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La police nationale traque aussi les talents

Relever les défis du numérique et opérer une importante réorganisation pour mener à bien le déploiement de la police de sécurité du quotidien. Telles sont les priorités du directeur général de la police nationale, Éric Morvan, autour duquel s’est réuni le Club des acteurs de la Sécurité intérieure le 17 mai.

04/07/2018 | EXPERTISE

Une profonde réorganisation. Le 17 mai, les membres du Club des acteurs de la Sécurité intérieure se sont réunis autour du directeur général de la police nationale, Éric Morvan, pour un petit déjeuner débat sur les priorités de son institution. Les discussions ont principalement porté sur la mise en place de la nouvelle police de sécurité du quotidien, annoncée par Emmanuel Macron début février. Le directeur de la police a rappelé l’importance d’un tel dispositif, qui doit participer au renforcement du « lien police-population et au moral des troupes » et permettre aux policiers de faire partie du « tissu urbain et social ». Un pan du débat a quant à lui porté sur les capacités de la police nationale à s’emparer des nouveaux outils technologiques, à innover et à attirer les talents du numérique, notamment en prenant plus largement en compte les compétences informatiques dans les concours. Éric Morvan en a profité pour saluer les progrès réalisés par la police nationale en la matière, qui ont abouti, par exemple, à la création du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMISI), chargé de constituer des statistiques sur la sécurité. Cette rencontre s’est tenue quelques jours seulement après l’annonce d’une campagne de recrutement au sein de la police nationale. La plus ambitieuse de ces dix-huit dernières années, avec près de 8 000 recrutements prévus pour l’année 2018, dont 3 300 gardiens de la paix, 2 000 adjoints de sécurité et 1 500 personnels administratifs, techniques et scientifiques.



L’IA au service de la santé des agents

C’est à nous, société civile, acteurs de la protection sociale et politiques, de définir ensemble les objectifs et d’anticiper les conséquences des changements profonds qui s’annoncent.

03/05/2018 | EXPERTISE

Cédric Villani a rendu un rapport, le 28 mars dernier, sur l’intelligence artificielle (IA). Il a mis en lumière les formidables opportunités que cette dernière représente en matière de santé. Le président de la République en a d’ailleurs pris la mesure et a annoncé un plan spécifique pour donner la priorité à cette nouvelle révolution industrielle. La part technologique est l’affaire des ingénieurs, qui sauront, dans un plus ou moins bref avenir, concevoir et créer des machines intelligentes, véritables compagnons de notre quotidien. En revanche, c’est à nous, société civile, acteurs de la protection sociale et politiques, de définir ensemble les objectifs et d’anticiper les conséquences des changements profonds qui s’annoncent. Au titre des bonnes nouvelles, avec les algorithmes d’apprentissages, l’utilisation des masses de données liées à la santé va permettre l’émergence d’une médecine plus prédictive, capable d’anticiper les problèmes médicaux du patient et de l’orienter au plus tôt vers les soins les plus adaptés. L’intelligence artificielle permettra à nos politiques publiques de santé et de prévention d’être plus efficaces en ciblant et personnalisant avec un haut degré de précision les populations à risques. Le développement de l’IA peut-être une opportunité pour combattre les inégalités territoriales et répondre à la désertification médicale du monde rural. La révolution qu’est l’IA doit aussi nous obliger à repenser le rôle des acteurs dans le parcours du patient et à accélérer les transformations de nos organisations. La médecine sans médecin n’aura pas lieu, le professionnel de santé restera toujours nécessaire ; mais son métier et la relation avec son patient ne seront plus les mêmes. Tous devront s’adapter à ces apports technologiques. Jusque dans le monde du travail : le rapport rendu début avril par France Stratégie sur l’impact de l’IA anticipe dans le secteur de la santé une plus grande spécialisation des praticiens en santé et la nécessité de repenser profondément leur formation, jusqu’à prendre en compte, par exemple, l’existence d’un assistant médical qui concourt au suivi de la santé, du prédiagnostic jusqu’aux propositions thérapeutiques. D’autres questions sont posées par le développement de l’IA. Elles sont d’ordre éthique : l’ouverture des données de santé, si elle s’avère indispensable au développement de l’IA, pose des questions de protection de la vie privée et de cybersécurité importantes. Les géants du numérique, disposant de bases de données considérables, peuvent également, si nous n’y prenons pas garde, constituer une menace sur la souveraineté de nos politiques de santé. C’est aujourd’hui que nous devons décider de la régulation de nos pratiques et de ce qui découle ou non de la bonne conduite en matière d’IA. Le chantier d’actualisation des lois de bioéthique, qui s’ouvre en ce début d’année, doit être le moment pour appréhender ces questions.  En tant que mutualistes chargés de garantir la bonne santé des agents publics dans l’exercice de leurs difficiles et exigeantes missions, il est important, à nos yeux, que les pouvoirs publics et nos adhérents s’emparent du sujet de l’intelligence artificielle afin d’accompagner cette révolution et anticiper ses risques potentiels en toute connaissance de cause. Pascal Beaubat, président d’Intériale


