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« ce ne sont pas les technologies qui nous commandent, c’est nous qui devons les commander »

Rencontre avec Pascal Beaubat, président d’Intériale

10/11/2016 | EXPERTISE

Vous êtes le partenaire historique du Club des acteurs de la Sécurité intérieure. Quel est le sens de ce partenariat ? Nous sommes très fiers d’avoir fait partie des fondateurs du Club de la sécurité intérieure car il correspond à une attente forte des experts de ce domaine, qu’ils appartiennent au ministère de l’Intérieur, à l’administration des douanes, à l’administration pénitentiaire, à la magistrature ou aux collectivités territoriales : partager les bonnes pratiques et faire progresser le débat sur la sécurité de nos concitoyens. C’est la raison pour laquelle notre mutuelle, dont bon nombre d’adhérents sont issus de ces administrations, a soutenu cette initiative dès l’origine et participe activement à ses travaux.   Les mutuelles ont pour préoccupation le bien-être des gens. Et les technologies, quelle place y occupent-elles ? Oui, le mutualisme est un humanisme. Et si l’être humain perd la place centrale qu’il occupe dans nos structures, cela signifie que nous aurions cessé d’être des mutuelles. Les technologies ne sont pas une fin en soi. Ce sont des moyens, des outils, mis au service d’un objectif plus essentiel : l’entretien du capital santé des adhérents. Ce ne sont pas les technologies qui nous commandent ; c’est nous qui devons commander aux technologies.   Voulez-vous dire que vous vous en méfiez ? La question n’est pas d’opposer confiance et méfiance dans les technologies. C’est une question de services apportés et de maîtrise des outils, de sécurité. Chez Intériale, nous utilisons évidemment énormément les technologies, aussi bien pour faciliter notre relation avec nos adhérents que pour explorer de nouveaux services utiles.   Pouvez-vous nous donner un exemple ? Nous venons d’ouvrir un chantier sur le stress, dont le niveau est de plus en plus élevé, notamment chez les forces de sécurité intérieure. Pour permettre à nos adhérents d’y remédier, nous travaillons avec une start-up qui développe un outil de mesure non invasif du stress chronique, à partir de trois indicateurs : l’état du système nerveux autonome, l’amplitude respiratoire, l’alignement et la synchronisation cardio-respiratoires. La mesure peut se faire en deux minutes, y compris sur le lieu de travail. Une fois le diagnostic posé, nous accompagnons nos adhérents avec des conseils personnalisés, directement sur leur smartphone.   Vous serez, le 9 novembre pour une journée des Rencontres des acteurs publics, à l’École militaire pour commenter les résultats de l’enquête Acteurs publics/Hewlett Packard Enterprise/Intériale réalisée par l’Ifop sur l’impact des technologies sur les métiers de la sécurité. Pouvez-vous nous donner, en avant-première, quelques informations sur les enseignements de cette enquête ? On constate qu’au plan professionnel comme au plan personnel, la bascule est désormais derrière nous et il n’y aura pas de retour en arrière. On est passé de « La technologie dans ma vie » à « Ma vie dans la technologie ». Bref, notre environnement est un environnement technologique. C’est une évolution pleine d’avantages – la rapidité pour 91 % des sondés, le confort dans le travail pour 83 %, plus d’autonomie pour 75 %, la simplicité pour 65 % – mais qui génère aussi des inquiétudes. Quelles inquiétudes ? La sécurité liée au stockage et à l’utilisation des données personnelles inquiète, c’est indiscutable. Seuls 15 % de nos sondés n’éprouvent aucune crainte à ce sujet. Ils sont presque deux tiers à associer « Réseaux sociaux » à « Menace pour ma réputation » et « Menace pour ma sécurité ». Mais d’autres enseignements sont plus complexes à décrypter : aux yeux d’un grand nombre de sondés, les technologies restent un univers un peu ésotérique, qu’ils ont du mal à décoder. Ainsi, 78 % s’estiment mal outillés pour faire face aux défis des nouvelles technologies au travail. Et ils ne sont que 5 % à estimer que les acteurs de la sécurité, en France, disposent des moyens technologiques et intellectuels adéquats.   Comment cela se traduit-il dans votre activité de protection sociale ? Pour nous acteurs mutualistes, la nature du métier demeure : accompagner pour protéger. C’est la logique qui change. Ce serait trop simple si ces nouveaux usages se limitaient au gadget, s’il s’agissait de saupoudrer les services à nos adhérents d’un peu de technologie. Les technologies sont les fondations de nos services à l’adhérent. C’est la condition sine qua non de la proximité qui nous est si chère : comment prétendre rester proches de l’adhérent si l’on néglige le fait que son existence est désormais structurée par ces nouveaux outils ? Si l’on veut qu’il reste au centre de notre démarche de service, c’est ainsi qu’il faut s’y prendre.   Et vous, à titre personnel, quels sont votre usage et votre approche de ces technologies digitales ? Si l’on entend par là l’ensemble des innovations qui rendent la vie plus simple, plus facile, plus riche, alors je suis un pratiquant fervent ! Je crois même que j’aurais du mal à être un bon président d’Intériale si l’innovation ne m’intéressait pas, car l’innovation est dans l’ADN de notre mutuelle. S’agissant des moyens de communication modernes, je répéterai ce que j’ai dit au début de cet entretien : cela dépend des circonstances. Le plus souvent, je travaille avec mon smartphone et ma tablette, sur laquelle je lis et j’écris. Mais parfois, j’ai besoin du contact avec le papier. Bref, c’est la technologie qui s’adapte à ma façon de vivre, et non l’inverse ! Une chose, cependant, est immuable : dans ma façon de vivre et de travailler, l’être humain est toujours au point de départ et au point d’arrivée.


