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Françoise Nyssen : “Je souhaite proposer aux collectivités une nouvelle contractualisation”

Alors que se réunit mardi 31 octobre le Conseil des collectivités territoriales pour le développement de la culture (CCTDC), la ministre de la Culture indique à Acteurs publics comment elle compte “renouveler et renforcer” les relations entre son ministère et les collectivités. Françoise Nyssen souhaite également donner plus d’autonomie aux directions régionales des affaires culturelles (Drac).

30/10/2017 | ACTUALITÉ

Le budget 2018 de votre ministère est préservé avec notamment un plus pour les crédits des services déconcentrés (les directions régionales des affaires culturelles). Quelle est la priorité assignée à ces directions régionales ? Les crédits déconcentrés sont effectivement en hausse de 6 % en 2018, ce qui représente 860 millions d’euros en direction des territoires. Notre pays fait aujourd’hui face à un défi de cohésion. La culture constitue une des clés pour relever ce défi. Ma priorité est d’offrir des services publics culturels à tous, et notamment à ceux qui sont dans une situation ou dans un sentiment d’exclusion – qu’elle soit sociale, économique, numérique ou encore géographique. Les directions régionales du ministère peuvent aller au-devant de ces publics, les toucher au plus près. Nous augmenterons de 35 millions d’euros le budget dédié au soutien d’actions d’éducation artistique et culturelle, à 114 millions d’euros. Nous augmenterons aussi les moyens dédiés au patrimoine, qui est aussi un ressort de vie culturelle de proximité : nous allons créer un nouveau fonds de 15 millions d’euros pour la rénovation des monuments historiques des collectivités territoriales à faibles ressources et consacrer 9 millions d’euros à la revitalisation des centres anciens. La culture sera l’un des leviers de la transformation voulue par le président de la République et le Premier ministre. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir réorganiser le réseau des Drac, trop gestionnaires, “encore organisées comme au temps où elles donnaient de larges subventions”. Allez-vous engager une réforme dans ce sens ? Le gouvernement a engagé un ambitieux programme de réforme, dénommé “Action publique 2022”, pour bâtir des politiques publiques plus souples, plus efficaces, et plus innovantes dans leurs modes d’action. Cela vaut pour les Drac comme pour tous les services publics. Les Drac n’ont pas un rôle de gestion, mais de service aux publics, à tous les publics – citoyens ou professionnels, artistes et créateurs, entrepreneurs, associations. Elles sont au service d’un ministère de la Culture engagé sur le terrain, pour accompagner la vie culturelle, soutenir la création et permettre à tous d’avoir accès à la culture dans sa diversité. Pour permettre à tous les services publics d’agir en adéquation avec les besoins et les attentes, il nous faut redonner de l’autonomie, faire confiance, limiter les textes qui pèsent sur eux. Bref, redonner du pouvoir à ceux qui font. Vous multipliez les déplacements en province pour encourager les Drac à se rapprocher des collectivités. Qu’est-ce qui doit changer aujourd’hui et comment qualifieriez-vous les relations entre les collectivités et les services de l’État dans le domaine culturel ? Je n’utilise pas le terme “province” car je me bats justement pour gommer le sentiment d’une ligne de démarcation entre Paris et le reste de la France. Depuis ma nomination, je me déplace fréquemment sur l’ensemble du territoire. D’ici la fin de cette année, j’aurai fait le tour des régions métropolitaines et je me rendrai dans les outre-mer début 2018. Les collectivités territoriales sont des acteurs culturels de premier plan et des partenaires essentiels pour le ministère. Sur le terrain, elles entretiennent un dialogue fructueux avec les services de l’État, que je souhaite renouveler et renforcer par un nouvel élan de contractualisation.  “Les Drac n’ont pas un rôle de gestion mais de service aux publics, à tous les publics.” Quel doit être ce nouveau cadre de contractualisation entre l’État et les collectivités que vous souhaitez instaurer ? Quelles différences avec les “pactes culturels” voulus à l’époque par Fleur Pellerin [ministre de la Culture de 2014 à 2016, ndlr] ?  Au fil des années et des lois de décentralisation, les relations entre l’État et les collectivités se sont traduites par de nombreux pactes, contrats, conventions. Dans le cadre de la Conférence nationale des territoires, le président de la République et le Premier ministre ont souhaité rénover ce cadre contractuel. Ma démarche s’inscrit pleinement dans ce cadre. Il ne s’agit pas d’ajouter un nouvel outil, mais au contraire de rassembler les outils existants autour d’une ambition politique commune : placer l’éducation artistique et culturelle au cœur de nos politiques culturelles et en faire un levier de solidarité entre les habitants des zones les plus dynamiques et ceux des zones les plus fragiles. C’est une volonté très forte que je partage avec les représentants des collectivités territoriales. Ce sera l’objet principal de nos échanges lors du Conseil des collectivités territoriales pour le développement de la culture (CCTDC), que je réunis le 31 octobre. La question des horaires d’ouverture des bibliothèques est posée avec la mission Orsenna. Comment allez-vous convaincre les collectivités – et avec quels moyens – d’ouvrir leur bibliothèque-médiathèque le dimanche ou tard le soir ? L’État accompagnera les collectivités, sur le plan financier et sur le plan logistique. J’ai confié une mission à Erik Orsenna, qui est en train de réaliser un tour de France pour dresser un état des lieux des bonnes pratiques et me faire des propositions. Il s’agit d’ouvrir plus, mais aussi mieux, pour faire des bibliothèques des “maisons de service public culturel”. Nous constatons qu’elles sont déjà nombreuses à proposer d’autres services que le seul prêt de livres, par exemple des services d’aide aux devoirs ; des cours de français ou de langue étrangère ; ou encore, des services d’accompagnement de retour à l’emploi, comme des ateliers d’aide à la rédaction du C.V. ou de navigation sur les sites de recherche d’emploi. Nous souhaitons accompagner et renforcer ce mouvement. Les collectivités territoriales sont aussi nombreuses à s’être déjà engagées dans l’adaptation des horaires de leurs bibliothèques et médiathèques, pour répondre aux besoins locaux : nous avons lancé la démarche en octobre depuis Rennes, qui a sanctuarisé l’ouverture d’au moins une bibliothèque chaque dimanche. Je pourrais aussi citer Metz, Saint-Amand-Les-Eaux, dans les Hauts-de-France, ou encore de petites communes, comme Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, ou Lampaul-Guimiliau, dans le Finistère, qui ont décidé d’ouvrir davantage, notamment le week-end. Nous souhaitons accompagner toutes les communes dans cette voie. Erik Orsenna me rendra ses conclusions d’ici la fin de l’année. Nous démarrerons ensuite le travail de généralisation dans un département “chef de file” : les Drac seront chargées de mettre autour de la table les élus, les bibliothécaires, ainsi que les structures sociales et les associations locales pour bâtir un projet d’ouverture. Je souhaite qu’à la fin de l’année 2018, nous ayons réussi à engager la transformation de 200 bibliothèques, soit 2 par département. “Bibliothèques : l’État accompagnera les collectivités, sur le plan financier et sur le plan logistique.” Les budgets “culture” des collectivités ont fait les frais des baisses de dotations et des difficultés budgétaires des départements depuis quelques années. Comment inciter les collectivités à ne pas sacrifier ce poste ? La culture est une compétence partagée car c’est une responsabilité partagée. Je me mobilise au sein de l’État pour porter cet état d’esprit, en travaillant main dans la main avec les autres ministères et notamment celui de l’Éducation nationale. L’État a par ailleurs un rôle d’entraînement essentiel, nous le constatons : lorsque nous apportons le premier euro dans un projet, les collectivités se mobilisent. J’ai engagé un dialogue étroit avec elles dès mon arrivée et je souhaite leur proposer une nouvelle contractualisation, qui doit être un nouveau “pacte de confiance”. Pour les collectivités territoriales, l’investissement dans la vie culturelle est un investissement d’avenir. Il suffit de prendre l’exemple de villes comme Nantes, où je me suis rendue récemment, pour comprendre combien la culture est un levier de dynamisme et d’attractivité pour un territoire. Les régions, qui organisent les conférences territoriales de l’action publique, sont-elles les mieux placées pour mettre la culture au cœur des territoires, sachant qu’elles ont déjà des priorités : emploi, formation professionnelle, développement économique, transports ? L’échelon départemental n’est-il pas le mieux placé ? Tous les échelons ont leur rôle à jouer. La culture recoupe un grand nombre de compétences, partagées entre les différentes collectivités : l’éducation – de la maternelle au lycée –, l’emploi, la formation, le développement économique, le tourisme, la cohésion, etc. Tous les échelons sont justement placés pour aider la culture. Si nous avons souhaité que les régions organisent les conférences territoriales de l’action publique, c’est pour réunir un grand nombre d’acteurs culturels et d’élus, et parce que les réseaux professionnels sont souvent constitués à cette échelle. Les conférences territoriales de l'action publique sont une chance pour faire vivre la compétence culturelle partagée. Je souhaite que les régions s’en saisissent. Êtes-vous favorable à une nouvelle étape dans la décentralisation des politiques culturelles ? L’État a-t-il les moyens de garantir la présence culturelle sur tout le territoire ? Je m’inscris dans une nouvelle étape qui doit permettre de rénover les relations entre l’État et les collectivités, de laisser la possibilité de mener des expérimentations et d’accompagner le développement de projets culturels. Ce n’est pas une nouvelle décentralisation institutionnelle, mais plutôt un nouvel état d’esprit. Je veux aussi préciser la répartition des missions entre administration centrale du ministère, services déconcentrés et opérateurs nationaux, qui ont une responsabilité de diffusion territoriale. J’invite ainsi les opérateurs à se projeter hors les murs, à développer l’itinérance et la mobilité. C’est seulement par une dynamique globale qui donne davantage de place aux territoires que l’on atteindra ces objectifs. “Ce n’est pas une nouvelle décentralisation institutionnelle, mais plutôt un nouvel état d’esprit.” Quelle est votre feuille de route sur l’éducation artistique et culturelle, qui semble être l’une des priorités de votre action ? Comment mieux travailler avec l’éducation nationale ?  C’est en effet ma première priorité. C’est en agissant dès le plus jeune âge, et notamment à travers l’école, que l’on peut lutter contre les inégalités, bouger les lignes dans la durée, abattre les barrières psychologiques qui freinent l’accès à la culture et nourrissent l’exclusion. Je dis souvent que la culture n’est pas un supplément d’âme, mais qu’elle est constitutive de la personnalité de chacun. L’éducation artistique que j’ambitionne de développer, avec Jean-Michel Blanquer [le ministre de l’Éducation nationale, ndlr], aura deux priorités : mettre l’accent sur la pratique artistique pour en faire une réalité hebdomadaire pour chaque enfant et développer le livre et la lecture. Ainsi, pour les pratiques artistiques, nous allons soutenir le développement des chorales avec un objectif clair : passer d’un établissement sur 5 doté d’une chorale aujourd’hui à un établissement sur 2 à la rentrée 2018. Et, après avoir commencé l’année scolaire en septembre 2017 par “la rentrée en musique”, nous la finirons par la Fête de la musique à l’école, en juin 2018. Allez-vous pouvoir expérimenter dès 2018 le pass culturel promis par Emmanuel Macron durant sa campagne ? Quels sont les territoires concernés ? Quels sont les obstacles à surmonter aujourd’hui ?  Oui, nous avons démarré le chantier et nous lancerons les premiers tests l’année prochaine. Le pass incarne une nouvelle génération de politique culturelle. Nous allons rendre les jeunes directement acteurs de leurs choix culturels avec cet outil, qui a vocation à se présenter sous forme numérique – une application pour smartphone par exemple – et qui donnera accès à des œuvres, à des sorties culturelles comme des concerts, mais aussi à de la pratique artistique, comme des cours de dessin. Je le conçois comme un “passeport” culturel d’entrée dans la majorité, qui s’inscrira dans la continuité du parcours culturel suivi à l’école. Les contours précis de l’offre et de l’outil techniques seront précisés dans les prochains mois. Nous allons en effet coconstruire ce pass avec ceux qui en seront les futurs usagers : les jeunes. Nous allons engager une concertation au long cours avec un premier grand événement de lancement au mois de décembre. Nous nous donnons ensuite jusqu’à la rentrée de septembre 2018 pour élaborer une version test – il est trop tôt pour indiquer sur quelle portion du territoire ou de l’offre nous l’expérimenterons. Nous avançons véritablement en mode start-up sur ce projet, pour répondre au mieux aux attentes de ceux qui en seront les bénéficiaires.  Enfin, question qui concerne les élus locaux et les territoires, allez-vous fusionner ou mutualiser le réseau de France 3 et France Bleu en région ? Je veux d’abord redire ici avec force que les médias de service public jouent un rôle irremplaçable dans notre paysage médiatique et culturel, et, plus généralement, dans une société en mal de repères. Ils fournissent une information de référence, soutiennent la création, accompagnent la transition numérique et font rayonner la France à l’international. Dans un paysage audiovisuel en pleine mutation, avec l’arrivée des grands acteurs numériques, l’audiovisuel public doit se transformer. Cette transformation a déjà été engagée par les différents acteurs et il faut le saluer. Pour ce qui est des réseaux régionaux, j’ai déjà dit qu’il ne s’agissait pas de fusion, mais de coopérations renforcées et de synergies. C’est ce qui se fait déjà avec Franceinfo : ce projet qui réunit Radio France, France Télévisions, l’INA et France 24 permet au service public d’offrir une information en continu et de grande qualité sur tous les canaux – radio, télé, numérique. C’est aussi vrai au niveau local. France Bleu et France 3 coopèrent déjà : elles ont par exemple conduit des interviews communes pour l’élection présidentielle. L’avenir de l’audiovisuel public passe par ces coopérations, qu’il faut prolonger et accélérer. Il doit y avoir un réflexe constant de productions et projets communs, pour renforcer l’audiovisuel public. C’est un sujet que j’évoque avec ses dirigeants, avec qui nous travaillons en étroite coopération. Propos recueillis par Bruno Botella  


