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La formation des enseignants dans le collimateur de la Cour des comptes

Dans un référé consacré à la mise en place des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), la Cour des comptes recommande de rationaliser la carte des formations, mais aussi d’avancer le concours d’enseignant à la fin de la licence. Le coût de deux années du master professionnel en Espé est évalué à 1,1 milliard d’euros.

05/06/2018 | ACTUALITÉ

Cinq ans après leur création, les difficultés d’installation des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) “doivent encore être surmontées”. C’est le constat que dresse la Cour des comptes dans un référé, mis en ligne lundi 4 juin, consacré à ces établissements chargés de la formation initiale des enseignants du secteur public, qui accueillaient en 2016 un peu plus de 65 000 étudiants.   Opérationnelles à la rentrée 2013, les Espé (au nombre de 32) ont succédé aux instituts universitaires de formation des maitres (IUFM) et préparent actuellement, en deux ans après la licence, au master “Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation” (MEEF) et aux concours de recrutement de l’éducation nationale, présentés en fin de première année de master. Rationalisation de la carte des formations Dans ce document [cliquez ici pour le consulter], la Rue Cambon appelle notamment les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à renforcer le pilotage de l’État face aux universités par l’inscription de la formation initiale des enseignants dans les contrats de sites universitaires, mais aussi par un meilleur suivi des coûts de formation. “Ni le ministère, ni les universités (auxquelles sont rattachées les Espé) ne connaissent et ne suivent le coût de la formation initiale des enseignants”, souligne la Cour. Selon les magistrats financiers, le coût de deux années du master professionnel en Espé est évalué à 1,1 milliard d’euros. Ce meilleur pilotage passerait aussi, selon l’institution, par la rationalisation de l’offre de formation en “affirmant le rôle d’impulsion de la région académique pour promouvoir les coopérations inter-Espé et mutualiser des formations au niveau interacadémique”. La couverture territoriale des Espé est “insuffisamment resserrée et régulée par le ministère”, jugent en effet les magistrats de la Rue Cambon. Sur certains sites, les effectifs de certains parcours sont même inférieurs à 10 étudiants. L’occasion pour la Cour de recommander un pilotage “plus volontariste” de la carte des formations, notamment pour les disciplines rares ou à faibles effectifs. Effort de professionnalisation à poursuivre Afin de “mieux recruter, former et accompagner les jeunes enseignants”, les magistrats financiers recommandent aussi de “poursuivre l’effort de professionnalisation” des enseignants en favorisant la “polyvalence disciplinaire” et surtout en “révisant les modalités du concours de recrutement”. Alors que la première année du master “tend à trop se réduire à une préparation disciplinaire éloignée de l’ambition initiale du master MEEF”, puisqu’essentiellement consacrée à la préparation du concours, la deuxième année du master (année d’alternance ) est “complexe” en matière d’organisation pour le ministère, “qui doit concilier des contraintes multiples (lieux de stage proches du lieu de formation du lauréat, taille de l’école ou de l’établissement, qualité de l’équipe pédagogique, environnement scolaire) tout en optimisant sa ressource enseignante”, estiment-ils. Cette deuxième année est tout autant “exigeante” pour les élèves, qui doivent concomitamment “mener un stage en responsabilité, poursuivre la formation en Espé et rédiger un mémoire professionnel”, ajoutent les magistrats. Concours avancé ? Pour aboutir à une “professionnalisation plus précoce”, la Rue Cambon préconise donc de placer les épreuves d’admissibilité en fin de licence, ce qui permettrait aux universités de préparer les candidats sur le plan disciplinaire. Les épreuves d’admission, qui seraient alors “placées au cours de l’année de M1”, seraient ainsi “plus axées sur la professionnalisation afin de sélectionner ceux des admissibles qui présentent les meilleures aptitudes et la plus forte motivation pour le métier, quitte à compléter la formation disciplinaire par la suite”, détaille la Cour. Une évolution du concours qui semble recevoir l’approbation du gouvernement. Dans leur réponse au référé de la Cour des comptes [cliquez ici pour la consulter], les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation nationale) et Frédérique Vidal (Enseignement supérieur) indiquent que des réflexions sont en cours entre les directions ministérielles concernées et un comité associant notamment la CPU (Conférence des présidents d’université) ou le réseau national des Espé “notamment sur la nature et la place du concours de recrutement, afin que celui-ci joue mieux son rôle de repérage, de qualification et de valorisation des compétences professionnelles attendues à l’entrée dans le métier”. Et d’ajouter qu’un “consensus se dégage progressivement”, donc, en faveur d’une épreuve d’admissibilité en fin de licence et d’une épreuve d’admission située en M1 ou en M2, précisent-ils. La réforme de la formation des enseignants semble bel et bien se dessiner.


La Cour des comptes souligne l’ampleur du recours aux contractuels à l’école

Les agents contractuels de l’éducation sont principalement des enseignants (des remplaçants non titulaires), mais aussi des assistants d’éducation, des accompagnants d’élèves en situation de handicap et des personnes en contrat aidé, note la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mai.

31/05/2018 | ACTUALITÉ

La Cour des comptes souligne “l’ampleur” du recours aux contractuels dans l’éducation nationale, un chiffre en hausse pour l’année scolaire 2016-2017, qu’elle explique par la “crise profonde d’attractivité” du métier d’enseignant et par les conditions très strictes de remplacement des absents. Les agents contractuels sont principalement des enseignants (des remplaçants non titulaires), des assistants d’éducation, des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et des personnes en contrat aidé, rappelle la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mai (cliquez-ici pour le consulter). Ils représentaient près de 20 % des effectifs du système scolaire sur l’année scolaire 2016-2017, soit quelque 200 000 personnes. Concernant les seuls enseignants non titulaires, leur nombre a augmenté de 15 % en deux ans, à plus de 30 000 équivalents temps plein. Les contractuels “ne peuvent plus être considérés comme simple variable d’ajustement”, souligne la Cour des comptes. Le “vivier” des professeurs titulaires remplaçants est en effet affecté dès le début d’année scolaire sur des postes non pourvus, notamment dans le second degré. La Cour des comptes rappelle ainsi que 15 % des postes ouverts au concours du Capes en 2016 n’ont pas été pourvus (un taux qui est monté à 21 % pour les mathématiques). Les remplacements en cours d’année sont, eux, effectués de plus en plus souvent par des contractuels. “Comme l’a déjà souligné la Cour en 2013 et 2017, le métier d’enseignant connaît une crise profonde d’attractivité, désormais structurelle”, note le rapport. Annualisation et polyvalence C’est dans les académies de Versailles, Créteil et Lille que les contractuels sont les plus nombreux. En Seine-Saint-Denis (qui dépend de l’académie de Créteil), près de 14 % des enseignants sont des contractuels, soit le taux le plus élevé des départements de métropole. Des contractuels dont “un grand nombre” prennent leurs fonctions “sans préparation”, selon les magistrats de la Rue Cambon. Le niveau de qualification demandé n’est pas uniforme, mais on peut être recruté, à titre exceptionnel, à bac + 2, en l’absence de candidats et dans les académies rencontrant des difficultés dans certaines disciplines. Pour la Cour des comptes, “l’ampleur de la croissance” des emplois contractuels “est la conséquence de l’absence de réformes structurelles”. Elle rappelle ses recommandations, émises depuis 2013 : annualisation du temps de travail des enseignants et plus grande polyvalence disciplinaire des professeurs de collège et de lycée. Deux mesures qui faciliteraient, selon elle, la gestion des remplacements des professeurs absents. Les syndicats enseignants sont farouchement hostiles à ces deux recommandations. Avec AFP


Le “mammouth” académique bientôt rationalisé ?

Un rapport remis aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur préconise de “s’orienter” vers la mise en place, à l’horizon 2021, de 13 académies métropolitaines (contre 26 actuellement) pour remplacer 13 régions académiques “déjà à bout de souffle” deux ans après leur création.

17/05/2018 | ACTUALITÉ

Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal “n’ont plus le choix” : “ils doivent aligner l’organisation de leurs services déconcentrés sur celle des autres administrations de l’État”. C’est le constat accablant d’un rapport remis au mois de mars aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, qui préconise d’organiser concrètement le passage de 26 à 13 académies métropolitaines. Une évolution qui pourrait se faire “au plus tard” à l’horizon de la rentrée 2021 “pour les cas les plus complexes”. La mission auteure du rapport [cliquez ici pour le consulter] estime en effet que le dispositif actuel des régions académiques, mis en place il y a deux ans, est “déjà à bout de souffle”. S’il “a permis des avancées et a construit des rapprochements d’expertises et des collaborations utiles, les limites de l’exercice sont désormais atteintes, constate la mission, composée du conseiller d’État François Weil, ancien recteur de l’académie de Paris, d’Olivier Dugrip, recteur de la région académique Nouvelle-Aquitaine et recteur de l’académie de Bordeaux, de Marie-Pierre Luigi, inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, et d’Alain Perritaz, inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Il faut maintenant passer à une autre phase qui fera émerger de nouvelles académies, en phase avec les nouvelles régions qui représentent le nouveau périmètre de l’action de l’État”. Académies métropolitaines et régions académiques Les services déconcentrés de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur font en effet figure d’exception dans le paysage administratif français. Alors que la majorité des administrations se sont alignées sur la nouvelle carte des régions (passées de 22 à 13 au 1er janvier 2016), la Rue de Grenelle a préféré conserver (par un décret du 10 décembre 2015) une organisation territoriale autour de 26 académies métropolitaines. Pour “prendre en compte” les évolutions intervenues avec la mise en place des nouvelles régions, ces dernières ont malgré tout été regroupées au sein de 13 régions académiques, correspondant, elles, aux nouvelles entités régionales. Composées d’une à 3 académies, ces régions académiques ont à leur tête un recteur de région académique désigné parmi les recteurs des académies de la région. Néanmoins, “il n’est pas nécessaire de multiplier les exemples pour pouvoir affirmer que le dispositif institutionnel mis en place ne fonctionne qu’au prix d’une forte déperdition d’énergie, en particulier du haut encadrement des services déconcentrés, qui doit s’impliquer au-delà du raisonnable dans les groupes de travail nécessités par la coordination interacadémique”, indique le rapport, émaillé de nombreux verbatims de responsables d’académie. Trois scénarios de fusion Comment, donc, rectifier le tir et faire en sorte que les ministères chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur soient “efficaces et reconnus dans des régions aux compétences et aux pouvoirs croissants” ? Pour aboutir à 13 académies correspondant aux 13 régions académiques, le rapport propose 3 scénarios d’évolution, distinguant 3 catégories de région académique. Les régions académiques “comparables aux académies existantes” tout d’abord. Sont ici concernées les régions académiques de Bourgogne-Franche-Comté, des Hauts-de-France, de Normandie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans toutes ces régions, les académies sont prêtes à la fusion, estime la mission, qui suggère de confier aux recteurs de ces régions académiques l’élaboration d’un projet de fusion “à remettre à la fin de l’année 2018, pour une mise en œuvre progressive en 2019 et 2020”. “Il ne s’agit, ni plus ni moins, que de reproduire à l’échelon régional l’organisation académique actuelle sur la base d’un réaménagement des services académiques dans leurs sites respectifs confirmés”, ajoute le rapport. Viennent ensuite les 4 régions académiques “les plus étendues” : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Ici, la mise en œuvre du principe de fusion des académies “implique la conception de nouveaux modes de gouvernance pour maintenir ou renforcer, dans le nouveau cadre, le fonctionnement et la qualité du suivi indispensables”. Les projets de fusion sont rapidement attendus (fin 2018 ou début 2019) pour une mise en œuvre progressive à la rentrée 2020. La région académique d’Île-de-France, enfin, et sa singularité. Le projet de fusion de ses 3 académies (Paris, Versailles et Créteil) dépendra des arbitrages qui seront rendus sur la métropole du Grand Paris, précise la mission. “La nécessité de coordonner l’organisation de la gouvernance académique avec les évolutions de la structure administrative de la région et la complexité des opérations à mener justifient que la mise en place complète de la nouvelle organisation n’intervienne pas avant le début de l’année 2021”, ajoute-t-elle. Il va donc falloir encore patienter avant que la carte des académies soit pleinement rationalisée.                                           La carte des 13 régions académiques actuelles et des académies (Source : ministère de l’Éducation nationale)