La police nationale a besoin d’un engagement citoyen

Mobiliser des réservistes et œuvrer au rapprochement entre la police et les citoyens : voilà deux missions prioritaires présentées par le directeur central de la sécurité publique, Pascal Lalle, lors du Club sécurité du 8 septembre.

10/11/2016 | EXPERTISE

À la tête de la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) – qui n’est autre que la plus grosse direction active de la police nationale, avec plus de 66 000 agents –, Pascal Lalle a rencontré les membres du Club des acteurs de la Sécurité intérieure le 8 septembre. Il a dressé le portrait d’une «  police sur tous les fronts », de secours comme d’investigation, mais aussi de renseignement territorial. Pascal Lalle voudrait déclencher chez les Français «  une volonté d’action positive en appui des forces de sécurité », alors que garde nationale voulue par le chef de l’État a été créée officiellement par décret au mois d’octobre. Elle sera composée des réserves ­opérationnelles de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale. À l’heure actuelle, la DSCP œuvre déjà au rapprochement police-citoyens à travers le service civique universel, le service volontaire citoyen, la réserve civile (ou opérationnelle), la réserve volontaire – qui s’adjoignent aux deux réserves professionnelles « statutaire » et « des retraités volontaires ». La loi du 21 juillet prolongeant l’état d’urgence précise en outre que les adjoints de sécurité qui ne sont plus dans la police nationale seront intégrés à la réserve opérationnelle, ce qui représente un vivier de 10 000 personnes, a rappelé Pascal Lalle.   Pascale Lalle, directeur central de la sécurité publique


Sentinelle, un piège pour l’armée française ?

Alors que l’opération antiterroriste « Sentinelle » mobilise 10 000 soldats, le sénateur Jacques Gautier craint que les moyens ne manquent pour engager de nécessaires opérations extérieures militaires.

10/11/2016 | EXPERTISE

« Sentinelle ». L’opération de déploiement militaire sur notre territoire national à des fins de lutte contre le terrorisme a été au cœur des débats lors de la rencontre du Club des acteurs de la Sécurité intérieure autour du sénateur-maire de Garches, Jacques Gautier, le 13 octobre. L’élu est très réservé sur le déploiement de Sentinelle compte tenu des multiples théâtres d’opérations extérieures (Opex) sur lesquels la France est engagée. Il a rappelé que certains militaires ont connu jusqu’à 6 déploiements en 2015 (42 semaines). « Une situation qui ne leur permet plus de se régénérer et les prive de préparation opérationnelle indispensable pour les Opex, et génère une réduction des permissions », argumente Jacques Gautier, auteur d’un rapport d’information du Sénat sur les opérations militaires extérieures en juillet 2016. Certes, Sentinelle contribue à rassurer les citoyens mais ne dissuade en rien les terroristes, au contraire : « Nous les aidons à choisir leur cible : soit ils visent un site non protégé par nos armées, soit ils frappent d’abord les militaires avant de commettre l’attaque globale pour montrer les limites de la protection des populations », a souligné le sénateur. En outre, la mobilisation de 10 000 militaires par Sentinelle empêche l’armée de préparer des projections extérieures sur des théâtres difficiles. « Le contrat opérationnel prévu pour nos armées est déjà largement dépassé et de nouveaux défis, au Nord du Sahel, risquent de nécessiter notre engagement, avec des moyens en hommes et en matériels qui ne sont plus disponibles », a alerté Jacques Gautier.  


