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L’innovation en débat à la Paris Healthcare Week

Les intervenants des conférences organisées sur le stand d’Orange Healthcare ont témoigné d’un besoin d’accompagnement et d’innovation pour porter la mutation numérique du monde de la santé.

04/07/2018 | EXPERTISE

Doper l’innovation et accompagner les équipes médicales. Tel est le double préalable à l’accélération de la transformation digitale dans le monde de la santé relevé par les décideurs et les experts de la Paris Healthcare Week 2018, qui sont intervenus lors des conférences et des échanges organisées sur le stand d’Orange Healthcare. Acteurs publics TV a donné la parole à certains de ces spécialistes en première ligne dans le management et l’équipement des établissements de santé. « Le monde médical est fortement bouleversé par les évolutions technologiques, a relevé le directeur général des hôpitaux de Créteil et Villeneuve-Saint-Georges. Les professionnels doivent assumer des consultations plus nombreuses et plus complexes. La dureté de leur quotidien les empêche souvent de se consacrer à l’innovation. » Top management « Le secteur de la santé est l’un de ceux où la transformation digitale est la plus lente », abonde le directeur général d’Orange Healthcare, Élie Lobel. Certes, poursuit-il, voilà bien un domaine « éminemment complexe », qui plus est soumis à de fortes tensions budgétaires alors que l’exigence d’une offre de soins de qualité est forte. Mais certainement est-ce aussi du fait d’investissements plus limités que chez nos voisins européens : moins de 2 % des budgets des établissements contre près de 3 % ailleurs. « Le numérique est appréhendé comme un investissement dans de nombreux pays et non comme une simple question de coûts », prolonge Renaud Luparia, cofondateur d’Enovacom, un éditeur de logiciels qui accompagne quelque 1 500 structures de santé. L’état d’esprit et la volonté de porter l’innovation numérique sont essentiels, à écouter le docteur Didier Mennecier, directeur des systèmes d’information et du numérique au service de santé des armées, à la manœuvre pour instaurer en 2019 un parcours de santé numérique complet du militaire. « L’incarnation au plus haut niveau du management permet de diffuser la culture digitale et d’embarquer ensuite les équipes dans cette transformation », témoigne-t-il. Le temps où il fallait des heures et des heures pour recevoir depuis Kaboul des images médicales paraît révolu à l’heure de la téléconsultation et de la télé-expertise. Mais attention, prévient Véronique Chirié, directrice du « Tasda » – pour Technopole Alpes santé à domicile et autonomie : la course de haies n’est pas aisée. Le cahier de liaison médical numérique dont elle pilote la mise en œuvre dans son territoire suppose par exemple, pour se généraliser, une interface avec les systèmes d’information des agences régionales de santé (ARS), alors que chacune d’elles semble disposer d’une interface distincte. Et les acteurs de terrain, qui concrètement alimentent ce cahier numérique visant à maintenir à domicile des personnes en situation de handicap ou de dépendance, sont nombreux et pour certains peu suffisamment formés, voire peu familiers des questions digitales. Car au-delà des grands principes, c’est avant tout sur le terrain que se joue concrètement la transformation numérique du monde de la santé. Revoir les interveiws de la journée:  Élie Lobel, directeur général d’Orange Healthcare - https://bit.ly/2K26oTf Véronique Chirié, directrice du Technopole Alpes santé à domicile et autonomie (Tasda) - https://bit.ly/2tqSCCJ Renaud Luparia, cofondateur de l’éditeur de logiciels Enovacom - https://bit.ly/2K4ucWw Didier Mennecier, directeur des systèmes d’information au service de santé des armées - https://bit.ly/2MbMshg Stéphane Pardoux, directeur général des hôpitaux de Créteil et de Villeneuve-Saint-Georges - https://bit.ly/2yFGvqY    


Olivier Dussopt : « La qualité de vie au travail des agents publics, enjeu de la qualité du service public »

À l’heure de la transformation de l’action publique, l’amélioration de la qualité de vie au travail est un enjeu majeur pour les agents et les services et, au final, pour nos concitoyens, car elle contribue fortement à la qualité et à l’efficacité du service public rendu. Le secteur hospitalier en est un exemple flagrant : la qualité des soins aux patients est liée à celle des conditions de vie...

