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Le gouvernement lance le chantier de la fusion des académies

Alors que la France compte actuellement 17 régions académiques et 30 académies, le gouvernement entend diviser ce chiffre par deux, avec 13 académies correspondant aux 13 régions métropolitaines.

20/08/2018 | ACTUALITÉ

Personnalisation des parcours des professeurs, réorganisation des académies : le Premier ministre, Édouard Philippe, et le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ont dévoilé cet été les principaux axes de la réforme de l’éducation nationale, initiée dans le cadre d’une réforme globale de la sphère publique. Ces mesures s’inscrivent en effet dans la réforme de la fonction publique initiée par le Premier ministre, qui ambitionne de réaliser 30 milliards d’euros d’économie d’ici 2022. Le gouvernement cherche “à faire de profondes transformations, pas de petites économies”, a déclaré, le 2 août, le Premier ministre dans une interview conjointe avec le ministre de l’Éducation, accordée au quotidien régional Ouest-France. L’objectif est de “mieux organiser notre système éducatif pour que les moyens consacrés par la Nation à cette première priorité permettent la réussite de tous les élèves”, a souligné Matignon dans un communiqué diffusé parallèlement à cette interview. Le premier axe de cette réforme porte sur une réorganisation territoriale. La France compte actuellement 17 régions académiques et 30 académies (26 métropolitaines et 4 d’outre-mer), et le gouvernement entend diviser ce chiffre par deux. Il compte conserver 13 académies, correspondant aux 13 régions métropolitaines, tout en précisant que les “sièges de rectorat ne seront pas forcément dans la capitale régionale”, selon Jean-Michel Blanquer. La création d’un nouveau corps enseignant retoquée Deuxième axe de réforme : la formation initiale des professeurs qui, à l’heure actuelle, “ne nous donne pas satisfaction”, a expliqué le ministre de l’Éducation nationale. Il s’agit de développer le tutorat des futurs enseignants et de leur permettre d’échanger avec “des enseignants qui sont eux-mêmes au contact des élèves”, a-t-il précisé. Il entend également favoriser la formation continue, qui “doit valoriser les professeurs tout à la fois dans leur carrière et sur le plan financier”. Le gouvernement prévoit ensuite la création d’une prime spécifique qui sera attribuée dès la rentrée prochaine aux professeurs en écoles et en collèges REP+ (réseaux d’éducation prioritaire), des établissements réputés difficiles. Selon Jean-Michel Blanquer, une prime de 1 000 euros nets va être distribuée en septembre aux personnels des REP+, puis 2 000 euros un an plus tard et 3 000 euros en septembre 2020. À noter que la proposition du rapport CAP22 (du comité Action publique 2022) relative à la création d’un nouveau corps enseignant n’a pas été retenue. Le Premier ministre estime en effet que rendre attractif le métier d’enseignant en apportant une “réponse purement statutaire aurait à la fois beaucoup agité les esprits et mis beaucoup de temps à aboutir”. Nouvelle instance d’évaluation Selon une étude de l’OCDE publiée début juin, la formation des enseignants en France laisse à désirer et le vivier de recrutement manque de diversité sociale. “Une hausse de la responsabilité des établissements pour recruter les enseignants” est associée à “une amélioration des performances des élèves en sciences, compréhension de l’écrit et en maths”, notait le document. Matignon indique par ailleurs vouloir faire émerger “une nouvelle culture de l’évaluation” avec la création d’une instance d’évaluation au premier trimestre 2019. Avec AFP  


CAP22 veut un nouveau corps d’enseignants offrant plus de souplesse aux chefs d’établissement

Les experts missionnés sur la réforme de l’État suggèrent de créer un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui des professeurs certifiés.

23/07/2018 | ACTUALITÉ

“Les résultats éducatifs de la France aux grandes enquêtes internationales ne sont que dans la moyenne, alors que l’engagement et la mobilisation des enseignants n’ont pas faibli et que leurs efforts sont considérables.” C’est l’un des constats des experts du comité Action publique 2022 (CAP22) formulés dans leur rapport sur la réforme de l’État (cliquez-ici pour le consulter). Le comité, missionné par le gouvernement, propose pour y remédier plusieurs pistes concernant l’organisation de l’éducation nationale. Parmi elles, l’augmentation du temps d’enseignement du secondaire actuel, avec un recours à deux heures supplémentaires, “ce qui conduira à améliorer leurs rémunérations, et créer pour cela un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui de professeur certifié”. Ce corps pourrait être constitué sur la base du volontariat. “Le temps d’enseignement serait supérieur à celui des professeurs certifiés mais la rémunération serait également supérieure”, note le rapport. Pourraient être proposées aux membres de ce corps des dynamiques de carrière “plus intéressantes”. Ce corps serait soumis à des obligations supplémentaires (bivalence, annualisation d’une partie du temps d’enseignement, obligation de remplacement dans l’intérêt du service) qui offriraient plus de souplesse aux chefs d’établissement, indique le rapport. Formation et gestion dans le viseur Les experts suggèrent aussi de revoir la formation des enseignants afin qu’elle “favorise l’exercice du métier mais aussi les mobilités professionnelles et la diversité des carrières”. La phase du concours pourrait intervenir dès la fin du cycle de licence, “afin de consacrer les deux années de master à une formation en alternance dans laquelle la pratique mais aussi la réflexion autour des pratiques pédagogiques occupent une place de choix”. Une proposition qui rejoint une piste récemment formulée par la Cour des comptes. Le CAP22 estime aussi que les prérecrutements pourraient être développés. Les étudiants s’engageraient tôt dans leur cursus à devenir enseignants et pourraient ainsi bénéficier rapidement d’une première insertion dans le monde professionnel, avant de passer les concours. “Enfin une évaluation objective et impartiale des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) doit être menée et pourrait donner lieu à une accréditation professionnelle ainsi qu’une réflexion sur le recrutement des personnels des Espé et leur lien avec l’université”, complètent les auteurs du rapport. Au chapitre de l’organisation territoriale, le rapport suggère de faire de l’académie l’échelon de décision stratégique pour la mise en œuvre de la politique éducative, tout en poussant à une révision du périmètre des académies “pour se rapprocher de la carte des services de l’État sur le format des nouvelles régions”. Les experts suggèrent aussi de renforcer le rôle de l’échelon départemental “pour qu’il décline à son niveau les orientations régionales (stratégie d’animation pédagogique, accompagnement des établissements…) et mette en place une gestion des carrières des enseignants”. Dans cette optique, le rapport préconise de développer une fonction ressources humaines, “mise en œuvre jusqu’au niveau départemental, pour accompagner les personnels des établissements”.


La formation des enseignants dans le collimateur de la Cour des comptes

Dans un référé consacré à la mise en place des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), la Cour des comptes recommande de rationaliser la carte des formations, mais aussi d’avancer le concours d’enseignant à la fin de la licence. Le coût de deux années du master professionnel en Espé est évalué à 1,1 milliard d’euros.

05/06/2018 | ACTUALITÉ

Cinq ans après leur création, les difficultés d’installation des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) “doivent encore être surmontées”. C’est le constat que dresse la Cour des comptes dans un référé, mis en ligne lundi 4 juin, consacré à ces établissements chargés de la formation initiale des enseignants du secteur public, qui accueillaient en 2016 un peu plus de 65 000 étudiants.   Opérationnelles à la rentrée 2013, les Espé (au nombre de 32) ont succédé aux instituts universitaires de formation des maitres (IUFM) et préparent actuellement, en deux ans après la licence, au master “Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation” (MEEF) et aux concours de recrutement de l’éducation nationale, présentés en fin de première année de master. Rationalisation de la carte des formations Dans ce document [cliquez ici pour le consulter], la Rue Cambon appelle notamment les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à renforcer le pilotage de l’État face aux universités par l’inscription de la formation initiale des enseignants dans les contrats de sites universitaires, mais aussi par un meilleur suivi des coûts de formation. “Ni le ministère, ni les universités (auxquelles sont rattachées les Espé) ne connaissent et ne suivent le coût de la formation initiale des enseignants”, souligne la Cour. Selon les magistrats financiers, le coût de deux années du master professionnel en Espé est évalué à 1,1 milliard d’euros. Ce meilleur pilotage passerait aussi, selon l’institution, par la rationalisation de l’offre de formation en “affirmant le rôle d’impulsion de la région académique pour promouvoir les coopérations inter-Espé et mutualiser des formations au niveau interacadémique”. La couverture territoriale des Espé est “insuffisamment resserrée et régulée par le ministère”, jugent en effet les magistrats de la Rue Cambon. Sur certains sites, les effectifs de certains parcours sont même inférieurs à 10 étudiants. L’occasion pour la Cour de recommander un pilotage “plus volontariste” de la carte des formations, notamment pour les disciplines rares ou à faibles effectifs. Effort de professionnalisation à poursuivre Afin de “mieux recruter, former et accompagner les jeunes enseignants”, les magistrats financiers recommandent aussi de “poursuivre l’effort de professionnalisation” des enseignants en favorisant la “polyvalence disciplinaire” et surtout en “révisant les modalités du concours de recrutement”. Alors que la première année du master “tend à trop se réduire à une préparation disciplinaire éloignée de l’ambition initiale du master MEEF”, puisqu’essentiellement consacrée à la préparation du concours, la deuxième année du master (année d’alternance ) est “complexe” en matière d’organisation pour le ministère, “qui doit concilier des contraintes multiples (lieux de stage proches du lieu de formation du lauréat, taille de l’école ou de l’établissement, qualité de l’équipe pédagogique, environnement scolaire) tout en optimisant sa ressource enseignante”, estiment-ils. Cette deuxième année est tout autant “exigeante” pour les élèves, qui doivent concomitamment “mener un stage en responsabilité, poursuivre la formation en Espé et rédiger un mémoire professionnel”, ajoutent les magistrats. Concours avancé ? Pour aboutir à une “professionnalisation plus précoce”, la Rue Cambon préconise donc de placer les épreuves d’admissibilité en fin de licence, ce qui permettrait aux universités de préparer les candidats sur le plan disciplinaire. Les épreuves d’admission, qui seraient alors “placées au cours de l’année de M1”, seraient ainsi “plus axées sur la professionnalisation afin de sélectionner ceux des admissibles qui présentent les meilleures aptitudes et la plus forte motivation pour le métier, quitte à compléter la formation disciplinaire par la suite”, détaille la Cour. Une évolution du concours qui semble recevoir l’approbation du gouvernement. Dans leur réponse au référé de la Cour des comptes [cliquez ici pour la consulter], les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation nationale) et Frédérique Vidal (Enseignement supérieur) indiquent que des réflexions sont en cours entre les directions ministérielles concernées et un comité associant notamment la CPU (Conférence des présidents d’université) ou le réseau national des Espé “notamment sur la nature et la place du concours de recrutement, afin que celui-ci joue mieux son rôle de repérage, de qualification et de valorisation des compétences professionnelles attendues à l’entrée dans le métier”. Et d’ajouter qu’un “consensus se dégage progressivement”, donc, en faveur d’une épreuve d’admissibilité en fin de licence et d’une épreuve d’admission située en M1 ou en M2, précisent-ils. La réforme de la formation des enseignants semble bel et bien se dessiner.