Améliorer le management de la police nationale

Devant les membres du Club des acteurs de la Sécurité intérieure, la directrice des ressources humaines de la police nationale, Michèle Kirry, a analysé les ressorts du malaise d’un nombre grandissant de policiers.

28/10/2016 | EXPERTISE

« Après les 13 000 suppressions de postes dans la police entre 2009 et 2012, je suis comme un artisan de la reconstruction », a expliqué Michèle Kirry, directrice des ressources et des compétences de la police nationale, à l’occasion d’un rendez-vous du Club des acteurs de la Sécurité intérieure d’Acteurs publics, réuni le 24 novembre. L’ancienne préfète de la Nièvre, nommée à la place Beauvau en février 2015, est à la tête de 146 000 agents, sa direction gérant à la fois les ressources humaines, les affaires financières ainsi que la formation des policiers. Michèle Kirry a livré en détails son analyse du malaise profond qui traverse la police nationale, alors que des manifestations d’agents parfois en tenue ont eu lieu sur tout le territoire depuis la mi-octobre. Place des adjoints de sécurité (ADS), rôle des caméras de surveillance, réponse pénale aux délits… Nombreux sont les sujets qui suscitent l’incompréhension des policiers. La DRH estime que les écoles de formation s’intéressent trop peu au management, à la façon d’incarner une déontologie et à l’importance de savoir remercier ses troupes.  Michèle Kirry a également rappelé que, dans la police comme ailleurs, le chef doit être là « pour protéger ses troupes » et non l’inverse, comme cela se produit parfois, alimentant l’idée d’une hiérarchie carriériste et éloignée des préoccupations du terrain.


Préparer l’avenir pour ne pas le subir

Nous ne faisons pas « face » à un monde qui change. Nous en faisons partie.

11/07/2016 | EXPERTISE

On me dit que les mots s’useraient avec l’usage, comme les objets. La « protection » et la « solidarité » sonneraient comme des vieilleries dans un environnement technophile et individualiste. Le rôle d’une mutuelle n’est pas de rabâcher des valeurs, c’est de leur donner les moyens d’être concrètes, réelles. Intériale rassemble des agents venus des préfectures, de la police et des collectivités locales ; c’est dire si la protection et la solidarité sont au cœur de notre engagement. Aujourd’hui, la « médecine d’organes » fait place à une médecine génétique, moléculaire, cellulaire, personnalisée. La révolution cryptologique de la blockchain ouvre la voie à des transactions de confiance entre pairs, hors des intermédiaires institutionnels – ce qui revient à dire, dans notre environnement, s’assurer sans assureur. Dans ce monde qui change, nous avons besoin de forces qui protègent et qui agissent contre l’exclusion, sous toutes ses formes. Défendre un modèle mutualiste pour les agents publics, ce n’est pas être en lutte stérile contre le monde tel qu’il est. C’est se mettre en capacité de préparer l’avenir pour ne pas le subir, d’inventer avec audace et sérieux un modèle nouveau, d’agir concrètement au bénéfice des adhérents. Depuis 2008, le travail engagé par les délégués d’Intériale nous a permis, par exemple, de tester des robots d’assistance à domicile par les adhérents eux-mêmes, d’installer une cabine de santé connectée dans une de nos agences parisiennes, d’effectuer des diagnostics santé avec des objets connectés auprès des fonctionnaires sur leur lieu de travail, etc. Et de participer à de nombreux travaux de recherche, comme récemment une étude sur un test de dépistage précoce du cancer du poumon par simple prise de sang – ou celle sur le dépistage prénatal non invasif, un test ADN sur sang maternel pour détecter les anomalies chromosomiques fœtales les plus courantes (avec l’hôpital Antoine-Béclère – AP-HP). Dès 2017, Intériale sera la première mutuelle à promouvoir et à participer au remboursement de ce test. Le monde tel qu’il va ne nous est donc pas étranger. Il sera aussi un peu ce que nous en ferons. C’est pour cela qu’Intériale a décidé de conclure un partenariat avec AXA, un acteur de notre secteur suffisamment différent pour que cela nous enrichisse mutuellement. Intériale reste pleinement une mutuelle, démocratique, libre et engagée. AXA sera un partenaire de choix pour inventer, ensemble, un nouvel environnement pour la protection sociale des fonctionnaires. Car quels que soient leurs attentes et leurs besoins, leur âge ou leur grade, les agents publics attendent beaucoup, beaucoup plus qu’une simple mutuelle. Pascal Beaubat, Président d’Intériale