04/07/2018 | EXPERTISE

À l’heure de la transformation de l’action publique, l’amélioration de la qualité de vie au travail est un enjeu majeur pour les agents et les services et, au final, pour nos concitoyens, car elle contribue fortement à la qualité et à l’efficacité du service public rendu. Le secteur hospitalier en est un exemple flagrant : la qualité des soins aux patients est liée à celle des conditions de vie au travail. C’est pourquoi la Haute Autorité de santé a introduit un critère sur la « promotion de la qualité de vie au travail » comme une des dimensions à prendre en compte dans le cadre de la certification des établissements de santé. La question de la qualité de vie au travail, qui a été abordée dans le cadre du forum Action publique 2022*, doit être pleinement appréhendée par les employeurs publics dans toutes ses dimensions, dans le respect de la spécificité des missions des agents publics. Son développement passe par une démarche multiple, individuelle et collective, agissant sur l’ensemble des leviers de motivation des agents (sens de la mission, sentiment d’utilité, autonomie, reconnaissance, responsabilisation) prenant en compte les agents concernés par des conditions de travail particulières : astreintes des personnels de sécurité ou de soins, relations avec le public**. Les employeurs publics conduisent des actions en la matière que nous devons encourager et accompagner. Ainsi en témoigne la réussite des appels à projets pilotés par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) en 2017 et 2018 au titre de l’innovation dans les ressources humaines ou de l’amélioration des conditions de travail. Les employeurs publics se sont emparés de ces fonds dotés chacun de 1 million d’euros afin de mettre en œuvre plus de 150 projets sur tout le territoire. Au-delà de ces actions, les défis de demain portent aussi sur l’organisation du travail et le management au sein de la fonction publique. Le rôle du manager est crucial et les modalités de sa formation comme de son recrutement doivent être revues à l’aune de ces défis. Les réflexions sur l’impact des nouvelles technologies entrent également dans le périmètre d’une démarche équilibrée de qualité de vie au travail. La généralisation des technologies numériques et l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les administrations de l’État vont transformer le travail et son organisation. Elles requièrent le développement, dans les services, au plus près des agents, de nouvelles modalités de travail, de management, de temps et de lieu de travail, ainsi que de nouvelles formes de relations avec les usagers du service public. Les réflexions menées dans le cadre du programme Action publique 2022, tant au sein de l’État qu’au niveau interfonctions publiques, contribueront à approfondir la concertation sur les réformes structurelles à conduire dans les différents champs de l’action publique et sur les moyens de les accompagner, pour améliorer la qualité de service et mieux en maîtriser les coûts. * Consultation numérique conduite l’hiver dernier, au cours de laquelle les usagers du service public et les agents ont été invités à donner leur avis sur leurs attentes à l’égard du service public. ** Selon le rapport annuel 2016 de la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), les salariés du secteur privé sont soumis à deux fois moins d’astreintes que les agents publics. Les contraintes organisationnelles sont aussi plus présentes dans la fonction publique (cas du travail dominical, qui concerne 25,8 % des salariés contre 36,7 % des agents publics et particulièrement 64 % d’agents à l’hôpital). Téléchargez le PDF du hors-série Acteurs publics


Pascal Beaubat : « Une preuve de l’engagement pour la mission de service public »

Stratégie nationale de santé, plan de prévention, reste à charge zéro… Notre système de protection sociale semble entrer dans une nouvelle ère où le tout-curatif pourrait enfin marquer le pas face à la prévention. Les organismes gestionnaires du régime complémentaire sont depuis longtemps convaincus de la nécessité d’agir en amont et de manière appropriée auprès des populations qu’ils couvrent....

