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L’Institut Montaigne veut connecter les universités au numérique

Le think tank libéral voit le numérique à la fois comme outil de meilleure gestion des universités et comme savoir fondamental à délivrer aux étudiants, à intégrer de manière systématique. Une vision optimiste, qui tient peu compte de la réalité financière des universités françaises.

04/07/2017 | ACTUALITÉ

Faute de formation adaptée, près de 800 000 postes ne seront pas pourvus dans le secteur des TIC dans l’Union européenne en 2020. Partant de ce constat, l’Institut Montaigne en appelle à un électrochoc, dans un rapport publié le 28 juin, convaincu que les universités “peuvent tirer parti des potentialités du numérique pour accroître la qualité de leurs modèles pédagogiques, favoriser l’insertion professionnelle des étudiants et renforcer l’attractivité de nos établissements, en France et à l’étranger”. Les universités “ne se focalisent plus tant sur la maîtrise de compétences propres à un emploi que sur la capacité à anticiper les mutations de la société, à développer un esprit critique et créatif”, écrivent les auteurs. En conséquence, “les étudiants ne doivent plus tant apprendre « qu’apprendre à apprendre » et être prêts à compléter leur formation tout au long de leur cursus professionnel et de leur vie”. Parachever l’autonomisation des universités Et dans ce changement de paradigme, le numérique est la clé. L’Institut Montaigne le perçoit en effet à la fois “comme outil de rationalisation et de meilleure gestion de nos établissements, mais également comme savoir fondamental à délivrer aux étudiants, [qui] doit être intégré de manière systématique aux réformes de notre système d’enseignement supérieur”. Des réformes structurelles des systèmes de formation, initiale et continue, sont donc nécessaires. Et celles-ci “ne pourront s’entreprendre sans que ne soit parachevée l’autonomisation de nos universités, indispensable à la mutation et à la modernisation des établissements”, affirme le libéral Institut Montaigne. Elles devront, en outre, intégrer une approche européenne, dans le cadre d’une relance du processus de Bologne. Lancé en 1998, celui-ci vise à rapprocher les systèmes d’études supérieures européens d’enseignement. Simplification administrative Parmi les 10 propositions du rapport : une maîtrise accrue des données propres à chaque université, le développement des bons outils de pilotage, mais aussi le basculement dans l’innovation ouverte, notamment par la poursuite de la modernisation et de la numérisation des bibliothèques – un vaste et onéreux chantier. Cette évolution, souligne le think tank, “requiert un investissement non négligeable dans les systèmes d’information et leur interconnexion”. D’ailleurs, l’Institut Montaigne recommande une révision des prochaines vagues de contractualisation des universités et des communautés d’universités et d’établissements (Comue) “pour aboutir à une simplification administrative de la tutelle des établissements d’enseignement supérieur et de recherche”. Universités en faillite Pas sûr, cependant, que l’heure soit vraiment aux grandes réformes, alors que 15 des 70 universités françaises connaissent, selon la Cour des comptes, “une situation financière très dégradée”. Depuis leur passage à l’autonomie, décidé en 2007 avec la loi Pécresse (LRU), une majorité d’établissements souffrent d’un manque de moyens chronique. Ainsi, l’université de Bourgogne, qui a décidé de supprimer des heures de cours. Ou celle de Grenoble-Alpes, qui va geler des postes. Au total, 40 000 étudiants supplémentaires sont attendus à la rentrée prochaine dans l’enseignement supérieur… Une situation quasi insoutenable pour de nombreux établissements publics.


Les vacances scolaires, prochain micmac pour les collectivités ?

Alors qu’un projet de décret ouvre la voie au retour de la semaine de 4 jours à l’école, les sénateurs de la commission de l’éducation recommandent au contraire au ministre de maintenir la réforme Peillon en l’insérant dans un cadre des plus sensibles : la réduction de la durée des vacances scolaires.

08/06/2017 | ACTUALITÉ

Jean-Michel Blanquer a coupé l’herbe sous le pied des sénateurs. À peine nommé, le ministre de l’Éducation nationale a dégainé un décret sur les rythmes scolaires ouvrant la possibilité d’un retour à la semaine de 4 jours à l’école primaire, texte soumis ce 8 juin aux membres du Conseil supérieur des programmes. Poli, le nouveau locataire de la Rue de Grenelle a tout de même accordé audience, le 7 juin, à la délégation de la commission de l’éducation du Sénat, qui avait planché six mois durant sur le sujet, non sans mérite, le ministère ne s’étant pas – officiellement – lancé dans l’évaluation de la réforme initiée en 2013 par l’ex-ministre Vincent Peillon. En urgence, Jean-Claude Carle, sénateur LR de la Haute-Savoie, a donc fait passer le message au nouveau ministre : la semaine de 4,5 jours est un bon principe, certes largement perfectible, mais qui a permis à tous les membres de la communauté éducative –enseignants, parents d’élèves, mais aussi collectivités locales et acteurs économiques – de se mettre autour de la table. “C’est un point qu’il faut absolument conserver”, affirme le sénateur devant la presse, le 8 juin, redoutant que le nouveau ministre ne vienne “bouleverser” la donne. Remiser la “culture de la circulaire” Les sénateurs recommandent à Jean-Michel Blanquer de conserver le principe de la réforme tout en l’inscrivant dans un cadre plus large : celui du calendrier scolaire annuel. “La réforme Peillon était impensée, incomplète. En ne touchant que la journée et pas l’ensemble de l’année, notamment le positionnement des vacances, l’ancien ministre est passé à côté du sujet”, juge Jean-Claude Carle. La délégation sénatoriale – composée de 4 élus de tous bords – invite à décloisonner la problématique en expérimentant, dans une académie ou une région académique, de nouveaux modes d’organisation. “L’éducation nationale doit passer de la culture de la circulaire à la culture du contrat, notamment autour du projet éducatif de territoire (PEDT) qui, quand il est bien fait, est un outil et un lieu de partenariat des plus porteurs”, argumente Jean-Claude Carle. Une méthode pragmatique qui pourrait très vite trouver ses limites, une fois ouverte la question de la durée des vacances. Car les lobbies du tourisme font invariablement valoir leurs intérêts en entretenant le totem des deux mois de congés estivaux et en veillant au maintien de 3 zones (A, B, C) pour étaler le plus largement possible les périodes de vacances durant l’année. Varier les rythmes en fonction des territoires Pour sa part, le sénateur de la Haute-Savoie n’y voit pas de péril : “On ne peut pas déconnecter les rythmes scolaires des rythmes météorologiques, mais aussi économiques. L’économie touristique est la première source de recettes pour les collectivités locales en Savoie, c’est un facteur qu’on ne peut ignorer.” Jean-Claude Carle cite ainsi le cas de plusieurs communes proches du Mont Blanc qui expérimentent un rythme annuel différent, certains élèves pouvant s’exonérer de l’école 8 à 10 mercredis du deuxième trimestre. “Ce sont des jeunes qui pratiquent le ski et seront peut-être nos futurs champions ou qui vivront du tourisme”, détaille-t-il. En contrepartie, ces 8 ou 10 matinées sont récupérées en avançant la rentrée scolaire de 4 ou 5 jours. Absence d’évaluation Quant aux incidences de la semaine de 4,5 jours sur les apprentissages des élèves, elles restent encore à établir. “Il n’y a toujours aucune évaluation de la part du ministère !”, s’étonne Jean-Claude Carle. Seul le ressenti des enseignants et parents d’élèves permet d’estimer un effet positif pour les plus grands (CE1et CE2) alors qu’il serait négatif pour les plus petits (maternelle), qui subiraient une plus grande fatigue, rapporte la délégation du Sénat. Seul éclairage, bien mince, fourni par la Rue de Grenelle : le taux d’accidents dans les écoles, relevé chaque fin de semaine, est resté stable depuis 2013…   Une réforme éprouvante pour les collectivités La mise en place de la semaine de 4,5 jours fut extrêmement chaotique, avec trois ordres de difficultés pour les collectivités, rapporte Jean-Claude Carle. D’abord les ressources humaines, les villes ayant dans un premier temps fait appel à leurs personnels, puis à des intervenants extérieurs, avec des contrats précaires et des gens parfois non formés. “Les directeurs académiques des services de l’éducation nationale (Dasen) ont eu, eux aussi, des difficultés à mettre en place des rythmes adaptés, notamment dans les départements à forte croissance démographique, où les personnels se trouvaient déjà fort contraints”, ajoute Jean-Claude Carle. Par exemple, en Haute-Savoie, un tiers des enseignants est à temps partiel, ce qui limite les aménagements possibles. Enfin, des tâtonnements ont eu lieu pour fixer la plage horaire des activités périscolaires, que certaines villes ont fini par masser le vendredi après-midi, allant ainsi à l’encontre de l’esprit de la réforme. Bilan des courses : les collectivités ont déboursé plus d’1 milliard d’euros pour financer la réforme, les aides de l’État versées via le fonds de soutien au développement des activités périscolaires couplées aux aides des caisses d’allocations familiales ne représentant qu’une part comprise entre un tiers et la moitié du total. En 2017, l’État doit verser 373 millions d’euros et la CAF, 100 millions d’euros. Les sénateurs plaident pour que l’État continue d’aider les collectivités locales à améliorer l’offre éducative, ce qui passe par un maintien du fonds de soutien dans le cas où les communes demeureraient à la semaine de 4,5 jours.


Les rythmes scolaires pourraient bien semer encore la pagaille

Alors qu’un projet de décret relatif aux rythmes scolaires offre la possibilité aux communes de repasser à la semaine de 4 jours, les associations de maires s’offusquent d’un manque de concertation et redoutent une disparition du fonds d’aide de l’État dédié aux activités périscolaires.

