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La vitrine de la simplification

En quelques mois, le système d’identification France Connect a attiré quelque 450 000 personnes et séduit une centaine de services publics, contribuant à personnaliser les services aux usagers et à décloisonner les manières de travailler au sein des administrations. Mais il reste encore à lever quelques freins pour étendre son déploiement.

07/02/2017 | ACTUALITÉ

Une centaine de services publics accessibles depuis France Connect – en attendant bien davantage –, plus de 450 000 personnes qui se sont connectées au moins une fois en quelques mois et des politiques pas peu fiers de vanter le lancement à succès de cette vitrine d’un État plate-forme – porté par la Dinsic et le SGMAP – qui prend corps, figure de proue de la simplification menée au sein des administrations publiques. “Aux côtés d’initiatives numériques à succès, tel Mon.service-public.fr, qui a fait l’objet de quelque 200 millions de connexions, France Connect œuvre à une meilleure relation entre les Françaises et les Français et leurs administrations, confiait le secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, Jean-Vincent Placé, début février. Cela instaure une autre ambiance dans le secteur public, avec le développement de communautés numériques, de nouvelles méthodes de travail.” Et (surtout) la volonté de personnaliser et d’humaniser le service aux usagers. “C’est notre responsabilité collective de démontrer aux citoyens notre capacité à délivrer des services optimaux et personnalisés, glissait voilà quelques mois la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire. Les économies que nous dégagerons ne seront qu’un effet connexe.” Identité pivot en 6 données Comment ça marche ? “L’utilisateur engage une démarche en ligne et sélectionne le bouton FranceConnect affiché sur le site de l’administration concernée”, précise le site dédié (franceconnect.gouv.fr). Il sélectionne un compte existant pour s’identifier (impots.gouv.fr, ameli.fr, login LaPoste), saisit son identifiant et hop, on y est, en toute sécurité, selon l’ensemble des acteurs concernés. Car la sécurisation des processus est bien l’un des enjeux centraux de la démarche. “France Connect transmet au fournisseur de service (mairie, département, ministère, opérateur public, etc.) l’identité de l’usager, détaille la marche à suivre publiée par le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP). Plus précisément, il lui fournit 6 données qui constituent son identité pivot : nom, prénom, sexe, date, lieu et pays de naissance. Sur la base de ces éléments, l’usager est reconnu par le fournisseur de services.” Au-delà des enjeux de simplification et de services aux usagers, France Connect porte par ailleurs des principes qui historiquement ne figurent pas dans l’ADN d’une administration française depuis des lustres habituée à œuvrer de manière cloisonnée, verticale, hiérarchique. On parle de démarches transverses, d’échange d’informations, d’une approche qui prolonge le programme “Dites-le nous une fois”, qui travaille à la suppression des documents administratifs et invite à repenser l’investissement des agents. Voilà qui irrite encore quelques managers publics, chahutés dans leur manière de concevoir le management de leurs équipes. “Je dois lever quelques freins, s’amuserait presque un opérationnel à la manœuvre au sein de son administration pour porter le développement de France Connect. On m’oppose des questions de sécurité, de propriété de données…” Mais, affirme-t-il, catégorique, le mouvement est inexorable : les collectivités continuent de s’approprier cet outil, que plusieurs d’entre elles ont expérimenté, le nouveau portail des droits sociaux appuie son essor sur France Connect, alors que d’autres administrations viennent aux nouvelles…


Le programme de Benoît Hamon pour le secteur public

Sorti vainqueur de la primaire de la gauche, dimanche 29 janvier, l’ex-ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon n’a pas fait de l’avenir de la fonction publique un axe fort de son programme de campagne. Ouverture de la fonction publique, accroissement des moyens pour les forces de l’ordre… Acteurs publics décrypte les quelques propositions du candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle.

30/01/2017 | ACTUALITÉ

Large vainqueur de la primaire de la gauche, Benoît Hamon le disait lui-même en décembre dernier : “L’avenir de la fonction publique doit être une question centrale dans les débats qui mèneront à l’élection présidentielle.” Mais à regarder son programme, l’ex-ministre de l’Éducation nationale n’a – pour le moment – fait que peu de propositions concrètes pour le secteur public, propositions dont la rédaction d’Acteurs publics fait ici l’analyse. Arrivé en tête du scrutin, dimanche 29 janvier, avec plus de 58 % des suffrages face à Manuel Valls, Benoît Hamon a davantage profité de la campagne pour afficher ses convictions et se dresser contre la mesure phare du candidat de la droite à l’élection présidentielle, François Fillon. À savoir la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires. “Je combattrai [cette] proposition affirmait-il en fin d’année dernière. Je suis convaincu que la gauche doit porter un discours de vérité sur la fonction publique en réaffirmant son rôle de premier plan dans la vie de notre pays.” Ouverture et exemplarité de la fonction publique Le programme de Benoît Hamon n’est pas pour autant dépourvu d’idées pour le service public. Le vainqueur de la primaire de la gauche souhaite notamment une plus grande ouverture des postes à haute responsabilité dans la fonction publique. Pour que la haute administration “soit représentative de la société et au service du pays”, l’ex-ministre de l’Éducation nationale entend ainsi moderniser l’École nationale d’administration (ENA), en y adaptant le recrutement “pour diversifier les profils et les origines sociales des élèves”, mais aussi en mettant fin à la sortie directe dans les grands corps. La fonction publique doit également “être protégée des conflits d’intérêts”, souligne Benoît Hamon. À ce sujet, le candidat du Parti socialiste à la présidentielle propose d’élargir la définition de la notion de conflit d’intérêts examinée par la Commission de déontologie de la fonction publique “lorsque des fonctionnaires ont des velléités de pantouflage dans le secteur privé”. Des citoyens tirés au sort doivent également siéger dans cette instance chargée de contrôler la procédure de départ des agents publics vers la sphère privée, préconise Benoît Hamon. Et ce “pour que les décisions ne soient plus prises en vase clos”. Renforcement des forces de l’ordre Sur la question des effectifs dans la fonction publique, Benoît Hamon prend le contre-pied de François Fillon et de sa volonté de réduire drastiquement le nombre d’agents publics. “Il est absurde d’exiger une qualité de service toujours plus élevée aux agents publics tout en réduisant sans cesse leurs moyens et effectifs ou en aggravant leurs conditions de travail”, affirme-t-il, tout en appelant à renforcer les moyens humains et matériels de l’éducation nationale et des forces de l’ordre. Comme l’avait proposé son rival et ancien Premier ministre, Manuel Valls, Benoît Hamon souhaite créer 1 000 postes de policiers et de gendarmes chaque année. “Pour améliorer le maillage territorial, les effectifs seront redéployés là où des inégalités et des besoins criants existent”, précise-t-il. À en croire les propositions du candidat PS à l’Élysée, le budget de la défense devrait lui aussi bénéficier d’un coup de pouce, pour atteindre 3 % du PIB “au terme du mandat”. Un projet de loi d’orientation et de programmation pour la sécurité et la défense sera présenté à l’automne 2017, promet Benoît Hamon. Plan pour l’éducation Pour “lutter contre les inégalités scolaires”, l’ex-ministre de l’Éducation nationale entend créer 25 000 nouveaux postes d’enseignants (20 000 dans le primaire, 2 000 pour garantir le remplacement des enseignants absents et 3 000 postes “volants” dans le réseau d’éducation prioritaire). Des salaires à la première affectation en passant par l’amélioration de la formation initiale et de la formation continue, “je poursuivrai la revalorisation des conditions de travail des enseignants”, ajoute Benoît Hamon dans son programme. Le candidat à la primaire de la gauche plaide également pour une plus grande association des enseignants à la prise de décision dans leurs établissements, et ce par la mise en place d’un management plus horizontal et la création de collectifs de travail.  


Benoît Hamon affrontera Manuel Valls au second tour de la primaire de la gauche

L’ex-ministre de l’Éducation nationale arrive en tête du premier tour de la primaire à gauche (36,1 %) devant l’ancien Premier ministre Manuel Valls (31,2 %). Arnaud Montebourg prend la troisième place avec 17,7 % des voix et apporte son soutien à Benoît Hamon pour le second tour.

22/01/2017 | ACTUALITÉ

Benoît Hamon et Manuel Valls se sont qualifiés pour le second tour de la primaire élargie du PS, a annoncé dimanche soir Thomas Clay, président de la haute autorité de cette primaire. Le député de Trappes, 49 ans, est arrivé en tête au premier tour (36,1%), devant l'ancien Premier ministre, 54 ans (31,2 %), selon des résultats encore partiels (1 million de bulletins dépouillés). Arnaud Montebourg est, comme lors de la primaire de 2011, troisième (17,7%), devant Vincent Peillon (6,8 %) et les 3 autres candidats. Le député écologiste François de Rugy recueille, lui, 3,8 %, la présidente du PRG, Sylvia Pinel, 2 % et l'ex-député européen Jean-Luc Bennahmias, 1 %. Arnaud Montebourg a appelé à voter pour Benoît Hamon, au nom de “l'impératif de rassemblement” de la gauche. Sylvia Pinel a quant à elle aussitôt appelé à voter en faveur de Manuel Valls. Vincent Peillon n'a pour sa part pas donné de consigne de vote pour le second tour de la primaire du PS élargie, mais a appelé les électeurs à “amplifier encore leur vote”. Le Parti socialiste affichait sa satisfaction sur le niveau de participation, qui s'approcherait finalement des 2 millions de votants, objectif fixé par son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis. “Nous avons réussi le premier tour de la primaire”, s'est-il félicité devant la presse, adressant un “merci pour votre résistance à l'air du temps” aux votants. La participation sera “sans doute proche de 2 millions”, a assuré Thomas Clay, président de la haute autorité des primaires citoyennes. Ce chiffre est toutefois à comparer aux 2,7 millions de votants du premier tour de la primaire d'octobre 2011 et surtout aux 4,3 millions au premier tour de la primaire de la droite.


Les enseignants toujours plus en proie aux risques psychosociaux

Une enquête de la direction statistique du ministère de l’Éducation nationale démontre que les enseignants ont une exposition moyenne aux facteurs de risques psychosociaux significativement plus élevée que les autres populations.

