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Sanctuariser les forces de sécurité intérieure

Le lâche attentat commis contre des policiers le jeudi 20 avril sur « la plus belle avenue du monde » le démontre une fois de plus : la sécurité des Français a un prix et ce prix, c’est parfois la vie des gardiens de la paix.

02/05/2017 | EXPERTISE

Le fonctionnaire abattu, et ses collègues grièvement blessés, étaient en mission de « sécurisation ». C’est ainsi que l’on appelle les gardes statiques le long des artères fréquentées et dans les lieux à risques.Cet attentat doit nous inciter collectivement – pouvoirs publics, acteurs de la sécurité intérieure, citoyens – à nous mobiliser pour « sanctuariser » les forces de sécurité intérieure. Sanctuariser, c’est-à-dire ? Sanctuariser au plan des moyens, bien sûr, notamment dans les lois de finances. Mais aussi sanctuariser dans les esprits : à l’égard des forces de sécurité intérieure, la critique est facile. On a vite fait d’oublier ce qu’est leur mission. Elles sont désormais des cibles permanentes pour les terroristes, car elles représentent l’État et la République. Le 1er mars dernier, a été promulguée la nouvelle loi relative à la sécurité publique. Elle constitue une avancée importante, non seulement dans son contenu, mais aussi dans son approche : en effet, les forces de l’ordre y sont envisagées comme un tout – et avec elles, par ricochet, la sécurité des Français et l’autorité de la République. Cette loi poursuit un objectif important : « unifier les règles applicables à l’ensemble des agents des forces de sécurité » de manière à doter ces dernières, « y compris les agents des douanes », d’un « cadre complet, précis, stabilisé et maîtrisé », notamment concernant les conditions de la légitime défense. L’attentat du 20 avril montre combien cette loi est décisive. Mais les lois ne suffisent pas à façonner les mentalités. Il faut aussi que l’attitude à l’égard des forces de sécurité intérieure change, vers plus de respect – un respect concret qui se décline en moyens, notamment pour leur propre protection. Leur état d’épuisement illustre l’urgence d’un plan de recrutement ambitieux. Ne nous y trompons pas : notre sécurité ne sera effective que si elle repose sur l’autorité de la République, une et indivisible, dont les forces de sécurité sont l’instrument et l’image. C’est pourquoi nous devons tous être mobilisés aux côtés de ceux qui nous protègent et qui protègent nos libertés fondamentales. Pascal Beaubat, président de la mutuelle et du groupe Intériale  



Avoir une réflexion stratégique sur l'état de la menace terroriste

Les gouvernements occidentaux n’ont pas su discerner la mouvance du terrorisme islamiste qui agit sous couvert de diverses organisations dans le monde depuis trente ans, a indiqué, le 20 avril, l’ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, lors d’un rendez-vous du Club des acteurs de la Sécurité intérieure.

02/05/2017 | EXPERTISE

Menace terroriste, retour des djihadistes, organisation des services de renseignements, réponse de la justice… L’ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, auteur du livre Les Voies de la terreur (Fayard), sorti fin 2016, s’est entretenu avec les membres du Club des acteurs de la Sécurité intérieure, le 20 avril.  Il a exposé une réflexion stratégique sur l’état de la menace terroriste, invitant les politiques à ne pas se limiter à « uniquement réagir à des événements ». Retraçant « l’extraordinaire continuité dans l’idéologie et la stratégie des groupes terroristes dont les organisations, comme l’EI aujourd’hui, ne sont que le support événementiel », l’ancien juge a appelé de ses vœux une mutualisation de l’ensemble des moyens technologiques de renseignement français, sur le modèle du GCHQ (quartier général des communications du gouvernement) britannique. « La clé, c’est le renseignement pénitentiaire, qui doit être digne de ce nom, en fonctionnant en synergie avec l’ensemble des surveillants de ­prison », a-t-il estimé.  Également ancien haut représentant de l’Union européenne auprès des États-Unis pour la lutte contre le financement du terrorisme, Jean-Louis Bruguière a regretté que l’Union européenne n’ait pas encore su se doter d’une structure équivalente alors que se prépare déjà « Daech II » sur de nouveaux terrains, en Asie centrale et du Sud-Est, mais aussi en Afrique. « Il n’y aucune interopérabilité entre pays européens, ce qui fait qu’hors de France, par exemple, une fiche S n’a pas de valeur », a-t-il illustré.  