La douane, acteur montant dans la lutte contre le terrorisme

Les attentats de l’année 2015 en France auront eu un impact direct sur la douane, désormais mise en avant comme une actrice de la lutte contre le terrorisme, comme l’a expliqué la directrice générale des douanes et des droits indirects, Hélène Crocquevieille, invitée du Club des acteurs de la Sécurité le 17 mai.

11/07/2016 | EXPERTISE

Outre ses missions traditionnelles de régulation et de sécurisation des flux de marchandises, la direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) a vu son rôle réaffirmé dans la lutte contre le terrorisme. « Cela n’efface en rien l’ensemble de l’engagement de la douane dans la complétude de ses missions économiques, fiscales, de protection et de soutien aux entreprises », a rappelé sa directrice, Hélène Crocquevieille, lors d’un petit déjeuner du Club des acteurs de la Sécurité, le 17 mai. Effectifs en hausse, missions renforcées, cyberdouaniers, nouveaux pouvoirs inscrits dans le projet de loi de lutte contre le crime organisé et le terrorisme : la DGDDI retrouve un rôle essentiel dans la surveillance du territoire. La directrice générale des douanes et droits indirects a brossé le tableau de sa direction et évoqué avec les invités les questions cruciales du maillage territorial ou des systèmes d’information partagés à l’heure de l’open data. « La douane est rarement seule pour mener ses missions », a expliqué Hélène Crocquevieille au sujet des partenariats noués entre la DGDDI et d’autres administrations, mais aussi des acteurs privés.


Rencontre autour de Cyrille Schott, directeur de l'INHESJ

La faiblesse des États face au terrorisme concerne autant les territoires où naît l’action terroriste que ceux qui en sont les victimes, a exposé le directeur de l’INHESJ lors d’un petit déjeuner du Club des acteurs de la Sécurité intérieure.

10/06/2016 | EXPERTISE

Au-delà de l’entrée par les religions, une autre façon d’aborder la question terroriste est de s’intéresser aux fragilités et défaillances d’État : c’est cette thèse qu’a développée le préfet Cyrille Schott, à l’occasion d’un petit déjeuner du Club des acteurs de la Sécurité intérieure organisé le 28 juin. Le directeur de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) a retracé l’histoire géopolitique du XXe siècle, depuis la fin des empires coloniaux en Afrique jusqu’aux conflits au Moyen-Orient, en passant par l’écroulement de l’empire soviétique. « Respectant les valeurs de liberté et d’autonomie des sociétés occidentales, les pays colonisés ont ­renvoyé les colonisateurs chez eux et tenté de renforcer leur pays avec ces mêmes valeurs, a relaté Cyrille Schott. Mais la corruption et l’autoritarisme ont rapidement conduit les peuples à revenir à leurs ressources propres telles l’islam, même si l’imprégnation de valeurs de modernité reste très prégnante, comme en Tunisie ou dans la capitale iranienne, Téhéran. » De leur côté, les sociétés développées ont elles aussi leurs fragilités, a indiqué le directeur de l’INHESJ. « Même si nous avons une force de résilience plus grande, nos États ont parfois laissé se développer des zones de non-droit », analyse-t-il, actant « une défaillance du système de valeurs démocratiques qui nous anime ». Cyrille Schott a néanmoins conclu cette rencontre du Club sur un message d’espoir : « Pour consolider ou faire évoluer une société, il faut faire le pari des femmes », a-t-il estimé.     Cyrille Schott, directeur de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice  


La menace terroriste, nouvelle donne pour la sécurité intérieure

État d’urgence et lutte contre la menace terroriste sur tout le territoire : ces questions cruciales étaient au cœur de la réunion du Club des acteurs de la Sécurité intérieure qui s’est déroulée le 1...