L’État prié de revoir le pilotage des directions régionales des affaires culturelles

Bouleversements organisationnels, déficit d’attractivité… Un rapport commun des inspections générales de l’Administration, des Affaires culturelles et des Finances pointe les conséquences – néfastes – de la réforme territoriale de 2015 sur le fonctionnement des directions régionales des affaires culturelles (Drac).

07/05/2018 | ACTUALITÉ

Des administrations bien perçues par les acteurs du milieu, un rôle bien compris et utile, mais une organisation défaillante. Dans un rapport consacré aux directions régionales des affaires culturelles (Drac) – les services déconcentrés du ministère de la Culture –, les inspections générales de l’Administration, des Affaires culturelles, et des Finances (IGA, Igac et IGF) alertent l’État, à l’occasion d’une “revue des missions, de l’organisation et des moyens des services déconcentrés du ministère de la Culture”, publiée le 25 avril. “Les directions régionales des affaires culturelles sont considérées comme les seules administrations à détenir dans les territoires une expertise technique et scientifique ainsi qu’un savoir-faire juridique nécessaires à la mise en œuvre de la réglementation, de la protection et de la valorisation du patrimoine matériel et immatériel”, analysent les inspections générales. Pour autant, les Drac doivent continuer d’occuper ce rôle de relais de la politique culturelle de l’État dans les territoires (protection du patrimoine, soutien à la création, attribution de labels…) tout en composant avec les bouleversements organisationnels occasionnés par le dernier acte de la décentralisation de l’État. Les travaux menés par les trois inspections générales ont abouti à la formulation de 9 propositions en vue d’améliorer l’efficacité des Drac. Défis organisationnels Premier constat dressé dans le rapport : le fonctionnement des Drac a largement pâti de la réforme territoriale de 2015, qui a redessiné la carte des régions et réorganisé les services déconcentrés de l’État. La réduction du nombre de régions (de 22 à 13 en métropole) et les fusions qui ont suivi ont entraîné les Drac dans un lourd processus de réorganisation, au cours duquel “elles n’ont pas été suffisamment accompagnées et soutenues par l’administration centrale, notamment en matière de gestion des ressources humaines”, soulignent les auteurs du rapport. Ils déplorent en outre “l’étendue des nouveaux territoires”, qui constitue selon eux “un défi pour l’accomplissement des missions”, ainsi que la décision du gouvernement de ne pas retenir “l’option de directeurs adjoints à vocation géographique dans les sites « distants » mais celle d’une organisation en pôles multisites […] aux liens hiérarchiques trop complexes”. Aussi, pour compenser les effets de l’organisation multisites des Drac, jugée “source de confusions et de pertes d’efficacité considérables” par les trois inspections générales, le rapport suggère de supprimer la fonction de directeur de pôle et de la remplacer par la création, dans les sites distants géographiquement, par des postes de directeurs adjoints avec “une large délégation de mandat et de signature”. Lourds enjeux en termes de ressources humaines L’État, dans le découpage des nouvelles régions, n’a, d’après le rapport, pas suffisamment pris en compte la dimension “ressources humaines” des transformations qu’il a provoquées. Le document préconise ainsi de redonner aux Drac des “marges de manœuvre dans les recrutements”, notamment par le maintien de leur plafond d’emploi, “le temps de procéder à la mise en place d’une GPEEC [gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences, ndlr] adaptée aux problématiques des services déconcentrés”, et le recours aux recrutements externes. Au total, en 2016, 2 353 équivalents temps plein travaillaient pour les Drac (- 2 % par rapport à 2013), soit environ 8 % des effectifs de la culture et 3 points de plus que ce que représente l’administration centrale. Une seconde mesure invite à “construire et mettre en œuvre un plan de gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences, spécifique aux Drac”. Cela passe par la mise en place d’un plan prévisionnel des départs à la retraite et d’une gestion des carrières, avec un chantier de formation adapté aux réalités locales. Plan d’urgence pour la transformation numérique En outre, “la question de l’attractivité des postes se pose clairement, non seulement pour recruter des directeurs régionaux et des adjoints, mais également pour d’autres fonctions, notamment celles qui nécessitent une expertise scientifique ou artistique, le plus souvent en raison de rémunérations indemnitaires trop faibles et de l’absence de gestion des carrières”, notent les auteurs du rapport, qui craignent une “dégradation rapide des directions régionales”. Pour contenir sinon limiter cette dégradation, les inspections générales proposent de constituer un vivier de directeurs et d’adjoints, et de mener une étude comparative des écarts indemnitaires avec les autres directions régionales. Du reste, le rapport invite à mettre en place un plan d’urgence pour la transformation numérique des Drac. Et à revoir la relation entre les Drac et l’administration centrale, qui repose, selon ses auteurs, encore trop largement sur une “communication descendante” ne favorisant pas “l’échange et la réflexion” et ne laissant pas de place à “des visions plus innovantes [et] à des expérimentations”. 


“Académie des banlieues”, cités éducatives : les pistes du rapport Borloo

L’ancien ministre Jean-Louis Borloo a remis ce jeudi 26 avril son rapport “Vivre ensemble, vivre en grand la République”, sur les quartiers prioritaires. Fort de 19 programmes, celui-ci préconise notamment la création d’une grande académie des leaders inspirée de l’ENA, pour former une “élite des banlieues” et la création d’un fonds de 5 milliards d’euros à la Caisse des dépôts.

26/04/2018 | ACTUALITÉ

Un rapport attendu et qui s’était – un peu – fait attendre. Ce jeudi 26 avril, l’ancien ministre délégué à la Ville Jean-Louis Borloo a remis au Premier ministre, Édouard Philippe, son rapport sur la situation des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Mettant en garde contre le risque de “nouvel apartheid” en matière de mixité, ce document, intitulé “Vivre ensemble, vivre en grand la République” vise notamment à “faire revenir la République” dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour lutter contre le “repli identitaire et communautaire”. Rappelons que la remise de ce document fait suite à la mission confiée par le gouvernement à l’ancien ministre, par ailleurs père de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), [lire notre article sur le sujet], à la suite d’un déplacement du Président Emmanuel Macron en novembre dernier, au cours duquel ce dernier avait défini les grands principes d’un plan de mobilisation en faveur des quartiers. Pour épauler Jean-Louis Borloo dans son travail, le ministère de la Cohésion des territoires avait par ailleurs lancé 10 groupes de travail thématiques sur les quartiers prioritaires, dont les conclusions ont été remises en mars dernier. Une “académie des leaders” pour former “une élite des banlieues” Fort de 19 “programmes”, le rapport formule de multiples propositions allant de la “relance immédiate de la rénovation urbaine” à la réorganisation de l’école, en passant par diverses mesures de justice et financières. Parmi les propositions phares qui concernent directement la fonction publique, figure notamment celle de créer une grande école, que Jean-Louis Borloo qualifie d’“académie des leaders”, inspirée de l’ENA, et visant à former “une élite des banlieues”. Plus globalement, le document de l’ancien maire UDF de la commune nordiste de Valenciennes propose plusieurs mesures d’ordre économique devant aider à un renouveau de ces QPV qui abritent près de 6 millions d’habitants. Rappelant que la rénovation urbaine a généré “48 milliards [d’euros] de travaux” en dix ans, il appelle à la création d’un fonds de plus de 5 milliards d’euros à la Caisse des dépôts et consignations, abondé notamment par “la cession des participations de l’État en 2018 (10 milliards annoncés)”, qui ne créerait “pas de dépenses budgétaires nouvelles pour l’État”. “Je dois avouer ma stupéfaction d’avoir découvert à quel point le système était désinvolte et se mentait à lui-même”, affirme en conclusion de son rapport l’ancien ministre, qui souligne combien les moyens déployés dans les quartiers prioritaires “sont en dessous du minimum républicain” et combien les correctifs “se sont quasiment tous arrêtés”. Cités éducatives Jean-Louis Borloo plaide aussi pour “un énorme travail sur l’école”. Un enjeu de taille, lorsqu’on sait que, “35 % de la jeunesse en France est domiciliée dans des territoires prioritaires”, rappelle Driss Ettazaoui, vice-président de l’association Ville et Banlieue, qui a piloté un des groupes de travail sur les banlieues, interrogé par Acteurs publics. Dans ce sens, le rapport préconise ainsi la création de “cités éducatives”. “Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Donc ça va être magnifique, des cités éducatives avec énormément de moyens humains et d’accompagnement” dans “le sport, la culture…” a notamment déclaré Jean-Louis Borloo lors de la remise du rapport. La création de 200 campus numériques dans les quartiers fait également partie des recommandations, de même que la mise en place d’un “recrutement massif en alternance” dans les entreprises présentes sur les territoires prioritaires et d’actions pour “lutter contre l’illettrisme”. Élus de banlieue inquiets Reste maintenant à savoir quel accueil sera fait à ces différentes propositions par le gouvernement. Si Matignon a d’ores et déjà précisé que le document, ainsi que les conclusions des 10 groupes de travail thématiques lancés par le ministère de la Cohésion des territoires, viendront “nourrir” le plan de mobilisation en faveur des quartiers que le président de la République doit annoncer dans le courant du mois de mai, “c’est à Emmanuel Macron de voir ce qu’il veut faire : mettre en œuvre le plan tel que je le propose, en faire plus, moins. Faire différemment”, a indiqué Jean-Louis Borloo, dans une interview fleuve donnée à nos confrères du Monde. “Ce que je sais, c’est que je propose 19 programmes, qu’il faut un leader pour chacun d’eux et un comité de suivi dont le rôle sera de s’assurer, tous les jours, que les choses se fassent et de les évaluer”, ajoute-t-il en outre, indiquant que si le président de la République “décidait de lancer ce plan” et lui demandait de présider ledit comité, il accepterait l’offre. Du côté des élus de banlieue, qui attendaient le rapport avec impatience, et qui ont récemment reproché à l’exécutif de ne pas mesurer la gravité de la situation des quartiers, l’inquiétude quant à la suite est toujours présente. Interrogé par Acteurs publics le 25 avril, Driss Ettazaoui, vice-président de Ville et Banlieue, ne peut néanmoins “pas croire que le gouvernement a mobilisé près de 250 personnes sur les groupes de travail et demandé un rapport à Jean-Louis Borloo sur la question de la politique de la ville pour accoucher d’une souris”. Souris ou éléphant, il faudra, quoi qu’il en soit, attendre le mois de mai, et les annonces d’Emmanuel Macron, pour en avoir le cœur net. (Avec AFP) Les quartiers prioritaires de la politique de la ville en chiffres 5,5 millions. C’est à peu près le nombre d’habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) en France. 1 515. C’est le nombre de quartiers prioritaires de la politique de ville que compte la France. En place depuis 2015, en remplacement de plusieurs zones et quartiers préexistants au sein de la politique de la ville et à la suite de la promulgation de la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014, ils sont déterminés en fonction d’un critère unique, celui du revenu des habitants. 700. C’est le nombre de communes, situées en métropole et en outre-mer, abritant des quartiers prioritaires de la politique de la ville.