04/07/2018 | EXPERTISE

Stratégie nationale de santé, plan de prévention, reste à charge zéro… Notre système de protection sociale semble entrer dans une nouvelle ère où le tout-curatif pourrait enfin marquer le pas face à la prévention. Les organismes gestionnaires du régime complémentaire sont depuis longtemps convaincus de la nécessité d’agir en amont et de manière appropriée auprès des populations qu’ils couvrent. Pour les mutuelles fondées par les agents de la fonction publique comme Intériale, cette préoccupation se traduit par des actions de prévention sans cesse renouvelées, conçues en adéquation avec les besoins et les attentes de nos adhérents : prévention des troubles musculo-squelettiques liés au travail sur écran ou au port de matériel, accompagnement psychologique pour les agents confrontés à des risques spécifiques, tels que la brutalité féroce des attentats… Depuis plusieurs années, Intériale va plus loin en interrogeant ses adhérents. Par leur régularité, leur fréquence, la diversité des sujets abordés, nos baromètres annuels sont d’une formidable richesse. Que nous disent les données collectées ? Que montrent-elles à voir du quotidien des agents, de leur santé ? De leur parcours de vie ? De la perception de leur travail et de leur rapport aux usagers ? Elles apportent la preuve d’une conviction qui nous mobilise et nous guide en tant que fonctionnaires : l’engagement pour la mission de service public. Les agents interrogés expriment, en effet, une réelle satisfaction à exercer leur mission et un attachement sans faille aux valeurs du service public. L’enquête miroir, reflet de la population générale, montre que les usagers perçoivent cet engagement. Ils témoignent en effet d’une réelle qualité d’accueil et d’écoute de la part des agents de la fonction publique, quel que soit le versant. Ces données interpellent aussi sur la capacité de l’institution à entendre et à accompagner les difficultés rencontrées par les agents : un certain nombre d’entre eux ressentent un niveau de stress problématique, notamment lorsqu’ils sont en contact avec le public. Confrontés à ces difficultés, les agents se montrent plutôt discrets et sollicitent peu leur hiérarchie. Ils préfèrent gérer seuls ou bien s’appuyer sur leur entourage. À cela s’ajoute un fort sentiment d’absence de reconnaissance sous des formes qui ont du sens pour les interrogés : la reconnaissance, l’utilité, le soutien et l’accompagnement en cas de difficulté. Parce que ces ressentis peuvent, à long terme, nuire à l’épanouissement professionnel des agents et à la performance publique, parce que ces études doivent favoriser et nourrir la réflexion et la conception de réponses adaptées, Intériale s’engage en partageant les résultats de ses baromètres annuels. Notre engagement est l’expression de nos valeurs, celles de la mutualité : la solidarité, l’entraide, l’accès aux soins pour tous. C’est aussi l’affirmation de notre volonté d’agir pour le bien-être des agents, en lien étroit avec nos adhérents, les employeurs publics et en réfléchissant avec eux au sens que nous pouvons donner à un matériau aussi précieux que nos enquêtes. En livrant ici les résultats des dernières éditions réalisées auprès d’agents de la fonction publique d’État, de la fonction publique hospitalière et de la fonction publique territoriale, nous souhaitons, forts de notre expertise, contribuer aux réflexions qui aideront à construire le management et la performance publics de demain. Pascal Beaubat, président d’Intériale Téléchargez le PDF du hors-série Acteurs publics


Les leviers de l’engagement au travail des agents publics

Se sentir utile, être soutenu par sa hiérarchie, équilibrer vie personnelle et vie professionnelle… Autant d’ingrédients pour se sentir bien au travail, mesurés par le baromètre CSA réalisé pour le gr...