La Cour des comptes souligne l’ampleur du recours aux contractuels à l’école

Les agents contractuels de l’éducation sont principalement des enseignants (des remplaçants non titulaires), mais aussi des assistants d’éducation, des accompagnants d’élèves en situation de handicap et des personnes en contrat aidé, note la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mai.

31/05/2018 | ACTUALITÉ

La Cour des comptes souligne “l’ampleur” du recours aux contractuels dans l’éducation nationale, un chiffre en hausse pour l’année scolaire 2016-2017, qu’elle explique par la “crise profonde d’attractivité” du métier d’enseignant et par les conditions très strictes de remplacement des absents. Les agents contractuels sont principalement des enseignants (des remplaçants non titulaires), des assistants d’éducation, des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et des personnes en contrat aidé, rappelle la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mai (cliquez-ici pour le consulter). Ils représentaient près de 20 % des effectifs du système scolaire sur l’année scolaire 2016-2017, soit quelque 200 000 personnes. Concernant les seuls enseignants non titulaires, leur nombre a augmenté de 15 % en deux ans, à plus de 30 000 équivalents temps plein. Les contractuels “ne peuvent plus être considérés comme simple variable d’ajustement”, souligne la Cour des comptes. Le “vivier” des professeurs titulaires remplaçants est en effet affecté dès le début d’année scolaire sur des postes non pourvus, notamment dans le second degré. La Cour des comptes rappelle ainsi que 15 % des postes ouverts au concours du Capes en 2016 n’ont pas été pourvus (un taux qui est monté à 21 % pour les mathématiques). Les remplacements en cours d’année sont, eux, effectués de plus en plus souvent par des contractuels. “Comme l’a déjà souligné la Cour en 2013 et 2017, le métier d’enseignant connaît une crise profonde d’attractivité, désormais structurelle”, note le rapport. Annualisation et polyvalence C’est dans les académies de Versailles, Créteil et Lille que les contractuels sont les plus nombreux. En Seine-Saint-Denis (qui dépend de l’académie de Créteil), près de 14 % des enseignants sont des contractuels, soit le taux le plus élevé des départements de métropole. Des contractuels dont “un grand nombre” prennent leurs fonctions “sans préparation”, selon les magistrats de la Rue Cambon. Le niveau de qualification demandé n’est pas uniforme, mais on peut être recruté, à titre exceptionnel, à bac + 2, en l’absence de candidats et dans les académies rencontrant des difficultés dans certaines disciplines. Pour la Cour des comptes, “l’ampleur de la croissance” des emplois contractuels “est la conséquence de l’absence de réformes structurelles”. Elle rappelle ses recommandations, émises depuis 2013 : annualisation du temps de travail des enseignants et plus grande polyvalence disciplinaire des professeurs de collège et de lycée. Deux mesures qui faciliteraient, selon elle, la gestion des remplacements des professeurs absents. Les syndicats enseignants sont farouchement hostiles à ces deux recommandations. Avec AFP


Le “mammouth” académique bientôt rationalisé ?

Un rapport remis aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur préconise de “s’orienter” vers la mise en place, à l’horizon 2021, de 13 académies métropolitaines (contre 26 actuellement) pour remplacer 13 régions académiques “déjà à bout de souffle” deux ans après leur création.

17/05/2018 | ACTUALITÉ

Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal “n’ont plus le choix” : “ils doivent aligner l’organisation de leurs services déconcentrés sur celle des autres administrations de l’État”. C’est le constat accablant d’un rapport remis au mois de mars aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, qui préconise d’organiser concrètement le passage de 26 à 13 académies métropolitaines. Une évolution qui pourrait se faire “au plus tard” à l’horizon de la rentrée 2021 “pour les cas les plus complexes”. La mission auteure du rapport [cliquez ici pour le consulter] estime en effet que le dispositif actuel des régions académiques, mis en place il y a deux ans, est “déjà à bout de souffle”. S’il “a permis des avancées et a construit des rapprochements d’expertises et des collaborations utiles, les limites de l’exercice sont désormais atteintes, constate la mission, composée du conseiller d’État François Weil, ancien recteur de l’académie de Paris, d’Olivier Dugrip, recteur de la région académique Nouvelle-Aquitaine et recteur de l’académie de Bordeaux, de Marie-Pierre Luigi, inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, et d’Alain Perritaz, inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Il faut maintenant passer à une autre phase qui fera émerger de nouvelles académies, en phase avec les nouvelles régions qui représentent le nouveau périmètre de l’action de l’État”. Académies métropolitaines et régions académiques Les services déconcentrés de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur font en effet figure d’exception dans le paysage administratif français. Alors que la majorité des administrations se sont alignées sur la nouvelle carte des régions (passées de 22 à 13 au 1er janvier 2016), la Rue de Grenelle a préféré conserver (par un décret du 10 décembre 2015) une organisation territoriale autour de 26 académies métropolitaines. Pour “prendre en compte” les évolutions intervenues avec la mise en place des nouvelles régions, ces dernières ont malgré tout été regroupées au sein de 13 régions académiques, correspondant, elles, aux nouvelles entités régionales. Composées d’une à 3 académies, ces régions académiques ont à leur tête un recteur de région académique désigné parmi les recteurs des académies de la région. Néanmoins, “il n’est pas nécessaire de multiplier les exemples pour pouvoir affirmer que le dispositif institutionnel mis en place ne fonctionne qu’au prix d’une forte déperdition d’énergie, en particulier du haut encadrement des services déconcentrés, qui doit s’impliquer au-delà du raisonnable dans les groupes de travail nécessités par la coordination interacadémique”, indique le rapport, émaillé de nombreux verbatims de responsables d’académie. Trois scénarios de fusion Comment, donc, rectifier le tir et faire en sorte que les ministères chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur soient “efficaces et reconnus dans des régions aux compétences et aux pouvoirs croissants” ? Pour aboutir à 13 académies correspondant aux 13 régions académiques, le rapport propose 3 scénarios d’évolution, distinguant 3 catégories de région académique. Les régions académiques “comparables aux académies existantes” tout d’abord. Sont ici concernées les régions académiques de Bourgogne-Franche-Comté, des Hauts-de-France, de Normandie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans toutes ces régions, les académies sont prêtes à la fusion, estime la mission, qui suggère de confier aux recteurs de ces régions académiques l’élaboration d’un projet de fusion “à remettre à la fin de l’année 2018, pour une mise en œuvre progressive en 2019 et 2020”. “Il ne s’agit, ni plus ni moins, que de reproduire à l’échelon régional l’organisation académique actuelle sur la base d’un réaménagement des services académiques dans leurs sites respectifs confirmés”, ajoute le rapport. Viennent ensuite les 4 régions académiques “les plus étendues” : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Ici, la mise en œuvre du principe de fusion des académies “implique la conception de nouveaux modes de gouvernance pour maintenir ou renforcer, dans le nouveau cadre, le fonctionnement et la qualité du suivi indispensables”. Les projets de fusion sont rapidement attendus (fin 2018 ou début 2019) pour une mise en œuvre progressive à la rentrée 2020. La région académique d’Île-de-France, enfin, et sa singularité. Le projet de fusion de ses 3 académies (Paris, Versailles et Créteil) dépendra des arbitrages qui seront rendus sur la métropole du Grand Paris, précise la mission. “La nécessité de coordonner l’organisation de la gouvernance académique avec les évolutions de la structure administrative de la région et la complexité des opérations à mener justifient que la mise en place complète de la nouvelle organisation n’intervienne pas avant le début de l’année 2021”, ajoute-t-elle. Il va donc falloir encore patienter avant que la carte des académies soit pleinement rationalisée.                                           La carte des 13 régions académiques actuelles et des académies (Source : ministère de l’Éducation nationale)


L’État prié de revoir le pilotage des directions régionales des affaires culturelles

Bouleversements organisationnels, déficit d’attractivité… Un rapport commun des inspections générales de l’Administration, des Affaires culturelles et des Finances pointe les conséquences – néfastes – de la réforme territoriale de 2015 sur le fonctionnement des directions régionales des affaires culturelles (Drac).

