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Les enseignants toujours plus en proie aux risques psychosociaux

Une enquête de la direction statistique du ministère de l’Éducation nationale démontre que les enseignants ont une exposition moyenne aux facteurs de risques psychosociaux significativement plus élevée que les autres populations.

09/01/2017 | ACTUALITÉ

“Je continue de penser à mon travail même quand je n’y suis pas” : à 91 % dans le premier degré, 86 et 88 % dans le second degré et le supérieur, les enseignants expérimentent cet état. Bien loin devant les cadres de la fonction publique et du privé, qui ne sont qu’un peu plus de 50 % à en témoigner, selon une enquête comparative menée par la direction statistique du ministère de l’Éducation nationale (Depp) et publiée début janvier 2017. “En 2013, les enseignants étaient plus exposés aux facteurs de risques psychosociaux que les cadres, avec une forte intensité de leur métier, des exigences émotionnelles plus importantes et un manque de soutien hiérarchique et entre collègues, notamment dans le premier degré”, décrivent les deux auteurs de cette étude, Sylvaine Jégo et Clément Guillo. L’étude distingue les deux degrés d’enseignement, faisant apparaître que c’est le premier degré qui souffre le plus des facteurs de risques psychosociaux (RPS). Ainsi, les professeurs des écoles “ressentent davantage l’intensité et la pression qui sont liées à leur travail, et le peu de relationnel avec leur hiérarchie ou leurs collègues”. Dans le second degré, la pression est moindre et le soutien hiérarchique est vu comme supérieur, “même s’il est loin de celui dont peuvent bénéficier les cadres de la fonction publique et du privé”, analyse la note. Métier solitaire et hiérarchie absente Par exemple, l’item “Je dois penser à trop de choses à la fois” rassemble 79 % des professeurs des écoles contre une moyenne de 61 % pour l’ensemble du panel professionnel retenu. Ou encore, l’item “On me demande d’effectuer une quantité de travail excessive” remporte, lui, 67 % des témoignages de professeurs des écoles contre 45,5 % en moyenne pour le reste. Parce qu’enseigner “tend vers un métier solitaire”, la solitude peut vite être vécue comme un isolement, surtout quand la hiérarchie est perçue comme lointaine. Pire, “plus de 30 % des enseignants du premier degré et du second degré ne sont pas ou peu d’accord avec l’item « Les personnes qui évaluent mon travail le connaissent bien », alors que les cadres représentent moins de 23 %”, illustrent les auteurs. À ce manque de soutien hiérarchique se surajoute un manque de soutien entre collègues : plus de 73 % et 83,5 % des enseignants du premier et du second degré déclarent travailler seuls, alors que les cadres sont moins de 55 %. Quant à l’ambiance et au relationnel entre collègues, l’étude de la Depp nous indique qu’ils tendent à se dégrader avec l’âge, notamment pour les enseignants du premier degré. Demande de formation continue Enfin, sans surprise, les enseignants du premier degré déplorent massivement (81 %) le manque de formation continue adaptée (ce taux oscille entre 25 et 35 % chez les cadres du public et du privé). Seule consolation pour les enseignants : les cadres en relation avec du public sont deux fois plus nombreux à trouver que leurs horaires ne s’accordent pas avec leur vie familiale et sociale : plus de 20 % dans le secteur public et privé contre à peine 10 % chez les enseignants.


L’éducation nationale rémunère mieux les enseignants du public que ceux du privé

Un professeur de l’enseignement privé gagne en moyenne 9,7 % de moins que son homologue du public. Un écart de salaires justifié en grande partie par la différence de composition des deux corps, selon une note du ministère de l’Éducation nationale publiée fin décembre.

06/01/2017 | ACTUALITÉ

La question des écarts de rémunérations entre enseignants du public et du privé n’avait… jamais été posée. Ou tout au moins n’avait-elle “jamais fait l’objet d’analyses statistiques approfondies au sein de l’Éducation nationale”. Cette note publiée par la direction statistique (Depp) du ministère vient donc, avec honnêteté, rectifier le tir. En moyenne, en 2014, les enseignants du secteur privé sous contrat ont perçu un salaire brut mensuel de 2 640 euros contre 2 920 euros pour les enseignants du public, soit 9,7 % de moins. Pour rappel, depuis 1992 et les accords Lang-Cloupet, tous les professeurs sont recrutés sous les mêmes conditions en termes de diplômes requis et d’épreuves passées lors des concours. “Ce différentiel de salaire brut serait de - 2,4 % si la structure de population dans le privé sous contrat était la même que dans le public”, explique Marion Defresne, l’auteure de l’étude. Ce résultat donne une idée de l’importance des “effets de composition” : en effet, ce sont avant tout les différences de caractéristiques entre enseignants du secteur public et enseignants du secteur privé sous contrat qui génèrent cet écart. Plus de titulaires et d’agrégés dans le public Corps, quotité de rémunération et zone territoriale d’affectation sont ainsi plus favorables au public qu’au privé sous contrat, créant deux catégories distinctes d’enseignants. “Il y a proportionnellement davantage de « titulaires » dans le public que dans le privé sous contrat, davantage d’enseignants évoluant dans les corps aux grilles de rémunérations plus avantageuses dans le public que dans le privé sous contrat, moins de faibles quotité de rémunération dans le public que dans le privé sous contrat, davantage d’enseignants dans les DOM ou bénéficiant d’un taux d’indemnité de résidence à 3 % dans le public que dans le privé sous contrat”, détaille la note de la Depp. En France entière (hors Mayotte), le secteur privé sous contrat se distingue du public par une population enseignante moins souvent rémunérée sur une échelle de “titulaires” (14,8 % de “non-titulaires” dans le privé contre 3,5 % dans le public). Et lorsqu’elle l’est, elle relève moins fréquemment de grilles de rémunération plus avantageuses : parmi les enseignants du public, 7,7 % sont des professeurs agrégés et de chaire supérieure contre 2,7 % dans le privé sous contrat, précise encore Marion Defresne. Points non élucidés En outre, le régime de rémunération des contractuels du public est plus avantageux que celui du privé sous contrat. Ajoutez à cela le fait qu’un enseignant à temps incomplet (faute d'élèves suffisants dans la discipline ou l'établissement) dans le privé est rémunéré au prorata des heures effectuées alors que celui du public est rémunéré comme un temps complet. “Néanmoins, une part de l’écart public-privé reste non élucidée”, poursuit Marion Defresne. Car le système d’information sur les agents des services publics (Siasp) ne permet pas de répondre à certaines interrogations. “On aurait souhaité créer une indicatrice de carrière tenant compte de l’ancienneté et de la vitesse d’avancement afin de contrôler les éventuels écarts de salaires dus à l’évolution des carrières selon le secteur. En outre, on aurait aimé pouvoir distinguer plus finement les primes et indemnités”, énumère-t-elle. Encore quelques mystères à percer donc, pour la Depp.


Le livre choc qui propose de métamorphoser le système éducatif

Que l'archaïque mammouth cède enfin la place à un service public d'éducation digne de ce nom : c'est la thèse défendue par Soazig Le Nevé, journaliste à Acteurs publics, et Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire et recteur honoraire, dans un essai intitulé Et si on tuait le mammouth ? Les clés pour rénover (vraiment) l'Education nationale (Éd. de l’Aube) qui sort ce 5 janvier. Dans les bonnes feuilles publiées ci-dessous, l'on constate que ce qui compte de plus en plus pour un ministre, c’est de “penser à la prochaine élection ou au prochain maroquin plutôt qu’à la prochaine génération” et que les recteurs d'académie sont “des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace”.

05/01/2017 | ACTUALITÉ

« Dire que la Cinquième République avait pour objectif de mettre fin à l’instabilité ministérielle de la précédente ! À l’Éducation nationale, la tête tourne : Najat Vallaud-Belkacem est la 183e ministre en 188 ans d’existence du ministère ! Depuis 1958, 32 ministres y sont passés (moyenne : moins de 2 ans) et le rythme s’accélère : 7 ministres depuis le 1er janvier 2005, dont l’un (Benoît Hamon) bat tous les records : 147 jours ! Pour sa part, dix mois avant d’être débarqué, Vincent Peillon raconte à la presse que ses inspecteurs généraux l’ont averti d’une chose : rue de Grenelle, la durée moyenne du bail est d’“un peu moins de deux ans si le ministre veut faire des réformes ; un peu plus de deux ans s’il ne veut pas en faire”. Prémonitoire ! Aucune entreprise au monde ne résisterait à pareil tournis… Une différence existe tout de même avec la Quatrième République : la haute administration, qui bénéficiait d’une longévité extraordinaire, faisait tourner la maison. Par exemple : seulement deux directeurs de l’enseignement supérieur de 1948 à 1960. De nos jours, le cœur du réacteur qu’est la DGESCO (direction de l’enseignement scolaire) use en moyenne un directeur tous les deux ans, deux ans et demi. De même, les recteurs d’académie étaient quasiment inamovibles et restaient couramment en place dix à vingt ans, de quoi rendre jaloux les recteurs d’aujourd’hui ! Car leur valse est devenue incessante, au gré des changements politiques et des mutations, avec parfois quelques périodes de rémission ; certaines académies sont sinistrées, comme par hasard celles où les résultats scolaires sont les plus médiocres. En seize ans, depuis le 1er janvier 2000, se sont succédé au total neuf recteurs à Amiens et à Caen, huit à Rouen, sept à Créteil… Des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace, même dans de grandes académies… Comment assurer une quelconque continuité dans de telles conditions ? D’autant que règne désormais la dictature de l’urgence. Pourquoi s’échiner à changer les choses sur le long terme alors que ce qui importe, c’est de donner l’impression de travailler ? Soumis à la pression des médias, le ministre est sommé de fournir des réponses immédiates, de réagir dans l’instant, de présenter des résultats… Un incident dramatique dans une école ? Aussitôt le ministre annonce une série de “mesures fortes” applicables immédiatement, mesures chassées par d’autres quelques jours plus tard à l’occasion d’un nouvel événement, et ainsi de suite. Il n’est plus un discours qui ne débute par la formule : “Dès la rentrée prochaine, on fera ceci, cela, etc.”. À la suite des attentats de janvier 2015, c’est même du perron de l’Élysée et de Matignon qu’est annoncée une “grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République” orchestrée par la ministre de l’Éducation avec une série de 11 décisions immédiates, pour la plupart incantatoires (“combattre les déterminismes sociaux et territoriaux” ; “rétablir l’autorité des maîtres”…) ou réchauffées (“développer les temps d’échanges avec les parents”…). À la va-vite, on repeint les programmes d’éducation civique aux couleurs d’un “enseignement moral et civique”, avec ordre de les mettre en œuvre dans toutes les classes des écoles, collèges et lycées dès la rentrée suivante. Un enseignement dispensé par des enseignants à peine informés, nullement formés : croit-on que c’est ainsi que l’on va pouvoir redonner du civisme aux élèves ? “Les recteurs sont des météorites qui traversent le ciel sans avoir le temps de laisser la moindre trace.” Le déphasage entre le temps politico-médiatique et le temps éducatif s’élargit chaque jour. Le rythme de l’éducation est long et il exige continuité et ténacité, les résultats d’une mesure nouvelle ou d’une réforme n’étant perceptibles, au mieux, que plusieurs années plus tard. Par exemple, la réforme du collège initiée par Najat Vallaud-Belkacem, qui s’applique d’un seul coup à toutes les classes de la 6e à la 3e (une grande première !) à la rentrée 2016, ne pourra être évaluée, au mieux, qu’à la fin du collège, quatre ans plus tard, en 2020. Trop long pour la ministre, qui sera déjà partie depuis longtemps ! Ce qui compte de plus en plus pour un ministre, c’est penser à la prochaine élection ou au prochain maroquin plutôt qu’à la prochaine génération. Dans ces conditions, il est tenté par des mesures de pur affichage, des effets d’annonce, des réformes de surface pas trop compliquées à expliquer ou encore des réponses rapides à des problèmes secondaires. Soigner sa “com”, tout est là ! Mieux vaut ouvrir le débat du “poids du cartable” (Ségolène Royal en 1997), qui parle à tous, que celui des coefficients des disciplines au bac ou de la pédagogie différenciée… Pourquoi rencontrer la centaine d’inspecteurs d’académie de toute la France que vous avez convoqués si une nuée de photographes peut au même moment vous faire une pub d’enfer avec l’inauguration d’un distributeur de préservatifs dans un lycée (Jack Lang en 1992) ? Pourquoi présider le déjeuner où vous avez invité un aréopage de chefs d’entreprise pour parler insertion des jeunes si la compagnie d’une danseuse étoile (Marie-Claude Pietragalla) peut vous faire briller de mille paillettes (Jack Lang en 2001) ? Pourquoi assister à une réunion de recteurs si vous pouvez à la place converser tranquillement avec votre journaliste favorite (Vincent Peillon en 2012) ? Mieux vaut lancer, à grand bruit, un vaste programme de réformettes qu’un mouvement de fond qui ne produira d’effets que bien plus tard. D’où la multiplication de prétendues réformes, annoncées systématiquement par chaque ministre à son arrivée, qui ne sont que des coups de trompette ou, au mieux, des catalogues d’ajustements : le “nouveau contrat pour l’école” avec 158 mesures (François Bayrou en 1995), le “collège de l’an 2000” avec 40 mesures (Ségolène Royal en 1998), la loi d’orientation pour l’école avec 14 propositions (François Fillon en 2005), dont la plupart sont restées à l’état de vœux pieux. Résultat sur le terrain : une “soûlante valse”, comme le dit le principal syndicat de chefs d’établissement, “des mobilisations incessantes et sans lendemain” dont les enseignants sont lassés. Des circulaires et des instructions ? Le ministre ne manque pas d’en produire chaque année des centaines, sur tous les sujets. Comme si tous les personnels attendaient la parole du sommet comme parole d’Évangile et obéissaient au doigt et à l’œil à toutes les consignes. Comme du temps de Victor Duruy (Second Empire), qui se qualifiait de “ministre circulassier”… Ce gouvernement par circulaires a peut-être existé du temps où l’autorité ministérielle était incontestée mais il n’est en tout cas plus adapté au monde d’aujourd’hui ! Ces documents prescriptifs sont donc de moins en moins lus par l’encadrement, quasiment jamais par les enseignants, et encore moins appliqués… Comme dans le cas des classes bilangues en 6e, supprimées par la ministre en 2015 et finalement conservées dans la majorité des académies à la rentrée 2016, les recteurs ayant jugé préférable de ne point exécuter l’ordre. »  "Et si on tuait le mammouth ? Les clés pour (vraiment) rénover l'Education nationale", de Soazig Le Nevé et Bernard Toulemonde, Editions de l'Aube, 245 pages, 21 euros


