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La Tunisie incite ses fonctionnaires à partir en retraite anticipée

Le gouvernement tunisien veut se défaire de 120 000 agents publics d’ici 2020, en leur attribuant des indemnités de départ équivalant à trois ans de salaire. La réduction des effectifs de la fonction publique figure en bonne place dans le plan d’austérité budgétaire signé avec le Fonds monétaire international. 

19/01/2018 | ACTUALITÉ

L’Assemblée des représentants du peuple – le parlement tunisien – a validé, le 10 janvier, presque à l’unanimité, un projet de loi sur les départs volontaires des agents publics à la retraite. Les travailleurs des administrations et l’ensemble des effectifs des entreprises et des établissements publics sont concernés par cette mesure. Ces derniers doivent cumuler au moins cinq ans de travail pour prétendre à une retraite volontaire anticipée. Les bénéficiaires percevront une indemnité de départ qui pourra atteindre trente-six mois de salaire net. Cette allocation ne doit pas, toutefois, dépasser 50 % du total des rémunérations que les concernés auraient perçues au cours de la période séparant la date de départ volontaire et celle d’arrivée à l’âge légal de la retraite. Outre l’indemnité salariale, le gouvernement a pris d’autres mesures pour inciter les fonctionnaires à partir volontairement. L’une d’elle consiste à les aider à organiser leur conversion professionnelle, en se lançant par exemple dans des projets d’investissement. Un mécanisme spécifique devrait être mis en place dans ce domaine. Il permettra aux agents publics qui le désirent de prendre un congé de cinq ans pour créer leur entreprise. Si leur projet échoue, ils auront toujours la possibilité de réintégrer leur poste dans la fonction publique. Maîtrise de la masse salariale Selon Tewfik Rajhi, ministre-conseiller auprès du chef du gouvernement chargé du suivi des réformes majeures, 69 % des personnes qui souhaitent quitter leur emploi comptent lancer des projets. S’exprimant devant les parlementaires, il a affirmé que le gouvernement entendait promouvoir l’investissement privé. Mais fondamentalement, l’enjeu concerne la maîtrise de la masse salariale dans la fonction publique. Une étude publiée tout récemment par l’Institut tunisien des statistiques a dévoilé la taille du “mammouth”. Selon ce rapport, les effectifs de la fonction publique ont grossi d’un tiers depuis la chute du régime de Ben Ali, en 2011. En 2015, le nombre d’agents atteignait les 600 000. Des recrutements massifs durant les premières années de la révolution tunisienne ont favorisé l’émergence d’une administration pléthorique. On compte aujourd’hui 84 fonctionnaires pour 1 000 habitants dans le pays, contre 35, voire 20 pour le même nombre d’usagers ailleurs dans le monde. Résultat : la masse salariale pèse lourdement sur le budget de l’État. Elle est évaluée à environ 5 milliards d’euros en 2018, soit une augmentation de 102 % par rapport à 2011. 5 à 10 000 départs anticipés attendus cette année Contraint à des économies par le Fonds monétaire international (FMI), avec lequel il a passé un accord d’aide financière, le gouvernement tunisien s’est donc résolu à sacrifier une partie des agents publics. En optant pour les départs volontaires, il veut surtout éviter de se mettre à dos les syndicats. Reste à savoir maintenant combien de fonctionnaires seront attirés par cette formule. Se montrant optimistes, les pouvoirs publics misent sur 120 000 départs à l’horizon 2020. Ils espèrent, par ce biais, réduire le ratio masse salariale/PIB à 12,5 % contre 14,6 % en 2016.  Pour l’année 2018, entre 5 000 et 10 000 départs volontaires à la retraite sont attendus. Pour faire baisser davantage les effectifs, le gouvernement envisage d’autres solutions, comme par exemple de limiter le taux de remplacement des départs naturels à la retraite à 25 %. Grace à cette méthode, il prévoit d’alléger les effectifs de 44 294 agents d’ici deux ans. Une autre proposition consiste à pousser les fonctionnaires à tenter une expérience professionnelle dans le privé. Les intéressés bénéficieront d’un congé sans solde d’un an. Officiellement, ce mécanisme vise à établir des passerelles entre le public et le privé et à favoriser l’échange de compétences et de savoir-faire. Mais en réalité, le gouvernement espère plutôt un aller simple.   Mobilité interne Sur un autre registre, les autorités comptent sur un redéploiement des agents pour dégraisser les administrations les plus encombrées. Le but étant aussi de pourvoir les secteurs les plus déficitaires en personnel et de les empêcher par conséquent de procéder à des recrutements. Un programme pour favoriser la mobilité interne des fonctionnaires devra d’ailleurs été mis en place. Enfin, le gouvernement tunisien table sur la simplification et l’unification du système de rémunération dans la fonction publique pour réduire les coûts. Il entend à cet égard,  supprimer ou réviser certaines indemnités. La distribution des primes se fera aussi sur la base du mérite. Un sujet sensible, car la réforme du système des rémunérations fait actuellement l’objet de négociations entre les pouvoirs publics et la puissante Union générale tunisienne du travail (UGTT). Samia Lokmane-Khelil  


En 2018, la Commission européenne veut clore dix ans de crise financière

Une décennie après le début de la crise économique, l’Union européenne devrait terminer les programmes de sauvetage de la Grèce et les procédures pour déficit excessif de l’Espagne et de la France. Sur fond de croissance économique retrouvée, elle prévoit désormais une réforme de la zone euro. 

18/01/2018 | ACTUALITÉ

L’Union européenne va-t-elle en finir cette année avec la pire crise économique de son histoire ? C’est en tout cas le souhait des responsables de la Commission européenne, sur deux tableaux. Une bonne partie de l’énergie européenne s’est investie sur le cas de la Grèce, qui a bénéficié d’un très important dispositif de sauvetage. Depuis 2009, 3 plans d’aide se sont succédé et ont fourni plus de 300 milliards d’euros en prêts au pays. Mais, pour en disposer, les autorités grecques ont dû passer par de nombreuses mesures d’austérité, qui se sont intensifiées, tout comme les sacrifices consentis par la population grecque, de l’amputation massive des retraites et de l’assurance santé jusqu’aux fortes coupes dans les budgets des services publics. La dernière mesure en date est une loi, adoptée le 15 janvier dernier et réclamée par les créanciers internationaux regroupés dans un “quartet” (FMI, Banque centrale européenne, Mécanisme de soutien européen et Commission européenne). Confiant, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a promis à ses concitoyens, en décembre dernier, que les dernières mesures votées “ser[aient] cruciales pour accélérer la sortie du pays du plan de sauvetage dans sept mois”. Plus que 2 pays en “déficit excessif” Une fois sortie de son troisième plan d’aide, l’été prochain, la Grèce devrait être capable de s’autofinancer. Mais après avoir perdu un tiers de sa production sur les sept dernières années, elle demeurera sous haute surveillance budgétaire de la part de ses créanciers pour qu’elle ne leur fasse jamais défaut. Deuxième grande préoccupation des autorités européennes, les procédures de déficit excessif engagées vis-à-vis de plusieurs États membres devraient aussi s’achever cette année. La règle, édictée depuis les accords de Maastricht, veut que le déficit public d’un pays ne puisse pas dépasser 3 % de son PIB. Son application stricte a touché 23 pays en 2010, puis 17 en 2017. Ils ne sont plus que 2 pays, la France et l’Espagne, à être toujours dans cette procédure, mais ils devraient bientôt s’en extirper. L’Espagne, qui n’a toujours pas approuvé son budget pour 2018, sur fond de crise catalane, a promis de passer sous la barre des 3 % cette année. Quant à la France, elle devrait rentrer, pour la première fois depuis dix ans, dans les clous européens, grâce à une croissance prévue de 2 % cette année et à des recettes meilleures qu’attendu. C’est la direction générale de la Commission européenne chargée des statistiques, Eurostat, qui indiquera en avril prochain les déficits des deux pays pour 2017. Fonds monétaire européen Avec une croissance qui atteindrait 2,3 % dans l’Union européenne en 2017, celle-ci veut aussi se projeter en avant et lancer des réformes structurelles. Début décembre, la Commission européenne a détaillé ses propositions pour réformer la zone euro. Elles prévoient la création d’un Fonds monétaire européen (FME) pour mi-2019, l’établissement d’une ligne budgétaire dédiée à la zone euro dans le cadre du budget de l’UE, notamment pour la stabiliser en cas de choc économique. Dernière évolution souhaitée, la création d’un superministre européen des Finances, auquel le Président français est très favorable. La France, qui souhaitait un budget de la zone euro, n’a pas été entendue par la Commission. En revanche, l’Allemagne, dont le gouvernement de coalition n’est pas encore formé mais a d’ores et déjà prévu de collaborer avec la France pour un renforcement de la zone euro, a reçu ce qu’elle souhaitait : la promesse de transformation du mécanisme européen de stabilité, créé en pleine crise financière mondiale, en un véritable Fonds monétaire européen. Jean-Bernard Gallois


Vers un nouveau bras de fer entre Madrid et la Catalogne

Le camp sécessionniste a posé, mercredi 17 janvier, les jalons pour une nouvelle investiture de leur chef de file, Carles Puigdemont, en exil volontaire à Bruxelles. Le parlement de Catalogne siégeait pour la première fois depuis sa tentative de rupture avec l’Espagne.