02/06/2017 | ACTUALITÉ

Un rien fanfaron, Christian Estrosi a téléphoné à l’AFP le 1er juin pour annoncer à la France entière qu’à Nice, l’école le mercredi matin, c’était fini. Dès septembre, les écoles de la ville repasseront donc à la semaine de 4 jours, en vertu d’un décret dérogatoire que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, présentera au Conseil supérieur de l’éducation – instance consultative – le 8 juin. “Nice est la première ville à avoir obtenu cet accord”, s’est félicité le maire LR, qui revendique une attitude “constructive” envers le gouvernement Macron. “Le ministre consulte et dialogue actuellement avec les maires. Il a parlé à M. Estrosi comme il l’a fait et le fera avec d’autres maires et l’Association des maires de France (AMF)”, s’est empressé de confirmer le ministère de l’Éducation nationale à l’AFP. Remise en cause pure et simple Sauf que les associations d’élus ont été prises de court. Au point que l’AMF a “saisi le ministre pour demander en urgence des précisions sur les modalités de mise en œuvre des orientations projetées à la rentrée 2017”. Car ce décret n’est autre qu’une remise en cause pure et simple de la réforme initiée par l’ancien ministre Vincent Peillon à la rentrée 2013. Dans un communiqué, les élus de l’association France urbaine s’en étonnent : “Cette organisation est pourtant aujourd’hui stabilisée, après un travail de longue haleine avec l’ensemble des parties prenantes, des dépenses importantes que l’État n’a compensées que partiellement ayant été engagées.” “Il ne faudrait pas que l’État renoue avec cette vieille méthode d’imposer unilatéralement et dans la précipitation de nouvelles dispositions qui impactent au premier chef les collectivités locales, met en garde Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine et maire de Toulouse. J’ai confiance dans la volonté du nouveau gouvernement de mettre en œuvre avec les élus locaux une méthode de réelle concertation.” Mais derrière la grogne affichée, nombre d’édiles se réjouissent largement de ce revirement, saluant “la souplesse” du nouveau ministre, Jean-Michel Blanquer. Ainsi en va-t-il de l’Association des petites villes de France (APVF) et de l’AMF, qui rappelle combien “la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires a provoqué de réelles difficultés pour les communes et intercommunalités, rendant indispensables un certain nombre de mesures d’assouplissement”. Mesures que Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, les prédécesseurs de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle, avaient initiées eux-mêmes par un décret de mai 2014 puis, encore tout récemment, en avril 2017, par un décret prorogeant les dérogations. Fonds de soutien garanti ? Quant au fonds de soutien des activités périscolaires, l’AMF souligne que son montant est “encore très largement insuffisant au regard du reste à charge pour les collectivités”. Au total, depuis la première campagne d’aides du fonds, le montant versé par l’État aux communes s’élevait à 834 millions d’euros pour accompagner la mise en œuvre des nouveaux rythmes, selon un “bilan d’étape” communiqué par le ministère il y a plus d’un an [lire notre article]. À cette date, 85 % des communes suivaient le décret Peillon (janvier 2013) et 15 % le décret Hamon (mai 2014), qui rendait optionnelle la signature d’un projet éducatif de territoire (PEDT). Au nom de l’APVF, Olivier Dussopt, député PS de l’Ardèche et maire d’Annonay, dans l’Isère – lequel s’était fortement mobilisé lors de la préparation du projet de loi de finances 2015 en obtenant la pérennisation du fonds d’amorçage –, s’interroge désormais sur “les possibles bouleversements financiers induits par une éventuelle généralisation du retour à la semaine de 4 jours”. Plus de moyens pour… la police municipale niçoise Dans un contexte de contrainte budgétaire qui demeure “très tendu pour l’ensemble des collectivités, et tout spécifiquement pour les petites villes, qu’adviendra-t-il du soutien financier de l’État pour les communes qui souhaitent maintenir l’organisation du temps scolaire à quatre jours et demi ?” s’inquiète-t-il. À Nice, le coût de la réforme Peillon laissé aux familles (3 millions d’euros, à payer en plus de la cantine) a fait le lit de l’impopularité de la réforme. “Coûteuse et inutile” aux dires de Christian Estrosi, la semaine à 5 jours aurait engendré au total “plus de 6 millions d’euros” de frais par an, dont “à peine 1,5 million pris en charge par l’État”. La mairie assure qu’elle réinjectera environ la même somme (7 millions d’euros) pour réformer sa police municipale et déployer de nouveaux policiers municipaux en patrouille… devant les écoles primaires, voire à l’intérieur, si Christian Estrosi parvient à ses fins. 


Des réseaux féminins pour faire sauter les verrous

Pour abattre les obstacles qui tiennent à distance les femmes des postes stratégiques, des associations ministérielles se créent et livrent une bataille qu’elles savent de longue haleine.

31/05/2017 | ACTUALITÉ

Elles veulent que les hommes arrêtent de penser à leur place. Ces femmes ont acquis la conviction, expérience aidant, que leur seule arme pour y parvenir est de maintenir constamment la pression. Alors, elles n’hésitent pas à en demander toujours plus, profitant de leur réussite professionnelle personnelle pour porter haut et fort la cause de toutes les autres femmes de leur ministère. Telle Marie-France Monéger-Guyomarc’h, présidente de l’association Femmes de l’Intérieur et cheffe de l’inspection générale de la Police nationale (IGPN) qui, le 27 février dernier, a remis les pendules à l’heure, place Beauvau, face au ministre Bruno Le Roux. Alors que les femmes ne représentent que 25 % des effectifs du ministère, elle a directement pointé les premiers responsables : « À l’école professionnelle de gendarmerie, de police, des pompiers, la question de la parité et de l’égalité s’envisage uniquement sous l’angle de la contrainte légale et jamais sous l’angle de l’opportunité, de la chance offerte et de la richesse apportée. » Et ce n’est guère mieux ensuite, l’Intérieur n’offrant « toujours pas de programme de formation pour les cadres dirigeants sur le sujet ». Et Marie-France Monéger-Guyomarc’h d’en conclure que place Beauvau, « subsiste une gestion des ressources humaines qui ne prend pas en compte totalement le sujet, qui n’a toujours pas constitué de vrais viviers de femmes, dès leur sortie d’école, avec des actions de soutien et d’accompagnement pour bâtir des parcours professionnels aboutissant aux plus hauts niveaux de responsabilité ». Poil à gratter et laboratoire d’idées Le franc-parler, c’est la marque de fabrique des pionniers de ces réseaux féminins ministériels nés au tournant de 2010 et aujourd’hui au nombre d’une demi-douzaine. « Les méthodes et moyens diffèrent de ceux d’autres réseaux », analysait la conseillère pour l’égalité des droits à la Place Beauvau, Marie-Hélène Dumeste, préfiguratrice en 2013 de l’association Femmes de l’Intérieur. « Là où les réseaux traditionnels masculins prennent la forme de clubs avec échange d’informations, réseautage avec les recruteurs, lobbying, le réseau féminin professionnel va souvent plus loin, estimait-elle avant d’illustrer : parrainage-marrainage, tutorat, coaching, ateliers de prise de parole, le but est de renforcer l’assurance, d’inciter à postuler, d’apprendre à se rendre plus visible. » Au ministère de la Défense, la médecin-colonelle Chantal Roche, ‎cheffe du bureau « Communication et information » du service de santé des armées et présidente de l’association Avec les femmes de la Défense, créée en juin 2016, a du pain sur la planche. L’armée française a beau être l’une des plus féminisées au monde, avec 54 000 femmes civiles et militaires, la parité est loin d’y être effective : « Sur les 111 postes d’encadrement supérieur, 26 sont occupés par des femmes. Au niveau purement militaire, les choses se corsent avec seulement 4 femmes parmi les 46 postes de haut encadrement », précise-t-elle. Poil à gratter, ces femmes engagées veulent aussi être laboratoires d’idées. Montrer le chemin et mesurer les efforts qu’il reste à fournir. Car elles sont bien placées pour pointer des verrous que l’administration ne veut pas toujours voir. Dualité du statut de la fonction publique Communément considéré par les femmes elles-mêmes comme « protecteur », le statut de la fonction publique s’avère pourtant être un puissant obstacle à la promotion des carrières féminines, notamment du fait de l’exigence de mobilité géographique. « Entre 30 et 45 ans, s’activent les leviers accélérateurs de votre carrière, illustre Hélène Crocquevieille, présidente de Femmes de Bercy et cheffe du Contrôle général économique et financier (Cgefi). Comme par hasard, ce sont les années où l’on peut prendre du temps pour la vie familiale et élever de jeunes enfants. » De fait, le parcours de ces femmes devenues mères de famille et ayant renoncé à une mobilité est alors considéré comme moins dynamique, présentant moins de potentiel. « Et à 45 ans, on n’ira pas forcément vous chercher », tranche Hélène Crocquevieille, qui trouve dommage qu’on ne réfléchisse pas davantage à instaurer plus de souplesse dans ces paliers de carrière. La fonction publique devrait permettre « des temps un peu moins intensifs dans la vie professionnelle avant d’en avoir de plus intensifs par la suite », estime la présidente de Femmes de Bercy. Un avis que partage Françoise Liébert, haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes au ministère de l’Agriculture. « À titre personnel, je pense que l’obligation de mobilité devrait être allégée pour certains types d’emploi dans toute la fonction publique. Au ministère de l’Agriculture, la mobilité fonctionnelle vaut autant que la mobilité géographique », illustre-t-elle. Aussi faudrait-il revoir, poste par poste, l’obligation de mobilité. « Ce serait bénéfique pour l’État également. On n’est pas obligé faire partir les gens pour un changement d’échelon, c’est une réflexion à reprendre au fond », selon Françoise Liébert. Contrer l’autocensure dès 30 ans Pour Nathalie Pilhes, présidente de l’association Administration moderne et cheffe de file de l’appel aux candidat(e)s à l’élection présidentielle pour un pilotage paritaire de l’État  signé par 4 réseaux féminins, l’une des clés réside dans la constitution d’un vivier à caractère interministériel de femmes dès l’âge de 30 ans. Fondement d’une véritable gestion des ressources humaines, ce vivier permettrait notamment de « contrer les phénomènes d’autocensure et les contraintes qui interviennent très rapidement dans la carrière des femmes ». Si l’idée peut paraître séduisante, Kareen Rispal, haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes au ministère des Affaires étrangères et du Développement international (Maedi), met néanmoins en garde contre la levée de boucliers qu’elle pourrait entraîner : « Si, en plus de donner une part du gâteau à des femmes, les hommes la donnent à des femmes qui ont passé un autre concours que le leur, ça sera encore plus difficile. » Une position qui ne l’empêche pas de promouvoir pour autant l’ouverture du vivier… au secteur de l’entreprise. « Injecter dans le vivier, par exemple, une créatrice de start-up, oui, mais pas une énarque pour une autre énarque, cela n’apporterait pas grand-chose », affirme Kareen Rispal, qui a elle-même passé quatre ans dans le privé au poste de directrice du développement durable et des affaires publiques chez Lafarge. Une couleuvre peut-être encore plus longue à avaler pour nos hauts fonctionnaires.


Mathieu Jeandron : “Les données des élèves ne peuvent pas être réutilisées”

Rien ne s’oppose à ce que les enseignants recourent à des services numériques produits par Google ou Microsoft. C’est le message adressé par le directeur du numérique éducatif (DNE) du ministère de l’Éducation nationale, Mathieu Jeandron, dans un courrier aux services académiques qui a mis en émoi une partie de la communauté éducative et des cadres du ministère. 