09/01/2017 | ACTUALITÉ

“Je continue de penser à mon travail même quand je n’y suis pas” : à 91 % dans le premier degré, 86 et 88 % dans le second degré et le supérieur, les enseignants expérimentent cet état. Bien loin devant les cadres de la fonction publique et du privé, qui ne sont qu’un peu plus de 50 % à en témoigner, selon une enquête comparative menée par la direction statistique du ministère de l’Éducation nationale (Depp) et publiée début janvier 2017. “En 2013, les enseignants étaient plus exposés aux facteurs de risques psychosociaux que les cadres, avec une forte intensité de leur métier, des exigences émotionnelles plus importantes et un manque de soutien hiérarchique et entre collègues, notamment dans le premier degré”, décrivent les deux auteurs de cette étude, Sylvaine Jégo et Clément Guillo. L’étude distingue les deux degrés d’enseignement, faisant apparaître que c’est le premier degré qui souffre le plus des facteurs de risques psychosociaux (RPS). Ainsi, les professeurs des écoles “ressentent davantage l’intensité et la pression qui sont liées à leur travail, et le peu de relationnel avec leur hiérarchie ou leurs collègues”. Dans le second degré, la pression est moindre et le soutien hiérarchique est vu comme supérieur, “même s’il est loin de celui dont peuvent bénéficier les cadres de la fonction publique et du privé”, analyse la note. Métier solitaire et hiérarchie absente Par exemple, l’item “Je dois penser à trop de choses à la fois” rassemble 79 % des professeurs des écoles contre une moyenne de 61 % pour l’ensemble du panel professionnel retenu. Ou encore, l’item “On me demande d’effectuer une quantité de travail excessive” remporte, lui, 67 % des témoignages de professeurs des écoles contre 45,5 % en moyenne pour le reste. Parce qu’enseigner “tend vers un métier solitaire”, la solitude peut vite être vécue comme un isolement, surtout quand la hiérarchie est perçue comme lointaine. Pire, “plus de 30 % des enseignants du premier degré et du second degré ne sont pas ou peu d’accord avec l’item « Les personnes qui évaluent mon travail le connaissent bien », alors que les cadres représentent moins de 23 %”, illustrent les auteurs. À ce manque de soutien hiérarchique se surajoute un manque de soutien entre collègues : plus de 73 % et 83,5 % des enseignants du premier et du second degré déclarent travailler seuls, alors que les cadres sont moins de 55 %. Quant à l’ambiance et au relationnel entre collègues, l’étude de la Depp nous indique qu’ils tendent à se dégrader avec l’âge, notamment pour les enseignants du premier degré. Demande de formation continue Enfin, sans surprise, les enseignants du premier degré déplorent massivement (81 %) le manque de formation continue adaptée (ce taux oscille entre 25 et 35 % chez les cadres du public et du privé). Seule consolation pour les enseignants : les cadres en relation avec du public sont deux fois plus nombreux à trouver que leurs horaires ne s’accordent pas avec leur vie familiale et sociale : plus de 20 % dans le secteur public et privé contre à peine 10 % chez les enseignants.


L’éducation nationale rémunère mieux les enseignants du public que ceux du privé

Un professeur de l’enseignement privé gagne en moyenne 9,7 % de moins que son homologue du public. Un écart de salaires justifié en grande partie par la différence de composition des deux corps, selon une note du ministère de l’Éducation nationale publiée fin décembre.

06/01/2017 | ACTUALITÉ

La question des écarts de rémunérations entre enseignants du public et du privé n’avait… jamais été posée. Ou tout au moins n’avait-elle “jamais fait l’objet d’analyses statistiques approfondies au sein de l’Éducation nationale”. Cette note publiée par la direction statistique (Depp) du ministère vient donc, avec honnêteté, rectifier le tir. En moyenne, en 2014, les enseignants du secteur privé sous contrat ont perçu un salaire brut mensuel de 2 640 euros contre 2 920 euros pour les enseignants du public, soit 9,7 % de moins. Pour rappel, depuis 1992 et les accords Lang-Cloupet, tous les professeurs sont recrutés sous les mêmes conditions en termes de diplômes requis et d’épreuves passées lors des concours. “Ce différentiel de salaire brut serait de - 2,4 % si la structure de population dans le privé sous contrat était la même que dans le public”, explique Marion Defresne, l’auteure de l’étude. Ce résultat donne une idée de l’importance des “effets de composition” : en effet, ce sont avant tout les différences de caractéristiques entre enseignants du secteur public et enseignants du secteur privé sous contrat qui génèrent cet écart. Plus de titulaires et d’agrégés dans le public Corps, quotité de rémunération et zone territoriale d’affectation sont ainsi plus favorables au public qu’au privé sous contrat, créant deux catégories distinctes d’enseignants. “Il y a proportionnellement davantage de « titulaires » dans le public que dans le privé sous contrat, davantage d’enseignants évoluant dans les corps aux grilles de rémunérations plus avantageuses dans le public que dans le privé sous contrat, moins de faibles quotité de rémunération dans le public que dans le privé sous contrat, davantage d’enseignants dans les DOM ou bénéficiant d’un taux d’indemnité de résidence à 3 % dans le public que dans le privé sous contrat”, détaille la note de la Depp. En France entière (hors Mayotte), le secteur privé sous contrat se distingue du public par une population enseignante moins souvent rémunérée sur une échelle de “titulaires” (14,8 % de “non-titulaires” dans le privé contre 3,5 % dans le public). Et lorsqu’elle l’est, elle relève moins fréquemment de grilles de rémunération plus avantageuses : parmi les enseignants du public, 7,7 % sont des professeurs agrégés et de chaire supérieure contre 2,7 % dans le privé sous contrat, précise encore Marion Defresne. Points non élucidés En outre, le régime de rémunération des contractuels du public est plus avantageux que celui du privé sous contrat. Ajoutez à cela le fait qu’un enseignant à temps incomplet (faute d'élèves suffisants dans la discipline ou l'établissement) dans le privé est rémunéré au prorata des heures effectuées alors que celui du public est rémunéré comme un temps complet. “Néanmoins, une part de l’écart public-privé reste non élucidée”, poursuit Marion Defresne. Car le système d’information sur les agents des services publics (Siasp) ne permet pas de répondre à certaines interrogations. “On aurait souhaité créer une indicatrice de carrière tenant compte de l’ancienneté et de la vitesse d’avancement afin de contrôler les éventuels écarts de salaires dus à l’évolution des carrières selon le secteur. En outre, on aurait aimé pouvoir distinguer plus finement les primes et indemnités”, énumère-t-elle. Encore quelques mystères à percer donc, pour la Depp.


Le livre choc qui propose de métamorphoser le système éducatif

Que l'archaïque mammouth cède enfin la place à un service public d'éducation digne de ce nom : c'est la thèse défendue par Soazig Le Nevé, journaliste à Acteurs publics, et Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire et recteur honoraire, dans un essai intitulé Et si on tuait le mammouth ? Les clés pour rénover (vraiment) l'Education nationale (Éd. de l’Aube) qui sort ce 5 janvier. Dans les bonnes feuilles publiées ci-dessous, l'on constate que ce qui compte de plus en plus pour un ministre, c’est de “penser à la prochaine élection ou au prochain maroquin plutôt qu’à la prochaine génération” et que les recteurs d'académie sont “des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace”.

05/01/2017 | ACTUALITÉ

« Dire que la Cinquième République avait pour objectif de mettre fin à l’instabilité ministérielle de la précédente ! À l’Éducation nationale, la tête tourne : Najat Vallaud-Belkacem est la 183e ministre en 188 ans d’existence du ministère ! Depuis 1958, 32 ministres y sont passés (moyenne : moins de 2 ans) et le rythme s’accélère : 7 ministres depuis le 1er janvier 2005, dont l’un (Benoît Hamon) bat tous les records : 147 jours ! Pour sa part, dix mois avant d’être débarqué, Vincent Peillon raconte à la presse que ses inspecteurs généraux l’ont averti d’une chose : rue de Grenelle, la durée moyenne du bail est d’“un peu moins de deux ans si le ministre veut faire des réformes ; un peu plus de deux ans s’il ne veut pas en faire”. Prémonitoire ! Aucune entreprise au monde ne résisterait à pareil tournis… Une différence existe tout de même avec la Quatrième République : la haute administration, qui bénéficiait d’une longévité extraordinaire, faisait tourner la maison. Par exemple : seulement deux directeurs de l’enseignement supérieur de 1948 à 1960. De nos jours, le cœur du réacteur qu’est la DGESCO (direction de l’enseignement scolaire) use en moyenne un directeur tous les deux ans, deux ans et demi. De même, les recteurs d’académie étaient quasiment inamovibles et restaient couramment en place dix à vingt ans, de quoi rendre jaloux les recteurs d’aujourd’hui ! Car leur valse est devenue incessante, au gré des changements politiques et des mutations, avec parfois quelques périodes de rémission ; certaines académies sont sinistrées, comme par hasard celles où les résultats scolaires sont les plus médiocres. En seize ans, depuis le 1er janvier 2000, se sont succédé au total neuf recteurs à Amiens et à Caen, huit à Rouen, sept à Créteil… Des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace, même dans de grandes académies… Comment assurer une quelconque continuité dans de telles conditions ? D’autant que règne désormais la dictature de l’urgence. Pourquoi s’échiner à changer les choses sur le long terme alors que ce qui importe, c’est de donner l’impression de travailler ? Soumis à la pression des médias, le ministre est sommé de fournir des réponses immédiates, de réagir dans l’instant, de présenter des résultats… Un incident dramatique dans une école ? Aussitôt le ministre annonce une série de “mesures fortes” applicables immédiatement, mesures chassées par d’autres quelques jours plus tard à l’occasion d’un nouvel événement, et ainsi de suite. Il n’est plus un discours qui ne débute par la formule : “Dès la rentrée prochaine, on fera ceci, cela, etc.”. À la suite des attentats de janvier 2015, c’est même du perron de l’Élysée et de Matignon qu’est annoncée une “grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République” orchestrée par la ministre de l’Éducation avec une série de 11 décisions immédiates, pour la plupart incantatoires (“combattre les déterminismes sociaux et territoriaux” ; “rétablir l’autorité des maîtres”…) ou réchauffées (“développer les temps d’échanges avec les parents”…). À la va-vite, on repeint les programmes d’éducation civique aux couleurs d’un “enseignement moral et civique”, avec ordre de les mettre en œuvre dans toutes les classes des écoles, collèges et lycées dès la rentrée suivante. Un enseignement dispensé par des enseignants à peine informés, nullement formés : croit-on que c’est ainsi que l’on va pouvoir redonner du civisme aux élèves ? “Les recteurs sont des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace.” Le déphasage entre le temps politico-médiatique et le temps éducatif s’élargit chaque jour. Le rythme de l’éducation est long et il exige continuité et ténacité, les résultats d’une mesure nouvelle ou d’une réforme n’étant perceptibles, au mieux, que plusieurs années plus tard. Par exemple, la réforme du collège initiée par Najat Vallaud-Belkacem, qui s’applique d’un seul coup à toutes les classes de la 6e à la 3e (une grande première !) à la rentrée 2016, ne pourra être évaluée, au mieux, qu’à la fin du collège, quatre ans plus tard, en 2020. Trop long pour la ministre, qui sera déjà partie depuis longtemps ! Ce qui compte de plus en plus pour un ministre, c’est penser à la prochaine élection ou au prochain maroquin plutôt qu’à la prochaine génération. Dans ces conditions, il est tenté par des mesures de pur affichage, des effets d’annonce, des réformes de surface pas trop compliquées à expliquer ou encore des réponses rapides à des problèmes secondaires. Soigner sa “com”, tout est là ! Mieux vaut ouvrir le débat du “poids du cartable” (Ségolène Royal en 1997), qui parle à tous, que celui des coefficients des disciplines au bac ou de la pédagogie différenciée… Pourquoi rencontrer la centaine d’inspecteurs d’académie de toute la France que vous avez convoqués si une nuée de photographes peut au même moment vous faire une pub d’enfer avec l’inauguration d’un distributeur de préservatifs dans un lycée (Jack Lang en 1992) ? Pourquoi présider le déjeuner où vous avez invité un aréopage de chefs d’entreprise pour parler insertion des jeunes si la compagnie d’une danseuse étoile (Marie-Claude Pietragalla) peut vous faire briller de mille paillettes (Jack Lang en 2001) ? Pourquoi assister à une réunion de recteurs si vous pouvez à la place converser tranquillement avec votre journaliste favorite (Vincent Peillon en 2012) ? Mieux vaut lancer, à grand bruit, un vaste programme de réformettes qu’un mouvement de fond qui ne produira d’effets que bien plus tard. D’où la multiplication de prétendues réformes, annoncées systématiquement par chaque ministre à son arrivée, qui ne sont que des coups de trompette ou, au mieux, des catalogues d’ajustements : le “nouveau contrat pour l’école” avec 158 mesures (François Bayrou en 1995), le “collège de l’an 2000” avec 40 mesures (Ségolène Royal en 1998), la loi d’orientation pour l’école avec 14 propositions (François Fillon en 2005), dont la plupart sont restées à l’état de vœux pieux. Résultat sur le terrain : une “soûlante valse”, comme le dit le principal syndicat de chefs d’établissement, “des mobilisations incessantes et sans lendemain” dont les enseignants sont lassés. Des circulaires et des instructions ? Le ministre ne manque pas d’en produire chaque année des centaines, sur tous les sujets. Comme si tous les personnels attendaient la parole du sommet comme parole d’Évangile et obéissaient au doigt et à l’œil à toutes les consignes. Comme du temps de Victor Duruy (Second Empire), qui se qualifiait de “ministre circulassier”… Ce gouvernement par circulaires a peut-être existé du temps où l’autorité ministérielle était incontestée mais il n’est en tout cas plus adapté au monde d’aujourd’hui ! Ces documents prescriptifs sont donc de moins en moins lus par l’encadrement, quasiment jamais par les enseignants, et encore moins appliqués… Comme dans le cas des classes bilangues en 6e, supprimées par la ministre en 2015 et finalement conservées dans la majorité des académies à la rentrée 2016, les recteurs ayant jugé préférable de ne point exécuter l’ordre. »  "Et si on tuait le mammouth ? Les clés pour (vraiment) rénover l'Education nationale", de Soazig Le Nevé et Bernard Toulemonde, Editions de l'Aube, 245 pages, 21 euros