L’algorithme qui pourrait améliorer la mobilité des enseignants

Trois économistes de l’École d’économie de Paris et du MIT proposent un nouvel algorithme qui augmenterait de 30 % la mobilité des professeurs du second degré, tout en servant d’outil de pilotage au ministère pour mieux remédier aux difficultés des différentes académies.

04/01/2017 | ACTUALITÉ

S’attaquer au “mouvement” des enseignants du second degré, marée mutante qui chaque année ouvre la voie ou au contraire la bloque à des milliers de professeurs en quête de mobilité, est véritablement courageux. C’est d’ailleurs pourquoi aucun ministre ne s’y est risqué depuis près de vingt ans. À l’heure où les algorithmes sont un sujet à la mode, les chercheurs en économie appliquée ont un boulevard pour tordre le cou à l’idée selon laquelle une mécanique installée l’est à tout jamais – y compris au sein du mastodonte qu’est le ministère de l’Éducation nationale. Améliorer “le mouvement”, oui, c’est possible. Et c’est ce qu’ambitionnent de faire Julien Combe, Olivier Tercieux (PSE – École d’économie de Paris) et Camille Terrier (Massachusetts Institute of Technology), dans la revue Education et Formations publiée par le ministère en décembre 2016. Les trois chercheurs mettent d’abord en évidence combien le mouvement actuel – qui n’est autre qu’un fonctionnement algorithmique – est grippé. En 2014, seuls 43,9 % des enseignants titulaires ayant fait une demande de mobilité entre académies ont obtenu satisfaction, rappellent les auteurs. Et les trois académies les moins attractives (Créteil, Versailles, Amiens) concentrent 50 % des enseignants demandant une nouvelle affectation. Une des raisons du manque d’attractivité du métier Chaque année, les sorties étant importantes dans ces trois académies, les postes vacants doivent être occupés par de nouveaux enseignants, de telle sorte qu’environ 50 % des néotitulaires obtiennent leur première affectation dans l’une de ces trois régions. “Cette forte probabilité d’obtenir une première affectation dans une académie relativement défavorisée est l’une des raisons du manque d’attractivité de la profession enseignante en France”, soulignent Julien Combe, Olivier Tercieux et Camille Terrier. Les chercheurs osent ensuite ce postulat : “Le processus centralisé utilisé par le ministère et les rectorats pour affecter les enseignants dans les académies puis dans les établissements pourrait être un outil utilisé pour homogénéiser la répartition des enseignants entre académies, garantir une plus grande stabilité des équipes et prendre en compte les besoins pédagogiques des établissements.” Autrement dit, un pilotage politique du “mouvement” pourrait permettre à la fois de construire une gestion des ressources humaines digne de ce nom et d’affiner l’action pédagogique en fonction du contexte de chaque académie. Une révolution copernicienne, pour la Rue de Grenelle. Des échanges “mutuellement améliorants” Les trois économistes proposent d’agir sur deux leviers : augmenter les perspectives de mobilité géographique des enseignants (et donc, dans une certaine mesure, améliorer l’attractivité de la profession). Mais aussi augmenter l’expérience moyenne des enseignants dans les académies les plus défavorisées (et donc espérer pouvoir réduire à terme les inégalités de réussite entre élèves). Concrètement, l’algorithme qu’ils baptisent “algorithme d’échanges mutuellement améliorants avec les académies prioritaires” introduit une nouvelle condition, imposant que tout enseignant sortant d’une académie telle Créteil, Versailles ou Amiens soit remplacé par un enseignant ayant un barème supérieur. “Ce qui implique naturellement que dans les académies prioritaires, le rapport entre le nombre de titulaires sortants et entrants se rapproche de 1 et que l’âge moyen et la proportion d’enseignants titulaires augmente”, font valoir les économistes. Les mutations comme outil de pilotage Le changement dans la procédure d’affectation des enseignants qu’ils opèrent augmenterait de 30 % “le mouvement” par rapport au système actuel, sans entraîner pour autant un départ massif des académies en difficulté. “Nous fournissons ainsi un outil de pilotage qui permet de faire des simulations et de tester différentes stratégies RH propres à chaque académie”, concluent-ils. Parce que “la situation actuelle peut être grandement améliorée”, les auteurs offrent “tout un spectre de possibilités dont le choix in fine relève d’une décision collective entre les différents acteurs que sont le ministère, les représentants syndicaux et les académies”. À bon(s) entendeur(s) !


France Stratégie plaide pour des établissements scolaires plus autonomes

Face au pilotage centralisé du système éducatif, “il apparaît nécessaire d’octroyer une autonomie accrue aux établissements scolaires”, juge France Stratégie dans une note publiée mercredi 14 décembre. Entre contractualisation, privatisation et développement de communautés éducatives, l’organisme de réflexion avance plusieurs pistes d’évolution.  

15/12/2016 | ACTUALITÉ

Donner davantage de marges de manœuvre aux établissements scolaires constituerait-il la réforme prioritaire à engager en matière d’éducation ? À en croire une note d’analyse de France Stratégie, dévoilée mercredi 14 décembre, les solutions ne manquent pas. Alors que dans les années 1980, la majorité des pays développés ont redistribué les responsabilités par la décentralisation politique des systèmes éducatifs – dans les pays nordiques et au Royaume-Uni, par exemple –, “notre pays s’est globalement tenu en retrait de ces transformations”, estime dans son étude l’organisme de réflexion placé auprès du Premier ministre. L’école devant voir “sa mission clarifiée”, France Stratégie propose donc d’octroyer une autonomie “accrue” aux établissements scolaires. Et ce aussi bien dans la gestion des ressources humaines que dans l’autonomie pédagogique. Actuellement, “ils ne disposent que de peu de marges de manœuvre”, constate l’étude, le pilotage pédagogique restant essentiellement fixé au niveau national. Communautés éducatives renforcées Première option défendue par l’organisme de réflexion :  le renforcement de l’autonomie des communautés éducatives. Cela reposerait sur “une plus forte capacité d’auto-organisation locale” et notamment sur une coopération accrue entre les enseignants et le chef d’établissement, affirme France Stratégie. Ce renforcement suppose néanmoins “la pleine mise en œuvre de la récente redéfinition réglementaire du métier d’enseignant qui valorise les temps de suivi des élèves”, mais aussi des chefs d’établissement “davantage formés à la gestion du groupe, sachant mobiliser l’ensemble de l’équipe pédagogique”, ajoute l’organisme de réflexion. Sur ce point, un tiers des chefs d’établissement déclarent ne pas avoir suivi de formation à l’encadrement pédagogique. Contractualisation L’organisme de réflexion avance également l’idée d’une autonomie “contractualisée”, autorisant une modulation des moyens en fonction des besoins des établissements. La démarche de contractualisation “n’a cessé de progresser dans l’institution scolaire [mais] reste cependant d’effet limité”, précise l’étude. Cette démarche, actée notamment entre le ministère de l’Éducation nationale et les académies, repose à l’heure actuelle sur des analyses de données ou sur la définition d’objectifs ou de leviers. Pour y remédier, France Stratégie propose ainsi que pour les académies bénéficiant de contrats d’objectifs et de gestion avec l’État, les moyens soient modulés en fonction de leurs difficultés de recrutement et des besoins d’accompagnement des enseignants et des établissements par les inspections. À l’intérieur de ce modèle contractuel, les chefs d’établissement devront disposer “d’une latitude d’action plus significative”, poursuit France Stratégie. Et ce, notamment, en matière d’organisation de l’enseignement ou de gestion de la masse salariale. À l’heure actuelle, selon les chiffres de l’OCDE, 0,9 % des chefs d’établissement déclarent partager la responsabilité de l’exécution lors du licenciement ou de la suspension d’un enseignant contre 54,6 % au Royaume-Uni. Modèle des academies britanniques Alors que le tissu scolaire français connaît déjà une “certaine diversité” – le secteur privé sous contrat scolarise à lui seul 20 % des élèves –, l’organisme de réflexion appelle, dans un autre scénario, à poursuivre cette diversification de l’offre scolaire. Le développement des établissements privés, mais également d’établissements publics disposant de marges de manœuvre proches de celles du privé devrait offrir une “plus grande latitude de choix pour toutes les familles”, précise l’étude. Sur ce point, France Stratégie s’inspire notamment du gouvernement britannique et de la création, dans les années 2000, des academies, des écoles publiques changeant de statut pour devenir indépendantes. “Par rapport aux écoles publiques ordinaires, elles jouissent de trois libertés fondamentales : liberté des moyens, des outils et des méthodes d’enseignement ; liberté de recrutement et de rémunération du personnel et liberté de fixer la durée de l’année scolaire”, souligne la note d’analyse de l’organisme.


Sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert, c’est parti !

La France préside, du 7 au 9 décembre, le sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), qui ambitionne tout autant de dépoussiérer les modes d’action publique que de placer la France dans une nouvelle donne diplomatique.