10/05/2016 | EXPERTISE

État d’urgence et lutte contre la menace terroriste sur tout le territoire : ces questions cruciales étaient au cœur de la réunion du Club des acteurs de la Sécurité intérieure qui s’est déroulée le 17 mars autour de magistrats, policiers, préfets et chercheurs.   C’est en plein examen du projet de loi constitutionnelle « Protection de la nation » que les membres du Club des acteurs de la Sécurité intérieure se sont réunis le 17 mars, au siège de France Stratégie à Paris. Une actualité sensible évoquée lors de ces échanges très riches au gré desquels les membres du Club ont confronté leur vécu sur la reconduction pour trois mois de l’état d’urgence et le renforcement de l’arsenal contre le terrorisme depuis les attentats de novembre 2015. Quel est le niveau de coopération effective entre préfets et procureurs ? Quelles sont les pratiques à l’étranger dont la France pourrait s’inspirer ? Quelles solutions concrètes mettre en œuvre ? Une première partie des débats s’est centrée sur le fonctionnement de l’autorité judiciaire dans le contexte de menace terroriste permanente. La discussion s’est poursuivie autour de la réforme de la procédure pénale et des moyens donnés aux forces de l’ordre dans ce cadre. L’implication de militaires dans l’opération Sentinelle vient également renouveler la doctrine en place et amène à réfléchir sur les moyens dont dispose la France pour assurer sa sécurité intérieure. Enfin, la question du moral des policiers a été soulevée au travers de la présentation de la plate-forme de soutien psychologique mise en place par la mutuelle Intériale.


HPE Cyber Risk Report 2016 : grande vulnérabilité des applications mobiles

L’étude annuelle Cyber Risk Report révèle une augmentation de la sophistication des attaques, au moment où les entreprises voient leurs plates-formes se diversifier et le périmètre de leur réseau disparaître peu à peu

