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Allemagne : impasse dans les discussions pour former un gouvernement

Angela Merkel, qui avait pourtant fixé le 16 novembre comme date-butoir pour ces négociations, a accepté de jouer les prolongations tout le week-end. En cas d’échec, des nouvelles élections législatives seront convoquées.

17/11/2017 | ACTUALITÉ

Les laborieux pourparlers entre conservateurs, libéraux et Verts allemands pour tenter de former un gouvernement en Allemagne ont été ajournés dans la nuit de jeudi 16 à vendredi 17 novembre faute d'accord et reprendront ce vendredi, ont annoncé des participants. A la sortie des discussions marathon interrompues à 4 heures du matin, l'un des ténors de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Volker Kauder, a affirmé partir du principe que ces négociations se prolongent éventuellement durant le week-end. Si au final aucun compromis n'est trouvé après un mois de pourparlers, des législatives anticipées risquent d'être convoquées. S'ils parviennent finalement à un accord au plus tard ce week-end, les quatre partis engagés dans ces discussions entameront l'élaboration d'un "contrat de coalition" avec l'objectif de former, au plus tôt d'ici Noël, un quatrième gouvernement dirigé par Angela Merkel. La chancelière allemande avait fixé la date du 16 novembre pour la fin des pourparlers exploratoires, soit près de deux mois après les législatives qui n'ont pas donné à l'Allemagne de majorité évidente. Depuis près d'un mois, conservateurs (CDU et son allié bavarois CSU), libéraux et écologistes, partis aux positions souvent très éloignées, ont mené des discussions tendues visant à savoir s'ils peuvent diriger ensemble le pays. Politique migratoire et climat Les points de discorde restent nombreux. Les Verts maintiennent particulièrement leurs exigences de campagne en matière de politique migratoire, sujet sensible dans un pays qui a accueilli plus de 1 million de demandeurs d'asile depuis 2015. Ils insistent sur une reprise l'an prochain des regroupements familiaux pour les réfugiés n'ayant obtenu qu'un titre de séjour d'un an renouvelable (protection subsidiaire). Ce que les autres partis, soucieux de la montée de l'AfD, refusent catégoriquement. Sur le climat, les Verts, qui ont renoncé à des revendications majeures comme la fin des moteurs à combustion et des centrales à charbon à l'horizon 2030, exigent en échange de leurs partenaires une proposition plus ambitieuse sur l'objectif de réduction des émissions de CO2. L'autre grand sujet de discorde est la politique européenne. Selon le document, les libéraux excluent tout budget européen qui pourrait servir à aider un pays de la zone euro frappé par une crise, comme le propose le président français Emmanuel Macron, tandis que les conservateurs font preuve d'une certaine ouverture et les écologistes soutiennent pleinement l'idée. (avec AFP)


La Serbie et le Monténégro en marche pour rejoindre l’Union européenne d’ici 2025

Le président de la Commission européenne avait appelé de ses vœux l’élargissement de l’Union européenne en septembre dernier. Le Monténégro est en pourparlers d’adhésion depuis 2012 et la Serbie depuis 2014. Dans les Balkans, l’UE a également engagé des discussions avec la Macédoine et l’Albanie. 

16/11/2017 | ACTUALITÉ

Si Jean-Claude Juncker le souhaite, l’élargissement de l’Union européenne (UE) aux pays des Balkans devrait se faire. En devenant président de la Commission européenne en 2014, le Luxembourgeois avait prévenu que l’UE ne s’agrandirait pas pendant son mandat, qui court jusqu’en 2019. Mais il vient d’indiquer que les 28 pourraient accueillir 2 membres supplémentaires d’ici 2025. “La Serbie et le Monténégro seront membres de l’Union européenne avant 2025”, a-t-il déclaré lors d’un point presse avec le Premier ministre bulgare, dont le pays va assurer la présidence tournante de l’UE à partir du 1er janvier. Dans une lettre à la Présidence estonienne du Conseil en septembre dernier, Jean-Claude Juncker et son vice-président, Frans Timmermans, avaient déjà souligné les 10 priorités à long et moyen termes de l’UE. L’une de ces priorités était de préparer une “stratégie pour l’adhésion réussie de la Serbie et du Monténégro, les deux premiers candidats des Balkans occidentaux”. Réformes impératives Onze ans après son indépendance de la Serbie, le Monténégro, qui vient de rejoindre l’Otan début juin, a commencé les pourparlers d’adhésion avec l’UE en 2012. Pour l’heure, 28 chapitres sur 35 ont été ouverts. Malgré tout, le pays ne remplit pas tous les critères nécessaires pour être admis à la table européenne. L’inusable homme fort du pays, le Premier ministre monténégrin Milo Dukanovic, est au pouvoir depuis vingt-cinq ans et la liberté de la presse n’est pas toujours respectée. Par ailleurs, L’Union européenne a toujours souligné les réformes impératives que doit mener le pays pour éradiquer le crime organisé et la corruption au sommet de l’État. Ce sujet est sans doute ce qui retarde aujourd’hui le plus le Monténégro dans l’avancement des négociations avec l’Union européenne. La Serbie, quant à elle, a démarré le processus d’adhésion en 2014, à la suite de la normalisation de ses relations avec le Kosovo. Quatre chapitres sur 35, dont les plus sensibles, sur les droits fondamentaux et judiciaires ainsi que la justice, la liberté et la sécurité, ont été ouverts l’année dernière. Dossier turc toujours au point mort Trois autres pays sont aujourd’hui candidats officiels à l’Union européenne et ont commencé les négociations d’adhésion : l’Albanie, la Macédoine et la Turquie. L’Albanie n’a encore ouvert aucun des 35 chapitres de négociation. Les discussions sont actuellement gelées avec la Macédoine en raison d’un conflit avec la Grèce, dont l’une des régions s’appelle aussi “Macédoine” et qui refuse de partager ce nom. Quant à la Turquie, Jean-Claude Juncker a écarté son adhésion “dans un avenir proche”. Il a estimé que le pays s’éloigne “à pas de géants” de l’UE en raison des purges commises depuis l’été 2016. Les négociations avec la Turquie, lancées en 2005, sont au point mort et le président de la Commission européenne a indiqué qu’une entrée d’Ankara dans l’Europe aurait besoin de plus longtemps que cinq à dix ans. Jean-Bernard Gallois


La Tunisie met en place une police fiscale

Une brigade d’investigation va lutter contre la fraude et l’évasion fiscale, qui font perdre à l’État tunisien jusqu’à 2 milliards d’euros par an. Un tiers des contribuables tunisiens seulement déclarent volontairement leurs revenus. Des centaines de milliers d’entreprises ne payent presque pas d’impôts. 