17/01/2018 | ACTUALITÉ

Les indépendantistes catalans ont fait un pas vers une nouvelle investiture de leur chef de file, Carles Puigdemont, au cours d’une séance parlementaire qui augure une nouvelle confrontation avec le gouvernement central espagnol. Deux mois après la crise politique sans précédent déclenchée par leur tentative de sécession, les séparatistes ont placé, mercredi 17 janvier, à la tête du Parlement catalan, l’un des leurs, Roger Torrent, 38 ans, de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), élu par 65 voix contre 56. La chambre avait été dissoute par le gouvernement central le 27 octobre, après le vote suivi par toute l’Europe d’une déclaration unilatérale d’indépendance. Les séparatistes avaient alors fondé une république indépendante, mort-née. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy avait en effet immédiatement destitué Carles Puigdemont et convoqué de nouvelles élections régionales pour le 21 décembre, dans l’espoir d’apaiser la situation. Les séparatistes avaient cependant obtenu 47,5 % des suffrages, soit une majorité absolue de 70 députés sur 135 grâce à une pondération des voix qui profite aux régions rurales, plus indépendantistes. Étape suivante : contrôler le bureau du Parlement Le camp sécessionniste repart donc à la reconquête du pouvoir régional, un parcours d’obstacles alors que 3 des siens sont en détention provisoire pour “rébellion” ou “sédition” et 5 autres, dont Carles Puigdemont, en exil volontaire à Bruxelles. L’élection de Roger Torrent à la tête de la chambre est un premier round : à ce poste, il arbitrera les sessions parlementaires houleuses à venir. La deuxième étape consistera à contrôler le bureau du parlement, qui décide de l’ordre du jour et du respect du règlement. C’est ce bureau qui acceptera ou non une investiture à distance de Carles Puigdemont. Reste que Mariano Rajoy n’acceptera en aucun cas une présidence de Carles Puigdemont depuis Bruxelles, via Internet et vidéoconférence, d’une région de 7,5 millions d’habitants où vivent 16 % des Espagnols. “Je contesterai le premier acte administratif”, qui ira dans ce sens, a-t-il dit à des journalistes mardi 16 janvier.  Un tel recours entraînera la saisine de la Cour constitutionnelle qui, selon toute probabilité, gèlera l’investiture. Et débouchera sur un nouveau scénario de blocage et une prolongation de la tutelle exercée par Madrid. (avec AFP)


L’Union européenne “toujours ouverte” à un changement d’avis du Royaume-Uni

L’eurodéputé britannique Nigel Farage, fervent défenseur du Brexit, a lui-même évoqué, la semaine dernière, l’idée d’un second référendum sur la sortie de l’Union européenne.

16/01/2018 | ACTUALITÉ

Prendre la balle au bond. Le président du Conseil européen, Donald Tusk (photo), a assuré, mardi 16 janvier à Strasbourg, que le reste de l’Union européenne était “toujours ouvert” à un changement d’avis du Royaume-Uni concernant le Brexit, alors que l’idée d’un deuxième référendum a refait surface ces derniers jours. “Si le gouvernement britannique s’en tient à sa décision de se retirer, le Brexit deviendra une réalité avec toutes ses conséquences négatives en mars de l’année prochaine, sauf s’il y a un changement d’avis de la part de nos amis britanniques”, a déclaré Donald Tusk lors d’une déclaration devant le Parlement européen réuni en session plénière. “Sur le continent européen, nos cœurs vous sont toujours ouverts”, a-t-il ajouté. Dans la foulée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a fait écho à la déclaration de son collègue. Donald Tusk “a dit que la porte restait ouverte, mais j’aimerais qu’on l’entende à Londres”, a dit Jean-Claude Juncker. Le Polonais, qui dirige l’instance qui regroupe les chefs d’État et de gouvernement de l’UE, n’a pas hésité à citer le ministre britannique en charge du Brexit. “N’est-ce pas David Davis lui-même qui a dit que si une démocratie ne peut pas changer d’opinion, elle cesse d’être une démocratie ? Sur le continent, nous n’avons pas changé d’avis”, a-t-il souligné. Faire taire les opposants L’eurodéputé britannique Nigel Farage, fervent défenseur du Brexit, a évoqué la semaine passée l’idée d’un second référendum sur la sortie de l’UE. Dans son esprit, il s’agissait de faire taire définitivement les opposants au retrait. “Pour être clair, je ne veux pas d’un second référendum, mais je crains que le Parlement n’en impose un au pays”, a-t-il expliqué dans un article sur le site du Daily Telegraph. Les libéraux-démocrates et d’autres forces proeuropéennes au Royaume-Uni ont de leur côté appelé à plusieurs reprises à un deuxième référendum, arguant que les électeurs britanniques n’avaient pas saisi toutes les implications de leur vote du 23 juin 2016. (avec AFP)


1 800 fonctionnaires turcs sur les 140 000 limogés ont été réintégrés

Accusés d’avoir simplement téléchargé une messagerie cryptée utilisée par les putschistes de 2016, ces fonctionnaires avait été radiés de l’administration turque. Un téléchargement qui a pu être effectué involontairement, a concédé la justice.

15/01/2018 | ACTUALITÉ

Certes, c’est une goutte d’eau par rapport aux dizaines de milliers d’agents limogés depuis le putsch raté de l’été 2016… Les autorités turques ont réintégré par décret-loi plus de 1 800 fonctionnaires qui avaient été limogés, a rapporté vendredi 12 janvier l’agence de presse étatique Anadolu. Ces 1 823 personnes avaient été initialement radiées après avoir été accusées d’avoir téléchargé ByLock, une messagerie cryptée qu’Ankara considère comme l’outil de communication privilégié des putschistes. Mais les autorités ont annoncé avoir déterminé que plusieurs milliers de personnes avaient téléchargé l’application en question à leur insu. Le procureur d’Ankara avait déclaré fin décembre que 11 480 personnes avaient téléchargé ByLock sans le savoir, en voulant accéder à d’autres applications mobiles. Une stratégie des réseaux gulénistes, selon lui, pour masquer les véritables utilisateurs de la messagerie. Plus de 140 000 personnes ont été limogées ou suspendues des institutions turques depuis la tentative de coup d’État imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux États-Unis et qui nie les faits. Éducation, sûreté, santé En outre, environ 55 000 personnes ont été incarcérées dans le cadre de ces purges, qui ont également touché les milieux prokurdes et des médias critiques. Parmi les personnes réintégrées par le décret-loi publié dans la nuit de jeudi à vendredi, figurent notamment 544 employés du ministère de l’Éducation nationale, 458 de la direction générale de la sûreté et 204 du ministère de la Santé, selon un décompte d’Anadolu. Elles recevront un salaire pour toute la durée durant laquelle elles sont restées sans emploi, mais ne peuvent demander de compensation. Par ailleurs, 262 autres personnes ont été radiées de l’administration par le décret-loi paru dans la nuit de jeudi à vendredi. (avec AFP)


Le système de santé du Royaume-Uni proche de l’implosion

Le National Health Service (NHS) a annoncé, début janvier, qu’il devait annuler 55 000 opérations non urgentes ce mois-ci et les reporter en février. Des experts estiment qu’il faudrait investir près de 4 milliards d’euros supplémentaires par an pendant dix ans pour répondre aux demandes des patients.