Appel à un ordre public numérique

Plus que jamais, l’État doit être stratège, facilitateur, régulateur, tout en étant lui-même responsable de sa propre cybersécurité.

08/03/2018 | EXPERTISE

Quelques jours après l’annonce de la découverte des failles Meltdown et Spectre, se tenait la 10e édition du Forum international de la cybersécurité (FIC). Le 12 février, la Revue stratégique cyberdéfense sortait, au moment où le Conseil général de l’économie remettait son rapport sur la « cyberrésilience ». Quant aux parlementaires, après avoir transposé la directive NIS et commencé à intégrer le RGPD dans le droit national, ils s’apprêtent aujourd’hui à examiner les dispositions de la loi de programmation militaire concernant la cybersécurité. Cette actualité illustre bien l’importance cruciale – et même vitale – qui s’attache à l’essor d’un espace numérique sécurisé. Initié par une philosophie utopiste reposant sur une autorégulation, Internet ne peut aujourd’hui se développer sans ­sécurité. Sécurité et liberté sont deux notions apparemment contradictoires ; en vérité, elles se conjuguent dans un juste équilibre pour établir un ordre public numérique. La cybersécurité ne se décrète pas, elle se construit ! Si, dans le monde physique, la puissance publique exerce des responsabilités par essence régaliennes qui lui confèrent une prépondérance, voire parfois un monopole, l’impact du secteur privé prédomine aujourd’hui, s’agissant de l’offre de sécurité numérique. Cette inversion du menant et du concourant ne relègue pas pour autant l’État dans un second rôle. Plus que jamais, il doit être stratège, facilitateur, régulateur, tout en étant lui-même responsable de sa propre cybersécurité. La science administrative, héritage d’une longue construction normative et jurisprudentielle, va sans doute s’appuyer sur de nouveaux paradigmes, sauf à admettre que l’État perde la main. Sans approche décloisonnée, la cybersécurité ne pourra répondre aux exigences d’un monde hyperconnecté, complexe, systémique, qui appelle un maillage des compétences et non leur juxtaposition et encore moins leur subordination. La France emprunte cette voie du bon sens et de l’efficacité. Le discours d’aujourd’hui était hier tabou. Mais quelle que soit la qualité et la ­cohérence de la stratégie nationale, rien ne peut se faire sans l’Europe. Celle-ci se réveille enfin ! 2017 a été riche en annonces. Mais il faut éviter deux écueils : celui d’une construction a minima, en optant des standards choisis selon la règle du plus petit dénominateur commun, quand certains des États membres ont engagé depuis une décennie une politique courageuse par son ambition et ses exigences ; celui d’une construction à 28, sans véritable fer de lance. L’Europe du numérique doit se développer selon le modèle de la Ceca : c’est le couple franco-allemand qui doit être la locomotive à laquelle s’accrochera l’Europe des 6, puis des 9, puis des 12… Brexit ou pas, nos amis Britanniques devront y être pleinement associés. L’Europe n’est pas seulement une opportunité pour atteindre une taille critique, politique, économique ; elle est la seule option pour offrir au « reste du monde » une alternative, une vision gaullienne de la cybersécurité qui replace l’humain au cœur du débat. Faute de quoi, il faudra nous résigner à être « américains » ou « chinois ». Marc Watin-Augouard,  général d’armée (2S), directeur du centre de recherche de l’École des officiers de la gendarmerie nationale


Inventer de nouvelles relations entre gouvernants, usagers et agents

Pour Intériale, des transformations de la protection sociale complémentaire des agents sont nécessaires et elles ne peuvent être conçues en dehors des réflexions conduites plus largement, notamment par les organisations syndicales, sur l’avenir de la fonction publique.