15/11/2017 | ACTUALITÉ

Le ministre tunisien des Finances, Ridha Chalghoum, a inauguré fin octobre, à Tunis, le siège de la brigade d’investigation et de lutte contre l’évasion fiscale. Cette unité est entrée en fonction dix mois après sa création dans le cadre de la loi de finances pour 2017. Elle est composée d’une trentaine de contrôleurs fiscaux qui travailleront sous l’autorité conjointe de la direction générale des impôts et des avocats généraux auprès des cours d’appel. Selon son directeur, Mohamed Kazzah, les enquêtes cibleront en particulier les secteurs du commerce et des services, qui sont les plus concernés par le phénomène de l’évasion fiscale. Le responsable a néanmoins précisé que les petits métiers et les artisans seraient exemptés des opérations de contrôle, qui seront menées sur de plus grands dossiers d’évasion fiscale, en coordination avec la Banque centrale de Tunisie, la douane et la police. Selon des sources officielles, l’État perd chaque année jusqu’ à 7 milliards de dinars (environ 2 milliards d’euros) de recettes fiscales. Actuellement, un contribuable sur 3 déclare volontairement ses revenus. Pis, une grande majorité des actifs ne disposent pas d’un identifiant fiscal. La situation s’est nettement détériorée après la révolution tunisienne. La direction générale de la fiscalité a imputé le recul du nombre de déclarants au climat de désordre dans le pays. Régime forfaitaire en cause Des syndicats et des experts financiers accusent de leur côté les autorités d’avoir encouragé l’évasion fiscale à travers la mise en place d’une réglementation inéquitable. En cause, le régime forfaitaire qui permet à 400 000 entreprises sur 600 000 de ne contribuer qu’à hauteur de 0,2 % de la valeur globale des recettes d’impôt. “Il est inadmissible, aujourd’hui, que les travailleurs ou les employés assument à eux seuls la charge fiscale, car ils sont soumis au prélèvement direct sur salaire, et que des personnes fassent fortune au détriment d’autres classes en manquant à leur devoir fiscal”, a déploré tout récemment Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). Ce responsable a cité à titre d’exemple le cas des médecins du secteur public qui payent une taxe plus importante que leurs collègues du privé. Dans un rapport sur le système fiscal tunisien rendu public en 2012, le Fonds monétaire international avait déjà attiré l’attention des autorités sur le risque que faisait peser le régime forfaitaire sur la solvabilité du système fiscal local. “Ce régime, supposé assujettir les microsociétés à un faible impôt forfaitaire, semble avoir fait l’objet d’abus graves avec 98 % des contribuables qui se cachent derrière”, avait fait remarquer l’institution financière. Conscient de l’énorme manque à gagner, le gouvernement a lancé, une année plus tard, un dialogue national sur la réforme fiscale. Mais ses résultats n’ont pas été concluants. Le régime forfaitaire n’a pas encore été abrogé. En revanche, le gouvernement a pris une série de mesures pour lutter contre la fraude fiscale. Traçabilité des opérations La loi de finances pour 2017, qui a institué la police de la fiscalité, comprend d’autres mesures, dont l’obligation pour les professions libérales d’inscrire leur matricule fiscal sur tous les documents liés à l’exercice de leurs activités. Le but de cette démarche étant d’assurer une meilleure traçabilité des opérations et de permettre à la direction des impôts d’avoir une plus grande connaissance de l’assiette fiscale. Sur un autre plan, l’État a pris de nouvelles dispositions pour renforcer la mise en application de la procédure concernant la levée du secret bancaire. La direction du fisc a désormais la possibilité d’avoir accès aux comptes bancaires des contribuables sans un accord préalable du juge. Mais elle doit néanmoins adresser une demande écrite aux établissements financiers qui pourraient, le cas échéant, effectuer des transferts de fonds à la demande de leurs clients. Ce genre de préalable réduit finalement la marge de manœuvre des contrôleurs du fisc. Leur impuissance est encore plus grande face au secteur informel, qui prospère dans le pays. L’économie souterraine génère ainsi 35 % du PIB tunisien. L’Association des économistes tunisiens vient de révéler que l’évasion fiscale liée au secteur non déclaré représente un peu plus de 130 millions d’euros par an.  Samia Lokmane-Khelil


Le Premier ministre grec annonce des mesures sociales

Distancé dans les sondages par l’opposition de droite, Alexis Tsipras crée la surprise en desserrant l’étau budgétaire au profit des plus modestes. La Grèce est financièrement sortie de la zone rouge après plusieurs années de rigueur extrême. 

14/11/2017 | ACTUALITÉ

La Grèce aperçoit-elle le bout du tunnel ? Son Premier ministre, Alexis Tsipras, a annoncé, lundi 13 novembre, des mesures de soutien social d’1,4 milliard d’euros au vu des performances budgétaires de 2017. Se prévalant de ces bons résultats, ayant permis au pays de dégager cette année un excédent primaire (hors service de la dette) “bien supérieur” à l’objectif de 1,75 % du PIB fixé par les créanciers, le chef du gouvernement a annoncé la redistribution en faveur des “couches populaires” d’un surplus de 1,4 milliard d’euros. Sur ce total, 720 millions seront destinés à soutenir, sous forme d’aides exceptionnelles et en fonction d’une série de critères, les ménages dont les revenus annuels ne dépassent pas 18 000 euros par an, soit un total de 3,4 millions de personnes, a-t-il précisé. Une ligne de 315 millions sera affectée au remboursement de dépenses de santé imposées aux petits retraités. L’entreprise publique surendettée d’électricité DEI recevra, pour sa part, 360 millions d’euros pour subventionner les tarifs favorables accordés aux plus vulnérables. Ces mesures attestent “des priorités politiques et sociales” du gouvernement, a souligné Alexis Tsipras. Sous perfusion financière Cette annonce intervient alors que le pays, désormais loué pour ses efforts de réforme par ses créanciers, se prépare à sortir de sa mise sous perfusion financière, avec son retour prévu en août 2018 sur les marchés, dont l’accès lui a été barré en 2010. Le Premier ministre grec avait déjà annoncé par surprise des mesures sociales début décembre 2016, d’un montant de 617 millions d’euros, sous forme notamment d’un soutien exceptionnel aux plus petits retraités. Cette initiative, à l’époque sur fond de bras de fer avec les bailleurs de fonds au sujet de nouvelles réformes à adopter par le pays, avait profondément irrité l’Allemagne, suscitant dans la foulée une réaction de la zone euro. Mais Athènes, notamment soutenue par Paris, avait fini par faire prévaloir ses vues. Le service statistique grec a, entre-temps, confirmé que le pays avait réalisé en 2016 un excédent budgétaire primaire bien supérieur à ce que lui réclamaient ses créanciers, à 3,7 % du PIB. Et ce au prix d’une coupe tous azimuts dans les dépenses publiques et d’un alourdissement de la pression fiscale. (avec AFP)


Enième tentative pour relancer l’Europe de la défense

Vingt-trois pays s’engagent dans une “coopération” militaire renforcée. Depuis l’échec de la mise en place d’une Communauté européenne de défense (CED) il y a soixante ans, les Européens n’ont jamais réussi à avancer dans ce domaine.

13/11/2017 | ACTUALITÉ

Une journée historique pour la défense européenne ? Vingt-trois pays de l’Union européenne (UE) ont signifié, lundi 13 novembre, leur intention de s’engager dans une “coopération” militaire renforcée, lors d’une cérémonie en fin de matinée à Bruxelles. Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de 23 États membres ont ainsi signé un ensemble de 20 “engagements” pour développer des programmes d’armement ou faciliter la mise sur pied d’opérations extérieures. Selon la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, ce nouvel outil permettra de “développer davantage nos capacités militaires pour renforcer notre autonomie stratégique”.  Depuis l’échec de la mise en place d’une Communauté européenne de défense (CED) il y a soixante ans, les Européens n’ont jamais réussi à avancer, la plupart des pays gardant jalousement la main sur ce qui, à leurs yeux, relevait strictement de la souveraineté nationale. Mais une succession de crises depuis 2014 (annexion de la Crimée par la Russie et conflit dans l’est de l’Ukraine, vague de réfugiés), puis le vote du Brexit et l’arrivée au pouvoir de Donald Trump ont changé la donne. Quartier général opérationnel “L’initiative de la coopération structurée permanente (CSP) est intervenue (…) en réponse au développement des attentats” à l’automne 2015, mais également “en réponse à la crise en Crimée”, a souligné le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, en arrivant à Bruxelles. En théorie, cette coopération renforcée peut déboucher sur la mise sur pied d’un quartier général opérationnel pour des unités de combat ou d’une plate-forme logistique d’opérations. Dans un premier temps, elle est surtout susceptible de prendre la forme de projets – à quelques-uns – de développement de matériel (chars, drones, satellites ou avions de transport militaire) ou encore d’un hôpital de campagne européen. Plus de 50 projets de coopération ont déjà été déposés, a précisé Federica Mogherini, qui a espéré que la CSP permettra des “économies d’échelle” pour l’industrie de la défense européenne. Sans le Royaume-Uni et le Danemark Pour la plupart des diplomates et experts, la vision française de la CSP, exigeante car tournée vers la participation à des missions potentiellement risquées, a été supplantée par la vision allemande, moins ambitieuse mais soucieuse de faire participer le plus grand nombre de pays. Les participants promettent également d’injecter 2 % des budgets totaux des armées dans la recherche et la technologie et 20 % du total de leurs budgets de défense pour du matériel permettant de “combler” certaines “lacunes stratégiques” des armées européennes. Le Royaume-Uni et le Danemark, qui ont exclu d’y participer, mais aussi l’Irlande, le Portugal et Malte n’ont pas participé à la cérémonie de notification. La CSP sera officiellement lancée en décembre. (avec AFP)


Le président du Parlement européen veut lancer un “plan Marshall pour l’Afrique”

Antonio Tajani a annoncé, le 30 octobre devant le Parlement tunisien, qu’il souhaitait mobiliser 40 milliards d’euros pour le développement du continent africain dans le prochain budget pluriannuel 2020-2026. Il espère un effet de levier de 400 milliards d’euros avec les apports des des investisseurs privés. 