06/12/2016 | ACTUALITÉ

La “boîte à outils” du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO) sera conçue à l’Élysée mais il ne faut pas s’y méprendre : le chef de l’État n’aura sans doute pas son mot à dire lors de ce hackathon introductif au sommet mondial du PGO, présidé par la France du 7 au 9 décembre. Visant à faciliter la mise en œuvre concrète des engagements pris lors du sommet, cette “boîte à outils” fera phosphorer pas moins de 300 geeks qui ambitionnent de dépoussiérer notre modèle de démocratie représentative. Laissant son palais de l’Élysée aux hackers des civic tech [technologies citoyennes, ndlr], François Hollande prononcera son discours à la salle Pleyel en début d’après-midi le 7 décembre. En trois jours, pas moins de 20 chefs d’État et 3 000 représentants de 80 pays viendront échanger sur leurs bonnes pratiques démocratiques lors de conférences, ateliers et soirées organisés aux quatre coins de Paris. “Enjeux globaux” Objectif : faire aussi bien que la COP21 en décembre 2015. “Dans les deux cas, COP21 et PGO, il s’agit de sujets que les États ne peuvent plus régler seuls, tant leurs enjeux sont devenus globaux et nécessitent le recours à l’intelligence collective”, expliquait Pauline Carmona, secrétaire générale du PGO, lors d’une présentation des enjeux de l’événement, le 26 octobre. Innovateurs et développeurs, gouvernements et ONG vont ainsi faire œuvre commune pour dynamiser les institutions publiques. “Car si l’on s’en tient à ouvrir les données mais pas l’action, on n’a fait que la moitié du chemin”, avertissait Henri Verdier, directeur interministériel du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic) lors de cette conférence de présentation fin octobre. À ses yeux, le PGO n’est autre qu’une “étiquette commode” pour saluer “tout ce qui se passe sous nos yeux, comme les budgets participatifs, les consultations, la coécriture de la loi”. “Nous devons percevoir que la démocratie est un processus et qu’elle change sans arrêt”, poursuit Henri Verdier. Et d’illustrer en se référant à l’apparition des isoloirs en 1914, donc “très tard dans l’histoire de la démocratie française”. “Aujourd’hui, avec Internet, exiger transparence, concertation et contribution correspond aux standards de notre époque.” Le levier du “modèle multiparties prenantes” Pour David Martinon, ambassadeur de la France pour la cyberdiplomatie et l’économie numérique, “depuis le début, la gouvernance de l’Internet fonctionne sur « le modèle multiparties prenantes », mais cela ne marche pas très bien avec l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), puis avec la réforme de l’Icann (en cours) [lire notre article]. Mais il y a aussi le PGO. Ce qui signifie qu’il existe plusieurs approches du modèle multiparties prenantes”, expose-t-il. Vu depuis le ministère des Affaires étrangères, le PGO est donc l’occasion rêvée pour la France de façonner ce “modèle multiparties prenantes” et de réfléchir à de nouvelles formes de “livrables” résultant de “ce que la France sera capable d’obtenir et de décider lors de ce sommet”, souligne David Martinon. “Notre objectif est d’obtenir des décisions très concrètes et de réfléchir à des engagements que définiraient ensemble les parties prenantes du PGO. Pour créer une émulation, créer des références”, espère l’ambassadeur. “C’est quelque chose d’inédit au plan international.” Une quinzaine d’engagements sur trois thèmes Trois grandes thématiques ont été définies pour les “livrables” qui devraient se décliner en une quinzaine d’engagements très concrets : la transparence publique et économique ; le climat et le développement durable ; les biens communs numériques. Les 5 et 6 décembre, la communauté des chercheurs se réunit pour les “Academic Days” autour d’une vingtaine de thématiques. Pour la première fois depuis la création du Partenariat en 2009, les chercheurs membres de l’Independant Reporting Mechanism (IRM) présentent la base qu’ils ont constituée après les quelque 2 500 évaluations des “plans” engagés par chaque pays membre du partenariat. Un enjeu de plus pour la France, comme l’a rappelé Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, lors d’une opération “ministère ouvert” le 11 octobre [lire notre article] : les chercheurs français manquent d’ambition dans leurs travaux sur la transformation de l’action publique. Henri Verdier abonde dans ce sens : “Avec Michel Crozier et la sociologie des organisations, la France exerçait un rayonnement mondial. Après, nous nous sommes mis à voir l’État comme une boîte noire, qu’on ne restructure pas. Nous allons remettre la question dans notre agenda”, promet le Dinsic. Des adhérents parrainés pour progresser Pour qu’un pays adhère au Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), 4 critères d’éligibilité prévalent : avoir une loi sur l’accès à l’information, assurer la transparence sur le patrimoine des principaux gouvernants, présenter des budgets transparents, garantir la protection des libertés civiles. “Le point de départ des pays est très varié en la matière mais chaque candidat doit exprimer son souhait d’ouverture et de progression”, constate Pauline Carmona, la secrétaire générale du PGO. Celui-ci promeut aussi un apprentissage par les pairs. Ainsi, chaque nouvel adhérent bénéficie d’un pays “buddy”, comme la Côte d’Ivoire avec la France, pour élaborer un plan d’action. L’Azerbaïdjan a été déclaré “inactif” en mai dernier, le pays n’offrant pas suffisamment de gages d’une amélioration. “Nous allons voir ses dirigeants bientôt pour qu’ils reviennent dans le droit chemin, si l’on peut dire”, commente David Martinon, ambassadeur de la France pour la cyberdiplomatie et l’économie numérique. La règle est de “surtout ne pas exclure le pays, car pour la société civile, le PGO est un moyen d’ouverture, une fenêtre sur le monde, un mécanisme qui met la pression sur le gouvernement”, ajoute Pauline Carmona.


À l’éducation nationale, les inspecteurs ont la pression

Qu’attend la Rue de Grenelle de ses inspecteurs ? C’est la question que pose un rapport publié fin novembre par les inspections générales, qui alertent le ministère sur l’éparpillement des missions qui incombent à ces cadres, dans les académies.

01/12/2016 | ACTUALITÉ

“On n’a pas de mission, on répond à des commandes et la dernière demande est toujours la priorité la plus haute.” Bienvenue à l’éducation nationale, où les enseignants ne sont plus les seuls à rechercher le sens de leur mission. Désormais, les cadres aussi s’inquiètent, et les inspections générales de l’éducation nationale (Igen et IGAENR) prennent la chose très au sérieux, dans un rapport conjoint sur le rôle et le positionnement des inspecteurs du second degré, publié fin novembre. “On observe des priorités nationales comme les examens, académiques comme la réforme du collège, le suivi des établissements dans leurs contrats d’objectifs, le copilotage en REP+, les priorités académiques disciplinaires, mais également la gestion des carrières et des promotions des enseignants incontournables pour la DRH, au final tout est prioritaire !” égrène un des 212 inspecteurs rencontrés par la mission. Missions nouvelles… et nouvelles charges Nombreux sont les inspecteurs qui expriment un sentiment d’émiettement et de surcharge du fait de l’apparition fréquente de missions nouvelles (pilotage académique, accompagnement des établissements) sans que soient reconsidérées les charges liées à la gestion et au suivi de leur discipline, constate sans fard le rapport. Pas de chance, les inspecteurs du second degré n’auront bénéficié d’aucun des 60 000 postes ouverts depuis le début du quinquennat. Car la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République du 8 juillet 2013 n’a pas prévu, en tant que telles, de créations d’emplois d’encadrement… À l’heure de la “refondation de l’école”, les missions d’évaluation et d’accompagnement n’auront donc pas paru prioritaires à l’ex-ministre Vincent Peillon. “Le renforcement des moyens d’inspection en emplois s’est donc appuyé essentiellement sur les initiatives académiques, par transformations d’emplois d’enseignants en emplois d’inspecteurs (+ 46 emplois contre + 15 en loi de finances de 2012 à 2016)”, observent l’Igen et l’IGAENR. Pour faire face, les recteurs ont aussi nommé des chargés de mission, des enseignants déchargés d’une partie de leur service qui secondent ou suppléent les inspecteurs dans certaines de leurs tâches. Se sont aussi constitués des viviers de formateurs académiques appelés à aider les inspecteurs dans l’accompagnement de proximité des enseignants. Créer des postes La mission Igen-IGAENR sonne donc le rappel, demandant à ce que “la possibilité de créer des emplois d’inspecteurs en loi de finances soit réexaminée à partir de 2017 sous la forme d’un plan pluriannuel accompagné d’actions d’information et de promotion sur le métier d’inspecteur”. En plus du vivier, c’est aussi le cœur des missions à remplir qu’il faut calibrer. Le rapport préconise ainsi que chaque académie se livre à “une mise à plat de ses besoins d’inspection”, notamment pour la mise en place des nouvelles modalités d’évaluation professionnelle des enseignants [lire notre article]. Même si les ambitions ont été revues à la baisse lors des négociations avec les syndicats, la réforme menée par Najat Vallaud-Belkacem promeut une inspection qui prenne la forme de conseil et d’accompagnement des enseignants dans la globalité de leurs dimensions professionnelles. 270 jours de travail par an Autre constat dressé par les inspecteurs généraux :  le développement de missions d’accompagnement plus global des établissements, liées à l’autonomie croissante qui leur est donnée dans le cadre des réformes des lycées (2009) et des collèges (2016). Alors qu’ils ne consacrent aujourd’hui que 10 % de leur temps au suivi des collèges et lycées, les inspecteurs sont pourtant au cœur de la réforme du collège et des inquiétudes qu’elle suscite dans le corps enseignant. “Les inspecteurs sont dans une position de nature transversale, intervenant en tant que généralistes et non pas en leur qualité de spécialistes d’une discipline, relève le rapport. Les objectifs de ces missions, qui oscillent entre suivi/conseil et évaluation, et donc leurs modalités ont besoin d’être clarifiées vis-à-vis des inspecteurs mais aussi des autres acteurs, en particulier les personnels de direction.” Et les inspections générales d’assurer Najat Vallaud-Belkacem de leur “conviction” : les objectifs du ministère ne pourront être atteints sans un renforcement du potentiel des inspecteurs, qui se déclarent “au bord de l’épuisement” pour certains. Les services de la Rue de Grenelle estiment qu’un inspecteur du second degré travaille en moyenne 270 jours par an, pour 250 jours ouvrés. Deux syndicats appellent à ne pas suivre les instructions de la Centrale Comme un écho à l'alarme lancée par l'Igen et l'IGAENR dans leur rapport conjoint, les deux principaux syndicats du corps, le Sien-Unsa (premier degré) et le SNPI-FSU (second degré), appellent ce jeudi 1er décembre, les inspecteurs à “ne pas participer” à des conférences organisées par la Direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco) et à “refuser de consacrer du temps à leur organisation”. Cette demande du ministère intervient “dans l’urgence et sans aucune prise en considération des demandes, ni des besoins de formation continue des inspecteur et, témoigne d’une absence totale de prise en compte des alertes, pourtant nombreuses, sur la situation des inspecteurs”, argumentent les deux syndicats dans un communiqué commun.


Un rapport propose de rendre obligatoire la formation continue des enseignants

La réforme de la formation des enseignants doit aller plus loin et rendre obligatoire la formation continue, selon le rapport du comité de suivi remis à la ministre de l’Éducation nationale le 29 novembre.