07/05/2018 | ACTUALITÉ

Des administrations bien perçues par les acteurs du milieu, un rôle bien compris et utile, mais une organisation défaillante. Dans un rapport consacré aux directions régionales des affaires culturelles (Drac) – les services déconcentrés du ministère de la Culture –, les inspections générales de l’Administration, des Affaires culturelles, et des Finances (IGA, Igac et IGF) alertent l’État, à l’occasion d’une “revue des missions, de l’organisation et des moyens des services déconcentrés du ministère de la Culture”, publiée le 25 avril. “Les directions régionales des affaires culturelles sont considérées comme les seules administrations à détenir dans les territoires une expertise technique et scientifique ainsi qu’un savoir-faire juridique nécessaires à la mise en œuvre de la réglementation, de la protection et de la valorisation du patrimoine matériel et immatériel”, analysent les inspections générales. Pour autant, les Drac doivent continuer d’occuper ce rôle de relais de la politique culturelle de l’État dans les territoires (protection du patrimoine, soutien à la création, attribution de labels…) tout en composant avec les bouleversements organisationnels occasionnés par le dernier acte de la décentralisation de l’État. Les travaux menés par les trois inspections générales ont abouti à la formulation de 9 propositions en vue d’améliorer l’efficacité des Drac. Défis organisationnels Premier constat dressé dans le rapport : le fonctionnement des Drac a largement pâti de la réforme territoriale de 2015, qui a redessiné la carte des régions et réorganisé les services déconcentrés de l’État. La réduction du nombre de régions (de 22 à 13 en métropole) et les fusions qui ont suivi ont entraîné les Drac dans un lourd processus de réorganisation, au cours duquel “elles n’ont pas été suffisamment accompagnées et soutenues par l’administration centrale, notamment en matière de gestion des ressources humaines”, soulignent les auteurs du rapport. Ils déplorent en outre “l’étendue des nouveaux territoires”, qui constitue selon eux “un défi pour l’accomplissement des missions”, ainsi que la décision du gouvernement de ne pas retenir “l’option de directeurs adjoints à vocation géographique dans les sites « distants » mais celle d’une organisation en pôles multisites […] aux liens hiérarchiques trop complexes”. Aussi, pour compenser les effets de l’organisation multisites des Drac, jugée “source de confusions et de pertes d’efficacité considérables” par les trois inspections générales, le rapport suggère de supprimer la fonction de directeur de pôle et de la remplacer par la création, dans les sites distants géographiquement, par des postes de directeurs adjoints avec “une large délégation de mandat et de signature”. Lourds enjeux en termes de ressources humaines L’État, dans le découpage des nouvelles régions, n’a, d’après le rapport, pas suffisamment pris en compte la dimension “ressources humaines” des transformations qu’il a provoquées. Le document préconise ainsi de redonner aux Drac des “marges de manœuvre dans les recrutements”, notamment par le maintien de leur plafond d’emploi, “le temps de procéder à la mise en place d’une GPEEC [gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences, ndlr] adaptée aux problématiques des services déconcentrés”, et le recours aux recrutements externes. Au total, en 2016, 2 353 équivalents temps plein travaillaient pour les Drac (- 2 % par rapport à 2013), soit environ 8 % des effectifs de la culture et 3 points de plus que ce que représente l’administration centrale. Une seconde mesure invite à “construire et mettre en œuvre un plan de gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences, spécifique aux Drac”. Cela passe par la mise en place d’un plan prévisionnel des départs à la retraite et d’une gestion des carrières, avec un chantier de formation adapté aux réalités locales. Plan d’urgence pour la transformation numérique En outre, “la question de l’attractivité des postes se pose clairement, non seulement pour recruter des directeurs régionaux et des adjoints, mais également pour d’autres fonctions, notamment celles qui nécessitent une expertise scientifique ou artistique, le plus souvent en raison de rémunérations indemnitaires trop faibles et de l’absence de gestion des carrières”, notent les auteurs du rapport, qui craignent une “dégradation rapide des directions régionales”. Pour contenir sinon limiter cette dégradation, les inspections générales proposent de constituer un vivier de directeurs et d’adjoints, et de mener une étude comparative des écarts indemnitaires avec les autres directions régionales. Du reste, le rapport invite à mettre en place un plan d’urgence pour la transformation numérique des Drac. Et à revoir la relation entre les Drac et l’administration centrale, qui repose, selon ses auteurs, encore trop largement sur une “communication descendante” ne favorisant pas “l’échange et la réflexion” et ne laissant pas de place à “des visions plus innovantes [et] à des expérimentations”. 


“Académie des banlieues”, cités éducatives : les pistes du rapport Borloo

L’ancien ministre Jean-Louis Borloo a remis ce jeudi 26 avril son rapport “Vivre ensemble, vivre en grand la République”, sur les quartiers prioritaires. Fort de 19 programmes, celui-ci préconise notamment la création d’une grande académie des leaders inspirée de l’ENA, pour former une “élite des banlieues” et la création d’un fonds de 5 milliards d’euros à la Caisse des dépôts.

26/04/2018 | ACTUALITÉ

Un rapport attendu et qui s’était – un peu – fait attendre. Ce jeudi 26 avril, l’ancien ministre délégué à la Ville Jean-Louis Borloo a remis au Premier ministre, Édouard Philippe, son rapport sur la situation des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Mettant en garde contre le risque de “nouvel apartheid” en matière de mixité, ce document, intitulé “Vivre ensemble, vivre en grand la République” vise notamment à “faire revenir la République” dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour lutter contre le “repli identitaire et communautaire”. Rappelons que la remise de ce document fait suite à la mission confiée par le gouvernement à l’ancien ministre, par ailleurs père de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), [lire notre article sur le sujet], à la suite d’un déplacement du Président Emmanuel Macron en novembre dernier, au cours duquel ce dernier avait défini les grands principes d’un plan de mobilisation en faveur des quartiers. Pour épauler Jean-Louis Borloo dans son travail, le ministère de la Cohésion des territoires avait par ailleurs lancé 10 groupes de travail thématiques sur les quartiers prioritaires, dont les conclusions ont été remises en mars dernier. Une “académie des leaders” pour former “une élite des banlieues” Fort de 19 “programmes”, le rapport formule de multiples propositions allant de la “relance immédiate de la rénovation urbaine” à la réorganisation de l’école, en passant par diverses mesures de justice et financières. Parmi les propositions phares qui concernent directement la fonction publique, figure notamment celle de créer une grande école, que Jean-Louis Borloo qualifie d’“académie des leaders”, inspirée de l’ENA, et visant à former “une élite des banlieues”. Plus globalement, le document de l’ancien maire UDF de la commune nordiste de Valenciennes propose plusieurs mesures d’ordre économique devant aider à un renouveau de ces QPV qui abritent près de 6 millions d’habitants. Rappelant que la rénovation urbaine a généré “48 milliards [d’euros] de travaux” en dix ans, il appelle à la création d’un fonds de plus de 5 milliards d’euros à la Caisse des dépôts et consignations, abondé notamment par “la cession des participations de l’État en 2018 (10 milliards annoncés)”, qui ne créerait “pas de dépenses budgétaires nouvelles pour l’État”. “Je dois avouer ma stupéfaction d’avoir découvert à quel point le système était désinvolte et se mentait à lui-même”, affirme en conclusion de son rapport l’ancien ministre, qui souligne combien les moyens déployés dans les quartiers prioritaires “sont en dessous du minimum républicain” et combien les correctifs “se sont quasiment tous arrêtés”. Cités éducatives Jean-Louis Borloo plaide aussi pour “un énorme travail sur l’école”. Un enjeu de taille, lorsqu’on sait que, “35 % de la jeunesse en France est domiciliée dans des territoires prioritaires”, rappelle Driss Ettazaoui, vice-président de l’association Ville et Banlieue, qui a piloté un des groupes de travail sur les banlieues, interrogé par Acteurs publics. Dans ce sens, le rapport préconise ainsi la création de “cités éducatives”. “Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Donc ça va être magnifique, des cités éducatives avec énormément de moyens humains et d’accompagnement” dans “le sport, la culture…” a notamment déclaré Jean-Louis Borloo lors de la remise du rapport. La création de 200 campus numériques dans les quartiers fait également partie des recommandations, de même que la mise en place d’un “recrutement massif en alternance” dans les entreprises présentes sur les territoires prioritaires et d’actions pour “lutter contre l’illettrisme”. Élus de banlieue inquiets Reste maintenant à savoir quel accueil sera fait à ces différentes propositions par le gouvernement. Si Matignon a d’ores et déjà précisé que le document, ainsi que les conclusions des 10 groupes de travail thématiques lancés par le ministère de la Cohésion des territoires, viendront “nourrir” le plan de mobilisation en faveur des quartiers que le président de la République doit annoncer dans le courant du mois de mai, “c’est à Emmanuel Macron de voir ce qu’il veut faire : mettre en œuvre le plan tel que je le propose, en faire plus, moins. Faire différemment”, a indiqué Jean-Louis Borloo, dans une interview fleuve donnée à nos confrères du Monde. “Ce que je sais, c’est que je propose 19 programmes, qu’il faut un leader pour chacun d’eux et un comité de suivi dont le rôle sera de s’assurer, tous les jours, que les choses se fassent et de les évaluer”, ajoute-t-il en outre, indiquant que si le président de la République “décidait de lancer ce plan” et lui demandait de présider ledit comité, il accepterait l’offre. Du côté des élus de banlieue, qui attendaient le rapport avec impatience, et qui ont récemment reproché à l’exécutif de ne pas mesurer la gravité de la situation des quartiers, l’inquiétude quant à la suite est toujours présente. Interrogé par Acteurs publics le 25 avril, Driss Ettazaoui, vice-président de Ville et Banlieue, ne peut néanmoins “pas croire que le gouvernement a mobilisé près de 250 personnes sur les groupes de travail et demandé un rapport à Jean-Louis Borloo sur la question de la politique de la ville pour accoucher d’une souris”. Souris ou éléphant, il faudra, quoi qu’il en soit, attendre le mois de mai, et les annonces d’Emmanuel Macron, pour en avoir le cœur net. (Avec AFP) Les quartiers prioritaires de la politique de la ville en chiffres 5,5 millions. C’est à peu près le nombre d’habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) en France. 1 515. C’est le nombre de quartiers prioritaires de la politique de ville que compte la France. En place depuis 2015, en remplacement de plusieurs zones et quartiers préexistants au sein de la politique de la ville et à la suite de la promulgation de la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014, ils sont déterminés en fonction d’un critère unique, celui du revenu des habitants. 700. C’est le nombre de communes, situées en métropole et en outre-mer, abritant des quartiers prioritaires de la politique de la ville.