04/07/2018 | EXPERTISE

Se sentir utile, être soutenu par sa hiérarchie, équilibrer vie personnelle et vie professionnelle… Autant d’ingrédients pour se sentir bien au travail, mesurés par le baromètre CSA réalisé pour le groupe Intériale auprès d’agents des ministères de l’Intérieur et de la Justice et de la fonction publique hospitalière. Se sentir utile avant tout L’exercice d’une mission de service public reste un choix guidé par le partage de valeurs fortes et une volonté de se mettre avant tout au service des autres. Les résultats du baromètre de l’institut CSA pour le groupe Intériale portant sur 7 360 actifs (ministère de l’Intérieur, ministère de la Justice, fonction publique hospitalière) livrent un éclairage inédit sur le niveau de satisfaction globale de ces agents très engagés à l’égard de leur travail. Tout d’abord, les réponses recueillies auprès de 1 281 personnels actifs du ministère de la Justice semblent faire la course en tête. Ils sont globalement 82 % à affirmer être satisfaits de leur emploi et l’engouement d’exercer une mission de service public est unanimement partagé par 92 % des agents qui se sont exprimés au sein de ce ministère. Une motivation sans faille qui s’accompagne d’une confiance évidente dans les missions qui leur sont confiées et le cadre dans lequel ils sont appelés à les exercer. Cela conduit 84 % des agents interrogés au ministère de la Justice à se sentir utiles avant tout. Un sentiment largement partagé dans la fonction publique hospitalière, où 86 % des agents restent très attachés au sens de leur travail, mettant en avant leur goût d’exercer une mission de service public. C’est du côté du ministère de l’Intérieur que le score de satisfaction affiché est le plus faible, tombant à 74 % de satisfaction globale. Seuls 73 % des agents se sentent utiles et l’exercice d’une mission de service public satisfait 84 % de ceux qui se sont exprimés. Au regard de ces résultats, c’est dans la fonction publique territoriale que la satisfaction globale à l’égard du travail se rapproche le plus de la population générale. Affichant un score de satisfaction globale l’ordre de 79 %, les agents en préfecture témoignent de leur bien-être dans l’exercice de leur fonction comme de leurs missions. Une tendance que CSA explique. Ce qui compte est bien le sentiment de se sentir utile et la plupart des personnes interrogées l’expriment clairement aujourd’hui. Un fort sentiment d’utilité ressenti dans l’ensemble de la fonction publique qui se traduit par l’expression d’une satisfaction globale vis-à-vis du travail. Seul bémol, le léger fléchissement enregistré dans la fonction publique hospitalière, où les agents paraissent un peu découragés, même si les scores restent très bons à l’égard de la satisfaction globale dans l’exercice du travail. Bien vivre sa mission au quotidien Qu’il s’agisse de l’accueil du public, de l’instruction de dossiers, de mener une enquête de police judiciaire, de contrôle sur la voie publique ou bien encore au bloc opératoire : tous les agents expriment leur forte volonté de faire d’abord équipe. Une façon de travailler autour de laquelle le dernier baromètre révèle quelques inquiétudes. Alors que l’ambiance au sein de l’équipe de travail semble très importante dans tous les pans de la fonction publique, CSA note un léger décalage au ministère de l’Intérieur. L’ambiance au sein des équipes, soulignée par 79 % des répondants, y reste globalement satisfaisante, mais semble moins importante dans l’expression de la satisfaction globale. En revanche, au ministère de la Justice, dans la fonction publique hospitalière ou encore dans la fonction publique territoriale, les agents lui accordent clairement de l’intérêt. L’enjeu du collectif de travail compte particulièrement pour 72 % des personnes interrogées dans la fonction publique territoriale, où elle semble paradoxalement moins satisfaisante. Un net décalage entre les attentes et le ressenti exprimé par les agents sur cet esprit d’équipe qui mériterait, selon CSA, d’être amélioré puisque l’ambiance au sein des équipes ne convient manifestement pas aux agents qui se sont exprimés. Même constat du côté du ministère de l’Intérieur, où l’ambiance dans le travail est carrément considérée comme secondaire, même si la satisfaction sur le travail en équipe compte. Les agents sont satisfaits, mais cela leur paraît moins important et contribue donc moins à leur satisfaction globale vis-à-vis du travail. Changement de décor au ministère de la Justice, comme dans la fonction publique hospitalière, sur le sens du travail bien fait, de la mission accomplie, qui dépend avant tout de l’ambiance au sein d’une équipe. Un besoin de cohésion lié au respect des objectifs et des délais pour 74 % des agents du ministère de la Justice, mais aussi une question de sécurité, comme le soulignent 46 % des personnels interrogés au ministère de l’Intérieur. Le sens de la mission accomplie passe aussi par la reconnaissance du travail effectué auprès du grand public. Seuls 55 % des actifs interrogés représentatifs de la population française de 18 ans en sont satisfaits. Un score qui tombe à 40 % au ministère de l’Intérieur. Sur ce point, les agents expriment, à travers ce baromètre, le besoin de mieux connaître le niveau de satisfaction des usagers, notamment lorsque celui-ci est positif. À la lecture de ces témoignages, force est de constater que les retours d’information et débriefings internes ne portent que très rarement sur des informations positives, qui pourraient aussi renforcer plus régulièrement la qualité des relations entre collègues et la cohésion des équipes sur