30/11/2016 | ACTUALITÉ

La formation des enseignants ne peut reposer sur la seule formation initiale de même qu’une carrière de prof ne peut se dérouler sans formation continue. Dans son rapport remis à la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le 29 novembre, le comité de suivi de la réforme de la formation des enseignants, présidé par le recteur de Versailles, Daniel Filâtre, préconise de renforcer la préprofessionnalisation et la spécialisation progressive des étudiants en licence, mais aussi de rendre obligatoire et diplômante la formation continue des enseignants tout au long de leur carrière. Le comité de suivi propose de considérer la formation tout au long de la vie des professeurs et des personnels d’éducation autour de 3 périodes : une phase de préprofessionnalisation en licence, une phase de formation initiale en master et, pour l’accompagnement dans l’entrée dans le métier, une phase de formation et de développement professionnel continu. “L’entrée dans le métier constitue une phase de transition où la formation et l’accompagnement jouent un rôle déterminant, tout comme l’école ou l’établissement de premier exercice”, constate le rapport. Année de stage surchargée Or “le statut de professeur néo-titulaire est insuffisamment pris en compte dans la mise en œuvre de la réforme” de la formation des maîtres, au sein des écoles supérieures du professorat (Espé). C’est en ce sens que le comité propose de concevoir et instaurer, dans le prolongement de la formation initiale, une démarche d’accompagnement et de formation lors de l’entrée dans le métier. “Des démarches ont déjà été expérimentées dans quelques académies”, souligne le comité de suivi, qui appelle à “construire à la fois un soutien personnalisé, très adapté aux besoins du professeur débutant, et un soutien organisationnel afin d’intégrer cette étape de formation dans une démarche académique et universitaire”. Actuellement, “l’année de stage, cruciale dans la formation du nouvel enseignant, est vécue par presque tous les stagiaires comme extrêmement difficile”, insiste le rapport. Les enquêtes mises en œuvre par les directions générales ou par le réseau des Espé révèlent en effet combien les stagiaires se disent surchargés, débordés, stressés. “Leur enseignement en responsabilité avec leurs élèves les passionne mais les occupe pour la plus grande part de leur temps, et ils y consacrent toute leur énergie. Ils doivent préparer des cours pour la première fois, tout en apprenant à maîtriser leurs enseignements, leur(s) classe(s), leurs élèves”, décrit encore Daniel Filâtre. En parallèle, “ils doivent suivre les cours à l’Espé et parfois dans d’autres composantes de l’université, qu’ils trouvent généralement intéressants bien que pas toujours adaptés à leurs besoins ou trop éloignés de leurs préoccupations d’enseignant débutant dans un établissement ou une école”. Beaucoup trop pour une entrée dans le métier. TICE et gestion des élèves au premier rang des besoins Deuxième recommandation phare du recteur de Versailles et des membres du comité : affirmer que la formation continue devient constitutive du métier d’enseignant. “La formation continue est une obligation professionnelle pour les enseignants dans la plupart des pays européens. Les plans de formation sont généralement élaborés au niveau de l’établissement, parfois même élaborés par l’enseignant lui-même ou par l’autorité supérieure”, rappelle-t-il. L’étude Talis 2013 (OCDE) pour le seul niveau collège met en évidence que 88 % des enseignants ont participé à une action de formation continue dans les douze derniers mois, la France se situant dans les dernières positions. Concernant les besoins de formation, les enseignants placent en priorité, dans cette enquête, la prise en charge d’élèves à besoins spécifiques, les TICE, la gestion de la classe et du comportement des élèves… Des sujets cruciaux, au cœur des préoccupations de tous les enseignants.


Un rapport décapant sur le management d’équipe dans l’éducation nationale

Former les chefs d’établissement scolaire au management et s’inspirer des méthodes de l’enseignement privé : les inspections générales de l’éducation nationale brisent les tabous dans un rapport publié fin novembre.

28/11/2016 | ACTUALITÉ

D’aucuns y verront de la clairvoyance, voire de l’émancipation. D’autres au contraire crieront à l’aveuglement et même au complot. Tous s’accorderont sur un point : il est peu de rapports des inspections générales de l’éducation nationale (Igen et IGAENR) qui lèvent autant de tabous à la fois et dans un style aussi clair. Daté du mois d’août 2016 et publié fin novembre, le rapport sur les “mécanismes de concertation” dans les établissements scolaires a donc de bonnes raisons de faire date. “Management”, “politique d’établissement”, “libre choix”, “souplesse”… Le champ lexical usité par la mission détonne à lui tout seul. Après avoir visité 24 établissements répartis dans 6 académies (Dijon, Lyon, Nantes, Nice, Orléans‐Tours et Versailles), les inspecteurs généraux ne peuvent être plus clairs : “Tout se passe comme s’il y avait deux bulles distinctes, celle du pilotage institutionnel qui concerne la hiérarchie de l’éducation nationale et celle du monde « réel » de l’établissement où les leviers d’action mobilisés sont différents.”   Une manière aussi polie que bien sentie de signifier au ministère qu’il est temps d’en finir avec une gestion napoléonienne-centralisée du système éducatif, surtout lorsqu’il s’agit d’une question relative aux ressources humaines que constituent les 860 000 enseignants français. Abandonner le pilotage institutionnel La mission recommande donc à la ministre “d’abandonner un pilotage institutionnel trop formel par les projets d’établissement et les contrats d’objectifs au profit d’une claire reconnaissance de la responsabilité de l’équipe éducative à élaborer son projet et ses stratégies dans les formes et les rythmes qu’elle veut lui donner”. Un sacré appel d’air… Pour être bien clairs, les inspecteurs généraux précisent d’ailleurs que leurs préconisations “n’auraient pas de sens si le pilotage institutionnel devait considérer les établissements comme de simples rouages d’exécution des politiques nationales ou académiques”. La mission suggère d’accorder à chaque établissement la liberté de définir ses instances au‐delà de celles, institutionnelles, du conseil d’administration, du conseil pédagogique et du conseil école-collège. “De la même manière, la désignation de « référents » au sein de l’établissement ne devrait pas relever de préconisations nationales mais du libre choix de l’équipe de direction”, tacle le rapport. Une recommandation qui vaut particulièrement pour les réseaux d’éducation prioritaire, où “la multiplication des instances est trop gourmande en temps et en énergie”.  Logiquement, les capacités d’organisation des équipes éducatives doivent être renforcées notamment par “une plus grande souplesse laissée aux établissements” et par “un abondement des budgets d’indemnités pour missions particulières [IMP]” destinés aux enseignants qui prennent des responsabilités supplémentaires, soulignent les inspecteurs généraux. Modèle de l’enseignement privé Elles auraient pu s’en tenir là, mais non : l’Igen et l’IGAENR font tomber un dernier tabou en osant la comparaison directe entre l’enseignement public et l’enseignement privé sous contrat… Jusqu’à préconiser qu’une expérimentation soit menée dans les établissements publics à l’échelle d’une ou plusieurs académies pour apprécier plus amplement l’intérêt des modalités de pilotage de la concertation adoptées dans les établissements privés. “Dans le privé, le choix fait de confier à des enseignants une fonction d’adjoint ou de référent au sein de l’équipe de direction contribue manifestement à faciliter la concertation aux deux niveaux, vertical (direction-enseignants) et horizontal (entre enseignants)”, explique le rapport. Ces “adjoints” bénéficient d’un service d’enseignant à temps incomplet, au minimum un mi‐temps, complété par un temps de direction financé par l’organisme de gestion de l’établissement. Ils n’ont pas de responsabilité hiérarchique sur leurs collègues, qu’ils considèrent et qui les considèrent comme des pairs. “C’est ce positionnement qui fonde leur légitimité et qui permet à l’instance de direction d’être au plus près des préoccupations des enseignants”, estime la mission. Repiquant un rien dans le langage technocratique, les inspecteurs généraux finissent par adresser une ultime alerte à la Centrale : “Dans une période où les réformes s’enchaînent à un rythme soutenu, la vigilance éthique et la recherche permanente d’équilibre pour prévenir ou apaiser des tensions naissantes réclament un niveau d’aptitude au dialogue et au compromis qui doit être considéré par l’institution à la hauteur du stress qu’il induit.”  Traduction : il est grand temps que les chefs d’établissement soient formés, et bien, au management.


Le Conseil d’État valide une réforme diversifiant le profil des recteurs

Les sages du Palais-Royal ont rejeté les recours en annulation engagés par la Conférence des présidents d’université contre une réforme par décret de 2015 assouplissant les conditions d’accès au poste de recteur. Le Conseil d’État a aussi rejeté un recours contre une autre réforme, datant de 2010, qui avait ouvert une première brèche dans le même sens.

28/11/2016 | ACTUALITÉ

Une validation sans appel. Le Conseil d’État a validé, le 23 novembre, une réforme de 2015 assouplissant les conditions d’accès au poste de recteur et que contestait la Conférence des présidents d’université (CPU). Pour rappel, les présidents d’université avaient décidé d’engager un recours en annulation devant le Conseil d’État contre le décret du 10 décembre 2015 “ouvrant la possibilité de nommer des recteurs non titulaires d’un doctorat et contre un second décret, du même jour, fixant la composition d’une commission appelée à donner son avis sur les nominations de personnes susceptibles d’exercer ces fonctions dans ces conditions”. En réalité, la réforme opérée par le gouvernement Valls ne supprime pas vraiment le verrou du doctorat, qui a déjà largement sauté dans le cadre d’une précédente réforme, en 2010. Cette année-là, Luc Chatel et Valérie Pécresse, alors respectivement ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur de Nicolas Sarkozy, ont ouvert ces postes – dans la limite de 20 % des emplois, soit 6 sur 30 – à des non-docteurs à la condition qu’ils aient déjà exercé l’emploi de secrétaire général de ministère ou de directeur d’administration centrale, quel que soit le ministère, pendant trois ans. Pouvaient aussi être nommés dans ce quota de 20 % des titulaires d’un doctorat qui ne détiendraient pas une habilitation à diriger les recherches (HDR), le titre universitaire le plus élevé en France, qu’il est possible d’obtenir après un doctorat. Institution napoléonienne Une petite révolution – sans éclat à l’époque – mettant à mal une tradition solidement ancrée depuis Napoléon qui ne permettait qu’à des titulaires de doctorat puis, progressivement, d’une HDR, de pouvoir être statutairement nommés au poste de recteur d’académie, également chancelier des universités. Sans abaisser le quota de 80 % de postes réservé aux HDR, la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a assoupli un peu plus les conditions d’accès en décembre 2015. Il est désormais permis – à l’intérieur du contingent des 20 % qui ne sont pas soumis à la détention d’une HDR – à des personnes ayant au moins dix ans d’expérience dans le domaine de l’éducation, de la formation et de l’enseignement supérieur ou de la recherche, d’accéder aux fonctions de recteur, sans imposer, comme précédemment, la condition de détention du doctorat. Il s’agit en fait d’ouvrir l’accès à ces postes à des personnalités non titulaires du doctorat et n’ayant pas été directeurs d’administration. La réforme de 2010 également validée La CPU contestait à la fois le décret de la réforme de 2015 mais aussi celui de 2010, véritablement à l’origine de cette petite révolution, que les “universitaires” n’avait pas attaqué à l’époque. S’agissant de la réforme de 2015, le Conseil d’État a notamment estimé que le Conseil national d’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) n’avait pas à être consulté en amont.  Le principe d’autonomie des universités n’a pas de valeur constitutionnelle et en conséquence, la réforme de 2015 ne contrevient pas à la Constitution, ont aussi jugé les sages du Palais-Royal. De même, la composition de la commission chargée de donner son avis sur les nominations de personnes susceptibles d’exercer ces fonctions de recteur dans ces conditions précises, composée de seulement 2 recteurs – sur 6 membres au total – ne méconnaît pas les dispositions d’un article relatif aux jurys de validation des acquis de l’expérience professionnelle posé par le code de l’éducation, ces dispositions n’étant pas applicables. Le Conseil d’État valide aussi la réforme de 2010, sur le fond comme sur la forme. La CPU avait décidé d’engager cette lutte compte tenu de son engagement dans “la défense du doctorat”. La défense du doctorat et le développement de l’accès des docteurs à la catégorie supérieure de la fonction publique étaient des mesures fortes de la loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche, dite loi Fioraso. En coulisses, une lutte d’influence se joue pour appliquer concrètement les objectifs de cette loi dans les processus de recrutement de la haute fonction publique, en dépit de certaines résistances.


Fillon-Juppé : de vraies différences sur l’éducation

Faussement proches, les programmes éducatifs de François Fillon et Alain Juppé incarnent deux visions distinctes du système, alors qu’une grande inconnue demeure : combien de postes sont-ils susceptibles d’être supprimés dans l’éducation nationale ?