18/05/2017 | ACTUALITÉ

Dans quel cadre avez-vous envoyé ce courrier ? Ce courrier électronique est le résultat d’un travail opérationnel mené depuis plusieurs mois. J’ai simplement formulé par mail ce que j’avais indiqué aux délégués au numérique (DAN) en académie et aux directeurs des systèmes d’information (DSI) lors de notre réunion des 4 et 5 mai. Nous travaillons depuis de longs mois sur la question des usages du numérique dans le domaine de la pédagogie. Des milliers d’enseignants utilisent des services numériques de type Google ou Microsoft pour faire du partage de vidéos, des interactions entre professeurs et élèves ou entre élèves… Cela se fait à titre expérimental et à petite échelle. Ces usages sont souvent très pertinents et il nous faut désormais travailler avec les promoteurs des services numériques pour fixer un cadre juridique propre à l’éducation nationale. C’est l’objet de la charte de confiance que nous sommes sur le point de publier, qui précise les attendus et les obligations des entreprises du numérique, comme, par exemple, l’absence de publicité. Cette charte de confiance n’est donc toujours pas signée, plus d’un an après son annonce, en mars 2016 ? Nous avons saisi la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés, ndlr] fin mars et avons reçu sa réponse il y a quelques semaines. Dans son avis, la Cnil nous recommande quelques modifications de la charte. Nous avons discuté avec les signataires que sont l’Afinef [Association française des industriels du numérique, ndlr], le Syntec numérique et le Syndicat national de l’édition, qui ont donné leur accord. Je ne peux, à ce stade, donner davantage de détails car le processus de négociation n’est pas encore totalement arrivé à son terme. Les Gafam [Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, ndlr] ont accepté de modifier leurs conditions contractuelles pour s’adapter à nos prérequis et à la législation française comme européenne. Ainsi, les conditions générales d’utilisation de Google for Education ou de Microsoft for Education sont écrites en français et l’on peut, en cas de litige, aller devant un tribunal français. De même, l’absence de publicité est clairement mentionnée. Les données des élèves ne peuvent pas être réutilisées. Même sans charte, nous disposons donc déjà de solides principes sur lesquels les Gafam se sont engagés. Pourtant, au sein même du ministère, certains cadres estiment que la démarche favorise clairement les géants du numérique américains… Deux philosophies s’affrontent : la première est celle d’un ministère qui cherche à tout maîtriser a priori et à construire un environnement “maison” qui n’est que dans l’illusion du contrôle en mettant des interdictions et des outils de filtrage informatique. Car derrière, il est impossible de suivre toutes les innovations (des centaines de millions d’euros sont investis chaque année par les entreprises du numérique, françaises et étrangères), ni de répondre à toute la variété des besoins des enseignants. La conséquence ? Les enseignants en arrivent à des usages détournés du numérique, en recourant à des produits non référencés, non connus et avec des conditions générales d’utilisation qui s’appliquent aux particuliers et sont, à ce titre, bien moins protectrices que celles que l’Éducation nationale requiert. Cette première philosophie conduit donc à un paradoxe : alors que la centrale croit tout maîtriser, des données se retrouvent couvertes par des contrats très peu protecteurs. La direction du numérique éducatif (DNE) prône une autre voie : celle de l’ouverture raisonnée du système éducatif aux services numériques. Nous sommes à l’écoute des élèves et des enseignants sur le terrain et nous tentons de trouver le cadre juridique le plus protecteur possible pour les usages pédagogiques pertinents. Il ne s’agit en aucun cas de donner les clés du camion aux Gafam ! Il s’agit de proposer un cadre sécurisé qui permet aux enseignants de faire le choix de l’outil qui leur convient, dans toute la diversité de ce qui existe dans le monde numérique. « Ce n’est pas à l’administration centrale de faire tous les choix opérationnels. » Les contrats étant passés par les établissements ou les collectivités locales, la marge de manœuvre de la DNE reste très limitée… Heureusement, il existe une autonomie des académies et des établissements, et ce n’est pas à l’administration centrale de faire tous les choix opérationnels ! Mais la DNE est en capacité de repérer les usages les plus innovants, de mettre en œuvre des dispositifs expérimentaux, d’apporter son soutien, d’être en impulsion de conditions générales d’utilisation cadre. La présidente de la Cnil, Isabelle Falque-Pierrotin, a récemment regretté que beaucoup d’enseignants se lancent seuls dans l’utilisation de certaines applications produites par les Gafam, dans un vide juridique total… En effet, plus d’1 million d’élèves utilisent des outils numériques externes dans le cadre scolaire, sans que l’on en connaisse exactement les conditions d’utilisation, sans être certains que les familles ont été informées correctement. Notre enjeu, commun avec celui de la Cnil, est d’améliorer ce cadre juridique pour éviter que les règles applicables soient uniquement celles en vigueur pour le grand public. Mais ces enseignants sont dans leur rôle, car se confronter à ces services numériques fait désormais partie de l’éducation. Il faut également relativiser : parmi ces données, souvent, aucune n’est nominative et il s’agira essentiellement d’un exercice de maths ou d’une traduction d’anglais mis en ligne. En tout état de cause, il ne s’agira jamais des notes ou des diplômes des élèves, gérés dans nos systèmes d’information internes. Comment garantir une souveraineté des données scolaires quand on sait que les données personnelles captées par les Gafam peuvent être stockées à l’étranger ? La charte de confiance garantira-t-elle un stockage en France ? Nous souhaitons privilégier l’hébergement des données en France mais dans le cadre européen en vigueur, elles peuvent l’être aussi dans le territoire de l’Union européenne ou à l’extérieur. L’hébergement des données aux États-Unis sous le régime du Privacy Shield prévoit des clauses de contrat-type qui sont réputées équivalentes aux clauses européennes en termes de sécurité. De plus, beaucoup d’entreprises françaises se développent dans le secteur de l’“ed-tech” au-delà des frontières de l’Union européenne, et il serait dommage d’entraver leur démarche, qui est très porteuse économiquement. « Les Gafam ne remportent pas tous les appels d’offres des collectivités. » Pourquoi le ministère de l’Éducation nationale ne fait-il pas le choix du 100 % logiciel libre ? Il existe toute une variété de ressources gratuites et payantes. Les logiciels libres et les services numériques des Gafam sont loin d’être opposés : Apple aussi développe des logiciels libres, comme Swift, le langage de codage et de programmation, dont tout le monde peut s’emparer. Ce qui peut être utile aujourd’hui, c’est le service numérique offert et plus uniquement le logiciel proposé. Car l’informatique s’est fondamentalement transformée : on est passé d’un monde de logiciels à un monde de services numériques. Que les contrats signés par les établissements avec les fournisseurs s’appuient ou pas sur des briques de logiciel libre, ce n’est pas la seule question. Le problème est que ces services fournis gratuitement par les Gafam ne sont pas soumis à la concurrence dans le cadre d’un marché public… L’acquisition de tablettes pour un collège est un choix qui est fait par la collectivité locale dans le cadre d’un marché public. Une fois désigné le sous-traitant, le choix d’un produit embarque des éléments d’environnement qui ne font pas l’objet d’une autre mise en concurrence, du fait de l’adhérence technologique entre le matériel tablette et le système d’exploitation. Mais les Gafam ne remportent pas tous les appels d’offres des collectivités. La société française Unowhy, par exemple, équipe un grand nombre de collèges en tablettes, avec l’environnement numérique qui est le sien propre, interagissant avec les environnements de Microsoft ou Android. Promouvoir de nouveaux contrats avec des entreprises du numérique ne signe-t-il pas la mort des ENT [environnements numériques de travail, ndlr] dans lesquels les collectivités locales ont beaucoup investi ces dernières années ? Services numériques et ENT sont des outils complémentaires : les premiers sont centrés sur la mobilité, le collaboratif, l’animation de classe. Les seconds offrent en plus, depuis de nombreuses années, des services liés à la vie scolaire (cahier de textes…), un accès à des ressources spécifiques, qui n’ont pas vocation à se retrouver de façon naturelle dans des services numériques standards. Les collectivités qui ont investi régulièrement dans un ENT ont fait un bon choix et ne doivent pas le remettre en cause s’il satisfait ses utilisateurs. Propos recueillis par Soazig Le Nevé


La nouvelle grille d'évaluation des enseignants ne passe toujours pas

Craignant un renforcement des prérogatives des chefs d’établissement et des « outils de management », le Snes-FSU, syndicat majoritaire des enseignants du second degré, a déposé un vœu, lors du CTM du 22 mars, pour rappeler sa revendication d’une déconnexion de l’évaluation et de la progression de carrière.

14/04/2017 | ACTUALITÉ

Bien souvent, les syndicats ont le sens de la formule, et accordons au Snes-FSU, majoritaire chez les enseignants du second degré, que celle-ci est bien trouvée. Dans le cadre de l’évaluation individuelle des profs, il faut avant tout « un cadrage des évaluateurs », et ce, « pour éviter les débordements ». Aussi, lors du comité technique ministériel du 22 mars à l’occasion duquel le ministère de l’Education nationale a présenté une nouvelle version de l’arrêté cadrant l’évaluation des personnels d’enseignement, le Snes-Fsu a déposé un vœu -adopté par les seuls syndicats de cette fédération- demandant « la déconnexion totale de l’évaluation et du déroulement de la carrière » afin que l’appréciation « ait pour objet unique l’amélioration des pratiques professionnelles par l’aide et le conseil, ce que les grilles d’évaluation proposées risquent de ne pas permettre ». Avec la réforme proposée dans le cadre du protocole PPCR, d’un budget d’un milliard d’euros (dont 500 millions d’euros dès 2017) pour 820 000 enseignants, chacun bénéficiera de trois rendez-vous de carrière pour faire le point de manière approfondie et objectivée sur son parcours. A la suite de ces rendez-vous, des accélérations de carrière d’une année ou des perspectives de promotion plus rapides pourront être accordées à 30% des enseignants du même grade [lire notre article]. Métier disséqué Malgré les demandes réitérées du syndicat, le ministère a refusé de modifier les items du compte rendu d’évaluation tels qu’arrêtés lors d’une précédente réunion en octobre 2016 où avaient été « objectivés et unifiés entre les disciplines » les attendus de l’évaluation. Et où, surtout, était maintenu l’équilibre actuel entre la part de l’évaluation de l’inspecteur (note pédagogique sur 60 points) et celle du chef d’établissement (note administrative sur 40 points). « Le découpage de l’évaluation en items laisse croire que nos métiers pourraient être disséqués, ce qui va à l’encontre de la notion de professeurs-concepteurs qui est la réalité de notre position de cadre de l’État, et que nous défendons », argumente le Snes. Lequel craint que la grille d’évaluation permette aux chefs d’établissement « d’interférer davantage qu’actuellement dans l’évaluation pédagogique », certains items étant « susceptibles de devenir des outils de management ». Dans le projet d’arrêté, trois items sur onze (soit 24%) relèvent exclusivement de l’appréciation du chef d’établissement : « coopérer au sein d’une équipe », « contribuer à l’action de la communauté éducative et coopérer avec les parents d’élèves et les partenaires de l’établissement » et « installer et maintenir un climat propice aux apprentissages ». Culture professionnelle des évaluateurs Le Snes s’interroge sur « l’aide et le conseil aux personnels, centré sur le cœur des métiers » et craint que l’accompagnement que le ministère affirme vouloir mettre en place ne soit finalement « sacrifié sur l’autel des moyens ». Sur son site internet, le syndicat assure donc qu’il « sera vigilant quant aux premières applications du nouveau dispositif et à l’évolution de la culture professionnelle des évaluateurs ». La seule bonne nouvelle, pour le syndicat, résulte du fait que le compte rendu d’évaluation pourra faire l’objet d’observations de la part de l’enseignant, voire d’un appel en commission paritaire. Une réelle nouveauté, alors que la situation actuelle ne permet aucun recours sur la note pédagogique attribuée après une visite d’inspection.