15/01/2018 | ACTUALITÉ

C’est ce qu’on appelle la crise d’hiver au Royaume-Uni. En flux très tendus, les services d’urgence des hôpitaux britanniques croulent sous les arrivées de nouveaux patients en fin d’année et y répondent difficilement. Mais cette année, la crise a atteint un tel paroxysme que des dizaines de milliers d’opérations de routine prévues en janvier ont été reportées au mois prochain. Autre chiffre officiel, 17 000 patients sont restés au moins trente minutes dans les ambulances à l’extérieur des hôpitaux durant la nuit de Noël par manque de place aux urgences et une bonne partie d’entre eux ont dû y être soignés par les infirmiers. Cette affaire sensible irrite tellement les citoyens britanniques que la Première ministre, Theresa May, a dû faire acte de contrition publique lors d’une visite dans un hôpital en s’excusant pour le report des opérations prévues en janvier. Depuis 2010, le budget du Service national de santé du Royaume-Uni (NHS) n’a pas augmenté, en dépit d’une demande, elle, croissante. En 2017, le Bureau pour un budget responsable a déclaré que l’hôpital public nécessitait une augmentation de 2 % de son budget annuel pendant cinquante ans pour faire face à ses besoins, soit près de 100 milliards d’euros. Les experts de 3 fondations ont estimé que, pour fonctionner, le système devrait bénéficier de 4,5 milliards d’euros supplémentaires par an durant les dix prochaines années. 36 000 postes d’infirmiers vacants Dans une lettre ouverte au secrétaire d’État à la Santé, le 11 janvier, le conseil d’administration du NHS a demandé au gouvernement de “stopper cette politique consistant à ne donner au NHS que de petites augmentations de budget”. Le directeur général du NHS a expliqué que le système de santé publique était à un point où il ne pouvait plus fournir son service standard et qu’il n’avait plus la capacité de répondre aux demandes des patients. Les experts évoquent aussi une pénurie de personnel grandissante. Il faudrait près de 90 000 professionnels de santé supplémentaires pour retrouver un service normal, soit près de 10 % des effectifs totaux. Or, en 2017, près de 700 infirmières en moins ont commencé leur formation en Angleterre depuis que le gouvernement a mis fin aux bourses, en 2015. Le contrôleur des hôpitaux britannique a indiqué qu’il y avait au moins 36 000 postes d’infirmiers vacants au sein du NHS. Et ce ne sont pas les personnels provenant des pays membres de l’Union européenne qui vont enrichir les effectifs car l’effet Brexit joue. Selon le Conseil des infirmiers et des sages-femmes, 36 200 infirmières et sages-femmes originaires de la Communauté européenne travaillaient dans les hôpitaux britanniques en septembre 2017, soit près de 8 % de moins par rapport à 2016. Jean-Bernard Gallois


Une nouvelle langue fait son entrée dans l’administration algérienne

En plus de l’arabe et du français, encore en usage dans l’administration, les ministères et les établissements publics vont commencer à émettre des documents transcrits en berbère. De son côté, le ministère de l’Éducation a lancé une campagne de recrutement d’enseignants et aspire à élargir l’enseignement de cette langue à toutes les villes du pays. 

11/01/2018 | ACTUALITÉ

L’Algérie célébrera officiellement et pour la première fois de son histoire, ce vendredi 12 janvier, Yannayer, le premier jour du calendrier agraire utilisé depuis l’Antiquité par les populations berbères (amazighs) d’Afrique du Nord. Le Président Abdelaziz Bouteflika a décidé, au cours d’un Conseil des ministres fin décembre, de consacrer cette journée chômée et payée, à la grande satisfaction de beaucoup de militants de la cause identitaire dans le pays. Le chef de l’État algérien a également donné instruction au gouvernement de promouvoir l’usage du tamazight – langue berbère – dans l’administration. Passant très vite à l’action, le ministère de l’Intérieur a publié, mercredi 10 janvier, son premier communiqué en berbère. Fait inédit, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, vient de donner une interview dans cette langue à une radio locale. Il y a quelques jours, le secrétaire général du Haut Commissariat à l’“amazighité” (HCA), El Hachemi Assad, a annoncé que plusieurs ministères comme l’Eau, l’Énergie, les Transports, les Télécommunications et le Tourisme vont commencer à émettre des documents officiels, transcrits en tamazight. Cela concernera plus particulièrement les factures. La rédaction des actes d’état civil en tamazight est également envisagée. Forte valeur symbolique De son côté, le ministère de l’Éducation nationale entend généraliser l’enseignement de la langue berbère à toutes les villes du pays. Une campagne pour le recrutement de 300 enseignants vient d’ailleurs d’être lancée. En 2017, 600 000 d’entre eux ont été recensés à travers 37 wilayas (sur 48 départements). Un cursus de licence-master-doctorat spécifique a été également mis en place dans les universités qui se trouvent dans les régions les plus berbérophones du pays, comme Tizi Ouzou, Bejaia, Batna et Bouira. Le but étant de former des compétences et des traducteurs qui soutiendront les efforts des administrations pour “berbériser” leurs services. Actuellement, des ateliers d’aide à la transcription des documents officiels en tamazight sont organisés sous l’égide du HCA qui, à moyen terme, devra céder la place à une académie de langue et de culture amazighs, en cours de création. La mise en place d’une cette institution a été décidée en 2016, à la faveur d’un amendement de la Constitution qui a hissé le tamazight au rang de langue officielle, à côté de l’arabe. Cinq ans plutôt, l’État lui avait donné le statut de langue nationale. Cette reconnaissance à forte valeur symbolique est intervenue à la suite d’un soulèvement populaire violent qui avait fait presque 200 morts en Kabylie, dans le nord du pays. Le Maroc avant l’Algérie La région a connu une révolte similaire au début des années 1980. Une décennie plus tard et à la suite de la radicalisation des revendications identitaires, les autorités ont accepté d’introduire l’enseignement du berbère à l’école. Pour beaucoup de militants, cependant, des résistances existent toujours et empêchent la promotion de la langue berbère. Il y a quelques semaines, au Parlement, le rejet d’un amendement sur la généralisation du tamazight a mis le feu aux poudres. De grandes manifestations ainsi que des grèves ont été organisées dans les universités de Kabylie. Ces derniers jours, une autre affaire fait polémique. L’association des oulémas (penseurs musulmans) a mis les pieds dans le plat, estimant que le tamazight ne devait pas être transcrit en tifinagh (caractères berbères), mais en arabe pour être compris de tous les Algériens. Il est à noter qu’avant l’Algérie, le Maroc a été le premier pays d’Afrique du Nord à avoir officialisé le tamazight. La décision date de 2011. Elle fait suite à une révision de la Constitution du Royaume. Cependant, dans les faits, le berbère reste encore une langue du peuple. Des textes d’application permettant de généraliser l’usage du tamazight dans l’administration n’ont pas été adoptés. Il a fallu que des députés fassent pression au Parlement pour que des traducteurs soient recrutés. Samia Lokmane-Khelil


L’armée britannique veut attirer plus de femmes, de gays et de musulmans

Une campagne de recrutement a été lancée il y a plusieurs mois et ce week-end, de nouveaux messages seront diffusés à la radio, à la télévision et sur Internet. 

10/01/2018 | ACTUALITÉ

“L’armée avait l’habitude de recruter des jeunes hommes blancs de 16 à 25 ans, il n’y en a pas autant autour de nous que dans le passé. Notre société change.” C’est ainsi que le chef de l’armée britannique, le général Nick Carter, a expliqué, au micro de la BCC, la campagne de recrutement visant des candidats aux genres, sexualités, religions et origines divers, afin de pallier un manque de soldats. En répondant à des questions telles que “Puis-je être gay dans l’armée ?”, “Est-ce que je serai écouté dans l’armée ?” ou encore “Puis-je pratiquer ma foi dans l’armée ?”, des vidéos, dont des extraits ont été diffusés, visent à rassurer les femmes, les personnes homosexuelles, les musulmans, entre autres, sur le fait qu’ils seront acceptés au sein des troupes. “Cette campagne est une façon de reconnaître que nous ne disposons plus d’une armée assez nombreuse en ce moment, que la démographie de notre pays a changé et que nous devons atteindre une plus large communauté”, a souligné le général Carter. L’armée britannique comptait un peu plus de 78 000 membres à temps plein l’année dernière, bien en deçà de l’objectif du gouvernement de 82 000 d’ici 2020. Politiquement correct Cette initiative a été diversement appréciée. Les critiques ont fusé contre l’armée, accusée de céder au “politiquement correct”. “Les gens les plus intéressés par l’armée ne s’inquiètent pas de savoir s’ils vont être entendus ou s’ils vont pouvoir exprimer leurs émotions”, a dit le colonel Richard Kemp, ancien commandant des troupes britanniques en Afghanistan, à la BBC. Nick Carter a défendu la campagne, se disant “très fier que l’armée respecte vraiment l’origine ethnique et sociale et le genre de chacun” et a assuré que, ces neuf derniers mois, les demandes d’adhésion avaient augmenté de 30 à 35 %. “Nous sommes le genre d’employeur qui n’a pas d’échelle de rémunérations différente, c’est la même quel que soit votre genre”, a ajouté le chef de l’armée britannique. (avec AFP)  


Un remaniement en Pologne pour amadouer la Commission européenne

Deux poids lourds du gouvernement conservateur polonais, le ministre de la Défense, Antoni Macierewicz, et le chef de la diplomatie, Witold Waszczykowski, ont été limogés lors d’un remaniement annoncé officiellement mardi 9 janvier. 