25/11/2016 | ACTUALITÉ

Sur ce point-là, c’est sûr, François Fillon avance masqué : combien, parmi les 500 000 postes de fonctionnaires supprimés, le seront-ils dans l’éducation nationale ? “Il ne le dit pas aujourd’hui. Cela fera partie du débat si François Fillon est investi à l’issue du second tour de la primaire”, explique à Acteurs publics Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin et ancien conseiller “éducation” de François Fillon à Matignon. Le député l’assure : “Aucune répartition [des suppressions de postes] n’a été effectuée. Il y aura des arbitrages le moment venu. Nous nous réservons l’explication détaillée du programme pour la campagne présidentielle.” D’ailleurs, selon Annie Genevard, députée du Doubs et soutien de François Fillon, il est faux de considérer que “les enseignants sont préoccupés uniquement par la question des moyens”. “Ils veulent surtout qu’on s’intéresse à leurs conditions de travail et à leur formation”, indique-t-elle à Acteurs publics. On en reste donc là sur ce thème, ô combien sensible dans le monde enseignant, qui a payé le lourd tribut de 80 000 suppressions de postes entre 2007 et 2012, sous la houlette de l’ancien Premier ministre… François Fillon. Dans le camp d’en face (ou d’à côté), Alain Juppé a voulu jouer franc jeu : l’éducation nationale ne sera pas concernée par les 250 000 suppressions de postes qu’il annonce dans la fonction publique. Mieux, il promet, et chiffre déjà, une augmentation de salaire qu’il réservera aux professeurs des écoles : + 10 %, financée par un redéploiement des moyens du second degré vers le premier degré (la baisse du nombre d’épreuves au bac permettra des économies). Temps de présence augmenté de 23 % François Fillon a bien inscrit lui aussi dans ses tablettes la “revalorisation des traitements”, mais elle se fera “en maîtrisant l’évolution de l’effectif, ce qui passe par un meilleur déploiement” des professeurs en poste dont les plus “méritants” se verraient offrir une “promotion accélérée”.  Avec François Fillon, tous les enseignants du second degré devront passer 4 heures de plus par semaine dans leur établissement, un temps consacré “à de nouvelles formes de contact avec les parents, notamment dans les secteurs défavorisés, pour expliquer la contribution qu’ils peuvent apporter au succès scolaire de leur enfant”. Selon Patrick Hetzel, le candidat Fillon est plus audacieux que ne l’est le candidat Juppé : “On va plus loin que lui dans l’autonomie des établissements. Nous voulons instaurer un statut pour les écoles primaires et pour leur directeur. Et dans le second degré, il n’y a pas de raisons pour que les chefs d’établissement ne recrutent pas eux-mêmes leurs enseignants”, illustre-t-il. Alain Juppé n’est pourtant pas en reste sur le thème de la gouvernance, quand il propose de créer dans chaque collège et lycée un “conseil éducatif d’établissement” composé d’enseignants responsables élus par leurs pairs (un coordonnateur pédagogique, un responsable de l’orientation, un responsable des relations avec les parents, un coordonnateur par discipline ou groupe de disciplines, un responsable du suivi individuel des élèves…). Ce conseil – avec le conseil d’administration – choisirait ensuite le directeur de l’établissement parmi plusieurs candidats proposés par le recteur… Agence nationale de l’évaluation et de l’innovation Mais pour le maire de Bordeaux, l’autonomie ne peut aller de pair qu’avec une solide évaluation des pratiques locales, qu’il confierait à une agence nationale de l’évaluation, de l’innovation et de la performance scolaire indépendante. Les deux candidats veulent laisser aux collèges et aux lycées la possibilité de gérer la totalité de leur dotation horaire globale pour mieux répondre aux besoins des élèves. De même, ils assurent que leur priorité réside dans la maîtrise des savoirs fondamentaux à l’école primaire (François Fillon veut que les trois quarts du temps y soient consacrés et Alain Juppé veut des groupes de remédiation dès la maternelle). Pour s’attaquer au décrochage, Alain Juppé propose de monter “un groupe spécifique d’enseignants commando” qui pourrait intervenir dès les premiers signes de décrochage (absences injustifiées, résultats en baisse…) en y associant les parents d’élèves concernés. Le “récit national”, une croisade ? S’il est un thème qui oppose vraiment les deux hommes, c’est celui du programme d’histoire-géographie, véritable passion française. “Fillon fait dans la démagogie et lance des croisades stériles, dénonce un proche d’Alain Juppé. Son « récit national », c’est un retour au Lavisse dont on sait combien il est contestable sur le plan historique !” “Il nous semble important de pouvoir énoncer un récit national, mais nous n’avons pas vocation à nous substituer ni aux enseignants ni aux chercheurs, répond Patrick Hetzel. Il est clair qu’il doit y avoir une référence plus grande à l’histoire de notre pays. Ce n’est pas l’apanage de la Corée du Nord !” “Le nouveau programme [entré en application à la rentrée 2016, ndlr] propose une philosophie de l’histoire d’un très grand relativisme. Tout ne se vaut pas à nos yeux”, argumente le député soutien de François Fillon. D’après lui, des moments importants comme la Révolution française ou le Premier Empire doivent être davantage développés. “De même, on fait peu cas, dans ce programme, de la Résistance, du CNR, qui sont des principes très forts dans lesquels des Français se sont illustrés et sur lesquels nous pourrions nous appuyer aujourd’hui.” Améliorer le dispositif Admission post-bac Enfin, les deux challengers misent gros sur le thème de l’orientation et promettent d’améliorer la plate-forme Admission post-bac (APB). “Notre objectif est qu’APB permette aussi de prendre en compte des prérequis et le profil des lycéens avant l’accès aux filières de l’enseignement supérieur, détaille Patrick Hetzel. Ce serait comme une sélection sur dossier en plus de la sélection algorithmique.” Pas de profilage dans le camp Juppé. Mais une “orientation active” qui ferait en sorte que l’offre de formation soit plus transparente. “Nous voulons que l’élève rencontre systématiquement son professeur principal et ait noué des contacts avec le métier qu’il vise”, souligne un membre de l’équipe. En outre, Alain Juppé veut mettre fin à l’échec des bacheliers professionnels qui vont à l’université. Ceux-là doivent véritablement se voir réserver des places en BTS et en IUT, alors qu’aujourd’hui ces formations sont trustées par des bacheliers généraux avec mention… “Méthode plus douce” selon ses promoteurs, le projet d’Alain Juppé sur l’éducation pourrait renverser la vapeur dimanche… si les enseignants votent au second tour de la primaire de droite.


La France officiellement candidate à l’Exposition universelle de 2025

Cette événement se tiendrait du 1er mai au 30 octobre 2025 en Île-de-France autour du thème “la connaissance à partager, la planète à protéger”. Une décision finale est attendue en novembre 2018.

22/11/2016 | ACTUALITÉ

Le chef de l’État, François Hollande, a présenté “officiellement”, mardi 22 novembre, la candidature de la France à l’Exposition universelle de 2025, dans un courrier adressé au secrétariat général du Bureau international des expositions, dont l’AFP a reçu copie. Cette exposition se tiendrait du 1er mai au 30 octobre 2025 en Île-de-France, mais “cette candidature est celle de toute la France”, souligne le chef de l’État dans ce courrier, précisant que le thème retenu était “la connaissance à partager, la planète à protéger” (en anglais, “Knowledge to share, Planet to care”). Faisant valoir que les expositions universelles du XIXe siècle ont “marqué à jamais les mémoires”, François Hollande indique que l’objectif de cette nouvelle exposition sera “d’améliorer nos modèles de développement”. Il évoque ainsi la santé, l’éducation, la culture et l’environnement “dans la continuité de la mobilisation qui a abouti en décembre 2015 à l’accord de Paris sur le changement climatique” à l’issue de la COP21. Moyens de transport renforcés Le Président français souligne également qu’“un nouveau réseau de métro express de 200 km est mis en chantier” en Île-de-France, “permettant dès 2024 une amélioration de la desserte du Grand Paris” tandis qu’une liaison directe sera établie au même moment entre l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle et la gare de l’Est. Pascal Lamy, qui chapeaute la structure de candidature française, a précisé ensuite devant la presse que le thème proposé était “à la fois universel, dans l’avenir et ouvert de telle sorte que chaque pays puisse en donner sa propre interprétation”. Jean-Christophe Fromantin, président d’ExpoFrance 2025 qui a porté le projet au départ, s’est félicité de ce “moment extraordinaire que l’on attendait depuis plusieurs années”. Le projet conserve les caractéristiques de ses premières esquisses avec l’idée d’une immense sphère “connectée” au monde, autour de laquelle se déploiera un “grand village” composé des pavillons modulables des pays. Il va s’agir maintenant de sélectionner parmi les 7 sites candidats dans l’aire du Grand Paris – les candidatures étant toujours ouvertes – avant l’été prochain. Un dossier technique complet sera alors déposé pour une décision finale attendue en novembre 2018. Concurrence d’Osaka ? Le dépôt officiel d’une candidature déclenche un compte à rebours de six mois pour les entrées en lice officielles. Selon Pascal Lamy, à ce jour, Osaka (Japon) pourrait être candidate, ainsi que la Russie avec soit Ekaterinenbourg, soit Nijni-Novgorod. Pour les organisateurs, la candidature à cette Exposition universelle n’est pas incompatible avec celle aux jeux Olympiques de 2024 portée par Paris, une crainte soulevée par certains. La “marque « Paris » est très forte et a une grosse valeur dans les deux cas”, a estimé Pascal Lamy. La candidature française est portée par un groupement d’intérêt public (GIP) réunissant au côté de l’État l’association ExpoFrance 2025 – réunion d’entreprises finançant jusqu’à présent la candidature –, la ville de Paris, la région Île-de-France et la métropole du Grand Paris. Des études ont évalué les retombées économiques d’une telle exposition à 23 milliards d’euros, avec la création de 160 000 emplois directs et indirects et une fréquentation de quelque 45 millions de visiteurs. Avec AFP


Quand des apprentis profs critiquent leur formation et contestent la laïcité

Les inspections générales de l’Éducation nationale se sont penchées sur la formation initiale des enseignants au sein des écoles supérieures du professorat, qui peinent, trois ans après leur création, à trouver leur identité.

14/11/2016 | ACTUALITÉ

Les Espé (écoles supérieures du professorat et de l’éducation) forment-elles mieux les enseignants que ne le faisaient leurs prédécesseurs les IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) ? Trois ans après la création de ces écoles par l’ex-ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon, les inspections générales de l’Éducation nationale (Igen et IGAENR) en dressent un bilan d’étape peu enthousiaste dans un rapport publié le 14 novembre. S’exprime d’abord la crainte, réelle, que tous les enseignants ne bénéficient pas d’une même formation. “Une application différenciée de la réforme selon les territoires, si elle s’explique par l’évolution des universités, l’histoire de la mise en place des Espé ou les pratiques académiques, peut constituer un frein à la construction d’une identité reconnue des nouvelles Écoles”, affirment les inspections générales. D’une Espé à l’autre, voire d’une mention ou d’un parcours de formation à l’autre, la mission a relevé une grande disparité des thématiques abordées et des volumes horaires, ce qui rend difficilement plausible la réalité d’une “culture commune”, souligne le rapport. À la recherche d’un “tronc commun” La conception et la mise en œuvre du “tronc commun de formation” posent en effet à toutes les Espé des difficultés d’une grande complexité. D’autant que les défis qu’ont à relever ces nouvelles écoles sont immenses : il faut “se démarquer de la formation générale et commune qui était dispensée dans les ex‐IUFM pour s’adapter à des besoins et à des exigences nouvelles, former un nombre suffisant d’enseignants aux thématiques abordées, établir une temporalité pour aborder ces thématiques au moment opportun et ce dans un calendrier contraint, ce qui conduit nécessairement à assumer des choix, surmonter les différences de pratiques entre premier et second degrés, ne pas présumer qu’un brassage d’étudiants d’horizons différents puisse en soi assurer la constitution effective d’une culture commune ou encore conserver l’exigence de développer une culture commune chez des étudiants fragiles, qui peinent à acquérir la maîtrise élémentaire de savoirs et de postures”… Pas tendres, en retour, nombre d’étudiants des Espé voient d’ailleurs dans le “tronc commun” une “formation illisible, inutile et inconsistante, des enseignements redondants dont les contenus, superficiels ou abstraits, [qui] ne forment ni aux épreuves des concours ni à l’épreuve de la classe”, rapporte la mission d’inspection. Quant aux relations entretenues entre écoles, elles demeurent peu développées, “aucune coordination n’existant véritablement au niveau national”. Ainsi, les Espé géographiquement proches ne sont “souvent pas à même de proposer une organisation des formations qui leur permette de traiter de manière efficace les spécialités [d’enseignement] à effectifs faibles”. Contestation des valeurs républicaines L’Igen et l’IGAENR témoignent ensuite du “malaise patent” qui plane dans quelques établissements lorsqu’ils sont “le théâtre de contestations plus ou moins explicites des valeurs de la République”. Les faits qui ont été signalés à la mission concernent principalement le port du voile par des stagiaires, mais aussi des contestations, plus ou moins virulentes, de contenus d’enseignement, qu’ils soient disciplinaires (sur les questions de l’évolution, de la sexualité, de l’enseignement du religieux comme fait d’histoire et de culture et non comme appartenance confessionnelle, etc.) et du tronc commun (le principe républicain de laïcité, les valeurs de la République, la tolérance, l’égalité des sexes, la lutte contre l’homophobie, etc.). Comme un avertissement, les inspecteurs généraux rappellent les formateurs des Espé à leurs responsabilités, qui ne sauraient “s’en remettre aux épreuves des concours, durant lesquelles les jurys peuvent certes déceler des jugements tendancieux, mais ne peuvent pas dans le temps d’un entretien où le candidat se donne toutes les chances de réussir anticiper des pratiques et des comportements qui contesteront le principe de laïcité et les valeurs de la République”. Enfin, une nouvelle fois, les inspecteurs généraux s’interrogent sur le positionnement institutionnel des Espé et sur la consolidation d’un partenariat efficace au niveau des sites universitaires. “L’objectif reste à atteindre d’un mode de gouvernance partenarial structuré dans le cadre d’une politique de site, gouvernance dont le cadre précis pourrait être défini par un document stratégique, tel qu’annoncé par la ministre [Najat Vallaud-Belkacem, ndlr]”, rappellent-ils.