La vitrine de la simplification

En quelques mois, le système d’identification France Connect a attiré quelque 450 000 personnes et séduit une centaine de services publics, contribuant à personnaliser les services aux usagers et à décloisonner les manières de travailler au sein des administrations. Mais il reste encore à lever quelques freins pour étendre son déploiement.

07/02/2017 | ACTUALITÉ

Une centaine de services publics accessibles depuis France Connect – en attendant bien davantage –, plus de 450 000 personnes qui se sont connectées au moins une fois en quelques mois et des politiques pas peu fiers de vanter le lancement à succès de cette vitrine d’un État plate-forme – porté par la Dinsic et le SGMAP – qui prend corps, figure de proue de la simplification menée au sein des administrations publiques. “Aux côtés d’initiatives numériques à succès, tel Mon.service-public.fr, qui a fait l’objet de quelque 200 millions de connexions, France Connect œuvre à une meilleure relation entre les Françaises et les Français et leurs administrations, confiait le secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, Jean-Vincent Placé, début février. Cela instaure une autre ambiance dans le secteur public, avec le développement de communautés numériques, de nouvelles méthodes de travail.” Et (surtout) la volonté de personnaliser et d’humaniser le service aux usagers. “C’est notre responsabilité collective de démontrer aux citoyens notre capacité à délivrer des services optimaux et personnalisés, glissait voilà quelques mois la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire. Les économies que nous dégagerons ne seront qu’un effet connexe.” Identité pivot en 6 données Comment ça marche ? “L’utilisateur engage une démarche en ligne et sélectionne le bouton FranceConnect affiché sur le site de l’administration concernée”, précise le site dédié (franceconnect.gouv.fr). Il sélectionne un compte existant pour s’identifier (impots.gouv.fr, ameli.fr, login LaPoste), saisit son identifiant et hop, on y est, en toute sécurité, selon l’ensemble des acteurs concernés. Car la sécurisation des processus est bien l’un des enjeux centraux de la démarche. “France Connect transmet au fournisseur de service (mairie, département, ministère, opérateur public, etc.) l’identité de l’usager, détaille la marche à suivre publiée par le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP). Plus précisément, il lui fournit 6 données qui constituent son identité pivot : nom, prénom, sexe, date, lieu et pays de naissance. Sur la base de ces éléments, l’usager est reconnu par le fournisseur de services.” Au-delà des enjeux de simplification et de services aux usagers, France Connect porte par ailleurs des principes qui historiquement ne figurent pas dans l’ADN d’une administration française depuis des lustres habituée à œuvrer de manière cloisonnée, verticale, hiérarchique. On parle de démarches transverses, d’échange d’informations, d’une approche qui prolonge le programme “Dites-le nous une fois”, qui travaille à la suppression des documents administratifs et invite à repenser l’investissement des agents. Voilà qui irrite encore quelques managers publics, chahutés dans leur manière de concevoir le management de leurs équipes. “Je dois lever quelques freins, s’amuserait presque un opérationnel à la manœuvre au sein de son administration pour porter le développement de France Connect. On m’oppose des questions de sécurité, de propriété de données…” Mais, affirme-t-il, catégorique, le mouvement est inexorable : les collectivités continuent de s’approprier cet outil, que plusieurs d’entre elles ont expérimenté, le nouveau portail des droits sociaux appuie son essor sur France Connect, alors que d’autres administrations viennent aux nouvelles…


Le programme de Benoît Hamon pour le secteur public

Sorti vainqueur de la primaire de la gauche, dimanche 29 janvier, l’ex-ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon n’a pas fait de l’avenir de la fonction publique un axe fort de son programme de campagne. Ouverture de la fonction publique, accroissement des moyens pour les forces de l’ordre… Acteurs publics décrypte les quelques propositions du candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle.

30/01/2017 | ACTUALITÉ

Large vainqueur de la primaire de la gauche, Benoît Hamon le disait lui-même en décembre dernier : “L’avenir de la fonction publique doit être une question centrale dans les débats qui mèneront à l’élection présidentielle.” Mais à regarder son programme, l’ex-ministre de l’Éducation nationale n’a – pour le moment – fait que peu de propositions concrètes pour le secteur public, propositions dont la rédaction d’Acteurs publics fait ici l’analyse. Arrivé en tête du scrutin, dimanche 29 janvier, avec plus de 58 % des suffrages face à Manuel Valls, Benoît Hamon a davantage profité de la campagne pour afficher ses convictions et se dresser contre la mesure phare du candidat de la droite à l’élection présidentielle, François Fillon. À savoir la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires. “Je combattrai [cette] proposition affirmait-il en fin d’année dernière. Je suis convaincu que la gauche doit porter un discours de vérité sur la fonction publique en réaffirmant son rôle de premier plan dans la vie de notre pays.” Ouverture et exemplarité de la fonction publique Le programme de Benoît Hamon n’est pas pour autant dépourvu d’idées pour le service public. Le vainqueur de la primaire de la gauche souhaite notamment une plus grande ouverture des postes à haute responsabilité dans la fonction publique. Pour que la haute administration “soit représentative de la société et au service du pays”, l’ex-ministre de l’Éducation nationale entend ainsi moderniser l’École nationale d’administration (ENA), en y adaptant le recrutement “pour diversifier les profils et les origines sociales des élèves”, mais aussi en mettant fin à la sortie directe dans les grands corps. La fonction publique doit également “être protégée des conflits d’intérêts”, souligne Benoît Hamon. À ce sujet, le candidat du Parti socialiste à la présidentielle propose d’élargir la définition de la notion de conflit d’intérêts examinée par la Commission de déontologie de la fonction publique “lorsque des fonctionnaires ont des velléités de pantouflage dans le secteur privé”. Des citoyens tirés au sort doivent également siéger dans cette instance chargée de contrôler la procédure de départ des agents publics vers la sphère privée, préconise Benoît Hamon. Et ce “pour que les décisions ne soient plus prises en vase clos”. Renforcement des forces de l’ordre Sur la question des effectifs dans la fonction publique, Benoît Hamon prend le contre-pied de François Fillon et de sa volonté de réduire drastiquement le nombre d’agents publics. “Il est absurde d’exiger une qualité de service toujours plus élevée aux agents publics tout en réduisant sans cesse leurs moyens et effectifs ou en aggravant leurs conditions de travail”, affirme-t-il, tout en appelant à renforcer les moyens humains et matériels de l’éducation nationale et des forces de l’ordre. Comme l’avait proposé son rival et ancien Premier ministre, Manuel Valls, Benoît Hamon souhaite créer 1 000 postes de policiers et de gendarmes chaque année. “Pour améliorer le maillage territorial, les effectifs seront redéployés là où des inégalités et des besoins criants existent”, précise-t-il. À en croire les propositions du candidat PS à l’Élysée, le budget de la défense devrait lui aussi bénéficier d’un coup de pouce, pour atteindre 3 % du PIB “au terme du mandat”. Un projet de loi d’orientation et de programmation pour la sécurité et la défense sera présenté à l’automne 2017, promet Benoît Hamon. Plan pour l’éducation Pour “lutter contre les inégalités scolaires”, l’ex-ministre de l’Éducation nationale entend créer 25 000 nouveaux postes d’enseignants (20 000 dans le primaire, 2 000 pour garantir le remplacement des enseignants absents et 3 000 postes “volants” dans le réseau d’éducation prioritaire). Des salaires à la première affectation en passant par l’amélioration de la formation initiale et de la formation continue, “je poursuivrai la revalorisation des conditions de travail des enseignants”, ajoute Benoît Hamon dans son programme. Le candidat à la primaire de la gauche plaide également pour une plus grande association des enseignants à la prise de décision dans leurs établissements, et ce par la mise en place d’un management plus horizontal et la création de collectifs de travail.  


Benoît Hamon affrontera Manuel Valls au second tour de la primaire de la gauche

L’ex-ministre de l’Éducation nationale arrive en tête du premier tour de la primaire à gauche (36,1 %) devant l’ancien Premier ministre Manuel Valls (31,2 %). Arnaud Montebourg prend la troisième place avec 17,7 % des voix et apporte son soutien à Benoît Hamon pour le second tour.

22/01/2017 | ACTUALITÉ

Benoît Hamon et Manuel Valls se sont qualifiés pour le second tour de la primaire élargie du PS, a annoncé dimanche soir Thomas Clay, président de la haute autorité de cette primaire. Le député de Trappes, 49 ans, est arrivé en tête au premier tour (36,1%), devant l'ancien Premier ministre, 54 ans (31,2 %), selon des résultats encore partiels (1 million de bulletins dépouillés). Arnaud Montebourg est, comme lors de la primaire de 2011, troisième (17,7%), devant Vincent Peillon (6,8 %) et les 3 autres candidats. Le député écologiste François de Rugy recueille, lui, 3,8 %, la présidente du PRG, Sylvia Pinel, 2 % et l'ex-député européen Jean-Luc Bennahmias, 1 %. Arnaud Montebourg a appelé à voter pour Benoît Hamon, au nom de “l'impératif de rassemblement” de la gauche. Sylvia Pinel a quant à elle aussitôt appelé à voter en faveur de Manuel Valls. Vincent Peillon n'a pour sa part pas donné de consigne de vote pour le second tour de la primaire du PS élargie, mais a appelé les électeurs à “amplifier encore leur vote”. Le Parti socialiste affichait sa satisfaction sur le niveau de participation, qui s'approcherait finalement des 2 millions de votants, objectif fixé par son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis. “Nous avons réussi le premier tour de la primaire”, s'est-il félicité devant la presse, adressant un “merci pour votre résistance à l'air du temps” aux votants. La participation sera “sans doute proche de 2 millions”, a assuré Thomas Clay, président de la haute autorité des primaires citoyennes. Ce chiffre est toutefois à comparer aux 2,7 millions de votants du premier tour de la primaire d'octobre 2011 et surtout aux 4,3 millions au premier tour de la primaire de la droite.


