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Sondage exclusif : plus d’un Français sur deux a une mauvaise opinion de la fonction publique d’État

Il était utile, avant de demander leur sentiment aux Français sur les pistes de réforme concernant le statut des fonctionnaires, de s’interroger sur la cote d’amour de chacune des trois fonctions publiques. C’est la fonction publique hospitalière qui recueille le plus d’avis positifs : 86 % des personnes interrogées par l’Ifop pour Acteurs publics et EY en ont une opinion positive (pour 22 % d’entre elles, elle est même “très bonne”), un taux qui descend à 60 % quand on évoque la fonction publique territoriale, et à 46 % lorsqu’il s’agit de la fonction publique d’État. Si les personnels des hôpitaux bénéficient d’une bonne image auprès de toutes les catégories de la population, ceux des collectivités locales suscitent des réactions plus contrastées : ainsi, 71 % des proches de la gauche ont une opinion favorable de la fonction publique territoriale, contre 49 % des sympathisants de droite seulement.         Agrandir l'image Quand bien même celle que l’on rattache à l’État figure comme la plus mal aimée des fonctions publiques, différentes professions qui en dépendent jouissent d’une très bonne image auprès des Français. C’est le cas des militaires ou encore des personnels pénitentiaires (84 %), des douaniers (81 %) ainsi que des policiers et gendarmes (78 %). Attachement au statut de la fonction publique Invités à donner leur avis sur différentes pistes de réforme concernant la fonction publique, les Français interrogés s’accordent très majoritairement sur quelques options qui permettraient de flexibiliser son organisation et ses rapports avec le reste de la société. Ainsi, 89 % adhèrent à l’idée d’un développement des passerelles entre la fonction publique et le privé. Dans une logique assez proche, 81 % soutiennent une simplification du recours aux contractuels. S’ils sont très majoritairement prêts à ces évolutions, les interviewés se montrent, dans le même temps, fréquemment attachés à certaines caractéristiques fondamentales de la fonction publique : maintien d’un statut particulier, du concours comme voie privilégiée de recrutement des agents.                                                                 Agrandir l'image                                                                             Agrandir l'image Les réformes les plus radicales, ou les plus polémiques, sont parmi les moins soutenues par l’opinion, quand bien même on trouve systématiquement une majorité pour exprimer son adhésion. Il en va ainsi de l’idée de réserver le statut de la fonction publique aux missions régaliennes (64 % des interviewés sont d’accord avec cette proposition) ou encore de celle consistant à revenir sur la sécurité de l’emploi des fonctionnaires (60 % l’approuvent). Au final, les Français expriment un attachement fort à la fonction publique, notamment quand ils parviennent à en identifier concrètement l’apport pour la collectivité (il en va ainsi des professions de la santé ou de la sécurité, très bien jugées), tout en appelant de leurs vœux des réformes allant dans le sens d’un rapprochement de la fonction publique avec le salariat privé, dans le respect de certains principes essentiels garantissant l’égalité d’accès à la fonction publique et la neutralité dans son action.                                                                