Jean-Pierre Chevènement : “La police et la gendarmerie doivent se sentir soutenues”

Lutte contre le terrorisme, malaise des policiers, service national, école, laïcité… L’ancien ministre enterre, dans un entretien exclusif à Acteurs publics, ce qu’il appelle les “idées libérales-libertaires” et prône un retour du patriotisme, du civisme et un nouveau “récit national”.

07/11/2016 | ACTUALITÉ

Quand on lit votre dernier livre, Un défi de civilisation (Fayard), on se dit que finalement, la menace terroriste s’explique : elle vient de nos faiblesses… D’abord, il y a en effet la sidération de voir notre pays ainsi frappé par d’aussi graves actes terroristes. Puis il faut réfléchir. Les stratèges qui ont élaboré cette campagne d’attentats sont partis de l’idée que la France pouvait être d’autant plus une cible que ses responsables, ses élites, ont laissé se creuser au sein de la société française de profondes fractures. Je pense au chômage, qui touche près de 4 millions de personnes, surtout les jeunes et en particulier les jeunes qui vivent dans nos banlieues. Dans certains quartiers, le chômage peut dépasser les 40 %. Je pense aussi à une immigration mal intégrée. Même si la moitié de nos concitoyens de tradition musulmane est bien intégrée, l’autre moitié a de la peine à se reconnaître dans la France et dans les règles de la République. Pour vous, ce n’est pas un hasard si la France est particulièrement ciblée ? Ces commandos djihadistes ne surgissent pas du néant. Ils sont à l’intersection des problèmes de la société française, de sa désintégration, et d’autre part, d’un malaise très ancien entre l’Orient et l’Occident. Un malaise accru par des expéditions déstabilisatrices comme les deux guerres du Golfe ou les “printemps arabes”, salués au départ comme un triomphe de la démocratie. On a vu très vite qu’ils débouchaient sur l’instabilité car il ne suffit pas d’organiser des élections, s’il n’y a pas derrière un terreau culturel, un travail d’éducation préalable des citoyens. La France, faute de s’aimer assez elle-même, a laissé se créer une jeunesse hors sol qui se reconnaît plus dans les combattants palestiniens que dans les poilus de Verdun ou les héros de la Résistance. La France, au XXe siècle, a laissé tomber en lambeaux son “récit national”. Pour vous, la mondialisation a clairement une responsabilité… Ce qui pose problème à la France, ce n’est pas tant l’islam que la mondialisation, qui la laisse en panne de projet, et bien sûr, la manière dont l’islam, qui est un peu le conservatoire des traditions, réagit face à cette globalisation. On observe plusieurs attitudes. Il y a la fermeture : c’est l’islamisation des mœurs. Le refus : c’est l’islamisme politique. Et enfin le rejet : le terrorisme djihadiste, dont il faut aussi analyser les étapes. Il y a d’abord eu l’Afghanistan avec le djihad afghan. Après la guerre du Golfe, on a vu émerger le djihad planétaire d’Al Qaida. Et depuis la destruction de l’Irak entre 2003 et 2010, c’est Daech et son djihadisme territorialisé qui a prospéré et nous prend aujourd’hui pour cible. “Nous Français, nous sentons plus proches des Algériens que nous connaissons que des Lituaniens !” Mais pourquoi la France ?  La France est un pays qui a un passé colonial, mais c’est aussi le pays de la laïcité. Il y a donc un ressac historique. Cette mondialisation que j’évoquais n’a pas touché que le monde musulman. L’Europe n’est plus ce qu’elle était à ses débuts. La France n’est plus le pays central, c’est l’Allemagne qui l’est devenue. Et dans le même temps, l’Europe n’est pas devenue une entité stratégique. Elle s’en est remise dès le départ aux États-Unis pour sa défense. Ce n’est d’ailleurs pas d’Europe qu’il faudrait parler, mais d’une “Euramérique”. La perspective à long terme, qui devrait structurer notre politique étrangère, serait une “Europe européenne” telle qu’évoquée par le général de Gaulle, de l’Atlantique à la Russie. Cette “Europe européenne”, entre les États-Unis et la Chine qui domineront le XXIe siècle, garderait son mot à dire. Je montre dans mon livre qu’il y a des réserves pour la résilience de la France : le patriotisme républicain, une laïcité bien comprise et ce que j’appelle l’universalisme du réel. J’insiste aussi sur la restauration de l’autorité de l’État, les valeurs de la transmission à l’école et la France remise en récit. La France, qui est un pays ouvert sur le monde, doit faire un effort sur ce qui l’unit, sur ce qu’elle a en commun : c’est ce qu’on appelle la République. Il est possible de relever ce défi à condition que notre pays reprenne conscience de lui-même et de ce qu’il signifie. Ses citoyens ne doivent pas être abandonnés aux dérives de l’hyperindividualisme libéral. Ce discours qui aurait pu sembler ringard il y a quelques années semble plus audible aujourd’hui et est même repris, notamment à droite de l’échiquier politique. Comment l’expliquez-vous ? La gauche s’est laissée emporter dès 1983 par le cycle libéral-libertaire : “il est interdit d’interdire”, “jouir sans entrave” et autres mots d’ordre soixante-huitards qui ont révélé au fil des décennies leur vacuité et leur dangerosité. En même temps, triomphait le néolibéralisme, la croyance aux marchés, l’obsolescence de l’État et le choix d’une Europe qui se substituerait aux nations. Cette dernière croyance s’est révélée particulièrement mortifère car l’Europe n’est qu’une famille de nations. Ses frontières sont floues et il n’existe pas de sentiment d’appartenance assez fort comme dans la nation pour fonder le fonctionnement d’une société démocratique. Nous Français, nous sentons plus proches des Algériens que nous connaissons que des Lituaniens ! Qui doit porter ce récit national que vous appelez de vos vœux ? Je donne des éclairages dans mon livre sur les points douloureux de notre histoire au XXe siècle. Il faut expliquer l’effondrement de 1940. Autre sujet : la colonisation. Je montre que le parti colonial a toujours été minoritaire. Fondamentalement, l’empire [colonial, ndlr] français a eu une motivation éminemment politique et non économique. Il s’agissait essentiellement de compenser les déboires subis sur le continent à Waterloo et Sedan. Il faut remettre en perspective notre histoire et faire de la France une nation d’avenir. Certains regrettent aujourd’hui ce creuset de la nation que constituait le service militaire obligatoire. Êtes-vous de ceux-là ? Oui, même si je ne suis pas favorable au retour du service militaire tel que nous l’avons connu. J’ai estimé à 8 milliards d’euros le rétablissement d’un service national court de quatre mois, universel et obligatoire, qui comporterait des formules de “volontariat service long” et permettrait la constitution d’une garde nationale en appoint de la gendarmerie pour la protection du territoire national. Mais attention, cela ne doit pas avoir un effet d’éviction sur la dissuasion et sur les capacités de notre armée professionnelle, dont nous avons besoin. Donc cela passe par un effort de défense au moins égal à 2 points du PIB. “On ne forme pas des soldats professionnels, aguerris, pour monter une garde statique devant des mosquées ou des synagogues.” Quel type de service militaire souhaiteriez-vous alors voir renaître ? Un service militaire adapté, qui ressemble aux unités du service militaire adapté outre-mer. Ce que je propose est un service court : quatre mois obligatoires avec trois appels dans l’année. Pas besoin de réinvestir dans des casernes en dur, des camps de toile peuvent suffire. Ce qui est important, c’est de restaurer l’esprit de défense et la cohésion nationale dans notre pays. La création de la “garde nationale”, voulue par le président de la République, est-elle une bonne chose ? La grande différence avec la formule que je propose est que celle-là est fondée sur le volontariat. Je propose un service obligatoire avec aussi des formules de service long – six mois ou un an –, qui alimenterait des réserves et une garde nationale, qui délivrerait l’armée proprement dite des tâches de protection statiques. L’opération Sentinelle est-elle inutile ? C’est un palliatif. On ne forme pas des soldats professionnels, aguerris, pour monter une garde statique devant des mosquées ou des synagogues. Sentinelle n’a-t-elle pas pour effet de renforcer la confusion entre les missions de l’armée et les celles des forces de sécurité ? Je ne parlerais pas de confusion, car s’il est vrai qu’il y a une certaine continuité entre la défense et la sécurité, je ne réduis pas la sécurité à la défense et inversement. Ce sont des domaines spécifiques. La police et la gendarmerie, appuyées par une garde nationale, pourraient faire ce travail beaucoup mieux que l’armée professionnelle. En plus, le service national tel que je le propose serait un instrument de cohésion pour tous ces jeunes qui ne se rencontrent pas, sauf à l’école.  Que pensez-vous de l’idée de créer une sorte de pacte entre les citoyens et les forces de sécurité ? L’idée, au fond, que la sécurité est à coconstruire et qu’elle est l’affaire de tous. Je n’ai cessé d’aller dans ce sens en créant la police de proximité comme ministre de l’Intérieur ou lorsque j’étais ministre de l’Éducation nationale, en réintroduisant en 1985 l’instruction civique à l’école, supprimée par 1968. Comme ministre de la Défense, j’ai aussi fait en sorte que le service national puisse être adapté. Je n’étais pas partisan de sa suspension, instaurée par le Président Chirac. On pouvait le conserver et l’adapter afin de donner à nos armées des amortisseurs, qui lui seraient bien utiles aujourd’hui. “L’idée de l’école comme institution de la République s’est évaporée.” Vous revenez sans cesse sur le rôle de l’école… Bien sûr, c’est la formation des maîtres qui fait défaut pour ce qui est de l’éducation civique, du récit national et de la cohésion de l’ensemble. Bien entendu, nous sommes différents, mais la différence ne doit pas occulter l’unité de la nation. La communauté éducative, comme on la désigne, est-elle prête à aller dans le sens que vous souhaitez ? C’est un problème difficile car l’esprit des anciennes écoles normales, qui formaient jadis les instituteurs, s’est perdu. L’idée de l’école comme institution de la République s’est évaporée et n’a plus été portée dans le cadre universitaire par les IUFM. Je n’attaque pas du tout l’université, mais il y a une formation qui doit être donnée en dehors des universités, plus largement une formation historique, civique, sociale. Le rôle et la spécificité de l’école républicaine doivent être bien compris par les enseignants eux-mêmes. Comment expliquez-vous cette dérive ? Le courant qui prônait une pédagogie dite constructiviste l’a emporté. C’est à l’élève qu’il appartiendrait de construire son savoir – slogan très démobilisateur. On a mis l’élève au centre de l’école. C’est le principe de base de la loi d’orientation scolaire de 1989. À partir de là, les enseignants pouvaient regarder l’élève en train d’acquérir le savoir. En général, il ne l’acquérait pas… Cette pédagogie conduisait à accumuler les retards scolaires : des élèves qui n’avaient pas en CP le bagage lexical et syntaxique moyen ne rattrapaient pas leur retard, jusqu’au moment où, admis automatiquement au collège en 6e, l’échec scolaire leur était promis. Je considère que la révolution “pédagogiste” a abouti à cette catastrophe que nous décrivent les enquêtes Pisa [qui établissent tous les trois ans un classement des systèmes éducatifs dans le monde en évaluant le niveau des élèves, ndlr]. Reliez-vous l’échec scolaire à la situation sécuritaire ? Je fais confiance à “l’effet-maître”. Le maître motive son élève. Il l’incite à apprendre, il l’astreint à mémoriser… Il faut revenir aux apprentissages de base à l’école élémentaire. Il faut revenir aux grands textes, à l’histoire avec des repères chronologiques, qu’on s’élève du local au national, du national à une vision mondiale, de manière à comprendre les grands courants de l’Histoire et ce qui fait la spécificité de la France. En France, l’école a pour but de former les citoyens. Ce discours sur l’école, sur le retour aux fondamentaux, on l’a pas mal entendu chez les candidats à la primaire de la droite… Je n’ai pas retrouvé cela dans le livre d’Alain Juppé consacré à l’école. J’y ai lu des idées chères à François Dubet [sociologue spécialiste de l’éducation, ndlr] et toutes ces théories qui ont vertébré toutes les réformes de l’éducation ces dernières années : autonomie des établissements, etc. Je note aussi que la droite dit des choses quand elle est dans l’opposition, puis quand elle gouverne, ne fait rien, par peur des syndicats, des parents d’élèves, et aussi parce qu’elle a des ressources pour ses enfants. Je pense aux cours particuliers et à l’école privée, qui s’est beaucoup développée… “L’État n’est plus respecté !”  Comment interprétez-vous la crise que connaît la police nationale aujourd’hui ? Simple coup de fatigue ou malaise plus profond ? Ce n’est pas un coup de fatigue, cela vient de beaucoup plus loin. Il y a l’accumulation des tâches : la lutte contre le terrorisme bien sûr, qui demande beaucoup de moyens. Regardez aussi l’opération de Calais [démantèlement de la “jungle” en octobre, ndlr], qui a mobilisé énormément de moyens humains. Mais aussi Notre-Dame-des-Landes. Quand l’incivisme triomphe jusqu’au sein même du gouvernement pour contester les résultats d’un référendum auquel le président de la République avait appelé alors que tous les conseils élus s’étaient prononcés pour cet aéroport… L’État n’est plus respecté ! Nous avons une contestation importante sur place. La tâche est rude pour les forces de l’ordre. Regardez aussi les manifestations parfois violentes de ces derniers mois contre la loi El Khomri. Et puis l’agression sauvage de Viry-Châtillon ou le guet-apens contre des policiers au Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, ou les jets de cocktails Molotov à Bastia contre la police. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, c’est inacceptable ! Bernard Cazeneuve, d’ailleurs, l’a dit avec force et je le soutiens, car c’est un bon ministre de l’Intérieur. Il y a aussi un élément que je tiens à souligner : la précédente majorité a commis une lourde erreur en abandonnant la police de proximité et en cassant le lien entre la police et la population. Comment retisser ce lien ? La police et la gendarmerie doivent se sentir soutenues. On a en tête le double assassinat de policiers à Magnanville et l’émotion que cela a suscité, les CRS applaudis après les attentats de janvier 2015. Les forces de sécurité ont aussi besoin de se sentir soutenues par la justice. Une violence exercée à l’encontre d’un policer ou d’un gendarme doit être réprimée plus durement car le policier ou le gendarme incarne la force publique. Selon vous, il existe toujours un fond de défiance vis-à-vis des forces de sécurité, conséquence d’un certain état d’esprit… Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le cycle des idées libérales-libertaires qui s’achève. Un certain nombre de gens ne s’en sont pas encore rendu compte. Mais c’est une période qui est derrière nous, car elle ne répond pas aux exigences qui découlent des épreuves qui sont devant nous. C’est une erreur que de croire que les attentats vont s’arrêter. On peut reprendre Mossoul et Raqqa, mais le fond reste là. La violence et la haine sont toujours là. Il faut revenir à un corpus d’idées non pas réactionnaires, mais républicaines. C’est-à-dire le patriotisme, le civisme, le sentiment de la solidarité, la justice sociale. Des valeurs qui aujourd’hui se portent mal car elles sont le contraire de la société néolibérale avancée. Il y a des montres qu’il faut remettre à l’heure. Propos recueillis par Bruno Botella et Pierre Laberrondo Parcours 1939 Naissance à Belfort 1965 ENA (promotion Stendhal) 1973 Député du Territoire-de-Belfort 1981 Président du conseil régional de Franche-Comté 1981 Ministre d’État, chargé de la Recherche et de la Technologie  1982 Ministre de la Recherche et de l’Industrie 1983 Démissionne du gouvernement après le tournant de la rigueur 1983 Maire de Belfort 1984 Ministre de l’Éducation nationale 1988 Ministre de la Défense 1991 Démissionne du gouvernement pour protester contre l’engagement de la France dans la guerre contre l’Irak 1992 Fait campagne pour le “non” au traité de Maastricht 1997 Ministre de l’Intérieur 2000 Démissionne du gouvernement à cause de la question corse 2002 5,33 % des voix à l’élection présidentielle 2005 Fait campagne pour le “non” à la Constitution européenne 2008 Sénateur du Territoire-de-Belfort 2014 Ne se représente pas aux sénatoriales 2016 Président de la Fondation pour l'islam de France.