Les enseignants toujours plus en proie aux risques psychosociaux

Une enquête de la direction statistique du ministère de l’Éducation nationale démontre que les enseignants ont une exposition moyenne aux facteurs de risques psychosociaux significativement plus élevée que les autres populations.

09/01/2017 | ACTUALITÉ

“Je continue de penser à mon travail même quand je n’y suis pas” : à 91 % dans le premier degré, 86 et 88 % dans le second degré et le supérieur, les enseignants expérimentent cet état. Bien loin devant les cadres de la fonction publique et du privé, qui ne sont qu’un peu plus de 50 % à en témoigner, selon une enquête comparative menée par la direction statistique du ministère de l’Éducation nationale (Depp) et publiée début janvier 2017. “En 2013, les enseignants étaient plus exposés aux facteurs de risques psychosociaux que les cadres, avec une forte intensité de leur métier, des exigences émotionnelles plus importantes et un manque de soutien hiérarchique et entre collègues, notamment dans le premier degré”, décrivent les deux auteurs de cette étude, Sylvaine Jégo et Clément Guillo. L’étude distingue les deux degrés d’enseignement, faisant apparaître que c’est le premier degré qui souffre le plus des facteurs de risques psychosociaux (RPS). Ainsi, les professeurs des écoles “ressentent davantage l’intensité et la pression qui sont liées à leur travail, et le peu de relationnel avec leur hiérarchie ou leurs collègues”. Dans le second degré, la pression est moindre et le soutien hiérarchique est vu comme supérieur, “même s’il est loin de celui dont peuvent bénéficier les cadres de la fonction publique et du privé”, analyse la note. Métier solitaire et hiérarchie absente Par exemple, l’item “Je dois penser à trop de choses à la fois” rassemble 79 % des professeurs des écoles contre une moyenne de 61 % pour l’ensemble du panel professionnel retenu. Ou encore, l’item “On me demande d’effectuer une quantité de travail excessive” remporte, lui, 67 % des témoignages de professeurs des écoles contre 45,5 % en moyenne pour le reste. Parce qu’enseigner “tend vers un métier solitaire”, la solitude peut vite être vécue comme un isolement, surtout quand la hiérarchie est perçue comme lointaine. Pire, “plus de 30 % des enseignants du premier degré et du second degré ne sont pas ou peu d’accord avec l’item « Les personnes qui évaluent mon travail le connaissent bien », alors que les cadres représentent moins de 23 %”, illustrent les auteurs. À ce manque de soutien hiérarchique se surajoute un manque de soutien entre collègues : plus de 73 % et 83,5 % des enseignants du premier et du second degré déclarent travailler seuls, alors que les cadres sont moins de 55 %. Quant à l’ambiance et au relationnel entre collègues, l’étude de la Depp nous indique qu’ils tendent à se dégrader avec l’âge, notamment pour les enseignants du premier degré. Demande de formation continue Enfin, sans surprise, les enseignants du premier degré déplorent massivement (81 %) le manque de formation continue adaptée (ce taux oscille entre 25 et 35 % chez les cadres du public et du privé). Seule consolation pour les enseignants : les cadres en relation avec du public sont deux fois plus nombreux à trouver que leurs horaires ne s’accordent pas avec leur vie familiale et sociale : plus de 20 % dans le secteur public et privé contre à peine 10 % chez les enseignants.


L’éducation nationale rémunère mieux les enseignants du public que ceux du privé

Un professeur de l’enseignement privé gagne en moyenne 9,7 % de moins que son homologue du public. Un écart de salaires justifié en grande partie par la différence de composition des deux corps, selon une note du ministère de l’Éducation nationale publiée fin décembre.

06/01/2017 | ACTUALITÉ

La question des écarts de rémunérations entre enseignants du public et du privé n’avait… jamais été posée. Ou tout au moins n’avait-elle “jamais fait l’objet d’analyses statistiques approfondies au sein de l’Éducation nationale”. Cette note publiée par la direction statistique (Depp) du ministère vient donc, avec honnêteté, rectifier le tir. En moyenne, en 2014, les enseignants du secteur privé sous contrat ont perçu un salaire brut mensuel de 2 640 euros contre 2 920 euros pour les enseignants du public, soit 9,7 % de moins. Pour rappel, depuis 1992 et les accords Lang-Cloupet, tous les professeurs sont recrutés sous les mêmes conditions en termes de diplômes requis et d’épreuves passées lors des concours. “Ce différentiel de salaire brut serait de - 2,4 % si la structure de population dans le privé sous contrat était la même que dans le public”, explique Marion Defresne, l’auteure de l’étude. Ce résultat donne une idée de l’importance des “effets de composition” : en effet, ce sont avant tout les différences de caractéristiques entre enseignants du secteur public et enseignants du secteur privé sous contrat qui génèrent cet écart. Plus de titulaires et d’agrégés dans le public Corps, quotité de rémunération et zone territoriale d’affectation sont ainsi plus favorables au public qu’au privé sous contrat, créant deux catégories distinctes d’enseignants. “Il y a proportionnellement davantage de « titulaires » dans le public que dans le privé sous contrat, davantage d’enseignants évoluant dans les corps aux grilles de rémunérations plus avantageuses dans le public que dans le privé sous contrat, moins de faibles quotité de rémunération dans le public que dans le privé sous contrat, davantage d’enseignants dans les DOM ou bénéficiant d’un taux d’indemnité de résidence à 3 % dans le public que dans le privé sous contrat”, détaille la note de la Depp. En France entière (hors Mayotte), le secteur privé sous contrat se distingue du public par une population enseignante moins souvent rémunérée sur une échelle de “titulaires” (14,8 % de “non-titulaires” dans le privé contre 3,5 % dans le public). Et lorsqu’elle l’est, elle relève moins fréquemment de grilles de rémunération plus avantageuses : parmi les enseignants du public, 7,7 % sont des professeurs agrégés et de chaire supérieure contre 2,7 % dans le privé sous contrat, précise encore Marion Defresne. Points non élucidés En outre, le régime de rémunération des contractuels du public est plus avantageux que celui du privé sous contrat. Ajoutez à cela le fait qu’un enseignant à temps incomplet (faute d'élèves suffisants dans la discipline ou l'établissement) dans le privé est rémunéré au prorata des heures effectuées alors que celui du public est rémunéré comme un temps complet. “Néanmoins, une part de l’écart public-privé reste non élucidée”, poursuit Marion Defresne. Car le système d’information sur les agents des services publics (Siasp) ne permet pas de répondre à certaines interrogations. “On aurait souhaité créer une indicatrice de carrière tenant compte de l’ancienneté et de la vitesse d’avancement afin de contrôler les éventuels écarts de salaires dus à l’évolution des carrières selon le secteur. En outre, on aurait aimé pouvoir distinguer plus finement les primes et indemnités”, énumère-t-elle. Encore quelques mystères à percer donc, pour la Depp.


Le livre choc qui propose de métamorphoser le système éducatif

Que l'archaïque mammouth cède enfin la place à un service public d'éducation digne de ce nom : c'est la thèse défendue par Soazig Le Nevé, journaliste à Acteurs publics, et Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire et recteur honoraire, dans un essai intitulé Et si on tuait le mammouth ? Les clés pour rénover (vraiment) l'Education nationale (Éd. de l’Aube) qui sort ce 5 janvier. Dans les bonnes feuilles publiées ci-dessous, l'on constate que ce qui compte de plus en plus pour un ministre, c’est de “penser à la prochaine élection ou au prochain maroquin plutôt qu’à la prochaine génération” et que les recteurs d'académie sont “des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace”.