Agrandir l'image                                                                               Agrandir l'image Damien Philippot, directeur des études politiques au département “Opinion et stratégies d’entreprise” de l’Ifop  Sondage Acteurs publics/Ernst & Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques auprès d’un échantillon de 977 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 7 au 9 octobre 2014. L’expertise d’EY L’enjeu ne semble pas tant de supprimer le statut de la fonction publique que de l’adapter à l’évolution de ses missions. L’État est le premier employeur du pays. Avec les collectivités et les établissements hospitaliers, on pourrait, par provocation, dire que la sphère publique est la première entreprise de France. Mais une entreprise qui poursuit un double objet social : celui, très mis en avant actuellement, de créer les conditions de la croissance par des politiques efficaces d’éducation, de logement, de sécurité, ou d’investissement… et celui, tout aussi essentiel, d’assurer un modèle social réduisant les inégalités et garantissant la cohésion sociale. Pour accomplir ses missions, l’État dispose d’effectifs conséquents – 20 % des emplois – et de statuts spécifiques, dont la pertinence est régulièrement remise en question. Notre Observatoire témoigne de l’attachement des Français à la fois au statut (68 % des personnes interrogées) et à la neutralité qu’il garantit, et de leur volonté de le voir évoluer en le réservant aux missions régaliennes (64 %), en l’ouvrant au privé (89 %) et en le modernisant. De fait, l’enjeu ne semble pas tant de supprimer le statut de la fonction publique que de l’adapter à l’évolution de ses missions. Alors que le gouvernement a lancé une nouvelle revue des missions, le premier défi consiste à doter les administrations d’une véritable politique de gestion des ressources humaines capable de conduire une analyse de l’adéquation entre ressources-compétences et missions, d’impulser les adaptations requises (formation, mobilité, recrutement) et de développer une véritable réflexion prospective autour des métiers de demain. Le second défi consiste à améliorer les parcours – une priorité pour 85 % des sondés – pour passer d’une gestion d’effectifs à une gestion des carrières et des compétences. Il faut accompagner, par une gestion RH plus individualisée et par des formations régulières, les agents dans la construction progressive de compétences adaptées aux missions conduites, valorisant leur savoir-faire et garantissant leur performance. Il est ensuite indispensable d’assurer, grâce à la réduction des effectifs, des évolutions salariales encourageant l’engagement et la prise de responsabilité. L’accent doit enfin être mis sur la gestion de hauts potentiels formés dans les meilleures écoles de la République, mais qui quittent trop souvent prématurément le service public (gestion de vivier, diversité des parcours). Le troisième défi – plus difficile à relever en période de faible croissance et de réduction des effectifs publics – consiste à décloisonner. Décloisonner en interne pour favoriser les passerelles entre les trois fonctions publiques et au sein même de chacune d’entre elles. Avec un chantier à la fois réglementaire et managérial : la diversité des expériences doit être davantage encouragée, et doit même conditionner l’accès à certains postes de responsabilité. Mais pour 89 % des personnes interrogées, la première réforme à engager porte sur le décloisonnement externe et le développement de passerelles public-privé. Tout en restant attachés au concours, les Français en appellent à une plus grande fluidité entre ces deux composantes essentielles de la société : un accès plus simple aux emplois publics « génériques » pour lesquels les compétences attendues sont identiques à celles des emplois privés, une capacité du public à recourir à des expertises pointues venues du privé, et plus encore, une plus grande interpénétration de ces deux sphères pour un enrichissement mutuel. C’est une révolution des métiers qui doit s’engager. C’est par les femmes et les hommes que commence la modernisation de l’action publique. Arnauld Bertrand, associé EY responsable des activités secteur public Arnaud Lize, directeur EY en charge de l’offre de services RH publiques

