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Transformation numérique de l’État : un scénario Cloud réaliste

1 févr. 2018, PAR
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La transformation numérique de l’État reste un enjeu de taille, auquel de nouvelles formes de cloud peuvent désormais répondre. Encore faut-il se déterminer sur le choix entre cloud public (« souverain » ou équivalent) et cloud privé. Le cloud public conviendra très certainement pour les données publiques en « open data ». Mais pour d’autres données, l’option de cloud hybride gagne du terrain car la partie des données classée confidentielle, devra rester « on premise », comme l’a récemment mentionné Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique.

Sollicitations extérieures et cloud « souverain »

Le cloud public reste une option intéressante à condition de demeurer dans un environnement franco-français, c’est à dire dans une forme nouvelle de « cloud souverain ». Dans ce contexte, le paiement à l’usage des services IT représente un atout réel pour les administrations. C’est ce que nous avons pu vérifier chez HPE, avec l’offre HPE GreenLake. Les services bénéficient de capacités IT directement accessibles, sans avoir à investir.

Des contraintes sociales internes

Sur le plan social, le recours à des ressources du cloud public suscite des craintes légitimes. Le scénario du cloud hybride permet aux responsables informatiques de garder la main sur leur infrastructure et donc de maintenir en poste les personnels en charge de l’exploitation pour au moins quelques années, le temps de faire progresser l’organisation vers le « tout-numérique ».

Scénario d’alternative au cloud public

Le cloud hybride avec une partie « privée », un socle unique supportant des pools de services, constitue donc une vraie alternative au cloud public pour les données à maintenir sur le territoire. Pour cette partie, dite « cloud souverain », il est possible de se tourner vers des partenaires comme par exemple AntemetA, Cheops Technology, Quadria ou SCC,  qui exploitent déjà des clouds publics en France. Ils ont, en outre, développé des plates-formes spécifiques comme SAP HANA, Oracle ou Salesforce.

Il devient ainsi possible de concevoir sur un socle unique universel, basé sur HPE Helion OpenStack, avec des catalogues de services pouvant être personnalisés par ministère. Ce principe d’un socle commun pour plusieurs administrations permet d’obtenir une réduction des coûts en diminuant le nombre de datacentres nécessaires. Ou bien de concevoir un débordement dans des clouds publics « souverains » ouvert à la concurrence. Un tel scénario introduit donc une approche « as a service, on premise » et préserve les ressources IT internes qui pourront être organisées en petites équipes en mode agile sur des projets « quick win ». L’image d’une réelle modernisation de l’État devient ainsi tangible et perceptible.

Deux scénarios face aux données à protéger :

• soit l’administration continue de faire évoluer ses applications existantes (« legacy ») selon un rythme de croissance limité au mieux à plus 10 ou 15 % sur deux ans, ce qui limite les initiatives de transformation ;

• soit l’administration accède à un mode agile en puisant dans des pools de ressources, à travers une architecture de cloud hybride. Dans ce cas, la gestion d’une partie des ressources informatiques (compute et stockage de certaines données) est confiée à un partenaire. Ce peut être notamment utile pour lancer des POC (proofs of concept) permettant de tester et valider rapidement de nouveaux projets. La facturation reposant sur la consommation des services, si les ressources ne sont plus utilisées, elles peuvent être restituées ou affectées à d’autres projets.

L’organisation tire ainsi parti de ces « pools de services » comme s’il s’agissait d’un cloud public, alors que les ressources restent « on premise ». Sans s’appuyer sur le cloud public, l’équipe IT gagne en réactivité et en élasticité. La voie est ainsi ouverte à de nouvelles applications s’appuyant, entre autres, sur les big data et l’intelligence artificielle, qui nécessitent d’importantes capacités de calcul.

par Gaël Menu, directeur « secteur public », Hewlett Packard Enterprise