03/01/2018 | EXPERTISE

Santé au travail, innovation, couverture en santé et en prévoyance des agents… Les mutuelles de la fonction publique comme Intériale se mobilisent. Le baromètre « Santé et prévention » réalisé par Intériale et CSA met en évidence une satisfaction globale à l’égard du travail plus faible chez les agents que chez les salariés. Selon ce même baromètre, 65 % des agents souhaitent participer à des actions de prévention centrées sur la qualité de vie au travail. Ils manifestent aussi une attente de reconnaissance de leur travail et un stress plus important que dans le secteur privé lorsqu’ils sont en contact avec le public. C’est la raison pour laquelle la mutuelle Intériale accompagne les employeurs publics qui souhaitent améliorer la qualité de vie au travail, agir contre le stress ou soutenir le retour au travail de leurs agents après un congé de longue maladie. Au-delà des actions spécifiques initiées çà et là, les agents de la fonction publique apparaissent, à chaque étude, un peu plus sous tension. On pourrait y voir une des conséquences des débats réguliers qui animent notre pays. À chaque élection, la fonction publique est un sujet privilégié des candidats, qui n’ont de cesse de surenchérir sur son coût, son efficacité : aucune autre profession ou secteur d’activité n’est à ce point mis en débat et avec une telle régularité. Pour les usagers, cela entretient l’idée que la fonction publique est un secteur à part, sur lequel il est difficile d’agir tandis que pour les agents, c’est une remise en cause constante de leur travail et de leur implication. Cela n’est pas sans conséquence sur la perception des uns et des autres, perception qui oscille entre perte de sens, méfiance et parfois défiance à l’égard du service public. Le comité « Action publique 2022 » lancé en septembre par Édouard Philippe et Gérald Darmanin et les actions qu’il engage pourront, espérons-le, permettre de trancher un certain nombre de débats qui ne trouvent pas d’issue depuis de nombreuses années. Il est aujourd’hui primordial d’inventer de nouvelles relations entre nos gouvernants, les usagers et les agents qui sont en outre adhérents de notre mutuelle. La préparation d’un rapport sur la protection sociale complémentaire des agents, annoncée par Olivier Dussopt, tout nouveau secrétaire d’État en charge de la Fonction publique, peut aussi devenir une belle opportunité. L’évolution des dépenses de santé et la hausse des restes à charge pèsent tout autant sur les agents de la fonction publique que sur les autres salariés. Pour Intériale, des transformations de la protection sociale complémentaire des agents sont nécessaires et elles ne peuvent être conçues en dehors des réflexions conduites plus largement, notamment par les organisations syndicales, sur l’avenir de la fonction publique. Pascal Beaubat, président d'Intériale


Structurer la filière industrielle de sécurité, un bouclier contre les nouvelles menaces

Le délégué ministériel aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces, Thierry Delville, a détaillé sa feuille de route devant les membres du Club des acteurs de la Sécurité intérieure, en marge du salon Milipol.

11/12/2017 | EXPERTISE

Développer la filière industrielle de sécurité et lutter contre la cybercriminalité…Thierry Delville a expliqué, le 24 novembre 2017, en marge du salon Milipol, à Villepinte, près de Paris, sa mission et ses priorités devant les membres du Club des acteurs de la Sécurité intérieure. Délégué ministériel aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces officiellement depuis janvier 2017, rattaché au cabinet du ministre de l’Intérieur, l’ancien commissaire de police, spécialiste des systèmes d’information, a plaidé pour une structuration plus forte de la filière des industries de sécurité. L’exemple de l’industrie de défense a évidemment été évoqué, mais Thierry Delville a souligné la spécificité des industries de sécurité, nettement moins dépendante de la commande publique.  Le modèle reste donc à inventer, mais sans trop tarder, compte tenu des menaces. La cybercriminalité n’est pas la moindre. Thierry Delville a détaillé les actions de sa délégation dans ce domaine et le travail qu’il mène conjointement avec les services de police et de gendarmerie et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi).  Le délégué ministériel a notamment insisté sur la nécessité de doter les services des personnels compétents. Ce défi du recrutement et de la formation est un enjeu majeur pour l’État car les cybercriminels ont toujours un temps d’avance…  


Les enjeux économiques de l’innovation en santé

Objets connectés de santé, télémédecine, médecine prédictive, big data, intelligence artificielle… 
L’essor des nouvelles technologies entraîne des mutations majeures pour les organismes de protection sociale, et en premier lieu pour les mutuelles.