05/01/2017 | ACTUALITÉ

« Dire que la Cinquième République avait pour objectif de mettre fin à l’instabilité ministérielle de la précédente ! À l’Éducation nationale, la tête tourne : Najat Vallaud-Belkacem est la 183e ministre en 188 ans d’existence du ministère ! Depuis 1958, 32 ministres y sont passés (moyenne : moins de 2 ans) et le rythme s’accélère : 7 ministres depuis le 1er janvier 2005, dont l’un (Benoît Hamon) bat tous les records : 147 jours ! Pour sa part, dix mois avant d’être débarqué, Vincent Peillon raconte à la presse que ses inspecteurs généraux l’ont averti d’une chose : rue de Grenelle, la durée moyenne du bail est d’“un peu moins de deux ans si le ministre veut faire des réformes ; un peu plus de deux ans s’il ne veut pas en faire”. Prémonitoire ! Aucune entreprise au monde ne résisterait à pareil tournis… Une différence existe tout de même avec la Quatrième République : la haute administration, qui bénéficiait d’une longévité extraordinaire, faisait tourner la maison. Par exemple : seulement deux directeurs de l’enseignement supérieur de 1948 à 1960. De nos jours, le cœur du réacteur qu’est la DGESCO (direction de l’enseignement scolaire) use en moyenne un directeur tous les deux ans, deux ans et demi. De même, les recteurs d’académie étaient quasiment inamovibles et restaient couramment en place dix à vingt ans, de quoi rendre jaloux les recteurs d’aujourd’hui ! Car leur valse est devenue incessante, au gré des changements politiques et des mutations, avec parfois quelques périodes de rémission ; certaines académies sont sinistrées, comme par hasard celles où les résultats scolaires sont les plus médiocres. En seize ans, depuis le 1er janvier 2000, se sont succédé au total neuf recteurs à Amiens et à Caen, huit à Rouen, sept à Créteil… Des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace, même dans de grandes académies… Comment assurer une quelconque continuité dans de telles conditions ? D’autant que règne désormais la dictature de l’urgence. Pourquoi s’échiner à changer les choses sur le long terme alors que ce qui importe, c’est de donner l’impression de travailler ? Soumis à la pression des médias, le ministre est sommé de fournir des réponses immédiates, de réagir dans l’instant, de présenter des résultats… Un incident dramatique dans une école ? Aussitôt le ministre annonce une série de “mesures fortes” applicables immédiatement, mesures chassées par d’autres quelques jours plus tard à l’occasion d’un nouvel événement, et ainsi de suite. Il n’est plus un discours qui ne débute par la formule : “Dès la rentrée prochaine, on fera ceci, cela, etc.”. À la suite des attentats de janvier 2015, c’est même du perron de l’Élysée et de Matignon qu’est annoncée une “grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République” orchestrée par la ministre de l’Éducation avec une série de 11 décisions immédiates, pour la plupart incantatoires (“combattre les déterminismes sociaux et territoriaux” ; “rétablir l’autorité des maîtres”…) ou réchauffées (“développer les temps d’échanges avec les parents”…). À la va-vite, on repeint les programmes d’éducation civique aux couleurs d’un “enseignement moral et civique”, avec ordre de les mettre en œuvre dans toutes les classes des écoles, collèges et lycées dès la rentrée suivante. Un enseignement dispensé par des enseignants à peine informés, nullement formés : croit-on que c’est ainsi que l’on va pouvoir redonner du civisme aux élèves ? “Les recteurs sont des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace.” Le déphasage entre le temps politico-médiatique et le temps éducatif s’élargit chaque jour. Le rythme de l’éducation est long et il exige continuité et ténacité, les résultats d’une mesure nouvelle ou d’une réforme n’étant perceptibles, au mieux, que plusieurs années plus tard. Par exemple, la réforme du collège initiée par Najat Vallaud-Belkacem, qui s’applique d’un seul coup à toutes les classes de la 6e à la 3e (une grande première !) à la rentrée 2016, ne pourra être évaluée, au mieux, qu’à la fin du collège, quatre ans plus tard, en 2020. Trop long pour la ministre, qui sera déjà partie depuis longtemps ! Ce qui compte de plus en plus pour un ministre, c’est penser à la prochaine élection ou au prochain maroquin plutôt qu’à la prochaine génération. Dans ces conditions, il est tenté par des mesures de pur affichage, des effets d’annonce, des réformes de surface pas trop compliquées à expliquer ou encore des réponses rapides à des problèmes secondaires. Soigner sa “com”, tout est là ! Mieux vaut ouvrir le débat du “poids du cartable” (Ségolène Royal en 1997), qui parle à tous, que celui des coefficients des disciplines au bac ou de la pédagogie différenciée… Pourquoi rencontrer la centaine d’inspecteurs d’académie de toute la France que vous avez convoqués si une nuée de photographes peut au même moment vous faire une pub d’enfer avec l’inauguration d’un distributeur de préservatifs dans un lycée (Jack Lang en 1992) ? Pourquoi présider le déjeuner où vous avez invité un aréopage de chefs d’entreprise pour parler insertion des jeunes si la compagnie d’une danseuse étoile (Marie-Claude Pietragalla) peut vous faire briller de mille paillettes (Jack Lang en 2001) ? Pourquoi assister à une réunion de recteurs si vous pouvez à la place converser tranquillement avec votre journaliste favorite (Vincent Peillon en 2012) ? Mieux vaut lancer, à grand bruit, un vaste programme de réformettes qu’un mouvement de fond qui ne produira d’effets que bien plus tard. D’où la multiplication de prétendues réformes, annoncées systématiquement par chaque ministre à son arrivée, qui ne sont que des coups de trompette ou, au mieux, des catalogues d’ajustements : le “nouveau contrat pour l’école” avec 158 mesures (François Bayrou en 1995), le “collège de l’an 2000” avec 40 mesures (Ségolène Royal en 1998), la loi d’orientation pour l’école avec 14 propositions (François Fillon en 2005), dont la plupart sont restées à l’état de vœux pieux. Résultat sur le terrain : une “soûlante valse”, comme le dit le principal syndicat de chefs d’établissement, “des mobilisations incessantes et sans lendemain” dont les enseignants sont lassés. Des circulaires et des instructions ? Le ministre ne manque pas d’en produire chaque année des centaines, sur tous les sujets. Comme si tous les personnels attendaient la parole du sommet comme parole d’Évangile et obéissaient au doigt et à l’œil à toutes les consignes. Comme du temps de Victor Duruy (Second Empire), qui se qualifiait de “ministre circulassier”… Ce gouvernement par circulaires a peut-être existé du temps où l’autorité ministérielle était incontestée mais il n’est en tout cas plus adapté au monde d’aujourd’hui ! Ces documents prescriptifs sont donc de moins en moins lus par l’encadrement, quasiment jamais par les enseignants, et encore moins appliqués… Comme dans le cas des classes bilangues en 6e, supprimées par la ministre en 2015 et finalement conservées dans la majorité des académies à la rentrée 2016, les recteurs ayant jugé préférable de ne point exécuter l’ordre. »  "Et si on tuait le mammouth ? Les clés pour (vraiment) rénover l'Education nationale", de Soazig Le Nevé et Bernard Toulemonde, Editions de l'Aube, 245 pages, 21 euros


L’algorithme qui pourrait améliorer la mobilité des enseignants

Trois économistes de l’École d’économie de Paris et du MIT proposent un nouvel algorithme qui augmenterait de 30 % la mobilité des professeurs du second degré, tout en servant d’outil de pilotage au ministère pour mieux remédier aux difficultés des différentes académies.

04/01/2017 | ACTUALITÉ

S’attaquer au “mouvement” des enseignants du second degré, marée mutante qui chaque année ouvre la voie ou au contraire la bloque à des milliers de professeurs en quête de mobilité, est véritablement courageux. C’est d’ailleurs pourquoi aucun ministre ne s’y est risqué depuis près de vingt ans. À l’heure où les algorithmes sont un sujet à la mode, les chercheurs en économie appliquée ont un boulevard pour tordre le cou à l’idée selon laquelle une mécanique installée l’est à tout jamais – y compris au sein du mastodonte qu’est le ministère de l’Éducation nationale. Améliorer “le mouvement”, oui, c’est possible. Et c’est ce qu’ambitionnent de faire Julien Combe, Olivier Tercieux (PSE – École d’économie de Paris) et Camille Terrier (Massachusetts Institute of Technology), dans la revue Education et Formations publiée par le ministère en décembre 2016. Les trois chercheurs mettent d’abord en évidence combien le mouvement actuel – qui n’est autre qu’un fonctionnement algorithmique – est grippé. En 2014, seuls 43,9 % des enseignants titulaires ayant fait une demande de mobilité entre académies ont obtenu satisfaction, rappellent les auteurs. Et les trois académies les moins attractives (Créteil, Versailles, Amiens) concentrent 50 % des enseignants demandant une nouvelle affectation. Une des raisons du manque d’attractivité du métier Chaque année, les sorties étant importantes dans ces trois académies, les postes vacants doivent être occupés par de nouveaux enseignants, de telle sorte qu’environ 50 % des néotitulaires obtiennent leur première affectation dans l’une de ces trois régions. “Cette forte probabilité d’obtenir une première affectation dans une académie relativement défavorisée est l’une des raisons du manque d’attractivité de la profession enseignante en France”, soulignent Julien Combe, Olivier Tercieux et Camille Terrier. Les chercheurs osent ensuite ce postulat : “Le processus centralisé utilisé par le ministère et les rectorats pour affecter les enseignants dans les académies puis dans les établissements pourrait être un outil utilisé pour homogénéiser la répartition des enseignants entre académies, garantir une plus grande stabilité des équipes et prendre en compte les besoins pédagogiques des établissements.” Autrement dit, un pilotage politique du “mouvement” pourrait permettre à la fois de construire une gestion des ressources humaines digne de ce nom et d’affiner l’action pédagogique en fonction du contexte de chaque académie. Une révolution copernicienne, pour la Rue de Grenelle. Des échanges “mutuellement améliorants” Les trois économistes proposent d’agir sur deux leviers : augmenter les perspectives de mobilité géographique des enseignants (et donc, dans une certaine mesure, améliorer l’attractivité de la profession). Mais aussi augmenter l’expérience moyenne des enseignants dans les académies les plus défavorisées (et donc espérer pouvoir réduire à terme les inégalités de réussite entre élèves). Concrètement, l’algorithme qu’ils baptisent “algorithme d’échanges mutuellement améliorants avec les académies prioritaires” introduit une nouvelle condition, imposant que tout enseignant sortant d’une académie telle Créteil, Versailles ou Amiens soit remplacé par un enseignant ayant un barème supérieur. “Ce qui implique naturellement que dans les académies prioritaires, le rapport entre le nombre de titulaires sortants et entrants se rapproche de 1 et que l’âge moyen et la proportion d’enseignants titulaires augmente”, font valoir les économistes. Les mutations comme outil de pilotage Le changement dans la procédure d’affectation des enseignants qu’ils opèrent augmenterait de 30 % “le mouvement” par rapport au système actuel, sans entraîner pour autant un départ massif des académies en difficulté. “Nous fournissons ainsi un outil de pilotage qui permet de faire des simulations et de tester différentes stratégies RH propres à chaque académie”, concluent-ils. Parce que “la situation actuelle peut être grandement améliorée”, les auteurs offrent “tout un spectre de possibilités dont le choix in fine relève d’une décision collective entre les différents acteurs que sont le ministère, les représentants syndicaux et les académies”. À bon(s) entendeur(s) !


France Stratégie plaide pour des établissements scolaires plus autonomes

Face au pilotage centralisé du système éducatif, “il apparaît nécessaire d’octroyer une autonomie accrue aux établissements scolaires”, juge France Stratégie dans une note publiée mercredi 14 décembre. Entre contractualisation, privatisation et développement de communautés éducatives, l’organisme de réflexion avance plusieurs pistes d’évolution.  

