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Les services publics ont rendez-vous avec la troisième révolution industrielle

27 févr. 2017, PAR
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Encore confidentiel en France, le concept d’État plateforme va réinventer les relations entre l’administration, les citoyens et les entreprises. Technologies et intelligence collective ouvrent la voie à une nouvelle génération de services publics plus performants, produits au sein d’écosystèmes public-privé inédits.

Nous sommes entrés dans l’ère de l’État plateforme, où chacun sera acteur d’une partie du bien public. En optimisant les ressources et les efforts, tout en créant de la valeur supplémentaire pour la société et le citoyen,  ces services publics innovants vont révolutionner le rôle de l’administration. Certes, leur émergence est encore timide en France, mais toutes les conditions sont réunies pour réussir cette transformation. 
Les logiques budgétaire et de qualité de services poussent au changement. Comme le rappelle la Cour des comptes dans son rapport, « les pouvoirs publics devront s’attacher résolument à améliorer l’efficience de la dépense publique ». Les mondes économique  et associatif sont prêts à accompagner cette mutation et à participer, à travers des formes de  collaborations inédites, à la production de ces services publics du 21 siècle1.  Les citoyens sont, quant à eux, demandeurs : 85% d’entre eux souhaitent des services publics notamment digitaux d’une qualité égale à l’univers commercial Enfin, les technologies sont disponibles. Robotique, intelligence artificielle, automatisation ou apprentissage automatique, l’accélération de l’innovation est spectaculaire et ouvre sans cesse de nouveaux horizons.
Les projets menés en Norvège et à Singapour sont révélateurs du formidable potentiel de l’État plateforme. Altinn est devenu le portail unique de communication entre l’administration norvégienne, les entreprises et les citoyens. À Singapour, la Trade National Plateform permettra l’échange d’informations et le développement de services innovants entre l’ensemble des acteurs publics et privés de la logistique et du transport. Mais ces deux pays voient plus loin. Ils veulent désormais inciter les agences publiques et les entreprises à créer de nouveaux services pour les citoyens.
Au-delà des gains de productivité et de qualité de services , l’État plateforme stimule la croissance. Sur les secteurs de l’emploi, du transport, de la santé, de l’aide aux personnes ou de la sécurité, de nouveaux modèles et usages, centrés sur les besoins des citoyens et de la société, vont réinventer la notion de service public. 
Encore faut-il adopter la bonne démarche.  Elle tient en trois étapes : dégager des marges d’efficience et d’investissement, développer de nouveaux services à partir de la base existante et inventer des services innovants. Des initiatives isolées comme le projet Terri@santé en Île-de-France (plateforme d’échanges pour renforcer la prévention et faciliter l'accès aux soins) ou l’Emploi Store de Pôle Emploi (portail en libre service offrant des applications liées à la recherche d’emploi) vont dans ce sens. Il est temps pour l’Etat d’aller plus loin et plus vite et d’entrer dans une logique de coproduction du bien public, en interaction avec l’écosystème économique, social, éducatif et de recherche et les citoyens eux-mêmes.

« Digital government: Great expectations, untapped potential », Accenture, 2016.

Hugues Tourel : Directeur Exécutif, Accenture Strategy, responsable Santé et Secteur public
hugues.tourel@accenture.com

Pour en savoir plushttps://www.accenture.com/fr-fr/insight-government-platform