L’algorithme qui pourrait améliorer la mobilité des enseignants

Trois économistes de l’École d’économie de Paris et du MIT proposent un nouvel algorithme qui augmenterait de 30 % la mobilité des professeurs du second degré, tout en servant d’outil de pilotage au ministère pour mieux remédier aux difficultés des différentes académies.

04/01/2017 | ACTUALITÉ

S’attaquer au “mouvement” des enseignants du second degré, marée mutante qui chaque année ouvre la voie ou au contraire la bloque à des milliers de professeurs en quête de mobilité, est véritablement courageux. C’est d’ailleurs pourquoi aucun ministre ne s’y est risqué depuis près de vingt ans. À l’heure où les algorithmes sont un sujet à la mode, les chercheurs en économie appliquée ont un boulevard pour tordre le cou à l’idée selon laquelle une mécanique installée l’est à tout jamais – y compris au sein du mastodonte qu’est le ministère de l’Éducation nationale. Améliorer “le mouvement”, oui, c’est possible. Et c’est ce qu’ambitionnent de faire Julien Combe, Olivier Tercieux (PSE – École d’économie de Paris) et Camille Terrier (Massachusetts Institute of Technology), dans la revue Education et Formations publiée par le ministère en décembre 2016. Les trois chercheurs mettent d’abord en évidence combien le mouvement actuel – qui n’est autre qu’un fonctionnement algorithmique – est grippé. En 2014, seuls 43,9 % des enseignants titulaires ayant fait une demande de mobilité entre académies ont obtenu satisfaction, rappellent les auteurs. Et les trois académies les moins attractives (Créteil, Versailles, Amiens) concentrent 50 % des enseignants demandant une nouvelle affectation. Une des raisons du manque d’attractivité du métier Chaque année, les sorties étant importantes dans ces trois académies, les postes vacants doivent être occupés par de nouveaux enseignants, de telle sorte qu’environ 50 % des néotitulaires obtiennent leur première affectation dans l’une de ces trois régions. “Cette forte probabilité d’obtenir une première affectation dans une académie relativement défavorisée est l’une des raisons du manque d’attractivité de la profession enseignante en France”, soulignent Julien Combe, Olivier Tercieux et Camille Terrier. Les chercheurs osent ensuite ce postulat : “Le processus centralisé utilisé par le ministère et les rectorats pour affecter les enseignants dans les académies puis dans les établissements pourrait être un outil utilisé pour homogénéiser la répartition des enseignants entre académies, garantir une plus grande stabilité des équipes et prendre en compte les besoins pédagogiques des établissements.” Autrement dit, un pilotage politique du “mouvement” pourrait permettre à la fois de construire une gestion des ressources humaines digne de ce nom et d’affiner l’action pédagogique en fonction du contexte de chaque académie. Une révolution copernicienne, pour la Rue de Grenelle. Des échanges “mutuellement améliorants” Les trois économistes proposent d’agir sur deux leviers : augmenter les perspectives de mobilité géographique des enseignants (et donc, dans une certaine mesure, améliorer l’attractivité de la profession). Mais aussi augmenter l’expérience moyenne des enseignants dans les académies les plus défavorisées (et donc espérer pouvoir réduire à terme les inégalités de réussite entre élèves). Concrètement, l’algorithme qu’ils baptisent “algorithme d’échanges mutuellement améliorants avec les académies prioritaires” introduit une nouvelle condition, imposant que tout enseignant sortant d’une académie telle Créteil, Versailles ou Amiens soit remplacé par un enseignant ayant un barème supérieur. “Ce qui implique naturellement que dans les académies prioritaires, le rapport entre le nombre de titulaires sortants et entrants se rapproche de 1 et que l’âge moyen et la proportion d’enseignants titulaires augmente”, font valoir les économistes. Les mutations comme outil de pilotage Le changement dans la procédure d’affectation des enseignants qu’ils opèrent augmenterait de 30 % “le mouvement” par rapport au système actuel, sans entraîner pour autant un départ massif des académies en difficulté. “Nous fournissons ainsi un outil de pilotage qui permet de faire des simulations et de tester différentes stratégies RH propres à chaque académie”, concluent-ils. Parce que “la situation actuelle peut être grandement améliorée”, les auteurs offrent “tout un spectre de possibilités dont le choix in fine relève d’une décision collective entre les différents acteurs que sont le ministère, les représentants syndicaux et les académies”. À bon(s) entendeur(s) !


France Stratégie plaide pour des établissements scolaires plus autonomes

Face au pilotage centralisé du système éducatif, “il apparaît nécessaire d’octroyer une autonomie accrue aux établissements scolaires”, juge France Stratégie dans une note publiée mercredi 14 décembre. Entre contractualisation, privatisation et développement de communautés éducatives, l’organisme de réflexion avance plusieurs pistes d’évolution.  

15/12/2016 | ACTUALITÉ

Donner davantage de marges de manœuvre aux établissements scolaires constituerait-il la réforme prioritaire à engager en matière d’éducation ? À en croire une note d’analyse de France Stratégie, dévoilée mercredi 14 décembre, les solutions ne manquent pas. Alors que dans les années 1980, la majorité des pays développés ont redistribué les responsabilités par la décentralisation politique des systèmes éducatifs – dans les pays nordiques et au Royaume-Uni, par exemple –, “notre pays s’est globalement tenu en retrait de ces transformations”, estime dans son étude l’organisme de réflexion placé auprès du Premier ministre. L’école devant voir “sa mission clarifiée”, France Stratégie propose donc d’octroyer une autonomie “accrue” aux établissements scolaires. Et ce aussi bien dans la gestion des ressources humaines que dans l’autonomie pédagogique. Actuellement, “ils ne disposent que de peu de marges de manœuvre”, constate l’étude, le pilotage pédagogique restant essentiellement fixé au niveau national. Communautés éducatives renforcées Première option défendue par l’organisme de réflexion :  le renforcement de l’autonomie des communautés éducatives. Cela reposerait sur “une plus forte capacité d’auto-organisation locale” et notamment sur une coopération accrue entre les enseignants et le chef d’établissement, affirme France Stratégie. Ce renforcement suppose néanmoins “la pleine mise en œuvre de la récente redéfinition réglementaire du métier d’enseignant qui valorise les temps de suivi des élèves”, mais aussi des chefs d’établissement “davantage formés à la gestion du groupe, sachant mobiliser l’ensemble de l’équipe pédagogique”, ajoute l’organisme de réflexion. Sur ce point, un tiers des chefs d’établissement déclarent ne pas avoir suivi de formation à l’encadrement pédagogique. Contractualisation L’organisme de réflexion avance également l’idée d’une autonomie “contractualisée”, autorisant une modulation des moyens en fonction des besoins des établissements. La démarche de contractualisation “n’a cessé de progresser dans l’institution scolaire [mais] reste cependant d’effet limité”, précise l’étude. Cette démarche, actée notamment entre le ministère de l’Éducation nationale et les académies, repose à l’heure actuelle sur des analyses de données ou sur la définition d’objectifs ou de leviers. Pour y remédier, France Stratégie propose ainsi que pour les académies bénéficiant de contrats d’objectifs et de gestion avec l’État, les moyens soient modulés en fonction de leurs difficultés de recrutement et des besoins d’accompagnement des enseignants et des établissements par les inspections. À l’intérieur de ce modèle contractuel, les chefs d’établissement devront disposer “d’une latitude d’action plus significative”, poursuit France Stratégie. Et ce, notamment, en matière d’organisation de l’enseignement ou de gestion de la masse salariale. À l’heure actuelle, selon les chiffres de l’OCDE, 0,9 % des chefs d’établissement déclarent partager la responsabilité de l’exécution lors du licenciement ou de la suspension d’un enseignant contre 54,6 % au Royaume-Uni. Modèle des academies britanniques Alors que le tissu scolaire français connaît déjà une “certaine diversité” – le secteur privé sous contrat scolarise à lui seul 20 % des élèves –, l’organisme de réflexion appelle, dans un autre scénario, à poursuivre cette diversification de l’offre scolaire. Le développement des établissements privés, mais également d’établissements publics disposant de marges de manœuvre proches de celles du privé devrait offrir une “plus grande latitude de choix pour toutes les familles”, précise l’étude. Sur ce point, France Stratégie s’inspire notamment du gouvernement britannique et de la création, dans les années 2000, des academies, des écoles publiques changeant de statut pour devenir indépendantes. “Par rapport aux écoles publiques ordinaires, elles jouissent de trois libertés fondamentales : liberté des moyens, des outils et des méthodes d’enseignement ; liberté de recrutement et de rémunération du personnel et liberté de fixer la durée de l’année scolaire”, souligne la note d’analyse de l’organisme.


Sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert, c’est parti !

La France préside, du 7 au 9 décembre, le sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), qui ambitionne tout autant de dépoussiérer les modes d’action publique que de placer la France dans une nouvelle donne diplomatique.

06/12/2016 | ACTUALITÉ

La “boîte à outils” du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO) sera conçue à l’Élysée mais il ne faut pas s’y méprendre : le chef de l’État n’aura sans doute pas son mot à dire lors de ce hackathon introductif au sommet mondial du PGO, présidé par la France du 7 au 9 décembre. Visant à faciliter la mise en œuvre concrète des engagements pris lors du sommet, cette “boîte à outils” fera phosphorer pas moins de 300 geeks qui ambitionnent de dépoussiérer notre modèle de démocratie représentative. Laissant son palais de l’Élysée aux hackers des civic tech [technologies citoyennes, ndlr], François Hollande prononcera son discours à la salle Pleyel en début d’après-midi le 7 décembre. En trois jours, pas moins de 20 chefs d’État et 3 000 représentants de 80 pays viendront échanger sur leurs bonnes pratiques démocratiques lors de conférences, ateliers et soirées organisés aux quatre coins de Paris. “Enjeux globaux” Objectif : faire aussi bien que la COP21 en décembre 2015. “Dans les deux cas, COP21 et PGO, il s’agit de sujets que les États ne peuvent plus régler seuls, tant leurs enjeux sont devenus globaux et nécessitent le recours à l’intelligence collective”, expliquait Pauline Carmona, secrétaire générale du PGO, lors d’une présentation des enjeux de l’événement, le 26 octobre. Innovateurs et développeurs, gouvernements et ONG vont ainsi faire œuvre commune pour dynamiser les institutions publiques. “Car si l’on s’en tient à ouvrir les données mais pas l’action, on n’a fait que la moitié du chemin”, avertissait Henri Verdier, directeur interministériel du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic) lors de cette conférence de présentation fin octobre. À ses yeux, le PGO n’est autre qu’une “étiquette commode” pour saluer “tout ce qui se passe sous nos yeux, comme les budgets participatifs, les consultations, la coécriture de la loi”. “Nous devons percevoir que la démocratie est un processus et qu’elle change sans arrêt”, poursuit Henri Verdier. Et d’illustrer en se référant à l’apparition des isoloirs en 1914, donc “très tard dans l’histoire de la démocratie française”. “Aujourd’hui, avec Internet, exiger transparence, concertation et contribution correspond aux standards de notre époque.” Le levier du “modèle multiparties prenantes” Pour David Martinon, ambassadeur de la France pour la cyberdiplomatie et l’économie numérique, “depuis le début, la gouvernance de l’Internet fonctionne sur « le modèle multiparties prenantes », mais cela ne marche pas très bien avec l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), puis avec la réforme de l’Icann (en cours) [lire notre article]. Mais il y a aussi le PGO. Ce qui signifie qu’il existe plusieurs approches du modèle multiparties prenantes”, expose-t-il. Vu depuis le ministère des Affaires étrangères, le PGO est donc l’occasion rêvée pour la France de façonner ce “modèle multiparties prenantes” et de réfléchir à de nouvelles formes de “livrables” résultant de “ce que la France sera capable d’obtenir et de décider lors de ce sommet”, souligne David Martinon. “Notre objectif est d’obtenir des décisions très concrètes et de réfléchir à des engagements que définiraient ensemble les parties prenantes du PGO. Pour créer une émulation, créer des références”, espère l’ambassadeur. “C’est quelque chose d’inédit au plan international.” Une quinzaine d’engagements sur trois thèmes Trois grandes thématiques ont été définies pour les “livrables” qui devraient se décliner en une quinzaine d’engagements très concrets : la transparence publique et économique ; le climat et le développement durable ; les biens communs numériques. Les 5 et 6 décembre, la communauté des chercheurs se réunit pour les “Academic Days” autour d’une vingtaine de thématiques. Pour la première fois depuis la création du Partenariat en 2009, les chercheurs membres de l’Independant Reporting Mechanism (IRM) présentent la base qu’ils ont constituée après les quelque 2 500 évaluations des “plans” engagés par chaque pays membre du partenariat. Un enjeu de plus pour la France, comme l’a rappelé Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, lors d’une opération “ministère ouvert” le 11 octobre [lire notre article] : les chercheurs français manquent d’ambition dans leurs travaux sur la transformation de l’action publique. Henri Verdier abonde dans ce sens : “Avec Michel Crozier et la sociologie des organisations, la France exerçait un rayonnement mondial. Après, nous nous sommes mis à voir l’État comme une boîte noire, qu’on ne restructure pas. Nous allons remettre la question dans notre agenda”, promet le Dinsic. Des adhérents parrainés pour progresser Pour qu’un pays adhère au Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), 4 critères d’éligibilité prévalent : avoir une loi sur l’accès à l’information, assurer la transparence sur le patrimoine des principaux gouvernants, présenter des budgets transparents, garantir la protection des libertés civiles. “Le point de départ des pays est très varié en la matière mais chaque candidat doit exprimer son souhait d’ouverture et de progression”, constate Pauline Carmona, la secrétaire générale du PGO. Celui-ci promeut aussi un apprentissage par les pairs. Ainsi, chaque nouvel adhérent bénéficie d’un pays “buddy”, comme la Côte d’Ivoire avec la France, pour élaborer un plan d’action. L’Azerbaïdjan a été déclaré “inactif” en mai dernier, le pays n’offrant pas suffisamment de gages d’une amélioration. “Nous allons voir ses dirigeants bientôt pour qu’ils reviennent dans le droit chemin, si l’on peut dire”, commente David Martinon, ambassadeur de la France pour la cyberdiplomatie et l’économie numérique. La règle est de “surtout ne pas exclure le pays, car pour la société civile, le PGO est un moyen d’ouverture, une fenêtre sur le monde, un mécanisme qui met la pression sur le gouvernement”, ajoute Pauline Carmona.


À l’éducation nationale, les inspecteurs ont la pression

Qu’attend la Rue de Grenelle de ses inspecteurs ? C’est la question que pose un rapport publié fin novembre par les inspections générales, qui alertent le ministère sur l’éparpillement des missions qui incombent à ces cadres, dans les académies.

01/12/2016 | ACTUALITÉ

“On n’a pas de mission, on répond à des commandes et la dernière demande est toujours la priorité la plus haute.” Bienvenue à l’éducation nationale, où les enseignants ne sont plus les seuls à rechercher le sens de leur mission. Désormais, les cadres aussi s’inquiètent, et les inspections générales de l’éducation nationale (Igen et IGAENR) prennent la chose très au sérieux, dans un rapport conjoint sur le rôle et le positionnement des inspecteurs du second degré, publié fin novembre. “On observe des priorités nationales comme les examens, académiques comme la réforme du collège, le suivi des établissements dans leurs contrats d’objectifs, le copilotage en REP+, les priorités académiques disciplinaires, mais également la gestion des carrières et des promotions des enseignants incontournables pour la DRH, au final tout est prioritaire !” égrène un des 212 inspecteurs rencontrés par la mission. Missions nouvelles… et nouvelles charges Nombreux sont les inspecteurs qui expriment un sentiment d’émiettement et de surcharge du fait de l’apparition fréquente de missions nouvelles (pilotage académique, accompagnement des établissements) sans que soient reconsidérées les charges liées à la gestion et au suivi de leur discipline, constate sans fard le rapport. Pas de chance, les inspecteurs du second degré n’auront bénéficié d’aucun des 60 000 postes ouverts depuis le début du quinquennat. Car la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République du 8 juillet 2013 n’a pas prévu, en tant que telles, de créations d’emplois d’encadrement… À l’heure de la “refondation de l’école”, les missions d’évaluation et d’accompagnement n’auront donc pas paru prioritaires à l’ex-ministre Vincent Peillon. “Le renforcement des moyens d’inspection en emplois s’est donc appuyé essentiellement sur les initiatives académiques, par transformations d’emplois d’enseignants en emplois d’inspecteurs (+ 46 emplois contre + 15 en loi de finances de 2012 à 2016)”, observent l’Igen et l’IGAENR. Pour faire face, les recteurs ont aussi nommé des chargés de mission, des enseignants déchargés d’une partie de leur service qui secondent ou suppléent les inspecteurs dans certaines de leurs tâches. Se sont aussi constitués des viviers de formateurs académiques appelés à aider les inspecteurs dans l’accompagnement de proximité des enseignants. Créer des postes La mission Igen-IGAENR sonne donc le rappel, demandant à ce que “la possibilité de créer des emplois d’inspecteurs en loi de finances soit réexaminée à partir de 2017 sous la forme d’un plan pluriannuel accompagné d’actions d’information et de promotion sur le métier d’inspecteur”. En plus du vivier, c’est aussi le cœur des missions à remplir qu’il faut calibrer. Le rapport préconise ainsi que chaque académie se livre à “une mise à plat de ses besoins d’inspection”, notamment pour la mise en place des nouvelles modalités d’évaluation professionnelle des enseignants [lire notre article]. Même si les ambitions ont été revues à la baisse lors des négociations avec les syndicats, la réforme menée par Najat Vallaud-Belkacem promeut une inspection qui prenne la forme de conseil et d’accompagnement des enseignants dans la globalité de leurs dimensions professionnelles. 270 jours de travail par an Autre constat dressé par les inspecteurs généraux :  le développement de missions d’accompagnement plus global des établissements, liées à l’autonomie croissante qui leur est donnée dans le cadre des réformes des lycées (2009) et des collèges (2016). Alors qu’ils ne consacrent aujourd’hui que 10 % de leur temps au suivi des collèges et lycées, les inspecteurs sont pourtant au cœur de la réforme du collège et des inquiétudes qu’elle suscite dans le corps enseignant. “Les inspecteurs sont dans une position de nature transversale, intervenant en tant que généralistes et non pas en leur qualité de spécialistes d’une discipline, relève le rapport. Les objectifs de ces missions, qui oscillent entre suivi/conseil et évaluation, et donc leurs modalités ont besoin d’être clarifiées vis-à-vis des inspecteurs mais aussi des autres acteurs, en particulier les personnels de direction.” Et les inspections générales d’assurer Najat Vallaud-Belkacem de leur “conviction” : les objectifs du ministère ne pourront être atteints sans un renforcement du potentiel des inspecteurs, qui se déclarent “au bord de l’épuisement” pour certains. Les services de la Rue de Grenelle estiment qu’un inspecteur du second degré travaille en moyenne 270 jours par an, pour 250 jours ouvrés. Deux syndicats appellent à ne pas suivre les instructions de la Centrale Comme un écho à l'alarme lancée par l'Igen et l'IGAENR dans leur rapport conjoint, les deux principaux syndicats du corps, le Sien-Unsa (premier degré) et le SNPI-FSU (second degré), appellent ce jeudi 1er décembre, les inspecteurs à “ne pas participer” à des conférences organisées par la Direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco) et à “refuser de consacrer du temps à leur organisation”. Cette demande du ministère intervient “dans l’urgence et sans aucune prise en considération des demandes, ni des besoins de formation continue des inspecteur et, témoigne d’une absence totale de prise en compte des alertes, pourtant nombreuses, sur la situation des inspecteurs”, argumentent les deux syndicats dans un communiqué commun.