31/10/2014 | ACTUALITÉ

Il était utile, avant de demander leur sentiment aux Français sur les pistes de réforme concernant le statut des fonctionnaires, de s’interroger sur la cote d’amour de chacune des trois fonctions publiques. C’est la fonction publique hospitalière qui recueille le plus d’avis positifs : 86 % des personnes interrogées par l’Ifop pour Acteurs publics et EY en ont une opinion positive (pour 22 % d’entre elles, elle est même “très bonne”), un taux qui descend à 60 % quand on évoque la fonction publique territoriale, et à 46 % lorsqu’il s’agit de la fonction publique d’État. Si les personnels des hôpitaux bénéficient d’une bonne image auprès de toutes les catégories de la population, ceux des collectivités locales suscitent des réactions plus contrastées : ainsi, 71 % des proches de la gauche ont une opinion favorable de la fonction publique territoriale, contre 49 % des sympathisants de droite seulement.         Agrandir l'image Quand bien même celle que l’on rattache à l’État figure comme la plus mal aimée des fonctions publiques, différentes professions qui en dépendent jouissent d’une très bonne image auprès des Français. C’est le cas des militaires ou encore des personnels pénitentiaires (84 %), des douaniers (81 %) ainsi que des policiers et gendarmes (78 %). Attachement au statut de la fonction publique Invités à donner leur avis sur différentes pistes de réforme concernant la fonction publique, les Français interrogés s’accordent très majoritairement sur quelques options qui permettraient de flexibiliser son organisation et ses rapports avec le reste de la société. Ainsi, 89 % adhèrent à l’idée d’un développement des passerelles entre la fonction publique et le privé. Dans une logique assez proche, 81 % soutiennent une simplification du recours aux contractuels. S’ils sont très majoritairement prêts à ces évolutions, les interviewés se montrent, dans le même temps, fréquemment attachés à certaines caractéristiques fondamentales de la fonction publique : maintien d’un statut particulier, du concours comme voie privilégiée de recrutement des agents.                                                                 Agrandir l'image                                                                             Agrandir l'image Les réformes les plus radicales, ou les plus polémiques, sont parmi les moins soutenues par l’opinion, quand bien même on trouve systématiquement une majorité pour exprimer son adhésion. Il en va ainsi de l’idée de réserver le statut de la fonction publique aux missions régaliennes (64 % des interviewés sont d’accord avec cette proposition) ou encore de celle consistant à revenir sur la sécurité de l’emploi des fonctionnaires (60 % l’approuvent). Au final, les Français expriment un attachement fort à la fonction publique, notamment quand ils parviennent à en identifier concrètement l’apport pour la collectivité (il en va ainsi des professions de la santé ou de la sécurité, très bien jugées), tout en appelant de leurs vœux des réformes allant dans le sens d’un rapprochement de la fonction publique avec le salariat privé, dans le respect de certains principes essentiels garantissant l’égalité d’accès à la fonction publique et la neutralité dans son action.                                                                