À l’Éducation, Jean-Michel Blanquer joue à fond la carte “spoils system” (2/3)

Les ministres se sont approprié diversement la logique du renouvellement de leurs directeurs d’administration. Si le patron de l’Éducation nationale a fait le ménage dans son ministère, sa collègue de la Culture a maintenu un quasi statu quo. Focus sur ces deux ministères et deuxième volet de notre enquête sur le spoils system version Macron.

05/04/2018 | ACTUALITÉ

Un grand ménage effectué rapidement. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ancien directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) sous la Présidence Sarkozy, a appliqué pleinement la logique du spoils system, selon notre enquête réalisée à partir des comptes rendus des Conseils des ministres intervenus au sein du petit monde des DAC entre le 15 mai et le 31 décembre 2017. Soit les six premiers mois de mandat. S’il s’est laissé un peu de temps pour statuer sur les recteurs (11 ont été nommés mi-février), Jean-Michel Blanquer, ancien patron de l’Essec n’a pas traîné pour renouveler les postes clés de la Rue de Grenelle dès les premiers mois. Pour certaines sources, deux facteurs expliquent cette stratégie : des tensions dans l’équipe du tout début et une volonté du ministre de s’entourer de directeurs engagés à ses côtés pour toute la durée du quinquennat, ce qui posait de facto la question des directeurs déjà en place. Dès le mois d’août, il nomme un nouveau Dgesco, Jean-Marc Huart, l’un de ses anciens sous-directeurs à cette direction. Cet inspecteur général de l’éducation nationale de 50 ans, ancien membre du cabinet de Xavier Darcos à ce ministère, agrégé de sciences économiques et sociales, accédait ainsi à son premier poste de directeur. Le ministre Blanquer, agrégé de droit public, a ensuite poursuivi son mercato en embauchant 3 juristes issus du Conseil d’État et assez politiques. La nomination du directeur général des ressources humaines a surpris tant l’heureux élu, Édouard Geffray, membre du Conseil d’État et ex-secrétaire général de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, n’était pas connu pour son expertise des grandes masses ministérielles. L’ex-directeur de cabinet de l’éphémère garde des Sceaux François Bayrou se voyait attribuer là son premier poste de DAC. Pour la direction des affaires juridiques, Jean-Michel Blanquer a opté pour une autre membre du Conseil d’État, Natacha Chicot, qui prend elle aussi son premier poste de directrice. Issue du concours interne de l’ENA, cette ex-secrétaire générale adjointe du Palais-Royal passe pour une proche du Premier ministre, Édouard Philippe, avec lequel elle a siégé jusqu’au début de l'année 2018 au conseil municipal du Havre. Pour l’épauler au milieu de ces primo-directeurs, le ministre a enfin recruté une secrétaire générale expérimentée, puisée à gauche cette fois-ci : Marie-Anne Lévêque. Ex-DRH de l’État et fine politique, cette ancienne conseillère de Lionel Jospin et de Jean-Marc Ayrault formée sur les bancs de l’ENA avait rejoint le Conseil d’État au tour extérieur en 2015. Quasi statu quo rue de Valois Logique tout autre, en revanche, au ministère de la Culture. Incarnation de l’ouverture à la société civile, la ministre de la Culture, François Nyssen, n’a coupé aucune tête à son arrivée rue de Valois. Tout juste a-t-elle pourvu le poste clé de secrétaire général du ministère en nommant Hervé Barbaret, magistrat de la Rue Cambon et ancien patron du Mobilier national. Il s’agissait de remplacer Christopher Miles, nommé le 4 mai directeur général délégué du Palais de Tokyo. Pour le reste, l’ancienne éditrice a maintenu les autres directeurs : Régine Hatchondo, directrice générale de la création artistique et ancienne conseillère de Manuel Valls à Matignon, le directeur général des patrimoines, Vincent Berjot, ancien hiérarque de la direction du budget à Bercy passé par la ville de Paris, l’ancien dirigeant de Radio France et de France Télévisions Martin Adjari (directeur général des médias et des industries culturelles) et le délégué général à la langue française et aux langues de France, l’universitaire Loïc Depecker. Deux postes sont à pouvoir parmi les “directeurs bis” après les départs en février-mars, au sein de la direction générale des patrimoines, du directeur chargé des Archives de France (en place depuis huit ans) et celui de la directrice, chargée des musées (en place depuis dix ans). En revanche, la ministre, très mobilisée par une réforme de l’audiovisuel public à l’accouchement douloureux, a déjà changé son directeur de cabinet et plusieurs de ses conseillers.


Le rapport Villani met l’accent sur le renforcement de la recherche

Le député Cédric Villani a présenté, lors d’un sommet au Collège de France, le 29 mars, son rapport final sur l’intelligence artificielle (IA). Le gouvernement veut “tracer une voie européenne de l’IA” en créant une filière d’excellence à la française et en anticipant les bouleversements du monde du travail.

29/03/2018 | ACTUALITÉ

La France fait non seulement face à une pénurie d’ingénieurs formés aux technologies d’intelligence artificielle (IA), mais aussi à une fuite des cerveaux et à une incapacité à transférer les fruits de la recherche dans l’industrie, déplore Cédric Villani, dans le rapport sur l’IA que lui a commandé le Premier ministre, Édouard Philippe, en septembre 2017. Faute de salaires et d’opportunités à la hauteur des attentes des ingénieurs, nombre d’entre eux quittent en effet l’Hexagone pour rejoindre des entreprises américaines. Dans le rapport, le député de l’Essonne et ses collègues exposent plusieurs pistes pour relancer l’innovation française et anticiper les impacts de l’IA sur l’emploi.   Redorer la recherche publique “Un minimum de doublement des salaires de début de carrière est indispensable sous peine de voir se tarir définitivement le flux de jeunes prêts à s’investir dans l’enseignement supérieur et la recherche académique.” Tel est le constat posé dans le rapport Villani. L’un des impératifs premiers consiste donc à rendre la recherche publique attractive. S’il n’entend pas voir la France rivaliser avec les géants américains du numérique, le député souhaite la rendre plus attractive vis-à-vis des chercheurs étrangers ou français expatriés au moyen d’une aide financière, d’une augmentation des salaires ou encore d’une aide à la mobilité internationale afin de créer “des incitations à émigrer, même si c’est pour mieux revenir”. Autre axe de travail identifié dans le rapport pour attirer les talents, le gouvernement doit “fluidifier et amplifier les échanges académie-industrie”, de manière à dynamiser la recherche tout en facilitant sa concrétisation. Pour ce faire, le député n’hésite pas à proposer un temps de travail partagé pour les fonctionnaires titulaires, pouvant monter jusqu’à 50 %. La concrétisation de la recherche pourrait également être facilitée avec une aide visant à inciter les chercheurs à créer leur entreprise.   Réseau d’instituts de recherche Mais pour remettre la recherche publique sur devant de la scène, le rapport préconise de réunir chercheurs, étudiants et entreprises au sein d’un réseau d’“instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle”. À travers ces instituts, la mission Villani souhaite reconstruire “des environnements de recherche attractifs et prestigieux”, diffuser “une formation scientifique de haut niveau en IA” et fluidifier les “interfaces entre disciplines et entre la recherche académique et le monde industriel”. Le tout devant permettre de favoriser “la transformation rapide des idées en preuves de concept, applications scientifiques, avancées technologiques et en propriété intellectuelle”. Lors des appels à projets pour la création des instituts, les offres devront concilier interdisciplinarité et programmes d’affiliations industrielles, dans le but d’inclure d’un bout à l’autre de leur activité de recherche la finalité de l’application industrielle. Il est néanmoins prévu qu’ils soient financés par la puissance publique, au moins pour permettre leur fonctionnement “a minima”, le reste étant ouvert aux financements privés, à parité avec l’État.   Accompagner l’évolution du monde du travail Conscient des bouleversements apportés par les technologies d’IA au monde du travail, Cédric Villani appelle également à anticiper son évolution. Cela passe, en premier lieu, par la création d’un “Lab public” sur la transformation du travail. Sa mission consisterait à “s’assurer que la capacité d’anticipation soit pérenne, continue et surtout articulée avec des politiques publiques”. Pour ce faire, il convient que ce Lab puisse mener des expérimentations, notamment sur les modes d’apprentissage, car “les formations actuelles, qu’il s’agisse de la formation professionnelle ou de la formation initiale, sont loin d’être adaptées pour assurer cette transition”, explique le rapport. Celui-ci invite le gouvernement à favoriser la souplesse de l’offre de formation, qui doit s’adapter au plus vite à la demande des entreprises, en expérimentant de nouveaux dispositifs de formation professionnelle et en mettant l’accent sur des pédagogies qui encouragent la créativité. À ce titre, il est proposé de revoir les modes de financement de la formation professionnelle. “Le développement de l’IA renforce la mutation des chaînes de valeur et entraîne une décorrélation entre les acteurs qui financent la formation professionnelle et ceux qui captent la valeur ajoutée”, note le rapport, de telle façon que ces sociétés du numérique à faible masse salariale ne participent pas à la transition professionnelle des individus d’autres secteurs. Il faudrait donc, selon le rapport, plutôt que de mettre en place une nouvelle taxation des entreprises destructrices d’emplois, instaurer “un dialogue social autour du partage de la valeur ajoutée au niveau de la chaîne de valeur entière.”   Doubles cursus IA-médecine, IA-psychologie… Se préparer à l’automatisation des tâches et à l’évolution des métiers, c’est enfin, pour l’équipe de Cédric Villani, fixer un objectif “clair”. La mission propose ainsi, “à horizon trois ans, [de] multiplier par trois le nombre de personnes formées en intelligence artificielle en France, à la fois en faisant en sorte que l’offre de formation existante s’oriente vers l’IA, mais également en créant de nouveaux cursus et de nouvelles formations à l’IA”. Le rapport insiste notamment sur l'impératif de féminisation du secteur du numérique. Mais aussi sur l'importance des doubles cursus, qui permettraient de lier compétences en IA et connaissances d’une discipline en tension à l’université, comme la médecine, la psychologie ou le droit. Le détail des mesures retenues et prises par le gouvernement a été précisé par Emmanuel Macron, lors d’un discours au Collège de France, à l’occasion du Sommet pour l’intelligence artificielle. Emile Marzolf