Un rapport propose de rendre obligatoire la formation continue des enseignants

La réforme de la formation des enseignants doit aller plus loin et rendre obligatoire la formation continue, selon le rapport du comité de suivi remis à la ministre de l’Éducation nationale le 29 novembre.

30/11/2016 | ACTUALITÉ

La formation des enseignants ne peut reposer sur la seule formation initiale de même qu’une carrière de prof ne peut se dérouler sans formation continue. Dans son rapport remis à la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le 29 novembre, le comité de suivi de la réforme de la formation des enseignants, présidé par le recteur de Versailles, Daniel Filâtre, préconise de renforcer la préprofessionnalisation et la spécialisation progressive des étudiants en licence, mais aussi de rendre obligatoire et diplômante la formation continue des enseignants tout au long de leur carrière. Le comité de suivi propose de considérer la formation tout au long de la vie des professeurs et des personnels d’éducation autour de 3 périodes : une phase de préprofessionnalisation en licence, une phase de formation initiale en master et, pour l’accompagnement dans l’entrée dans le métier, une phase de formation et de développement professionnel continu. “L’entrée dans le métier constitue une phase de transition où la formation et l’accompagnement jouent un rôle déterminant, tout comme l’école ou l’établissement de premier exercice”, constate le rapport. Année de stage surchargée Or “le statut de professeur néo-titulaire est insuffisamment pris en compte dans la mise en œuvre de la réforme” de la formation des maîtres, au sein des écoles supérieures du professorat (Espé). C’est en ce sens que le comité propose de concevoir et instaurer, dans le prolongement de la formation initiale, une démarche d’accompagnement et de formation lors de l’entrée dans le métier. “Des démarches ont déjà été expérimentées dans quelques académies”, souligne le comité de suivi, qui appelle à “construire à la fois un soutien personnalisé, très adapté aux besoins du professeur débutant, et un soutien organisationnel afin d’intégrer cette étape de formation dans une démarche académique et universitaire”. Actuellement, “l’année de stage, cruciale dans la formation du nouvel enseignant, est vécue par presque tous les stagiaires comme extrêmement difficile”, insiste le rapport. Les enquêtes mises en œuvre par les directions générales ou par le réseau des Espé révèlent en effet combien les stagiaires se disent surchargés, débordés, stressés. “Leur enseignement en responsabilité avec leurs élèves les passionne mais les occupe pour la plus grande part de leur temps, et ils y consacrent toute leur énergie. Ils doivent préparer des cours pour la première fois, tout en apprenant à maîtriser leurs enseignements, leur(s) classe(s), leurs élèves”, décrit encore Daniel Filâtre. En parallèle, “ils doivent suivre les cours à l’Espé et parfois dans d’autres composantes de l’université, qu’ils trouvent généralement intéressants bien que pas toujours adaptés à leurs besoins ou trop éloignés de leurs préoccupations d’enseignant débutant dans un établissement ou une école”. Beaucoup trop pour une entrée dans le métier. TICE et gestion des élèves au premier rang des besoins Deuxième recommandation phare du recteur de Versailles et des membres du comité : affirmer que la formation continue devient constitutive du métier d’enseignant. “La formation continue est une obligation professionnelle pour les enseignants dans la plupart des pays européens. Les plans de formation sont généralement élaborés au niveau de l’établissement, parfois même élaborés par l’enseignant lui-même ou par l’autorité supérieure”, rappelle-t-il. L’étude Talis 2013 (OCDE) pour le seul niveau collège met en évidence que 88 % des enseignants ont participé à une action de formation continue dans les douze derniers mois, la France se situant dans les dernières positions. Concernant les besoins de formation, les enseignants placent en priorité, dans cette enquête, la prise en charge d’élèves à besoins spécifiques, les TICE, la gestion de la classe et du comportement des élèves… Des sujets cruciaux, au cœur des préoccupations de tous les enseignants.


Un rapport décapant sur le management d’équipe dans l’éducation nationale

Former les chefs d’établissement scolaire au management et s’inspirer des méthodes de l’enseignement privé : les inspections générales de l’éducation nationale brisent les tabous dans un rapport publié fin novembre.

28/11/2016 | ACTUALITÉ

D’aucuns y verront de la clairvoyance, voire de l’émancipation. D’autres au contraire crieront à l’aveuglement et même au complot. Tous s’accorderont sur un point : il est peu de rapports des inspections générales de l’éducation nationale (Igen et IGAENR) qui lèvent autant de tabous à la fois et dans un style aussi clair. Daté du mois d’août 2016 et publié fin novembre, le rapport sur les “mécanismes de concertation” dans les établissements scolaires a donc de bonnes raisons de faire date. “Management”, “politique d’établissement”, “libre choix”, “souplesse”… Le champ lexical usité par la mission détonne à lui tout seul. Après avoir visité 24 établissements répartis dans 6 académies (Dijon, Lyon, Nantes, Nice, Orléans‐Tours et Versailles), les inspecteurs généraux ne peuvent être plus clairs : “Tout se passe comme s’il y avait deux bulles distinctes, celle du pilotage institutionnel qui concerne la hiérarchie de l’éducation nationale et celle du monde « réel » de l’établissement où les leviers d’action mobilisés sont différents.”   Une manière aussi polie que bien sentie de signifier au ministère qu’il est temps d’en finir avec une gestion napoléonienne-centralisée du système éducatif, surtout lorsqu’il s’agit d’une question relative aux ressources humaines que constituent les 860 000 enseignants français. Abandonner le pilotage institutionnel La mission recommande donc à la ministre “d’abandonner un pilotage institutionnel trop formel par les projets d’établissement et les contrats d’objectifs au profit d’une claire reconnaissance de la responsabilité de l’équipe éducative à élaborer son projet et ses stratégies dans les formes et les rythmes qu’elle veut lui donner”. Un sacré appel d’air… Pour être bien clairs, les inspecteurs généraux précisent d’ailleurs que leurs préconisations “n’auraient pas de sens si le pilotage institutionnel devait considérer les établissements comme de simples rouages d’exécution des politiques nationales ou académiques”. La mission suggère d’accorder à chaque établissement la liberté de définir ses instances au‐delà de celles, institutionnelles, du conseil d’administration, du conseil pédagogique et du conseil école-collège. “De la même manière, la désignation de « référents » au sein de l’établissement ne devrait pas relever de préconisations nationales mais du libre choix de l’équipe de direction”, tacle le rapport. Une recommandation qui vaut particulièrement pour les réseaux d’éducation prioritaire, où “la multiplication des instances est trop gourmande en temps et en énergie”.  Logiquement, les capacités d’organisation des équipes éducatives doivent être renforcées notamment par “une plus grande souplesse laissée aux établissements” et par “un abondement des budgets d’indemnités pour missions particulières [IMP]” destinés aux enseignants qui prennent des responsabilités supplémentaires, soulignent les inspecteurs généraux. Modèle de l’enseignement privé Elles auraient pu s’en tenir là, mais non : l’Igen et l’IGAENR font tomber un dernier tabou en osant la comparaison directe entre l’enseignement public et l’enseignement privé sous contrat… Jusqu’à préconiser qu’une expérimentation soit menée dans les établissements publics à l’échelle d’une ou plusieurs académies pour apprécier plus amplement l’intérêt des modalités de pilotage de la concertation adoptées dans les établissements privés. “Dans le privé, le choix fait de confier à des enseignants une fonction d’adjoint ou de référent au sein de l’équipe de direction contribue manifestement à faciliter la concertation aux deux niveaux, vertical (direction-enseignants) et horizontal (entre enseignants)”, explique le rapport. Ces “adjoints” bénéficient d’un service d’enseignant à temps incomplet, au minimum un mi‐temps, complété par un temps de direction financé par l’organisme de gestion de l’établissement. Ils n’ont pas de responsabilité hiérarchique sur leurs collègues, qu’ils considèrent et qui les considèrent comme des pairs. “C’est ce positionnement qui fonde leur légitimité et qui permet à l’instance de direction d’être au plus près des préoccupations des enseignants”, estime la mission. Repiquant un rien dans le langage technocratique, les inspecteurs généraux finissent par adresser une ultime alerte à la Centrale : “Dans une période où les réformes s’enchaînent à un rythme soutenu, la vigilance éthique et la recherche permanente d’équilibre pour prévenir ou apaiser des tensions naissantes réclament un niveau d’aptitude au dialogue et au compromis qui doit être considéré par l’institution à la hauteur du stress qu’il induit.”  Traduction : il est grand temps que les chefs d’établissement soient formés, et bien, au management.