09/01/2018 | ACTUALITÉ

En poste depuis un mois, le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a envoyé ce mardi 9 janvier de nouveaux signes d’apaisement à la Commission européenne, avec un remaniement ministériel qui se solde par le départ forcé de deux poids lourds controversés. Le ministre de la Défense, Antoni Macierewicz, et le chef de la diplomatie, Witold Waszczykowski, quittent le gouvernement ainsi que 3 autres ministres, ceux de l’Environnement, de la Santé et du Numérique. Antoni Macierewicz, ancien opposant anticommuniste, orateur charismatique et appuyé par une partie de l’électorat conservateur – mais personnage controversé en raison de ses déclarations surprenantes – était entré en conflit quasiment ouvert avec le Président Andrzej Duda en raison de profondes divergences sur la réforme des forces armées. Quant au chef de la diplomatie, Witold Waszczykowski, il a été confronté à la réélection de l’ancien Premier ministre libéral Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, la Pologne ayant été le seul pays à voter contre. Les relations de son pays avec la France et avec l’Allemagne ont également connu un fléchissement. Le ministre de l’Environnement, Jan Szyszko, a, lui, été au centre de la controverse internationale portant sur l’abattage des arbres dans la forêt de Bialowieza, tandis que le ministre de la Santé, Konstanty Radziwill, a dû affronter la fronde des internes réclamant une augmentation conséquente des crédits de la santé publique.  Relations tendues avec Bruxelles Lors d'une cérémonie à la présidence de la République, retransmise à la télévision, le ministre de la Défense et celui des Affaires étrangères ont été remplacés respectivement par l’ancien ministre de l’Intérieur Mariusz Blaszczak et par le vice-ministre des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz. Ce remaniement intervient alors que le Premier ministre cherche à améliorer les relations tendues entre Varsovie et la Commission européenne et devait se rendre en fin de journée à Bruxelles pour s'entretenir avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Préoccupée par l’évolution de l’État de droit en Pologne, et notamment par des réformes controversées de la justice, la Commission a déclenché contre Varsovie une procédure inédite pouvant aller jusqu’à la suspension de son droit de vote au sein de l’Union européenne. (avec AFP)  


Une allocation spéciale pour les militaires et les fonctionnaires en Arabie Saoudite

Cette mesure vise à amortir les effets de la politique d’austérité mise sur pieds dans le royaume, depuis plusieurs mois, pour faire face à la chute des prix des hydrocarbures. Dans le même temps, le gouvernement a décidé de supprimer les prestations gratuites dont bénéficiaient jusque-là les membres de la famille régnante. 

08/01/2018 | ACTUALITÉ

Dans une main, la carotte au profit des employés de l’État et dans l’autre, un bâton qui s’abat sur des membres de la monarchie, révoltés par la fin de leurs privilèges. En Arabie Saoudite, des mesures totalement opposées ont été prises ces derniers jours afin de pallier les effets de la crise économique qui s’est abattue sur le pays, à la suite de la chute des prix des hydrocarbures. D’un côté, donc, le gouvernement s’est engagé à verser une allocation spéciale aux militaires, aux fonctionnaires et aux étudiants. De l’autre, il vient de signer la fin des avantages sociaux dont bénéficiaient jusque-là les membres de la famille royale. Des princes, ulcérés par la fin pour eux de la gratuité de certains services comme l’eau et l’électricité, ont d’ailleurs manifesté, jeudi 4 janvier, devant un palais de Ryad. Ils ont été aussitôt arrêtés et incarcérés dans une prison de haute sécurité, en attente de leur procès. S’exprimant sur cette affaire, le procureur général d’Arabie Saoudite, Cheikh Saoud El Mojeb, a affirmé que “personne n’(était) au-dessus de la loi”. Cette déclaration, qui n’a rien de surprenant, s’accorde au ton du discours royal tenu par le prince héritier. Véritable ordonnateur de la politique de rigueur budgétaire mise sur pied pour réduire les déficits publics, Mohamed Ben Salman estime que les mesures d’austérité doivent s’appliquer à tous les Saoudiens sans exception. Sa cible est néanmoins constituée par la caste des nantis, les membres de la monarchie en particulier. Campagne anticorruption En novembre dernier, les autorités ont, sous couvert d’une campagne anticorruption, procédé à l’arrestation de plusieurs princes, de ministres, d’hommes d’affaires et de hauts fonctionnaires. Deux cents personnalités au total ont été appréhendées au cours d’une purge sans précédent qui a surpris le monde. À l’intérieur du royaume, les Saoudiens ont été plutôt satisfaits par les arrestations. Le gouvernement leur a donné, en tout cas, l’illusion, que les traitements de faveur étaient révolus. La campagne anticorruption avait également pour but de tempérer le mécontentement populaire, à la suite de l’application des premières mesures d’économies. Or avec le temps, la colère a commencé à monter. L’instauration d’une TVA de 5 % sur les biens et les services, début janvier, a vivement fait réagir les réseaux sociaux. Un hashtag #SalaryIsNotEnough (le salaire n’est pas suffisant) a été largement partagé sur la Toile. Les Saoudiens ne comprennent pas non plus que leur pays, l’un des plus grands exportateurs de pétrole au monde, soit réduit à supprimer les aides sur le prix de l’essence et du diesel. C’est dans ce climat de révolte sourde que le roi Salman a, par prudence, décidé d’accorder une allocation aux fonctionnaires et au personnel militaire. Dans un décret signé vendredi 5 janvier, il a révélé le montant de cette contribution mensuelle – 222 euros –, qui vise à “alléger l’impact des réformes économiques sur les foyers saoudiens”. Celle-ci devra profiter à presque tous les Saoudiens qui, d’une manière ou d’une autre, travaillent pour l’État. Réduire le chômage Les soldats engagés dans la guerre contre les rebelles au Yémen recevront une prime supplémentaire d’environ 1 000 euros. L’allocation versée aux étudiants sera par ailleurs majorée de 10 %. L’État a également annoncé qu’il prendrait à sa charge les 850 000 premiers riyals (180 000 euros de TVA) sur les premiers achats immobiliers de chaque Saoudien. Le ministre de l’Information, Awwad Al-Awwad, a indiqué que ces différentes allocations coûteraient au gouvernement 50 milliards de riyals (11 milliards d’euros). Pour calmer davantage le front social, le gouvernement s’emploie à réduire le chômage, qui touche presque 13 % de la population active. Pour cela, il compte sur la réussite des réformes engagées sur la voie de la croissance, avec l’objectif de sortir définitivement du tout-pétrole. À la suite la chute du cours des hydrocarbures en 2014, la santé économique du pays n’a cessé de décliner. En 2017, le déficit budgétaire s’est creusé davantage. Il affiche 60 milliards d’euros, soit environ 8 milliards de plus que le montant prévisionnel. Il y a un an, le prince Mohamed Ben Salman a lancé son plan de relance “Vision 2030” de diversification économique. Une politique de libéralisation sociale a également été entamée.  Samia Lokmane-Khelil  


Les européens cherchent la bonne arme pour obliger la Pologne à rentrer dans le rang

Après des mois de mise en garde, l’exécutif européen a proposé le 20 décembre dernier d’enclencher une mesure pour sanctionner le pays pour non respect de l’État de droit. Face à ce long processus, difficile à mettre en œuvre, certains États membres, France et Allemagne en tête, veulent faire pression sur l’accès aux fonds européens. 

05/01/2018 | ACTUALITÉ

L’article 7 du traité de l’Union européenne déclenché le 20 décembre dernier contre la Pologne constitue la procédure la plus radicale contre un pays bafouant les règles européennes. Jamais utilisé depuis sa création, il peut en théorie, déboucher sur une suspension des droits de vote du pays au sein du Conseil de l’UE qui participe au façonnage des législations. Ce sont les réformes judiciaires après la mise au pas du tribunal constitutionnel, fin 2015, qui ont mis tous les échelons de la justice sous la coupe réglée du politique en Pologne et qui ont entraîné cette décision de la Commission. La partie de l’article 7 déclenchée ne concerne que la phase préventive, pas encore celle qui prévoit des sanctions. Le calendrier, long et complexe, est le suivant : la Pologne dispose de trois mois pour répondre aux inquiétudes de Bruxelles en modifiant ses réformes judiciaires. Si rien n’est fait d’ici fin mars, un vote des 28 États membres sera organisé, au cours duquel ils seront invités à « constater l’existence d’un risque clair » contre l’État de droit. Pour s’appliquer, la décision doit être adoptée par au moins 22 pays sur 27 (la Pologne ne votant pas). L'arme des fonds européens En cas d’accord, deux autres étapes suivraient. Une deuxième phase serait lancée pour laquelle il faudrait l’unanimité des États pour constater « l’existence d’une violation grave et persistante de l’État de droit ». Or la Hongrie a d’ores et déjà affirmé qu’elle ferait obstacle à l’obtention de cette unanimité à la fin décembre 2017. Le premier ministre Viktor Orban, chantre d’une « démocratie non libérale » est le meilleur allié de la Pologne depuis plusieurs années avec ses attaques régulières contres les ONG et les universités. Il pourrait être rejoint dans son discours anti-Bruxelles par les autres pays du groupe de Visegrad (la Slovaquie et la République tchèque) qui le composent avec la Hongrie et la Pologne. Les prochains mois risquent de durcir la confrontation avec Varsovie. Une autre solution pour faire plier la Pologne, qui n’a cessé de provoquer l’Union européenne depuis 2014, serait le chantage aux fonds structurels. La négociation commencera officiellement au printemps après que la Commission remettra sa proposition pour un budget pluriannuel de l’Union européenne (2020-2026). Les Allemands et les Français menacent de conditionner l’accès à ces fonds au respect de l’État de droit. Toucher la Pologne au portefeuille pourrait s’avérer plus efficace que l’appel au droit car le pays a été le plus généreusement doté sur la période 2014-2020, avec une enveloppe de 86 milliards d’euros venue des fonds structurels européens (fonds social européen et fonds de cohésion). La baisse des montants alloués à la politique de cohésion sur fonds de Brexit, qui privera le budget de l’Union de 10 milliards d’euros, serait un moyen de pression sur Varsovie que la Commission européenne devrait utiliser dans les prochains mois. Jean-Bernard Gallois


La suppression du droit de grève dans certains services publics béninois met le feu aux poudres

Une loi votée à l’Assemblée nationale du Bénin le 28 décembre supprime le droit de grève pour certaines catégories d’agents publics employés dans trois domaines clés : la santé, la justice et la sécurité.