le terrain. Le bien-être : une question de confiance Les principaux résultats de ce baromètre montrent clairement que la sérénité dans le travail serait avant tout une question de confiance. Dans tous les pans de la fonction publique, les personnels interrogés placent au premier rang la possibilité de prendre des décisions. Une autonomie particulièrement appréciée par 78 % des personnels au sein du ministère de la Justice. Un score qui s’accompagne aussi des forces et faiblesses ressenties à l’égard de l’encadrement. CSA explique que la reconnaissance contribue énormément à la satisfaction globale, mais les réponses montrent clairement que ce n’est pas toujours le cas sur le terrain. Un malaise qui s’exprime dans l’ensemble des pans de la fonction publique, voire au-delà. Seul un Français sur deux confirme être soutenu par sa hiérarchie. La moitié dénonce clairement le manque, voire l’absence de soutien hiérarchique face aux difficultés. Pour l’heure, ce déficit semble plus marqué au sein du ministère de l’Intérieur, où les agents ne sont que 49 % à se sentir épaulés dans les moments difficiles. Le personnel se sent même délaissé et ce décrochage par rapport au score enregistré au niveau de l’ensemble de la population française en témoigne. CSA insiste sur ce résultat particulièrement significatif. Un score qui grimpe à 56 % dans la fonction publique hospitalière, à 61 % au ministère de la Justice et à 58 % de satisfaction sur la reconnaissance du travail par l’encadrement au sein de la fonction publique territoriale. Harmonie entre vie professionnelle et personnelle  Ce baromètre livre aussi quelques précieux enseignements pour réussir cet essentiel équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Globalement, 69 % des agents du ministère de l’Intérieur, 78 % dans la territoriale, 76 % dans l’hospitalière et 77 % au ministère de la Justice affirment y parvenir. Un équilibre pourtant fragile, puisque 52 % des adhérents du ministère de l’Intérieur estiment que leur moral a été impacté de façon négative au cours des douze derniers mois, tout comme leur santé physique, à hauteur de 36 %, avec des conséquences dans la vie familiale et amoureuse exprimées dans 31 % des réponses. Globalement, 61 % des agents du ministère de l’Intérieur témoignent de l’effet négatif de leur travail sur leur moral ou leur vie en général. On peut quand même en déduire que 39 % se sentent moins impactés, néanmoins, ce constat reste tout à fait préoccupant, selon CSA. Résultat : cet équilibre entre vie professionnelle et personnelle fait l’objet de plus d’attention au ministère de l’Intérieur. Les personnels y attachent plus de prix et dénoncent aussi plus volontiers ces difficultés. Une tendance qui s’exprime aussi clairement dans la fonction publique hospitalière, où cela compte dans la satisfaction globale vis-à-vis du travail, même si cet équilibre reste néanmoins satisfaisant, estime CSA. Pour amortir ces difficultés, les personnels dévoilent quelques solutions privilégiées afin de faire face aux situations de stress au travail. Tous font d’abord le choix de se tourner vers des amis ou de la famille, pour décompresser. Dans la fonction publique hospitalière et au ministère de la Justice, le second réflexe consiste à se tourner vers son entourage professionnel, alors qu’au ministère de l’Intérieur, les personnels optent d’abord pour une activité physique pour se détendre. Le sport est en effet l’un des moyens privilégiés pour se préserver et prendre du recul avant de lever le pied lorsque  cela devient indispensable. Des difficultés que les personnels ne sont pas prêts à contourner. S’engager dans une reconversion ou modifier la façon d’exercer son métier reste un choix qui ne dépasse pas 15 % tous ministères confondus. En revanche, un quart des personnels affirme ne pas souhaiter lutter contre le stress ce qui peut, à court terme devenir une préoccupation majeure. Parler de ses difficultés, y compris passagères, devient un gage de bien-être et d’équilibre et ce baromètre démontre clairement qu’il vaut mieux ne pas faire la sourde oreille. S’écouter, parler de ses difficultés, échanger avec les autres se révèle un ingrédient indispensable du bien-être au travail, au quotidien. Encadré : Récompenser le goût de l’effort La moitié des personnels interrogés ne se disent pas satisfaits de leur rémunération, ce qui est un sentiment relativement courant. Un sentiment partagé y compris au sein du ministère de la Justice, où les rémunérations sont réputées plus avantageuses. Néanmoins, ce baromètre dévoile aussi que la rémunération, qui reste importante, ne serait pas la motivation essentielle des agents dans la fonction publique, qui se disent d’abord attachés aux valeurs du service public et aux missions d’intérêt général qui en sont la principale caractéristique. Ce baromètre pointe tout de même du doigt la catégorie de personnels où les niveaux de rémunérations ne sont pas considérés à la hauteur des services attendus et rendus. Sans surprise, dans la fonction publique hospitalière, ce sont les infirmières qui expriment ce manque de reconnaissance. Elles ne sont que 36 % à être satisfaites de leur salaire, selon ce baromètre.   Baromêtre réalisé par CSA pour Intériale du 26 février au 22 mars 2018 auprès de 7 360 personnes, par questionnaire en ligne (5 023 actifs du ministère de l’Intérieur, 1 281 actifs du ministère de la Justice, 444 actifs de la fonction publique territoriale, adhérents de So’Lyon mutuelle et 612 actifs interrogés représentatifs de la population française de 18 ans et plus).   Téléchargez le PDF du hors-série Acteurs publics    