Agrandir l'image                                                                               Agrandir l'image Damien Philippot, directeur des études politiques au département “Opinion et stratégies d’entreprise” de l’Ifop  Sondage Acteurs publics/Ernst & Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques auprès d’un échantillon de 977 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 7 au 9 octobre 2014. L’expertise d’EY L’enjeu ne semble pas tant de supprimer le statut de la fonction publique que de l’adapter à l’évolution de ses missions. L’État est le premier employeur du pays. Avec les collectivités et les établissements hospitaliers, on pourrait, par provocation, dire que la sphère publique est la première entreprise de France. Mais une entreprise qui poursuit un double objet social : celui, très mis en avant actuellement, de créer les conditions de la croissance par des politiques efficaces d’éducation, de logement, de sécurité, ou d’investissement… et celui, tout aussi essentiel, d’assurer un modèle social réduisant les inégalités et garantissant la cohésion sociale. Pour accomplir ses missions, l’État dispose d’effectifs conséquents – 20 % des emplois – et de statuts spécifiques, dont la pertinence est régulièrement remise en question. Notre Observatoire témoigne de l’attachement des Français à la fois au statut (68 % des personnes interrogées) et à la neutralité qu’il garantit, et de leur volonté de le voir évoluer en le réservant aux missions régaliennes (64 %), en l’ouvrant au privé (89 %) et en le modernisant. De fait, l’enjeu ne semble pas tant de supprimer le statut de la fonction publique que de l’adapter à l’évolution de ses missions. Alors que le gouvernement a lancé une nouvelle revue des missions, le premier défi consiste à doter les administrations d’une véritable politique de gestion des ressources humaines capable de conduire une analyse de l’adéquation entre ressources-compétences et missions, d’impulser les adaptations requises (formation, mobilité, recrutement) et de développer une véritable réflexion prospective autour des métiers de demain. Le second défi consiste à améliorer les parcours – une priorité pour 85 % des sondés – pour passer d’une gestion d’effectifs à une gestion des carrières et des compétences. Il faut accompagner, par une gestion RH plus individualisée et par des formations régulières, les agents dans la construction progressive de compétences adaptées aux missions conduites, valorisant leur savoir-faire et garantissant leur performance. Il est ensuite indispensable d’assurer, grâce à la réduction des effectifs, des évolutions salariales encourageant l’engagement et la prise de responsabilité. L’accent doit enfin être mis sur la gestion de hauts potentiels formés dans les meilleures écoles de la République, mais qui quittent trop souvent prématurément le service public (gestion de vivier, diversité des parcours). Le troisième défi – plus difficile à relever en période de faible croissance et de réduction des effectifs publics – consiste à décloisonner. Décloisonner en interne pour favoriser les passerelles entre les trois fonctions publiques et au sein même de chacune d’entre elles. Avec un chantier à la fois réglementaire et managérial : la diversité des expériences doit être davantage encouragée, et doit même conditionner l’accès à certains postes de responsabilité. Mais pour 89 % des personnes interrogées, la première réforme à engager porte sur le décloisonnement externe et le développement de passerelles public-privé. Tout en restant attachés au concours, les Français en appellent à une plus grande fluidité entre ces deux composantes essentielles de la société : un accès plus simple aux emplois publics « génériques » pour lesquels les compétences attendues sont identiques à celles des emplois privés, une capacité du public à recourir à des expertises pointues venues du privé, et plus encore, une plus grande interpénétration de ces deux sphères pour un enrichissement mutuel. C’est une révolution des métiers qui doit s’engager. C’est par les femmes et les hommes que commence la modernisation de l’action publique. Arnauld Bertrand, associé EY responsable des activités secteur public Arnaud Lize, directeur EY en charge de l’offre de services RH publiques

