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L’égalité femmes-hommes, un axe structurant pour transformer l'action publique

6 mars 2018, PAR
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Comme ailleurs, les femmes peinent à trouver leur place dans les instances de décision des mutuelles. Un mouvement de fond impliquant tous les acteurs apparaît nécessaire pour tendre réellement vers l’égalité.

Une nouvelle édition de la Journée internationale des droits des femmes se profile et devrait nourrir les débats sur la place des femmes dans notre société et dans la fonction publique. À l’heure où le président de la République en a fait une grande cause de son quinquennat, on sait les difficultés des femmes à s’engager, à évaluer la valeur de leur travail. On sait comment s’opèrent dans un couple les choix de mobilité professionnelle, surtout lorsqu’ils impliquent une mobilité géographique. Et dans la fonction publique, même si l’effort est désormais bien réel dans certains ministères, le chemin à parcourir reste long.

Il faut cependant savoir balayer devant sa porte : les mutuelles ne sont pas moins exemplaires ni moins concernées que d’autres. Du fait de leur spécificité de gestion démocratique, nos mutuelles sont dirigées par nos adhérents et nos instances doivent respecter des règles de parité qui s’appliquent depuis la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre hommes et femmes. Mais les faits sont têtus : comme ailleurs, les femmes peinent à trouver leur place dans les instances de décision des mutuelles. En 2016, elles accueillaient en moyenne 23 % de femmes.

Conscientes des écueils auxquels sont confrontées les femmes, la Mutualité et les mutuelles se mobilisent pour inciter les femmes à prendre des responsabilités : mentorat, structuration en réseau avec Mut’Elles, comme de nombreux ministères en sont déjà dotés avec par exemple, Femmes de l’Intérieur, Femmes de justice, Femmes de la défense, etc., développement de formations tout comme l’a annoncé le président de la République pour la fonction publique, etc.

Pour Intériale, le nombre de femmes parmi nos adhérents est à l’image de la fonction publique, des filières et des métiers que nous protégeons puisque c’est là que notre mutuelle puise sa réalité sociologique, c’est là que sont nos racines. Notre détermination devrait nous permettre de remplir l’objectif réglementaire d’intégrer 40 % de femmes d’ici 2021 dans nos instances. Mais un mouvement de fond, partagé et soutenu par tous les acteurs, y compris les employeurs publics apparaît nécessaire pour tendre réellement vers l’égalité entre les femmes et les hommes.

En février dernier, les discussions engagées à l’issue du premier comité interministériel de la transformation publique ont avancé vers l’établissement d’un nouveau contrat social avec les agents publics. La plus grande individualisation de la rémunération ou l’évolution de carrière sous forme de mobilité constituent autant de sujets qu’il serait opportun de traiter à l’aune de l’objectif d’égalité réelle. C’est d’autant plus nécessaire qu’un rapport de France Stratégie sur le coût économique des discriminations, en 2016, mettait en évidence les conséquences de l’éviction des femmes du marché du travail : c’est se couper de la moitié des talents que compte notre pays, c’est s’enfermer dans un entre-soi qu’aucun principe républicain ne saurait admettre et justifier.

Le chemin vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes s’inscrit dans un temps long. Il est essentiel pour y parvenir, que les réformes en discussion aujourd’hui donnent toute sa place à ce sujet. Les agents et les agentes sont nos adhérents et si dans un mouvement commun, nous montrons notre volonté de donner leur place aux femmes, nos chances de réussir ne seront que plus grandes.

Pascal Beaubat, président d'Intériale

Crédit photo : Fotolia/hobbitfoot - Zoran Milic