Chers candidats à la présidentielle, il n'y aura pas de paix sociale tant que vous laisserez les policiers à leur détresse

Le flic, on ne l’embrasse plus; on l’insulte, on lui crache à la figure, on l’immole.

21/04/2017 | EXPERTISE

Tribune publiée dans le Huffington Post le 22.03.2017 Mesdames, Messieurs, Vous vous en souvenez sans doute. C'était en 2016. Il y a une éternité. Renaud chantait:"J'ai embrassé un flic / Entre Nation et République / J'aurais pas cru y'a trente ans / Qu'aulieu de leur balancer / Des pavés à tour de bras / J'en serrerais un contre moi." Comme lui, comme vous, des millions de Français témoignaient leur reconnaissance à la police, à leur police. Et il y avait de quoi: depuis des mois, en effet, qu'ils soient policiers nationaux ou policiers municipaux, ils déclinaient toute la palette de l'engagement au service de la République, des patrouilles sans repos jusqu'au sacrifice suprême. Charlie Hebdo, le Bataclan, Magnanville, Nice... Autant de traumatismes inédits.  Mais ce qui s'est produit ensuite, l'avez-vous perçu? Tout à coup, à peine le souvenir du baiser s'était-il estompé, un regard en coin; puis une insulte; puis un pavé. Et, pour finir, un cocktail Molotov, comme le 8 octobre dernier à Viry-Châtillon, ou il y a quelques jours encore à Mantes-la-Jolie, aux Ulis, à Asnières, à Drancy, à Bobigny, à Argenteuil, à Ajaccio. Ayez, Mesdames, Messieurs, la curiosité de taper "Police" et "Molotov" dans Google Actualités; sans doute serez-vous, comme moi, saisi d'effroi, car la liste est longue... Le flic, on ne l'embrasse plus; on l'insulte, on lui crache à la figure, on l'immole. Bien sûr, ceux qui insultent, qui crachent, qui immolent, ne sont pas les mêmes que ceux qui embrassaient –et qui continuent à embrasser. Ce sont les professionnels de la haine antiflics qui sont sortis du silence où l'émoi populaire les avait, un temps, confiné. Aujourd'hui, tout leur est profitable pour instiller le doute, la méfiance, le rejet. Et l'amalgame, surtout. Dès qu'une affaire éclate, une double mécanique s'enclenche. D'abord, on simplifie les faits à outrance, quitte à "s'arranger" avec la vérité. Et ensuite, sans distinction ni précaution, on jette le discrédit sur l'ensemble de la profession. Quel que soit le métier, cette mécanique est mortifère. Vous en savez quelque chose car elle s'applique souvent aux responsables politiques. Et d'ailleurs, on pourrait associer à la détresse des policiers celle de tous les agents de l'Etat et des collectivités territoriales confrontés sur le terrain à une haine explicite –les pompiers, par exemple, devenus malgré eux les "soldats du feu social", un feu attisé par les forces du désordre –ou implicite– de l'agent de propreté obligé de réparer la casse provoquée par les "sauvageons" à l'agent d'accueil agressé par des citoyens de plus en plus tendus. Mais ce processus destructeur l'est à titre spécial lorsqu'il s'applique à une profession sans laquelle il n'est pas de vie sociale paisible, ceux dont la mission est de garder la paix, les bien nommés "gardiens de la paix". Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, ont l'impression d'être coincés dans l'œil du cyclone. A vrai dire, ils n'attendent pas un hypothétique "retour des baisers". Simplement, une main tendue, une oreille qui écoute, une voix qui leur parle seraient bien suffisants. Peut-être les vôtres, qui sait? Car en ce moment, ils appellent à l'aide. Certains hurlent, même. Les services d'assistance psychologique qui les accompagnent au quotidien, ceux du ministère comme ceux des organismes de protection sociale, en savent quelque chose. Ils agissent main dans la main, déployant ensemble des trésors de disponibilité, mais la vague est difficile à contenir. Depuis quelques semaines, on ne compte plus les alertes et signaux de détresse: burn out, dépressions, suicides... La dérive s'accélère, au rythme des agressions dont les policiers font l'objet, lesquelles se multiplient sans que l'on s'en émeuve outre mesure. En 1789, lorsque fut abolie la lieutenance générale de police, funeste instrument de l'arbitraire royal, les Français découvrirent que les forces de l'ordre pouvaient être à leur service, que la police pouvait être pour eux et non contre eux, qu'elle devait être gardienne de la liberté. Les policiers ne sont pas parfaits et ne le seront jamais. Dans toutes les institutions, dans toutes les corporations, on trouve l'infinie diversité des profils humains et la police n'échappe pas à la règle. Mais en laissant dépérir ses policiers, eux spécialement, c'est sa liberté que la France laisse mourir à petit feu. Avec l'expression de mon profond respect. Pascal Beaubat Président de la mutuelle Intériale, mutuelle de la police et des collectivités territoriales