À l’Éducation, Jean-Michel Blanquer joue à fond la carte “spoils system” (2/3)

Les ministres se sont approprié diversement la logique du renouvellement de leurs directeurs d’administration. Si le patron de l’Éducation nationale a fait le ménage dans son ministère, sa collègue de la Culture a maintenu un quasi statu quo. Focus sur ces deux ministères et deuxième volet de notre enquête sur le spoils system version Macron.

05/04/2018 | ACTUALITÉ

Un grand ménage effectué rapidement. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ancien directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) sous la Présidence Sarkozy, a appliqué pleinement la logique du spoils system, selon notre enquête réalisée à partir des comptes rendus des Conseils des ministres intervenus au sein du petit monde des DAC entre le 15 mai et le 31 décembre 2017. Soit les six premiers mois de mandat. S’il s’est laissé un peu de temps pour statuer sur les recteurs (11 ont été nommés mi-février), Jean-Michel Blanquer, ancien patron de l’Essec n’a pas traîné pour renouveler les postes clés de la Rue de Grenelle dès les premiers mois. Pour certaines sources, deux facteurs expliquent cette stratégie : des tensions dans l’équipe du tout début et une volonté du ministre de s’entourer de directeurs engagés à ses côtés pour toute la durée du quinquennat, ce qui posait de facto la question des directeurs déjà en place. Dès le mois d’août, il nomme un nouveau Dgesco, Jean-Marc Huart, l’un de ses anciens sous-directeurs à cette direction. Cet inspecteur général de l’éducation nationale de 50 ans, ancien membre du cabinet de Xavier Darcos à ce ministère, agrégé de sciences économiques et sociales, accédait ainsi à son premier poste de directeur. Le ministre Blanquer, agrégé de droit public, a ensuite poursuivi son mercato en embauchant 3 juristes issus du Conseil d’État et assez politiques. La nomination du directeur général des ressources humaines a surpris tant l’heureux élu, Édouard Geffray, membre du Conseil d’État et ex-secrétaire général de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, n’était pas connu pour son expertise des grandes masses ministérielles. L’ex-directeur de cabinet de l’éphémère garde des Sceaux François Bayrou se voyait attribuer là son premier poste de DAC. Pour la direction des affaires juridiques, Jean-Michel Blanquer a opté pour une autre membre du Conseil d’État, Natacha Chicot, qui prend elle aussi son premier poste de directrice. Issue du concours interne de l’ENA, cette ex-secrétaire générale adjointe du Palais-Royal passe pour une proche du Premier ministre, Édouard Philippe, avec lequel elle a siégé jusqu’au début de l'année 2018 au conseil municipal du Havre. Pour l’épauler au milieu de ces primo-directeurs, le ministre a enfin recruté une secrétaire générale expérimentée, puisée à gauche cette fois-ci : Marie-Anne Lévêque. Ex-DRH de l’État et fine politique, cette ancienne conseillère de Lionel Jospin et de Jean-Marc Ayrault formée sur les bancs de l’ENA avait rejoint le Conseil d’État au tour extérieur en 2015. Quasi statu quo rue de Valois Logique tout autre, en revanche, au ministère de la Culture. Incarnation de l’ouverture à la société civile, la ministre de la Culture, François Nyssen, n’a coupé aucune tête à son arrivée rue de Valois. Tout juste a-t-elle pourvu le poste clé de secrétaire général du ministère en nommant Hervé Barbaret, magistrat de la Rue Cambon et ancien patron du Mobilier national. Il s’agissait de remplacer Christopher Miles, nommé le 4 mai directeur général délégué du Palais de Tokyo. Pour le reste, l’ancienne éditrice a maintenu les autres directeurs : Régine Hatchondo, directrice générale de la création artistique et ancienne conseillère de Manuel Valls à Matignon, le directeur général des patrimoines, Vincent Berjot, ancien hiérarque de la direction du budget à Bercy passé par la ville de Paris, l’ancien dirigeant de Radio France et de France Télévisions Martin Adjari (directeur général des médias et des industries culturelles) et le délégué général à la langue française et aux langues de France, l’universitaire Loïc Depecker. Deux postes sont à pouvoir parmi les “directeurs bis” après les départs en février-mars, au sein de la direction générale des patrimoines, du directeur chargé des Archives de France (en place depuis huit ans) et celui de la directrice, chargée des musées (en place depuis dix ans). En revanche, la ministre, très mobilisée par une réforme de l’audiovisuel public à l’accouchement douloureux, a déjà changé son directeur de cabinet et plusieurs de ses conseillers.


Le rapport Villani met l’accent sur le renforcement de la recherche

Le député Cédric Villani a présenté, lors d’un sommet au Collège de France, le 29 mars, son rapport final sur l’intelligence artificielle (IA). Le gouvernement veut “tracer une voie européenne de l’IA” en créant une filière d’excellence à la française et en anticipant les bouleversements du monde du travail.

29/03/2018 | ACTUALITÉ

La France fait non seulement face à une pénurie d’ingénieurs formés aux technologies d’intelligence artificielle (IA), mais aussi à une fuite des cerveaux et à une incapacité à transférer les fruits de la recherche dans l’industrie, déplore Cédric Villani, dans le rapport sur l’IA que lui a commandé le Premier ministre, Édouard Philippe, en septembre 2017. Faute de salaires et d’opportunités à la hauteur des attentes des ingénieurs, nombre d’entre eux quittent en effet l’Hexagone pour rejoindre des entreprises américaines. Dans le rapport, le député de l’Essonne et ses collègues exposent plusieurs pistes pour relancer l’innovation française et anticiper les impacts de l’IA sur l’emploi.   Redorer la recherche publique “Un minimum de doublement des salaires de début de carrière est indispensable sous peine de voir se tarir définitivement le flux de jeunes prêts à s’investir dans l’enseignement supérieur et la recherche académique.” Tel est le constat posé dans le rapport Villani. L’un des impératifs premiers consiste donc à rendre la recherche publique attractive. S’il n’entend pas voir la France rivaliser avec les géants américains du numérique, le député souhaite la rendre plus attractive vis-à-vis des chercheurs étrangers ou français expatriés au moyen d’une aide financière, d’une augmentation des salaires ou encore d’une aide à la mobilité internationale afin de créer “des incitations à émigrer, même si c’est pour mieux revenir”. Autre axe de travail identifié dans le rapport pour attirer les talents, le gouvernement doit “fluidifier et amplifier les échanges académie-industrie”, de manière à dynamiser la recherche tout en facilitant sa concrétisation. Pour ce faire, le député n’hésite pas à proposer un temps de travail partagé pour les fonctionnaires titulaires, pouvant monter jusqu’à 50 %. La concrétisation de la recherche pourrait également être facilitée avec une aide visant à inciter les chercheurs à créer leur entreprise.   Réseau d’instituts de recherche Mais pour remettre la recherche publique sur devant de la scène, le rapport préconise de réunir chercheurs, étudiants et entreprises au sein d’un réseau d’“instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle”. À travers ces instituts, la mission Villani souhaite reconstruire “des environnements de recherche attractifs et prestigieux”, diffuser “une formation scientifique de haut niveau en IA” et fluidifier les “interfaces entre disciplines et entre la recherche académique et le monde industriel”. Le tout devant permettre de favoriser “la transformation rapide des idées en preuves de concept, applications scientifiques, avancées technologiques et en propriété intellectuelle”. Lors des appels à projets pour la création des instituts, les offres devront concilier interdisciplinarité et programmes d’affiliations industrielles, dans le but d’inclure d’un bout à l’autre de leur activité de recherche la finalité de l’application industrielle. Il est néanmoins prévu qu’ils soient financés par la puissance publique, au moins pour permettre leur fonctionnement “a minima”, le reste étant ouvert aux financements privés, à parité avec l’État.   Accompagner l’évolution du monde du travail Conscient des bouleversements apportés par les technologies d’IA au monde du travail, Cédric Villani appelle également à anticiper son évolution. Cela passe, en premier lieu, par la création d’un “Lab public” sur la transformation du travail. Sa mission consisterait à “s’assurer que la capacité d’anticipation soit pérenne, continue et surtout articulée avec des politiques publiques”. Pour ce faire, il convient que ce Lab puisse mener des expérimentations, notamment sur les modes d’apprentissage, car “les formations actuelles, qu’il s’agisse de la formation professionnelle ou de la formation initiale, sont loin d’être adaptées pour assurer cette transition”, explique le rapport. Celui-ci invite le gouvernement à favoriser la souplesse de l’offre de formation, qui doit s’adapter au plus vite à la demande des entreprises, en expérimentant de nouveaux dispositifs de formation professionnelle et en mettant l’accent sur des pédagogies qui encouragent la créativité. À ce titre, il est proposé de revoir les modes de financement de la formation professionnelle. “Le développement de l’IA renforce la mutation des chaînes de valeur et entraîne une décorrélation entre les acteurs qui financent la formation professionnelle et ceux qui captent la valeur ajoutée”, note le rapport, de telle façon que ces sociétés du numérique à faible masse salariale ne participent pas à la transition professionnelle des individus d’autres secteurs. Il faudrait donc, selon le rapport, plutôt que de mettre en place une nouvelle taxation des entreprises destructrices d’emplois, instaurer “un dialogue social autour du partage de la valeur ajoutée au niveau de la chaîne de valeur entière.”   Doubles cursus IA-médecine, IA-psychologie… Se préparer à l’automatisation des tâches et à l’évolution des métiers, c’est enfin, pour l’équipe de Cédric Villani, fixer un objectif “clair”. La mission propose ainsi, “à horizon trois ans, [de] multiplier par trois le nombre de personnes formées en intelligence artificielle en France, à la fois en faisant en sorte que l’offre de formation existante s’oriente vers l’IA, mais également en créant de nouveaux cursus et de nouvelles formations à l’IA”. Le rapport insiste notamment sur l'impératif de féminisation du secteur du numérique. Mais aussi sur l'importance des doubles cursus, qui permettraient de lier compétences en IA et connaissances d’une discipline en tension à l’université, comme la médecine, la psychologie ou le droit. Le détail des mesures retenues et prises par le gouvernement a été précisé par Emmanuel Macron, lors d’un discours au Collège de France, à l’occasion du Sommet pour l’intelligence artificielle. Emile Marzolf