10/11/2017 | ACTUALITÉ

“Avec 40 milliards d’euros et une action encore plus forte de la Banque européenne d’investissement, il est tout à fait possible de changer le destin de l’Afrique”, a estimé Antonio Tajani. Le président du Parlement européen, qui s’exprimait devant le Parlement tunisien le 30 octobre dernier, a ajouté que cette somme pourrait être multipliée par dix et atteindre 400 milliards avec l’apport de fonds privés, sur le modèle du plan Juncker pour l’Europe. D’ailleurs, Antonio Tajani n’a pas hésité à parler de “plan Marshall pour l’Afrique”, sur le modèle du plan d’investissement américain qui a permis la reconstruction de l’Europe à partir de 1947.  L’objectif du plan proposé par Antonio Tajani est de “bâtir des infrastructures, aider les PME, faire des jeunes Africains des entrepreneurs”. Ce plan, dont les contours avaient été formulés lors d’un voyage en mai dernier par des parlementaires européens en Tunisie sous l’appellation de “plan pour la Méditerranée”, serait une contribution essentielle dans la lutte contre l’immigration illégale en Europe. Ne pas laisser le champ libre à la Chine “Vous devez comprendre pourquoi il y a des centaines de milliers, voire des millions de personnes à l’avenir qui pourraient quitter leur pays et venir chez vous (en Tunisie) et au-delà”, a-t-il dit aux parlementaires tunisiens. Le président du Parlement européen a appelé à l’action pour offrir aux émigrants des opportunités pour une vie décente, d’où le besoin d’investissements, notant que “personne ne veut quitter sa ville natale, mais que si cette ville souffre de pauvreté et de chômage, l’émigration deviendra alors la seule solution”. Lors de son discours, il a aussi précisé la volonté européenne de ne pas “laisser le développement de l’Afrique à une Chine qui n’a pas la même conception que nous du respect de l’environnement, des valeurs démocratiques”. L’Union européenne est le premier bailleur de fonds pour l’aide au développement dans le monde. En 2016, elle a consacré près de 19 milliards d’euros de son budget pluriannuel à l’Afrique. Les 200 projets du plan Juncker Avec 40 milliards d’euros qui pourraient se transformer en 400 milliards d’euros d’investissement, cet objectif n’est-il pas trop ambitieux ? Pas forcément, si l’on observe le plan Juncker lancé fin 2015 pour l’Union européenne, auquel se réfère le “Plan Marshall pour l’Afrique”. Celui-ci prévoyait un multiplicateur de 15 où les 21 milliards de garantie de l’Union européenne et de la Banque européenne d’investissement devaient déboucher sur 315 milliards d’euros d’investissement d’ici septembre 2018. En septembre dernier, les quelque 200 projets approuvés par la Commission européenne devaient générer 210 milliards d’euros d’investissement, soit plus de la moitié des 315 milliards espérés. Et un vote du Parlement européen l’a prolongé de deux ans, jusqu’en 2020, avec pour objectif d’investir 500 milliards d’euros au total. Jean-Bernard Gallois


La purge anticorruption en Arabie Saoudite touche aussi des fonctionnaires

Les interpellations qui ont ciblé des membres de la famille royale, des ministres et des hommes d’affaires saoudiens le week-end dernier s’étendent depuis le 8 novembre à des cadres et à des agents de l’administration, accusés à leur tour de malversations. Le gouvernement, qui a bloqué 1 700 comptes bancaires jusqu’ici, a annoncé qu’il allait confisquer 689 milliards d’euros de liquidités et d’actifs provenant de la corruption.

09/11/2017 | ACTUALITÉ

Qui arrêtera Mohamed Ben Salman ? Le prince héritier saoudien âgé de 32 ans a lancé une purge historique, qui fait l’effet d’un ouragan politique dans un royaume réputé pour sa nonchalance et ses révolutions de palais plutôt feutrées. Après avoir fait arrêter princes, ministres et hommes d’affaires le week-end dernier, dans le cadre d’une opération anticorruption sans précédent et qu’il supervise en personne, le monarque a décidé d’étendre son coup de filet aux fonctionnaires. Des cadres de l’administration ont été interpellés mercredi 8 novembre. Ces arrestations visent des directeurs et des fonctionnaires de rang subalterne, accusés à leur tour de malversations. Pour le moment, aucune information n’a été communiquée sur le nombre d’individus appréhendés. En revanche, des chiffres ont été rendus publics concernant la somme des comptes bancaires bloqués et appartenant aux personnes détenues. Cinq cents de plus ont été gelés hier, faisant passer le nombre global des comptes concernés à 1 700. La banque centrale d’Arabie Saoudite, qui actualise sa liste pratiquement heure par heure, a choisi la voie de la transparence en divulguant les références des avoirs gelés. Préserver le climat des affaires De son côté, le gouvernement vient de dévoiler son intention de confisquer 3 000 milliards de ryals (689 milliards d’euros) d’actifs et de liquidités provenant de la corruption et de les verser dans les caisses de l’État. À la suite de cette annonce, un vent de panique s’est emparé des milieux d’affaires. Des entrepreneurs penseraient même à transférer leurs capitaux à l’étranger. Pour les rassurer, les autorités ont indiqué que les gels d’avoirs concernent des particuliers et non des sociétés. Pour le roi Salman, ce sont en effet des personnes bien précises qui sont visées. “Nous avons noté de l’exploitation de la part de quelques âmes faibles qui ont mis leurs propres intérêts au-dessus de ceux du peuple pour s’enrichir de manière illicite”, a-t-il déclaré samedi 4 novembre, à l’issue d’un Conseil des ministres consacré à la mise en place d’un comité anticorruption dont il a confié la présidence à son fils. Le prince héritier est passé aussitôt à l’action en ordonnant l’arrestation de 11 princes, de dizaines d’anciens membres du gouvernement, 4 ministres en exercice et des hommes d’affaires. Parmi les personnalités citées, le prince Miteb Ben Abdullah, fils de l’ancien roi et chef de la garde nationale, le ministre de l’Économie, Adel Fakih, mais aussi Abdallah Al-Sultan, chef de la marine, et surtout le prince milliardaire Al-Walid Ben Talal. Des images ont filtré sur le lieu de détention hallucinant de ces dignitaires : un palace, le Ritz Carlton de Ryad, où ils dormiraient sur des matelas, au sol.   Baisse des revenus des hydrocarbures À l’heure actuelle, les analyses divergent sur les raisons du coup de balai anticorruption de la monarchie saoudienne. Officiellement, il est censé “ouvrir une nouvelle ère et une politique de clarté, de transparence et de responsabilité”, selon le nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed El Jadaan. Celui-ci a par ailleurs affirmé que l’opération “préservera le climat pour les investissements et renforcera la confiance dans l’État de droit”. Convaincus, beaucoup dans le Royaume prêtent également au prince héritier le désir de moderniser son pays en le réformant sur le plan politique et économique. Son offensive contre “les nantis” est saluée par les Saoudiens car elle intervient dans un contexte économique assez critique qui se traduit par la baisse des revenus des hydrocarbures et une hausse du chômage. Après sa nomination en qualité de prince héritier en juin dernier, Mohamed Ben Salman a fait grimper sa popularité en dévoilant un plan d’investissement d’envergure à l’horizon 2030, qui devra, selon lui, mettre fin à la dépendance du Royaume vis-à-vis de la rente pétrolière. Un certain nombre d’experts le soupçonnent néanmoins de jouer double jeu. Ils l’accusent de brandir avec une main l’étendard d’un royaume qui avance sur la voie de la modernité et d’un développement économique profitable à tous et avec une autre main, une épée pour trancher la tête de ses contradicteurs, sous prétexte, notamment, de lutter contre la corruption.        Samia Lokmane-Khelil


Le FMI livre ses recettes au gouvernement japonais

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a appelé, mercredi 8 novembre, le Japon à augmenter sa main d’œuvre féminine et à réduire le temps de travail des salariés, alors que les mesures du Premier ministre, Shinzo Abe, tardent à porter leurs fruits.