03/11/2017 | EXPERTISE

Le financement de l’innovation en est un volet important, qu’on ne peut traiter uniquement sous le prisme d’une prise en charge par l’assurance maladie car elle exige une validation scientifique incontestable et un processus de mise en œuvre complexe dès lors qu’on souhaite une évolution de la nomenclature des actes par exemple. La définition d’une réelle politique en la matière s’impose à présent à l’ensemble des acteurs. La Cour des comptes l’a d’ailleurs relevé dans son dernier rapport sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale. À propos de la télémédecine, la Cour invite les pouvoirs publics à proposer une stratégie d’ensemble cohérente, continue et méthodique devant s’inscrire dans le champ plus large de l’e-santé. La télémédecine est expérimentée depuis de nombreuses années en France. Elle est une réponse indéniable aux déserts médicaux, au renoncement aux soins et favorise leur accès là où les professions médicales sont en tension. Sa prise en charge doit être examinée au Parlement avant la fin de l’année. Comme de nombreuses mutuelles et dans le respect des valeurs d’entraide et de solidarité qui l’animent, Intériale est soucieuse des apports de l’innovation pour ses adhérents. Nous avons mis en place des services de téléconsultation ou encore un deuxième avis en cas de maladie grave sur une plate-forme digitale. De cette manière nous facilitons l’accès à une expertise médicale et nous favorisons l’empowerment des adhérents : ils ont ainsi la possibilité de devenir davantage acteurs de leur santé. C’est également un moyen de lutter contre les inégalités de santé notamment liées 
aux territoires. Tout au long de son histoire, la Mutualité a su concevoir des réponses adaptées favorables à la santé des individus : le développement de réseaux de soins, par exemple, participe à améliorer la prise en charge des adhérents. Autre exemple, les mutuelles sont nombreuses à être engagées auprès de start-up ou de laboratoires de recherche. Mais il apparaît nécessaire à présent de réfléchir de manière plus globale pour avancer ensemble, en concertation, et cela au bénéfice de tous nos adhérents. L’innovation doit devenir un facteur de modernisation de notre système de santé auquel la Mutualité peut contribuer en réfléchissant notamment aux modalités de sa démocratisation. Ce sujet passe incontestablement par une réflexion sur son financement. Car la question du modèle économique est au cœur du sujet. On ne pourrait en effet se satisfaire d’un marché dans lequel cohabiteraient deux types de contrats et ainsi deux niveaux de prise en charge : ceux intégrant des innovations, destinés à des assurés pouvant les financer et ceux conçus pour des populations disposant de moyens moindres. C’est tout l’enjeu des travaux de la commission « Innovation et nouvelles technologies » que j’ai le plaisir de coanimer avec Patrick Sagon, en vue du prochain congrès de la Mutualité. Une réflexion sur laquelle les pouvoirs publics et les adhérents trouveront toujours les mutuelles engagées à leurs côtés. Pascal Beaubat, président d’Intériale.   Depuis le début de l’année, plusieurs ministères ont lancé des procédures pour le référencement de l’organisme qui aura la responsabilité de la protection sociale complémentaire de leurs agents. La mutuelle Intériale a été référencée par les ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la Culture, des Sports et également par le ministère de la Justice et le ministère des Armées.


Etre une mutuelle de référence pour les agents

Depuis le début de l’année, plusieurs ministères ont lancé des procédures pour le référencement de l’organisme qui aura la responsabilité de la protection sociale complémentaire de leurs agents. Quatre (bonnes) raisons pour regarder de plus près ce qui se passe du côté des mutuelles de la fonction publique.