L’Institut Montaigne veut que les régions pilotent seules la formation professionnelle initiale

Actuellement, la formation professionnelle initiale est pilotée d’un côté par la voie scolaire, qui relève de l’éducation nationale, et de l’autre par la voie professionnelle, qui relève des conseils régionaux. La “décentralisation” prônée par le think tank libéral impliquerait le transfert des personnels dédiés des services académiques d’inspection de l’apprentissage.

10/10/2017 | ACTUALITÉ

Les conseils régionaux devraient être pleinement responsables du pilotage territorial de la formation professionnelle, recommande l’institut Montaigne dans une étude publiée le 8 octobre, parmi une série de mesures visant à développer l’apprentissage en France. Actuellement, la formation professionnelle “initiale” est pilotée d’un côté par la voie scolaire (lycées professionnels), qui relève de l’éducation nationale, et de l’autre par la voie professionnelle (centres de formation d’apprentis, CFA), qui relève des conseils régionaux. Cette coexistence “interdit un véritable pilotage” de la carte des formations professionnelles initiales “de manière souple et cohérente”, regrette l’institut Montaigne, think tank réputé libéral. Il y voit “un obstacle à la fois à l’adaptation de l’offre de formation aux besoins du monde économique et à la rationalisation des coûts”. L’étude relève des “implantations parfois inadaptées” ou l’“impossibilité de fermer certaines classes en lycée professionnel dont on sait pourtant qu’elles devraient l’être”. Transfert de personnel Pour l’institut, les conseils régionaux apparaissent comme “la collectivité locale la plus à même de réaliser les arbitrages nécessaires sur la carte” de ces formations, compte tenu “de leurs compétences générales en matière de développement économique, de formation professionnelle continue et par leur proximité avec le monde économique”. Cette “décentralisation” impliquerait le transfert des personnels dédiés des services académiques d’inspection de l’apprentissage (SAIA). Actuellement logés au sein des rectorats, ces services sont responsables du contrôle pédagogique des formations dispensées en CFA. Le conseiller d’orientation doit aussi être placé sous l’égide de la région, recommande l’institut, de même que les personnels enseignants des lycées professionnels. Cette décentralisation s’accompagnerait aussi d’“une exigence de résultats”, qui pourrait se traduire par une “indexation des dotations” ou par “des transferts de recettes” aux régions, dépendant directement des “efforts consentis par les régions en la matière” et des “résultats obtenus”. Préparation à l’apprentissage pour les décrocheurs En outre, l’institut propose de généraliser le dispositif d’initiation aux métiers en alternance (Dima), ouvert aux jeunes de 16 ans et qui reste aujourd’hui “anecdotique”. Autres idées : la création d’une filière de préparation à l’apprentissage pour les décrocheurs, qui bénéficierait de financements “spécifiques” ; la création d’une première année en CFA sans contrat d’apprentissage (équivalent à la seconde professionnelle en bac professionnel). L’institut estime que ces mesures, qui doivent selon lui être prises en compte dans leur globalité, auraient un effet “bénéfique” sur les finances publiques. Le coût annuel d’un apprenti au niveau du bac professionnel pour les finances publiques (État et région) est estimé à 6 300 euros, contre 12 400 euros pour un élève en lycée professionnel. Avec AFP  


La Cour des comptes demande un droit de suite sur la gestion des enseignants

Quatre ans après un rapport très polémique sur le métier d’enseignant, la Cour des comptes se rappelle au bon souvenir du ministère de l’Éducation nationale le 4 octobre, taclant le manque de courage des ministres, incapables d’assortir les moyens qu’ils injectent dans le système éducatif de contreparties en termes de conditions d’exercice et d’organisation du temps de travail.

04/10/2017 | ACTUALITÉ

“Une occasion a certainement été manquée.” Avec tact, la Cour des comptes relève le peu de cas qui a été fait par le ministère de l’Éducation nationale d’un rapport pourtant très clair, dénommé “Gérer les enseignants autrement” et publié en mai 2013. La pédagogie consistant bien souvent dans l’art de la répétition, les magistrats financiers de la troisième chambre ont donc eu la bonne idée de remettre au goût du jour leurs propositions dans un nouvel opus reprenant exactement le même titre, publié le 4 octobre 2017. Passées les amabilités, la Cour en vient aux choses sérieuses, détaillant par le menu “les rigidités”, “la déconnexion”, “le défaut de lisibilité et d’attractivité”… En somme, “le manque d’ambition” des ministres de l’Éducation nationale, s’agissant de la gestion des ressources humaines. “Aux enjeux quantitatifs [874 000 enseignants, soit les trois quarts des agents de la catégorie A de l’État, ndlr] s’ajoutent des enjeux qualitatifs évidents”, affirme-t-elle. “Méthode de la contrepartie” Car l’éducation nationale souffre d’un péché originel : en contrepartie d’efforts budgétaires importants, elle n’a jamais su négocier de modification des conditions de gestion des enseignants en vue de faire face aux exigences du système éducatif. “Ce que nous proposons, c’est la méthode de la contrepartie, explique Géraud Guibert, conseiller maître et coauteur de ce rapport. Toutes les mesures que nous présentons peuvent être discutées et mises en œuvre.” La Cour des comptes a tiré trois constats principaux : tout d’abord, le cadre d’exercice du métier d’enseignant demeure en décalage avec les objectifs qui leur sont assignés et les attentes qui s’expriment à leur égard. Ensuite, le système d’affectation des enseignants reste insuffisamment adapté aux contextes locaux, aux profils des élèves et à la difficulté des postes. Enfin, les pilotages des effectifs, des rémunérations et du temps de travail des enseignants font l’objet de décisions multiples et déconnectées, sans cohérence d’ensemble ni mise en perspective pluriannuelle. Créer des licences bivalentes Même si la formation initiale des enseignants a été rétablie en 2013 à travers la création d’écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), “la professionnalisation des futurs enseignants” laisse encore à désirer. “L’offre de formation des universités pourrait mieux tenir compte en amont des besoins du système scolaire, par exemple en créant un plus grand nombre de licences bivalentes, qui permettraient notamment une diversification de la formation des professeurs des écoles”, suggère ainsi la Cour, comme elle le faisait déjà en 2013. Quant à la formation continue, elle n’est une obligation que pour les enseignants des écoles primaires. “Cela place la France en net décalage par rapport aux autres pays européens, dans lesquels la formation continue constitue une obligation professionnelle et une condition à l’obtention d’une promotion”, relève Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes. Lequel ajoute que “contrairement au reste de la fonction publique, il n’existe pas d’entretien annuel de formation pour les enseignants”. Annualiser le temps de travail S’agissant de la réforme du temps de travail des enseignants de collèges et lycées engagée en 2014 par l’ancien ministre Vincent Peillon, elle n’a eu “qu’une portée et des résultats limités”, l’annualisation du temps de travail n’ayant même pas été envisagée par le ministre. En restant à un rythme de travail hebdomadaire (18 heures pour un professeur certifié et 15 heures pour un agrégé), “aucune souplesse n’a été introduite” et l’ensemble des heures d’activités effectuées en dehors de la classe ne sont toujours pas comptabilisées.  Au sujet de l’évaluation des enseignants, réformée à la rentrée 2017 à la faveur du protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR), la Cour relève que ce système nouveau ne modifie pas les fondements du dispositif actuel, le rôle d’appréciation des chefs d’établissement restant “modeste”. En outre, l’évaluation “n’incorpore pas d’éléments tenant aux résultats des élèves, ce qui demeure atypique au plan international – comme si les résultats des élèves n’étaient pas intéressants”, commente Didier Migaud, qui souligne que ses remarques relèvent du “bon sens”. Chefs d’établissement sans marges de manœuvre En termes de pilotage, la Cour souligne enfin que les responsables d’établissement (directeurs d’école ou chefs d’établissement) demeurent “dans un positionnement ambigu vis-à-vis des enseignants”, qui ne leur permet pas de disposer de marges de manœuvre suffisantes pour adapter au plus près l’organisation de l’enseignement aux besoins des élèves, “alors même qu’ils sont les mieux placés pour le faire”. Ce “bon sens” parviendra-t-il à pénétrer les esprits de la Rue de Grenelle ? Et plus précisément celui du ministre, Jean-Michel Blanquer, dont les écrits et les engagements recoupent fort les constats du rapport “Gérer les enseignants autrement” [lire notre interview] ? “Ces recommandations viennent nourrir la réflexion actuelle en matière de ressources humaines dans l’éducation nationale”, écrit ainsi le ministère dans sa réponse à la Cour des comptes. Prime à négocier Jean-Michel Blanquer, qui vient de procéder à un changement de directeur général des ressources humaines [lire notre article], revendique d’ailleurs une politique des ressources humaines “globale et systémique” portant aussi bien “sur le recrutement et la formation, initiale et continue, que sur la gestion et la diversification des carrières”. Et comme un premier gage d’adoption de “la méthode de la contrepartie” prônée par les magistrats financiers, le ministre a annoncé que le versement de la prime de 3 000 euros aux enseignants de l’éducation prioritaire – promesse de campagne d’Emmanuel Macron – serait conditionné à “une négociation” avec les parties prenantes [lire notre article].


Les maires ne se font pas prier pour revenir à la semaine de 4 jours d’école

Selon l’Association des maires de France (AMF), plus de 43 % des communes ont opté pour un retour à la semaine de 4 jours à l’école. Les régions académiques Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse et Nord-Pas-de-Calais caracolent en tête.