Face à une diversification des menaces, les nouveaux défis du ministère de l’Intérieur

Jean-Luc Nevache, le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, a présenté les enjeux auxquels fait face la Place Beauvau à l’occasion d’une réunion du Club des acteurs de la Sécurité intérieure, le 30 mars.

09/03/2017 | EXPERTISE

« La sécurité n’est ni de droite ni de gauche et c’est un acquis du quinquennat », a déclaré le 30 mars devant le Club des acteurs la Sécurité intérieure, Jean-Luc Nevache, directeur de cabinet de Matthias Fekl après avoir été celui de Bruno Le Roux au ministère de l’Intérieur. Précédemment, Jean-Luc Nevache était le coordonnateur national de la réforme des services déconcentrés de l’État après avoir effectué une grande partie de sa carrière dans la préfectorale (il a notamment été préfet de Haute-Corse et du Val-d’Oise). Jean-Luc Nevache, qui a également exercé les fonctions de délégué interministériel à la sécurité et à la circulation routières de 2009 à 2012, a ainsi présenté les nouveaux défis d’un ministère qui se concentrait traditionnellement sur la politique de lutte contre la délinquance entre 2000 et 2010. Ont émergé, depuis, deux autres enjeux de taille : combattre le terrorisme et maîtriser les flux migratoires. Entre évolution des missions, diversification de la menace mais aussi malaise des policiers et surrégime d’activité… la Place Beauvau traverse une période aussi délicate que sensible où s’expriment de nouveaux besoins. Au cours des prochains mois, le ministère devra envisager une réorganisation de ses outils pour en tirer « une efficience supplémentaire ».  


Investir dans le bien-être de nos forces de sécurité intérieure

Intériale protège les policiers nationaux et municipaux, c’est sa vocation de mutuelle du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales.