04/01/2018 | ACTUALITÉ

C’est une loi qui déclenche les passions et occasionne des grèves depuis plusieurs jours. L’article 50 de ce texte voté le 28 décembre dernier à l’Assemblée nationale du Bénin par les députés supprime le droit de grève pour certaines catégories d’agents publics employés dans trois domaines clés : la santé, la justice et la sécurité. Ce choix suscite une grogne grandissante au sein de ce pays à l’avant-garde de la démocratie en Afrique. Vent debout, l’opposition et les syndicats du secteur y voient une violation de l’article 31 de la Constitution béninoise. Le gouvernement du Président Patrice Talon invoque, lui, la continuité des services publics dans quelques domaines jugés sensibles. Le 2 janvier, l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) a fait remarquer que le droit de grève est consacré par les articles 31 de la Constitution et 8 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Justice paralysée Pour ce syndicat, il en résulte que le droit de grève, en tant que liberté fondamentale, ne peut faire l’objet d’interdiction. “La Constitution n’accorde au législateur que le pouvoir d’en définir les conditions de jouissance, estime l’Unamab. Par ce vote, l’Assemblée nationale a gravement porté atteinte aux acquis démocratiques issus de l’historique Conférence des forces vives de la nation de février 1990 et contribue de ce fait à la vassalisation du pouvoir judiciaire.” La justice du pays est ainsi paralysée en raison de la grève des magistrats et d’autres agents des tribunaux et cours du pays, à l’appel de 4 syndicats professionnels sur les 8 que compte ce secteur. Sans qu’aucune issue ne soit pour l’instant trouvée au conflit.


Des écoles de hauts fonctionnaires en quête d’identité

Les élites administratives d’Italie et de Pologne sont formées dans des écoles gouvernementales qui connaissent des problèmes de débouchés. La Belgique francophone a créé une école qui n’a connu que deux promotions. Les habitudes freinent l’émancipation de ces établissements vis-à-vis du politique.

03/01/2018 | ACTUALITÉ

Comment un pays doit-il former ses hauts fonctionnaires ? En Allemagne, l’université et le doctorat constituent les sésames vers la haute fonction publique. La France privilégie l’ENA et Polytechnique pour instruire ses futures élites administratives. Des modèles mixant les deux existent aux Pays-Bas ou au Danemark. Quant à l’Italie, à la Pologne et dans une moindre mesure la région wallonne, elles se sont lancées sur une autre voie. Créée en 1957 sur le modèle de l’ENA lancée douze ans plus tôt, l’École supérieure d’administration publique italienne (SNA) intègre, en 2014, trois autres écoles publiques spécialisées dans la défense, l’administration locale et les finances. Elle délivre une formation initiale où chaque promotion, d’une trentaine d’élèves, suit deux ans de cours à la fois théoriques et pratiques. Mais elle subit des critiques. Tout d’abord, le corps des enseignants n’est pas stable et ce sont des professeurs d’université ou des cadres qui enseignent. Autre « symptôme » : « la formation n’est pas planifiée par des experts et délivrée par des professeurs qui ont appris à transmettre leur savoir-faire », indique Massimo Balducci, enseignant à l’école de formation du Bade-Wurtemberg. Et surtout, ajoute-t-il, « ce n’est pas une école d’application comme l’ENA », le label d’excellence qui lui manque. Séparation entre politique et administration « La seule chose qui peut être empruntée à l’ENA est le modèle pédagogique, pas le modèle institutionnel, écrivait en 2008 Vincenzo Schioppa, ancien président de la soixantaine d’énarques italiens. Quand l’école française transmet les valeurs de 250 ans de l’État-nation, nous pourrions transmettre les valeurs de la réforme de l’administration publique italienne comme l’autonomie, la responsabilité, le mérite, la performance. » Massimo Balducci estime que les difficultés de l’école sont dues au « manque de séparation entre la politique et l’administration en Italie ». La moitié des dirigeants est recrutée par le SNA et l’autre par des concours internes à l’administration et un passage au SNA un an après leur entrée en fonction. Une réforme pour en faire le seul canal d’entrée de l’élite administrative, très sélectif et méritocratique, proposée par la ministre de l’Administration en 2013, a été retoquée par le parlement italien. Résultat : sur les 26 élèves de la promotion 2014, seuls 9 ont pu être engagés à des postes de responsabilité. Les autres ont dû attendre que les hauts fonctionnaires en place quittent leur poste. Un comble pour ces diplômés issus d’une sélection drastique parmi 4 000 candidats et après quatre jours d’examens. Quant aux 4 postes proposés au sein de la présidence du Conseil (équivalent du Premier ministre) qui a, par ailleurs, la responsabilité de la SNA, ils ont disparu de l’affichage quelques semaines avant leur attribution. Plus au nord, « la culture administrative belge est historiquement très pragmatique et la mentalité belge n’est pas conceptuelle, explique Alexandre Piraux, rédacteur en chef de la revue Pyramides, de l’Université libre de Bruxelles. Il n’y a jamais eu d’école supérieure et nationale préparant à des hautes fonctions administratives, mais plutôt des formations à la carte dans différents instituts ». À l’heure actuelle, un catalogue de formations optionnelles en continu à suivre est la règle dans la plupart des cas (gestion stratégique, gestion en ressources humaines…). Mais on constate que le passage dans un cabinet ministériel au niveau de l’État fédéral et des régions représente, de fait, l’une des meilleures préparations aux différents tests du Selor, le bureau de sélection de l’État fédéral belge. ENA à la belge Pourtant, en 2013, une « École d’administration publique » (EAP) a été créée dans la région wallonne et la communauté francophone. Sa mission principale était de mettre en place une formation visant à obtenir un certificat de management public (CMP) et à le rendre obligatoire pour qui souhaitait rejoindre un poste de haut fonctionnaire. Mais seules deux promotions (140 étudiants) ont pu passer ce certificat devant le Selor. Les 56 heureux lauréats du CMP ont rejoint un pool dans lequel les responsables politiques devaient piocher pour désigner les hauts fonctionnaires. Pour l’instant, seul un tiers a pu être affecté à un poste de « top management » de l’administration francophone ou fédérale, car les hauts fonctionnaires en place ont été renouvelés. Et à la rentrée 2015, le nouveau gouvernement wallon, dont ne faisait pas partie le parti écologiste Écolo – qui militait pour le lancement de l’EAP – a décidé un moratoire sur cette formation, officiellement pour des raisons budgétaires. « En créant l’EAP, l’objectif était de professionnaliser une administration très politisée puisque les principaux hauts fonctionnaires sont nommés par les dirigeants politiques pour la même durée de mandat qu’eux », explique Marie Goransson, professeure à l’Université libre de Bruxelles (ULB). L’idée n’était pas de faire une « ENA à la belge comme filière d’étude initiale », indique Jean-Marc Nollet, qui était ministre du Développement durable et de la Fonction publique en 2013. Aujourd’hui, la formation majeure aux administrations fédérales et régionale francophone est le master en administration publique, créé voici cinq ans à l’ULB. Il forme sur deux ans des promotions d’une trentaine d’étudiants. « Nous insistons sur les marchés publics, très importants en Belgique, et une approche du management public tournée vers les processus en invitant des hauts dirigeants à intervenir, développe Marie Goransson, qui codirige le master. Le moment fort, ce sont les trois derniers mois de stage, où les étudiants interviennent comme consultants dans une administration et font un travail de groupe. Il s’agit de leur donner un ancrage dans le monde de la fonction publique. » Cours interdisciplinaires Autre modèle, en Pologne, où la KSAP (école publique d’administration en polonais), qui assure la formation continue des agents du pays (4 000 formés en 2016) et forme aussi des futurs hauts fonctionnaires, a aussi connu des soubresauts. Les études durent dix-huit mois et comportent des cours interdisciplinaires avec un angle administratif. Épine dorsale dans la transformation progressive de l’ex-État communiste et lors de son intégration à l’Union européenne en 2004, l’école connaît, comme en Italie et en Belgique, des soucis de débouchés pour ses élèves : en 2012, plus d’un tiers des jeunes hauts fonctionnaires n’avaient pas trouvé d’emploi, contre moins de 10 % en 2006. « L’offre éducative est inadaptée aux besoins de l’administration moderne », martèle le bureau du Premier ministre dans le rapport annuel de l’école. En clair, il y a trop de diplômes en sciences politiques et en relations internationales et trop peu en droit, économie ou administration. Récurrentes dans les années 2010, les rumeurs de fermeture de l’école ont été balayées en 2016, lorsque la première ministre, Beata Sydlo, dont la KSAP dépend directement, a soutenu le rôle majeur de l’école dans la formation « des élites qui servent bien l’État ». Jean-Bernard Gallois


414 élus marocains épinglés pour leurs comptes de campagne

La Cour des comptes du Maroc a adressé des mises en demeure à 414 élus des collectivités qui ont omis de déclarer leurs dépenses de campagne électorale. Ils ont trois mois pour se conformer à la loi. Par cette première, la Cour brise un tabou, en réclamant une plus grande visibilité dans le financement des campagnes électorales.  