19/09/2017 | ACTUALITÉ

À force, l’Association des maires de France (AMF) aura bel et bien la peau de la réforme des rythmes scolaires initiée par l’ancien ministre, Vincent Peillon. En cette rentrée, pas moins de 43,3 % des communes sont repassées à la semaine des 4 jours, annonce l’association le 19 septembre. Soit plus encore qu’escompté par le ministère de l’Éducation nationale, qui tablait en juillet sur un total – déjà impressionnant – de 36,8 %. D’assouplissement en dérogation, le premier coup de canif avait été donné par les propres successeurs du ministre socialiste, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, à travers deux décrets en mai 2014 et en avril 2017. Mais le coup de grâce est venu de la main de Jean-Michel Blanquer, dès son arrivée rue de Grenelle, en mai. À l’époque, les associations d’élus communaux s’étaient ouvertement inquiétées de tant d’empressement, tout en saluant sous cape la charge portée par le nouveau ministre à l’encontre de la semaine de 4,5 jours [lire notre article]. Année scolaire très courte “Ce sujet des rythmes scolaires avait mis la France dans une ornière, estimait, fin août, Jean-Michel Blanquer [lire notre interview]. Le grand problème en 2012 et 2013, c’est qu’une solution uniforme a été appliquée à l’ensemble du pays. Et les discussions préalables n’ont rien changé à cette sensation de plaquage.” Place, donc, aux “nouveaux rythmes”, clame l’AMF*. Ceux de 2017, qui ne sont autres que ceux de 2008, date à laquelle le ministre d’alors, Xavier Darcos, décidait subitement de passer à la semaine de 4 jours. Un acte très politique qui fait de l’année scolaire française l’une des plus courtes de l’OCDE, avec 144 jours. La rentrée 2017 affiche néanmoins une différence notable : le planning des écoliers varie largement d’une localité à l’autre. L’enquête de l’AMF montre ainsi que dans l’académie de Lille, ce sont 78,5 % des communes qui sont revenues à 4 jours ; elles sont 82,4 % dans celle d’Aix-Marseille et 81,2 % dans celle de Nice (région académique Provence-Alpes-Côte d’Azur). “Le record est détenu par la Corse, avec 97 % de communes revenues à 4 jours (seules 4 communes ne l’ont pas fait)”, relève l’AMF. À l’inverse, les académies de Poitiers et Nantes (respectivement 12,3 % et 18,4 % de retour aux 4 jours) sont celles qui sont le plus restées sur une organisation à 4,5 jours. Dix académies plus promptes au retour en arrière Des disparités se font jour au sein même des académies, d’un département à l’autre. Ainsi, dans l’académie de Bordeaux, “on passe d’un taux de retour de 37,6 % dans le Lot-et-Garonne à… 1,6 % dans les Landes ; idem dans celle de Besançon, avec 51,6 % en Haute-Saône contre 5,5 % dans le Jura ; encore celle de Limoges, avec un grand écart entre les 74 % dans la Creuse et les 13,4 % de la Haute-Vienne”, énumère l’AMF. Au final, 10 académies de métropole sont au-dessus de 50 % de retour aux 4 jours : Aix-Marseille, Amiens, la Corse, Créteil, Dijon, Lille, Montpellier, Nice, Rouen et Versailles. Pour leur part, les 3 grandes métropoles que sont Paris, Lyon et Marseille n’ont pas modifié leur organisation du temps scolaire, “même si les deux dernières réfléchissent à le faire l’an prochain”, indique encore cette enquête. Pour soigner encore le travail, l’AMF promet de mener une nouvelle enquête auprès des communes et intercommunalités “pour connaître les motifs de leur choix d’un retour aux 4 jours ou d’un maintien à 4,5 jours et en mesurer les impacts en termes financiers et d’organisation”. Des résultats qui seront scrutés par la Rue de Grenelle lorsqu’ils seront rendus publics, à l’occasion du Congrès des maires, le 22 novembre.   * L’AMF a réalisé une carte – accessible sur le site Maire-info.com – des 21 735 communes disposant d’au moins une école publique.  


La Normandie expérimente un seul recteur pour deux académies

Une rentrée sans recteur ? C’est ce à quoi se préparait l’académie de Rouen jusqu’à ce que le ministère dévoile ses intentions : expérimenter de “vraies régions académiques” où plusieurs académies n’auraient plus qu’un seul et unique recteur.

01/09/2017 | ACTUALITÉ

Dans les annales de l’éducation nationale, on pourra lire que Nicole Ménager fut, en 2017, la dernière rectrice de l’académie de Rouen. L’exfiltration de cette dernière, évincée en juillet sans explications officielles, permet au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de lancer, en cette rentrée, une expérimentation dont il a donné les détails à Acteurs publics le 31 août [lire notre interview]. La Normandie va donc être la première des “véritables régions académiques” voulues par le ministre. Autrement dit, les académies de Rouen et Caen seront placées sous la direction d’un seul et unique recteur, qui devrait être Denis Rolland, actuellement en poste à Caen. L’idée du ministre – lui-même ancien recteur – est très simple : il faut que la carte, bicentenaire, des 30 académies épouse celle de la réforme territoriale qui, en 2015, a créé 13 nouvelles régions. “Nous avons hérité d’une situation très « hybride », très « intermédiaire » et nous devons en tirer les conséquences, explique ainsi dans nos colonnes Jean-Michel Blanquer, en allusion à l’alliage peu fluide des 17 « régions académiques » créées en 2015 et des 30 académies napoléoniennes. Il est normal que nous regardions dans quelle mesure on peut aboutir à de véritables régions académiques dans les temps à venir. Nous allons donc le faire en engageant les travaux et la réflexion dans quelques régions expérimentales.” Une première étape avant de faire évoluer le décret redéfinissant les missions des recteurs et l’organisation des régions académiques. Clarification D’après le ministre, les recteurs, dont l’effectif va progressivement se réduire, “vont bien recevoir l’expérimentation car ils attendent cette clarification”. Car l’avènement en 2015 de “régions académiques” et de “super-recteurs” à leur tête n’a rien fait d’autre ou presque qu’épaissir le mille-feuille administratif. “Une glaciation brejnévienne”, avait-on commenté à l’époque à Matignon, déçu que la ministre Najat Vallaud-Belkacem n’ait pas envisagé d’engager une fusion des académies. “C’est bien d’avoir franchi une première étape. Elle était nécessaire. Si le Premier ministre avait décidé qu’il n’y avait plus que 13 régions académiques (plus 4 en outre-mer), il aurait été compliqué de préparer la réforme du collège et la rentrée 2016”, confiait à Acteurs publics le prédécesseur de Denis Rolland, Philippe-Pierre Cabourdin, en novembre 2016 [lire l’interview]. Rester dans l’état actuel, avec des recteurs de région ayant des attributions spécifiques dans 7 domaines, tout en disant qu’ils sont au même niveau que les autres acteurs, est “une forme de paradoxe”, ajoutait-il. Car officiellement, les 30 recteurs sont tous au même niveau : chacun est responsable de son académie, de son fonctionnement et de son financement. Le modèle de la préfectorale ? Mais les incohérences apparaissent vite. “Par exemple, la carte de la formation professionnelle : elle est une attribution du président de région pour laquelle le recteur de région émet un avis conforme, ce qui veut dire qu’il y accepte d’y mettre certains moyens. Donc il mettrait des moyens dans l’académie voisine de la sienne, sans pour autant la piloter, ni disposer des budgets correspondants ? Par la concertation, tout ceci peut fonctionner mais on complexifie un peu les affaires”, illustrait l’ancien recteur de Caen. Avec ce coup d’envoi d’une réforme de la carte des académies, l’Éducation nationale pourrait bien reproduire le chemin parcouru par l’Intérieur pour les préfets de région, qui coordonnent les préfets de département dans une relation devenue quasi hiérarchique, avec des domaines de compétence propres. L’enjeu sera de ne pas perdre de vue les élèves, le recteur de région académique pouvant difficilement se rendre dans toutes les classes d’un si vaste territoire… Dans le Grand Est par exemple, quatre ou cinq heures sont nécessaires pour traverser la région académique. 


Le ministère de l’Enseignement supérieur prié de s’intéresser aux classements internationaux

Un rapport conjoint des inspections générales des Finances et de la Recherche enjoint au ministère de l’Enseignement supérieur de se préoccuper davantage des classements internationaux, où les universités françaises sont loin de briller.

23/08/2017 | ACTUALITÉ

Le ton est diplomatique mais l’intention est ferme : il est grand temps que le ministère de l’Enseignement supérieur ouvre les yeux sur la place peu glorieuse des universités françaises dans les classements internationaux. Conjointement, l’inspection générale des Finances (IGF) et l’inspection générale de l’Administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) s’emploient donc à tracer la voie, dans un rapport publié fort à propos quelques jours après la sortie du classement de Shangaï, le 15 août. Dans ce classement considéré comme le plus influent, et où dominent les facultés américaines, la première université française (Pierre et Marie Curie Paris-VI) n’arrive qu’en 40e position. Et seuls 20 établissements tricolores figurent dans le top 500. Ce que confirme la mission d’inspection générale : “Les établissements d’enseignement supérieur français représentent 4 à 4,4 % des établissements qui apparaissent dans les 500 premiers des classements internationaux.” Épais brouillard Un poids plume qui reste néanmoins légèrement supérieur au poids des publications scientifiques françaises dans les publications mondiales en 2013 (3,30 %)… Un épais brouillard empêcherait donc notre enseignement supérieur et notre recherche de percer sur la scène internationale. Toujours dans le classement de Shangaï, les établissements d’enseignement supérieur français sont moins bien placés que ceux des principaux pays comparables. “La France représente 4,4 % des établissements classés et se situe derrière les États-Unis (27,6 %), la Chine (8,2 %), l’Allemagne (7,6 %) et le Royaume-Uni (7,4 %)”, détaille le rapport. De plus, “elle est globalement moins présente que ces mêmes pays dans la première partie du classement”. Pire, insistent les inspections générales, “au regard de plusieurs indicateurs tels que le poids démographique, le PIB national ou la part du PIB consacrée aux dépenses de R & D, la situation de la France dans ce classement est moins favorable que celle de ses principaux concurrents”. Pourquoi ? La réponse est simple et claire : “L’État n’a jamais véritablement, sauf avec les initiatives d’excellence, encouragé la création et la montée en puissance de « champions mondiaux » dont les niveaux de ressources, le degré d’autonomie et la capacité à choisir leurs étudiants sont sans commune mesure avec ceux des établissements d’autres pays.” Maquis de classements Pas d’emballement pour autant : la réponse aux classements ne peut pas s’appuyer sur “une uniformisation des critères d’évaluation d’établissements souvent différents” ni sur “une trop grande standardisation des outils de structuration du système d’enseignement supérieur et de recherche”. D’autant que tous ces palmarès ne se valent pas. Ainsi, le classement de Shangaï, qui se caractérise par la stabilité et la transparence de ses méthodes, est “utile” pour évaluer la réussite des programmes d’excellence mis en place dans plusieurs pays, tandis que les classements de Leiden et Webometrics sont “bien adaptés à une réflexion stratégique scientifique construite par les établissements d’un site”, décrit le rapport. En revanche, les classements de THE et QS permettent de mettre en valeur la diversité des points forts des différents établissements d’un site, “mais ils présentent l’inconvénient de reposer sur des données dont la qualité n’est pas vérifiable”. Idem pour le U-Multirank, qui “souffre encore d’un décalage entre la pertinence et l’intérêt du projet annoncé et les insuffisances de l’outil”. Dialogue de gestion Dans ce maquis, les établissements d’enseignement supérieur attendent de l’État qu’il se saisisse de la problématique des classements, qu’il “pilote le développement d’une ingénierie qui leur soit dédiée”, qu’il “soutienne une politique d’influence relative aux classements et prenne davantage en compte ces derniers dans le dialogue de gestion et la politique contractuelle”. Sur cette base, la mission préconise que le ministère “intègre les classements internationaux dans le dialogue contractuel qu’il mène avec les sites et les établissements d’enseignement supérieur”. Les inspecteurs généraux encouragent également le ministère à développer la production d’analyses statistiques permettant aux établissements de construire leurs propres indicateurs comparatifs. Une base de données qui serait “largement ouverte aux chercheurs” pour nourrir les réflexions sur l’organisation, le fonctionnement et les instruments de pilotage des universités et de la recherche. De quoi dissiper un peu le brouillard ambiant.


L’Institut Montaigne veut connecter les universités au numérique

Le think tank libéral voit le numérique à la fois comme outil de meilleure gestion des universités et comme savoir fondamental à délivrer aux étudiants, à intégrer de manière systématique. Une vision optimiste, qui tient peu compte de la réalité financière des universités françaises.