15/12/2016 | ACTUALITÉ

Donner davantage de marges de manœuvre aux établissements scolaires constituerait-il la réforme prioritaire à engager en matière d’éducation ? À en croire une note d’analyse de France Stratégie, dévoilée mercredi 14 décembre, les solutions ne manquent pas. Alors que dans les années 1980, la majorité des pays développés ont redistribué les responsabilités par la décentralisation politique des systèmes éducatifs – dans les pays nordiques et au Royaume-Uni, par exemple –, “notre pays s’est globalement tenu en retrait de ces transformations”, estime dans son étude l’organisme de réflexion placé auprès du Premier ministre. L’école devant voir “sa mission clarifiée”, France Stratégie propose donc d’octroyer une autonomie “accrue” aux établissements scolaires. Et ce aussi bien dans la gestion des ressources humaines que dans l’autonomie pédagogique. Actuellement, “ils ne disposent que de peu de marges de manœuvre”, constate l’étude, le pilotage pédagogique restant essentiellement fixé au niveau national. Communautés éducatives renforcées Première option défendue par l’organisme de réflexion :  le renforcement de l’autonomie des communautés éducatives. Cela reposerait sur “une plus forte capacité d’auto-organisation locale” et notamment sur une coopération accrue entre les enseignants et le chef d’établissement, affirme France Stratégie. Ce renforcement suppose néanmoins “la pleine mise en œuvre de la récente redéfinition réglementaire du métier d’enseignant qui valorise les temps de suivi des élèves”, mais aussi des chefs d’établissement “davantage formés à la gestion du groupe, sachant mobiliser l’ensemble de l’équipe pédagogique”, ajoute l’organisme de réflexion. Sur ce point, un tiers des chefs d’établissement déclarent ne pas avoir suivi de formation à l’encadrement pédagogique. Contractualisation L’organisme de réflexion avance également l’idée d’une autonomie “contractualisée”, autorisant une modulation des moyens en fonction des besoins des établissements. La démarche de contractualisation “n’a cessé de progresser dans l’institution scolaire [mais] reste cependant d’effet limité”, précise l’étude. Cette démarche, actée notamment entre le ministère de l’Éducation nationale et les académies, repose à l’heure actuelle sur des analyses de données ou sur la définition d’objectifs ou de leviers. Pour y remédier, France Stratégie propose ainsi que pour les académies bénéficiant de contrats d’objectifs et de gestion avec l’État, les moyens soient modulés en fonction de leurs difficultés de recrutement et des besoins d’accompagnement des enseignants et des établissements par les inspections. À l’intérieur de ce modèle contractuel, les chefs d’établissement devront disposer “d’une latitude d’action plus significative”, poursuit France Stratégie. Et ce, notamment, en matière d’organisation de l’enseignement ou de gestion de la masse salariale. À l’heure actuelle, selon les chiffres de l’OCDE, 0,9 % des chefs d’établissement déclarent partager la responsabilité de l’exécution lors du licenciement ou de la suspension d’un enseignant contre 54,6 % au Royaume-Uni. Modèle des academies britanniques Alors que le tissu scolaire français connaît déjà une “certaine diversité” – le secteur privé sous contrat scolarise à lui seul 20 % des élèves –, l’organisme de réflexion appelle, dans un autre scénario, à poursuivre cette diversification de l’offre scolaire. Le développement des établissements privés, mais également d’établissements publics disposant de marges de manœuvre proches de celles du privé devrait offrir une “plus grande latitude de choix pour toutes les familles”, précise l’étude. Sur ce point, France Stratégie s’inspire notamment du gouvernement britannique et de la création, dans les années 2000, des academies, des écoles publiques changeant de statut pour devenir indépendantes. “Par rapport aux écoles publiques ordinaires, elles jouissent de trois libertés fondamentales : liberté des moyens, des outils et des méthodes d’enseignement ; liberté de recrutement et de rémunération du personnel et liberté de fixer la durée de l’année scolaire”, souligne la note d’analyse de l’organisme.


Sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert, c’est parti !

La France préside, du 7 au 9 décembre, le sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), qui ambitionne tout autant de dépoussiérer les modes d’action publique que de placer la France dans une nouvelle donne diplomatique.

06/12/2016 | ACTUALITÉ

La “boîte à outils” du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO) sera conçue à l’Élysée mais il ne faut pas s’y méprendre : le chef de l’État n’aura sans doute pas son mot à dire lors de ce hackathon introductif au sommet mondial du PGO, présidé par la France du 7 au 9 décembre. Visant à faciliter la mise en œuvre concrète des engagements pris lors du sommet, cette “boîte à outils” fera phosphorer pas moins de 300 geeks qui ambitionnent de dépoussiérer notre modèle de démocratie représentative. Laissant son palais de l’Élysée aux hackers des civic tech [technologies citoyennes, ndlr], François Hollande prononcera son discours à la salle Pleyel en début d’après-midi le 7 décembre. En trois jours, pas moins de 20 chefs d’État et 3 000 représentants de 80 pays viendront échanger sur leurs bonnes pratiques démocratiques lors de conférences, ateliers et soirées organisés aux quatre coins de Paris. “Enjeux globaux” Objectif : faire aussi bien que la COP21 en décembre 2015. “Dans les deux cas, COP21 et PGO, il s’agit de sujets que les États ne peuvent plus régler seuls, tant leurs enjeux sont devenus globaux et nécessitent le recours à l’intelligence collective”, expliquait Pauline Carmona, secrétaire générale du PGO, lors d’une présentation des enjeux de l’événement, le 26 octobre. Innovateurs et développeurs, gouvernements et ONG vont ainsi faire œuvre commune pour dynamiser les institutions publiques. “Car si l’on s’en tient à ouvrir les données mais pas l’action, on n’a fait que la moitié du chemin”, avertissait Henri Verdier, directeur interministériel du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic) lors de cette conférence de présentation fin octobre. À ses yeux, le PGO n’est autre qu’une “étiquette commode” pour saluer “tout ce qui se passe sous nos yeux, comme les budgets participatifs, les consultations, la coécriture de la loi”. “Nous devons percevoir que la démocratie est un processus et qu’elle change sans arrêt”, poursuit Henri Verdier. Et d’illustrer en se référant à l’apparition des isoloirs en 1914, donc “très tard dans l’histoire de la démocratie française”. “Aujourd’hui, avec Internet, exiger transparence, concertation et contribution correspond aux standards de notre époque.” Le levier du “modèle multiparties prenantes” Pour David Martinon, ambassadeur de la France pour la cyberdiplomatie et l’économie numérique, “depuis le début, la gouvernance de l’Internet fonctionne sur « le modèle multiparties prenantes », mais cela ne marche pas très bien avec l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), puis avec la réforme de l’Icann (en cours) [lire notre article]. Mais il y a aussi le PGO. Ce qui signifie qu’il existe plusieurs approches du modèle multiparties prenantes”, expose-t-il. Vu depuis le ministère des Affaires étrangères, le PGO est donc l’occasion rêvée pour la France de façonner ce “modèle multiparties prenantes” et de réfléchir à de nouvelles formes de “livrables” résultant de “ce que la France sera capable d’obtenir et de décider lors de ce sommet”, souligne David Martinon. “Notre objectif est d’obtenir des décisions très concrètes et de réfléchir à des engagements que définiraient ensemble les parties prenantes du PGO. Pour créer une émulation, créer des références”, espère l’ambassadeur. “C’est quelque chose d’inédit au plan international.” Une quinzaine d’engagements sur trois thèmes Trois grandes thématiques ont été définies pour les “livrables” qui devraient se décliner en une quinzaine d’engagements très concrets : la transparence publique et économique ; le climat et le développement durable ; les biens communs numériques. Les 5 et 6 décembre, la communauté des chercheurs se réunit pour les “Academic Days” autour d’une vingtaine de thématiques. Pour la première fois depuis la création du Partenariat en 2009, les chercheurs membres de l’Independant Reporting Mechanism (IRM) présentent la base qu’ils ont constituée après les quelque 2 500 évaluations des “plans” engagés par chaque pays membre du partenariat. Un enjeu de plus pour la France, comme l’a rappelé Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, lors d’une opération “ministère ouvert” le 11 octobre [lire notre article] : les chercheurs français manquent d’ambition dans leurs travaux sur la transformation de l’action publique. Henri Verdier abonde dans ce sens : “Avec Michel Crozier et la sociologie des organisations, la France exerçait un rayonnement mondial. Après, nous nous sommes mis à voir l’État comme une boîte noire, qu’on ne restructure pas. Nous allons remettre la question dans notre agenda”, promet le Dinsic. Des adhérents parrainés pour progresser Pour qu’un pays adhère au Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), 4 critères d’éligibilité prévalent : avoir une loi sur l’accès à l’information, assurer la transparence sur le patrimoine des principaux gouvernants, présenter des budgets transparents, garantir la protection des libertés civiles. “Le point de départ des pays est très varié en la matière mais chaque candidat doit exprimer son souhait d’ouverture et de progression”, constate Pauline Carmona, la secrétaire générale du PGO. Celui-ci promeut aussi un apprentissage par les pairs. Ainsi, chaque nouvel adhérent bénéficie d’un pays “buddy”, comme la Côte d’Ivoire avec la France, pour élaborer un plan d’action. L’Azerbaïdjan a été déclaré “inactif” en mai dernier, le pays n’offrant pas suffisamment de gages d’une amélioration. “Nous allons voir ses dirigeants bientôt pour qu’ils reviennent dans le droit chemin, si l’on peut dire”, commente David Martinon, ambassadeur de la France pour la cyberdiplomatie et l’économie numérique. La règle est de “surtout ne pas exclure le pays, car pour la société civile, le PGO est un moyen d’ouverture, une fenêtre sur le monde, un mécanisme qui met la pression sur le gouvernement”, ajoute Pauline Carmona.


NOMINATIONS

Nomination d'un directeur de l'ENA par intérim

Secrétaire général de l’ENA depuis 2013, Thierry Rogelet, administrateur civil hors classe, a été nommé directeur de l'ENA par intérim. Il assure cet intérim après le départ de Nathalie Loiseau qui dirigeait la prestigieuse école depuis 2012 et a été nommée ministre chargée des Affaires européennes, en remplacement de Marielle de Sarnez, dans le gouvernement Philippe-2 lors du remaniement du 21 juin dernier. Formé sur les bancs de la promotion René Char de l’ENA (1995), Thierry Rogelet a essentiellement évolué dans la préfectorale. Chargé de mission pour la politique de la ville auprès du préfet de la région Midi-Pyrénées en 1997, il est directeur de cabinet du préfet de l’Isère en 2000. Chargé de mission auprès du préfet de la région Aquitaine, il a ensuite dirigé le cabinet du préfet de la région Aquitaine en 2006, avant d’officier au sein de la préfecture de Corse-du-Sud comme secrétaire général (2008-2010). Thierry Rogelet s’était ensuite formé à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) et au Centre des hautes études du ministère de l’Intérieur (Chemi), en 2011-2012.

10/07/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Claire Chauffour-Rouillard, administratrice civile hors classe, est nommée sous-directrice de la stratégie, des affaires internationales et des ressources à la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, à l'administration centrale du ministère de l'intérieur - Luc Barret, professeur des universités-praticien hospitalier, est nommé inspecteur général en service extraordinaire auprès de l'inspection générale des affaires sociales - Blandine Marchand, ingénieure générale des mines, prend les fonctions de directrice des services et du système d'information de l'Institut national de l'information géographique et forestière - Jérôme Duchêne, directeur d'hôpital hors classe, est nommé directeur de projet (groupe I) auprès du directeur de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages au sein de la direction générale de l'aménagement du logement et de la nature, à l'administration centrale du ministère de la Transition écologique et du ministère de la Cohésion des territoires. Il sera chargé, notamment dans le cadre de la mise en œuvre des mesures issues de la loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové et de la loi relative à l'égalité et à la citoyenneté, de concevoir et de piloter la gestion des demandes de logement social et leurs attributions ainsi que le plan d'action sur le droit au logement opposable - Eric Dudoit, conseiller technique et pédagogique supérieur, est désigné directeur régional adjoint de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale des Hauts-de-France (groupe III) - Il a été mis fin aux fonctions de Nicole Ménager, rectrice de l'académie de Rouen.    