Bras de fer entre Sénat et gouvernement sur la réforme territoriale

Le Sénat a adopté dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 octobre une carte de 15 régions métropolitaines, rétablissant contre l'avis du gouvernement l'autonomie de l'Alsace, du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, alors que l'Assemblée nationale avait voté cet été une carte de 13 régions. A l'occasion de l'examen en seconde lecture du premier texte de la réforme territoriale, 175 sénateurs, principalement UMP, centristes, et RDSE (à majorité PRG), ont voté pour cette carte redessinée par leur commission spéciale, alors que 33 ont voté contre, dont les communistes. Les écologistes et l'ensemble du PS se sont abstenus. En revanche, le Sénat a refusé à une voix près le maintien d'une région Nord/Pas-de-Calais séparée, allant dans le sens du gouvernement et de l'Assemblée qui veulent la voir fusionner avec la Picardie. La carte votée par le Sénat sera à nouveau soumise à l'Assemblée nationale, qui pourrait bien revenir à sa version de 13 régions. "Nous avons besoin de clarté et (...) la carte votée à l'Assemblée a ce mérite", avait souligné le Premier ministre Manuel Valls dans une déclaration avant le début de l'examen du texte. "Je vous laisse en débattre. Mais 12 régions hexagonales, quel changement!" s'est-il exclamé. Ce chiffre ne prend en compte que les régions continentales, hors Corse et outremer. Les sénateurs ont rejeté en séance un amendement déposé par des élus UMP de Lorraine comme Gérard Longuet, mais aussi par François Baroin (Aube), qui visait à rétablir une grande région Alsace-Champagne Ardenne-Lorraine par 219 voix contre 117. La grande majorité de la droite et du centre a voté contre cet amendement déposé pourtant par des sénateurs UMP, tandis qu'à l'inverse, la plupart des socialistes ont voté pour. La taille d'une région "ne fait rien à l'affaire", a dit le chef des sénateurs UMP Bruno Retailleau pour défendre l'autonomie de l'Alsace. "Pourquoi contraindre les élus, à l'opposé de la volonté exprimée par référendum?", a-t-il demandé. "L'identité n'est pas contradictoire avec l'altérité", lui a répondu le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve pour défendre la fusion. Les sénateurs ont ensuite repoussé par 217 voix contre 123 des amendements voulant rétablir la fusion Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées prévue par l'Assemblée. Une future région Centre-Val de Loire "L'addition des forces favorisera le développement harmonieux des territoires et notamment économique en constituant un bloc de six millions d'habitants, et le douzième PIB européen, basé sur la complémentarité entre Toulouse et Montpellier et la Méditerranée", a plaidé Roland Courteau (Aude, PS). Pour Jean-Pierre Grand (Hérault, UMP), partisan de la fusion, "rien ne justifie que le Languedoc-Roussillon reste une région isolée au moment où les autres fusionnent". Mais il n'a pas été suivi par ses collègues UMP qui ont voté contre, ainsi que les centristes et à gauche les communistes et le RDSE (à majorité PRG). Seuls les socialistes et les écologistes ont voté pour. Le vote a été plus serré sur des amendements présentés par des sénateurs du Nord/Pas-de-Calais, tant socialistes que centristes, pour refuser la fusion entre leur région et la Picardie, votée par l'Assemblée et approuvée par la commission sénatoriale. Déçus par ce résultat alors que leur groupe s'était engagé à les soutenir, les sénateurs PS du Nord/Pas-de-Calais ont quitté la séance en signe de mécontentement. Le Sénat a validé l'ensemble des propositions de sa commission, notamment d'appeler la région Centre la région Centre-Val de Loire. Il a autorisé deux départements à fusionner à condition d'obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés dans chaque assemblée départementale, et assoupli les conditions de changement de région pour un département, le droit d'option. Enfin, le Sénat a approuvé la date des élections départementales proposées par le gouvernement, les 22 et 29 mars 2015. Le gouvernement doit présenter au Sénat avant la fin de l'année un deuxième texte sur la réforme territoriale, portant cette fois sur les compétences. En juillet, le Sénat, alors à gauche, avait rendu copie blanche en première lecture. Il était passé à droite lors de son renouvellement par moitié fin septembre.