02/01/2018 | ACTUALITÉ

Au Maroc, 414 élus des conseils des collectivités territoriales risquent d’être déchus de leur mandat. Ils ont été destinataires, ces derniers jours, de mises en demeure de la part de la Cour des comptes, qui leur demande de lui transmettre, d’ici trois mois, des déclarations sur leurs dépenses de campagne pour les élections municipales et régionales de l’automne 2015. Passé ce délai, les élus concernés pourront être destitués. Pis, la Cour des comptes se réserve le droit de transférer leur dossier aux tribunaux administratifs. Elle demande en outre au ministère de l’Intérieur d’envisager des mesures coercitives contre 169 candidats qui n’ont pas été élus et qui ont failli, à leur tour, à l’obligation de divulguer leurs comptes de campagne. Les contrevenants (élus ou non) font partie de l’ensemble du spectre politique. La majorité appartient aux grandes formations qui siègent au gouvernement, comme le Rassemblement national des indépendants (RNI) du puissant ministre de l’Agriculture, Aziz Akhanouch, l’Istiglal, le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) et le Parti de la justice et du développement (PJD) du Premier ministre, Saadeddine Al Othmani. Tabou brisé Outre les candidats n’ayant pas déposé à la Cour l’état des dépenses relatives à leur campagne électorale, certains autres ont par ailleurs omis d’indiquer la provenance de leurs fonds ou de joindre partiellement ou totalement des pièces justificatives sous forme de factures, de conventions, de notes de frais et de mémoires d’honoraires. Des élus ont aussi dépassé le seuil fixé pour le financement de la campagne électorale (entre 4 000 et 13 000 euros, selon les scrutins). C’est la première fois que la Cour des comptes préconise des sanctions contre des mandataires de listes de candidature électorales. Pour beaucoup de médias marocains, l’institution dirigée par l’ex-Premier ministre Driss Djettou a brisé un tabou, en réclamant une plus grande visibilité dans le financement des campagnes électorales. Son souci de transparence concerne aussi les dépenses des partis politiques. En plus de l’audit sur les comptes de la campagne électorale de 2015, la Cour vient d’éditer deux autres rapports. Le premier document porte sur une série de vérifications qui ont trait à l’utilisation à bon escient de la contribution accordée par l’État aux partis, pour la couverture de leurs frais de gestion et l’organisation de leurs congrès nationaux au titre de l’exercice 2016. Le second rapport se penche plus particulièrement sur l’utilisation de la subvention allouée à l’organisation des campagnes électorales. En 2015, les partis politiques marocains ont reçu environ 26 millions d’euros de la part de l’État, soit quatre fois plus que l’année précédente. Cette dotation représente 90 % de leurs sources de financement. Si beaucoup de formations ont réussi tant bien que mal à restituer au Trésor public les sommes qu’elles ont reçues, certaines ont été incapables de le faire. D’autres ne sont pas parvenues, en outre à justifier certaines dépenses. Traçabilité des opérations financières Pour mettre fin à la gabegie, la Cour les comptes a émis une série de recommandations. Elle estime que les partis politiques doivent faire preuve d’une plus grande rigueur financière. Elle leur demande par exemple de tenir une comptabilité, conformément au Code général de normalisation comptable (CGNC), de respecter les dispositions du “plan comptable normalisé des partis politiques” et de veiller à ce que toutes les opérations financières réalisées au niveau des structures locales des partis soient traçables. Elle les invite par ailleurs à produire l’ensemble des documents relatifs aux comptes annuels dans les délais prescrits par la loi et à veiller à leur certification. De son côté, l’État doit, selon la juridiction financière, veiller à l’établissement d’une nomenclature des pièces justificatives pour chaque catégorie de dépenses, et ce afin d’aider les différentes formations à améliorer et à normaliser leur gestion financière. Plus globalement, la Cour des comptes préconise l’arrêt du financement public des activités partisanes. À la place, l’institution estime que les pouvoirs publics devront permettre aux partis politiques de diversifier leurs ressources, en bénéficiant par exemple d’intérêts bancaires et de revenus locatifs. Même si toutes ses recommandations ne seront pas respectées, la Cour des comptes a provoqué, avec ses trois rapports, un véritable séisme politique au Maroc. La presse locale s’attend à la divulgation de noms de responsables de partis qui ont utilisé les subventions de l’État pour s’enrichir indûment. Anticipant le scandale, Abdellah Hassani, trésorier du parti Union constitutionnelle (UC), vient d’ailleurs de démissionner de son poste. Ce parti a été mis à l’index par la Cour des comptes pour des dépenses illégales. Samia Lokmane-Khelil


Les indépendantistes remobilisés après leur victoire en Catalogne

La victoire de la coalition indépendantiste lors des élections du 21 décembre contrarie la stratégie du gouvernement espagnol, qui avait organisé le scrutin pour affaiblir Carles Puigdemont et ses alliés.

22/12/2017 | ACTUALITÉ

Le gouvernement espagnol, qui avait décidé de convoquer des élections en Catalogne en espérant affaiblir les indépendantistes, s’est pris les pieds dans le tapis. En égalant quasiment leur dernier score aux élections régionales, les partisans de l’indépendance posent plus que jamais un défi majeur à l'unité de l'Espagne et au Premier ministre, Mariano Rajoy. Marqué par une participation massive – près de 82 % de votants, un record historique dans la région – le scrutin a vu les partis défendant l'unité de l'Espagne arriver en tête à 52 % des suffrages, mais la loi électorale catalane prévoit un système de pondération des voix qui avantage les provinces rurales, où les indépendantistes sont très implantés, d'où leur victoire en sièges au parlement régional. Les trois partis indépendantistes obtiennent ainsi 70 élus sur 135, deux de moins qu'en 2015. Sur les 70 sièges, 34 reviennent à la liste de Carles Puigdemont, président du gouvernement destitué par Madrid après la déclaration d'indépendance du 27 octobre et exilé en Belgique. “L'État espagnol a été vaincu. Rajoy et ses alliés ont perdu !” a clamé, depuis Bruxelles, Carles Puigdemont. Qui va gouverner ? Mais si les indépendantistes arrivent à s'entendre pour gouverner, quels seront les membres du cabinet régional ? L’ancien président est inculpé pour “rébellion” et “sédition” et s'il rentre en Espagne, il sera arrêté. Le chef du deuxième parti indépendantiste, Oriol Junqueras, son vice-président, lui aussi poursuivi, est déjà en prison. Mariano Rajoy, silencieux jeudi soir, pourrait s'exprimer dans l'après-midi après une réunion avec son Parti populaire, laminé en Catalogne, où il est passé de 11 à 3 sièges. Le vice-secrétaire du parti, Pablo Casado, s'est borné à affirmer que le parlement régional serait difficile à gouverner.  En effet, les Catalans partisans de l'Espagne unie, veulent aussi être pris en compte. Poussés à s'impliquer face au risque réel de rupture unilatérale, ils avaient finalement manifesté en masse depuis octobre, inondant aussi les rues de leurs drapeaux rouge-jaune-rouge. Le parti libéral et anti-indépendantiste Ciudadanos a obtenu le plus grand nombre de sièges au parlement avec 37 élus. “Les partis nationalistes ne pourront plus jamais parler au nom de toute la Catalogne, car la Catalogne c'est nous tous”, a martelé sa dirigeante catalane, Inès Arrimadas.  (avec AFP)  