Le Conseil d’État valide une réforme diversifiant le profil des recteurs

Les sages du Palais-Royal ont rejeté les recours en annulation engagés par la Conférence des présidents d’université contre une réforme par décret de 2015 assouplissant les conditions d’accès au poste de recteur. Le Conseil d’État a aussi rejeté un recours contre une autre réforme, datant de 2010, qui avait ouvert une première brèche dans le même sens.

28/11/2016 | ACTUALITÉ

Une validation sans appel. Le Conseil d’État a validé, le 23 novembre, une réforme de 2015 assouplissant les conditions d’accès au poste de recteur et que contestait la Conférence des présidents d’université (CPU). Pour rappel, les présidents d’université avaient décidé d’engager un recours en annulation devant le Conseil d’État contre le décret du 10 décembre 2015 “ouvrant la possibilité de nommer des recteurs non titulaires d’un doctorat et contre un second décret, du même jour, fixant la composition d’une commission appelée à donner son avis sur les nominations de personnes susceptibles d’exercer ces fonctions dans ces conditions”. En réalité, la réforme opérée par le gouvernement Valls ne supprime pas vraiment le verrou du doctorat, qui a déjà largement sauté dans le cadre d’une précédente réforme, en 2010. Cette année-là, Luc Chatel et Valérie Pécresse, alors respectivement ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur de Nicolas Sarkozy, ont ouvert ces postes – dans la limite de 20 % des emplois, soit 6 sur 30 – à des non-docteurs à la condition qu’ils aient déjà exercé l’emploi de secrétaire général de ministère ou de directeur d’administration centrale, quel que soit le ministère, pendant trois ans. Pouvaient aussi être nommés dans ce quota de 20 % des titulaires d’un doctorat qui ne détiendraient pas une habilitation à diriger les recherches (HDR), le titre universitaire le plus élevé en France, qu’il est possible d’obtenir après un doctorat. Institution napoléonienne Une petite révolution – sans éclat à l’époque – mettant à mal une tradition solidement ancrée depuis Napoléon qui ne permettait qu’à des titulaires de doctorat puis, progressivement, d’une HDR, de pouvoir être statutairement nommés au poste de recteur d’académie, également chancelier des universités. Sans abaisser le quota de 80 % de postes réservé aux HDR, la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a assoupli un peu plus les conditions d’accès en décembre 2015. Il est désormais permis – à l’intérieur du contingent des 20 % qui ne sont pas soumis à la détention d’une HDR – à des personnes ayant au moins dix ans d’expérience dans le domaine de l’éducation, de la formation et de l’enseignement supérieur ou de la recherche, d’accéder aux fonctions de recteur, sans imposer, comme précédemment, la condition de détention du doctorat. Il s’agit en fait d’ouvrir l’accès à ces postes à des personnalités non titulaires du doctorat et n’ayant pas été directeurs d’administration. La réforme de 2010 également validée La CPU contestait à la fois le décret de la réforme de 2015 mais aussi celui de 2010, véritablement à l’origine de cette petite révolution, que les “universitaires” n’avait pas attaqué à l’époque. S’agissant de la réforme de 2015, le Conseil d’État a notamment estimé que le Conseil national d’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) n’avait pas à être consulté en amont.  Le principe d’autonomie des universités n’a pas de valeur constitutionnelle et en conséquence, la réforme de 2015 ne contrevient pas à la Constitution, ont aussi jugé les sages du Palais-Royal. De même, la composition de la commission chargée de donner son avis sur les nominations de personnes susceptibles d’exercer ces fonctions de recteur dans ces conditions précises, composée de seulement 2 recteurs – sur 6 membres au total – ne méconnaît pas les dispositions d’un article relatif aux jurys de validation des acquis de l’expérience professionnelle posé par le code de l’éducation, ces dispositions n’étant pas applicables. Le Conseil d’État valide aussi la réforme de 2010, sur le fond comme sur la forme. La CPU avait décidé d’engager cette lutte compte tenu de son engagement dans “la défense du doctorat”. La défense du doctorat et le développement de l’accès des docteurs à la catégorie supérieure de la fonction publique étaient des mesures fortes de la loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche, dite loi Fioraso. En coulisses, une lutte d’influence se joue pour appliquer concrètement les objectifs de cette loi dans les processus de recrutement de la haute fonction publique, en dépit de certaines résistances.


Fillon-Juppé : de vraies différences sur l’éducation

Faussement proches, les programmes éducatifs de François Fillon et Alain Juppé incarnent deux visions distinctes du système, alors qu’une grande inconnue demeure : combien de postes sont-ils susceptibles d’être supprimés dans l’éducation nationale ?

25/11/2016 | ACTUALITÉ

Sur ce point-là, c’est sûr, François Fillon avance masqué : combien, parmi les 500 000 postes de fonctionnaires supprimés, le seront-ils dans l’éducation nationale ? “Il ne le dit pas aujourd’hui. Cela fera partie du débat si François Fillon est investi à l’issue du second tour de la primaire”, explique à Acteurs publics Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin et ancien conseiller “éducation” de François Fillon à Matignon. Le député l’assure : “Aucune répartition [des suppressions de postes] n’a été effectuée. Il y aura des arbitrages le moment venu. Nous nous réservons l’explication détaillée du programme pour la campagne présidentielle.” D’ailleurs, selon Annie Genevard, députée du Doubs et soutien de François Fillon, il est faux de considérer que “les enseignants sont préoccupés uniquement par la question des moyens”. “Ils veulent surtout qu’on s’intéresse à leurs conditions de travail et à leur formation”, indique-t-elle à Acteurs publics. On en reste donc là sur ce thème, ô combien sensible dans le monde enseignant, qui a payé le lourd tribut de 80 000 suppressions de postes entre 2007 et 2012, sous la houlette de l’ancien Premier ministre… François Fillon. Dans le camp d’en face (ou d’à côté), Alain Juppé a voulu jouer franc jeu : l’éducation nationale ne sera pas concernée par les 250 000 suppressions de postes qu’il annonce dans la fonction publique. Mieux, il promet, et chiffre déjà, une augmentation de salaire qu’il réservera aux professeurs des écoles : + 10 %, financée par un redéploiement des moyens du second degré vers le premier degré (la baisse du nombre d’épreuves au bac permettra des économies). Temps de présence augmenté de 23 % François Fillon a bien inscrit lui aussi dans ses tablettes la “revalorisation des traitements”, mais elle se fera “en maîtrisant l’évolution de l’effectif, ce qui passe par un meilleur déploiement” des professeurs en poste dont les plus “méritants” se verraient offrir une “promotion accélérée”.  Avec François Fillon, tous les enseignants du second degré devront passer 4 heures de plus par semaine dans leur établissement, un temps consacré “à de nouvelles formes de contact avec les parents, notamment dans les secteurs défavorisés, pour expliquer la contribution qu’ils peuvent apporter au succès scolaire de leur enfant”. Selon Patrick Hetzel, le candidat Fillon est plus audacieux que ne l’est le candidat Juppé : “On va plus loin que lui dans l’autonomie des établissements. Nous voulons instaurer un statut pour les écoles primaires et pour leur directeur. Et dans le second degré, il n’y a pas de raisons pour que les chefs d’établissement ne recrutent pas eux-mêmes leurs enseignants”, illustre-t-il. Alain Juppé n’est pourtant pas en reste sur le thème de la gouvernance, quand il propose de créer dans chaque collège et lycée un “conseil éducatif d’établissement” composé d’enseignants responsables élus par leurs pairs (un coordonnateur pédagogique, un responsable de l’orientation, un responsable des relations avec les parents, un coordonnateur par discipline ou groupe de disciplines, un responsable du suivi individuel des élèves…). Ce conseil – avec le conseil d’administration – choisirait ensuite le directeur de l’établissement parmi plusieurs candidats proposés par le recteur… Agence nationale de l’évaluation et de l’innovation Mais pour le maire de Bordeaux, l’autonomie ne peut aller de pair qu’avec une solide évaluation des pratiques locales, qu’il confierait à une agence nationale de l’évaluation, de l’innovation et de la performance scolaire indépendante. Les deux candidats veulent laisser aux collèges et aux lycées la possibilité de gérer la totalité de leur dotation horaire globale pour mieux répondre aux besoins des élèves. De même, ils assurent que leur priorité réside dans la maîtrise des savoirs fondamentaux à l’école primaire (François Fillon veut que les trois quarts du temps y soient consacrés et Alain Juppé veut des groupes de remédiation dès la maternelle). Pour s’attaquer au décrochage, Alain Juppé propose de monter “un groupe spécifique d’enseignants commando” qui pourrait intervenir dès les premiers signes de décrochage (absences injustifiées, résultats en baisse…) en y associant les parents d’élèves concernés. Le “récit national”, une croisade ? S’il est un thème qui oppose vraiment les deux hommes, c’est celui du programme d’histoire-géographie, véritable passion française. “Fillon fait dans la démagogie et lance des croisades stériles, dénonce un proche d’Alain Juppé. Son « récit national », c’est un retour au Lavisse dont on sait combien il est contestable sur le plan historique !” “Il nous semble important de pouvoir énoncer un récit national, mais nous n’avons pas vocation à nous substituer ni aux enseignants ni aux chercheurs, répond Patrick Hetzel. Il est clair qu’il doit y avoir une référence plus grande à l’histoire de notre pays. Ce n’est pas l’apanage de la Corée du Nord !” “Le nouveau programme [entré en application à la rentrée 2016, ndlr] propose une philosophie de l’histoire d’un très grand relativisme. Tout ne se vaut pas à nos yeux”, argumente le député soutien de François Fillon. D’après lui, des moments importants comme la Révolution française ou le Premier Empire doivent être davantage développés. “De même, on fait peu cas, dans ce programme, de la Résistance, du CNR, qui sont des principes très forts dans lesquels des Français se sont illustrés et sur lesquels nous pourrions nous appuyer aujourd’hui.” Améliorer le dispositif Admission post-bac Enfin, les deux challengers misent gros sur le thème de l’orientation et promettent d’améliorer la plate-forme Admission post-bac (APB). “Notre objectif est qu’APB permette aussi de prendre en compte des prérequis et le profil des lycéens avant l’accès aux filières de l’enseignement supérieur, détaille Patrick Hetzel. Ce serait comme une sélection sur dossier en plus de la sélection algorithmique.” Pas de profilage dans le camp Juppé. Mais une “orientation active” qui ferait en sorte que l’offre de formation soit plus transparente. “Nous voulons que l’élève rencontre systématiquement son professeur principal et ait noué des contacts avec le métier qu’il vise”, souligne un membre de l’équipe. En outre, Alain Juppé veut mettre fin à l’échec des bacheliers professionnels qui vont à l’université. Ceux-là doivent véritablement se voir réserver des places en BTS et en IUT, alors qu’aujourd’hui ces formations sont trustées par des bacheliers généraux avec mention… “Méthode plus douce” selon ses promoteurs, le projet d’Alain Juppé sur l’éducation pourrait renverser la vapeur dimanche… si les enseignants votent au second tour de la primaire de droite.