06/03/2017 | EXPERTISE

Depuis sa création, Intériale est présente aux côtés des agents du ministère de l’Intérieur, dont elle est la principale mutuelle, et des agents des collectivités locales. Dans l’une et l’autre fonctions publiques, elle connaît une croissance continue. Ce sont ainsi plus de 100 000 policiers nationaux et municipaux que nous protégeons, en santé comme en prévoyance. Nous connaissons la difficulté de leur métier, lequel exige beaucoup d’endurance physique, de sang-froid et de disponibilité. Les enquêtes santé que nous menons chaque année auprès de nos adhérents policiers nous ont permis d’identifier les trois principaux risques de leur métier. En premier lieu, l’équipement lourd (gilet pare-balles, ceinture et arme de service, chaussures hautes et rigides) et les postures pénibles (positions statiques) provoquent des troubles musculo-squelettiques. Ensuite, les policiers sont confrontés à différentes sources de mal-être : imprévisibilité de l’activité, rythmes de travail variables, confrontation à des situations difficiles, sentiment d’inutilité, problème de reconnaissance… Enfin, les accidents de service les touchent en grand nombre : blessures en intervention ou en émeute, agressions physiques, accidents de la route… Face à ces risques, notre démarche d’innovation continue nous permet d’imaginer des offres de couverture, des services et des actions de prévention destinées à mieux accompagner nos adhérents : • des actions de prévention sur le lieu de travail (DDSP, commissariats, mairies…) pour dépister les situations à risque et former aux bonnes postures à adopter au quotidien (conférences-débats, consultations individuelles d’ostéopathie…) ; • un programme bien-être intitulé « Zen Attitude » accessible à tous via des mails et des SMS depuis le site Internet d’Intériale (rubrique « Prévention »). D’une durée de trois mois, ce programme repose sur un accompagnement des agents sur courte durée et comprend des informations, des vidéos, des recettes antistress, des conseils sur les gestes et postures ou encore des quiz ; • des offres et services adaptés aux risques spécifiques du métier de policier : d’une part, en inclusion des garanties santé, comme des forfaits ostéopathie ou des consultations de psychothérapie/psychiatrie, d’autre part, en inclusion des garanties prévoyance, comme la compensation du salaire en cas d’accident, la majoration du capital-décès ou le maintien du niveau de vie (traitement indiciaire et primes) pendant toute la durée de l’arrêt de travail. Intériale accompagne également les policiers au quotidien et en situation de difficultés exceptionnelles grâce à une protection juridique professionnelle et à la prise en charge des frais d’avocat. En cas de blessures intervenues en opération, une allocation leur est versée, conformément à notre politique de solidarité. Pour ce dispositif de protection et d’accompagnement, Intériale a été récompensée en décembre dernier par le premier prix des Argus de l’innovation mutualiste et paritaire, dans la catégorie « Qualité de service et relation adhérent ». Un bel encouragement à poursuivre et amplifier notre investissement pour le bien-être des policiers nationaux et municipaux.                 Pascal Beaubat,  


La sécurité, une politique transverse pour les collectivités

Le thème de la sécurité doit être systématiquement intégré dès la conception des nouveaux quartiers, estime le président de Strasbourg Eurométropole et adjoint au maire de Strasbourg, Robert Herrmann.

06/03/2017 | EXPERTISE

Invité du Club des acteurs de la Sécurité intérieure le 22 février, Robert Herrmann, président de Strasbourg Eurométropole et adjoint au maire de Strasbourg en charge de la sécurité, a livré son analyse des enjeux de sécurité posés aux collectivités territoriales, alors que les attentats ont remis au centre du débat la question de la coopération entre État et collectivités. L’élu strasbourgeois – également président de l’agence d’urbanisme de l’agglomération – a plaidé pour une intégration de la sécurité dans la conception même des nouveaux quartiers. « J’ai proposé une IBA expérimentale », a indiqué Robert Herrmann, en référence à l’appellation allemande « Internationale Bauaustellung », démarche qui promeut des solutions innovantes en urbanisme. Contrairement aux instruments d’aménagement classiques, les IBA fonctionnent au travers de projets ciblés sur des tâches spécifiquement définies, dans lesquels la sécurité peut figurer. Robert Herrmann a également vanté les mérites de la politique de vidéoprotection interconnectée entre police, gendarmerie et préfecture, mise en place dans la métropole. « Nous avons 560 caméras dont 367 sur la voie publique, explique l’élu. Les images sont partagées et nous pouvons nous parler en temps réel, ce qui est capital lors d’événements comme le marché de Noël. » La coopération est également le maître-mot pour qualifier les relations entre forces de sécurité strasbourgeoises et allemandes. « Les vedettes sur le Rhin sont conduites par des équipes mixtes, de même que les VTTistes “Polizei” pédalent au côté des policiers nationaux. Et c’est pareil de l’autre côté du pont », s’est félicité le président de Strasbourg Eurométropole.


« ce ne sont pas les technologies qui nous commandent, c’est nous qui devons les commander »