800 postes de plus pour assurer la scolarité obligatoire dès 3 ans

Si plus de 97 % des enfants entrent déjà à l’école maternelle dès 3 ans, ce chiffre moyen “couvre des inégalités diverses, derrière, il y a des pratiques profondément différentes d’un territoire à l’autre”, a justifié Emmanuel Macron. Mais les modalités de cette scolarité posent encore question.

28/03/2018 | ACTUALITÉ

Une annonce et des questions. La scolarité à l’école maternelle sera obligatoire dès l’âge de 3 ans, a annoncé le chef de l’État, Emmanuel Macron, le 27 mars en ouverture des “Assises de la maternelle” à Paris. “L’école maternelle est et sera davantage à l’avenir un moment fondateur de notre parcours scolaire français, a dit le Président. À ce titre, j’ai en effet décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019.”   Aujourd’hui, la plupart des enfants entrent déjà à l’école maternelle dès 3 ans (97,6 % des petits de 3 ans y étaient inscrits en 2015-2016, selon les dernières statistiques connues du ministère de l’Éducation nationale). Mais, a insisté Emmanuel Macron, “ce chiffre moyen couvre des inégalités diverses, derrière, il y a des pratiques profondément différentes d’un territoire à l’autre”. Disparités et inégalités Il est notamment beaucoup plus bas en outre-mer. Ce chiffre recouvre aussi des “disparités dans la journée”, puisque “ce sont dans les quartiers les plus défavorisés que souvent, on ne va pas remettre l’enfant à l’école” l’après-midi, “parce qu’on ne peut pas ou on veut pas payer la cantine”, a relevé le président de la République. “800 postes créés pour ça en maternelle à la rentrée 2019”, a commenté sur Twitter le secrétaire d’État Olivier Dussopt, placé auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, sans préciser ce que recouvrait ce chiffre. L’école maternelle mobilise en effet des professeurs des écoles, payés par l’État, mais aussi des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), employés, eux, par les collectivités locales. “Pour nous, la scolarisation à 3 ans n’est pas le sujet, elle se fait déjà par adhésion”, a réagi Francette Popineau, à la tête du Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire. “La vraie question est plutôt : comment on s’y prend ? Avec combien d’élèves par classe, quels investissements, quelles formations pour les profs ?” Financement et moyens en question Les collectivités locales sont elles aussi assez dubitatives quant aux conséquences de la mesure. “Qui va payer ?” a demandé France urbaine, l’association qui regroupe les élus des métropoles, grandes intercommunalités et villes françaises. “Outre le surcoût lui-même, vraisemblablement très compliqué à porter pour les villes, la nouvelle contractualisation liant l’État et les collectivités fait interdiction à ces dernières de dépasser une trajectoire d’augmentation de leurs dépenses de fonctionnement de 1,2 % sur la durée du mandat”, observe cette association d’élus. “Cette annonce modifie à nouveau la donne sur la contractualisation, a jugé Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine et maire de Toulouse. Il me semble donc nécessaire de rechercher ensemble une solution afin de rendre financièrement applicable cette annonce.” Avec AFP


La Cour des comptes pousse à revoir le pilotage de l’évaluation de l’éducation

Le trop grand nombre d’instances internes d’évaluation au ministère de l’Éducation nationale et la position ambiguë de chacun d’eux participent de la “confusion dans la qualification de leurs travaux”, jugent les magistrats financiers dans un rapport.

21/02/2018 | ACTUALITÉ

“L’évaluation n’a pas été conçue au sein de l’éducation nationale pour qu’elle devienne grâce à elle, une organisation « apprenante » tirant les enseignements de ses succès comme de ses échecs, appréhendés selon des méthodes clarifiées, validées et fondés sur le recueil de données sur les acquis et les besoins des élèves.” L’enquête de la Cour des comptes commanditée par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale sur l’évaluation de la performance éducative, rendue publique le 21 février, dresse un constat sans appel. Pour les magistrats financiers, l’évaluation actuelle est trop indécise et des obstacles culturels restent à surmonter. Parmi les différents facteurs explicatifs, les difficultés inhérentes au pilotage sont longuement analysées. Les instances en charge du suivi ont changé trois fois en moins de quinze ans. Le rapport pointe ainsi la présence de nombreux services ministériels participant à l’évaluation, sans cohérence d’ensemble. Champs inexplorés Des champs restent inexplorés, comme celui de l’impact des programmes scolaires, dont les réformes sont décidées sans évaluations préalables. La Cour en cible les acteurs clés : les deux inspections générales (l’inspection générale de l’Administration de l’éducation nationale et de la recherche et l’inspection générale de l’Éducation nationale, l’IGAENR et l’Igen), la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) et le Conseil supérieur des programmes. Les rapports entre la Dgesco, l’Igen et la Depp devraient par conséquent être revus, pour éviter “une confusion” entre apports opérationnels de celles-ci à la définition et la gestion des politiques éducatives et évaluation de ces mêmes politiques. Ambiguïtés dues à la position administrative “Créatrice de nombreuses normes scolaires, opérateur de maints dispositifs éducatifs, la Dgesco a la responsabilité légitime d’assurer leurs suivis par des retours d’expérience opérationnels. Or les frontières entre suivis opérationnels et dispositifs d’évaluation n’ayant pas été précisés au sein du ministère, la Dgesco se trouve alors dans la situation d’être l’évaluateur de ses prescriptions, quand elle estime nécessaire d’en approfondir l’observation. Sa position centrale au sein du MEN [ministère de l’Éducation nationale, ndlr] lui permet non seulement de prendre ce type d’initiatives, mais aussi de les piloter alors qu’il pourrait revenir à la Depp de le faire.” La Depp se voit pour sa part reprocher une intervention dans les processus évaluatifs jugée trop en retrait, en raison de sa position administrative. Les textes concernant l’organisation du ministère ne prévoient pas que cette direction soit dépositaire de la fonction d’évaluation, son statut administratif ne lui conférant pas, dans ce domaine précis, l’indépendance nécessaire, estime le rapport, qui s’agace que cette question n’ait pas évolué depuis un autre rapport de la Cour… de 2010. Pas d’instance ad hoc Quant aux deux inspections (IGAENR et Igen), à propos desquelles le ministre Jean-Michel Blanquer a lancé cet été une réflexion pouvant conduire à un rapprochement, la Cour semble appuyer subtilement la démarche, sans le dire. Les magistrats financiers détaillent ainsi les griefs souvent formulés à l’égard de cette organisation duale, en ciblant en particulier le positionnement ambigu de l’Igen. Ce corps inspecte tout en participant à la gestion directe du système : élaboration des programmes et des réformes pédagogiques, validation de sujets d’examen, gestion de ressources humaines (choix et inspection des professeurs de classes préparatoires, présidence de concours de recrutement, gestion des agrégés). Sur le fond, les magistrats de la Rue Cambon estiment que les compétences des administrations concernées font presque toutes référence à l’évaluation, sans en préciser nettement la portée ou leur laissant une grande latitude d’interprétation et d’initiative. D’où une confusion dans la pratique. “L’absence d’une instance chargée de l’évaluation du système scolaire solidement reconnue dans son rôle explique certainement cette profusion d’intervenants et cette confusion dans la qualification de leurs travaux”, conclut la Cour. 


Les collectivités appelées à ouvrir davantage leurs bibliothèques

Dans un rapport commandé par le gouvernement, Erik Orsenna et Noël Corbin appellent aussi les bibliothèques à “s’adapter à la demande” et à “devenir des maisons de service public culturel” car “50 % des personnes qui y entrent ne viennent pas chercher des livres”.