29/04/2016 | EXPERTISE

Boulogne, le 17 février 2016 – Hewlett Packard Enterprise (HPE) publie l’étude «HPE Cyber Risk Report 2016 », qui identifie les menaces de sécurité les plus importantes ayant touché les entreprises durant l’année 2015. Parallèlement à la disparition progressive du périmètre réseau et à l’élargissement de la surface accessible par les attaques, les professionnels de la sécurité sont mis au défi de protéger les utilisateurs, les applications et les données – sans étouffer l’innovation ni retarder les échéances des entreprises. L’édition 2016 du « Cyber Risk Report » détaille l’ensemble des menaces 2015 dans ce contexte et propose des actions à mener dans les domaines clés du risque autour des vulnérabilités applicatives, des correctifs de sécurité et de l’augmentation des logiciels malveillants liés à la monétisation. Cette étude révèle également des sujets de préoccupation importants comme par exemple les nouvelles règles de recherche sur la sécurité, les « dommages collatéraux » liés à la médiatisation des violations de données, faisant évoluer ainsi l’agenda politique, et le débat actuel sur la vie privée et la sécurité. « En 2015, nous avons vu les assaillants infiltrer les réseaux à une fréquence préoccupante, ce qui a conduit à dévoiler quelques-unes des plus importantes failles de sécurité connues à ce jour. Ce n’est plus le moment de relâcher notre vigilance et de risquer ainsi de mener l’entreprise à sa perte », a déclaré Sue Barsamian, senior vice-présidente et directrice générale de l’entité HPE Security Products de Hewlett Packard Enterprise. « Nous devons tirer les leçons de ces incidents, comprendre et surveiller notre environnement et ses risques, et remettre la sécurité au cœur des organisations. Cela leur permettra d’atténuer les impacts des menaces connues et inconnues, de pouvoir innover sans crainte, et d’accélérer la croissance de leur activité ».   Le nouveau champ de bataille est celui des applications Bien que les applications Web continuent de présenter des risques importants pour les entreprises, de leur côté, les applications mobiles amènent de plus en plus de risques distincts. • L’utilisation fréquente par les applications mobiles d’informations pouvant permettre l’identification des utilisateurs représente un risque significatif pour le stockage et la transmission d’informations sensibles ou à caractère personnel. • Environ 75 % des applications mobiles étudiées ont révélé au moins une vulnérabilité critique ou présentant un haut niveau de gravité en matière de sécurité, comparé aux 35 % des applications non mobiles. • Les vulnérabilités dues aux API sont bien plus courantes chez les applications mobiles que pour les applications Web, tandis que la gestion des erreurs – anticipation, détection, et résolution – est plus fréquente chez les applications Web.   Réparer ou périr L’exploitation des vulnérabilités dans les logiciels reste un vecteur prioritaire pour les attaques. Les applications mobiles subissent un nombre croissant d’attaques d’envergure. • Comme en 2014, les 10 plus importantes vulnérabilités exploitées en 2015 étaient connues depuis plus d’un an et  68 % d’entre elles l’étaient depuis trois ans ou plus. • En 2015, Microsoft Windows a été la plateforme la plus ciblée, avec 42 % des 20 principales attaques réussies dirigées vers des plateformes ou des applications Microsoft. • 29 % des attaques réussies en 2015 ont continué d’utiliser un vecteur d’infection Stuxnet datant de 2010, qui a pourtant fait l’objet de deux correctifs.   Des logiciels malveillants à des fins d’extorsion financière La finalité des logiciels malveillants évolue. Ce ne sont plus des objets dont le seul but est de nuire à l’entreprise, ils sont devenus de véritables outils générant des revenus pour les attaquants. Bien que la quantité globale de logiciels malveillants récemment découverts régresse de 3,6 %, les cibles des attaques ont évolué de façon visible en suivant les nouvelles tendances au sein des entreprises, et se concentrent de plus en plus vers de l’extorsion financière. • Comme le nombre d’appareils mobiles connectés augmente, les logiciels malveillants se diversifient afin de cibler les plates-formes mobiles les plus répandues. Le nombre de menaces, de logiciels malveillants et d’applications potentiellement non désirées sur Android découvertes quotidiennement  a dépassé les 10 000, ce qui représente une augmentation de 153 % d’une année sur l’autre. Les menaces sur Apple iOS ont connu le plus fort taux de croissance, avec une augmentation de plus de 230 % des logiciels malveillants. • Les attaques sur les DAB s’appuient sur les composants matériels, les logiciels chargés sur le DAB, ou sur la combinaison des deux afin de voler des informations sur les cartes de crédit. Dans certains cas, les attaques réalisées par logiciel court-circuitent les mécanismes d’authentification des cartes afin d’obtenir directement le versement du liquide par le DAB. • Des Banking Trojans, comme par exemple des variantes du Zbot Trojan, continuent de poser des problèmes malgré des efforts de protection. Plus de 100 000 d’entre eux ont été détectés en 2015. • Le ransomware est un mode d’attaque de plus en plus courant, avec plusieurs familles de logiciels qui ont fait des ravages en 2015 en chiffrant aussi bien des données d’entreprises que de particuliers. Ces exemples incluent Cryptolocker, Cryptowall, CoinVault, BitCryptor, TorrentLocker, TeslaCrypt, et d’autres encore.   Des recommandations et des actions à mener • Les applications sont le nouveau champ de bataille. Le périmètre réseau s’évanouit, les attaquants ont déplacé leur centre d’intérêt directement vers les applications. Les professionnels de la sécurité doivent ajuster leurs approches en conséquence. La seule défense périmétrique ne suffit plus, il faut également protéger les interactions entre les utilisateurs, les données, les applications et les données, indépendamment de leur localisation géographique ou du type de périphérique utilisé. • Réparer ou périr. L’année 2015 a établi un record en matière de nombre de failles de sécurité reportées et de correctifs publiés. Mais proposer des correctifs a peu d’effets positifs si les utilisateurs ne les installent pas par peur de conséquences inattendues. Les équipes en charge de la sécurité doivent être plus vigilantes lorsqu’il s’agit d’appliquer des correctifs, soit à l’échelle de l’entreprise, soit à destination des particuliers. Et les éditeurs doivent être plus transparents sur les implications de leurs correctifs, afin que les utilisateurs n’aient plus peur de les déployer.  • Des logiciels malveillants à des fins d’extorsion financière. Les attaques de ransomware qui touchent l’entreprise ou les particuliers sont en croissance. Elles demandent aux professionnels à la fois une plus grande sensibilisation et une préparation, s’ils veulent éviter la perte de données sensibles. La meilleure protection contre le ransomware est une politique de sauvegardes claire, qui concerne tous les fichiers du système. • Se préparer à réorienter les politiques de sécurité : les régulations transfrontalières posent des problèmes aux entreprises qui veulent mettre leurs systèmes informatiques en conformité règlementaire et en sécurité. Les organisations doivent suivre de près l’évolution des règlementations et conserver une approche flexible en matière de sécurité.   Méthodologie Publié par le groupe HPE Security Research, ce rapport annuel propose une analyse en profondeur des données de l’industrie sur les problèmes de sécurité les plus préoccupants, et présente aux dirigeants d’entreprise et aux professionnels de la sécurité des informations utiles pour mieux sécuriser leurs entreprises numériques et innover sans crainte. Téléchargez le « Cyber Risk Report » sur http://bit.ly/1TfwDlO