« Retrouver du bien-être au travail passe par le dialogue »

Le professeur Gérard Lasfargues est directeur général délégué de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)

04/07/2018 | EXPERTISE

Le réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles coordonné par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a recensé plus de 32 000 pathologies psychiques en lien avec le travail entre 2001 et 2016, dont les deux tiers concernaient des femmes, l’âge moyen de la population étant de 45 ans. Dans 36 % des cas, il s’agissait de dépressions, de troubles dépressifs, d’anxiété. Près de 16 % présentaient des troubles post-traumatiques ou en réaction à des stress et 6 % étaient considérés en situation de burn-out. Ces données échangées lors du congrès national de médecine et santé au travail, qui a eu lieu à la mi-juin, mettent en lumière les principaux secteurs concernés. La palme revient à l’administration publique, la défense, suivie du commerce de détail. Mais les maladies professionnelles sont aussi au cœur des problèmes dans les secteurs de l’enseignement et de la santé. Cette grande base de données nationale du réseau de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles pointe du doigt quelques facteurs de risques, parmi lesquels les changements organisationnels, certains modèles de management et la qualité de la relation au travail. Les agents du secteur public comme les salariés des entreprises subissent le même sort face au climat délétère et au harcèlement moral, accentués par certaines formes d’organisation du travail.   Dans le secteur public, certains outils de management ne sont pas vraiment pensés au service de l’activité de travail réel ni même de la santé au travail. Dans la droite ligne de l’efficience recherchée dans le secteur privé, les logiques de performance encouragent le durcissement des cadres prescriptifs. Le reporting et la multiplication des indicateurs, le remplissage de tableaux de bord ne sont pas connectés à la réalité du travail. Il s’agit de répondre à la logique des gestionnaires, en dehors d’une recherche d’efficacité opérationnelle. Le sentiment de la tâche accomplie, du travail bien fait et de la reconnaissance qui l’accompagne semble trop souvent hors de portée. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise organisation du travail, mais les formes actuelles de management qui y sont associées, tels le lean management, le travail en mode projet ou encore le new public management, sont parfois déconnectées de la réalité et isolent les hommes et les femmes dans la fonction. Le manager ne tient plus son vrai rôle et devient une simple courroie de transmission entre la hiérarchie et les salariés. La perte ou l’excès de liberté, d’autonomie réduisent la quote-part de travail intelligent à réaliser de façon collective. Face à cette situation, certains vont adopter une stratégie de contournement, d’évitement ou bien parfois même choisir l’affrontement. L’ensemble de la chaîne hiérarchique peut aujourd’hui être confronté à ce problème. Dans le secteur public, il est important de chercher à comprendre les difficultés des managers, des cadres supérieurs, des dirigeants. Retrouver du bien-être au travail passe inévitablement par le dialogue pour mettre en débat le travail et ses difficultés. Le manager n’est pas ici un élément à part, mais il peut être alors un levier de prévention et de santé au travail. Les sciences de gestion apportent de nouveaux éléments pour mieux comprendre ces situations. Quels sont les rapports entre les acteurs ? Quelles conséquences réelles pour les agents, y compris sur leur santé ? Redonner du pouvoir à agir et sauvegarder des espaces de discussions même informels paraît indispensable pour reconstruire les collectifs qui manquent tant aujourd’hui et restent l’une des clés du bien-être au travail.  Téléchargez le PDF du hors-série Acteurs publics


« Prioriser et cibler certaines campagnes de prévention »

Florence Foullon est médecin coordonnatrice nationale de la médecine de prévention du ministère de l’Intérieur