20/02/2018 | ACTUALITÉ

Il faut “changer de rythme” et “ouvrir mieux et plus”, appelle l’écrivain Erik Orsenna, qui a présenté, le 20 février, un rapport sur l’avenir des bibliothèques au Président Macron et à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, lors d’un déplacement aux Mureaux (Yvelines). Actuellement, seules 130 des 16 500 bibliothèques et points de lecture de France ouvrent leurs portes le dimanche. Et dans la semaine, “beaucoup d’entre elles ouvrent aux horaires où la plupart des Français travaillent”, étant fermées à l’heure du déjeuner et tôt le soir, a regretté Françoise Nyssen. La France est bien équipée puisqu’elle possède autant de bibliothèques que de bureaux de poste. Mais ces équipements culturels, souvent modernes, ne sont ouverts que 41 heures par semaine dans les grandes villes contre 78 heures à Londres ou 98 heures – un record – à Copenhague. Cette situation avait été dénoncée par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et il avait fait de l’extension des horaires l’une de ses promesses électorales. Moyens financiers Le rapport réalisé par Erik Orsenna et Noël Corbin, inspecteur des affaires culturelles, prône une durée d’ouverture hebdomadaire moyenne de 45 heures pour les villes de 50 000 à 100 000 habitants, et de 50 heures pour celles de plus de 100 000 habitants. L’Association des bibliothécaires de France (ABF) avait accueilli favorablement, en juillet 2017, l’idée de l’extension des horaires d’ouverture, tout en mettant en garde contre l’impact de “la baisse des moyens financiers des collectivités territoriales”. Le gouvernement a augmenté de 8 millions d’euros la dotation générale de décentralisation en faveur des bibliothèques pour les cinq prochaines années. Cela devrait permettre de soutenir “200 projets d’extension d’horaires”, selon le rapport Orsenna. En 2015, les collectivités locales ont dépensé 1,7 milliard d’euros pour la lecture publique, dont près de 1,2 milliard pour rémunérer les 38 000 agents des bibliothèques, selon le ministère de la Culture. Dans leur rapport, Erik Orsenna et Noël Corbin appellent les bibliothèques à “s’adapter à la demande” et à “devenir des maisons de service public culturel” car “50 % des personnes qui y entrent ne viennent pas chercher des livres”. Aux Mureaux, la médiathèque accueille ainsi des cours de soutien scolaire, des ateliers d’art, de danse et un “fab-lab” équipé d’imprimantes 3D ainsi qu’une “micro-folie”, musée numérique initié par la Grande Halle de la Villette à Paris. Pilotage par les Drac Le rapport, qui souligne l’apport des 81 000 bénévoles qui permettent aux bibliothèques de fonctionner, suggère de faire davantage appel aux étudiants et d’encourager, dans les petites villes, “la mutualisation de locaux et de personnels d’accueil” entre les bibliothèques et les agences postales. Dans une interview accordée à Acteurs publics en octobre dernier, la ministre Françoise Nyssen avait annoncé que les directions régionales aux affaires culturelles (Drac), au sein des services déconcentrés de l’État, seraient “chargées de mettre autour de la table les élus, les bibliothécaires, ainsi que les structures sociales et les associations locales pour bâtir un projet d’ouverture”. “Je souhaite qu’à la fin de l’année 2018, nous ayons réussi à engager la transformation de 200 bibliothèques, soit 2 par département”, avait-elle indiqué.


La réforme de l’accès à l’université définitivement adoptée au Parlement

Dans la foulée de leurs collègues députés, les sénateurs ont voté en faveur du texte par 250 voix (droite et LREM) contre 93, issues de l’ensemble de la gauche. La réforme des règles d’accès à l’université, qui supprime le tirage au sort, est ainsi validée.

16/02/2018 | ACTUALITÉ

Le Parlement a adopté définitivement, le 15 février, par un ultime vote du Sénat, la réforme des règles d’accès à l’université, qui supprime le tirage au sort, mais que la gauche accuse d’être “une sélection qui ne dit pas son nom”. Les sénateurs ont voté en faveur du texte par 250 voix (droite et LREM) contre 93 (ensemble de la gauche). Quelques heures auparavant, c’étaient les députés qui avaient une dernière fois validé le projet de loi défendu par la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. “Je me réjouis que la commission mixte paritaire” chargée de trouver une version commune aux deux chambres “ait été conclusive”, a déclaré cette dernière. “Ce qui nous rassemble, c’est le souci de tourner la page du tirage au sort. Sur de nombreux points, le Sénat a été précurseur”, a-t-elle ajouté. “Sélection” et “système libéral” Dans la matinée, par 49 voix contre 13, l’Assemblée nationale a avait elle aussi donné son ultime feu vert au projet de loi sur l’“orientation et la réussite des étudiants”, qui vise notamment à supprimer le tirage au sort et à réduire le fort taux d’échec en première année de fac. Mais pour Sylvie Robert (PS), “l’intérêt des étudiants a été perdu de vue au fur et à mesure de la discussion. C’est un vrai rendez-vous manqué”. David Assouline (PS) a déclaré pour sa part que le texte aboutissait à “une forme de sélection dont nous ne voulons pas”. “Vous avancez vers un système libéral où ce sont les universités qui choisissent leurs étudiants, a accusé de son côté Pierre Ouzoulias (CRCE, à majorité communiste). Nous affirmons notre opposition à la sélection qui est contraire à notre idéal républicain.” En revanche, Catherine Morin-Desailly (UC) a vanté “un texte d’équilibre nécessaire”, qui “ouvre des portes qu’il conviendra d’approfondir au travers d’autres textes législatifs”. Avec AFP


Deux députées proposent un service national sous forme de “parcours de citoyenneté”

Alors que l’Élysée veut instaurer un service national universel comportant “une partie obligatoire entre trois et six mois”, deux députées plaident pour “une incitation à l’engagement” non obligatoire, dans le cadre d’une montée en puissance des dispositifs déjà existants.

14/02/2018 | ACTUALITÉ

Un “parcours de citoyenneté” en trois étapes, étalé de 11 à 25 ans, pour renforcer la cohésion nationale : c’est ce que préconise un rapport parlementaire publié mercredi 14 février, alors que l’exécutif souhaite instaurer un service national universel comportant “une partie obligatoire entre trois et six mois”. Le rapport, présenté ce mercredi devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, propose “un enseignement moral et civique renforcé” à l’école ainsi qu’“une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté (obligatoire)” entre 11 et 16 ans, qui se déroulerait au sein même de l’établissement scolaire et inclurait une formation aux premiers secours. Parmi les intervenants mobilisés, figureraient le corps enseignant, mais aussi l’armée, les pompiers, des associations de mémoire, des étudiants en médecine... Ensuite, à 16 ans, interviendrait “un rite de passage” pour exercer les connaissances et compétences acquises, qui se substituerait à l’actuelle Journée de défense et de citoyenneté (JDC) : soit une semaine en internat pendant les vacances scolaires (une “école de la fraternité”), soit une semaine en immersion au sein du monde associatif, suggèrent les rapporteures Émilie Guerel (LREM) et Marianne Dubois (LR). Inciter plutôt qu’obliger Enfin, entre 16 et 25 ans, serait prévue “une incitation à l’engagement”, non obligatoire, dans le cadre d’une montée en puissance des dispositifs déjà existants : service civique, garde nationale, engagement associatif... “L’engagement constitue avant tout un choix personnel qui repose sur le volontariat”, font valoir les deux élues pour justifier le caractère optionnel de cette phase. En échange, les jeunes pourraient bénéficier de droits en matière de formation ou encore de transports à tarif préférentiel. Ce “service national universel, adapté à notre époque”, serait “susceptible d’emporter l’adhésion de la jeunesse et d’être utile à la société”, concluent les rapporteures, qui ont conduit 25 auditions (armées, jeunes, milieu éducatif, associations…) Expérimentation prévue en 2019 Emmanuel Macron, qui avait promis l’instauration de ce service national universel pendant la campagne électorale, a de son côté souhaité mardi qu’il comporte “une partie obligatoire de trois à six mois”. Le président de la République a également estimé qu’il pourrait comporter “une ouverture sur la chose militaire”, mais que “sa forme pourra être civique”. Le projet de service national universel, dont les modalités restent à écrire, suscite des doutes en raison de son coût potentiel, des capacités d’accueil des armées, réduites depuis la suppression en 1997 du service militaire, ou encore des problèmes juridiques qu’il pourrait soulever s’il était obligatoire. L’Élysée a mis en place un groupe de travail qui doit rendre ses conclusions fin avril. Une phase d’expérimentation est d’ores et déjà prévue en 2019. Avec AFP  


Un accord met fin à plusieurs mois de grève dans l’éducation au Burkina Faso

Depuis près de quatre mois, les enseignants observaient un mouvement marqué par la suspension des évaluations, du traitement des dossiers, des examens et un sit-in hebdomadaire.  

