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Etre une mutuelle de référence pour les agents

4 sept. 2017, PAR
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Depuis le début de l’année, plusieurs ministères ont lancé des procédures pour le référencement de l’organisme qui aura la responsabilité de la protection sociale complémentaire de leurs agents. Quatre (bonnes) raisons pour regarder de plus près ce qui se passe du côté des mutuelles de la fonction publique.

Premièrement, par le biais du référencement, l’employeur définit un niveau de protection sociale complémentaire pour ses agents (complémentaire santé et prévoyance) et charge un ou plusieurs organismes de protection sociale de la mettre en œuvre. Cette gestion a lieu dans un cadre clair et transparent, avec des garanties en matière d’action sociale, de solidarité ou de contribution à la prévention santé. Ces appels d’offres devraient être le moment clé où les mutuelles font la preuve de leur capacité d’écoute des agents et d’adaptation aux attentes des décideurs publics, responsables RH et
de l’action sociale.

Deuxièmement, la plupart d’entre elles ont malheureusement préparé cette étape sous le seul angle de la solidité financière. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante : s’adosser à un groupe assurantiel, tout «mutualiste» qu’il se prétende, voire se regrouper dans des sociétés de gestion, dont l’objectif capitaliste est transparent vous garantit de continuer à exister. Mais cela ne vous sauve pas de la désaffection des agents, qui perçoivent bien la distance qui s’installe entre leur mutuelle et leurs besoins réels.

Troisièmement, le premier devoir d’une mutuelle, c’est la proximité. La mutuelle que je préside en a pris le parti depuis longtemps, avec davantage d’équipes sur le terrain auprès des adhérents du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales, des permanences, l’amélioration des services en ligne, des équipes formées à des situations complexes (cellule psychologique dédiée aux forces de l’ordre, suivi des malades chroniques et des ALD…). Chaque année, nous interrogeons nos adhérents sur leurs ­comportements et leurs besoins de santé pour adapter nos actions de prévention et notre politique d’innovation (services de télésanté…). Mais comment accepter qu’un agent public puisse renoncer à se soigner au motif qu’il n’en a pas les moyens ou qu’il n’est pas suffisamment couvert par sa complémentaire ? Être mutualiste, c’est placer l’engagement social et solidaire en premier. Nous l’avons démontré avec notre offre ACS, qui permet à chacun d’accéder à une protection sociale complémentaire de qualité à un moindre coût.

Quatrièmement et surtout, impossible de défendre ces valeurs sans indépendance. C’est ce qui garantit aux adhérents de rester « propriétaires » de leur mutuelle. Les décisions politiques et financières sont prises par une assemblée générale souveraine, désignée par les adhérents eux-mêmes. Afin de garantir la solidité financière de certains contrats, nous avons fait le choix d’un accord de réassurance préférentielle avec un leader mondial du secteur dont c’est le métier. Pour l’adhérent, c’est l’assurance qu’il ne peut pas y avoir de dysfonctionnement sur son contrat. Pour la mutuelle, c’est la garantie de l’indépendance et c’est un formidable accélérateur d’agilité.

Être une mutuelle de référence pour les agents publics, c’est avoir compris que les agents publics ont besoin d’un « filet de sécurité » social qui assure la solidarité, et que chaque métier a ses particularités qui justifient une protection adaptée.

Pascal Beaubat, président d’Intériale