31/10/2014 | ACTUALITÉ

Le Sénat a adopté dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 octobre une carte de 15 régions métropolitaines, rétablissant contre l'avis du gouvernement l'autonomie de l'Alsace, du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, alors que l'Assemblée nationale avait voté cet été une carte de 13 régions. A l'occasion de l'examen en seconde lecture du premier texte de la réforme territoriale, 175 sénateurs, principalement UMP, centristes, et RDSE (à majorité PRG), ont voté pour cette carte redessinée par leur commission spéciale, alors que 33 ont voté contre, dont les communistes. Les écologistes et l'ensemble du PS se sont abstenus. En revanche, le Sénat a refusé à une voix près le maintien d'une région Nord/Pas-de-Calais séparée, allant dans le sens du gouvernement et de l'Assemblée qui veulent la voir fusionner avec la Picardie. La carte votée par le Sénat sera à nouveau soumise à l'Assemblée nationale, qui pourrait bien revenir à sa version de 13 régions. "Nous avons besoin de clarté et (...) la carte votée à l'Assemblée a ce mérite", avait souligné le Premier ministre Manuel Valls dans une déclaration avant le début de l'examen du texte. "Je vous laisse en débattre. Mais 12 régions hexagonales, quel changement!" s'est-il exclamé. Ce chiffre ne prend en compte que les régions continentales, hors Corse et outremer. Les sénateurs ont rejeté en séance un amendement déposé par des élus UMP de Lorraine comme Gérard Longuet, mais aussi par François Baroin (Aube), qui visait à rétablir une grande région Alsace-Champagne Ardenne-Lorraine par 219 voix contre 117. La grande majorité de la droite et du centre a voté contre cet amendement déposé pourtant par des sénateurs UMP, tandis qu'à l'inverse, la plupart des socialistes ont voté pour. La taille d'une région "ne fait rien à l'affaire", a dit le chef des sénateurs UMP Bruno Retailleau pour défendre l'autonomie de l'Alsace. "Pourquoi contraindre les élus, à l'opposé de la volonté exprimée par référendum?", a-t-il demandé. "L'identité n'est pas contradictoire avec l'altérité", lui a répondu le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve pour défendre la fusion. Les sénateurs ont ensuite repoussé par 217 voix contre 123 des amendements voulant rétablir la fusion Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées prévue par l'Assemblée. Une future région Centre-Val de Loire "L'addition des forces favorisera le développement harmonieux des territoires et notamment économique en constituant un bloc de six millions d'habitants, et le douzième PIB européen, basé sur la complémentarité entre Toulouse et Montpellier et la Méditerranée", a plaidé Roland Courteau (Aude, PS). Pour Jean-Pierre Grand (Hérault, UMP), partisan de la fusion, "rien ne justifie que le Languedoc-Roussillon reste une région isolée au moment où les autres fusionnent". Mais il n'a pas été suivi par ses collègues UMP qui ont voté contre, ainsi que les centristes et à gauche les communistes et le RDSE (à majorité PRG). Seuls les socialistes et les écologistes ont voté pour. Le vote a été plus serré sur des amendements présentés par des sénateurs du Nord/Pas-de-Calais, tant socialistes que centristes, pour refuser la fusion entre leur région et la Picardie, votée par l'Assemblée et approuvée par la commission sénatoriale. Déçus par ce résultat alors que leur groupe s'était engagé à les soutenir, les sénateurs PS du Nord/Pas-de-Calais ont quitté la séance en signe de mécontentement. Le Sénat a validé l'ensemble des propositions de sa commission, notamment d'appeler la région Centre la région Centre-Val de Loire. Il a autorisé deux départements à fusionner à condition d'obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés dans chaque assemblée départementale, et assoupli les conditions de changement de région pour un département, le droit d'option. Enfin, le Sénat a approuvé la date des élections départementales proposées par le gouvernement, les 22 et 29 mars 2015. Le gouvernement doit présenter au Sénat avant la fin de l'année un deuxième texte sur la réforme territoriale, portant cette fois sur les compétences. En juillet, le Sénat, alors à gauche, avait rendu copie blanche en première lecture. Il était passé à droite lors de son renouvellement par moitié fin septembre.

Rythmes scolaires : le fonds d'amorçage prolongé en 2015-2016

L'Assemblée nationale a voté le 30 octobre la poursuite au même niveau en 2015-2016 des aides aux communes pour la mise en oeuvre de la réforme des rythmes scolaires, dans les écoles publiques ou privées sous contrat. Les aides seront conditionnées à la conclusion d'un « projet éducatif territorial »