08/11/2017 | ACTUALITÉ

Le Fonds monétaire international (FMI) appelle le Japon au “bon sens économique” en réduisant, notamment, “les longues heures de travail”. En visite à Tokyo, où elle célébrait le 20e anniversaire du bureau régional “Asie et Pacifique” du FMI, la directrice générale du Fonds, Christine Lagarde, a demandé au gouvernement japonais de faire plus pour encourager le travail des femmes, notant toutefois que sur les cinq dernières années, le nombre de salariées avait augmenté de 1,6 million dans le pays. “Je pense qu’il y a encore une marge pour prêter plus d’attention à un meilleur accès aux crèches (…), à une réduction des longues heures de travail, pas seulement pour les femmes, mais pour tous, y compris les hommes”, a déclaré Christine Lagarde. “Cela pourrait changer la donne pour l’économie japonaise, cela augmenterait la croissance potentielle, améliorerait la productivité et, en plus d’être à mon humble avis un impératif moral, c’est tout simplement du bon sens économique”, a-t-elle lancé. Accord d’entreprise Les habitudes de travail au Japon se caractérisent par un nombre d’heures supplémentaires souvent démesurées, conduisant jusqu’à des cas de mort par surmenage, qui ont même un nom en japonais : karoshi. De mars 2016 à mars 2017, 191 de ces cas avaient été répertoriés par le gouvernement, qui note que 7,7 % des salariés japonais effectuent plus de 20 heures supplémentaires par semaine. La durée légale de travail au Japon est de 40 heures hebdomadaires, complétées par un plafond théorique de 45 heures supplémentaires par mois, qui vole en éclats quand existe un accord d’entreprise. Outre une politique monétaire accommodante et des largesses budgétaires, la politique de relance “abenomics” du Premier ministre, Shinzo Abe, inaugurée fin 2012, prévoit des réformes structurelles (dérégulation, révision des lois sur le travail, promotion des femmes, réformes agricoles). Mais peu ont avancé, contrairement aux promesses, et les analystes considèrent que, sans ces changements fondamentaux, le pays ne parviendra pas à en finir avec ses maux, dont la déflation, qui ronge l’économie depuis deux décennies, et la dénatalité. (avec AFP)


Madrid alerte de nouveau sur les risques de récession en Catalogne

Le gouvernement espagnol met régulièrement en garde contre l’impact économique de la crise politique catalane, alors que plus de 2 000 entreprises ont transféré leur siège social hors de la région.

07/11/2017 | ACTUALITÉ

Le gouvernement espagnol a de nouveau mis en garde contre les “conséquences économiques” de la crise en Catalogne, alors que l’incarcération de 8 ministres catalans destitués a réactivé des manifestations indépendantistes. “Avec les élections prévues le 21 décembre, le gouvernement espère rétablir la stabilité (…) en Catalogne, en particulier pour éviter des conséquences économiques très préjudiciables pour cette région”, a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement conservateur, Inigo Mendez de Vigo, à l’issue du Conseil des ministres, vendredi 2 novembre. Sur le tourisme, qui représente 12 % du PIB de la Catalogne, l’impact des événements consécutifs au référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre est “très notable”, a-t-il affirmé. Le taux d’occupation des hôtels de Barcelone était de 83 % pendant la dernière semaine d’octobre et 67 % des hôteliers affirment avoir baissé leurs prix pour compenser cette baisse, selon une enquête réalisée par le gouvernement. En octobre, la Catalogne est aussi la région espagnole dans laquelle le nombre de chômeurs a le plus augmenté (+ 14 700), a par ailleurs souligné le porte-parole du gouvernement. Région la plus riche d’Espagne Si le phénomène est habituel en Catalogne, “cette année, la tendance est plus accentuée”, a indiqué dans un communiqué le syndicat Pimec, première organisation patronale des PME catalanes. Le gouvernement espagnol met régulièrement en garde contre l’impact économique de la crise politique catalane, alors que plus de 2 000 entreprises ont transféré leur siège social hors de la région, selon le dernier décompte du registre du commerce. Madrid a ainsi abaissé son objectif de croissance pour 2018 à 2,3 %, contre 2,6 % espérés auparavant. La Banque d’Espagne maintient pour l’instant sa prévision à 2,5 %, mais a averti du risque de “récession” en Catalogne d’ici 2019 en cas de crise politique “sévère et prolongée”. La Catalogne, qui représentait 19 % du PIB espagnol en 2016, est au coude-à-coude avec Madrid (18,9 %) pour le titre de région la plus riche du pays. (avec AFP)


Comment le pouvoir algérien décourage les candidats aux élections locales

L’administration algérienne a invalidé plusieurs listes de candidats aux élections du 23 novembre. L’opposition conteste un régime électoral qui privilégie les partis au pouvoir dans l’attribution des sièges et d’un code communal permettant aux préfets d’exercer une tutelle sur les assemblées locales. 

06/11/2017 | ACTUALITÉ

La campagne pour les élections locales du 23 novembre prochain, en Algérie, a commencé dimanche 29 octobre dans une ambiance assez morose. La plupart des partis d’opposition qui prennent part au scrutin ont conscience que l’administration mettra tout en œuvre afin de permettre aux partis de l’alliance présidentielle, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), dirigé par l’actuel chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, de rafler la mise et de proroger leur pouvoir sur les municipalités. Au plus haut niveau de l’État, ce rendez-vous électoral qui a valeur de test avant l’élection présidentielle de 2019, vise à mettre en place un maillage territorial qui préservera le statu quo politique. Pour avoir été un représentant du sérail, l’ancien Premier ministre, Ali Benflis, qui dirige actuellement un mouvement d’opposition, Talaie el Houriat, sait comment fonctionne la machine électorale. Anticipant une fraude massive au profit du FLN et du RND, il dénonce un scrutin verrouillé auquel il a pourtant décidé de prendre part. “Les entraves auxquelles nous sommes confrontés dépassent tout entendement. L’administration est allée jusqu’à rejeter des listes au motif que certains candidats présentent un danger pour l’ordre public alors qu’ils n’ont jamais été condamnés. On nous dit que nos listes ne passeront pas. La fraude se déroule maintenant pas anticipation », s’est révolté un de ses lieutenants dans la presse algérienne récemment. Rejets de parrainages Plusieurs autres formations du spectre politique - des laïques aux islamistes - déplorent des obstacles similaires. Ils accusent les pouvoirs publics de les disqualifier autrement que par la voie des urnes en réduisant leur participation aux élections locales. Il est arrivé en effet que la justice soit appelée en renfort ces dernières semaines, pour invalider des listes de candidats pour des motifs assez aberrants. Dans plusieurs cas, les juges ont fait une propre interprétation du code électoral, en recalant des postulants pour des amendes impayées ou, plus grave, parce qu’ils constituent une menace à la sécurité de l’État, alors qu’ils n’ont jamais été inquiétés par la justice. Opérant avec zèle, les autorités ont également rejeté, dans plusieurs cas, des parrainages sous prétexte que les signatures ne sont pas valides. Ces parrainages ont été instituées conformément à la nouvelle loi électorale votée en 2016 et qui exige des candidats de partis ayant obtenu moins de 4 % des voix aux précédentes élections de recueillir le "parrainage" de 50 électeurs par siège à pourvoir. Compte tenu du nombre important de sièges au niveau national - 2 150 en tout - le défi s’est avéré insurmontable pour la plupart des 50 partis en lice. En dehors de leurs bastions régionaux, ils  n’ont pas pu recueillir les signatures nécessaires. Pour l’opposition, ce genre de dispositions sert clairement les intérêts du FLN et du RND qui ont obtenu la majorité au Parlement en mai dernier. Certains ont saisi à ce sujet la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) dirigée par un ancien ministre, Mohamed Derbal. Celui-ci a interpellé, à son tour, le pouvoir exécutif sur les dépassements de l’administration dans le traitement des dossiers de candidature. Il s’est en outre élevé contre la partialité de l’appareil judiciaire et les distorsions contenues dans la loi électorale.  Taux de participation très faible Sur un autre registre, Mohamed Derbal a montré son agacement concernant le manque d’empressement affiché par le ministère de l’Intérieur à assainir le fichier électoral, un instrument de fraude par excellence. Ce réservoir de voix a permis par le passé aux autorités de gonfler le taux de participation et de crédibiliser des opérations électorales largement désavouées par la population. Cette fois, il a attendu aussi que les électeurs désertent les bureaux de vote. Lors du dernier scrutin législatif, le taux de participation très faible n’a pas dépassé 37 %. Pour nombre d’Algériens, les élus au niveau national ou local n’ont pas réellement de prérogatives. Ce constat est confirmé dans le cas des municipalités, par des dispositions du code communal qui placent les maires et leurs adjoints sous tutelle du préfet. L’article 57, par exemple, stipule que les procès-verbaux signés par l’assemblée municipale "ne sont exécutoires qu’après avoir été approuvés par le wali (préfet), notamment pour les délibérations portant sur les budgets et les comptes, l’acceptation de dons et legs étrangers, les conventions jumelage et es aliénations du patrimoine communal". Samia Lokmane-Khelil


Incertitudes politiques au Liban après la démission du Premier ministre

Le départ surprise de Saad Hariri intervient dans un climat politique et économique très tendu dans le pays. Le chef du gouvernement affirme avoir peur d’être assassiné et accuse le Hezbollah et l’Iran de mainmise sur le Liban. 

