus tôt dans sa carrière, cette ancienne enseignante en classes préparatoires scientifiques a également officié dans le secteur bancaire. Elle a ainsi, entre autres, été directrice du partenariat de la banque Cortal, filiale de la BNP Paribas, en 1993, après y avoir été responsable “marketing et partenariat” pendant deux ans. Membre du bureau du Syndicat national de l’édition (SNE) jusqu’en juin 2018, Sylvie Marcé en a été vice-présidente de 2010 à 2015, et y a par ailleurs présidé le groupe des éditeurs d’éducation de 2002 à 2018.

08/10/2018 | NOMINATION FRANCE

France Médias Monde a un nouveau directeur de la stratégie de développement

En remplacement de Jean-Emmanuel Casalta, devenu récemment directeur de France Bleu [lire notre article sur le sujet], l’ancien ambassadeur de France au Togo Marc Fonbaustier a été nommé directeur de la stratégie de développement et membre du comité exécutif de France Médias Monde, le groupe regroupant France 24, RFI et la radio Monte Carlo Doualiya. Il a en outre, parallèlement, succédé à ce même Jean-Emmanuel Casalta au poste de président-directeur général de CFI, où il officiait jusque-là en tant que directeur général adjoint depuis 2017. Rappelons que CFI est une agence de coopération du ministère des Affaires étrangères, devenue, il y a un an, une filiale de France Médias Monde. Âgé de 54 ans, Marc Fonbaustier a notamment été ambassadeur de France au Togo de 2014 à 2017. Cet ancien élève de l’ENA (promotion Condorcet, 1992), diplômé de Sciences Po Paris, a débuté sa carrière à la sous-direction du droit international économique et du droit communautaire de la direction des affaires juridiques du Quai d’Orsay, à sa sortie de l’ENA, en 1992. Il a ensuite enchaîné plusieurs postes à l’international, à savoir ceux d’expert national à la direction générale du commerce de la Commission européenne à Bruxelles, en Belgique, entre 1996 et 1999 ; de deuxième conseiller à la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne, également à Bruxelles (1999-2001) ; et de deuxième conseiller à l’ambassade de France à Rome, en Italie (2001-2004). Devenu, en 2004, chargé de mission auprès du secrétaire général du Quai d’Orsay, le nouveau directeur de la stratégie s’est ensuite envolé, en 2006, direction l’Inde, pour prendre les fonctions de ministre-conseiller à l’ambassade de France à New Delhi. Consul général de France à Hong-Kong à partir de 2009, Marc Fonbaustier a par la suite été délégué, dès 2011, dans les fonctions de sous-directeur du centre de situation du centre de crise du ministère des Affaires étrangères. Un poste qu’il a occupé pendant trois ans, juste avant de devenir ambassadeur au Togo.

05/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Une mission sur l’expertise culturelle internationale lancée par Françoise Nyssen

Faire rayonner la France en matière d’ingénierie culturelle internationale, afin exporter le savoir-faire et les compétences du pays dans ce domaine. Tel est l’objectif de la mission dédiée à l’expertise culturelle internationale qui vient d’être lancée par la ministre de la Culture, Françoise Nyssen. Placée auprès du secrétaire général du ministère de la Culture, Hervé Barbaret, cette mission sera conduite par 3 agents du même ministère : Agnès Saal, récemment devenue haute fonctionnaire à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations au secrétariat général [lire notre article sur le sujet] ; Chloé Samaniego, adjointe de François Laurent, sous-directeur des affaires européennes et internationales ; et Sébastien Zonghero, chef de projet “Valorisation de l’expertise technique patrimoniale” à la direction générale du patrimoine. Dans le détail, il s’agira “d’apporter une réponse plus complète et plus organisée aux nombreuses demandes de conseil, de formation, et d’accompagnement de nos partenaires étrangers, institutionnels comme professionnels de la culture”, autour de l’ingénierie culturelle, indique un communiqué. La mission s’attachera aussi “à mettre en place des partenariats avec Expertise France et l’Agence française de développement (AFD), pour faciliter la réponse aux appels d’offres et organiser une approche plus prospective” de ce marché, toujours selon le document. Les trois missionnés, quant à eux, ont déjà une expertise sur le sujet et justifient de plusieurs années d’expérience au ministère de la Culture. Agnès Saal (photo), 60 ans, est devenue en septembre haute fonctionnaire à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations auprès du secrétaire général du ministère. Énarque de la promotion Solidarité (1983) et diplômée de Sciences Po Paris, elle a notamment présidé l’Institut national de l’audiovisuel (INA) entre 2014 et 2015. À cette dernière date, elle avait dû démissionner de ses fonctions suite à une polémique concernant ses frais de taxi (dont environ 40 000 euros facturés à l’INA). À la suite de cela, cette administratrice générale s’était vue exclue, par décret, de la fonction publique pendant deux ans (dont six mois fermes) et condamnée à verser plusieurs milliers d’euros d’amendes. Elle avait en outre écopé de trois mois de prison avec sursis. Agnès Saal a également été, entre autres, directrice adjointe de cabinet de Catherine Trautmann (1997-2000), puis de Catherine Tasca (2000-2001) au ministère de la Culture et directrice générale de la Bibliothèque nationale de France (2001-2007). Elle a aussi été directrice générale du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou entre 2007 et 2014. Chloé Samaniego, pour sa part, est adjointe au sous-directeur des affaires européennes et internationales depuis août 2017. Avant cela, celle ancienne élève de Sciences Po Paris a notamment été, en début de carrière, consultante au sein du cabinet d’audit Ernst & Young, entre 2006 et 2007. Entrée une première fois au ministère de la Culture en 2009, à des postes de chargée de pilotage et de chargée de tutelle, elle a ensuite été nommée conseillère technique auprès de la ministre de la Culture de Taïwan, en 2012, puis a pris le poste de secrétaire générale de l’École nationale supérieure d’arts Paris-Cergy à partir de 2013. Sébastien Zonghero, quant à lui, est titulaire d’un DESS en sciences politiques. Il fut notamment, en début de parcours, chargé de mission au Centre Pompidou de Paris sur la période 2002-2003. Nommé, dans la foulée, chargé de mission à la délégation générale à la langue française et aux langues de France au ministère de la Culture, il a ensuite pris les fonctions de chef de cabinet du secrétaire général du même ministère entre 2006 et 2010. Toujours au ministère de la Culture, Sébastien Zonghero a aussi été secrétaire général adjoint, entre 2010 et 2016, avant d’être nommé chef de projet “Valorisation de l’expertise technique patrimoniale” à cette dernière date. 

05/10/2018 | NOMINATION FRANCE

Patricia Galeazzi prend un nouveau poste de directrice académique

Directrice académique des services de l’éducation nationale (Dasen) de la Seine-et-Marne depuis 2011, Patricia Galeazzi vient d’être nommée au même poste dans la Sarthe, en remplacement de Jean-Marc Milville, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Patricia Galeazzi est une ancienne enseignante, en Corse et à La Réunion, devenue inspectrice de l’éducation nationale dans l’académie de Toulouse en 1994, avant d’occuper le même poste en Polynésie française à partir de 1997, puis dans l’académie de Nice à partir de 2000. En 2004, elle est devenue directrice académique adjointe des services de l’éducation nationale en Seine-Maritime, avant d’être promue Dasen de l’Orne en 2008. De 2009 à 2010, Patricia Galeazzi a ensuite été auditrice à l’Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST).

04/10/2018 | NOMINATION FRANCE