29/01/2018 | ACTUALITÉ

Les élèves burkinabés ont repris le chemin de l’école ce lundi 29 janvier. Le gouvernement et les syndicats de l’éducation sont parvenus, dans la nuit de samedi 27 à dimanche 28 janvier, à un accord pour “sauver l’année scolaire”, paralysée depuis plusieurs mois par une grève des enseignants, soutenus par les élèves. “Nous avons obtenu que le budget de l’État alloué à l’éducation soit rehaussé (…) de façon progressive dans les années à venir”, a déclaré Wendyam Zongo, le porte-parole de la Coordination des syndicats de l’éducation nationale, regroupant une quinzaine d’organisations. Le statut des agents de l’éducation et de l’enseignement supérieur sera ainsi “revalorisé” – c’était l’une des principales revendications des grévistes –, “leurs conditions de vie et de travail connaîtront une évolution significative”, a-t-il expliqué. L’État s’est aussi engagé à améliorer “les bourses d’études”, à fournir davantage de places en internat pour les élèves et à ouvrir les cantines scolaires neuf mois par an, au lieu de trois, a-t-il ajouté. Risque d’“année blanche” De son côté, le Premier ministre, Paul Kaba Thièba, s’est félicité de la fin de ce long conflit. “Dès lundi, les élèves vont retrouver le chemin de l’école dans la sérénité”, a-il déclaré ce week-end. Depuis près de quatre mois, les enseignants observaient un mouvement marqué par la suspension des évaluations, du traitement des dossiers, des examens et un sit-in hebdomadaire. La radicalisation des syndicats de l’enseignement avait fait grandir le risque d’une “année blanche” pour les élèves. (avec AFP)


NOMINATIONS

Françoise Nyssen change de directeur adjoint de cabinet

Après un an passé au cabinet de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, dont sept mois au poste de directeur adjoint de cabinet, Pierre-Emmanuel Lecerf part et se voit remplacé à cette dernière fonction par Philippe Lonné. Ce dernier occupait jusque-là, et ce depuis 2015, le poste de sous-directeur “culture, sports, jeunesse, vie associative, cinéma, audiovisuel et expression radiophonique locale” à la direction du budget de Bercy. À noter qu’il s’agit du septième départ d’un membre du cabinet de Françoise Nyssen depuis la nomination de cette dernière, en 2017. Un départ qui intervient en outre après ceux de plusieurs directeurs du ministère. Âgé de 38 ans, Philippe Lonné est un énarque (promotion Simone Veil, 2006) qui a fait la plus grande partie de sa carrière au sein de la direction du budget. Il a d’abord occupé plusieurs postes d’adjoint à des chefs de bureau, entre 2006 et 2009, avant d’y être promu chef du bureau “Synthèse des crédits de l’État et lois de finances” de 2012 à 2015. Entretemps, le haut fonctionnaire avait passé trois ans à la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles, en tant que conseiller.

20/08/2018 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle conseillère “presse” pour Laura Flessel

Du changement au sein du cabinet de la ministre des Sports, Laura Flessel. Par un arrêté publié au Journal officiel du 17 août, Margaux Pech a en effet été nommée conseillère “presse et communication” de la ministre. Elle reprend ainsi certains des sujets traités par Arnaud Ngatcha, sur le départ et qui occupait, au sein du cabinet, le poste de conseiller “communication, médias, partenariats et lutte contre les discriminations”. Titulaire d’un master en “Business to Business Management”, Margaux Pech était jusque-là, et depuis 2017, chargée de mission “communication” au cabinet du président de l’Assemblée nationale, François de Rugy. Par ailleurs coordinatrice, depuis juillet dernier, du comité de pilotage de La République en marche (LREM) visant à préparer la campagne des élections municipales de 2020 à Paris, la nouvelle conseillère “presse” est en outre, depuis 2017, suppléante de Stanislas Guérini, député (LREM) de Paris. En début de carrière, elle a aussi été consultante en numérique au sein du cabinet de conseil en management Thinkmarket, de 2014 à 2017.

20/08/2018 | NOMINATION FRANCE

Sylvane Casademont prend la tête d’un institut de réflexion

Occupant depuis un an les fonctions de cheffe du département “Culture scientifique et relation avec la société” au sein de la direction générale pour la recherche et l’innovation, au ministère en chargé de l’Enseignement supérieur, Sylvane Casademont vient d’être nommée directrice de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST). Elle remplace ainsi Muriel Mambrini‐Doudet, en poste depuis 2016. L’IHEST est un organisme public de réflexions sur les finalités de la recherche, ses enjeux économiques, sociaux et politiques et sa place dans la société. De 2012 à 2017, Sylvane Casademont a dirigé le cabinet des directeurs généraux successifs pour la recherche et l’innovation, Roger Genet, puis Alain Beretz, au sein du même ministère. Auparavant, cette ancienne consultante en ressources humaines, titulaire d’un DEA d’histoire, a notamment été directrice de la communication de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), de 2003 à 2009, avant de prendre la direction de la communication et des relations publiques de l’Institut national de recherches en sciences et technologies pour l’environnement (Irstea) entre 2009 et 2012.

27/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Le directeur juridique du PSG a rejoint Paris 2024

Aux côtés de Fabrice Lacroix, nommée directeur exécutif administratif et financier au Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (Cojo), Romain Voillemot, qui était, depuis 2009, directeur juridique du Paris Saint-Germain Paris Football Club (PSG), prend les fonctions de directeur délégué aux affaires juridiques. Diplômé en droit à l’université Paris-I Sorbonne, cet avocat a d’abord officié au sein du cabinet Alain Bensoussan, spécialisé en droit de l’Internet, de l’informatique et des nouvelles technologies, entre 2001 et 2005, avant de devenir, pendant quelques mois, journaliste pour une Web TV parisienne, Tribeca 75 TV, en 2006. La même année, Romain Voillemot avait en outre pris les fonctions de responsable juridique du comité d’organisation de la Coupe du monde de rugby 2007.

27/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Une directrice générale adjointe nommée chez Solideo

Aux côtés de Nicolas Ferrand, directeur général de la Société de livraison des ouvrages olympiques pour les Jeux de 2024 (Solideo), Catherine Lacaze devient directrice générale adjointe “finances et administration” de cette même société. Rappelons que Solideo est le tout nouvel établissement public responsable de la livraison des sites et infrastructures pour les jeux Olympiques et paralympiques de Paris en 2024. Secrétaire générale de l’agence de l’eau Seine-Normandie de 2013 à avril dernier, cette polytechnicienne a été directrice administrative et financière de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) de 2009 à 2013, après avoir occupé le poste de responsable du contrôle de gestion et de directrice de projet à l’Institut national de l’information géographique et forestière de 2003 à 2009. Catherine Lacaze a également, entre autres, officié au ministère en charge de l’Équipement, en tant qu’adjointe au sous-directeur des services et de la décentralisation, entre 1994 et 1997. Elle avait ensuite rejoint le groupe Danone, où elle a été contrôleuse de gestion (1997-2003).

26/07/2018 | NOMINATION FRANCE

David Zivie à nouveau missionné pour le ministère de la Culture

Après avoir rendu, en février dernier, un rapport sur les biens culturels spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale, David Zivie, ancien conseiller chargé du patrimoine et de l’architecture de Fleur Pellerin et Audrey Azoulay au ministère de la Culture, vient de se voir confier, par Françoise Nyssen, l’actuelle locataire de la Rue de Valois, une mission pour préparer la création d’une nouvelle structure administrative dédiée à la restitution de ces biens. Alors que les restitutions de ces œuvres aux familles spoliées se sont accrues depuis 2013, David Zivie avait en effet pointé, dans son rapport, “des obstacles techniques et juridiques” qui, indique le ministère de la Culture dans un communiqué, “subsistent et gênent la poursuite des démarches”, dont la responsabilité est aujourd’hui partagée entre le ministère de la Culture, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS), qui relève, elle, des services du Premier ministre. Aussi, le gouvernement vient d’annoncer que l’ensemble des dossiers de restitution de biens conservés par les institutions publiques seraient désormais examinés par la seule CIVS, qui transmettra ensuite ses recommandations au Premier ministre. Le ministère de la Culture interviendra en aval, en instruisant les dossiers examinés par la CIVS et en gérant les recherches sur les œuvres et leurs propriétaires. C’est dans ce contexte que Françoise Nyssen a décidé de “proposer à la discussion des instances paritaires du ministère” la création de la nouvelle structure que sera chargé de préparer David Zivie. Directement rattachée au ministère et dotée d’un budget propre, elle aura notamment pour mission “de piloter l’ensemble des actions permettant d’identifier les œuvres spoliées et leurs propriétaires, de mieux comprendre leur parcours, de les présenter au public et de les restituer”, indique le ministère dans son communiqué. Cette structure devrait être opérationnelle à l’automne. Né en 1976, David Zivie, passé par Sciences Po Paris et la célèbre promotion du président de la République, Emmanuel Macron, à l’ENA (Léopold Sédar Senghor, 2004), a d’abord été administrateur de la ville de Paris, où il a notamment occupé les fonctions de chef de bureau au sein de la direction des finances (2004-2007). Ensuite détaché au ministère de la Culture, il a été chef du bureau du budget et des affaires financières à la direction de l’administration générale (2007-2009), puis sous-directeur des affaires financières au secrétariat général (2009-2012). Membre, depuis le 3 juillet dernier, du conseil d’administration de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, en tant que représentant du ministre chargé de la Culture, David Zivie a, plus tôt dans sa carrière, été directeur général adjoint du groupement d’intérêt public (GIP) “Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale 1914-2014”, de 2012 à 2015, avant d’entrer au cabinet des ministres successives de la Culture sous l’ère Hollande, Fleur Pellerin puis Audrey Azoulay, pour lesquelles il a été conseiller jusqu’au changement de gouvernement, en juin 2017.

26/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Une directrice de la marque pour Paris 2024

Dans le cadre de plusieurs nominations intervenues récemment au sein de l’équipe exécutive du Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (Cojo), Julie Matikhine est devenue directrice de la marque de ce même Cojo. Elle travaillera au côté de Thierry Reboul, nommé pour sa part directeur exécutif de la marque, de la créativité et de l’engagement [lire notre article sur le sujet]. Directrice du planning stratégique au sein de l’agence de conseil Ubi Bene – que présidait Thierry Reboul – depuis 2016, cette titulaire d’un DEA de droit public de l’économie a démarré sa carrière en tant que chargée de mission au sein de la direction de la stratégie de la SNCF (1999-2000). Julie Matikhine a ensuite rejoint l’agence Auditoire, filiale du Groupe de communication TBWA, en 2002, comme cheffe de projet “new business” (2002-2004). Elle y a par ailleurs notamment été directrice conseil de 2007 à 2009, puis directrice du planning stratégique entre 2009 et 2010, avant de prendre la direction du marketing et de la communication de 2010 à 2011. À cette dernière date, Julie Matikhine avait alors créé sa propre structure de conseil en stratégie de marque, baptisée Une idée qui vole, dont elle a été gérante jusqu’en juin dernier.