04/07/2018 | EXPERTISE

Au travers des 650 000 visites médicales de prévention que nous avons effectuées ces dix dernières années, pour les agents du ministère de l’Intérieur, nous avons une photographie assez précise de leur état de santé physique et psychique, de son évolution d’une année sur l’autre et sur le moyen terme. Notre photographie est très détaillée, car les visites sont approfondies en tenant compte de l’ensemble des risques professionnels recensés par rapport aux différents postes occupés par ces agents. Néanmoins, le baromètre est pour nous une initiative extrêmement intéressante, car sur certains points, il corrobore nos constats et sur d’autres non. Dans les deux cas, nous en tirons des conséquences : poursuivre ou accentuer notre attention sur les premiers, élargir notre champ de vigilance dans la seconde hypothèse. Cela permet ainsi de pointer du doigt des données pour rebondir en termes de prévention. Certaines données objectives détonnent parfois par rapport à des constatations réalisées à l’occasion d’une enquête interne ou de rapports d’activité que nous menons, ce qui renforce l’intérêt de ce travail. Nous profitons de cet état des lieux plus général réalisé par CSA pour le groupe Intériale, tout en conservant un esprit critique. Par exemple, les données sur l’alcool et l’usage de stupéfiants sont pour nous particulièrement sensibles et le travail de notre comité de pilotage permet de corriger certaines d’entre elles ou de poser des appréciations sur certains résultats. Cette vision globale sur l’ensemble des adhérents permet de faire ressortir le ressenti et les difficultés chez les policiers, mais aussi les agents de préfecture. Cette restitution peut également nous aider à prioriser certaines campagnes de prévention ou à mieux les cibler.  Ce baromètre est pour nous un outil d’écoute supplémentaire des agents. Nous sommes évidemment très attentifs aux attentes qui s’expriment à l’occasion de cette enquête. Comment la prévention est-elle perçue ? Quelles sont les attentes en termes de conseils et d’information ? Comment mieux les accompagner sur le terrain ? En tant que préventeur, je souhaite à l’avenir que l’on maintienne nos efforts pour la détection précoce des pathologies physiques et psychiques au travail et que l’on se penche plus concrètement sur les troubles musculo-squelettiques, troubles qui pourraient se multiplier sans la prévention. Nous nous attendons à une explosion dans ce domaine. Je pense particulièrement au milieu police, où les agents ont porté pendant des mois des gilets pare-balles et des équipements extrêmement lourds, à la suite des attentats. Je pense aussi aux pathologies cardio-vasculaires liées aux situations de stress et de traumatisme vécues, pour lesquelles nous devons travailler encore plus les messages de prévention et le dépistage. Cela ne concerne pas uniquement l’univers de la police. Globalement, la fatigue physique doit être mieux écoutée et prise en compte. Il ne faut pas désolidariser le corps et la tête ! J’insiste enfin sur les troubles de l’audition : entre les policiers qui font du tir, les motocyclistes autoroutiers qui sont de façon quasi permanente avec un casque et une radio sur les oreilles, et les standardistes, je pense que nous devons désormais nous mobiliser sur la prévention des troubles de l’audition, rappeler les bonnes pratiques en termes d’équipement de protection, tout en précisant que les dommages peuvent aussi être liés à un usage intensif du téléphone portable. Téléchargez le PDF du hors-série Acteurs publics


Colloque : Motivation et engagement des agents publics

Pascal Beaubat, président du groupe Intériale, a organisé, à l'occasion de la publication de l'édition 2018 des Baromètres santé et prévention d'Intériale réalisés par le C...

28/05/2018 | EXPERTISE

Pascal Beaubat, président du groupe Intériale, a organisé, à l'occasion de la publication de l'édition 2018 des Baromètres santé et prévention d'Intériale réalisés par le CSA à un colloque dédié à la Motivation et à l'engagement des agents publics organisé en partenariat avec Acteurs publics. Le sens de la mission, le sentiment d’utilité, l’autonomie, la reconnaissance et le soutien de la hiérarchie sont plébiscités par les fonctionnaires qui se déclarent satisfait à l’égard de leur travail. L’édition 2018 des Baromètres santé et prévention  Intériale - CSA confirme l’existence d’une réelle « motivation de service public ». Quelles sont les sources de leur engagement ? A cette occasion, plusieurs tables rondes ont été organisées pendant lesquelles personnalités institutionnelles, experts, universitaires sont intervenus. PROGRAMME 15h30 - Introduction par Sylvain Henry, rédacteur en chef d'Acteurs publics TV 15h35 - Mots d'accueil par Pascal Beaubat, président du groupe Intériale - Voir l'émission 15h40 - Invité d'honneur : Intervention en vidéo de Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat à la Fonction publique - Voir l'interview 15h45 - Présentation des résultats des baromètres CSA - Voir l'émission 16h00 - Analyse sur le thème du bonheur au travail avec Béatrix Jounault, directrice développement institutionnel de la Fabrique Spinoza - Voir l'émission 16h15 - Analyse sur le thème du bonheur au travail avec Pierre-Henri Vray, directeur de l'Institut régional d'administration de Lyon - Voir l'émission 16h30 - Débat entre Bénédicte Ravache, secrétaire générale de l'ANDRH (Association Nationale des DRH), Emilie Chalas, députée de l'Isère, Caroline Sordet, cheffe de la mission développement managérial du secrétariat général pour l’administration du ministère des Armées et Antonio Ramirez, Premier vice-président de la mutuelle So Lyon et ancien membre du conseil de surveillance des Hospices Civils de Lyon - Revivre le débat 17h45 - Analyse de Anita Friconnet, conseillère technique nationale pour le service social - Voir l'émission 17h45 - Conclusion par Pascal Beaubat, président du groupe Intériale - Voir l'émission   Téléchargez le PDF de l'étude


Économies et modernisation pour combler le trou de la Sécu

Le directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés a détaillé devant les membres du Club des acteurs de la Santé publique, le 16 novembre, les mesures qui ont permis de réduire fortement le déficit de la branche maladie.