800 postes de plus pour assurer la scolarité obligatoire dès 3 ans

Si plus de 97 % des enfants entrent déjà à l’école maternelle dès 3 ans, ce chiffre moyen “couvre des inégalités diverses, derrière, il y a des pratiques profondément différentes d’un territoire à l’autre”, a justifié Emmanuel Macron. Mais les modalités de cette scolarité posent encore question.

28/03/2018 | ACTUALITÉ

Une annonce et des questions. La scolarité à l’école maternelle sera obligatoire dès l’âge de 3 ans, a annoncé le chef de l’État, Emmanuel Macron, le 27 mars en ouverture des “Assises de la maternelle” à Paris. “L’école maternelle est et sera davantage à l’avenir un moment fondateur de notre parcours scolaire français, a dit le Président. À ce titre, j’ai en effet décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019.”   Aujourd’hui, la plupart des enfants entrent déjà à l’école maternelle dès 3 ans (97,6 % des petits de 3 ans y étaient inscrits en 2015-2016, selon les dernières statistiques connues du ministère de l’Éducation nationale). Mais, a insisté Emmanuel Macron, “ce chiffre moyen couvre des inégalités diverses, derrière, il y a des pratiques profondément différentes d’un territoire à l’autre”. Disparités et inégalités Il est notamment beaucoup plus bas en outre-mer. Ce chiffre recouvre aussi des “disparités dans la journée”, puisque “ce sont dans les quartiers les plus défavorisés que souvent, on ne va pas remettre l’enfant à l’école” l’après-midi, “parce qu’on ne peut pas ou on veut pas payer la cantine”, a relevé le président de la République. “800 postes créés pour ça en maternelle à la rentrée 2019”, a commenté sur Twitter le secrétaire d’État Olivier Dussopt, placé auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, sans préciser ce que recouvrait ce chiffre. L’école maternelle mobilise en effet des professeurs des écoles, payés par l’État, mais aussi des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), employés, eux, par les collectivités locales. “Pour nous, la scolarisation à 3 ans n’est pas le sujet, elle se fait déjà par adhésion”, a réagi Francette Popineau, à la tête du Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire. “La vraie question est plutôt : comment on s’y prend ? Avec combien d’élèves par classe, quels investissements, quelles formations pour les profs ?” Financement et moyens en question Les collectivités locales sont elles aussi assez dubitatives quant aux conséquences de la mesure. “Qui va payer ?” a demandé France urbaine, l’association qui regroupe les élus des métropoles, grandes intercommunalités et villes françaises. “Outre le surcoût lui-même, vraisemblablement très compliqué à porter pour les villes, la nouvelle contractualisation liant l’État et les collectivités fait interdiction à ces dernières de dépasser une trajectoire d’augmentation de leurs dépenses de fonctionnement de 1,2 % sur la durée du mandat”, observe cette association d’élus. “Cette annonce modifie à nouveau la donne sur la contractualisation, a jugé Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine et maire de Toulouse. Il me semble donc nécessaire de rechercher ensemble une solution afin de rendre financièrement applicable cette annonce.” Avec AFP


La Cour des comptes pousse à revoir le pilotage de l’évaluation de l’éducation

Le trop grand nombre d’instances internes d’évaluation au ministère de l’Éducation nationale et la position ambiguë de chacun d’eux participent de la “confusion dans la qualification de leurs travaux”, jugent les magistrats financiers dans un rapport.

21/02/2018 | ACTUALITÉ

“L’évaluation n’a pas été conçue au sein de l’éducation nationale pour qu’elle devienne grâce à elle, une organisation « apprenante » tirant les enseignements de ses succès comme de ses échecs, appréhendés selon des méthodes clarifiées, validées et fondés sur le recueil de données sur les acquis et les besoins des élèves.” L’enquête de la Cour des comptes commanditée par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale sur l’évaluation de la performance éducative, rendue publique le 21 février, dresse un constat sans appel. Pour les magistrats financiers, l’évaluation actuelle est trop indécise et des obstacles culturels restent à surmonter. Parmi les différents facteurs explicatifs, les difficultés inhérentes au pilotage sont longuement analysées. Les instances en charge du suivi ont changé trois fois en moins de quinze ans. Le rapport pointe ainsi la présence de nombreux services ministériels participant à l’évaluation, sans cohérence d’ensemble. Champs inexplorés Des champs restent inexplorés, comme celui de l’impact des programmes scolaires, dont les réformes sont décidées sans évaluations préalables. La Cour en cible les acteurs clés : les deux inspections générales (l’inspection générale de l’Administration de l’éducation nationale et de la recherche et l’inspection générale de l’Éducation nationale, l’IGAENR et l’Igen), la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) et le Conseil supérieur des programmes. Les rapports entre la Dgesco, l’Igen et la Depp devraient par conséquent être revus, pour éviter “une confusion” entre apports opérationnels de celles-ci à la définition et la gestion des politiques éducatives et évaluation de ces mêmes politiques. Ambiguïtés dues à la position administrative “Créatrice de nombreuses normes scolaires, opérateur de maints dispositifs éducatifs, la Dgesco a la responsabilité légitime d’assurer leurs suivis par des retours d’expérience opérationnels. Or les frontières entre suivis opérationnels et dispositifs d’évaluation n’ayant pas été précisés au sein du ministère, la Dgesco se trouve alors dans la situation d’être l’évaluateur de ses prescriptions, quand elle estime nécessaire d’en approfondir l’observation. Sa position centrale au sein du MEN [ministère de l’Éducation nationale, ndlr] lui permet non seulement de prendre ce type d’initiatives, mais aussi de les piloter alors qu’il pourrait revenir à la Depp de le faire.” La Depp se voit pour sa part reprocher une intervention dans les processus évaluatifs jugée trop en retrait, en raison de sa position administrative. Les textes concernant l’organisation du ministère ne prévoient pas que cette direction soit dépositaire de la fonction d’évaluation, son statut administratif ne lui conférant pas, dans ce domaine précis, l’indépendance nécessaire, estime le rapport, qui s’agace que cette question n’ait pas évolué depuis un autre rapport de la Cour… de 2010. Pas d’instance ad hoc Quant aux deux inspections (IGAENR et Igen), à propos desquelles le ministre Jean-Michel Blanquer a lancé cet été une réflexion pouvant conduire à un rapprochement, la Cour semble appuyer subtilement la démarche, sans le dire. Les magistrats financiers détaillent ainsi les griefs souvent formulés à l’égard de cette organisation duale, en ciblant en particulier le positionnement ambigu de l’Igen. Ce corps inspecte tout en participant à la gestion directe du système : élaboration des programmes et des réformes pédagogiques, validation de sujets d’examen, gestion de ressources humaines (choix et inspection des professeurs de classes préparatoires, présidence de concours de recrutement, gestion des agrégés). Sur le fond, les magistrats de la Rue Cambon estiment que les compétences des administrations concernées font presque toutes référence à l’évaluation, sans en préciser nettement la portée ou leur laissant une grande latitude d’interprétation et d’initiative. D’où une confusion dans la pratique. “L’absence d’une instance chargée de l’évaluation du système scolaire solidement reconnue dans son rôle explique certainement cette profusion d’intervenants et cette confusion dans la qualification de leurs travaux”, conclut la Cour. 


Les collectivités appelées à ouvrir davantage leurs bibliothèques

Dans un rapport commandé par le gouvernement, Erik Orsenna et Noël Corbin appellent aussi les bibliothèques à “s’adapter à la demande” et à “devenir des maisons de service public culturel” car “50 % des personnes qui y entrent ne viennent pas chercher des livres”.