10/07/2017 | NOMINATION FRANCE

Nomination de la directrice des études de l’EHESP

Directrice de l’Alliance, un consortium académique et de recherche consacré à l’innovation, entre l’université de Columbia (New York), l’École polytechnique, Sciences Po Paris et l’université Paris-I Panthéon Sorbonne, depuis 2011, Alessia Lefebure a été nommée directrice des études de l’École des hautes études en santé publique (EHESP). Sociologue des organisations, Alessia Lefebure a fondé et animé, à Sciences Po de 2006 à 2011, le Centre Asie-Pacifique-Afrique-Moyen-Orient. Entre 2001 et 2006, elle était basée à Pékin, à l’université Tsinghua, où elle a ouvert et dirigé l’antenne de Sciences Po en Chine, en charge des affaires internationales et des partenariats universitaires dans le monde chinois. Alessia Lefebure est titulaire d’une “Laurea” de droit comparé de l’université Luiss (Rome) et d’un master en communication et journalisme, ainsi que d’un doctorat en sociologie de Sciences Po. Elle est affiliée au Centre de sociologie des organisations : ses recherches portent sur les politiques d’enseignement supérieur comparées, notamment en Chine et en Asie.

07/07/2017 | NOMINATION FRANCE


Élection du successeur de Frédérique Vidal à l’université de Nice

Administrateur provisoire de l’université de Nice-Sophia-Antipolis depuis le 22 mai, après le départ de Frédérique Vidal pour le ministère de l’Enseignement supérieur, Emmanuel Tric a été élu président de l’établissement, le 28 juin dernier, par les membres du conseil d’administration. Professeur en géophysique, Emmanuel Tric était vice-président de l’université de Nice depuis 2016. Il a débuté sa carrière comme enseignant-chercheur en physique à l’université Paris-XI en 1990, avant de rejoindre l’université de Nice en 1999. Membre élu du conseil d’administration entre 2000 et 2003, il y a également dirigé le département “Terre, environnement, espace” pendant quatre ans, de 2005 à 2009.  Directeur du collège des études doctorales de l’université de Nice entre 2007 et 2010, Emmanuel Tric avait ensuite dirigé le laboratoire Géoazur jusqu’en 2016. 

06/07/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Valérie Le Gleut, administratrice civile hors classe, est nommée cheffe de service, adjointe à la directrice générale des ressources humaines, chargée du service de l’encadrement à la direction générale des ressources humaines à l’administration centrale des ministères de l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur – Xavier Charlet, vice-président chargé des fonctions de juge des enfants au tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), est placé en position de détachement auprès de l’École nationale de la magistrature, afin d’exercer les fonctions de coordonnateur régional de formation pour le ressort de la cour d’appel de Douai (Nord) – Magali Aufan, administratrice civile hors classe, devient sous-directrice des affaires générales, au sein du service des affaires générales et de la performance de la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature, à l’administration centrale des ministères de la Transition écologique et énergétique et de la Cohésion des territoires.  

06/07/2017 | NOMINATION FRANCE



Ambre Cerny intègre le cabinet de Françoise Nyssen

Ex-cheffe de cabinet de la secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes Juliette Méadel entre mars 2016 et l’alternance de mai 2017, Ambre Cerny a été nommée cheffe adjointe de cabinet, conseillère parlementaire de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen. Titulaire d’un master 1 de communication, option “communication publique”, de l’École française des attachés de presse (Efap), Ambre Cerny, 26 ans, a d’abord été la collaboratrice parlementaire à l’Assemblée nationale du député socialiste de la Gironde Vincent Feltesse, entre 2012 et 2014, avant de le suivre à l’Élysée, comme chargée de mission, lorsqu’il était conseiller “relations avec les élus” au cabinet de François Hollande (2014-2016).

04/07/2017 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau secrétaire général au ministère de la Culture

Chef de service, directeur du service à compétence nationale du Mobilier national et des manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie (groupe II), depuis 2015, Hervé Barbaret, conseiller maître à la Cour des comptes, a été promu – en conseil des ministres – secrétaire général du ministre de la Culture. Pour rappel, c'est le numéro deux de ce secrétariat général, Arnaud Roffignon, qui assure l'intérim à ce poste depuis mai dernier. Christopher Miles qui était secrétaire général du ministère de la Culture depuis 2014 a, lui, pris le poste de directeur délégué du Palais de Tokyo.  Administrateur général adjoint (2007-2009), puis administrateur général de l’établissement public du musée du Louvre entre 2009 et 2015, Hervé Barbaret avait occupé les fonctions de directeur général de la Cité de l’architecture et du patrimoine de 2004 à 2007. Titulaire d’un DESS de gestion des télécommunications, Hervé Barbaret, 51 ans, est nommé auditeur à la Cour des comptes en 1993, à sa sortie de l’ENA (promotion "Léon Gambetta", 1993). Il a été promu conseiller référendaire en 1996. Chargé de mission au cabinet de Guy Drut au ministère de la Jeunesse et des Sports en 1997, il est, l’année suivante, chargé de mission auprès du directeur des constructions navales (DCN). Adjoint au chef des services d’expansion économique en Inde de 1999 à 2002, il réintègre alors la Cour des comptes et y reste jusqu’en 2004.

28/06/2017 | NOMINATION FRANCE

Un magistrat de la Rue Cambon missionné sur la filière musicale

Alors que, lors de son déplacement au salon du Midem à Cannes le 8 juin dernier, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, avait annoncé le lancement d’une mission pour, d’une part, établir un diagnostic sur les besoins de la filière musicale et d’autre part, identifier les modalités de soutien à cette filière et engager une réflexion autour d’une “maison commune de la musique”, cette réflexion vient d’être confiée à Roch-Olivier Maistre, conseiller maître à la Cour des comptes. Elle portera sur le périmètre d’activité de cette “maison commune de la musique”, sur sa gouvernance et le rôle de l’État et sur les modalités et la structure de son financement, avec une évaluation précise et documentée des besoins identifiés. Roch-Olivier Maistre devra remettre son rapport à la ministre de la Culture à la fin du mois de septembre. Conseiller maître à la Cour des comptes depuis 2005, président du collège de l’Autorité de régulation de la distribution de la presse depuis 2011, Roch-Olivier Maistre a notamment été médiateur du cinéma au ministère de la Culture entre 2006 et 2012, parallèlement à ses fonctions d’avocat général à la Cour des comptes (2009-2012). Auparavant, ce haut fonctionnaire de 61 ans, formé sur les bancs de Science-Po Paris, a débuté à la ville de Paris comme chef du bureau du théâtre à la direction des affaires culturelles en 1982. Il conseille, de 1986 à 1988, le ministre de la Culture François Léotard, avant de revenir à la ville de Paris, où il est notamment sous-directeur des affaires économiques à la direction des finances et des affaires économiques (1989-1991), puis directeur du cabinet du secrétaire général de la ville de Paris (successivement Guy Maillard et Jean-Michel Hubert), jusqu’en 1993. Roch-Olivier Maistre prend ensuite la direction de la Comédie-française de 1993 à 1995, puis il est nommé secrétaire général du Conseil de Paris et directeur du cabinet du questeur du Conseil Roger Romani en 1995. En 2000, ce magistrat de la Rue Cambon rejoint l’Élysée comme conseiller pour l’éducation et la culture du président de la République Jacques Chirac, jusqu’en 2005.

27/06/2017 | NOMINATION FRANCE

L’ancien dircab’ de Najat Vallaud-Belkacem rejoint le Commissariat général à l’investissement

Directeur de cabinet de l’ex-ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem entre octobre 2016 et l’alternance de mai 2017, Olivier Noblecourt a été nommé directeur du programme “Urbanisme et cohésion sociale” au Commissariat général à l’investissement. Placé auprès du Premier ministre, le Commissariat général à l’investissement est chargé – depuis 2010 – de veiller à la cohérence de la politique d’investissement de l’État et de la mise en œuvre du programme d’investissements d’avenir (anciennement appelé “grand emprunt”). Conseiller spécial, puis directeur adjoint de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem de 2014 à 2016, Olivier Noblecourt, 40 ans, est un ancien élève de Sciences-Po Grenoble. Avant de rejoindre le cabinet de l’ex-ministre de l’Éducation nationale, il a été l’adjoint au maire PS de Grenoble, Michel Destot, de 2008 à 2014. Auparavant, Olivier Noblecourt a d’ailleurs fait toute sa carrière auprès de Michel Destot. D’abord son assistant parlementaire à l’Assemblée nationale, il travaille auprès de lui à la mairie de Grenoble et y enchaîne les postes : chargé de mission et responsable du Conseil national des missions locales en 1998, puis chef de cabinet en 2000 et enfin directeur de cabinet de 2001 à 2008.

23/06/2017 | NOMINATION FRANCE

L’ex-conseillère sociale d’Audrey Azoulay nommée dans les services déconcentrés

Conseillère sociale, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, au cabinet de l’ex-ministre de la Culture Audrey Azoulay entre février 2016 et l’alternance de mai 2017, Karine Duquesnoy, directrice du travail, a été nommée directrice régionale adjointe des affaires culturelles d’Île-de-France. Elle succède à Jean-Pascal Lanuit, en poste à la direction régionale des affaires culturelles Île-de-France depuis 2013. Directrice des ressources humaines de l’établissement public du parc et de la grande halle de la Villette de 2010 à 2016, Karine Duquesnoy, née en 1969, est diplômée de l’IEP de Bordeaux et ancienne élève de l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (Intefp). Elle a débuté sa carrière en 1996 au ministère du Travail comme responsable du service “Restructurations et modernisation des entreprises” de la direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle de l’Essonne avant de rejoindre, en octobre 1998, la direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle de Paris, d’abord en tant que chargée de mission auprès du directeur des interventions en entreprise puis, en 2000, comme inspectrice du travail en section d’inspection. Karine Duquesnoy intègre le ministère de la Culture en 2005 comme chargée de mission pour les questions professionnelles au bureau des affaires juridiques, de l’économie et des industries culturelles puis, l’année suivante, comme cheffe du bureau de l’emploi du spectacle vivant de la direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, qui devient, en 2009, la direction générale de la création artistique. Par ailleurs, elle est également, depuis 2013, présidente du conseil paritaire “spectacle vivant” de l’Afdas au titre de l’Association de représentation des établissements nationaux entrepreneurs de spectacle (Arenes).

19/06/2017 | NOMINATION FRANCE