04/07/2017 | ACTUALITÉ

Faute de formation adaptée, près de 800 000 postes ne seront pas pourvus dans le secteur des TIC dans l’Union européenne en 2020. Partant de ce constat, l’Institut Montaigne en appelle à un électrochoc, dans un rapport publié le 28 juin, convaincu que les universités “peuvent tirer parti des potentialités du numérique pour accroître la qualité de leurs modèles pédagogiques, favoriser l’insertion professionnelle des étudiants et renforcer l’attractivité de nos établissements, en France et à l’étranger”. Les universités “ne se focalisent plus tant sur la maîtrise de compétences propres à un emploi que sur la capacité à anticiper les mutations de la société, à développer un esprit critique et créatif”, écrivent les auteurs. En conséquence, “les étudiants ne doivent plus tant apprendre « qu’apprendre à apprendre » et être prêts à compléter leur formation tout au long de leur cursus professionnel et de leur vie”. Parachever l’autonomisation des universités Et dans ce changement de paradigme, le numérique est la clé. L’Institut Montaigne le perçoit en effet à la fois “comme outil de rationalisation et de meilleure gestion de nos établissements, mais également comme savoir fondamental à délivrer aux étudiants, [qui] doit être intégré de manière systématique aux réformes de notre système d’enseignement supérieur”. Des réformes structurelles des systèmes de formation, initiale et continue, sont donc nécessaires. Et celles-ci “ne pourront s’entreprendre sans que ne soit parachevée l’autonomisation de nos universités, indispensable à la mutation et à la modernisation des établissements”, affirme le libéral Institut Montaigne. Elles devront, en outre, intégrer une approche européenne, dans le cadre d’une relance du processus de Bologne. Lancé en 1998, celui-ci vise à rapprocher les systèmes d’études supérieures européens d’enseignement. Simplification administrative Parmi les 10 propositions du rapport : une maîtrise accrue des données propres à chaque université, le développement des bons outils de pilotage, mais aussi le basculement dans l’innovation ouverte, notamment par la poursuite de la modernisation et de la numérisation des bibliothèques – un vaste et onéreux chantier. Cette évolution, souligne le think tank, “requiert un investissement non négligeable dans les systèmes d’information et leur interconnexion”. D’ailleurs, l’Institut Montaigne recommande une révision des prochaines vagues de contractualisation des universités et des communautés d’universités et d’établissements (Comue) “pour aboutir à une simplification administrative de la tutelle des établissements d’enseignement supérieur et de recherche”. Universités en faillite Pas sûr, cependant, que l’heure soit vraiment aux grandes réformes, alors que 15 des 70 universités françaises connaissent, selon la Cour des comptes, “une situation financière très dégradée”. Depuis leur passage à l’autonomie, décidé en 2007 avec la loi Pécresse (LRU), une majorité d’établissements souffrent d’un manque de moyens chronique. Ainsi, l’université de Bourgogne, qui a décidé de supprimer des heures de cours. Ou celle de Grenoble-Alpes, qui va geler des postes. Au total, 40 000 étudiants supplémentaires sont attendus à la rentrée prochaine dans l’enseignement supérieur… Une situation quasi insoutenable pour de nombreux établissements publics.


Les vacances scolaires, prochain micmac pour les collectivités ?

Alors qu’un projet de décret ouvre la voie au retour de la semaine de 4 jours à l’école, les sénateurs de la commission de l’éducation recommandent au contraire au ministre de maintenir la réforme Peillon en l’insérant dans un cadre des plus sensibles : la réduction de la durée des vacances scolaires.

08/06/2017 | ACTUALITÉ

Jean-Michel Blanquer a coupé l’herbe sous le pied des sénateurs. À peine nommé, le ministre de l’Éducation nationale a dégainé un décret sur les rythmes scolaires ouvrant la possibilité d’un retour à la semaine de 4 jours à l’école primaire, texte soumis ce 8 juin aux membres du Conseil supérieur des programmes. Poli, le nouveau locataire de la Rue de Grenelle a tout de même accordé audience, le 7 juin, à la délégation de la commission de l’éducation du Sénat, qui avait planché six mois durant sur le sujet, non sans mérite, le ministère ne s’étant pas – officiellement – lancé dans l’évaluation de la réforme initiée en 2013 par l’ex-ministre Vincent Peillon. En urgence, Jean-Claude Carle, sénateur LR de la Haute-Savoie, a donc fait passer le message au nouveau ministre : la semaine de 4,5 jours est un bon principe, certes largement perfectible, mais qui a permis à tous les membres de la communauté éducative –enseignants, parents d’élèves, mais aussi collectivités locales et acteurs économiques – de se mettre autour de la table. “C’est un point qu’il faut absolument conserver”, affirme le sénateur devant la presse, le 8 juin, redoutant que le nouveau ministre ne vienne “bouleverser” la donne. Remiser la “culture de la circulaire” Les sénateurs recommandent à Jean-Michel Blanquer de conserver le principe de la réforme tout en l’inscrivant dans un cadre plus large : celui du calendrier scolaire annuel. “La réforme Peillon était impensée, incomplète. En ne touchant que la journée et pas l’ensemble de l’année, notamment le positionnement des vacances, l’ancien ministre est passé à côté du sujet”, juge Jean-Claude Carle. La délégation sénatoriale – composée de 4 élus de tous bords – invite à décloisonner la problématique en expérimentant, dans une académie ou une région académique, de nouveaux modes d’organisation. “L’éducation nationale doit passer de la culture de la circulaire à la culture du contrat, notamment autour du projet éducatif de territoire (PEDT) qui, quand il est bien fait, est un outil et un lieu de partenariat des plus porteurs”, argumente Jean-Claude Carle. Une méthode pragmatique qui pourrait très vite trouver ses limites, une fois ouverte la question de la durée des vacances. Car les lobbies du tourisme font invariablement valoir leurs intérêts en entretenant le totem des deux mois de congés estivaux et en veillant au maintien de 3 zones (A, B, C) pour étaler le plus largement possible les périodes de vacances durant l’année. Varier les rythmes en fonction des territoires Pour sa part, le sénateur de la Haute-Savoie n’y voit pas de péril : “On ne peut pas déconnecter les rythmes scolaires des rythmes météorologiques, mais aussi économiques. L’économie touristique est la première source de recettes pour les collectivités locales en Savoie, c’est un facteur qu’on ne peut ignorer.” Jean-Claude Carle cite ainsi le cas de plusieurs communes proches du Mont Blanc qui expérimentent un rythme annuel différent, certains élèves pouvant s’exonérer de l’école 8 à 10 mercredis du deuxième trimestre. “Ce sont des jeunes qui pratiquent le ski et seront peut-être nos futurs champions ou qui vivront du tourisme”, détaille-t-il. En contrepartie, ces 8 ou 10 matinées sont récupérées en avançant la rentrée scolaire de 4 ou 5 jours. Absence d’évaluation Quant aux incidences de la semaine de 4,5 jours sur les apprentissages des élèves, elles restent encore à établir. “Il n’y a toujours aucune évaluation de la part du ministère !”, s’étonne Jean-Claude Carle. Seul le ressenti des enseignants et parents d’élèves permet d’estimer un effet positif pour les plus grands (CE1et CE2) alors qu’il serait négatif pour les plus petits (maternelle), qui subiraient une plus grande fatigue, rapporte la délégation du Sénat. Seul éclairage, bien mince, fourni par la Rue de Grenelle : le taux d’accidents dans les écoles, relevé chaque fin de semaine, est resté stable depuis 2013…   Une réforme éprouvante pour les collectivités La mise en place de la semaine de 4,5 jours fut extrêmement chaotique, avec trois ordres de difficultés pour les collectivités, rapporte Jean-Claude Carle. D’abord les ressources humaines, les villes ayant dans un premier temps fait appel à leurs personnels, puis à des intervenants extérieurs, avec des contrats précaires et des gens parfois non formés. “Les directeurs académiques des services de l’éducation nationale (Dasen) ont eu, eux aussi, des difficultés à mettre en place des rythmes adaptés, notamment dans les départements à forte croissance démographique, où les personnels se trouvaient déjà fort contraints”, ajoute Jean-Claude Carle. Par exemple, en Haute-Savoie, un tiers des enseignants est à temps partiel, ce qui limite les aménagements possibles. Enfin, des tâtonnements ont eu lieu pour fixer la plage horaire des activités périscolaires, que certaines villes ont fini par masser le vendredi après-midi, allant ainsi à l’encontre de l’esprit de la réforme. Bilan des courses : les collectivités ont déboursé plus d’1 milliard d’euros pour financer la réforme, les aides de l’État versées via le fonds de soutien au développement des activités périscolaires couplées aux aides des caisses d’allocations familiales ne représentant qu’une part comprise entre un tiers et la moitié du total. En 2017, l’État doit verser 373 millions d’euros et la CAF, 100 millions d’euros. Les sénateurs plaident pour que l’État continue d’aider les collectivités locales à améliorer l’offre éducative, ce qui passe par un maintien du fonds de soutien dans le cas où les communes demeureraient à la semaine de 4,5 jours.


Les rythmes scolaires pourraient bien semer encore la pagaille

Alors qu’un projet de décret relatif aux rythmes scolaires offre la possibilité aux communes de repasser à la semaine de 4 jours, les associations de maires s’offusquent d’un manque de concertation et redoutent une disparition du fonds d’aide de l’État dédié aux activités périscolaires.

02/06/2017 | ACTUALITÉ

Un rien fanfaron, Christian Estrosi a téléphoné à l’AFP le 1er juin pour annoncer à la France entière qu’à Nice, l’école le mercredi matin, c’était fini. Dès septembre, les écoles de la ville repasseront donc à la semaine de 4 jours, en vertu d’un décret dérogatoire que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, présentera au Conseil supérieur de l’éducation – instance consultative – le 8 juin. “Nice est la première ville à avoir obtenu cet accord”, s’est félicité le maire LR, qui revendique une attitude “constructive” envers le gouvernement Macron. “Le ministre consulte et dialogue actuellement avec les maires. Il a parlé à M. Estrosi comme il l’a fait et le fera avec d’autres maires et l’Association des maires de France (AMF)”, s’est empressé de confirmer le ministère de l’Éducation nationale à l’AFP. Remise en cause pure et simple Sauf que les associations d’élus ont été prises de court. Au point que l’AMF a “saisi le ministre pour demander en urgence des précisions sur les modalités de mise en œuvre des orientations projetées à la rentrée 2017”. Car ce décret n’est autre qu’une remise en cause pure et simple de la réforme initiée par l’ancien ministre Vincent Peillon à la rentrée 2013. Dans un communiqué, les élus de l’association France urbaine s’en étonnent : “Cette organisation est pourtant aujourd’hui stabilisée, après un travail de longue haleine avec l’ensemble des parties prenantes, des dépenses importantes que l’État n’a compensées que partiellement ayant été engagées.” “Il ne faudrait pas que l’État renoue avec cette vieille méthode d’imposer unilatéralement et dans la précipitation de nouvelles dispositions qui impactent au premier chef les collectivités locales, met en garde Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine et maire de Toulouse. J’ai confiance dans la volonté du nouveau gouvernement de mettre en œuvre avec les élus locaux une méthode de réelle concertation.” Mais derrière la grogne affichée, nombre d’édiles se réjouissent largement de ce revirement, saluant “la souplesse” du nouveau ministre, Jean-Michel Blanquer. Ainsi en va-t-il de l’Association des petites villes de France (APVF) et de l’AMF, qui rappelle combien “la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires a provoqué de réelles difficultés pour les communes et intercommunalités, rendant indispensables un certain nombre de mesures d’assouplissement”. Mesures que Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, les prédécesseurs de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle, avaient initiées eux-mêmes par un décret de mai 2014 puis, encore tout récemment, en avril 2017, par un décret prorogeant les dérogations. Fonds de soutien garanti ? Quant au fonds de soutien des activités périscolaires, l’AMF souligne que son montant est “encore très largement insuffisant au regard du reste à charge pour les collectivités”. Au total, depuis la première campagne d’aides du fonds, le montant versé par l’État aux communes s’élevait à 834 millions d’euros pour accompagner la mise en œuvre des nouveaux rythmes, selon un “bilan d’étape” communiqué par le ministère il y a plus d’un an [lire notre article]. À cette date, 85 % des communes suivaient le décret Peillon (janvier 2013) et 15 % le décret Hamon (mai 2014), qui rendait optionnelle la signature d’un projet éducatif de territoire (PEDT). Au nom de l’APVF, Olivier Dussopt, député PS de l’Ardèche et maire d’Annonay, dans l’Isère – lequel s’était fortement mobilisé lors de la préparation du projet de loi de finances 2015 en obtenant la pérennisation du fonds d’amorçage –, s’interroge désormais sur “les possibles bouleversements financiers induits par une éventuelle généralisation du retour à la semaine de 4 jours”. Plus de moyens pour… la police municipale niçoise Dans un contexte de contrainte budgétaire qui demeure “très tendu pour l’ensemble des collectivités, et tout spécifiquement pour les petites villes, qu’adviendra-t-il du soutien financier de l’État pour les communes qui souhaitent maintenir l’organisation du temps scolaire à quatre jours et demi ?” s’inquiète-t-il. À Nice, le coût de la réforme Peillon laissé aux familles (3 millions d’euros, à payer en plus de la cantine) a fait le lit de l’impopularité de la réforme. “Coûteuse et inutile” aux dires de Christian Estrosi, la semaine à 5 jours aurait engendré au total “plus de 6 millions d’euros” de frais par an, dont “à peine 1,5 million pris en charge par l’État”. La mairie assure qu’elle réinjectera environ la même somme (7 millions d’euros) pour réformer sa police municipale et déployer de nouveaux policiers municipaux en patrouille… devant les écoles primaires, voire à l’intérieur, si Christian Estrosi parvient à ses fins. 