La France officiellement candidate à l’Exposition universelle de 2025

Cette événement se tiendrait du 1er mai au 30 octobre 2025 en Île-de-France autour du thème “la connaissance à partager, la planète à protéger”. Une décision finale est attendue en novembre 2018.

22/11/2016 | ACTUALITÉ

Le chef de l’État, François Hollande, a présenté “officiellement”, mardi 22 novembre, la candidature de la France à l’Exposition universelle de 2025, dans un courrier adressé au secrétariat général du Bureau international des expositions, dont l’AFP a reçu copie. Cette exposition se tiendrait du 1er mai au 30 octobre 2025 en Île-de-France, mais “cette candidature est celle de toute la France”, souligne le chef de l’État dans ce courrier, précisant que le thème retenu était “la connaissance à partager, la planète à protéger” (en anglais, “Knowledge to share, Planet to care”). Faisant valoir que les expositions universelles du XIXe siècle ont “marqué à jamais les mémoires”, François Hollande indique que l’objectif de cette nouvelle exposition sera “d’améliorer nos modèles de développement”. Il évoque ainsi la santé, l’éducation, la culture et l’environnement “dans la continuité de la mobilisation qui a abouti en décembre 2015 à l’accord de Paris sur le changement climatique” à l’issue de la COP21. Moyens de transport renforcés Le Président français souligne également qu’“un nouveau réseau de métro express de 200 km est mis en chantier” en Île-de-France, “permettant dès 2024 une amélioration de la desserte du Grand Paris” tandis qu’une liaison directe sera établie au même moment entre l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle et la gare de l’Est. Pascal Lamy, qui chapeaute la structure de candidature française, a précisé ensuite devant la presse que le thème proposé était “à la fois universel, dans l’avenir et ouvert de telle sorte que chaque pays puisse en donner sa propre interprétation”. Jean-Christophe Fromantin, président d’ExpoFrance 2025 qui a porté le projet au départ, s’est félicité de ce “moment extraordinaire que l’on attendait depuis plusieurs années”. Le projet conserve les caractéristiques de ses premières esquisses avec l’idée d’une immense sphère “connectée” au monde, autour de laquelle se déploiera un “grand village” composé des pavillons modulables des pays. Il va s’agir maintenant de sélectionner parmi les 7 sites candidats dans l’aire du Grand Paris – les candidatures étant toujours ouvertes – avant l’été prochain. Un dossier technique complet sera alors déposé pour une décision finale attendue en novembre 2018. Concurrence d’Osaka ? Le dépôt officiel d’une candidature déclenche un compte à rebours de six mois pour les entrées en lice officielles. Selon Pascal Lamy, à ce jour, Osaka (Japon) pourrait être candidate, ainsi que la Russie avec soit Ekaterinenbourg, soit Nijni-Novgorod. Pour les organisateurs, la candidature à cette Exposition universelle n’est pas incompatible avec celle aux jeux Olympiques de 2024 portée par Paris, une crainte soulevée par certains. La “marque « Paris » est très forte et a une grosse valeur dans les deux cas”, a estimé Pascal Lamy. La candidature française est portée par un groupement d’intérêt public (GIP) réunissant au côté de l’État l’association ExpoFrance 2025 – réunion d’entreprises finançant jusqu’à présent la candidature –, la ville de Paris, la région Île-de-France et la métropole du Grand Paris. Des études ont évalué les retombées économiques d’une telle exposition à 23 milliards d’euros, avec la création de 160 000 emplois directs et indirects et une fréquentation de quelque 45 millions de visiteurs. Avec AFP


NOMINATIONS

Célia Vérot prend la présidence d’une commission

Conseillère d’État depuis 2016, Célia Vérot a été nommée présidente de la commission prévue à l’article L. 214-4 du code de la propriété intellectuelle. Elle succède à Gilles Andréani, conseiller maître à la Cour des comptes, qui a présidé cette commission entre 2005 et 2012. L’article L. 214-1 du code de la propriété intellectuelle a prévu un régime de licence légale applicable à la radiodiffusion et à la diffusion publique des phonogrammes du commerce (musiques diffusées par les radios, les chaînes de télévision, en discothèques ou dans les commerces). Ces utilisations devant donner lieu à un versement, par les utilisateurs, d’une rémunération des artistes interprètes et des producteurs, la commission prévue à l’article L. 214-4 du même code fixe, elle, les barèmes de rémunération. Cette commission se reconstitue aujourd’hui car ces rémunérations sont élargies aux musiques diffusées sur les sites de streaming.  Âgée de 43 ans, Célia Vérot, est une ancienne élève de la promotion Cyrano de Bergerac de l’ENA (1999). En 2014-2015, elle avait été la directrice de cabinet du secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État et de la Simplification Thierry Mandon et, parallèlement, conseillère en charge de la réforme de l’État et de la simplification au cabinet du Premier ministre Manuel Valls. Auparavant, elle avait rejoint le Conseil d’État dès sa sortie de l’ENA, en 1999, comme auditrice à la section du contentieux. Secrétaire générale adjointe chargée de la gestion du Conseil d’État et secrétaire générale de la commission pour la transparence financière de la vie politique de 2002 à 2004, Célia Vérot est ensuite affectée à la section du contentieux du Conseil d’État (2004-2005). Commissaire du gouvernement à la section du contentieux du Conseil d’État entre 2005 et 2008, elle est détachée successivement chez Veolia Water Asia-Pacific et Veolia Water Japan aux fonctions de chargée de mission auprès du directeur général “Asie-Pacifique”, directrice des projets industriels Asie-Pacifique, vice-présidente de Veolia Water Japan et présidente de Veolia Water Industry Japan, de 2008 à 2011. Directrice, adjointe au secrétaire général du gouvernement, chargée de la simplification, en 2013-2014, elle était retournée au Conseil d’État après avoir quitté les cabinets de Thierry Mandon et Manuel Valls. Maître des requêtes au Conseil d’État en 2015-2016, Célia Vérot a été promue conseillère d’État en 2016.

27/02/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Hélène Begon, administratrice civile hors classe, est nommée sous-directrice des affaires générales au sein du Commissariat général au développement durable, à l’administration centrale du ministère de l’Environnement – Laurent Champaney, professeur des universités, devient directeur général de l’École nationale supérieure d’arts et métiers – Marc Tisseire, ingénieur général des Ponts, des eaux et des forêts, est désigné directeur de l’établissement public du parc national des Pyrénées – Nathanaël Bruschi, conseiller technique chargé des relations avec le Parlement au cabinet du Premier ministre, Bernard Cazeneuve, est nommé conseiller “jeunesse, sport” au sein du même cabinet, en remplacement de Loïc Duroselle – Pierre Clavreuil, administrateur civil hors classe, prend les fonctions de sous-préfet de Lorient (classe fonctionnelle II) – Maud Bailly, inspectrice des finances et ex-cheffe du pôle économique de Matignon, rejoint le groupe AccorHotels comme chief digital officer (administratrice générale des données).

27/02/2017 | NOMINATION FRANCE

La directrice adjointe de cabinet d'Audrey Azoulay intègre un corps d'inspection

Directrice adjointe du cabinet de la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, depuis mars 2016, Irène Basilis a été promue inspectrice générale des affaires culturelles (tour extérieur), à l'issu du conseil des ministres de ce 24 février 2017. Placée sous l'autorité directe du ministre chargé de la Culture, l'inspection générale des affaires culturelles (Igac) assure une mission de contrôle, d'audit, d'étude, de conseil et d'évaluation des politiques publiques culturelles. Titulaire d'un DUT en gestion des entreprises et des administrations, Irène Basilis, 53 ans, était directrice adjointe du Théâtre national de Bretagne en 2015-2016. Auparavant, elle avait débuté son parcours professionnel dans le spectacle vivant en 1982. Directrice du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndéac) de 2008 à 2012 auprès de François Le Pillouër, Irène Basilis était, de 2012 à 2014, conseillère technique chargée de la culture, de la vie associative et de l’éducation populaire auprès du président de la région Rhône-Alpes, alors Jean-Jack Queyranne. Elle a aussi été déléguée à la danse à la direction générale de la création artistique du ministère de la Culture en 2014-2015.

24/02/2017 | NOMINATION FRANCE

Amaury Bodin promu au cabinet de Thierry Braillard

Chargé de mission au cabinet du secrétaire d’État chargé des Sports, Thierry Braillard, depuis octobre 2016, Amaury Bodin a été promu conseiller “grands événements sportifs et candidatures olympiques et paralympiques” au sein du même cabinet. Il succède à Frédéric Sanaur, en poste depuis mai 2016. Formé sur les bancs de Sciences-Po Paris, Amaury Bodin avait débuté sa carrière en 2014 comme chargé de mission au sein de la mission de réflexion sur les statuts des sportifs au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. En 2015-2016, il était attaché de presse de la société Amaury Sport Organisation (ASO), organisateur d’événements sportifs français, gérant notamment le Tour de France, le Paris-Roubaix ou encore le rallye du Paris-Dakar.

23/02/2017 | NOMINATION FRANCE

Le Musée de la musique de la Philharmonie de Paris tient sa nouvelle directrice

Maître de conférence en histoire de l’art des temps modernes à l’université d’Aix-Marseille depuis 2011, Marie-Pauline Martin a été nommé directrice du Musée de la musique de la Philharmonie de Paris. Elle remplace Éric de Visscher, en poste depuis 2006. Le Musée de la musique de la Philharmonie de Paris est un établissement public national à caractère industriel et commercial (Epic) placé sous la tutelle du ministère chargé de la Culture. Âgée de 38 ans, diplômée en musicologie, titulaire d’un DEA de philosophie et docteure en histoire de l’art, Marie-Pauline Martin a d’abord été chargée de cours à l’université de Nantes de 2006 à 2008. Depuis 2011, elle est maître de conférence en histoire de l’art des temps modernes à l’université d’Aix-Marseille et chargée d’enseignement à l’université Paris-I Sorbonne et à l’École du Louvre, depuis 2013.