Rencontre avec Pascal Beaubat, président d’Intériale

10/11/2016 | EXPERTISE

Vous êtes le partenaire historique du Club des acteurs de la Sécurité intérieure. Quel est le sens de ce partenariat ? Nous sommes très fiers d’avoir fait partie des fondateurs du Club de la sécurité intérieure car il correspond à une attente forte des experts de ce domaine, qu’ils appartiennent au ministère de l’Intérieur, à l’administration des douanes, à l’administration pénitentiaire, à la magistrature ou aux collectivités territoriales : partager les bonnes pratiques et faire progresser le débat sur la sécurité de nos concitoyens. C’est la raison pour laquelle notre mutuelle, dont bon nombre d’adhérents sont issus de ces administrations, a soutenu cette initiative dès l’origine et participe activement à ses travaux.   Les mutuelles ont pour préoccupation le bien-être des gens. Et les technologies, quelle place y occupent-elles ? Oui, le mutualisme est un humanisme. Et si l’être humain perd la place centrale qu’il occupe dans nos structures, cela signifie que nous aurions cessé d’être des mutuelles. Les technologies ne sont pas une fin en soi. Ce sont des moyens, des outils, mis au service d’un objectif plus essentiel : l’entretien du capital santé des adhérents. Ce ne sont pas les technologies qui nous commandent ; c’est nous qui devons commander aux technologies.   Voulez-vous dire que vous vous en méfiez ? La question n’est pas d’opposer confiance et méfiance dans les technologies. C’est une question de services apportés et de maîtrise des outils, de sécurité. Chez Intériale, nous utilisons évidemment énormément les technologies, aussi bien pour faciliter notre relation avec nos adhérents que pour explorer de nouveaux services utiles.   Pouvez-vous nous donner un exemple ? Nous venons d’ouvrir un chantier sur le stress, dont le niveau est de plus en plus élevé, notamment chez les forces de sécurité intérieure. Pour permettre à nos adhérents d’y remédier, nous travaillons avec une start-up qui développe un outil de mesure non invasif du stress chronique, à partir de trois indicateurs : l’état du système nerveux autonome, l’amplitude respiratoire, l’alignement et la synchronisation cardio-respiratoires. La mesure peut se faire en deux minutes, y compris sur le lieu de travail. Une fois le diagnostic posé, nous accompagnons nos adhérents avec des conseils personnalisés, directement sur leur smartphone.   Vous serez, le 9 novembre pour une journée des Rencontres des acteurs publics, à l’École militaire pour commenter les résultats de l’enquête Acteurs publics/Hewlett Packard Enterprise/Intériale réalisée par l’Ifop sur l’impact des technologies sur les métiers de la sécurité. Pouvez-vous nous donner, en avant-première, quelques informations sur les enseignements de cette enquête ? On constate qu’au plan professionnel comme au plan personnel, la bascule est désormais derrière nous et il n’y aura pas de retour en arrière. On est passé de « La technologie dans ma vie » à « Ma vie dans la technologie ». Bref, notre environnement est un environnement technologique. C’est une évolution pleine d’avantages – la rapidité pour 91 % des sondés, le confort dans le travail pour 83 %, plus d’autonomie pour 75 %, la simplicité pour 65 % – mais qui génère aussi des inquiétudes. Quelles inquiétudes ? La sécurité liée au stockage et à l’utilisation des données personnelles inquiète, c’est indiscutable. Seuls 15 % de nos sondés n’éprouvent aucune crainte à ce sujet. Ils sont presque deux tiers à associer « Réseaux sociaux » à « Menace pour ma réputation » et « Menace pour ma sécurité ». Mais d’autres enseignements sont plus complexes à décrypter : aux yeux d’un grand nombre de sondés, les technologies restent un univers un peu ésotérique, qu’ils ont du mal à décoder. Ainsi, 78 % s’estiment mal outillés pour faire face aux défis des nouvelles technologies au travail. Et ils ne sont que 5 % à estimer que les acteurs de la sécurité, en France, disposent des moyens technologiques et intellectuels adéquats.   Comment cela se traduit-il dans votre activité de protection sociale ? Pour nous acteurs mutualistes, la nature du métier demeure : accompagner pour protéger. C’est la logique qui change. Ce serait trop simple si ces nouveaux usages se limitaient au gadget, s’il s’agissait de saupoudrer les services à nos adhérents d’un peu de technologie. Les technologies sont les fondations de nos services à l’adhérent. C’est la condition sine qua non de la proximité qui nous est si chère : comment prétendre rester proches de l’adhérent si l’on néglige le fait que son existence est désormais structurée par ces nouveaux outils ? Si l’on veut qu’il reste au centre de notre démarche de service, c’est ainsi qu’il faut s’y prendre.   Et vous, à titre personnel, quels sont votre usage et votre approche de ces technologies digitales ? Si l’on entend par là l’ensemble des innovations qui rendent la vie plus simple, plus facile, plus riche, alors je suis un pratiquant fervent ! Je crois même que j’aurais du mal à être un bon président d’Intériale si l’innovation ne m’intéressait pas, car l’innovation est dans l’ADN de notre mutuelle. S’agissant des moyens de communication modernes, je répéterai ce que j’ai dit au début de cet entretien : cela dépend des circonstances. Le plus souvent, je travaille avec mon smartphone et ma tablette, sur laquelle je lis et j’écris. Mais parfois, j’ai besoin du contact avec le papier. Bref, c’est la technologie qui s’adapte à ma façon de vivre, et non l’inverse ! Une chose, cependant, est immuable : dans ma façon de vivre et de travailler, l’être humain est toujours au point de départ et au point d’arrivée.