04/09/2017 | EXPERTISE

Premièrement, par le biais du référencement, l’employeur définit un niveau de protection sociale complémentaire pour ses agents (complémentaire santé et prévoyance) et charge un ou plusieurs organismes de protection sociale de la mettre en œuvre. Cette gestion a lieu dans un cadre clair et transparent, avec des garanties en matière d’action sociale, de solidarité ou de contribution à la prévention santé. Ces appels d’offres devraient être le moment clé où les mutuelles font la preuve de leur capacité d’écoute des agents et d’adaptation aux attentes des décideurs publics, responsables RH et de l’action sociale. Deuxièmement, la plupart d’entre elles ont malheureusement préparé cette étape sous le seul angle de la solidité financière. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante : s’adosser à un groupe assurantiel, tout «mutualiste» qu’il se prétende, voire se regrouper dans des sociétés de gestion, dont l’objectif capitaliste est transparent vous garantit de continuer à exister. Mais cela ne vous sauve pas de la désaffection des agents, qui perçoivent bien la distance qui s’installe entre leur mutuelle et leurs besoins réels. Troisièmement, le premier devoir d’une mutuelle, c’est la proximité. La mutuelle que je préside en a pris le parti depuis longtemps, avec davantage d’équipes sur le terrain auprès des adhérents du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales, des permanences, l’amélioration des services en ligne, des équipes formées à des situations complexes (cellule psychologique dédiée aux forces de l’ordre, suivi des malades chroniques et des ALD…). Chaque année, nous interrogeons nos adhérents sur leurs ­comportements et leurs besoins de santé pour adapter nos actions de prévention et notre politique d’innovation (services de télésanté…). Mais comment accepter qu’un agent public puisse renoncer à se soigner au motif qu’il n’en a pas les moyens ou qu’il n’est pas suffisamment couvert par sa complémentaire ? Être mutualiste, c’est placer l’engagement social et solidaire en premier. Nous l’avons démontré avec notre offre ACS, qui permet à chacun d’accéder à une protection sociale complémentaire de qualité à un moindre coût. Quatrièmement et surtout, impossible de défendre ces valeurs sans indépendance. C’est ce qui garantit aux adhérents de rester « propriétaires » de leur mutuelle. Les décisions politiques et financières sont prises par une assemblée générale souveraine, désignée par les adhérents eux-mêmes. Afin de garantir la solidité financière de certains contrats, nous avons fait le choix d’un accord de réassurance préférentielle avec un leader mondial du secteur dont c’est le métier. Pour l’adhérent, c’est l’assurance qu’il ne peut pas y avoir de dysfonctionnement sur son contrat. Pour la mutuelle, c’est la garantie de l’indépendance et c’est un formidable accélérateur d’agilité. Être une mutuelle de référence pour les agents publics, c’est avoir compris que les agents publics ont besoin d’un « filet de sécurité » social qui assure la solidarité, et que chaque métier a ses particularités qui justifient une protection adaptée. Pascal Beaubat, président d’Intériale


« La santé au cœur de la sécurité »

Intériale vient de terminer la 4e édition de son baromètre « santé et prévention » du ministère de l’Intérieur et des collectivités territoriales. Quels sont les points les plus marquants de ces baromètres ? Comme vous le savez, le climat dans lequel évoluent nos forces de sécurité intérieures, et en particulier nos policiers, est particulièrement tendu en ce moment. Cette quatrième vague montr...