NOMINATIONS

Serge Lavroff prend son premier poste d’ambassadeur

Ancien consul général de France à Hambourg (Allemagne) et jusque-là en mission à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le conseiller des affaires étrangères hors classe Serge Lavroff a été nommé ambassadeur de la République de Trinité-et-Tobago, dans les Caraïbes. Celui qui remplace donc désormais Hedi Piquart prend ainsi son premier poste d’ambassadeur. Âgé de 63 ans et diplômé de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), Serge Lavroff débute sa carrière en 1983, comme troisième, puis deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Singapour. Il prend ensuite, notamment, entre 1987 et 2000, plusieurs postes de deuxième conseiller aux ambassades de France de : Hanoï, au Vietnam, de Bangkok (Thaïlande) et de Minsk, la capitale biélorusse. Devenu premier conseiller à l’ambassade de France à Séoul, en Corée du Sud, de 2000 à 2002, puis premier conseiller, chef de l’antenne diplomatique à l’ambassade de France à Lilongwe (Zambie) de 2002 à 2008, il revient à cette dernière date en métropole, au ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale et Développement solidaire, pour prendre la fonction de chef du département des affaires internationales et de la coopération au service des affaires internationales et du codéveloppement solidaire, jusqu’en 2009. Passé consul général de France à Wuhan, en Chine, de 2009 à 2013, puis consul général de France à Hambourg, en Allemagne, entre 2013 et 2016, Serge Lavroff était, depuis lors, en mission à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

18/01/2018 | NOMINATION FRANCE

Un député LREM va plancher sur l’élection des représentants au Parlement européen

Dans le cadre de l’examen, par l’Assemblée nationale, du projet de loi relatif à l’élection des représentants au Parlement européen, la commission des lois de la Chambre basse, saisie au fond, a nommé, le 10 janvier dernier, le député LREM Alain Tourret en tant que rapporteur du texte. Rappelons que ce projet de loi, sur lequel le gouvernement a engagé une procédure accélérée, vise notamment à revenir à une circonscription unique pour les élections européennes de 2019. Huit circonscriptions avaient en effet été créées en 2003, peu avant les élections de 2004, dans le but d’augmenter la participation. Cette mesure n’avait néanmoins pas eu l’effet escompté. Âgé de 70 ans et avocat de profession, Alain Tourret a notamment été conseiller régional (Parti radical de gauche, PRG) de Basse-Normandie de 1986 à 1997 et de 2004 à 2012. Ancien maire (de 1981 à 2016, et en 2017) de la commune de Moult, dans le Calvados (devenue Moult-Chicheboville l’année dernière), il est élu député du Calvados pour la première fois en 1997, sous les couleurs du Parti républicain socialiste (PRS), et ce jusqu’en 2002. Il est ensuite réélu à cette fonction en 2012 sous les couleurs PRG puis, en juin dernier, en tant que député LREM.

12/01/2018 | NOMINATION FRANCE

Guillaume Roty prend du galon

Attaché économique à la représentation en France de la Commission européenne depuis quatre ans, Guillaume Roty prend de nouvelles fonctions au sein de l’antenne de l’institution européenne dans l’Hexagone. Ce dernier vient en effet d’y être nommé chef du service “Presse & média” et porte-parole, en remplacement de Miguel Puente-Pattison. Ingénieur civil de l’École des mines de Paris et diplômé de l’IEP de Paris, ainsi que de la Columbia University aux États-Unis, le nouveau chef de service et porte-parole, âgé de 37 ans, donne ainsi un nouveau tournant à sa carrière. Il s’agit en effet de son premier poste en lien avec les relations média. Consultant en stratégie au cabinet de conseil McKinsey & Company en tout début de parcours, de 2005 à 2009, Guillaume Roty avait ensuite rejoint la Commission européenne pendant cinq ans. D’abord en tant qu’analyste économique et politique (2009-2010) et ensuite comme coordinateur de politiques dans le secteur bancaire et transport (2010-2013). Il avait par ailleurs intégré la représentation en France de la Commission européenne au poste d’attaché économique en janvier 2014.

11/01/2018 | NOMINATION FRANCE

Constance Deler rejoint le secrétariat général des affaires européennes

Ancienne collaboratrice d’Alain Vidalies et de Michel Rocard, Constance Deler a été nommée cheffe du secteur “Parlement national et Parlement européen” au secrétariat général des affaires européennes (SGAE). En poste depuis le 1er décembre, elle remplace Nathalie Lhayani, qui occupait la fonction depuis 2016, et qui est désormais conseillère “Europe” au cabinet de ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et de sa secrétaire d’État, Brune Poirson. Âgée de 46 ans, Constance Deler est titulaire d’une maîtrise d’études européennes et de sciences économique, ainsi que d’un DESS de géopolitique européenne. Elle débute sa carrière en 1997 en tant qu’attachée parlementaire du socialiste Michel Rocard, quand celui-ci était député au Parlement européen. À ce poste pendant douze ans, elle intègre ensuite l’Union des couveuses d’entreprises, entre 2009 et 2011, comme responsable des partenariats.  Redevenue attachée parlementaire à partir de 2011, cette fois-ci auprès de la sénatrice socialiste de l’époque, Bernadette Bourzai, Constance Deler avait rejoint, au poste de conseillère, le cabinet d’Alain Vidalies, alors secrétaire d’État chargé des Transports, de 2014 à mai dernier.

22/12/2017 | NOMINATION FRANCE


La mission “Brexit” de l’Assemblée nationale a désigné son président-rapporteur

Relancée fin novembre à l’Assemblée nationale, la mission d’information sur le suivi des négociations liées au Brexit et l’avenir des relations de l’Union européenne et de la France avec le Royaume-Uni, a désigné, mercredi 20 décembre, son président-rapporteur. C’est François de Rugy, président LREM de la Chambre basse, qui a été nommé à cette fonction. Forte de 29 membres, la mission devra notamment, comme son intitulé l’indique, suivre les négociations inhérentes à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit). Sous la précédente législature, une mission d’information présidée par Claude Bartolone (PS), alors à la tête de l’Assemblée nationale, avait planché pendant environ six mois sur les suites du référendum britannique et le suivi de la négociation. Ses membres avaient appelé, mi-février, à privilégier l’intérêt de l’Union européenne dans les discussions sur le Brexit, en préconisant une approche globale des négociations, un refus d’octroyer une situation plus avantageuse à Londres, et une négociation dans un temps limité. Ces députés avaient invité à veiller à ce que “le résultat des négociations n’affaiblisse pas la capacité à faire progresser le projet européen, mais qu’au contraire l’on puisse capitaliser sur cette expérience douloureuse”. Président de l’Assemblée nationale depuis juin 2017 Âgé de 44 ans, François de Rugy est diplômé de l’IEP de Paris. Il a notamment été adjoint (Verts) au maire de Nantes (Loire-Atlantique), délégué aux transports et aux déplacements, et vice-président de Nantes Métropole, chargé du plan de déplacements urbains, de 2001 à 2008. Député (GDR, puis non-inscrit, Écologiste, SRC, SER, et enfin LREM) de Loire-Atlantique depuis 2007, il a aussi été secrétaire de l’Assemblée nationale de 2007 à 2012, et a présidé le groupe Écologiste de la Chambre basse de 2012 à 2015. Devenu vice-président de l’Assemblée nationale à partir de 2016, François de Rugy quitte le groupe Écologiste pour rejoindre le groupe Socialiste républicain et citoyen (SRC), désormais baptisé Socialiste, écologiste et républicain (SER). Candidat malheureux, en janvier dernier, du premier tour de la primaire de la gauche pour l’élection présidentielle, il annonce, le mois suivant, son soutien à Emmanuel Macron.  Réélu député de la Loire-Atlantique en juin dernier sous les couleurs de La République en marche, il est élu dans la foulée président de l’Assemblée nationale quelques jours après.

21/12/2017 | NOMINATION FRANCE

Alger a un nouveau consul général de France

En remplacement de Jean Wiet, qui occupait la fonction depuis 2015, le conseiller des affaires étrangères hors classe et lieutenant-colonel Éric Gérard, actuellement en mission à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a été nommé consul général de France à Alger à compter du 28 décembre. Titulaire d’une licence d’allemand, d’histoire et de droit et ancien élève de l’ESM Saint-Cyr, Éric Gérard, 53 ans, a notamment été chargé de mission au centre d’analyse et prévision du ministère des Affaires étrangères entre 2004 et 2006 et chef du service de la sécurité diplomatique à la direction générale de l’administration de ce même ministère entre 2007 et 2009. Devenu délégué dans les fonctions de sous-directeur de la sécurité diplomatique et de défense à la direction générale de l’administration et de la modernisation, toujours au Quai d’Orsay, entre 2009 et 2013, il prend ensuite, dans la foulée, son premier poste de consul général, à Marrakech, au Maroc, jusqu’en août dernier. Éric Gérard était en mission à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères depuis cette dernière date.