Un rapport d’autopsie de la crise du recrutement des enseignants

Dans un rapport sur l’attractivité du métier enseignant, le Conseil national d’évaluation du système scolaire recommande d’expérimenter 4 à 6 zones d’affectation dans le second degré.

07/11/2016 | ACTUALITÉ

La crise du recrutement au sein de l’éducation nationale ? Elle a beau être visible et relativement installée, elle est souvent niée par les ministres successifs, et rares sont les occasions où les vraies questions sont officiellement posées. L’enquête du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) sur l’attractivité du métier enseignant vient donc à point nommé ce 7 novembre, en s’interrogeant sur l’existence d’un vivier suffisant pour absorber des besoins élevés de recrutement. Entre 2012 et 2015, 31 000 postes ont déjà été créés, mais 4 000 d’entre eux (soit 13 %) n’ont pas été pourvus, constate sobrement le Cnesco. Et en 2016, 6 disciplines n’ont pas vu tous leurs postes pourvus au Capes externe : 21,2 % des postes ouverts en mathématiques, 18 % en lettres modernes et 13,1 % en anglais sont ainsi restés des coquilles vides. Quant aux disciplines professionnelles, les difficultés de recrutement y sont également marquées, avec 14 % de postes non pourvus au concours de professeur de lycée professionnel, rappelle le rapport du Cnesco. “À-coups dans les recrutements” Il n’existe pas de “pénurie globale du recrutement”, mais plutôt des problèmes d’attractivité sur certains territoires, dans certaines disciplines et pour certains concours. Des “difficultés bien réelles [qui] entraînent un recrutement non négligeable d’enseignants non titulaires”, relèvent les auteurs du rapport. “L’analyse temporelle des résultats aux concours montre que les difficultés de recrutement sont récurrentes quand les mandats politiques alternent recrutement important et postes en berne”, explique le rapport. Aussi, les faibles ratios candidats-postes à pourvoir pourraient s’expliquer principalement par une crise conjoncturelle liée “aux à-coups dans les recrutements”, souligne le Cnesco. Des écarts très élevés du nombre de candidats par poste sont observés selon les académies. Ainsi, en 2015, 4,9 candidats se sont présentés pour un poste au concours externe de professeur des écoles dans l’académie de Rennes contre 1,3 dans l’académie de Créteil. Dans le premier degré, le département de Seine-Saint-Denis a connu, en 2016, plus de 2 000 demandes de mutation hors du département (soit 21 % des enseignants) et seulement 29 demandes d’entrée dans le département. La problématique est similaire dans les Hauts-de-Seine, où 17 % des enseignants (1 300 demandes) ont demandé leur mutation, pour seulement 106 demandes d’entrée. 20 et 30 fois plus de demandes de départs à Versailles et Créteil Dans le second degré, les académies déjà déficitaires subissent également une forte demande de mutations. “Les jeunes professeurs affectés sur leur premier poste dans des académies qu’ils n’ont pas choisies demandent à être mutés dès que possible”, relève le Conseil de l’évaluation. Ainsi, les académies de Versailles et Créteil enregistrent respectivement 20 et 30 fois plus de demandes de départs que de demandes d’entrées de titulaires. Ce qui génère un turn-over important et contribue à déstabiliser les équipes pédagogiques. Pour la présidente du Cnesco, Nathalie Mons, “les politiques de recrutement doivent s’inscrire dans la durée, en lien avec les besoins démographiques, avec des indicateurs au moins biannuels sur les futures ouvertures de postes d’enseignants”. Et plus globalement, “les politiques de RH doivent associer dans un cadre global leurs différentes dimensions : rémunération, formation continue, reconnaissance des missions”, soutient-elle. Au chapitre des solutions, outre une formation continue obligatoire, le Cnesco appelle à définir “une politique de viviers” pour ouvrir davantage le recrutement : il faut “convaincre des professionnels en recherche de reconversion, attirer les étudiants des filières sélectives dont les parcours ne rencontrent aujourd’hui aucune possibilité de reconversion vers l’enseignement”, suggère-t-il. Plus de flexibilité dans le dispositif d’affectation Le volet “RH” est sans doute le plus essentiel : l’instance recommande donc de “prendre en compte dans les salaires, de façon plus valorisante, les années d’expérience antérieures, notamment celles du secteur privé (aujourd’hui par exemple non reconnues pour les professeurs des écoles, alors que les expériences de cadre le sont pour les professeurs en lycée professionnel)”. D’autant que les salariés du secteur privé ou public présentant un concours de professeur des écoles représentent en 2015 près de 15 % des admis (contre 8,4 % en 2005). Le Cnesco veut aussi relancer les “primes d’installation renforcées” dans les territoires les plus défavorisés et l’intégration des enseignants nouvellement arrivés dans la politique de construction de logements. Tout en finesse, l’instance conseille enfin, non sans courage, d’oser mettre de la flexibilité dans le système d’affectation grâce à “des mouvements à la marge”.  L’éducation nationale pourrait, “par exemple, intégrer une logique de 4 à 6 grandes zones géographiques d’affectation dans les concours de l’enseignement secondaire, associées à plusieurs regroupements régionaux d’académies, et réduirait [ainsi] les limites géographiques des premières affectations”, décrit le Cnesco. Qui suggère de tenter cette expérimentation dans l’enseignement professionnel.


NOMINATIONS

Nicolas Marques promu au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem

Chargé de mission pour les relations internationales aux cabinets de la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et du secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur, Thierry Mandon, depuis 2015, Nicolas Marques a été promu conseiller diplomatique et chef de ce même pôle au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. Agrégé de lettres modernes, Nicolas Marques a d’abord été journaliste au service d’information et de relations publiques des armées (Sirpa), en 1993-1994, avant d’enseigner les lettres entre 1994 et 1998. Après cela, il devient chargé de mission auprès du directeur pour les relations européennes et internationales à l’École supérieure de l’éducation nationale (Esen) pendant deux ans (1998-2000), puis il exerce en tant que chef adjoint du département de la mobilité, de l’enseignement international et des réseaux à la direction des relations internationales et de la coopération, au ministère de l’Éducation nationale (2000-2006). En 2006, Nicolas Marques rejoint l’ambassade de France à Londres comme attaché de coopération. Il y officie pendant un an, avant de retourner dans l’administration centrale du ministère de la rue de Grenelle comme chef adjoint du département des Amériques, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, entre 2007 et 2014. L’année suivante, Nicolas Marques était adjoint au sous-directeur des relations internationales, toujours dans l’administration du ministère de l’Éducation nationale (2014-2015).