31/10/2014 | ACTUALITÉ

Alors que la suppression du fonds prévu pour aider les communes à mettre en place les nouveaux rythmes scolaires était dans les tuyaux, les députés ont décidé de proroger le dispositif au même niveau en 2015-2016 avec l'assentiment du gouvernement. Face aux critiques de l'ensemble des associations d'élus sur le coût de cette réforme, dans un contexte de baisse des dotations aux collectivités, le Premier ministre Manuel Valls avait indiqué lors de son intervention au Sénat le 28 octobre que le gouvernement soutiendrait des amendements de la gauche au projet de budget de l'Etat afin de maintenir le fonds d'amorçage "à son niveau actuel" (cliquez ici pour consulter notre article "Valls et la réforme territoriale, un virage apprécié par les élus locaux"). Donc acte. Les aides seront toutefois conditionnées à la conclusion par les communes d'un "projet éducatif territorial", afin que le fonds ne finance pas une simple "garderie" pour les enfants, en vertu de ces amendements identiques des socialistes, radicaux de gauche et écologistes. 300 millions d'euros d'aides La réforme des rythmes scolaires, avec le retour à la semaine de 4,5 jours dans le primaire, prévoit en effet que les maires mettent en place les activités périscolaires pour les rendre accessibles aux milieux populaires. François Hollande avait laissé les communes choisir de mettre en place la réforme en 2013 ou 2014. Un fonds d'amorçage avait été débloqué pour les communes qui sautaient le pas dès 2013: 50 euros annuels par enfant auxquels s'ajoutent 40 euros pour les communes en zone rurale ou urbaine sensible. S'y ajoutent 53 euros de la Caisse d'allocations familiales si les communes organisent les activités culturelles, artistiques ou sportives. Ces aides ont été reconduites en 2014. Pour 2015, initialement seules les "communes les plus fragiles" devaient percevoir la part majorée de 40 euros, pour un coût global de 100 millions d'euros. Celle-ci demeure mais de surcroît, par le vote de jeudi, toutes les communes pourront continuer de toucher l'aide de base de 50 euros, soit un surcoût de 300 millions d'euros. Des députés UMP se sont interrogés sur la provenance de ces fonds et ont déploré une aide "insuffisante, pas pérenne et conditionnée", alors qu'ils évaluent le coût des activités périscolaires entre 180 et 200 euros par an et par élève. Budget à 47 milliards d'euros Le chef de file des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, en a aussi appelé à une "réévaluation" du fonds d'amorçage qui selon lui devrait s'appeler "fonds d'accompagnement" car "les préliminaires même en matière éducative ne peuvent pas durer trop longtemps". Pour sa part, la rapporteur générale du Budget, Valérie Rabault (PS), a défendu sans succès un amendement visant à ce que les inspections d'académie accompagnent les petites communes dans l'élaboration de leur "projet éducatif territorial", faute de quoi, selon elle, "90% des communes rurales" seront exclues. La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a promis une circulaire pour offrir de la "souplesse". L'Assemblée a adopté globalement le projet de budget de l'enseignement scolaire pour 2015, qui s'élève à 47,4 milliards d'euros (66,4 milliards avec les pensions) et qui, en hausse de 1,1 milliard, redevient le premier budget devant le service de la dette. Socialistes, radicaux de gauche et écologistes ont voté pour, le Front de gauche s'est abstenu tandis qu'UMP et UDI se sont prononcés contre.


Ebola, un défi de santé publique pour toute l’Afrique

La vétusté des structures de santé, le manque de personnel formé, l’indigence des politiques de santé publique en Afrique ou encore le manque de réactivité initial de la communauté internationale ont facilité l’expansion du virus Ebola. Mais l’heure du traitement de choc contre l’épidémie a sonné. Comme au Sénégal et au Nigeria.