23/02/2017 | NOMINATION FRANCE


L’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême tient son président

Président de la Bibliothèque nationale de France de 2007 à 2016, Bruno Racine, conseiller maître à la Cour des comptes, a été nommé président de l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême après la réunion de son assemblée générale constitutive du 21 février 2017. L’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême, créée le 18 janvier dernier, est une structure décidée par le ministère de la Culture pour “assurer une meilleure coordination et une meilleure implication des partenaires dans les orientations importantes du festival de la Bande dessinée d’Angoulême, et dans l’utilisation des moyens financiers qui lui sont alloués”, expliquait alors le ministère de la rue de Valois dans un communiqué. Âgé de 65 ans, diplômé de Sciences-Po Paris, normalien, agrégé de lettres classiques et énarque de la promotion Michel de L’Hospital (1979), Bruno Racine a rejoint la Cour des comptes comme auditeur en 1979, avant d’être promu conseiller référendaire en 1983. À cette date, il est détaché au service des affaires stratégiques et du désarmement au ministère des Relations extérieures jusqu’en 1986, puis il est réintégré à la Cour des comptes. Chargé de mission au cabinet du Premier ministre Jacques Chirac en 1987-1988, Bruno Racine prend ensuite les fonctions de directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris – dont l’édile était alors Jacques Chirac – entre 1988 et 1993. De retour en cabinet ministériel en 1993, il est chargé de mission au cabinet du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, puis il rejoint l’administration centrale du Quai d’Orsay comme directeur du centre d’analyse et de prévision, jusqu’en 1995. À nouveau chargé de mission auprès d’Alain Juppé, cette fois à Matignon, de 1995 à 1997, Bruno Racine est nommé directeur de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) en 1997. En 2002, il rejoint le Centre national d’art et culture Georges-Pompidou et en assure la présidence pendant quatre ans (2002-2007). Par ailleurs, il avait été promu conseiller maître à la Cour des comptes en 1998.  

22/02/2017 | NOMINATION FRANCE

Une ex-conseillère de Najat Vallaud-Belkacem part à la mairie de Paris

Conseillère en charge des ressources humaines et de l’enseignement privé au cabinet de la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, depuis 2015 et jusqu’en janvier dernier, Maud Phélizot, administratrice civile, a été détachée dans le corps des administrateurs de la ville de Paris et affectée à la direction des affaires scolaires, en qualité de chargée de mission “réorganisation de la fonction restauration scolaire” auprès de la directrice des affaires scolaires, Virginie Darpheuille. Ancienne élève de l’IEP de Lille et de l’institut régional d’administration (IRA) de Bastia, Maud Phélizot, 43 ans, a débuté sa carrière comme analyste budgétaire au sein du bureau “Emploi et insertion” à la direction du budget du ministère des Finances (1998-2001). Responsable de la synthèse budgétaire au bureau “Culture et communication” au sein de la même direction, entre 2001 et 2005, puis analyste financière à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), jusqu’en 2007, Maud Phélizot est ensuite nommée inspectrice adjointe des finances, à l’inspection générale des Finances (IGF), un poste qu’elle a occupé pendant deux ans. En 2009-2010, Maud Phélizot est de retour à la direction du budget du ministère des Finances, comme experte-conseil au sein de l’équipe “Projet de loi Jeux en ligne” du bureau des recettes et des jeux. Au sein de la même direction, elle avait ensuite été cheffe du bureau “Éducation nationale” (2010-2011), puis chargée de projet, en 2011-2012. À cette date, Maud Phélizot rejoint l’administration centrale du ministère de l’Éducation nationale et devient cheffe du bureau des personnels enseignants du privé pendant trois ans (2012-2015).

21/02/2017 | NOMINATION FRANCE

L’École nationale d’architecture Paris-Malaquais change de directeur

Directeur de projet “EPC/ZSP” (établissements publics culturels/zones de sécurité prioritaires), chargé d’une mission sur la politique de la ville au ministère de la Culture depuis 2016, Luc Liogier, architecte et urbaniste en chef de l’État, a été nommé directeur de l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais. Il succède à Nasrine Seraji, démissionnaire, qui dirigeait l’établissement depuis près de dix ans. Directeur régional des affaires culturelles (Drac) de Haute-Normandie entre 2011 et 2015, Luc Liogier a notamment dirigé, avant cela, la maîtrise d’ouvrage de l’établissement public du Grand Palais (2007-2011). Âgé de 46 ans, ancien élève de l’École nationale des ponts et chaussées, du Centre des hautes études de Chaillot et de l’École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg, Luc Liogier a débuté comme architecte à l’agence d’urbanisme de la ville de Gerone, en Espagne (1995), avant de devenir architecte à l’agence d’architecture Tricard, à Papeete (Tahiti), en 1996-1997, puis architecte au bureau des paysages Alexandre Chemetoff l’année suivante. Chef d’agence, architecte en chef des monuments historiques, de l’agence de Ponthaud de 1998 à 2000, Luc Liogier prend ensuite les fonctions d’architecte des Bâtiments de France en charge des 2e, 4e et 16e arrondissements de Paris, entre 2001 et 2006. À cette date, il a rejoint le cabinet du ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres en tant que conseiller technique pour l’architecture et le patrimoine (2006-2007).

21/02/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Anaïs Breaud, sous-directrice du renouvellement urbain, du développement économique et de l’emploi à la direction de la ville et de la cohésion urbaine au Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), est nommée membre du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, en remplacement de Sébastien Jallet – Jean-René Le Goff, inspecteur de l’armement pour les constructions navales, devient membre du conseil d’administration de l’École nationale supérieure de techniques avancées (Ensta) – Noémie Nathan, première substitute à l’administration centrale du ministère de la Justice, est placée en position de détachement auprès du ministère de la Défense, afin d’exercer les fonctions de cheffe du bureau de l’expertise et du droit pénal auprès du chef de la division des affaires pénales militaires à la direction des affaires juridiques.  

21/02/2017 | NOMINATION FRANCE

Nomination d’un directeur adjoint à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice

Directeur de cabinet du directeur général des étrangers en France (Luc Derepas, puis Pierre-Antoine Molina) depuis 2013, Philippe Leblanc, administrateur civil hors classe, a été nommé directeur adjoint à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ). Il remplace Catherine Schmitt, en poste depuis 2015. L’INHESJ, né par décret en 2009, est le successeur de l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES) et de l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI) créé en 1989. L’INHESJ est un établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du Premier ministre. Le siège de l’établissement est situé à l’École militaire, à Paris. Pour rappel, Hélène Cazaux-Charles est la directrice de l’institut depuis le 20 octobre 2016. Chef du bureau des polices administratives à la direction des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur entre 2010 et 2013, Philippe Leblanc était sous-préfet de Péronne, dans la Somme, de 2008 à 2010. Âgé de 46 ans, cet ancien élève de Sciences-Po Paris, titulaire d’un DEA de finances publiques et fiscalité et énarque de la promotion Simone Veil (2006), a d’abord été chargé de mission au Conseil de Paris entre 1995 et 2000, avant de devenir chargé de mission pour les questions administratives et financières au service du protocole, puis responsable du bureau juridique, financier, personnel de la délégation générale à l’événementiel et au protocole, toujours à la ville de Paris, jusqu’en 2003. À sa sortie de l’ENA, en 2006, Philippe Leblanc est nommé administrateur civil au ministère de l’Intérieur et rejoint la préfectorale comme directeur du cabinet du préfet d’Eure-et-Loir, Marc Cabane. Il a occupé ces fonctions pendant deux ans (2006-2008).

20/02/2017 | NOMINATION FRANCE



L’ancien patron de la CGT nommé à la présidence de l’Agence de lutte contre l’illettrisme

Ancien secrétaire général de la CGT de 2013 à 2015, Thierry Lepaon a été nommé président de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) en remplacement de Marie-Thérèse Geoffroy, en poste depuis 2011. Il a parallèlement été désigné, en Conseil des ministres, délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale auprès du Premier ministre, Bernard Cazeneuve. En juillet 2016, Thierry Lepaon avait été missionné par Manuel Valls, alors Premier ministre, pour plancher sur la création de l’Agence nationale de la langue française pour la cohésion sociale. Après la remise de son rapport en novembre 2016, Manuel Valls avait décidé de créer une délégation interministérielle, placée sous l’autorité de Matignon, chargée de la mise en œuvre opérationnelle de l’Agence nationale de la langue française pour la cohésion sociale en 2017. Le poste de délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale a été créé par un décret du 14 février 2017, publié au Journal officiel. Âgé de 57 ans, Thierry Lepaon devient chaudronnier chez Caterpillar en 1977 et adhère à la CGT cette même année. Soudeur à la Spie Batignolles de 1979 à 1981, il entre en 1983 chez Moulinex, où il a été délégué syndical central de la CGT. Parallèlement, il est élu à la commission exécutive de la fédération CGT des travailleurs de la métallurgie en 1986, avant d’être élu secrétaire de l’union locale CGT de Caen, en 1990. En 2001, Thierry Lepaon devient secrétaire général de l’union départementale du Calvados puis, cinq ans plus tard, il est élu secrétaire régional de la CGT pour la Basse-Normandie. En 2009, il se voit désigner par la CGT pour faire partie du Conseil d’orientation pour l’emploi, institué auprès du Premier ministre, où il siège jusqu’en 2011. Thierry Lepaon fut également membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) au titre de représentant des salariés, entre 2010 et 2013. À cette date, il est élu secrétaire général de la CGT, en remplacement de Bernard Thibault. Il occupe ces dernières fonctions jusqu’en 2015 et sa démission après une série de polémiques sur les montants des travaux qu’il aurait fait réaliser dans son appartement de fonction et des indemnités perçues par la CGT Basse-Normandie, également contestées.

15/02/2017 | NOMINATION FRANCE

L’association des anciens élèves de Polytechnique a nommé son nouveau délégué général

Directeur général de l’École polytechnique entre 2012 et décembre 2016, Yves Demay, ingénieur général de l’armement, a été nommé délégué général de l’AX, l’association des anciens élèves et diplômés de Polytechnique, en remplacement de Bruno Van Parys. Yves Demay, 60 ans, est diplômé de l’École polytechnique et docteur en physique. Après un DEA et une thèse sur la physique des solides menée en milieu industriel (laboratoire Philips France), il commence sa carrière comme chercheur au CEA-Leti (1984-1988), puis il intègre la délégation générale de l’armement (DGA) du ministère de la Défense en 1989 et y occupe différents postes techniques dans le domaine de la détection infrarouge, puis des fonctions de management de la recherche et de conduite de programmes. Yves Demay est nommé directeur du centre technique de la DGA en 2003 et, l’année suivante, il devient directeur des systèmes d’information de la DGA. Entre 2008 et 2012, Yves Demay a exercé en tant que directeur de l’Ensta ParisTech.  

14/02/2017 | NOMINATION FRANCE