06/11/2017 | ACTUALITÉ

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé samedi 4 novembre sa démission depuis l’Arabie Saoudite, où il se trouve depuis plusieurs jours. Cette défection très inattendue fait planer sur le Liban la menace d’une grave crise gouvernementale, voire d’une déstabilisation politique, qui pourrait ouvrir une nouvelle page de violences confessionnelles et communautaires. Saad Hariri a lui-même donné le la, accusant l’Iran via le Hezbollah, un parti politique armé, allié du gouvernement depuis un an, d’exercer une mainmise sur le Liban. “Là où l’Iran est présent, il sème la division et la destruction. La preuve de cela est son ingérence dans les pays arabes, sans parler de sa rancune profonde contre la nation arabe”, a dénoncé le Premier ministre démissionnaire, dans un discours retransmis par la chaîne de télévision satellitaire El Arabia, indiquant que “le Hezbollah est le bras de l’Iran non seulement au Liban mais également dans les autres pays arabes”. Saad Hariri, qui dit avoir “peur d’être assassiné”, a déploré la gravité de la situation politique. Les circonstances rappellent, d’après lui, celles qui ont prévalu lors de l’assassinat de son propre père, l’ancien Premier ministre Rafik Hariri, en 2005. Risque de chaos À Beyrouth, son départ a pris tout le monde de court. Le président de la République, Michel Aoun, qui a ajourné un déplacement au Qatar, a réagi dans un communiqué. Il a révélé avoir appris la démission de son Premier ministre par téléphone et dit attendre son retour afin de connaître les raisons de sa décision et en tirer les conséquences. Pour le moment, le chef de l’État libanais doit surtout parer au plus urgent, en contenant le risque d’un probable chaos. Sur le compte Twitter de la Présidence, Michel Aoun a souligné “la nécessité de préserver l’unité nationale, la stabilité politique et sécuritaire, et l’importance de protéger les réalisations accomplies” durant la première année de son mandat. Il a également affirmé que “les menaces auxquelles le pays est confronté obligent les Libanais à faire front en restant unis”. Pour éviter que la situation ne dérape, des directives ont été données aux différents services de sécurité leur demandant de redoubler de vigilance. Sur le plan économique, le ministre des Finances et le gouverneur de la banque centrale ont été instruits des mesures de prudence à prendre afin de “préserver la stabilité monétaire du Liban”. Réfugiés syriens Il faut dire que la démission de Saad Hariri intervient dans une phase économique très critique. En septembre dernier, le Fond monétaire international (FMI) avait fait un point négatif de situation, prédisant que “la situation (allait) demeurer sombre tout au long de 2017”. Le niveau de l’endettement public a atteint 148 % du PIB en 2016. L’afflux de plus d’1 million de réfugiés syriens – désormais un peu moins d’un quart de la population – constitue en outre un fardeau que l’État ne se sent pas capable de supporter. Il y a quelques mois, Saad Hariri s’était tourné vers la communauté internationale pour qu’elle aide le Liban à s’en sortir financièrement. Depuis quelque temps, des signes évoquant une reprise en main de la situation par l’État ont donné l’illusion que les choses s’amélioraient. Le Parlement a adopté le premier budget public depuis 2005. Une loi électorale a par ailleurs été votée, ouvrant la voie à la tenue d’élections et à une véritable alternance au pouvoir. Pour le premier anniversaire de son investiture, il y quelques jours, le Président Aoun a fait remarquer, de son côté, que l’État était parvenu à démanteler les cellules terroristes et à rétablir la sécurité. Sécurité précaire Cette sécurité est néanmoins considérée comme précaire par bon nombre d’experts, qui pointent du doigt la puissance militaire du Hezbollah, le seul parti politique autorisé à garder les armes depuis la fin de la guerre civile, en 1990. En novembre 2016, le Hezbollah faisait son entrée au gouvernement, sur la base d’un compromis politique entre le Président Aoun et Saad Hariri, désigné alors pour présider le Conseil des ministres. Mais l’entente n’a finalement pas duré longtemps. C’est la seconde fois d’ailleurs que Saad Hariri quitte son poste de Premier ministre à cause du Hezbollah. Il avait déjà jeté l’éponge après trois ans d’exercice en 2011. Un tiers de ses ministres, proches du mouvement chiite, avaient démissionné, entraînant la chute de son cabinet.   Au Liban, personne ne sait en revanche combien de temps va tenir l’actuel gouvernement. La présidence de la République a indiqué que celui-ci resterait en place pour gérer les affaires courantes. Samia Lokmane-Khelil  


La Suède pourrait passer à l’e-monnaie en 2020

Le pays scandinave est en passe de devenir la première nation au monde sans argent liquide. La Banque centrale pèse actuellement tous les arguments pour créer une e-couronne qui serait utilisée par tous. Elle se laisse jusqu’à la fin de 2019 pour prendre sa décision.

06/11/2017 | ACTUALITÉ

La Riksbank, la banque centrale suédoise, la plus ancienne du monde – créée voici 358 ans –, envisage très sérieusement de créer une e-couronne (e-krona), une version numérique de la monnaie légale. Elle va prendre une décision sur l’opportunité d’émettre cette crypto-monnaie dans les deux prochaines années. “Comment pouvons-nous concevoir ce projet : via une carte rechargeable, une application ou une autre manière de pratiquer ?” a déclaré Cecilia Skingsley, gouverneure adjoint à la Riksbank, au Financial Times. Premier constat fait par la banque centrale : les transactions en espèces ne représentent que 1,4 % du total cette année et devraient descendre à 0,5 % en 2020, un record… alors qu’elles représentent 44 % en France et 79 % en Allemagne. Selon un sondage de la Banque de Suède, deux tiers des citoyens estiment qu’ils peuvent vivre sans argent liquide. Près de 80 % des paiements déjà dématérialisés Les Suédois n’utilisent déjà plus guère d’espèces dans les transports publics ou dans les commerces, dont une grande majorité refuse l’argent liquide. Près de 80 % des paiements s’effectuent par carte bancaire ou via des applications mobiles comme Swish. Cette application a été créée par les 6 principales banques du pays en 2012 et permet un transfert immédiat entre comptes bancaires. Sur les 10 millions d’habitants que compte la Suède, 5,2 millions se servent de Swish, pour un total de plus de 8 millions de transactions en janvier. Les syndicats ont encouragé la suppression des espèces dans les transports publics ou les agences bancaires, la justifiant par la sécurité du personnel. Les agences bancaires, qui ne permettent pas, pour la plupart, de retirer ou de déposer des espèces, ont encouragé ce mouvement. D’autres pays comme Singapour, la Chine, la Russie ou les pays Baltes réfléchissent à l’idée de lancer une version digitale ou électronique de leur monnaie. Outre la question du coût, la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent sont les raisons invoquées par les États pour supprimer les espèces.  Enjeux de politique monétaire Dans le cas de la Suède, la e-krona serait un complément du cash. La banque centrale envisage de combiner deux modèles complémentaires. Le premier serait celui d’une monnaie numérique centrale, stockée dans un compte ouvert par les particuliers ou les entreprises auprès de la Riksbank, qui enregistrerait les transactions dans sa base de données. Le second modèle serait une monnaie numérique commerciale, stockée dans le porte-monnaie électronique d’une application de smartphone ou dans une carte physique rechargeable pour régler les petites dépenses dans les commerces. Sur ce dossier sensible, la Riksbank avance avec prudence car l’émission d’une e-couronne nécessite un changement législatif et impose de se lancer avec une technologie. Ce pourrait être la blockchain, la technologie qui fait fonctionner le bitcoin et d’autres crypto-monnaies. Sans oublier le fait que les implications de ces choix vont au-delà du système de paiement et s’insèrent dans une politique monétaire. Jean-Bernard Gallois


Le Canada punit désormais sans exception la corruption de fonctionnaires étrangers

Jusqu’à présent non couverts par l’infraction de corruption, certains versements de fonds à des fonctionnaires étrangers par des entreprises canadiennes pour obtenir des marchés sont désormais bannis.