La police nationale a besoin d’un engagement citoyen

Mobiliser des réservistes et œuvrer au rapprochement entre la police et les citoyens : voilà deux missions prioritaires présentées par le directeur central de la sécurité publique, Pascal Lalle, lors du Club sécurité du 8 septembre.

10/11/2016 | EXPERTISE

À la tête de la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) – qui n’est autre que la plus grosse direction active de la police nationale, avec plus de 66 000 agents –, Pascal Lalle a rencontré les membres du Club des acteurs de la Sécurité intérieure le 8 septembre. Il a dressé le portrait d’une «  police sur tous les fronts », de secours comme d’investigation, mais aussi de renseignement territorial. Pascal Lalle voudrait déclencher chez les Français «  une volonté d’action positive en appui des forces de sécurité », alors que garde nationale voulue par le chef de l’État a été créée officiellement par décret au mois d’octobre. Elle sera composée des réserves ­opérationnelles de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale. À l’heure actuelle, la DSCP œuvre déjà au rapprochement police-citoyens à travers le service civique universel, le service volontaire citoyen, la réserve civile (ou opérationnelle), la réserve volontaire – qui s’adjoignent aux deux réserves professionnelles « statutaire » et « des retraités volontaires ». La loi du 21 juillet prolongeant l’état d’urgence précise en outre que les adjoints de sécurité qui ne sont plus dans la police nationale seront intégrés à la réserve opérationnelle, ce qui représente un vivier de 10 000 personnes, a rappelé Pascal Lalle.   Pascale Lalle, directeur central de la sécurité publique


Sentinelle, un piège pour l’armée française ?

Alors que l’opération antiterroriste « Sentinelle » mobilise 10 000 soldats, le sénateur Jacques Gautier craint que les moyens ne manquent pour engager de nécessaires opérations extérieures militaires.

10/11/2016 | EXPERTISE

« Sentinelle ». L’opération de déploiement militaire sur notre territoire national à des fins de lutte contre le terrorisme a été au cœur des débats lors de la rencontre du Club des acteurs de la Sécurité intérieure autour du sénateur-maire de Garches, Jacques Gautier, le 13 octobre. L’élu est très réservé sur le déploiement de Sentinelle compte tenu des multiples théâtres d’opérations extérieures (Opex) sur lesquels la France est engagée. Il a rappelé que certains militaires ont connu jusqu’à 6 déploiements en 2015 (42 semaines). « Une situation qui ne leur permet plus de se régénérer et les prive de préparation opérationnelle indispensable pour les Opex, et génère une réduction des permissions », argumente Jacques Gautier, auteur d’un rapport d’information du Sénat sur les opérations militaires extérieures en juillet 2016. Certes, Sentinelle contribue à rassurer les citoyens mais ne dissuade en rien les terroristes, au contraire : « Nous les aidons à choisir leur cible : soit ils visent un site non protégé par nos armées, soit ils frappent d’abord les militaires avant de commettre l’attaque globale pour montrer les limites de la protection des populations », a souligné le sénateur. En outre, la mobilisation de 10 000 militaires par Sentinelle empêche l’armée de préparer des projections extérieures sur des théâtres difficiles. « Le contrat opérationnel prévu pour nos armées est déjà largement dépassé et de nouveaux défis, au Nord du Sahel, risquent de nécessiter notre engagement, avec des moyens en hommes et en matériels qui ne sont plus disponibles », a alerté Jacques Gautier.