20/02/2018 | ACTUALITÉ

Il faut “changer de rythme” et “ouvrir mieux et plus”, appelle l’écrivain Erik Orsenna, qui a présenté, le 20 février, un rapport sur l’avenir des bibliothèques au Président Macron et à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, lors d’un déplacement aux Mureaux (Yvelines). Actuellement, seules 130 des 16 500 bibliothèques et points de lecture de France ouvrent leurs portes le dimanche. Et dans la semaine, “beaucoup d’entre elles ouvrent aux horaires où la plupart des Français travaillent”, étant fermées à l’heure du déjeuner et tôt le soir, a regretté Françoise Nyssen. La France est bien équipée puisqu’elle possède autant de bibliothèques que de bureaux de poste. Mais ces équipements culturels, souvent modernes, ne sont ouverts que 41 heures par semaine dans les grandes villes contre 78 heures à Londres ou 98 heures – un record – à Copenhague. Cette situation avait été dénoncée par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et il avait fait de l’extension des horaires l’une de ses promesses électorales. Moyens financiers Le rapport réalisé par Erik Orsenna et Noël Corbin, inspecteur des affaires culturelles, prône une durée d’ouverture hebdomadaire moyenne de 45 heures pour les villes de 50 000 à 100 000 habitants, et de 50 heures pour celles de plus de 100 000 habitants. L’Association des bibliothécaires de France (ABF) avait accueilli favorablement, en juillet 2017, l’idée de l’extension des horaires d’ouverture, tout en mettant en garde contre l’impact de “la baisse des moyens financiers des collectivités territoriales”. Le gouvernement a augmenté de 8 millions d’euros la dotation générale de décentralisation en faveur des bibliothèques pour les cinq prochaines années. Cela devrait permettre de soutenir “200 projets d’extension d’horaires”, selon le rapport Orsenna. En 2015, les collectivités locales ont dépensé 1,7 milliard d’euros pour la lecture publique, dont près de 1,2 milliard pour rémunérer les 38 000 agents des bibliothèques, selon le ministère de la Culture. Dans leur rapport, Erik Orsenna et Noël Corbin appellent les bibliothèques à “s’adapter à la demande” et à “devenir des maisons de service public culturel” car “50 % des personnes qui y entrent ne viennent pas chercher des livres”. Aux Mureaux, la médiathèque accueille ainsi des cours de soutien scolaire, des ateliers d’art, de danse et un “fab-lab” équipé d’imprimantes 3D ainsi qu’une “micro-folie”, musée numérique initié par la Grande Halle de la Villette à Paris. Pilotage par les Drac Le rapport, qui souligne l’apport des 81 000 bénévoles qui permettent aux bibliothèques de fonctionner, suggère de faire davantage appel aux étudiants et d’encourager, dans les petites villes, “la mutualisation de locaux et de personnels d’accueil” entre les bibliothèques et les agences postales. Dans une interview accordée à Acteurs publics en octobre dernier, la ministre Françoise Nyssen avait annoncé que les directions régionales aux affaires culturelles (Drac), au sein des services déconcentrés de l’État, seraient “chargées de mettre autour de la table les élus, les bibliothécaires, ainsi que les structures sociales et les associations locales pour bâtir un projet d’ouverture”. “Je souhaite qu’à la fin de l’année 2018, nous ayons réussi à engager la transformation de 200 bibliothèques, soit 2 par département”, avait-elle indiqué.


La réforme de l’accès à l’université définitivement adoptée au Parlement

Dans la foulée de leurs collègues députés, les sénateurs ont voté en faveur du texte par 250 voix (droite et LREM) contre 93, issues de l’ensemble de la gauche. La réforme des règles d’accès à l’université, qui supprime le tirage au sort, est ainsi validée.

16/02/2018 | ACTUALITÉ

Le Parlement a adopté définitivement, le 15 février, par un ultime vote du Sénat, la réforme des règles d’accès à l’université, qui supprime le tirage au sort, mais que la gauche accuse d’être “une sélection qui ne dit pas son nom”. Les sénateurs ont voté en faveur du texte par 250 voix (droite et LREM) contre 93 (ensemble de la gauche). Quelques heures auparavant, c’étaient les députés qui avaient une dernière fois validé le projet de loi défendu par la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. “Je me réjouis que la commission mixte paritaire” chargée de trouver une version commune aux deux chambres “ait été conclusive”, a déclaré cette dernière. “Ce qui nous rassemble, c’est le souci de tourner la page du tirage au sort. Sur de nombreux points, le Sénat a été précurseur”, a-t-elle ajouté. “Sélection” et “système libéral” Dans la matinée, par 49 voix contre 13, l’Assemblée nationale a avait elle aussi donné son ultime feu vert au projet de loi sur l’“orientation et la réussite des étudiants”, qui vise notamment à supprimer le tirage au sort et à réduire le fort taux d’échec en première année de fac. Mais pour Sylvie Robert (PS), “l’intérêt des étudiants a été perdu de vue au fur et à mesure de la discussion. C’est un vrai rendez-vous manqué”. David Assouline (PS) a déclaré pour sa part que le texte aboutissait à “une forme de sélection dont nous ne voulons pas”. “Vous avancez vers un système libéral où ce sont les universités qui choisissent leurs étudiants, a accusé de son côté Pierre Ouzoulias (CRCE, à majorité communiste). Nous affirmons notre opposition à la sélection qui est contraire à notre idéal républicain.” En revanche, Catherine Morin-Desailly (UC) a vanté “un texte d’équilibre nécessaire”, qui “ouvre des portes qu’il conviendra d’approfondir au travers d’autres textes législatifs”. Avec AFP


Deux députées proposent un service national sous forme de “parcours de citoyenneté”

Alors que l’Élysée veut instaurer un service national universel comportant “une partie obligatoire entre trois et six mois”, deux députées plaident pour “une incitation à l’engagement” non obligatoire, dans le cadre d’une montée en puissance des dispositifs déjà existants.

14/02/2018 | ACTUALITÉ

Un “parcours de citoyenneté” en trois étapes, étalé de 11 à 25 ans, pour renforcer la cohésion nationale : c’est ce que préconise un rapport parlementaire publié mercredi 14 février, alors que l’exécutif souhaite instaurer un service national universel comportant “une partie obligatoire entre trois et six mois”. Le rapport, présenté ce mercredi devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, propose “un enseignement moral et civique renforcé” à l’école ainsi qu’“une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté (obligatoire)” entre 11 et 16 ans, qui se déroulerait au sein même de l’établissement scolaire et inclurait une formation aux premiers secours. Parmi les intervenants mobilisés, figureraient le corps enseignant, mais aussi l’armée, les pompiers, des associations de mémoire, des étudiants en médecine... Ensuite, à 16 ans, interviendrait “un rite de passage” pour exercer les connaissances et compétences acquises, qui se substituerait à l’actuelle Journée de défense et de citoyenneté (JDC) : soit une semaine en internat pendant les vacances scolaires (une “école de la fraternité”), soit une semaine en immersion au sein du monde associatif, suggèrent les rapporteures Émilie Guerel (LREM) et Marianne Dubois (LR). Inciter plutôt qu’obliger Enfin, entre 16 et 25 ans, serait prévue “une incitation à l’engagement”, non obligatoire, dans le cadre d’une montée en puissance des dispositifs déjà existants : service civique, garde nationale, engagement associatif... “L’engagement constitue avant tout un choix personnel qui repose sur le volontariat”, font valoir les deux élues pour justifier le caractère optionnel de cette phase. En échange, les jeunes pourraient bénéficier de droits en matière de formation ou encore de transports à tarif préférentiel. Ce “service national universel, adapté à notre époque”, serait “susceptible d’emporter l’adhésion de la jeunesse et d’être utile à la société”, concluent les rapporteures, qui ont conduit 25 auditions (armées, jeunes, milieu éducatif, associations…) Expérimentation prévue en 2019 Emmanuel Macron, qui avait promis l’instauration de ce service national universel pendant la campagne électorale, a de son côté souhaité mardi qu’il comporte “une partie obligatoire de trois à six mois”. Le président de la République a également estimé qu’il pourrait comporter “une ouverture sur la chose militaire”, mais que “sa forme pourra être civique”. Le projet de service national universel, dont les modalités restent à écrire, suscite des doutes en raison de son coût potentiel, des capacités d’accueil des armées, réduites depuis la suppression en 1997 du service militaire, ou encore des problèmes juridiques qu’il pourrait soulever s’il était obligatoire. L’Élysée a mis en place un groupe de travail qui doit rendre ses conclusions fin avril. Une phase d’expérimentation est d’ores et déjà prévue en 2019. Avec AFP  


Un accord met fin à plusieurs mois de grève dans l’éducation au Burkina Faso

Depuis près de quatre mois, les enseignants observaient un mouvement marqué par la suspension des évaluations, du traitement des dossiers, des examens et un sit-in hebdomadaire.  

29/01/2018 | ACTUALITÉ

Les élèves burkinabés ont repris le chemin de l’école ce lundi 29 janvier. Le gouvernement et les syndicats de l’éducation sont parvenus, dans la nuit de samedi 27 à dimanche 28 janvier, à un accord pour “sauver l’année scolaire”, paralysée depuis plusieurs mois par une grève des enseignants, soutenus par les élèves. “Nous avons obtenu que le budget de l’État alloué à l’éducation soit rehaussé (…) de façon progressive dans les années à venir”, a déclaré Wendyam Zongo, le porte-parole de la Coordination des syndicats de l’éducation nationale, regroupant une quinzaine d’organisations. Le statut des agents de l’éducation et de l’enseignement supérieur sera ainsi “revalorisé” – c’était l’une des principales revendications des grévistes –, “leurs conditions de vie et de travail connaîtront une évolution significative”, a-t-il expliqué. L’État s’est aussi engagé à améliorer “les bourses d’études”, à fournir davantage de places en internat pour les élèves et à ouvrir les cantines scolaires neuf mois par an, au lieu de trois, a-t-il ajouté. Risque d’“année blanche” De son côté, le Premier ministre, Paul Kaba Thièba, s’est félicité de la fin de ce long conflit. “Dès lundi, les élèves vont retrouver le chemin de l’école dans la sérénité”, a-il déclaré ce week-end. Depuis près de quatre mois, les enseignants observaient un mouvement marqué par la suspension des évaluations, du traitement des dossiers, des examens et un sit-in hebdomadaire. La radicalisation des syndicats de l’enseignement avait fait grandir le risque d’une “année blanche” pour les élèves. (avec AFP)


L’affaire Gallet ou l’art difficile du management de l’audiovisuel public

Sous pression du gouvernement, qui demande le départ du patron de Radio France, Mathieu Gallet, condamné pour favoritisme le 15 janvier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), seul compétent pour révoquer le dirigeant, ouvre une procédure prévue par les textes pouvant mener à l’éviction de ce dernier.

