Quantcast

Les enjeux économiques de l’innovation en santé

3 nov. 2017, PAR
  • 03
    MIN
Objets connectés de santé, télémédecine, médecine prédictive, big data, intelligence artificielle… 
L’essor des nouvelles technologies entraîne des mutations majeures pour les organismes de protection sociale, et en premier lieu pour les mutuelles.

Le financement de l’innovation en est un volet important, qu’on ne peut traiter uniquement sous le prisme d’une prise en charge par l’assurance maladie car elle exige une validation scientifique incontestable et un processus de mise en œuvre complexe dès lors qu’on souhaite une évolution de la nomenclature des actes par exemple. La définition d’une réelle politique en la matière s’impose à présent à l’ensemble des acteurs.

La Cour des comptes l’a d’ailleurs relevé dans son dernier rapport sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale. À propos de la télémédecine, la Cour invite les pouvoirs publics à proposer une stratégie d’ensemble cohérente, continue et méthodique devant s’inscrire dans le champ plus large de l’e-santé. La télémédecine est expérimentée depuis de nombreuses années en France. Elle est une réponse indéniable aux déserts médicaux, au renoncement aux soins et favorise leur accès là où les professions médicales sont en tension. Sa prise en charge doit être examinée au Parlement avant la fin de l’année.

Comme de nombreuses mutuelles et dans le respect des valeurs d’entraide et de solidarité qui l’animent, Intériale est soucieuse des apports de l’innovation pour ses adhérents. Nous avons mis en place des services de téléconsultation ou encore un deuxième avis en cas de maladie grave sur une plate-forme digitale. De cette manière nous facilitons l’accès à une expertise médicale et nous favorisons l’empowerment des adhérents : ils ont ainsi la possibilité de devenir davantage acteurs de leur santé. C’est également un moyen de lutter contre les inégalités de santé notamment liées 
aux territoires.

Tout au long de son histoire, la Mutualité a su concevoir des réponses adaptées favorables à la santé des individus : le développement de réseaux de soins, par exemple, participe à améliorer la prise en charge des adhérents. Autre exemple, les mutuelles sont nombreuses à être engagées auprès de start-up ou de laboratoires de recherche. Mais il apparaît nécessaire à présent de réfléchir de manière plus globale pour avancer ensemble, en concertation, et cela au bénéfice de tous nos adhérents.

L’innovation doit devenir un facteur de modernisation de notre système de santé auquel la Mutualité peut contribuer en réfléchissant notamment aux modalités de sa démocratisation. Ce sujet passe incontestablement par une réflexion sur son financement. Car la question du modèle économique est au cœur du sujet. On ne pourrait en effet se satisfaire d’un marché dans lequel cohabiteraient deux types de contrats et ainsi deux niveaux de prise en charge : ceux intégrant des innovations, destinés à des assurés pouvant les financer et ceux conçus pour des populations disposant de moyens moindres.

C’est tout l’enjeu des travaux de la commission « Innovation et nouvelles technologies » que j’ai le plaisir de coanimer avec Patrick Sagon, en vue du prochain congrès de la Mutualité. Une réflexion sur laquelle les pouvoirs publics et les adhérents trouveront toujours les mutuelles engagées à leurs côtés.

Pascal Beaubat, président d’Intériale.

 

Depuis le début de l’année, plusieurs ministères ont lancé des procédures pour le référencement de l’organisme qui aura la responsabilité de la protection sociale complémentaire de leurs agents. La mutuelle Intériale a été référencée par les ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la Culture, des Sports et également par le ministère de la Justice et le ministère des Armées.

Acteurs Publics