20/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Une conseillère de Najat Vallaud-Belkacem rejoint le département de la Seine-Saint-Denis

Conseillère en charge de la vie scolaire, de la prévention des violences scolaires et des relations avec les parents d’élèves au cabinet de la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, depuis 2015, Alice Giralté rejoint le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis comme directrice adjointe en charge de l’éducation et de la jeunesse. Titulaire du Capes d’histoire-géographie, Alice Giralté a d’abord enseigné cette discipline en lycée professionnel, technologique et général et en collèges, à Paris et en Seine-Saint-Denis entre 2006 et 2010. Chargée de mission pour la sécurité dans les collèges (2010-2012), parallèlement cheffe de projet “Mission départementale de prévention de la violence à l’école” au conseil général de la Seine-Saint-Denis en 2011-2012, Alice Giralté avait ensuite été chargée de mission au sein de la mission ministérielle de prévention et de lutte contre les violences en milieu scolaire à la direction générale de l’enseignement scolaire au ministère de l’Éducation nationale, jusqu’en 2015.

18/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Gérard Larcher envisage de nommer une productrice au CSA

Vice-présidente de l’Association pour la promotion de l’audiovisuel (APA) depuis 2013, Carole Bienaimé-Besse, productrice, est pressentie pour siéger au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Le président du Sénat, Gérard Larcher, envisage en effet de la nommer prochainement au sein du collège.  La commission des affaires culturelles et de l’éducation du palais du Luxembourg, présidée par l’UDI Catherine Morin-Desailly, se réunira le 18 janvier pour auditionner Carole Bienaimé-Besse. À l’issue de cette audition, la commission votera sur ce projet de nomination, qui intervient alors que la composition du CSA va évoluer. La loi du 15 novembre 2013 a en effet modifié la composition et le mode de nomination des membres de son collège, qui va être progressivement réduit de 9 à 7 membres. Par ailleurs, le mandat de 3 de ses membres va prendre fin en ce mois de janvier : il s’agit de Francine Mariani-Ducray, Patrice Gélinet et Nicolas About. Âgée de 43 ans, diplômée en droit et relations internationales et en économie, Carole Bienaimé-Besse a notamment été la directrice de production de la Compagnie des phares et balises et panoptique entre 1998 et 2001, avant d’opérer un virage professionnel et de rejoindre la société de Jacques Attali, PlaNet Finance, comme directrice de la communication et de la levée de fonds, jusqu’en 2004. À cette date, de retour dans le monde de la production, elle cofonde avec Martin Meissonnier les productions Campagne Première, puis elle est nommée directrice générale de Elemiah en 2007. Quatre ans plus tard, Carole Bienaimé-Besse fonde la société de production et de conseil April Snow Films. En 2013-2014, elle fut la vice-présidente de l’Union syndicale de la production audiovisuelle.

16/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Nicole Phoyu-Yedid change de direction régionale des affaires culturelles

Directrice régionale des affaires culturelles de Picardie depuis 2013, Nicole Phoyu-Yedid, inspectrice de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle, a été nommée directrice régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire. Elle remplace Louis Bergès, en poste depuis 2013. Titulaire du Capes d’arts plastiques et agrégée dans la même discipline, Nicole Phoyu-Yedid a notamment été chargée de mission à la délégation au développement et aux affaires internationales au ministère de la Culture entre 2000 et 2005. Adjointe au chef de la mission permanente d’inspection, de conseil et d’évaluation de l’enseignement artistique, au sein de la délégation aux arts plastiques, jusqu’en 2008, elle avait ensuite exercé en tant que cheffe de cette même mission, pendant deux ans (2008-2010). Entre 2010 et 2013, Nicole Phoyu-Yedid a officié comme inspectrice à l’inspection de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle.

16/01/2017 | NOMINATION FRANCE


Un haut fonctionnaire chargé de la terminologie et de la langue française rue de Valois

Inspecteur général des affaires culturelles depuis 2009, Bernard Notari a été nommé haut fonctionnaire chargé de la terminologie et de la langue française au ministère de la Culture. Directeur du domaine national et du château de Fontainebleau entre 2006 et 2009, Bernard Notari était conseiller “patrimoine, musées, jardins” au cabinet du ministre de la Culture, alors Renaud Donnedieu de Vabres, de 2004 à 2006. Diplômé de Sciences-Po Paris, Bernard Notari a été nommé administrateur des musées de la ville de Paris en 1982, dès sa sortie de l’ENA (promotion Henri-François d’Aguesseau). Chef de la division de la conservation des immeubles protégés à la direction du patrimoine du ministère de la Culture de 1987 à 1989, il devient ensuite chef du service des relations extérieures à la direction des affaires culturelles de la ville de Paris. En 1993, il est appelé au cabinet Jacques Toubon au ministère de la Culture, en qualité de conseiller technique chargé des musées, du patrimoine et des espaces protégés. Nommé, en 1995, administrateur des domaines nationaux de Saint-Cloud, du Palais-Royal et des Tuileries, Bernard Notari devient, en 2001, secrétaire général de la commission Bady “patrimoine et décentralisation”, puis il prend les fonctions de chef de la mission des métiers d’art en 2002-2003. L’année suivante, Bernard Notari est nommé conseiller à la présidence de l’établissement public du musée et du domaine de Versailles (2003-2004).

12/01/2017 | NOMINATION FRANCE


Mouvements

Hubert Bouchet, directeur du travail, est nommé directeur de projet (groupe II) “Recrutement, formation et parcours professionnels des membres du corps de l’inspection du travail” auprès du directeur des ressources humaines, à l’administration centrale des ministères sociaux – Rodolphe Pellé prend les fonctions de sous-directeur de la gestion budgétaire et financière au sein du service parisien de soutien de l’administration centrale relevant du secrétariat général pour l’administration du ministère de la Défense – Laurent Simplicien, ingénieur de recherche détaché dans le corps des administrateurs civils, devient secrétaire général de la préfecture de la Dordogne – Alain Crawford, administrateur civil hors classe, est désigné expert de haut niveau (groupe III) pour exercer les fonctions de délégué à l’innovation, au développement et à la stratégie auprès du directeur de l’information légale et administrative (Dila) – Nabila Aghanim est nommée directrice de l’Observatoire des sciences de l’univers de l’université Paris-Sud, école interne de l’université de Paris-XI.

09/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Un professeur des universités nommé recteur de l’académie de Guyane

Professeur de sciences économiques à l’université Paris Ouest-Nanterre La Défense depuis 2011, Alain Ayong Le Kama a été nommé – lors du Conseil des ministres du 4 janvier – recteur de l’académie de Guyane. Il succède à Youssoufi Touré, en poste depuis mars 2016, démissionnaire. Docteur en sciences économiques, Alain Ayong Le Kama a d’abord été chargé d’enseignement à l’université de Paris-I Panthéon-La Sorbonne, puis à l’université de Paris-IX Dauphine, entre 1994 et 1996. Toujours au sein de cette dernière université, il avait ensuite été attaché temporaire de l’enseignement et de la recherche jusqu’en 1998.  Chargé d’enseignement à l’École centrale de Paris en 1999-2000, Alain Ayong Le Kama avait ensuite officié comme professeur de sciences économiques à l’université de Grenoble-II pendant quatre ans (2000-2004), avant d’occuper les mêmes fonctions d’enseignement à l’université de Lille-I, jusqu’en 2011. Par ailleurs, Alain Ayong Le Kama est président de la section “Sciences économiques” du Conseil national des universités (CNU) depuis novembre 2011 et président de l’Association française des économistes de l’environnement et des ressources naturelles depuis 2013.

05/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Alain Ayong Le Kama, professeur des universités, est nommé, en Conseil des ministres, recteur de l’académie de la Guyane – Il a été mis fin aux fonctions de directeur général du Centre national d’enseignement à distance (Cned) exercées par Jean-Charles Watiez – Christophe Aubel prend les fonctions de directeur général de l’Agence française pour la biodiversité – Cécile Gallien, maire de Vorey (Haute-Loire), devient membre de la Commission nationale du débat public, en remplacement de Jean-Claude Villemain, sur proposition de l’Association des maires de France (AMF) – Frédéric Perrin, inspecteur général de l’administration, est désigné président du conseil d’administration de l’Institut national de police scientifique – Cécile George, ingénieure des Mines, est nommée membre du collège de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer).

04/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Bruno Mauchauffée, administrateur civil hors classe, va piloter la sous-direction de la stratégie, du pilotage et du contrôle de gestion au sein du service “Stratégie, pilotage et budget” de la direction générale des finances publiques (DGFIP), à l’administration centrale du ministère de l’Économie – Monique Liebert-Champagne, conseillère d’État, est nommée membre de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), en remplacement de Marie-Laure Denis – Hervé Piaton, ingénieur général des Ponts, des eaux et des forêts de classe exceptionnelle, devient président de la section “Forêts, eaux et territoires” du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux – Nicole Phoyu-Yedid, inspectrice et conseillère hors classe de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle, est désignée directrice régionale des affaires culturelles (Drac) des Pays de la Loire.

02/01/2017 | NOMINATION FRANCE

Nomination du nouveau directeur du Musée national de l’histoire de l’immigration

Conservateur au département “Architecture” du Centre Georges-Pompidou depuis 2009, Aurélien Lemonier a été nommé directeur du Musée national de l’histoire de l’immigration. Architecte de formation, âgé de 40 ans, Aurélien Lemonier est également titulaire d’un DEA d’histoire et théorie de l’architecture. Enseignant à l’École d’architecture de Lille et aux Grands Ateliers de l’Isle-d’Abeau, près de Grenoble, il évolue aussi – depuis 2008 – au Musée national d’art moderne, en tant qu’expert. En 2013, Aurélien Lemonier a également été commissaire associé auprès de Catherine Grenier lors du réaccrochage des collections permanentes du Centre Pompidou (Modernités plurielles).

19/12/2016 | NOMINATION FRANCE

Le conseil d’administration de l’université Clermont-Auvergne a élu son président

Président de l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand depuis 2012 et parallèlement président de la commission “Vie de l’étudiant” et des questions sociales à la Conférence des présidents d’université (CPU) depuis 2016, Mathias Bernard a été élu président de l’université Clermont-Auvergne, née de la fusion de l’université Blaise-Pascal et de l’université d’Auvergne. Il est le premier à occuper ces fonctions. Normalien, agrégé et docteur en histoire, Mathias Bernard est également titulaire d’une habilitation à diriger des recherches (HDR). Nommé maître de conférences en 1996, il est ensuite professeur des universités à l’université Blaise-Pascal jusqu’en 2004. Après cela, Mathias Bernard a exercé en tant que doyen de l’UFR “Lettres, langues et sciences humaines” de l’université Blaise-Pascal (2006-2012).

19/12/2016 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Jacqueline Orlay, directrice académique des services de l’éducation nationale de la Dordogne, est nommée directrice académique des services de l’éducation nationale de la Haute-Vienne, en remplacement de Laurent Le Mercier, muté – Airelle Niepce, magistrate de l’ordre judiciaire, est désignée maître des requêtes au Conseil d’État – Didier Hoeltgen, directeur d’hôpital de classe exceptionnelle, devient directeur général du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) – Philippe Delage, premier conseiller à la cour administrative d’appel de Versailles, est nommé président du corps des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel, dans les fonctions de vice-président au tribunal administratif de Versailles.  

19/12/2016 | NOMINATION FRANCE

Un ex-conseiller de Manuel Valls rejoint la Réunion des musées nationaux-Grand Palais

Conseiller en charge des médias et des industries culturelles au cabinet de l’ex-Premier ministre Manuel Valls depuis mars dernier, Emmanuel Marcovitch – qui ne reste pas dans l’équipe de Bernard Cazeneuve – devient secrétaire général de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais (RMN-GP). La RMN-GP est un établissement culturel public placé sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication, né en 2011 de la fusion de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais, afin de constituer un opérateur culturel de niveau international. Emmanuel Marcovitch évoluait à l’Agence France-Presse (AFP) comme directeur général adjoint, puis directeur général adjoint et directeur administratif et financier, entre 2012 et mars dernier. Avant cela, il avait travaillé pendant quatre ans à la Cour des comptes (2008-2012), un grand corps qu’il avait rejoint à sa sortie de la promotion Aristide Briand de l’ENA. Auparavant, ce diplômé de Telecom École de management et de l’université Paris-Dauphine a débuté dans la recherche en menant des travaux au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1996-1997, puis il a travaillé chez Vivendi Universal (1998-2001) et enfin au ministère de l’Intérieur, comme responsable de mission (2001-2005).

16/12/2016 | NOMINATION FRANCE