17/01/2018 | ACTUALITÉ

Le respect du formalisme, comme première réponse. Silencieux depuis la condamnation à un an de prison avec sursis du P.-D.G. de Radio France, pour favoritisme, le 15 janvier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a le pouvoir de nommer et de révoquer les dirigeants de l’audiovisuel public, a publié, le 17 janvier, un très court communiqué indiquant qu’il engageait une “procédure” pouvant mener à l’éviction du P.-D.G. de Radio France, Mathieu Gallet. “Dans sa séance plénière de ce jour, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de mettre en œuvre l’article 47-5 de la loi du 30 septembre 1986 modifiée”, lequel prévoit que le mandat des présidents de la société France Télévisions, de la société Radio France et de la société en charge de l’audiovisuel extérieur de la France peut leur être retiré, par décision motivée à la majorité des membres du CSA. “Au terme de la procédure, sa décision interviendra le plus rapidement possible dans le respect du contradictoire et notamment après la communication du jugement rendu à l’égard de monsieur Mathieu Gallet”, indique le CSA. Pour rappel, le P.-D.G. de Radio France, Mathieu Gallet, a été condamné le 15 janvier par le tribunal correctionnel de Créteil à un an de prison avec sursis pour “favoritisme” pendant son mandat à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Mathieu Gallet, qui a présidé l’INA entre 2010 et 2014, a également écopé d’une amende de 20 000 euros. Le parquet avait réclamé dix-huit mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende. Selon le jugement, Mathieu Gallet, est condamné pour avoir “favorisé” certaines sociétés de conseil auxquelles l’INA a versé plus de 400 000 euros, sans avoir respecté les règles des marchés publics. Les deux contrats concernés ont été passés avec le cabinet de conseil Roland Berger et avec Balises, société du consultant Denis Pingaud. Ambiguïté sur le management Mathieu Gallet avait été nommé pour cinq ans à la tête de Radio France le 27 février 2014 par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). L’autorité administrative indépendante exerçait là une nouvelle prérogative après l’adoption de la loi du 15 novembre 2013 relative à l’indépendance de l’audiovisuel public lui donnant le pouvoir de nommer les présidents des sociétés nationales de programme, dont le président de la société Radio France. Cette loi avait été adoptée sous l’impulsion de François Hollande, qui avait souhaité que le chef de l’État perde ce pouvoir au profit du CSA, après les polémiques survenues sur ce sujet durant la Présidence Sarkozy. Seulement voilà, dans une communication qui a surpris, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a donné son avis, au risque de mettre à mal l’indépendance du CSA. “Les dirigeants d’entreprises publiques ont un devoir d’exemplarité. Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable, a ainsi déclaré au Monde, le 16 janvier, la locataire de la Rue de Valois. Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent.” Un message clair en direction du CSA, alors que certaines gazettes ont laissé penser que la perspective de voir Mathieu Gallet faire appel du jugement de première instance n’incitait pas le régulateur de l’audiovisuel à le révoquer. Cette communication de la ministre Nyssen – et donc du gouvernement –, au lendemain de laquelle Mathieu Gallet a déclaré exclure de démissionner, a tout de suite été perçue comme une mise sous pression du CSA, sinon une immixtion sur le terrain de son indépendance, laissant ressurgir toute l’ambigüité du système de management de l’audiovisuel public tel qu’il a été refondé en 2013. Si le politique – et en particulier l’Élysée de François Hollande – a souhaité en 2013 rebattre les cartes et attribuer cette nomination à une autorité indépendante, la loi n’a pu faire qu’une partie du chemin. Radio France reste en effet une entreprise publique – une société nationale de radiodiffusion, constituée sous la forme d’une société anonyme à capitaux publics – dont l’État est l’unique l’actionnaire. Reprise en main de la stratégie De fait, les pouvoirs publics ont organisé une séparation entre le choix du dirigeant et l’élaboration de la stratégie de l’entreprise. L’État, qui finance Radio France, a assez logiquement gardé la main sur la stratégie et le budget de l’entreprise, notamment au travers d’un document important : le contrat d’objectifs et de moyens (COM). Ainsi, le 20 avril 2016, Audrey Azoulay, la ministre de la Culture et de la Communication de l’époque, et Mathieu Gallet, avaient signé le troisième COM de Radio France, couvrant la période 2015-2019. Ce manque de cohérence autour du rôle de l’État, absent en principe du choix du dirigeant et de son programme, mais décideur de la stratégie de l’entreprise, se retrouve dans la gestion de l’affaire Gallet, le gouvernement jugeant que l’exigence d’exemplarité qu’il applique aux autres dirigeants du secteur public – plusieurs ministres du gouvernement soupçonnés de manquements ont été exfiltrés ou ont quitté l’exécutif – vaut aussi pour ceux de l’audiovisuel, fût-il protégé par certaines garanties d’indépendance. Mais de là à le dire si ouvertement… Modèle caduc ? Plus largement, la réaction au jugement dans l’affaire Gallet s’inscrit dans une séquence de grandes manœuvres autour d’une reprise en main par l’État de la stratégie de l’audiovisuel public. Très critique sur le sujet, Emmanuel Macron pousse sa ministre à une grande réforme du secteur. Il semblerait d’ailleurs que l’équipe Macron veuille, entre autres objectifs, retirer au CSA son pouvoir de nomination des présidents de l’audiovisuel public, pour le confier aux conseils d’administration des entreprises concernées. “Le modèle du CSA est caduc”, aurait d’ailleurs dit, selon Télérama, le chef de l’État, Emmanuel Macron, lors d’une réunion organisée le 5 décembre dernier à l’Élysée entre le Président et des députés de La République en marche (LREM) et du MoDem membres de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Une réunion au cours de laquelle le Président aurait aussi qualifié l’audiovisuel public de “honte”. Des propos qui avaient suscité l’émotion mais avaient été démentis par l’Élysée.


L’exécutif opte pour une simplification par thématiques via les projets de loi

Le gouvernement d’Édouard Philippe a décidé que chaque projet de loi devrait inclure, à l’avenir, un titre comportant des mesures de simplification législative. Une manière de privilégier une simplification par blocs de politiques publiques plutôt que par des vagues d’ensemble.

15/01/2018 | ACTUALITÉ

Une petite rupture avec l’ère Hollande ? À voir. L’exécutif macronien semble vouloir privilégier une politique de simplification davantage ciblée par politiques publiques plutôt qu’une stratégie par vagues d’ensemble. Lors du Conseil des ministres du 12 janvier, le Premier ministre, Édouard Philippe, a présenté une communication relative à la politique de simplification des normes et à l’action réglementaire du gouvernement, à l’occasion de laquelle il a annoncé que chaque projet de loi devrait inclure, à l’avenir, un titre comportant des mesures de simplification législative. À titre d’illustration, le projet de loi de programmation militaire, en cours de préparation, comportera plusieurs mesures significatives de simplification, par exemple sur les contentieux des pensions d’invalidité. Afin de “nourrir ces propositions de simplifications”, chaque ministre devra élaborer un plan de simplification des normes législatives existantes. Plus de cohérence De fait, l’exécutif semble modifier un peu l’approche de la simplification par rapport à ce qui faisait sous la Présidence de François Hollande, notamment au travers du Conseil de la simplification. Le choc de simplification mené sous le dernier quinquennat avait entraîné une batterie de mesures – plusieurs centaines – réalisées en plusieurs vagues qui touchaient tous les secteurs et ponctuées d’une pluie de chiffres et de beaucoup de communication. Seul le temps permettra de mesurer véritablement la différence d’approche entre les deux Présidences. Questionné sur la méthode de simplification lors de son audition sur le projet de loi sur le droit à l’erreur, le 10 janvier dernier, le délégué interministériel à la transformation publique, Thomas Cazenave, avait explicité cette nouvelle approche. “Comment on donne de la cohérence à ce travail sur le stock de normes ? Moi, ma conviction, et c’est comme cela que l’on a commencé à y travailler, [c’est] qu’il faut y travailler par blocs de politiques publiques. Le risque d’un travail de simplification où vous balayez tous les six mois l’ensemble des textes, à la rigueur, ce n’est pas très grave, vous épuisez un peu les administrations, mais [surtout], vous êtes absolument illisible. Et donc il faut vraiment retrouver de la cohérence, soit à l’occasion d’un texte, soit à l’occasion de certaines initiatives”, poursuivait le délégué en citant l’exemple de la simplification de la politique du handicap.   Premiers effets du “deux pour un” Lors du Conseil des ministres du 12 janvier, le Premier ministre, Édouard Philippe, a aussi profité de l’occasion pour faire un bilan plutôt laudateur de la mise en œuvre de la circulaire du 26 juillet 2017 prise par son gouvernement. Cette circulaire instaure une nouvelle règle dite du “deux pour un”, qui prévoit qu’hors les décrets d’application des lois, chaque fois qu’un nouveau décret pose une norme nouvelle contraignante ou crée une nouvelle formalité administrative, les ministères doivent dans le même temps supprimer ou simplifier deux normes existantes. Avant l’actuel quinquennat, le gouvernement prenait une centaine de décrets chaque année, posant des contraintes nouvelles, soit 30 à 35 tous les quatre mois, a rappelé le compte rendu du Conseil des ministres du 12 janvier. Durant les quatre derniers mois de l’année 2017, les ministères n’ont proposé “que” 12 décrets de cette nature et seuls 5 ont été pris, qui conduisent à l’abrogation de 10 contraintes existantes, détaille le compte rendu. Le locataire de Matignon a aussi annoncé une nouvelle vague de suppressions d’une trentaine de commissions consultatives, parfois appelées “comités Théodule” et dont le nombre a été réduit de 670 à 410 depuis 2012.