Des réseaux féminins pour faire sauter les verrous

Pour abattre les obstacles qui tiennent à distance les femmes des postes stratégiques, des associations ministérielles se créent et livrent une bataille qu’elles savent de longue haleine.

31/05/2017 | ACTUALITÉ

Elles veulent que les hommes arrêtent de penser à leur place. Ces femmes ont acquis la conviction, expérience aidant, que leur seule arme pour y parvenir est de maintenir constamment la pression. Alors, elles n’hésitent pas à en demander toujours plus, profitant de leur réussite professionnelle personnelle pour porter haut et fort la cause de toutes les autres femmes de leur ministère. Telle Marie-France Monéger-Guyomarc’h, présidente de l’association Femmes de l’Intérieur et cheffe de l’inspection générale de la Police nationale (IGPN) qui, le 27 février dernier, a remis les pendules à l’heure, place Beauvau, face au ministre Bruno Le Roux. Alors que les femmes ne représentent que 25 % des effectifs du ministère, elle a directement pointé les premiers responsables : « À l’école professionnelle de gendarmerie, de police, des pompiers, la question de la parité et de l’égalité s’envisage uniquement sous l’angle de la contrainte légale et jamais sous l’angle de l’opportunité, de la chance offerte et de la richesse apportée. » Et ce n’est guère mieux ensuite, l’Intérieur n’offrant « toujours pas de programme de formation pour les cadres dirigeants sur le sujet ». Et Marie-France Monéger-Guyomarc’h d’en conclure que place Beauvau, « subsiste une gestion des ressources humaines qui ne prend pas en compte totalement le sujet, qui n’a toujours pas constitué de vrais viviers de femmes, dès leur sortie d’école, avec des actions de soutien et d’accompagnement pour bâtir des parcours professionnels aboutissant aux plus hauts niveaux de responsabilité ». Poil à gratter et laboratoire d’idées Le franc-parler, c’est la marque de fabrique des pionniers de ces réseaux féminins ministériels nés au tournant de 2010 et aujourd’hui au nombre d’une demi-douzaine. « Les méthodes et moyens diffèrent de ceux d’autres réseaux », analysait la conseillère pour l’égalité des droits à la Place Beauvau, Marie-Hélène Dumeste, préfiguratrice en 2013 de l’association Femmes de l’Intérieur. « Là où les réseaux traditionnels masculins prennent la forme de clubs avec échange d’informations, réseautage avec les recruteurs, lobbying, le réseau féminin professionnel va souvent plus loin, estimait-elle avant d’illustrer : parrainage-marrainage, tutorat, coaching, ateliers de prise de parole, le but est de renforcer l’assurance, d’inciter à postuler, d’apprendre à se rendre plus visible. » Au ministère de la Défense, la médecin-colonelle Chantal Roche, ‎cheffe du bureau « Communication et information » du service de santé des armées et présidente de l’association Avec les femmes de la Défense, créée en juin 2016, a du pain sur la planche. L’armée française a beau être l’une des plus féminisées au monde, avec 54 000 femmes civiles et militaires, la parité est loin d’y être effective : « Sur les 111 postes d’encadrement supérieur, 26 sont occupés par des femmes. Au niveau purement militaire, les choses se corsent avec seulement 4 femmes parmi les 46 postes de haut encadrement », précise-t-elle. Poil à gratter, ces femmes engagées veulent aussi être laboratoires d’idées. Montrer le chemin et mesurer les efforts qu’il reste à fournir. Car elles sont bien placées pour pointer des verrous que l’administration ne veut pas toujours voir. Dualité du statut de la fonction publique Communément considéré par les femmes elles-mêmes comme « protecteur », le statut de la fonction publique s’avère pourtant être un puissant obstacle à la promotion des carrières féminines, notamment du fait de l’exigence de mobilité géographique. « Entre 30 et 45 ans, s’activent les leviers accélérateurs de votre carrière, illustre Hélène Crocquevieille, présidente de Femmes de Bercy et cheffe du Contrôle général économique et financier (Cgefi). Comme par hasard, ce sont les années où l’on peut prendre du temps pour la vie familiale et élever de jeunes enfants. » De fait, le parcours de ces femmes devenues mères de famille et ayant renoncé à une mobilité est alors considéré comme moins dynamique, présentant moins de potentiel. « Et à 45 ans, on n’ira pas forcément vous chercher », tranche Hélène Crocquevieille, qui trouve dommage qu’on ne réfléchisse pas davantage à instaurer plus de souplesse dans ces paliers de carrière. La fonction publique devrait permettre « des temps un peu moins intensifs dans la vie professionnelle avant d’en avoir de plus intensifs par la suite », estime la présidente de Femmes de Bercy. Un avis que partage Françoise Liébert, haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes au ministère de l’Agriculture. « À titre personnel, je pense que l’obligation de mobilité devrait être allégée pour certains types d’emploi dans toute la fonction publique. Au ministère de l’Agriculture, la mobilité fonctionnelle vaut autant que la mobilité géographique », illustre-t-elle. Aussi faudrait-il revoir, poste par poste, l’obligation de mobilité. « Ce serait bénéfique pour l’État également. On n’est pas obligé faire partir les gens pour un changement d’échelon, c’est une réflexion à reprendre au fond », selon Françoise Liébert. Contrer l’autocensure dès 30 ans Pour Nathalie Pilhes, présidente de l’association Administration moderne et cheffe de file de l’appel aux candidat(e)s à l’élection présidentielle pour un pilotage paritaire de l’État  signé par 4 réseaux féminins, l’une des clés réside dans la constitution d’un vivier à caractère interministériel de femmes dès l’âge de 30 ans. Fondement d’une véritable gestion des ressources humaines, ce vivier permettrait notamment de « contrer les phénomènes d’autocensure et les contraintes qui interviennent très rapidement dans la carrière des femmes ». Si l’idée peut paraître séduisante, Kareen Rispal, haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes au ministère des Affaires étrangères et du Développement international (Maedi), met néanmoins en garde contre la levée de boucliers qu’elle pourrait entraîner : « Si, en plus de donner une part du gâteau à des femmes, les hommes la donnent à des femmes qui ont passé un autre concours que le leur, ça sera encore plus difficile. » Une position qui ne l’empêche pas de promouvoir pour autant l’ouverture du vivier… au secteur de l’entreprise. « Injecter dans le vivier, par exemple, une créatrice de start-up, oui, mais pas une énarque pour une autre énarque, cela n’apporterait pas grand-chose », affirme Kareen Rispal, qui a elle-même passé quatre ans dans le privé au poste de directrice du développement durable et des affaires publiques chez Lafarge. Une couleuvre peut-être encore plus longue à avaler pour nos hauts fonctionnaires.


Mathieu Jeandron : “Les données des élèves ne peuvent pas être réutilisées”

Rien ne s’oppose à ce que les enseignants recourent à des services numériques produits par Google ou Microsoft. C’est le message adressé par le directeur du numérique éducatif (DNE) du ministère de l’Éducation nationale, Mathieu Jeandron, dans un courrier aux services académiques qui a mis en émoi une partie de la communauté éducative et des cadres du ministère. 

18/05/2017 | ACTUALITÉ

Dans quel cadre avez-vous envoyé ce courrier ? Ce courrier électronique est le résultat d’un travail opérationnel mené depuis plusieurs mois. J’ai simplement formulé par mail ce que j’avais indiqué aux délégués au numérique (DAN) en académie et aux directeurs des systèmes d’information (DSI) lors de notre réunion des 4 et 5 mai. Nous travaillons depuis de longs mois sur la question des usages du numérique dans le domaine de la pédagogie. Des milliers d’enseignants utilisent des services numériques de type Google ou Microsoft pour faire du partage de vidéos, des interactions entre professeurs et élèves ou entre élèves… Cela se fait à titre expérimental et à petite échelle. Ces usages sont souvent très pertinents et il nous faut désormais travailler avec les promoteurs des services numériques pour fixer un cadre juridique propre à l’éducation nationale. C’est l’objet de la charte de confiance que nous sommes sur le point de publier, qui précise les attendus et les obligations des entreprises du numérique, comme, par exemple, l’absence de publicité. Cette charte de confiance n’est donc toujours pas signée, plus d’un an après son annonce, en mars 2016 ? Nous avons saisi la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés, ndlr] fin mars et avons reçu sa réponse il y a quelques semaines. Dans son avis, la Cnil nous recommande quelques modifications de la charte. Nous avons discuté avec les signataires que sont l’Afinef [Association française des industriels du numérique, ndlr], le Syntec numérique et le Syndicat national de l’édition, qui ont donné leur accord. Je ne peux, à ce stade, donner davantage de détails car le processus de négociation n’est pas encore totalement arrivé à son terme. Les Gafam [Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, ndlr] ont accepté de modifier leurs conditions contractuelles pour s’adapter à nos prérequis et à la législation française comme européenne. Ainsi, les conditions générales d’utilisation de Google for Education ou de Microsoft for Education sont écrites en français et l’on peut, en cas de litige, aller devant un tribunal français. De même, l’absence de publicité est clairement mentionnée. Les données des élèves ne peuvent pas être réutilisées. Même sans charte, nous disposons donc déjà de solides principes sur lesquels les Gafam se sont engagés. Pourtant, au sein même du ministère, certains cadres estiment que la démarche favorise clairement les géants du numérique américains… Deux philosophies s’affrontent : la première est celle d’un ministère qui cherche à tout maîtriser a priori et à construire un environnement “maison” qui n’est que dans l’illusion du contrôle en mettant des interdictions et des outils de filtrage informatique. Car derrière, il est impossible de suivre toutes les innovations (des centaines de millions d’euros sont investis chaque année par les entreprises du numérique, françaises et étrangères), ni de répondre à toute la variété des besoins des enseignants. La conséquence ? Les enseignants en arrivent à des usages détournés du numérique, en recourant à des produits non référencés, non connus et avec des conditions générales d’utilisation qui s’appliquent aux particuliers et sont, à ce titre, bien moins protectrices que celles que l’Éducation nationale requiert. Cette première philosophie conduit donc à un paradoxe : alors que la centrale croit tout maîtriser, des données se retrouvent couvertes par des contrats très peu protecteurs. La direction du numérique éducatif (DNE) prône une autre voie : celle de l’ouverture raisonnée du système éducatif aux services numériques. Nous sommes à l’écoute des élèves et des enseignants sur le terrain et nous tentons de trouver le cadre juridique le plus protecteur possible pour les usages pédagogiques pertinents. Il ne s’agit en aucun cas de donner les clés du camion aux Gafam ! Il s’agit de proposer un cadre sécurisé qui permet aux enseignants de faire le choix de l’outil qui leur convient, dans toute la diversité de ce qui existe dans le monde numérique. « Ce n’est pas à l’administration centrale de faire tous les choix opérationnels. » Les contrats étant passés par les établissements ou les collectivités locales, la marge de manœuvre de la DNE reste très limitée… Heureusement, il existe une autonomie des académies et des établissements, et ce n’est pas à l’administration centrale de faire tous les choix opérationnels ! Mais la DNE est en capacité de repérer les usages les plus innovants, de mettre en œuvre des dispositifs expérimentaux, d’apporter son soutien, d’être en impulsion de conditions générales d’utilisation cadre. La présidente de la Cnil, Isabelle Falque-Pierrotin, a récemment regretté que beaucoup d’enseignants se lancent seuls dans l’utilisation de certaines applications produites par les Gafam, dans un vide juridique total… En effet, plus d’1 million d’élèves utilisent des outils numériques externes dans le cadre scolaire, sans que l’on en connaisse exactement les conditions d’utilisation, sans être certains que les familles ont été informées correctement. Notre enjeu, commun avec celui de la Cnil, est d’améliorer ce cadre juridique pour éviter que les règles applicables soient uniquement celles en vigueur pour le grand public. Mais ces enseignants sont dans leur rôle, car se confronter à ces services numériques fait désormais partie de l’éducation. Il faut également relativiser : parmi ces données, souvent, aucune n’est nominative et il s’agira essentiellement d’un exercice de maths ou d’une traduction d’anglais mis en ligne. En tout état de cause, il ne s’agira jamais des notes ou des diplômes des élèves, gérés dans nos systèmes d’information internes. Comment garantir une souveraineté des données scolaires quand on sait que les données personnelles captées par les Gafam peuvent être stockées à l’étranger ? La charte de confiance garantira-t-elle un stockage en France ? Nous souhaitons privilégier l’hébergement des données en France mais dans le cadre européen en vigueur, elles peuvent l’être aussi dans le territoire de l’Union européenne ou à l’extérieur. L’hébergement des données aux États-Unis sous le régime du Privacy Shield prévoit des clauses de contrat-type qui sont réputées équivalentes aux clauses européennes en termes de sécurité. De plus, beaucoup d’entreprises françaises se développent dans le secteur de l’“ed-tech” au-delà des frontières de l’Union européenne, et il serait dommage d’entraver leur démarche, qui est très porteuse économiquement. « Les Gafam ne remportent pas tous les appels d’offres des collectivités. » Pourquoi le ministère de l’Éducation nationale ne fait-il pas le choix du 100 % logiciel libre ? Il existe toute une variété de ressources gratuites et payantes. Les logiciels libres et les services numériques des Gafam sont loin d’être opposés : Apple aussi développe des logiciels libres, comme Swift, le langage de codage et de programmation, dont tout le monde peut s’emparer. Ce qui peut être utile aujourd’hui, c’est le service numérique offert et plus uniquement le logiciel proposé. Car l’informatique s’est fondamentalement transformée : on est passé d’un monde de logiciels à un monde de services numériques. Que les contrats signés par les établissements avec les fournisseurs s’appuient ou pas sur des briques de logiciel libre, ce n’est pas la seule question. Le problème est que ces services fournis gratuitement par les Gafam ne sont pas soumis à la concurrence dans le cadre d’un marché public… L’acquisition de tablettes pour un collège est un choix qui est fait par la collectivité locale dans le cadre d’un marché public. Une fois désigné le sous-traitant, le choix d’un produit embarque des éléments d’environnement qui ne font pas l’objet d’une autre mise en concurrence, du fait de l’adhérence technologique entre le matériel tablette et le système d’exploitation. Mais les Gafam ne remportent pas tous les appels d’offres des collectivités. La société française Unowhy, par exemple, équipe un grand nombre de collèges en tablettes, avec l’environnement numérique qui est le sien propre, interagissant avec les environnements de Microsoft ou Android. Promouvoir de nouveaux contrats avec des entreprises du numérique ne signe-t-il pas la mort des ENT [environnements numériques de travail, ndlr] dans lesquels les collectivités locales ont beaucoup investi ces dernières années ? Services numériques et ENT sont des outils complémentaires : les premiers sont centrés sur la mobilité, le collaboratif, l’animation de classe. Les seconds offrent en plus, depuis de nombreuses années, des services liés à la vie scolaire (cahier de textes…), un accès à des ressources spécifiques, qui n’ont pas vocation à se retrouver de façon naturelle dans des services numériques standards. Les collectivités qui ont investi régulièrement dans un ENT ont fait un bon choix et ne doivent pas le remettre en cause s’il satisfait ses utilisateurs. Propos recueillis par Soazig Le Nevé