20/12/2017 | NOMINATION FRANCE

Didier Talpain part au Pakistan

Sous-directeur de la comptabilité à la direction des affaires financières de la direction générale de l’administration et de la modernisation au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Didier Talpain a été nommé consul général de France à Karachi, au Pakistan. Il remplace ainsi Patrice Servantie, qui occupait la fonction depuis le 20 avril dernier. Âgé de 56 ans, ce conseiller des affaires étrangères hors classe (Orient) débute sa carrière en 1989, en tant que rédacteur chargé des questions concernant la Tunisie, au ministère des Affaires étrangères, jusqu’en 1994. Devenu conseiller technique au cabinet de la ministre déléguée à l’Action humanitaire et aux Droits de l’Homme (Lucette Michaux-Chevry) de 1994 à 1995, il enchaîne ensuite plusieurs postes en ambassade de France : à Varsovie (Pologne) en tant que conseiller culturel adjoint ; à Athènes, comme attaché culturel à partir de 1999 ; en Syrie, à Damas, en tant que premier secrétaire, de 2001 à 2005 ; et enfin, dans la capitale slovaque de Bratislava, où il est conseiller de coopération et d’action culturelle de 2005 à 2010. Didier Talpain embarque ensuite pour la capitale bulgare, Sofia, afin d’exercer les fonctions de conseiller de coopération et d’action culturelle, directeur de l’Institut français, jusqu’en 2013. C’est à cette date qu’il est nommé sous-directeur de la comptabilité au Quai d’Orsay.

20/12/2017 | NOMINATION FRANCE

Anne-Laure Desjonquères prend un poste de sous-directrice en centrale

Cheffe du service de presse et d’information à l’ambassade de France à New Delhi (Inde) depuis 2015, Anne-Laure Desjonquères, conseillère des affaires étrangères, vient d’être nommée sous-directrice du droit de l’Union européenne et du droit international économique (groupe B), à la direction des affaires juridiques du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. En poste pour une durée d’un an à partir du 29 décembre, elle remplace Diego Colas. Âgée de 37 ans, Anne-Laure Desjonquères est diplômée de l’IEP de Paris. Également ancienne élève de l’École normale supérieure (Ulm) et de l’ENA (promotion Simone Veil, 2006), elle débute sa carrière en tant que rédactrice à la sous-direction du droit de l’Union européenne et du droit international économique du ministère des Affaires étrangères et européennes, à sa sortie de la prestigieuse école d’administration. Elle devient ensuite, à partir de 2010, rédactrice à la sous-direction du désarmement et de la non-prolifération nucléaires au sein du même ministère. Anne-Laure Desjonquères a également été deuxième conseillère à Pretoria, en Afrique du Sud, de 2012 à 2015.

18/12/2017 | NOMINATION FRANCE

Mouvements

Marie-Anne Lévêque, depuis peu secrétaire générale des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur [lire notre article sur le sujet], vient d’être nommée parallèlement haute fonctionnaire de défense et de sécurité auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation – Ministre plénipotentiaire de 2e classe, chargée de la direction de la culture, de l’enseignement, de la recherche et du réseau au sein de la direction générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international, Laurence Auer devient haute fonctionnaire chargée de la terminologie et de la langue française du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en remplacement d’Anne Grillo – L’administrateur en chef de 2e classe des affaires maritimes Romain Guillot est nommé directeur des territoires, de l’alimentation et de la mer (groupe IV) de Saint-Pierre-et-Miquelon, pour une durée de quatre ans, à compter du 1er janvier 2018.

18/12/2017 | NOMINATION FRANCE

L’Agence française de développement recrute une directrice de la communication

“Contribuer au rayonnement de l’une des premières banques de développement publiques et solidaires d’Europe.” Telle sera, selon l’Agence française de développement (AFD), l’une des missions qui reviendront à Mathilde Schneider, tout juste nommée directrice de la communication de l’agence, en remplacement de Benjamin Neumann. Diplômée d’HEC Paris, celle qui était jusque-là vice-présidente exécutive de l’agence éditoriale Ask Media a débuté sa carrière aux États-Unis, où elle a été, entre autres, coordinatrice en marketing et en communication pour LVMH et journaliste freelance, entre 2007 et 2009. Revenue à Paris en 2010, Mathilde Schneider rejoint le groupe Havas en tant que consultante et directrice de projets, avant d’y être promue directrice associée en 2013. Une fonction qu’elle occupe jusqu’en mars dernier, avant de lancer, le mois suivant, avec l’ancien directeur général des Inrockuptibles, Frédéric Allary, l’agence Ask Media, spécialisée dans les formats de pédagogie et de data visualisation.

14/12/2017 | NOMINATION FRANCE

La France tient son commissaire général pour l’Exposition universelle de Dubaï 2020

Directeur exécutif du cabinet de conseil Accenture depuis 2012, Erik Linquier, conseiller maître à la Cour des comptes en disponibilité, a été nommé commissaire général de la section française à l’Exposition universelle de Dubaï (Émirats arabes unis) de 2020. Pour rappel, l’Exposition universelle de 2020 aura lieu à Dubaï du 20 octobre 2020 au 10 avril 2021. Elle portera sur le thème “Connecter les esprits, construire le futur”, un thème qui sera décliné en trois sous-thèmes : mobilité, durabilité, opportunité. Cet énarque (promotion Antoine de Saint-Exupéry, 1994) de 48 ans est entré à la Cour des comptes à sa sortie de la prestigieuse école, en 1994, mais il aura fait l’essentiel de sa carrière en dehors de l’institution. En 1997, il devient adjoint au chef des services d’expansion économique au Canada, puis il est nommé conseiller commercial à la délégation permanente de la France auprès de l’Organisation mondiale du commerce à Genève, en 2001. L’année suivante, Erik Linquier part travailler à Bercy comme chef du bureau de la politique commerciale et Organisation mondiale du commerce à la direction des relations économiques extérieures (2002-2004), puis il se voit confier le poste de chef du bureau de la politique commerciale et de l’investissement à la direction générale du Trésor en 2004-2005. Le haut fonctionnaire occupe ensuite, toujours dans cette direction de Bercy, les postes d’adjoint au secrétaire général (2005-2007), puis de secrétaire général (2007-2009). Erik Linquier avait quitté le ministère de l’Économie en 2009 pour ERDF, la filiale d’EDF qui gère le réseau public de distribution d’électricité, au poste de directeur de la régulation. Un poste qu’il a occupé jusqu’en 2012. Par ailleurs, ce magistrat de la Cour des comptes avait été promu au rang de conseiller maître en 2011.

12/12/2017 | NOMINATION FRANCE

Frédéric Clavier retourne en Afrique

Ancien ambassadeur, en 2015, chargé de l’organisation du sommet de Bamako pour la paix et la sécurité, au ministère des Affaires étrangères, Frédéric Clavier, conseiller des affaires étrangères hors classe, devient ambassadeur de la République française en Tanzanie. Il remplace Malika Berak, en poste depuis 2014. Pour rappel, le 27e sommet Afrique-France pour “le partenariat, la paix et l’émergence” s’est tenu à Bamako le 14 janvier dernier, en présence d’une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des représentants de plusieurs organisations internationales. Le Sommet de Bamako faisait suite au sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique, organisé les 6 et 7 décembre 2013 à l’initiative du président de la République François Hollande.  Au cours de sa carrière, Frédéric Clavier, ancien élève de l’institut d’études politiques de Paris âgé de 54 ans, a notamment conseillé Jacques Chirac pendant six ans à l’Élysée, de 1996 à 2002. Il a ensuite été nommé conseiller de coopération et d’action culturelle, directeur de la mission culturelle française à Beyrouth, au Liban (2002-2006), avant de partir pour Rabat (Maroc) comme premier secrétaire, puis deuxième conseiller (2006-2009). Délégué dans les fonctions de sous-directeur d’Afrique orientale à la direction d’Afrique et de l’océan Indien du Quai d’Orsay de 2009 à 2011, ce diplomate avait ensuite pris son premier poste d’ambassadeur de France au Ghana, des fonctions qu’il a occupées jusqu’en 2015. Auparavant, Frédéric Clavier a débuté sa carrière en 1987 comme rédacteur à la direction d’Amérique au ministère des Affaires étrangères. Après un passage à l’ambassade de France à Lisbonne (Portugal), il devient troisième, puis deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Abidjan, en Côte-d’Ivoire (1990-1992). Deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Montevideo (Uruguay) en 1992, Frédéric Clavier a aussi travaillé comme rédacteur au service de la politique étrangère et de sécurité commune à la direction générale des affaires politiques du ministère des Affaires étrangères en 1996.

07/12/2017 | NOMINATION FRANCE

Un ex-conseiller de Stéphane Le Foll rebondit à l’Agence française de développement

Ex-conseiller au cabinet du porte-parole du gouvernement, alors Stéphane Le Foll, entre juillet 2015 et l’alternance de mai dernier, Florian Lafarge a été nommé responsable “pays Amérique latine” au sein de l’Agence française de développement (AFD), bras financier de la diplomatie française. Au mois de septembre dernier, il avait remplacé Vincent Deshayes comme conseiller chargé des relations presse et des projets transversaux auprès de la directrice du service d’information du gouvernement (SIG), Virginie Christnacht. Florian Lafarge a exercé à ce poste jusqu’en novembre dernier. Âgé de 28 ans, ce titulaire d’un master de relations internationales et d’un master de gouvernance européenne à Sciences Po Grenoble a débuté comme attaché politique à l’ambassade de France au Panama de 2013 à 2015.

06/12/2017 | NOMINATION FRANCE