NOMINATIONS

Vincent Lewandowski prend la tête d’un nouveau pôle au Défenseur des droits

Dans le cadre d’une réorganisation des pôles de la direction “Promotion de l’égalité et de l’accès aux droits” au Défenseur des droits, Vincent Lewandowski vient d’être nommé chef du pôle “Lutte contre les discriminations et accès aux services publics”. Il reprend ainsi les compétences du pôle “Accès aux droits et discriminations”, dirigé jusqu’ici par Sarah Benichou, laquelle est devenue depuis directrice adjointe au sein de cette même direction. Rappelons que le Défenseur des droits, une institution créée en 2011, a pour mission de défendre les personnes dont les droits ne sont pas respectés et de permettre l’égalité dans l’accès aux droits. Chef du pôle “Relations institutionnelles et réformes” au sein de la même direction depuis 2016, Vincent Lewandowski avait intégré cette institution au moment de sa création, en 2011, comme conseiller “réformes” à la mission “Médiation avec les services publics”. En 2013, il avait ensuite pris la tête du pôle “Promotion des droits des usagers des services publics et réforme”.  De 2008 à 2011, Vincent Lewandowski a également été chef du bureau du patrimoine et des assurances au sein de la direction juridique de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP).

15/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Vanessa Scherrer prend de nouvelles fonctions à Sciences Po Paris

L’ancienne directrice exécutive et vice-doyenne de l’École des affaires internationales (PSIA) de Sciences Po Paris, Vanessa Scherrer, a pris la direction des affaires internationales de Sciences Po Paris, a annoncé l’école dans un communiqué. Celle qui était, depuis octobre 2017, directrice adjointe de cette même direction prend ainsi la succession de Francis Vérillaud, en poste depuis 1995. Cette ancienne élève de l’IEP de la capitale, docteure en sciences politiques, aura pour mission “de poursuivre la transformation internationale de l’institution qui s’est accéléré ces vingt dernières années”, précise encore le communiqué. Vanessa Scherrer a démarré sa carrière à l’université de Columbia à New York entre 2002 et 2010, où elle a notamment fondé et dirigé le programme Alliance, une plate-forme de coopération transatlantique en matière d’éducation et de recherche, soutenue par le ministère des Affaires étrangères et qui rassemble l’université de Columbia, Polytechnique, l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et Sciences Po Paris. De 2010 jusqu’à octobre dernier, Vanessa Scherrer avait rejoint Sciences Po Paris comme directrice exécutive et vice-doyenne de l’École des affaires internationales.

15/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Le Sénat nomme un rapporteur et un comité de suivi sur le projet de révision constitutionnelle

Le Sénat a installé, le 13 juin, un dispositif peu commun en vue de l’examen futur du projet de révision constitutionnelle. La commission des lois du Palais du Luxembourg vient en effet de nommer son président, le sénateur LR de la Manche Philippe Bas, en tant que rapporteur du projet de révision constitutionnelle et a en outre créé un comité de suivi “pluraliste” comprenant un membre de chaque groupe politique.   Le rapporteur Philippe Bas pourra ainsi s’appuyer sur ce comité qui sera “régulièrement réuni par le rapporteur et les rapporteurs adjoints afin de préparer ses délibérations”, a indiqué la Chambre haute dans un communiqué. Rappelons que la réforme institutionnelle, annoncée par le président de la République, est constituée de 3 projets de loi constitutionnelle, organique et ordinaire. Sur ces 3 volets, seul le projet de loi constitutionnelle a été pour l’instant présenté en Conseil des ministres. Soumis à l’examen de la commission des lois de l’Assemblée à partir du mardi 26 juin, le texte ne devrait arriver au Sénat qu’en septembre prochain. Philippe Bas, 59 ans, est sénateur depuis 2011. Passé par Sciences Po Paris et l’ENA (promotion Louise Michel, 1984), ce conseiller d’État en disponibilité a été ministre de la Santé et des Solidarités en 2007, sous le gouvernement de Dominique de Villepin, après avoir été ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille (2005-2007). Ancien directeur adjoint du cabinet de Simone Veil au ministère des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville (1994-1995), puis directeur du cabinet de Jacques Barrot, alors ministre du Travail (1995-1997), Philippe Bas a également été secrétaire général de l’Élysée auprès du Président Jacques Chirac de 2002 à 2005. Il a en outre présidé le conseil d’administration de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (ex-Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations) de 2007 à 2011 et a, plus tard dans sa carrière, présidé le conseil départemental de la Manche de 2015 à 2017, après avoir été conseiller général du département de 2008 à 2015. Les sénateurs du comité de suivi Muriel Jourda (Les Républicains, Morbihan) Jean-Pierre Sueur (Socialiste et républicain, Loiret) Loïc Hervé (Union centriste, Haute-Savoie) Nathalie Delattre (Rassemblement démocratique et social européen, Gironde) Alain Richard (LREM, Val-d’Oise) Pierre-Yves Collombat (Ratt. Communiste républicain citoyen et écologiste, Var) Alain Marc (Les Indépendants-République et territoires, Aveyron)

14/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Un ingénieur missionné par Frédérique Vidal sur l’entrepreneuriat étudiant

La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, vient de confier à l’inspection générale de l’Administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR), ainsi qu’à l’entrepreneur Albert Meige, une mission d’évaluation des politiques en faveur de l’entrepreneuriat étudiant, a-t-on appris, par un communiqué du ministère, ce jeudi 14 juin. Cette mission, qui devrait rendre ses conclusions en septembre prochain, a vocation à établir un bilan des outils existants en faveur de l’entreprenariat étudiant, à savoir, notamment, le réseau des 29 pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (Pepite), ou encore le statut national étudiant-entrepreneur (SNEE). Elle doit, en outre, “recueillir les témoignages des usagers et donner une nouvelle impulsion à cette politique publique”, explique la ministre dans son communiqué. Albert Meige est le fondateur et président de Presans, une plate-forme numérique mondiale d’experts, depuis 2008. Cet ingénieur télécom, titulaire d’un MBA d’HEC Paris et d’un doctorat de physique de l’Australian National University, est en outre directeur de la formation exécutive à HEC “Leading the digital transformation” depuis avril dernier.

14/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Une mission va se pencher sur la formation au métier d’enseignant

Les ministres de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, et de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ont confié à Monique Ronzeau et Bernard Saint-Girons une mission visant à réfléchir à d’éventuelles modifications à apporter à la formation initiale et au développement professionnel continu à l’entrée dans le métier d’enseignant. Cette mission a aussi notamment vocation à s’interroger “sur la façon dont les écoles professionnelles que doivent être les Espé [les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, ndlr] répondent au besoin de l’employeur, en vue d’une amélioration continue de la formation des enseignants”, a indiqué Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, en session à l’Assemblée nationale et en lieu et place de Jean-Michel Blanquer. La secrétaire d’État a, en outre, ajouté que “l’ensemble des réflexions en cours se traduiront, si nécessaire, par une évolution des textes réglementaires pour une mise en œuvre rénovée de la formation et des Espé à partir de la rentrée 2019” [En savoir plus sur le sujet]. À noter que les deux missionnés ne devraient pas rendre leurs conclusions avant la rentrée prochaine. Monique Ronzeau, 65 ans, est présidente du conseil de l’Observatoire de la vie étudiante depuis 2011. Cette inspectrice générale honoraire de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche était, de 2014 à avril 2018, adjointe au chef du service de l’inspection générale de l’Administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR). Diplômée en droit et en sciences politiques, Monique Ronzeau a également été, au cours de sa carrière, secrétaire générale de l’université René-Descartes Paris-V (1996-2006) et secrétaire générale de l’académie de Paris, chargée de l’enseignement supérieur-secrétaire générale de la chancellerie des universités de Paris (2006-2009). Elle avait ensuite exercé, de 2009 à 2014, comme inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Bernard Saint-Girons, 73 ans, est consultant à la Conférence des présidents d’université (CPU), dont il a été 3e puis 1er vice-président de 1996 à 1998. Ancien recteur de Clermont-Ferrand (1999-2000), de Nice et de Toulon (2000-2003), puis de Créteil (2003-2007), il a également été directeur général de l’enseignement supérieur au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, sur la période 2007-2008, et a présidé le pôle “Recherche et enseignement supérieur” de l’université Paris-Est de 2010 à 2013. Ce professeur émérite des universités, docteur en droit agrégé de droit public, est aussi l’ancien président de l’université de sciences sociales de Toulouse-I Capitole (1993-1998), université au sein de laquelle il a longtemps enseigné.

13/06/2018 | NOMINATION FRANCE


Trois députés se penchent sur les métiers d’art et du patrimoine vivant

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a confié une mission temporaire à 3 députés LREM pour formuler des propositions visant à préserver et développer les métiers d’art et du patrimoine vivant en France. Il s’agit des députés de Paris Gilles Le Gendre, de l’Hérault Philippe Huppé et de la Charente-Maritime Raphaël Gérard. Cette mission a notamment vocation à se pencher sur le rôle de l’Institut supérieur des métiers et de l’Institut national des métiers d’art afin de “voir si des synergies peuvent être envisagées pour promouvoir au mieux les métiers d’excellence”, explique une collaboratrice de Gilles Le Gendre à Acteurs publics. “La question de l’association des acteurs privés à ces structures sera également posée”, ajoute-elle. Les députés se concentreront également sur l’apprentissage et la formation desdits métiers et se pencheront sur les solutions pouvant aider à leur rayonnement. Gilles Le Gendre (photo), 60 ans, est entré au Palais-Bourbon en 2017. Cet ancien journaliste, directeur de la rédaction de Challenges de 1995 à 2001, était, avant son élection, associé-gérant du cabinet de conseil Explora & Cie. Il a en outre fondé, en 2010, “Les Compagny Doctors”, un réseau réunissant des consultants indépendants. Diplômé de Sciences Po Paris et du Centre de formation des journalistes (CFJ), le député a, au cours de sa carrière, travaillé au Nouvel Économiste entre 1984 et 1991, où il a notamment été rédacteur en chef adjoint “finance, politique et macroéconomie”, avant d’en être le rédacteur en chef en 1993-1994. Gilles Le Gendre a également été, en 2001-2002, président du directoire, directeur général du groupe Express-Expansion, avant de diriger la communication de la Fnac de 2003 à 2005. Philippe Huppé, 50 ans, est également député depuis 2017, président de l’association Ville et Métiers d’art depuis 2011. Docteur en droit, cet ancien président de la fédération du Parti radical de l’Hérault a été maire centriste d’Adissan, dans ce département, de 2008 à 2017, et y est toujours conseiller municipal. Raphaël Gérard, 50 ans, siège lui aussi à l’Assemblée depuis 2017. Il était, avant son élection, responsable du patrimoine et de l’action culturelle de Jas Hennessy & Co, une entreprise de cognac du groupe LVMH, depuis 2012. Diplômé de l’École du Louvre, cet élu est un ancien conservateur de musée entré chez Louis-Vuitton en 2006, comme responsable des expositions à la direction du patrimoine.