La nouvelle grille d'évaluation des enseignants ne passe toujours pas

Craignant un renforcement des prérogatives des chefs d’établissement et des « outils de management », le Snes-FSU, syndicat majoritaire des enseignants du second degré, a déposé un vœu, lors du CTM du 22 mars, pour rappeler sa revendication d’une déconnexion de l’évaluation et de la progression de carrière.

14/04/2017 | ACTUALITÉ

Bien souvent, les syndicats ont le sens de la formule, et accordons au Snes-FSU, majoritaire chez les enseignants du second degré, que celle-ci est bien trouvée. Dans le cadre de l’évaluation individuelle des profs, il faut avant tout « un cadrage des évaluateurs », et ce, « pour éviter les débordements ». Aussi, lors du comité technique ministériel du 22 mars à l’occasion duquel le ministère de l’Education nationale a présenté une nouvelle version de l’arrêté cadrant l’évaluation des personnels d’enseignement, le Snes-Fsu a déposé un vœu -adopté par les seuls syndicats de cette fédération- demandant « la déconnexion totale de l’évaluation et du déroulement de la carrière » afin que l’appréciation « ait pour objet unique l’amélioration des pratiques professionnelles par l’aide et le conseil, ce que les grilles d’évaluation proposées risquent de ne pas permettre ». Avec la réforme proposée dans le cadre du protocole PPCR, d’un budget d’un milliard d’euros (dont 500 millions d’euros dès 2017) pour 820 000 enseignants, chacun bénéficiera de trois rendez-vous de carrière pour faire le point de manière approfondie et objectivée sur son parcours. A la suite de ces rendez-vous, des accélérations de carrière d’une année ou des perspectives de promotion plus rapides pourront être accordées à 30% des enseignants du même grade [lire notre article]. Métier disséqué Malgré les demandes réitérées du syndicat, le ministère a refusé de modifier les items du compte rendu d’évaluation tels qu’arrêtés lors d’une précédente réunion en octobre 2016 où avaient été « objectivés et unifiés entre les disciplines » les attendus de l’évaluation. Et où, surtout, était maintenu l’équilibre actuel entre la part de l’évaluation de l’inspecteur (note pédagogique sur 60 points) et celle du chef d’établissement (note administrative sur 40 points). « Le découpage de l’évaluation en items laisse croire que nos métiers pourraient être disséqués, ce qui va à l’encontre de la notion de professeurs-concepteurs qui est la réalité de notre position de cadre de l’État, et que nous défendons », argumente le Snes. Lequel craint que la grille d’évaluation permette aux chefs d’établissement « d’interférer davantage qu’actuellement dans l’évaluation pédagogique », certains items étant « susceptibles de devenir des outils de management ». Dans le projet d’arrêté, trois items sur onze (soit 24%) relèvent exclusivement de l’appréciation du chef d’établissement : « coopérer au sein d’une équipe », « contribuer à l’action de la communauté éducative et coopérer avec les parents d’élèves et les partenaires de l’établissement » et « installer et maintenir un climat propice aux apprentissages ». Culture professionnelle des évaluateurs Le Snes s’interroge sur « l’aide et le conseil aux personnels, centré sur le cœur des métiers » et craint que l’accompagnement que le ministère affirme vouloir mettre en place ne soit finalement « sacrifié sur l’autel des moyens ». Sur son site internet, le syndicat assure donc qu’il « sera vigilant quant aux premières applications du nouveau dispositif et à l’évolution de la culture professionnelle des évaluateurs ». La seule bonne nouvelle, pour le syndicat, résulte du fait que le compte rendu d’évaluation pourra faire l’objet d’observations de la part de l’enseignant, voire d’un appel en commission paritaire. Une réelle nouveauté, alors que la situation actuelle ne permet aucun recours sur la note pédagogique attribuée après une visite d’inspection.


La vitrine de la simplification

En quelques mois, le système d’identification France Connect a attiré quelque 450 000 personnes et séduit une centaine de services publics, contribuant à personnaliser les services aux usagers et à décloisonner les manières de travailler au sein des administrations. Mais il reste encore à lever quelques freins pour étendre son déploiement.

07/02/2017 | ACTUALITÉ

Une centaine de services publics accessibles depuis France Connect – en attendant bien davantage –, plus de 450 000 personnes qui se sont connectées au moins une fois en quelques mois et des politiques pas peu fiers de vanter le lancement à succès de cette vitrine d’un État plate-forme – porté par la Dinsic et le SGMAP – qui prend corps, figure de proue de la simplification menée au sein des administrations publiques. “Aux côtés d’initiatives numériques à succès, tel Mon.service-public.fr, qui a fait l’objet de quelque 200 millions de connexions, France Connect œuvre à une meilleure relation entre les Françaises et les Français et leurs administrations, confiait le secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, Jean-Vincent Placé, début février. Cela instaure une autre ambiance dans le secteur public, avec le développement de communautés numériques, de nouvelles méthodes de travail.” Et (surtout) la volonté de personnaliser et d’humaniser le service aux usagers. “C’est notre responsabilité collective de démontrer aux citoyens notre capacité à délivrer des services optimaux et personnalisés, glissait voilà quelques mois la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire. Les économies que nous dégagerons ne seront qu’un effet connexe.” Identité pivot en 6 données Comment ça marche ? “L’utilisateur engage une démarche en ligne et sélectionne le bouton FranceConnect affiché sur le site de l’administration concernée”, précise le site dédié (franceconnect.gouv.fr). Il sélectionne un compte existant pour s’identifier (impots.gouv.fr, ameli.fr, login LaPoste), saisit son identifiant et hop, on y est, en toute sécurité, selon l’ensemble des acteurs concernés. Car la sécurisation des processus est bien l’un des enjeux centraux de la démarche. “France Connect transmet au fournisseur de service (mairie, département, ministère, opérateur public, etc.) l’identité de l’usager, détaille la marche à suivre publiée par le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP). Plus précisément, il lui fournit 6 données qui constituent son identité pivot : nom, prénom, sexe, date, lieu et pays de naissance. Sur la base de ces éléments, l’usager est reconnu par le fournisseur de services.” Au-delà des enjeux de simplification et de services aux usagers, France Connect porte par ailleurs des principes qui historiquement ne figurent pas dans l’ADN d’une administration française depuis des lustres habituée à œuvrer de manière cloisonnée, verticale, hiérarchique. On parle de démarches transverses, d’échange d’informations, d’une approche qui prolonge le programme “Dites-le nous une fois”, qui travaille à la suppression des documents administratifs et invite à repenser l’investissement des agents. Voilà qui irrite encore quelques managers publics, chahutés dans leur manière de concevoir le management de leurs équipes. “Je dois lever quelques freins, s’amuserait presque un opérationnel à la manœuvre au sein de son administration pour porter le développement de France Connect. On m’oppose des questions de sécurité, de propriété de données…” Mais, affirme-t-il, catégorique, le mouvement est inexorable : les collectivités continuent de s’approprier cet outil, que plusieurs d’entre elles ont expérimenté, le nouveau portail des droits sociaux appuie son essor sur France Connect, alors que d’autres administrations viennent aux nouvelles…


Le programme de Benoît Hamon pour le secteur public

Sorti vainqueur de la primaire de la gauche, dimanche 29 janvier, l’ex-ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon n’a pas fait de l’avenir de la fonction publique un axe fort de son programme de campagne. Ouverture de la fonction publique, accroissement des moyens pour les forces de l’ordre… Acteurs publics décrypte les quelques propositions du candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle.