03/11/2017 | ACTUALITÉ

La corruption de fonctionnaires à l’étranger par des entreprises canadiennes, soumise jusqu’ici à quelques exceptions, est désormais totalement bannie, a annoncé, lundi 30 octobre, le ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement canadien élimine dorénavant “l’exception relative aux paiements de facilitation dans la loi sur la corruption d’agents publics étrangers”, une loi adoptée il y a déjà près de vingt ans. “Les paiements de facilitation sont des paiements versés à des fonctionnaires étrangers afin d’accélérer ou de faciliter des opérations courantes, comme la délivrance de permis”, a rappelé le ministère en précisant que “jusqu’alors, ces paiements n’étaient pas couverts par l’infraction de corruption”. Respect des lois du pays La loi votée en 1998 prévoit des peines maximales de quatorze ans de prison pour tout corrupteur de fonctionnaires étrangers. Cette législation avait été renforcée en 2013 en donnant la possibilité à la justice canadienne de poursuivre ses ressortissants coupables de corruption à l’étranger. Les entreprises canadiennes “exerçant des activités à l'étranger” doivent se conformer à la législation canadienne, mais aussi “aux lois des pays où ils font des affaires”, a indiqué le ministère des Affaires étrangères. En 2013, le législateur avait prévu une exception jusqu’au 31 octobre 2017 pour les pots-de-vin versés par un Canadien à tout “agent public étranger pour qu’il exécute ou accélère l’exécution d’une tâche régulière qui (faisait) partie de ses fonctions officielles”. (avec AFP)  


Des poursuites pour rébellion lancées contre l’exécutif catalan destitué

Dans sa plainte, le procureur général de l’État espagnol demande que les principaux membres de l’exécutif catalan soient convoqués “de manière urgente” et qu’ils soient arrêtés s’ils ne se présentent pas. 

30/10/2017 | ACTUALITÉ

Le procureur général de l’État espagnol, José Manuel Maza, a annoncé, lundi 30 octobre, avoir requis des poursuites notamment pour “rébellion” contre les membres du gouvernement catalan destitués, accusés d’avoir provoqué la crise institutionnelle ayant mené à une déclaration d’indépendance. La “plainte contre les membres du govern (exécutif catalan) a été présentée” devant l’Audience nationale, à Madrid, et vise aussi des faits de “sédition, malversation et prévarication”. Il appartiendra à ce tribunal chargé des dossiers les plus sensibles de décider si elle est recevable. Le procureur estime que “les principaux responsables politiques de la Généralité de Catalogne ont entraîné, avec leurs décisions et leurs agissements, une crise institutionnelle qui a débouché sur la déclaration unilatérale d’indépendance” du 27 octobre. Dans sa plainte, il demande qu’ils soient convoqués “de manière urgente” et qu’ils soient arrêtés s’ils ne se présentent pas. Lourdes peines de prison Ce sera à la juge Carmen Lamela, déjà saisie dans un autre dossier lié à l’indépendantisme catalan, de décider si elle accepte d’être saisie et s’il y a lieu d’inculper les personnes visées. La juge peut retenir toutes les charges requises ou seulement certaines d’entre elles. La rébellion est la plus grave de toutes car elle peut déboucher sur des peines de prison de quinze à trente ans, autant que pour un assassinat ou un acte de terrorisme. Dans le cas de la sédition, et s’agissant de représentants des autorités, la peine peut atteindre quinze ans d’emprisonnement. Le parquet a également requis des poursuites devant la Cour suprême contre les membres du bureau des présidents du Parlement catalan qui ont facilité le vote de la déclaration d’indépendance vendredi 27 octobre au parlement catalan. Ce vote a été suivi dans la soirée de la mise sous tutelle de la région par le gouvernement de Mariano Rajoy, qui a pris en direct les commandes de la Catalogne, confiées à la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria. Alors que la tension reste vive entre Madrid et Barcelone, le président catalan destitué par Madrid, Carles Puigdemont, était ce lundi à Bruxelles, accompagné d’autres membres de l’exécutif catalan. (avec AFP)      


Le Maroc peine à lutter contre l’absentéisme des enseignants

Les absences répétées des enseignants marocains coûtent au royaume 100 millions d’euros par an. Pour circonscrire le fléau, le gouvernement a décidé récemment de dénoncer publiquement les coupables. Cette démarche est critiquée par l’Unesco.

30/10/2017 | ACTUALITÉ

Les enseignants marocains doivent être ravis de voir partir Mohamed Hassad. Entre eux et l’ex-ministre de l’Éducation, qui vient d’être limogé par le roi Mohamed VI, le courant ne passait plus ces dernières semaines. Un point de non-retour a été atteint à la suite de la publication, fin septembre, d’une liste de 611 enseignants absentéistes qui ont cumulé 2 985 jours. Les syndicats ont qualifié cette mesure d’illégale et de diffamatoire. De son côté, Mohamed Hassad comptait bien récidiver en annonçant que les noms des absents seraient divulgués à la fin de chaque mois. À ses yeux, la dénonciation publique des absentéistes est le seul moyen d’endiguer un fléau qui réduit le temps scolaire, empiète sur la qualité de l’enseignement et fait perdre de l’argent à l’État. D’après une étude rendue publique fin 2016 par la Commission internationale de financement des opportunités d’éducation dans le monde (qui dépend de l’ONU), les absences répétées des instituteurs marocains coutent à l’État 100 millions d’euros par an, soit 0,1 % du PIB. Pression des parents d’élèves À la même période, le ministère de l’Éducation avait rendu public un décompte effarant des absences : 466 133 durant l’année scolaire 2015-2016, dont 443 645 pour cause de maladie. Semblant impuissante, la tutelle avait indiqué que le phénomène continuait à progresser en dépit de l’instauration d’un contrôle administratif rigoureux et de contre-visites médicales. De leur côté, les associations de parents d’élèves ont exprimé maintes fois le désarroi de leurs adhérents, contraints de se tourner vers les cours de soutien privés et informels afin d’aider leurs enfants à rester à niveau. Elles ont surtout demandé aux autorités de sévir afin de préserver les rythmes scolaires. En guise de sanctions, le prédécesseur de Mohamed Hassad, Rachid Belmokhtar, avait aussi ordonné la diffusion des listes des enseignants absentéistes. Prônant la transparence dans la gestion des effectifs, il avait, à l’époque, en 2015, envoyé une note aux directeurs des établissements scolaires, leur demandant en outre d’afficher l’emploi du temps des membres des équipes pédagogiques, le programme annuel d’organisation des études et le volume horaire annuel. Il était aussi question de traquer les enseignants défaillants grâce à la mise en place d’un système informatique de suivi des absences. Rachid Belmokhtar avait par ailleurs exigé que les cours manqués soient rattrapés. De même, il avait donné pour instruction aux directeurs des établissements scolaires de garder dans leurs locaux les élèves des enseignants absents en les regroupant dans des salles d’études. Absentéisme record En toute logique, ces mesures devaient réduire le taux d’absentéisme des enseignants. Mais dans la pratique, elles n’ont eu aucun effet. Dans un rapport diffusé l’été dernier, la Cour des comptes s’est alarmée des proportions prises par le phénomène, qui cause, d’après elle, d’énormes déperditions dans le temps scolaire et réduit drastiquement la qualité des prestations fournies par le système éducatif. Le même constat a été dressé par la Banque mondiale et l’Unesco, qui classent le Maroc parmi les pays où le taux d’absentéisme des enseignants est le plus élevé. Pour autant, ces deux organisations estiment que la sanction des enseignants absentéistes n’est pas une solution efficace à long terme. L’Unesco, qui vient de publier l’édition 2017-2018 du rapport sur le suivi de l’éducation, estime que cette démarche est à la fois injuste est contre-productive. Selon l’organisation, les enseignants ne s’absentent pas sans raison. Le rapport met en évidence des facteurs exogènes qui empêchent quelquefois les encadrants d’être présents aux cours, comme le mauvais état des routes en milieu rural, le manque de transports… Le rapport évoque également la fréquence des grèves des enseignants à cause de salaires trop bas. Ministre sanctionné En somme, l’Unesco demande en priorité au gouvernement marocain de rendre des comptes sur sa politique en matière d’éducation avant de sanctionner les enseignants pour leurs absences ou de pointer leurs incompétences. Ironie du sort, c’est à cause de ses propres manquements que l’ex-ministre Hassad vient d’être limogé, non pas dans le secteur de l’éducation, où il n’est resté que quelques mois – il avait été nommé dans le gouvernement Al Othmani en avril dernier – mais à l’Intérieur, où il avait été ministre pendant quatre ans. Lui et d’autres hauts fonctionnaires ont été forcés de rendre leur tablier à cause de défaillances dans le développement de la région du Rif, théâtre d’un important soulèvement populaire ces derniers mois. Samia Lokmane-Khelil