12/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Nathalie Mercier prend de nouvelles fonctions

L’ancienne conseillère en communication de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire, Nathalie Mercier, a été nommée directrice de la communication et du marketing du pavillon français à l’Exposition universelle de Dubaï pour 2020, selon une information de La Lettre de l’audiovisuel confirmée, depuis, à Acteurs publics. Diplômée de l’École française des attachés de presse (Efap) et d’histoire de l’art, Nathalie Mercier a dirigé la communication du musée du Quai Branly-Jacques Chirac de 2005 à 2017. Elle est ensuite entrée au cabinet de Nicolas Hulot, de juillet 2017 à février dernier, comme conseillère “communication et presse”. Elle était, en outre, responsable du pôle “Communication” des cabinets du ministre et de ses secrétaires d’État, Sébastien Lecornu et Brune Poirson. Nathalie Mercier avait déjà officié en cabinet ministériel, en 2002, auprès de Lionel Jospin comme conseillère technique chargée de l’image du Premier ministre. La même année, elle avait ensuite assuré la communication de sa campagne pour l’élection présidentielle. Plus tôt dans sa carrière, cette communicante a en outre travaillé chez Ellipse Studio, une agence de films publicitaires, en 1991-1992, avant de rejoindre l’agence de communication Havas (anciennement Euro RSCG Corporate). Nathalie Mercier y a notamment été responsable “presse” chez Euro RSCG Institutionnel, en charge des campagnes politiques, des budgets culturels et sociétaux, de 1996 à 1998, puis directrice associée du groupe, en charge des campagnes politiques, des budgets culturels et sociétaux, de 1998 à 2001. Après son passage en cabinet ministériel, Nathalie Mercier était retournée chez Havas, où elle avait été promue directrice de la communication du groupe en France et directrice associée du groupe, de 2002 à 2005.

12/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau directeur de la communication pour Universcience

Après le départ de François-Antoine Mariani, en poste depuis 2016 et qui a rejoint le cabinet du Premier ministre [lire notre article sur le sujet], François Quéré devient le nouveau directeur du développement des publics et de la communication d’Universcience. Il était, depuis 2013, directeur de projet au sein d’Anamnesia, une agence de production multimédia et audiovisuelle, notamment à destination des musées. Universcience, né en 2010, regroupe le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie. À noter qu’un nouveau directeur de la bibliothèque et des ressources documentaires [lire notre article sur le sujet] et une directrice des éditions et du transmédia y ont également été récemment nommés [lire notre article sur le sujet]. Diplômé de Sciences Po Strasbourg et de l’IAE de Lille, François Quéré a débuté sa carrière comme responsable “marketing et communication produit” chez Talentsoft, une entreprise de logiciel de gestion des ressources humaines, de 2001 à 2003. Entré au Centre Pompidou en 2004, il y a occupé le poste de responsable éditorial sur Internet, pendant trois ans, avant de rejoindre les Émirats arabes unis en 2007 en tant que responsable de la politique des publics sur le futur Louvre Abu Dhabi pour l’Agence France-Muséums. De retour en France en 2011, François Quéré a ensuite pris la direction du développement et des publics du Palais de la porte Dorée, musée d’histoire de l’immigration à Paris, puis était entré, en 2013, chez Anamnesia.

12/06/2018 | NOMINATION FRANCE

France Télévisions se réorganise en interne, en mode horizontal

Restructuration en vue au sein de France Télévisions. Dans la foulée de la présentation des grandes lignes de la réforme de l’audiovisuel public, lundi 4 juin, par la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, le groupe a en effet décidé que les directions de chaîne seront remplacées, dès 2019, par des directions “transverses”, a indiqué l’AFP. Rappelons que la réforme envisagée prochainement, qui impactera directement France Télévisions, prévoit notamment l’arrêt de France 4 sur la TNT, une réforme du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ou encore un développement des programmes en faveur de la jeunesse.  Dans ce cadre, Dana Hastier, 59 ans et directrice de France 3 depuis la mi-2014, doit prendre la tête du pôle des documentaires et Nathalie Darrigrand (Photo), 54 ans et directrice de France 5 depuis 2016, devrait diriger les magazines. Michel Field, 63 ans, ancien directeur exécutif chargé de l’information du groupe de 2015 à 2017 et, depuis, chargé d’une mission exploratoire sur l’offre culturelle au sein du groupe, gérera quant à lui le pôle “Culture et spectacle vivant”. Par ailleurs, Caroline Got, née en 1964 et actuelle directrice exécutive de France 2 depuis 2016, sera chargée d’harmoniser l’ensemble de ces directions. À noter que l’ancienne directrice de la fiction de France 3, Anne Holmes, avait déjà été nommée à la tête de la fiction du groupe et que Tiphaine de Raguenel, directrice de France 4 – chaîne dont l’arrêt sur la TNT a été annoncé par la ministre lundi –, est confirmée à la tête du pôle “Éducation et jeunesse”.

07/06/2018 | NOMINATION FRANCE


Une nouvelle DRH pour le ministère de la Culture

Le secrétariat général du ministère de la Culture accueillera très prochainement une nouvelle cheffe de son service des ressources humaines. Par un arrêté publié au Journal officiel du 3 juin dernier, Caroline Gardette, jusque-là directrice générale adjointe de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en charge des affaires générales, a en effet été nommée à ce poste, à compter du 2 juillet prochain. Cette inspectrice des affaires sociales de 1re classe remplacera ainsi Claire Chérie, qui occupait la fonction depuis 2012. Diplômée de l’IEP de Paris et ancienne élève de l’ENA (promotion Marc Bloch, 1997), la nouvelle cheffe de service débute sa carrière à sa sortie de la prestigieuse école d’administration, en tant que chargée de mission au ministère du Travail et des Affaires sociales, puis au secrétariat d’État à la Santé, jusqu’en 2000. Devenue cheffe du bureau “Médicaments” à la direction générale de la santé du ministère de la Santé entre 2001 et 2002, elle rejoint ensuite, en 2003, le ministère des Affaires étrangères en tant que chargée de mission à la Régie régionale de la santé du Québec, pendant un an. De retour à la Santé en 2004, également à un poste de chargée de mission, Caroline Gardette prend, dans la foulée un poste d’adjointe au sous-directeur du droit de l’urbanisme à la direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction des ministères de l’Écologie et du Logement, entre 2005 et 2007.  Directrice générale adjointe de l’Institut de veille sanitaire entre 2007 et 2013, Caroline Gardette est ensuite nommée inspectrice des affaires sociales de 1re classe, en 2014. C’est en 2015 qu’elle intègre l’Anses, en tant que directrice générale adjointe.

04/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle DRH nommée au Centre des monuments nationaux

Au Centre des monuments nationaux (CMN), une nouvelle directrice des ressources humaines (DRH) vient de prendre ses fonctions : Delphine Samsoen. Jusque-là administratrice de la Conciergerie, de la Sainte-Chapelle et des tours de la cathédrale de Notre-Dame à Paris, elle succède ainsi à Séverine Duroselle, en poste depuis 2016 et devenue, quant à elle, DRH de l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. Née en 1970, Delphine Samsoen est diplômée de HEC, titulaire d’une licence d’histoire de l’art et d’un DESS de gestion des institutions culturelles. Elle a notamment été, au musée du Louvre, directrice adjointe de l’Auditorium de 1996 à 2002, puis responsable administrative et financière à la direction du développement culturel en 2002. Delphine Samsoen avait ensuite rejoint le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, comme secrétaire générale, de 2003 à 2010. Elle était entrée au Centre des monuments nationaux en 2013, d’abord comme secrétaire générale du domaine de Saint-Cloud pendant un an, avant de prendre les fonctions d’administratrice de la Conciergerie, de la Sainte-Chapelle, et des tours de Notre-Dame en 2014.

04/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Un conseiller de l’ex-Fondation Hulot nommé vice-président de la Commission nationale du débat public

Par un décret du président de la République publié le 1er juin dernier au Journal officiel, le philosophe Florian Augagneur, jusqu’ici conseiller scientifique à la Fondation pour la nature et l’Homme, a été nommé vice-président de la Commission nationale du débat public (CNDP). Ce spécialiste des questions environnementales travaillera donc ainsi aux côtés de la nouvelle présidente de la CNDP, Chantal Jouanno, et remplacera à cette fonction Jacques Archimbaud. Né en 1980, ce philosophe, diplômé de sciences politiques et de droit parlementaire, a été directeur des études au think tank Terra Nova de 2008 à 2012 et enseignant à Sciences Po  Paris sur la période 2009-2013. Ancien chroniqueur chez France Culture, Floran Augagneur, dont le mentor a été le psychologue et philosophe Serge Moscovici, est entré à partir de 2012 à la Fondation Nicolas Hulot, devenue depuis Fondation pour la nature et l’Homme. Conseiller technique, il y a en outre été chargé des questions institutionnelles de démocratie environnementale.

04/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Anne Devreese promue à l’École de protection judiciaire de la jeunesse

Directrice générale adjointe de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) depuis 2016, Anne Devreese, ex-collaboratrice de Laurence Rossignol au secrétariat d’État chargé de la Famille sous l’ère Hollande, a été promue directrice générale. Elle remplace ainsi Rosemonde Doignies, partie à la retraite en juillet dernier. Rappelons que l’ENPJJ, placée sous l’autorité du ministère de la Justice et située à Roubaix, assure notamment la formation professionnelle des acteurs de la justice des mineurs, notamment les formations statutaires et continues des agents du service public de la protection judiciaire de la jeunesse. Diplômée de Sciences Po Paris, Anne Devreese, 45 ans, a d’abord été responsable d’un centre d’action éducative (1997-2002), puis d’un service territorial de milieu ouvert (2002-2005), avant de rejoindre la direction “Enfance famille” du conseil général du Nord comme directrice adjointe, de 2005 à 2010. Elle prend ensuite, pendant cinq ans, la direction générale de la Société de protection et de réinsertion du Nord. De 2015 à 2016, Anne Devreese officie en cabinet ministériel, auprès de Laurence Rossignol, alors secrétaire d’État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie, qu’elle conseille sur les questions de la protection de l’enfance.

31/05/2018 | NOMINATION FRANCE