12/07/2017 | EXPERTISE

Intériale vient de terminer la 4e édition de son baromètre « santé et prévention » du ministère de l’Intérieur et des collectivités territoriales. Quels sont les points les plus marquants de ces baromètres ? Comme vous le savez, le climat dans lequel évoluent nos forces de sécurité intérieures, et en particulier nos policiers, est particulièrement tendu en ce moment. Cette quatrième vague montre à quel point ces agents sont aujourd’hui atteints par un sentiment de grande fatigue physique et nerveuse. Les études réalisées au ministère de l’Intérieur montrent que la santé mentale et physique des policiers s’est cette année un peu dégradée par rapport aux vagues précédentes. Ils sont aujourd’hui 22 % à exprimer des symptômes de mal-être et 9 % à avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. Cette situation est en grande partie causée par le stress, dont trois quarts des policiers s’estiment victimes régulièrement. Ces chiffres sont également à rapprocher des derniers événements que nous avons traversés : 9 % des agents de police déclarent avoir été personnellement confrontés aux attentats (contre 6 % des Français). Cependant, seuls 10 % de ces mêmes agents ont consulté un médecin suite à ce traumatisme alors que nous connaissons les répercussions que ces événements peuvent avoir sur le sommeil, le stress, l’anxiété et les maladies cardio-vasculaires. Toutefois, même si les policiers sont peu optimistes quant à l’avenir de la société française (23 %), ils restent confiants quant à leur avenir personnel à 72 % (contre 69 % pour les Français) et sont satisfaits de leur travail à 78 %. Cette tendance est également partagée par les agents administratifs ainsi que par ceux des préfectures, pour qui le travail est aujourd’hui satisfaisant à 79 % (contre 78 % de la population). De leur côté, les agents des collectivités locales sont satisfaits de leur emploi à 79 %. Même s’il reste globalement bon, ce chiffre accuse néanmoins une baisse de 5 points en un an. Il traduit les tensions qui règnent actuellement au sein de la fonction publique territoriale, cible fréquente de discours négatifs sur son coût, tout en reflétant l’inquiétude des agents vis-à-vis des fusions et restructurations qui ont impacté les collectivités suite à la loi NOTRE. Que ce soit chez les agents du ministère de l’Intérieur ou chez les agents territoriaux, ces facteurs environnementaux impactent directement le sentiment de sécurité des agents ainsi que la reconnaissance de leur travail : ce sont les premiers points de vigilance que dégage cette étude. À l’inverse, les points de satisfaction des agents restent la mission de service public, l’utilité du métier ou encore l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle que permettent leurs emplois.   Ce baromètre santé a également le mérite de mettre en évidence les thèmes de prévention santé que les fonctionnaires plébiscitent. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?   Les résultats de ces baromètres nous apprennent d’abord que les agents publics affichent globalement une bonne santé générale (90%). Néanmoins, des facteurs comme les attentats ou encore le stress peuvent provoquer un mal-être parfois constant et impacter considérablement cet état. La volonté d’Intériale est de permettre à ses adhérents de préserver leur capital santé de façon autonome à chaque moment de leur vie. Pour cela, notre mutuelle s’investit dans une politique de prévention globale. Politique qui trouve d’ailleurs un très bon écho auprès des agents puisqu’un sur deux déclare aujourd’hui adopter des comportements préventifs (contre 34 % de la population générale). Parmi ces comportements, 85 % des agents attachent une attention particulière à l’équilibre de leur alimentation et 57 % d’entre eux pratiquent une activité physique intense régulière. La prévention est un vrai sujet qui intéresse : 60% des agents se disent intéressés par des ateliers de prévention sur leur lieu de travail et identifient des thèmes privilégiés à cette occasion. Intériale peut donc intervenir en premier lieu sur les actifs avec des ateliers centrés sur la gestion du stress, les douleurs lombaires et mauvaises postures ou encore sur l’alimentation.   Vous venez d’ailleurs de signer avec le ministère de l’Intérieur un partenariat qui concrétise cet engagement en faveur de la ­prévention des agents. De quoi s’agit-il ? Effectivement, une convention a récemment été signée avec la direction des ressources et des compétences de la police nationale et des discussions sont en cours pour en faire bénéficier dans les prochaines semaines l’ensemble des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. Grâce à ce partenariat, qui s’inscrit pleinement dans les relations naturelles que notre mutuelle entretient avec le ministère de l’Intérieur, nous pourrons amplifier les actions de prévention terrain auprès des services professionnels : dans les commissariats, les préfectures ou encore au siège de l’administration centrale. À cette fin, des « Journées prévention santé » seront organisées avec le soutien du ministère dès juillet prochain. La première édition s’attachera à soutenir et apporter des conseils de prévention aux policiers des commissariats de Nanterre, Mantes-la-Jolie, Bobigny, Argenteuil, ainsi qu’au siège de la préfecture de police, notamment sur la prévention du stress et de l’activité physique en partenariat avec la Fédération sportive de la police nationale. Une autre semaine d’actions est d’ores et déjà prévue en septembre dans les Alpes-Maritimes.   Et dans les collectivités territoriales ?  Intériale organise une centaine d’actions de terrain chaque année dans les collectivités locales en complément de celles déjà conduites par la collectivité locale employeur. Cela prend la forme de conférences-débats, ateliers collectifs, coaching individuel, audit sur des ­thématiques comme par exemple l’aménagement des lieux de travail, les risques psychosociaux, les addictions, l’alimentation, la gestion du stress ou encore la récupération et le sommeil de qualité. La moyenne est donc d’une action organisée sur le lieu de travail tous les deux jours ! Toutes sont systématiquement coconstruites avec les collectivités locales en question, en particulier les directions des ressources humaines, et répondent à des demandes qui émanent de la collectivité. Pour vous donner un exemple, Intériale s’est dernièrement associée à la ville de Bordeaux et à l’agence régionale de santé de Gironde dans le cadre de l’opération « Le sport prend ses quartiers », une action de prévention et d’éducation à la santé au bénéfice de la recherche sur les bienfaits du sport. => Découvrez les résultats du baromètre santé 2017 d'Intériale en partenariat avec le CSA