30/01/2017 | ACTUALITÉ

Large vainqueur de la primaire de la gauche, Benoît Hamon le disait lui-même en décembre dernier : “L’avenir de la fonction publique doit être une question centrale dans les débats qui mèneront à l’élection présidentielle.” Mais à regarder son programme, l’ex-ministre de l’Éducation nationale n’a – pour le moment – fait que peu de propositions concrètes pour le secteur public, propositions dont la rédaction d’Acteurs publics fait ici l’analyse. Arrivé en tête du scrutin, dimanche 29 janvier, avec plus de 58 % des suffrages face à Manuel Valls, Benoît Hamon a davantage profité de la campagne pour afficher ses convictions et se dresser contre la mesure phare du candidat de la droite à l’élection présidentielle, François Fillon. À savoir la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires. “Je combattrai [cette] proposition affirmait-il en fin d’année dernière. Je suis convaincu que la gauche doit porter un discours de vérité sur la fonction publique en réaffirmant son rôle de premier plan dans la vie de notre pays.” Ouverture et exemplarité de la fonction publique Le programme de Benoît Hamon n’est pas pour autant dépourvu d’idées pour le service public. Le vainqueur de la primaire de la gauche souhaite notamment une plus grande ouverture des postes à haute responsabilité dans la fonction publique. Pour que la haute administration “soit représentative de la société et au service du pays”, l’ex-ministre de l’Éducation nationale entend ainsi moderniser l’École nationale d’administration (ENA), en y adaptant le recrutement “pour diversifier les profils et les origines sociales des élèves”, mais aussi en mettant fin à la sortie directe dans les grands corps. La fonction publique doit également “être protégée des conflits d’intérêts”, souligne Benoît Hamon. À ce sujet, le candidat du Parti socialiste à la présidentielle propose d’élargir la définition de la notion de conflit d’intérêts examinée par la Commission de déontologie de la fonction publique “lorsque des fonctionnaires ont des velléités de pantouflage dans le secteur privé”. Des citoyens tirés au sort doivent également siéger dans cette instance chargée de contrôler la procédure de départ des agents publics vers la sphère privée, préconise Benoît Hamon. Et ce “pour que les décisions ne soient plus prises en vase clos”. Renforcement des forces de l’ordre Sur la question des effectifs dans la fonction publique, Benoît Hamon prend le contre-pied de François Fillon et de sa volonté de réduire drastiquement le nombre d’agents publics. “Il est absurde d’exiger une qualité de service toujours plus élevée aux agents publics tout en réduisant sans cesse leurs moyens et effectifs ou en aggravant leurs conditions de travail”, affirme-t-il, tout en appelant à renforcer les moyens humains et matériels de l’éducation nationale et des forces de l’ordre. Comme l’avait proposé son rival et ancien Premier ministre, Manuel Valls, Benoît Hamon souhaite créer 1 000 postes de policiers et de gendarmes chaque année. “Pour améliorer le maillage territorial, les effectifs seront redéployés là où des inégalités et des besoins criants existent”, précise-t-il. À en croire les propositions du candidat PS à l’Élysée, le budget de la défense devrait lui aussi bénéficier d’un coup de pouce, pour atteindre 3 % du PIB “au terme du mandat”. Un projet de loi d’orientation et de programmation pour la sécurité et la défense sera présenté à l’automne 2017, promet Benoît Hamon. Plan pour l’éducation Pour “lutter contre les inégalités scolaires”, l’ex-ministre de l’Éducation nationale entend créer 25 000 nouveaux postes d’enseignants (20 000 dans le primaire, 2 000 pour garantir le remplacement des enseignants absents et 3 000 postes “volants” dans le réseau d’éducation prioritaire). Des salaires à la première affectation en passant par l’amélioration de la formation initiale et de la formation continue, “je poursuivrai la revalorisation des conditions de travail des enseignants”, ajoute Benoît Hamon dans son programme. Le candidat à la primaire de la gauche plaide également pour une plus grande association des enseignants à la prise de décision dans leurs établissements, et ce par la mise en place d’un management plus horizontal et la création de collectifs de travail.  


Benoît Hamon affrontera Manuel Valls au second tour de la primaire de la gauche

L’ex-ministre de l’Éducation nationale arrive en tête du premier tour de la primaire à gauche (36,1 %) devant l’ancien Premier ministre Manuel Valls (31,2 %). Arnaud Montebourg prend la troisième place avec 17,7 % des voix et apporte son soutien à Benoît Hamon pour le second tour.

22/01/2017 | ACTUALITÉ

Benoît Hamon et Manuel Valls se sont qualifiés pour le second tour de la primaire élargie du PS, a annoncé dimanche soir Thomas Clay, président de la haute autorité de cette primaire. Le député de Trappes, 49 ans, est arrivé en tête au premier tour (36,1%), devant l'ancien Premier ministre, 54 ans (31,2 %), selon des résultats encore partiels (1 million de bulletins dépouillés). Arnaud Montebourg est, comme lors de la primaire de 2011, troisième (17,7%), devant Vincent Peillon (6,8 %) et les 3 autres candidats. Le député écologiste François de Rugy recueille, lui, 3,8 %, la présidente du PRG, Sylvia Pinel, 2 % et l'ex-député européen Jean-Luc Bennahmias, 1 %. Arnaud Montebourg a appelé à voter pour Benoît Hamon, au nom de “l'impératif de rassemblement” de la gauche. Sylvia Pinel a quant à elle aussitôt appelé à voter en faveur de Manuel Valls. Vincent Peillon n'a pour sa part pas donné de consigne de vote pour le second tour de la primaire du PS élargie, mais a appelé les électeurs à “amplifier encore leur vote”. Le Parti socialiste affichait sa satisfaction sur le niveau de participation, qui s'approcherait finalement des 2 millions de votants, objectif fixé par son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis. “Nous avons réussi le premier tour de la primaire”, s'est-il félicité devant la presse, adressant un “merci pour votre résistance à l'air du temps” aux votants. La participation sera “sans doute proche de 2 millions”, a assuré Thomas Clay, président de la haute autorité des primaires citoyennes. Ce chiffre est toutefois à comparer aux 2,7 millions de votants du premier tour de la primaire d'octobre 2011 et surtout aux 4,3 millions au premier tour de la primaire de la droite.


NOMINATIONS

Yves Saint-Geours nommé à la présidence d'un opérateur de l'Éducation nationale

Ambassadeur de la République française en Espagne depuis 2015, Yves Saint-Geours a été nommé – parallèlement – président du conseil d'administration du Centre international d'études pédagogiques (Ciep), par le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Il succède à Philippe Etienne, en poste depuis 2011, ex-ambassadeur de France en Allemagne et conseiller diplomatique du président de la République, Emmanuel Macron, depuis mai dernier. Créé en 1945, le Ciep est un opérateur du ministère de l’Éducation nationale. Ses missions, qui s’inscrivent dans le cadre des priorités en matière de coopération internationale, s’articulent autour de trois axes d’activité : la coopération dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle et de la qualité de l’enseignement supérieur ; l’appui à la diffusion de la langue française dans le monde, par la formation de formateurs et de cadres éducatifs et par la délivrance de certifications en français et la mobilité internationale des personnes. Directeur général de l'administration et de la modernisation au ministère des Affaires étrangères de 2012 à 2015, Yves Saint-Geours était ambassadeur de la République française au Brésil entre 2009 et 2012. Auparavant, il exerçait les fonctions de président de l'Établissement public du Grand Palais des Champs-Elysées de 2007 à 2009. Parallèlement, ce diplomate de 64 ans, occupait aussi le poste de président du commissariat français de l’année de la France au Brésil en 2008-2009. Titulaire d'un DEA d'études ibériques et ibéro-américaines et agrégé d'histoire, Yves Saint-Geours a été adjoint au délégué aux relations européennes, internationales et à la francophonie, puis adjoint au délégué aux relations internationales et à la coopération au ministère de l'Enseignement supérieur, de 1993 à 1997. Nommé conseiller technique, au cabinet d'Hervé de Charette au ministère des Affaires étrangères en 1996, il prend les fonctions d'adjoint au directeur général des relations culturelles, scientifiques et techniques du Quai d'Orsay et - parallèlement - président de l'Office universitaire et culturel français en Algérie jusqu'en 1998. Directeur de la coopération scientifique, universitaire et de recherche du ministère des Affaires étrangères de 1998 à 2000, Yves Saint-Geours devient directeur général adjoint de la coopération internationale et du développement de 2000 à 2003. A cette date, il va conseiller Dominique de Villepin au Quai d'Orsay avant de ré-endosser le costume d'ambassadeur, en Bulgarie, de 2004 à 2007.

17/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Benoît Forêt prend un poste de sous-directeur

Secrétaire général pour l’enseignement supérieur de l’académie de Paris et ancien secrétaire général de l’Institut national d’études démographiques (Ined), Benoît Forêt vient d’être nommé sous-directeur du pilotage stratégique et des territoires au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il remplace ainsi Michel Marian – admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis le 14 octobre dernier – à la tête de la sous-direction commune à la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) et à la direction générale de la recherche et de l’innovation.  Âgé de 49 ans, cet administrateur civil hors classe est titulaire d’un DEA du droit du travail et diplômé de l’institut d’études politiques de Lille. Ancien élève de l’ENA (promotion République, 2007), Benoît Forêt a notamment été, en début de carrière, professeur certifié de sciences économiques et sociales, de 1997 à 2005. Nommé, à sa sortie de la prestigieuse école d’administration, chef du bureau de la politique contractuelle et de la coordination de la tutelle à la direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI), il devient ensuite, à partir de 2009, et toujours à la DGRI, chef du département de l’appui au pilotage des organismes et de la réglementation. À nouveau chef de bureau de 2010 à 2012, mais pour la direction générale des ressources humaines du ministère de l’Éducation nationale et du ministère de l’Enseignement supérieur, il occupe ensuite, pour trois ans, le poste de secrétaire général de l’Ined, et ce jusqu’en 2015. Benoît Forêt était secrétaire général pour l’enseignement supérieur de l’académie de Paris depuis cette dernière date.

15/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Michel Cadot, préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris (hors classe), est nommé, en outre, délégué interministériel au projet Euro Disney en France - Le général de division Michel Labbe, chargé d’études au groupe des officiers généraux de l’inspection générales de la gendarmerie nationale, devient chef de l’inspection générale de la gendarmerie nationale et élevé aux rang et appellation de général de corps d’armée - Didier Lacroix, inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, est désigné pour exercer les fonctions de directeur du centre d’études et de recherches sur les qualifications par intérim – Pascal Hornung, ingénieur général des Ponts, des eaux et des forêts, est nommé commissaire du gouvernement auprès du port autonome de Paris et commissaire du gouvernement adjoint auprès des grands ports maritimes du Havre et de Rouen, en remplacement de Jean-Marcel Pietri.    

15/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Florence Parly nomme une nouvelle directrice pour le Musée de l’air et de l’espace

Directrice générale du Conseil international des musées – Icom, le plus grand réseau de professionnels de musées au monde – depuis 2013, Anne-Catherine Robert-Hauglustaine (photo) a été nommée directrice du Musée de l’air et de l’espace par la ministre des Armées, Florence Parly. Elle succède au général Gérard Vitry, qui assurait l’intérim à la direction générale de ce musée depuis le départ de Catherine Maunoury, en mars dernier. Le Musée de l’air et de l’espace du Bourget, présidé par le général Stéphane Abrial, est l’un des principaux musées aéronautiques au monde. Docteure en histoire de l’École des hautes études en sciences sociales, Anne-Catherine Robert-Hauglustaine, spécialiste internationale de muséologie, dispose de plus de vingt ans d’expérience dans la gestion des musées et dans l’enseignement et la recherche en matière d’histoire des sciences et des techniques. Elle a notamment été directrice du département des expositions et des éditions au Musée des arts et métiers de 2000 à 2007, puis directrice adjointe du Jardin des sciences à l’université de Strasbourg jusqu’en 2013.

14/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Jean-Michel Blanquer tient sa nouvelle médiatrice de l’éducation nationale

Inspectrice générale de l’éducation nationale (Igen), membre du Conseil supérieur des programmes depuis décembre 2015, Catherine Becchetti-Bizot a été nommée médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Elle remplace Claude Bisson-Vaivre, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Agrégée de lettres classiques, ancienne élève de l’École normale supérieure et docteure ès-lettres, Catherine Becchetti-Bizot a d’abord enseigné à l’université de Nancy-II en culture et communication (1986-1988), puis elle a occupé plusieurs postes de chercheuse-associée, puis a travaillé comme responsable de la documentation à l’Alliance française en Thaïlande et au Laos entre 1989 et 1997. À cette date, de retour en France, Catherine Becchetti-Bizot entre en cabinet ministériel dans le gouvernement Jospin. Conseillère technique en charge des relations internationales au cabinet du ministre de l’Éducation nationale Claude Allègre, puis Jack Lang, entre 1997 et 2000, elle est ensuite promue inspectrice générale de l’Éducation nationale “groupe lettres” et intègre le corps d’inspection. En 2014-2015, Catherine Becchetti-Bizot est nommée dans l’administration centrale du ministère de la rue de Grenelle : elle a ainsi préfiguré, puis dirigé la direction du numérique pour l’éducation (DNE). 