20/09/2016 | EXPERTISE

En plein débat parlementaire sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2017, le directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) était l’invité du Club des acteurs de la Santé publique, le 16 novembre, pour détailler les mesures de redressement de la branche maladie. Avec un déficit prévu pour 2017 de 2,6 milliards d’euros, l’assurance maladie est en voie de guérison. Nicolas Revel reste toutefois prudent, rappelant que la branche maladie nécessite un pilotage très fin. Rien n’est plus imprévisible en effet que la dépense maladie même si, sur l’année, l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) doit être respecté… Le directeur général de la CNAMTS a souligné que cette réduction de déficit (5,8 milliards en 2015 ; 4,1 milliards prévus en 2016) était d’autant plus remarquable qu’elle a été possible sans mesures de déremboursement ni hausse des cotisations. Économies, modernisation, politique de prévention, mais aussi mise sous tension des hôpitaux ont permis ce résultat encourageant. Devant les membres du Club des acteurs de la Performance publique, Nicolas Revel a également évoqué le cycle de négociations qui a abouti à la signature d’un accord avec certains syndicats de médecins et qui se poursuit par la négociation avec les dentistes. Enfin, la question sensible des données de santé gérées par la CNAMTS a été abordée sans langue de bois par le directeur général, qui est revenu notamment sur les nouvelles dispositions prévues par la loi « Santé » de janvier 2016.


Télémédecine et territoires

Intériale Mutuelle, le Club de réflexion sur l’avenir de la protection sociale (Craps), et le docteur Pierre Simon, ancien président de l’Association nationale de télémédecine (SFT-Antel), organisent un colloque* sur ce sujet le 7 mars au Sénat à partir d’une étude conjointement réalisée, consacrée à la « perception de la télémédecine dans les territoires ».

01/03/2016 | EXPERTISE

Rencontre avec… Pascal Beaubat, président d’Intériale Mutuelle Pourquoi avoir réalisé cette étude sur la perception de la télémédecine dans les territoires ? La vocation d’une mutuelle comme la nôtre est d’aider à préserver le capital santé de nos adhérents et nous devons donc être en permanence à l’écoute de leurs attentes. C’est pourquoi nous les consultons régulièrement. Au sujet de la télémédecine, qui prend de plus en plus de place dans notre secteur, il était important de mesurer leur niveau de connaissance, l’usage qu’ils en font déjà et leurs attentes. C’est une évidence, nous avons en France un problème d’accès aux soins dans certains territoires, il faut y réfléchir et cette enquête va nous y aider. Vous expérimentez déjà une solution de télésanté avec la solution « Consult Station ». Quels sont les premier retours d’expérience ? Dans le cadre de notre stratégie d’innovation, nous nous sommes associés à la société française H4D et sa cabine de télésanté Consult Station. Cette solution vise à faciliter l’accès aux soins en luttant contre l’exclusion d’origine géographique ou sociale. Cette cabine permet un dépistage plus régulier des pathologies avec par exemple, des tests audio-visuels, d’hypertension ou bien de rythme cardiaque. Depuis janvier 2016, la cabine est installée dans une de nos agences à Paris et nos adhérents peuvent bénéficier d’un bilan santé ­gratuit en 10 minutes avec suivi anonyme, sécurisé et confidentiel. La consultation en visioconférence avec des médecins sera bientôt valable. Nous sommes persuadés qu’il s’agit d’une des solutions porteuses d’avenir pour les déserts médicaux et les zones de médecine tendues. L’innovation semble être une tradition chez Intériale… Notre démarche innovation date effectivement de plusieurs années. Elle est marquée par des projets concrets, positifs et accessibles au plus grand nombre. L’innovation doit sortir des laboratoires pour intégrer les foyers ou les lieux de travail de nos adhérents. Nous soutenons tout ce qui va dans ce sens. C’est ce que nous avons fait avec le projet de robot Kompaï pour l’assistance et le maintien à domicile, développé en partenariat avec l’hôpital Broca, l’association Robosoft et Inter-mutuelle-assistance. Ce robot, véritable « accompagnateur du quotidien » pour les personnes âgées en perte d’autonomie, permet de compenser certaines de leurs capacités fonctionnelles défaillantes, de lutter contre l’isolement en créant une présence, de sécuriser médicalement le maintien à domicile et de favoriser le contact avec le monde extérieur. Lorsque ce robot sera produit de façon industrielle, nous en ferons profiter nos adhérents les plus fragiles. *Inscription : colloquetelemedecine@interiale.fr La cabine connectée de télésanté Consult Station, lauréate du concours modial de l’innovation 2030.