NOMINATIONS

Yves Saint-Geours nommé à la présidence d'un opérateur de l'Éducation nationale

Ambassadeur de la République française en Espagne depuis 2015, Yves Saint-Geours a été nommé – parallèlement – président du conseil d'administration du Centre international d'études pédagogiques (Ciep), par le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Il succède à Philippe Etienne, en poste depuis 2011, ex-ambassadeur de France en Allemagne et conseiller diplomatique du président de la République, Emmanuel Macron, depuis mai dernier. Créé en 1945, le Ciep est un opérateur du ministère de l’Éducation nationale. Ses missions, qui s’inscrivent dans le cadre des priorités en matière de coopération internationale, s’articulent autour de trois axes d’activité : la coopération dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle et de la qualité de l’enseignement supérieur ; l’appui à la diffusion de la langue française dans le monde, par la formation de formateurs et de cadres éducatifs et par la délivrance de certifications en français et la mobilité internationale des personnes. Directeur général de l'administration et de la modernisation au ministère des Affaires étrangères de 2012 à 2015, Yves Saint-Geours était ambassadeur de la République française au Brésil entre 2009 et 2012. Auparavant, il exerçait les fonctions de président de l'Établissement public du Grand Palais des Champs-Elysées de 2007 à 2009. Parallèlement, ce diplomate de 64 ans, occupait aussi le poste de président du commissariat français de l’année de la France au Brésil en 2008-2009. Titulaire d'un DEA d'études ibériques et ibéro-américaines et agrégé d'histoire, Yves Saint-Geours a été adjoint au délégué aux relations européennes, internationales et à la francophonie, puis adjoint au délégué aux relations internationales et à la coopération au ministère de l'Enseignement supérieur, de 1993 à 1997. Nommé conseiller technique, au cabinet d'Hervé de Charette au ministère des Affaires étrangères en 1996, il prend les fonctions d'adjoint au directeur général des relations culturelles, scientifiques et techniques du Quai d'Orsay et - parallèlement - président de l'Office universitaire et culturel français en Algérie jusqu'en 1998. Directeur de la coopération scientifique, universitaire et de recherche du ministère des Affaires étrangères de 1998 à 2000, Yves Saint-Geours devient directeur général adjoint de la coopération internationale et du développement de 2000 à 2003. A cette date, il va conseiller Dominique de Villepin au Quai d'Orsay avant de ré-endosser le costume d'ambassadeur, en Bulgarie, de 2004 à 2007.

17/11/2017 | NOMINATION FRANCE


Laurent Fabius renfile les gants diplomatiques pour la protection de l’environnement

Président du Conseil constitutionnel depuis février 2016, Laurent Fabius – ex-ministre des Affaires étrangères de François Hollande et ancien président de la COP21 – a été nommé haut référent pour la gouvernance environnementale par l’organisation non-gouvernementale ONU Environnement, qui milite pour la protection de l’environnement aux Nations unies. “Laurent Fabius, en tant que haut-référent pour la gouvernance environnementale, apportera son soutien à l’action d’ONU Environnement et fera partager l’expérience acquise en matière de lutte contre le dérèglement climatique et de protection de l’environnement”, annonce l’ONG dans un communiqué. Aux manettes du sommet sur le climat de Paris en décembre 2015, l’ex-président de la COP21 (2015-2016), Laurent Fabius, 71 ans, était le patron du Quai d’Orsay de mai 2012 à février 2016. Il avait été mondialement salué après la COP21 pour être parvenu à faire éclore les “Accords de Paris”, avec le concours des représentants des 190 États présents. Il est depuis lors l’un des porte-voix de l’écologie dans le monde et a d’ailleurs, à cet égard, tiré la sonnette d’alarme, ce 14 novembre, estimant auprès de ses homologues onusiens qu’il y avait “alerte rouge” pour l’environnement. Normalien, agrégé de lettres modernes et énarque, Laurent Fabius a une longue carrière politique derrière lui. Figure de la gauche socialiste, il a été élu député de Seine-Maritime en 1978, nommé ministre du Budget dès 1981, puis ministre de l’Industrie en 1983, avant de devenir, en juillet 1984, à 37 ans, le plus jeune Premier ministre de France, restant à Matignon jusqu’en 1986. Il a été également été président de l’Assemblée nationale (1988-1992, puis 1997-2000) et ministre de l’Économie et des Finances entre 2000 et 2002. En septembre 2004, Laurent Fabius s’était engagé pour le “non” au référendum sur la Constitution européenne de 2005, ce qui lui avait valu d’être exclu de la direction du Parti socialiste, alors dirigé par François Hollande.

15/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Alexis Dutertre intègre un corps d’inspection

Conseiller “Europe” du Premier ministre, Édouard Philippe, entre juin 2017 et octobre dernier, Alexis Dutertre, conseiller des affaires étrangères, a été nommé inspecteur des affaires étrangères, à l’inspection générale du Quai d’Orsay, corps d’inspection et d’audit du ministère des Affaires étrangères. Formé sur les bancs de Sciences-Po Paris et de l’ENA (1999, promotion Cyrano de Bergerac), Alexis Dutertre était représentant permanent adjoint de la France auprès de l’Union européenne de 2012 à juin dernier. Avant cela, il avait déjà évolué en cabinet ministériel : conseiller chargé des questions européennes et des Balkans au cabinet de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie (2010-2011), il avait été maintenu au même poste par son successeur, Alain Juppé, en 2011-2012. Âgé de 45 ans, il a débuté sa carrière comme délégué aux politiques externes de l’Union européenne (élargissement de l’UE de 2004, Turquie, Balkans) à la direction de la coopération européenne au ministère des Affaires étrangères (1999-2003), avant de prendre le poste de conseiller pour les politiques internes de l’UE à la représentation permanente de la France auprès de l’UE à Bruxelles, jusqu’en 2007. À cette date, Alexis Dutertre part en Israël et devient premier conseiller à l’ambassade de France à Tel-Aviv pendant trois ans (2007-2010). Entre septembre et novembre 2010, il a brièvement été l’adjoint au chef du service des politiques internes et des questions institutionnelles à la direction de l’Union européenne au Quai d’Orsay. 

15/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle mission à l’international pour Magali Lafourcade

Secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) depuis 2014, Magali Lafourcade, magistrate en service détaché, va – parallèlement – présider le sous-comité d’accréditation des institutions nationales des droits de l’Homme aux Nations unies. Elle succède au diplomate canadien David Langtry. Le sous-comité d’accréditation est composé de 4 membres élus représentant chacune des régions du monde, il se réunit deux fois par an – à Genève – pour examiner la conformité des institutions nationales des droits de l’Homme auprès des Nations unies. Le président de ce sous-comité est choisi parmi les membres. Magali Lafourcade est membre élue par le réseau européen. Âgée de 38 ans, diplômée de Sciences Po Paris et docteure en droit comparé, ancienne élève de l’École nationale de la magistrature (ENM), Magali Lafourcade a été nommée juge d’instruction au tribunal de grande instance (TGI) de Meaux en 2008, avant d’être détachée – en 2013 – à la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) comme secrétaire générale adjointe. Elle y a été promue secrétaire générale en 2016, des fonctions qu’elle occupe jusqu’alors.  

13/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Philippe Janvier-Kamiyama part en Papouasie-Nouvelle Guinée

Ancien consul général à Pondichéry, Philippe Janvier-Kamiyama, conseiller des affaires étrangères, vient d’être nommé, au Journal officiel du 9 novembre, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Papouasie-Nouvelle Guinée. Il remplace ainsi Pascal Maubert, également conseiller des affaires étrangères, en poste depuis 2013. Titulaire d’un Deug de psychologie, Philippe Janvier-Kamiyama, 63 ans, fait ses premiers pas au Quai d’Orsay en tant que chiffreur spécialiste des transmissions cryptologiques en 1978. Après différentes missions à l’étranger à cette fonction (à Moscou de 1980 à 1983, à Ankara de 1983 à 1986, puis à Helsinki de 1988 à 1991, et à Dakar entre 1991 et 1994), il est affecté au service du chiffre, de l’informatique et des communications à la direction du chiffre, de l’équipement et des communications de 1994 à 1998, avant de rejoindre la direction des ressources humaines du ministère des Affaires étrangères (1998-1999).  Notamment chargé de mission à la direction des ressources humaines à la direction générale de l’administration (2003-2006), Philippe Janvier-Kamiyama devient par la suite, et jusqu’en 2009, chef du bureau des études de la précision et de la modernisation à la direction des ressources humaines du ministère des Affaires étrangères et européennes. Brièvement consul général de France à Osaka et Kobe, au Japon, en 2009, il enchaîne ensuite avec un poste de directeur de l’Institut franco-japonais à Kyoto, jusqu’en 2013. Philippe Janvier-Kamiyama était par ailleurs consul général de France à Pondichéry depuis cette dernière date, et jusqu'à avril dernier.