26/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Olivier Debargue a rejoint Paris 2024

Dans la continuité de ses précédentes fonctions de directeur des achats hors programmes de France Télévisions, qu’il occupait depuis 2010, Olivier Debargue, 55 ans, a rejoint le Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, en tant que directeur délégué aux achats. Diplômé de l’École supérieure de commerce (ESC) et de la Chambre de commerce de Londres, Olivier Debargue a notamment d’abord été acheteur chez Thomson CSF, un groupe électronique devenu depuis Thales, de 1985 à 1988, avant de rejoindre General Electric, où il a occupé plusieurs postes de responsable des achats pour le groupe digital américain. En 2003, il était entré chez France Télévisions en tant que directeur délégué à la coordination des achats de fonctionnement. Olivier Debargue y avait ensuite notamment créé la direction des achats hors programmes, dont il avait pris la tête en 2010.

25/07/2018 | NOMINATION FRANCE


Fabienne Lissak rejoint une école privée

Responsable des relations presse du Centre national d’études spatiales (Cnes) depuis 2017, où elle s’est notamment occupée de la communication du spationaute français Thomas Pesquet, Fabienne Lissak a rejoint l’Institut supérieur d’électronique de Paris (Isep), une école d’ingénieurs privée du numérique, en tant que directrice de la communication et du marketing. Titulaire d’un DESS d’information et communication de l’Institut français de presse, d’une licence de droit, et passée par l’école de management de Lyon EM Lyon Business School, Fabienne Lissak avait débuté sa carrière en tant que journaliste en 1994. Elle a notamment été cheffe de la rubrique internationale du Journal des finances de 1998 à 2000, avant d’intégrer Bloomberg TV de 2000 à 2009. C’est à cette date que sa carrière a pris le tournant de la communication. Fabienne Lissak a en effet rejoint le groupe gérant le tunnel sous la Manche, ex-Eurotunnel devenu depuis Getlink, où elle s’est d’abord occupée des relations avec la presse, avant d’y être promue directrice de la communication. En 2015, elle avait pris la direction de la communication du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), organisation professionnelle défendant les intérêts du secteur.

24/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Paris 2024 recrute chez Engie sa directrice de l’excellence environnementale

Dans le cadre de la constitution récente de son équipe exécutive, le Comité d’organisation des jeux Olympiques Paris 2024 (Cojo) a annoncé la nomination, en son sein, de Georgina Grenon en tant que directrice de l’excellence environnementale. Cette dernière, jusque-là directrice de la New Business Factory du groupe énergétique français Engie, aura notamment pour mission de mettre en application les engagements en faveur de l’environnement pris dans le cadre des J.O. Rappelons que le Cojo a succédé, en janvier dernier, au Comité de candidature Paris 2024. Sa mission est de gérer l’organisation, le financement et le déroulement des J.O. d’été de 2024 à Paris. Spécialiste des CleanTech Experte en énergies renouvelables et en innovation dans les CleanTech (technologies propres*), Georgina Grenon, ingénieure en chimie, est diplômée de l’Instituto Tecnologico de Buenos Aires, en Argentine, et de l’Institut européen d’administration des affaires (Insead). Elle débute sa carrière en 1995, au sein de la compagnie nationale pétrolière argentine YPF S.A, à un poste de coordinatrice, puis intègre Booz Allen en 1999. Au sein de ce cabinet de conseil en stratégie, elle officie en tant qu’associée, associée senior, puis directrice de Booz & Company (résultant d’une scission d’avec Booz Allen Hamilton), jusqu’en 2009. Georgina Grenon rejoint par la suite, en 2010, la direction générale de l’énergie et du climat du ministère de l’Environnement français, notamment en tant que chargée de mission et représentante du pays au sein de l’Agence internationale de l’énergie, jusqu’en 2016. C’est en janvier 2017 qu’elle est été recrutée chez Engie, d’abord en tant que directrice des solutions 100 % renouvelables à l’international, puis comme directrice de la New Business Factory, en avril dernier.   * Dans le détail, le terme de CleanTech englobe les technologies dites propres ou vertes, ainsi que les services industriels utilisant l’eau, les ressources naturelles, l’énergie, les matières premières, avec l’objectif d’améliorer la productivité et l’efficacité.

19/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Un missionné pour lancer les “Capitales françaises de la culture”

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a confié, le 17 juillet, le lancement des “Capitales françaises de la culture” à l’ancien directeur du festival d’Avignon, Bernard Faivre d’Arcier. Inspiré de ce qui existe déjà au niveau européen, à savoir les “Capitales européennes de la culture”, le titre français sera délivré quant à lui tous les trois ans et vise à distinguer “l’innovation artistique” et “l’attractivité culturelle” d’une ville, ainsi qu’à mettre en valeur “les collectivités locales dans le domaine artistique et la coopération culturelle internationale”, indique le ministère dans un communiqué. En vue de sa première édition, en 2021, Bernard Faivre d’Arcier, qui est aussi président du conseil d’administration des Biennales de Lyon, une entreprise culturelle organisant la biennale de la danse et la biennale d’art contemporain, sera ainsi chargé de définir la procédure et les critères de sélection des villes, ainsi que la constitution d’un jury chargé d’attribuer le tout premier titre. Bernard Faivre d’Arcier, 74 ans, avait été affecté, à sa sortie de l’ENA, en 1972 (promotion Charles de Gaulle), au ministère chargé des Affaires culturelles. Il y avait notamment été chef du bureau, puis de la division des interventions culturelles, à la direction du théâtre et des maisons de la culture (1972-1977). En 1980, il avait, une première fois, pris la direction du festival d’Avignon, festival du spectacle vivant, pendant quatre ans. Puis, de 1984 à 1985, le haut fonctionnaire avait été conseiller culturel du Premier ministre, alors Laurent Fabius, avant de notamment créer, en 1986, la Sept, pôle français de la chaîne Arte, dont il avait également pris la présidence du directoire (1986-1987). Directeur du théâtre et des spectacles rue de Valois de 1989 à 1992, Bernard Faivre d’Arcier avait ensuite de nouveau dirigé le festival d’Avignon, de 1993 à 2003.

18/07/2018 | NOMINATION FRANCE


François Pugeaut prend son premier poste de consul général

Directeur adjoint des stages à l’École nationale d’administration depuis septembre 2015, François Pugeaut, conseiller des affaires étrangères, a été nommé consul général de France au Caire, en Égypte. Diplômé de l’IEP de Paris, le futur consul général avait débuté sa carrière en tant que conseiller politique pour les pays des Caraïbes au ministère des Affaires étrangères, de 1992 à 1994. Devenu, en 1994, deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Buenos Aires, en Argentine, puis premier secrétaire à celle de Dublin, en Irlande, en 1998, il avait par la suite été affecté à la direction des ressources humaines du Quai d’Orsay en 2001, en qualité d’affectataire des agents de catégorie A à l’étranger. François Pugeaut s’était ensuite envolé, en 2004, direction Barcelone, en Espagne, pour prendre les fonctions de consul général adjoint de France, et avait enchaîné quatre ans plus tard avec un poste de premier conseiller à l’ambassade de France à Budapest, en Hongrie, jusqu’en 2010. De retour en France à cette date, il est alors nommé successivement, et toujours au ministère des Affaires étrangères, sous-directeur de l’Europe balkanique (2010-2014), puis de l’Amérique du Sud, jusqu’en 2015.

17/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Aurélie Motta-Rivey rejoint une organisation internationale

Ancienne collaboratrice de Michel Barnier au ministère des Affaires étrangères et jusque-là associée au cabinet de conseil Tilder, depuis 2011, Aurélie Motta-Rivey vient d’être nommée conseillère “communication et partenariats” au cabinet de la directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), Audrey Azoulay. Elle remplace ainsi, pour la partie communication, Émilie Lang, qui occupait la fonction depuis janvier dernier. Quant à la partie “partenariats” de son poste, il s’agit d’une création. Âgée de 38 ans, la nouvelle conseillère est licenciée en droit privé, diplômée de l’IEP de Paris et titulaire d’un DESS en communication politique et sociale. Elle a notamment officié à plusieurs reprises en cabinets ministériels. Chargée de mission “presse, communication et études” de Michel Barnier au ministère des Affaires étrangères en 2005, puis conseillère technique “presse internationale” de Philippe Douste-Blazy au sein du même ministère (2005-2007), Aurélie Motta-Rivey a aussi été conseillère technique presse de Nadine Morano au secrétariat d’État chargé de la Famille entre 2009 et 2011 et au ministère auprès du ministère du Travail chargé de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle de 2010 à 2011. Plus tôt dans sa carrière, cette ancienne attachée de presse, porte-parole adjointe à la représentation permanente de la France auprès de l’organisation des Nations unies à New York (2007-2009), a aussi été collaboratrice au service de la communication et de la presse du groupe UMP à l’Assemblée nationale en 2004, puis chargée d’études à l’Institut français d’opinion publique (Ifop) de 2004 à 2005.

17/07/2018 | NOMINATION FRANCE