13/11/2017 | NOMINATION FRANCE



Gabriel Attal désigné coordinateur d’un groupe de travail à l’Assemblée nationale

Député La République en marche (LREM) des Hauts-de-Seine depuis juin dernier, Gabriel Attal a été désigné coordinateur du groupe de travail en charge du “plan Étudiants”, au sein de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale. Le “plan Étudiants”, issu de la concertation lancée par la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, en juillet dernier, a été présenté le 30 octobre dernier par le Premier ministre, Édouard Philippe, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. À noter, parmi les mesures annoncées, l’intégration en terminale de deux semaines dédiées à l’orientation, l’ouverture d’une nouvelle plate-forme plus simple d’utilisation que l’actuelle plate-forme Admission post-bac en janvier 2018, la suppression de la sélection par le tirage au sort pour l’accès au supérieur, ou encore une offre augmentée dans les formations en tension.  Diplômé de Sciences Po Paris, Gabriel Attal, 28 ans, a débuté sa carrière comme assistant du directeur de l’Académie de France à Rome-Villa Médicis, Éric de Chassey (2009-2010), avant de travailler aux côtés de Marisol Touraine, alors députée PS d’Indre-et-Loire, en 2011-2012. Lors de l’alternance de mai 2012 et la nomination de Marisol Touraine comme ministre des Affaires sociales, cette dernière le rappelle à ses côtés comme conseiller parlementaire. Après le remaniement post-municipales d’avril 2014, ses attributions au cabinet de Marisol Touraine sont légèrement remaniées : Gabriel Attal devient alors, conseiller en charge de la relation avec le Parlement et les élus, puis conseiller politique en charge du Parlement et des discours de la ministre des Affaires sociales. Il a occupé ces fonctions jusqu’en avril dernier. Entre 2012 et 2014, Gabriel Attal occupait parallèlement les fonctions de conseiller au cabinet de la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, Michèle Delaunay puis Ségolène Neuville. Pour rappel, ce secrétariat d’État était placé sous la tutelle de la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

10/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle mission pour Olivier Schrameck

Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) depuis 2013, Olivier Schrameck, conseiller d’État, va prendre parallèlement la présidence du Réseau des instances de régulation méditerranéennes (RIRM) à compter du 16 novembre prochain, date de l’assemblée plénière du RIRM, qui se tiendra à Marseille. Créé en 1997, ce réseau regroupe 26 institutions de régulation indépendantes du bassin méditerranéen pour échanger sur les enjeux communs auxquels elles sont confrontées. Diplômé de Sciences Po Paris, ancien élève de l’ENA (promotion André Malraux, 1977), Olivier Schrameck, 66 ans, a rejoint le Conseil d’État à sa sortie de la prestigieuse école d’administration, en 1977. Secrétaire général du Conseil constitutionnel entre 1993 et 1997 – il est promu au grade de conseiller d’État en 1995 –, il intègre en 1997 le cabinet du Premier ministre socialiste Lionel Jospin comme directeur du cabinet, jusqu’en 2002. Il est ensuite nommé ambassadeur de France en Espagne (2002-2004). À compter du 1er janvier 2005, Olivier Schrameck réintègre ses fonctions de conseiller d’État et en 2006, il est nommé président de la 6e sous-section de la section du contentieux du Palais-Royal, puis il devient président de la section du rapport et des études du Conseil d’État entre 2009 et 2013. En janvier 2013, Olivier Schrameck a été nommé président du Conseil supérieur de l’audiovisuel par le président de la République, alors François Hollande.

10/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle présidente pour le conseil d’administration de l’IRA de Lyon

Cheffe du service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, adjointe à la directrice générale de la cohésion sociale à l’administration centrale du ministère des Affaires sociales depuis 2014, Stéphanie Seydoux, inspectrice générale des affaires sociales de première classe, a été nommée présidente du conseil d’administration de l’institut régional d’administration (IRA) de Lyon. Elle remplace Yves Chevalier, qui avait été nommé à cette présidence en 2011. Formée sur les bancs de Sciences Po Paris et énarque de la promotion Léopold Sédar Senghor (2004) – comme le président de la République, Emmanuel Macron –, Stéphanie Seydoux a eu une première carrière dans l’administration centrale du Quai d’Orsay. D’abord rédactrice chargée de l’Amérique centrale à la direction d’Amérique (1992-1994), puis rédactrice chargée du suivi des institutions financières internationales à la direction économique et financière, elle avait ensuite officié comme deuxième secrétaire à l’ambassade de France en Russie jusqu’en 2000. À sa sortie de l’ENA, en 2004, Stéphanie Seydoux avait rejoint l’inspection générale des Affaires sociales (Igas) comme inspectrice, puis elle a exercé comme directrice de la promotion de l’égalité à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), de 2008 à 2010. À cette date, Stéphanie Seydoux était retournée en ambassade comme première conseillère, adjointe au chef de poste, à l’ambassade de France au Kenya (2010-2014).  

09/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Gérard Longuet élu président d’un office parlementaire

Sénateur UDF, UMP, puis LR de la Meuse depuis 2001, ex-ministre de la Défense Gérard Longuet a été élu président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) par ses pairs, réunis ce 9 novembre au Sénat. Créé en 1983, cet office est un organe d’information commun à l’Assemblée nationale et au Sénat. Composé de 18 députés et 18 sénateurs, il a pour mission “d’informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin, notamment, d’éclairer ses décisions”. Sa présidence tournante est assurée par un député, puis un sénateur, qui sont élus dans ces fonctions tous les trois ans. C’était désormais au tour d’un sénateur de présider cet office, mais depuis juillet dernier, Cédric Villani, député LREM de l’Essonne, assumait cette responsabilité, en attendant les sénatoriales du 24 septembre 2017 et le renouvellement du Sénat. Cédric Villani devient, lui, premier vice-président de cet office. Diplômé de Sciences-Po Paris et énarque de la promotion Rabelais (1973), Gérard Longuet débute sa carrière comme sous-préfet. D’abord directeur de cabinet des préfets de l’Eure (1973-1974), puis de la Somme (1974-1976), il entre ensuite en cabinet ministériel et dirige le cabinet de Jacques Dominati, secrétaire d’État auprès du Premier ministre Raymond Barre (1977-1978). Gérard Longuet est élu pour la première fois à la députation sous les couleurs de l’UDF, en 1978, dans la Meuse. Il siège dans l’Hémicycle de 1978 à 1981, puis de 1986 à 1993. Il est également député européen entre 1984 et 1986. Entre 1986 et 1994, Gérard Longuet fut ministre à trois reprises : secrétaire d’État chargé des Postes et Télécommunications de mars à août 1986 ; ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, des Postes et Télécommunications, de 1986 à 1988 ; puis ministre de l’Industrie, des Postes et Télécommunications et du Commerce extérieur en 1993-1994. Il aussi, entretemps, été le président du conseil régional de Lorraine, de 1992 à 2004. En 1990, Gérard Longuet est élu président du Parti républicain – formation politique créée par Jean-Pierre Soisson en 1977 et disparue en 1997 – et occupe ces fonctions jusqu’en 1995. Il est conseiller politique de l’UMP, puis des Républicains depuis 2004. Entretemps, il a été élu sénateur de la Meuse, en 2001, et réélu à chaque fois depuis. Au palais du Luxembourg, il a présidé le groupe UMP du Sénat de 2009 à 2011. En 2011-2012, il était le ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy.

09/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Jean-Michel Blanquer nomme son “Monsieur Bac”

Délégué ministériel aux parcours d’excellence au ministère de l’Éducation nationale entre janvier 2016 et juin dernier, Pierre Mathiot, professeur des universités en science politique et ex-directeur de l’institut d’études politiques de Lille, reprend du service auprès du nouveau patron de la Rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer, qui l’a chargé de mener la concertation sur la réforme du baccalauréat. Dans le cadre de cette mission, Pierre Mathiot doit consulter l’ensemble de la communauté éducative et les différentes organisations représentatives des enseignants, lycéens, parents d’élèves ou encore des représentants de l’enseignement supérieur qui pourraient enrichir son rapport, attendu pour janvier 2018. Chaque année, le baccalauréat est critiqué : organisation, coût, bagage insuffisant pour les étudiants avant l’enseignement supérieur… Il n’avait plus été réformé depuis 1995. Cette fois, Jean-Michel Blanquer entend bien mener sa refonte du baccalauréat à partir de janvier 2018 afin qu’elle soit effective pour l’examen de juin 2021. Homme de confiance de Jean-Michel Blanquer, Pierre Mathiot avait été investi par La République en marche pour conduire la liste de la majorité présidentielle dans le Nord, en vue des sénatoriales du 24 septembre dernier. Un temps proche du Parti socialiste et ex-soutien de Martine Aubry à Lille, l’ancien directeur de Sciences Po Lille avait finalement renoncé à mener campagne, invoquant alors des “raisons personnelles”. Il avait été remplacé par Delphine Bataille en août dernier. Professeur des universités agrégé et docteur en science politique, diplômé de Sciences Po Paris, Pierre Mathiot, 51 ans, a d’abord officié comme maître de conférences à l’institut d’études politiques (IEP) de Lille entre 1994 et 1998. Nommé professeur de science politique à l’université de Lille-II en 1999, il prend les fonctions de vice-président de l’université Droit et santé et de Lille-II entre 2004 et 2007. Pierre Mathiot a ensuite dirigé l’IEP de Lille, entre 2007 et 2015.

08/11/2017 | NOMINATION FRANCE

L’ex-conseillère com’ de Najat Vallaud-Belkacem rejoint le cabinet de conseil de Gaspard Gantzer

Conseillère en charge de la presse au cabinet de la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem entre mai 2015 et février dernier, Carole Bur a rejoint le cabinet de conseil en communication 2017, comme consultante. Ce cabinet a été cofondé – en juillet dernier – par l’ancien “Monsieur Communication” de François Hollande, Gaspard Gantzer, avec Roman Abreu, l’ex-conseiller “communication” de Laurent Fabius au Quai d’Orsay, et Denis Pingaud, directeur de l’agence de communication Balises. Formée sur les bancs de Sciences Po Paris, Carole Bur a débuté comme chargée de mission “communication et presse” au cabinet du ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation Benoît Hamon (2013-2014), avant d’exercer les mêmes fonctions au cabinet du ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon, puis Najat Vallaud-Belkacem, jusqu’en mai 2015.  

08/11/2017 | NOMINATION FRANCE

L’Irstea a un nouveau président

Jusque-là coordonnateur de la mission d'appui aux personnes et aux structures pour les administrations centrales, l'Ile de France et l’international (IGAPS) au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Marc Michel a été nommé, ce mardi 7 novembre, à la présidence de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea). Il remplace ainsi Pierrick Givone, nommé président par intérim le 3 juillet à la suite du départ de Jean-Marc Bournigal, devenu pour sa part directeur général de l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB). Dans sa nouvelle fonction à la tête de l’établissement public, Marc Michel aura notamment pour mission “de poursuivre la consolidation du dispositif français de recherche sur les enjeux agricoles et environnementaux”, en lien avec l’Institut national de recherche agronomique (Inra), indiquent, ce jour, le ministère de l’Agriculture et celui de l’Enseignement supérieur. Âgé de 63 ans, cet ingénieur général des Ponts, des eaux et des forêts a exercé plusieurs postes à responsabilités au sein des services déconcentrés de l’État. Nommé secrétaire général pour les affaires régionales de Champagne-Ardenne en 1996, puis directeur départemental de l’agriculture et de la forêt en Loire-Atlantique à partir de 1999, il occupe aussi la fonction de directeur régional de l’agriculture et de la forêt de Bretagne de 2003 à 2007, parallèlement à celle de directeur départemental de l’agriculture et de la forêt d’Ille-et-Vilaine à compter de 2005. Directeur général adjoint d’AgroParisTech entre 2007 et 2012, Marc Michel était en outre coordonnateur de la mission d'appui aux personnes et aux structures pour les administrations centrales, l'Ile de France et l’international (IGAPS) au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, depuis cette dernière date.

07/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Emmanuel Macron a choisi sa représentante “personnelle” pour la francophonie

Selon nos confrères du Parisien, l’écrivaine franco-marocaine et lauréate du Prix Goncourt en 2016, Leïla Slimani, a été proposée pour siéger au Conseil permanent de la francophonie comme représentante “personnelle” du président de la République, Emmanuel Macron. Elle a été être reçue ce 6 novembre à 15 heures par le chef de l’État, à l’Élysée et a reçu sa lettre de mission. Pour rappel, le secrétariat d’État chargé de la Francophonie a disparu de l’organigramme gouvernemental depuis l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée, en mai dernier. Diplômée de Sciences Po Paris et de l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP Europe), Leïla Slimani, 36 ans, a d’abord écrit pour le magazine Jeune Afrique en 2008, où elle traitait des sujets touchant à l’Afrique du Nord, jusqu’en 2012. Écrivaine, elle publie son premier roman, Dans le jardin de l’ogre, chez Gallimard en 2014, puis elle décroche le prestigieux prix Goncourt en 2016, pour son deuxième roman, Chanson douce.

06/11/2017 | NOMINATION FRANCE