09/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Laëtitia Tremel rebondit à l’Agence française de développement

Conseillère pour les politiques sectorielles et les questions européennes au cabinet du secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie – André Vallini puis Jean-Marie Le Guen – entre octobre 2016 et l’alternance de mai dernier, Laëtitia Tremel a été nommée chargée de mission auprès de Gaël Giraud, chef économiste à l’Agence française de développement (AFD). Titulaire d’un master 2 en développement et coopération institutionnelle, filière “Relations internationales”, de l’IEP de Lille, Laëtitia Tremel a d’abord officié comme chargée de mission d’observation électorale de l’Union européenne lors des élections fédérales et régionales en Éthiopie, en 2010. Assistante politique au sein du bureau de plaidoyer de l’ONG Oxfam International, auprès de l’Union européenne, à Bruxelles, en 2011-2012, elle devient ensuite, brièvement, consultante freelance pour Oxfam International, en mars 2012. Pendant les deux ans qui ont suivi, Laëtitia Tremel a exercé en tant que chargée de mission “Coopération au développement et affaires humanitaires” à l’ambassade de France au Sud Soudan, à Djouba (2012-2014), puis elle a intégré le Quai d’Orsay comme conseillère politique “institutions multilatérales sur la sécurité alimentaire et lutte contre la malnutrition”, jusqu’en octobre 2016.

09/11/2017 | NOMINATION FRANCE



Philippe Léglise-Costa prend un poste d’ambassadeur

Secrétaire général des affaires européennes (SGAE) depuis 2014 et ancien membre de la cellule diplomatique de François Hollande à l'Élysée, Philippe Léglise-Costa a été nommé, en Conseil des ministres, ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’Union européenne, à Bruxelles. En poste à compter du 20 novembre prochain, il remplacera Pierre Sellal, qui fut précédemment secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Âgé de 50 ans, Philipe Léglise-Costa, conseiller des affaires étrangères hors classe, est un ancien élève de l’École nationale des ponts et chaussées et de l’École polytechnique. Il est également titulaire d’un mastère de formation au management. Fin connaisseur des affaires européennes et des dessous de la diplomatie Bruxelloise, il a notamment été conseiller pour les relations extérieures à la représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne à Bruxelles de 1995 à 1999 puis, entre 1999 et 2002, conseiller technique sur les questions européennes au cabinet du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Hubert Védrine. Devenu, entre 2002 et 2006, deuxième conseiller à la représentation permanente de la France auprès de l’ONU à New York (États-Unis), il poursuit sa carrière au secrétariat général de la Conférence sur la reconstruction du Liban, à la direction des affaires économiques et financières du ministère des Affaires étrangères (2006 et 2007).  Directeur adjoint des affaires économiques et financières au ministère des Affaires étrangères en 2007, Philippe Léglise-Costa est nommé brièvement, la même année, directeur du cabinet du secrétaire d’État chargé des Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet. En 2007 toujours, il accède par ailleurs au poste de ministre conseiller, représentant permanent adjoint de la France auprès de l'Union européenne à Bruxelles. Une fonction qu’il occupe jusqu’en 2012, avant de devenir conseiller pour les affaires européennes, adjoint au conseiller diplomatique à la présidence de la République, jusqu’en 2015.

02/11/2017 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau président à l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger

Directeur général de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international au Quai d’Orsay depuis septembre dernier, Laurent Bili a été nommé – parallèlement et dans le cadre de ces fonctions – président du conseil d'administration de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). Il succède à Anne-Marie Descôtes, qui avait été nommée dans ces fonctions en 2013 alors qu'elle était également directrice générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international au ministère des Affaires étrangères. Pour rappel, cette dernière a été nommée ambassadrice de France en Allemagne en avril dernier. Formé sur les bancs de l’ENA (1991, promotion Victor Hugo), cet ancien élève de Sciences-Po Paris a débuté au sein de la direction des affaires politiques du Quai d’Orsay, avant de rejoindre le cabinet de François Léotard au ministère de la Défense, où il est adjoint au conseiller pour les affaires diplomatiques (1993-1995). Laurent Bili a ensuite occupé plusieurs postes diplomatiques : premier secrétaire, puis deuxième conseiller à Ankara, en Turquie (1995-1998), premier secrétaire, représentant permanent adjoint à la représentation permanente de la France auprès de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) à Bruxelles (1998-2000), conseiller politico-militaire du représentant auprès du comité politique et de sécurité intérimaire de l’Union européenne, à Bruxelles (2000-2002), sous-directeur des affaires stratégiques au ministère des Affaires étrangères en 2002. Ce diplomate de 55 ans a aussi brièvement dirigé le cabinet du ministre délégué aux Affaires européennes Renaud Donnedieu de Vabres en mai-juin 2002. Entre 2002 et 2007, Laurent Bili a exercé les fonctions de conseiller technique à la cellule diplomatique du cabinet du président de la République, Jacques Chirac. Il avait ensuite pris son premier poste d’ambassadeur de la République française en Thaïlande (2007-2009). Directeur de cabinet d’Hervé Morin, alors ministre de la Défense, de juillet 2009 jusqu’en novembre 2010, ce diplomate reprend ensuite un poste d'ambassadeur, d'abord en Turquie entre 2011 et 2015, puis au Brésil, jusqu'en août dernier.

31/10/2017 | NOMINATION FRANCE



Marie-Annick Bourdin part au Bangladesh

Commissaire aux affaires internationales et européennes au secrétariat général du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes depuis 2014, Marie-Annick Bourdin, conseillère des affaires étrangères hors classe, a été nommée ambassadrice de France au Bangladesh. Elle remplace Sophie Aubert, nommée en août dernier ambassadrice au Paraguay. Titulaire d’une licence en droit et en études indiennes, Marie-Annick Bourdin, 58 ans, débute sa carrière à la sous-direction du Pacifique à la direction d’Asie et Océanie au ministère des Affaires étrangères entre 1986 et 1988. Deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Katmandou (Népal) de 1989 à 1992, elle occupe par la suite un poste similaire à l’ambassade de France à Jakarta (Indonésie) entre 1993 et 1996. Experte nationale auprès de la Commission européenne à Bruxelles de 1999 à 2002, Marie-Annick Bourdin enchaîne ensuite avec un poste de deuxième conseillère à l’ambassade de France à Rabat (Maroc) de 2002 à 2006, puis devient notamment première conseillère à l’ambassade de France de Tananarive (Madagascar) entre 2010 et 2011. Elle occupe par ailleurs son premier poste d’ambassadrice de France en Zambie de 2011 à 2014, et parallèlement au Malawi à partir de 2012.  

30/10/2017 | NOMINATION FRANCE

Hélène Gassin prend des responsabilités dans la régulation européenne

Membre du collège de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et ancienne conseillère régionale EELV d’Île-de-France, Hélène Gassin vient d’être élue vice-présidente du nouveau comité de direction du Conseil des régulateurs européens de l’énergie (CEER), qui prendra ses fonctions le 5 novembre prochain sous la présidence de l’Irlandais Garrett Blaney. Pour mémoire, créé en 2000, le CEER est une association réunissant des régulateurs de l’énergie de 27 pays de l’Union européenne (excepté la Slovaquie), ainsi que ceux de la Norvège et de l’Islande. Elle vise à “définir les pratiques optimales en termes de régulation”, indique la CRE dans un communiqué. Née en septembre 1975, Hélène Gassin est titulaire d’une maîtrise de sciences et techniques en gestion de l’environnement. Elle débute sa carrière en tant que chargée de campagne “Énergie” à Greenpeace France (1998-2006), puis devient consultante spécialisée en énergie et environnement (2006-2008), avant d’intégrer le cabinet de Denis Baupin (Les Verts) lorsqu’il était adjoint à la mairie de Paris, en tant que conseillère technique en charge du suivi de la concession électrique (2009). Elle exerce ensuite son premier mandat politique sous l’étiquette Les Verts, puis EELV en 2010, comme conseillère régionale, et devient vice-présidente du conseil régional d’Île-de-France (2010-2013). Au cours de ce mandat, elle est par ailleurs administratrice de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et représentante des collectivités territoriales au Conseil national de l’air. Membre du collège de la CRE depuis 2013 en tant que personne qualifiée, Hélène Gassin était par ailleurs coprésidente du groupe de travail “Distribution” du CEER depuis juin 2015.

23/10/2017 | NOMINATION FRANCE