31/10/2014 | ACTUALITÉ

Le cap des 10 000 malades infectés par le virus Ebola est franchi en Afrique. Parmi eux, 4 900 ont succombé à la fièvre hémorragique. C’est le dernier bilan sur l’avancée de l’épidémie établi le 23 octobre à Genève par le comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Réuni pour la troisième fois depuis août, il a demandé sans surprise que “l’état d’urgence sanitaire mondial” reste en place, tandis que la situation dans les 3 pays les plus touchés d’Afrique de l’Ouest – la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia – demeure “très inquiétante”. En tournée sur le continent africain, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a enfoncé le clou, le 28 octobre : “La transmission du virus continue à prendre de vitesse la mobilisation de la communauté internationale.” “Nous avons besoin d’urgence que davantage d’équipes médicales étrangères formées se déploient dans la région. Nous allons avoir besoin d’un flux continu d’au moins 5 000 personnels de santé”, a complété, au cours de la même tournée, Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale. Face au virus Ebola, s’est-il inquiété, “nous sommes en train de perdre la bataille”, faute de solidarité internationale suffisante. Jusqu’où s’étendra la plus grave épidémie de cette fièvre hémorragique, identifiée en 1976 à Yambuku, en République démocratique du Congo, près de la rivière Ebola, qui lui a donné son nom ? Difficile à dire. Surtout que le virus a connu des baisses progressives du nombre de cas, puis de brusques recrudescences de malades. Nombreux cas non recensés Dans une étude publiée fin septembre par le New England Journal of Medicine, l’OMS affirme que sans aucun changement dans les mesures de contrôle de l’épidémie, plus de 20 000 personnes seront infectées par Ebola début novembre. “Nous sommes dans une troisième phase de croissance de l’épidémie, qui est explosive”, justifie Christopher Dye, l’un des coauteurs de l’étude et directeur de la stratégie à l’OMS. Et l’organisation n’est pas la plus pessimiste. Aux États-Unis, les centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) redoutent que le virus Ebola touche 550 000 à 1,4 million de personnes, rien qu’au Liberia et en Sierra Leone, d’ici la fin janvier, notamment parce que de nombreux cas ne sont pas recensés. Pourtant, sur l’échelle de la contagion, Ebola n’est pas le virus le plus virulent. Il est par exemple vingt fois moins contagieux que la rougeole. Et à lui seul, le paludisme tue 1 500 enfants par jour. De plus Ebola est très fragile. Sa durée de vie à l’air libre n’est que de quelques heures et des désinfectants classiques comme l’eau de javel l’éliminent facilement. Or en Afrique de l’Ouest, Ebola tue 70 % des personnes infectées. “La vitesse est capitale dans cette crise”, déclarait récemment Denise Brown, directrice pour l’Afrique de l’Ouest du Programme alimentaire mondial (PAM). Pourtant, le virus s’est propagé sans grande opposition. La première victime a été infectée en Guinée forestière fin 2013, selon Médecins sans frontières, après être entrée en contact avec un animal malade ou porteur du virus (singe, porc-épic, antilope, chauve-souris…). Depuis, Ebola a sauté les frontières. La faiblesse des systèmes de santé des pays touchés et le manque de mobilisation de la communauté internationale au départ ont facilité l’expansion du virus. Déserts médicaux Selon un rapport interne de l’OMS sur son action en Afrique de l’Ouest, que s’est procuré l’agence Associated Press, le 24 octobre, les experts de l’organisation onusienne auraient dû comprendre que les méthodes traditionnelles pour freiner une telle épidémie seraient inefficaces dans une région aux frontières poreuses et où les systèmes de santé sont fragiles. L’OMS reconnaît aussi que “sa propre bureaucratie a été problématique”. Des directeurs nationaux de l’OMS en Afrique sont ainsi issus de “nominations politiques” qui échappent à la hiérarchie de l’agence. Les pays d’Afrique subsaharienne sont par ailleurs inégalement armés pour combattre Ebola. De nombreuses régions sont des déserts médicaux. Ce n’est pas un hasard si le virus s’est rapidement répandu en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, des pays parmi les plus pauvres d’Afrique de l’Ouest, toujours affaiblis par des périodes de forte instabilité ou de guerres civiles. Leurs structures de soins sont vétustes et dévastées par des années de conflits. Au déficit d’infrastructures, à la déficience des politiques de santé publique, s’ajoute le manque de personnel formé. L’exode d’Afrique des étudiants en médecine ou des élèves infirmiers a pénalisé le continent. Les pays les plus affectés ne comptent ainsi qu’un médecin pour 100 000 habitants. “Les pénuries de personnel de santé ont été un facteur majeur de l’épidémie actuelle d’Ebola”, souligne l’OMS. “L’épidémie d’Ebola a mis en lumière la nécessité de renforcer les systèmes de santé des pays ouest-africains… Il est essentiel de réduire le temps d’identification des agents pathogènes et de foyers potentiels de l’épidémie afin de prendre les mesures de prévention nécessaires pour contenir l’épidémie et protéger les populations”, résume un document de la Fondation Mérieux, qui s’implique dans la lutte contre Ebola à travers le programme des Réseaux d’Afrique de l’Ouest des laboratoires d’analyses biologiques (Resolab). Un seul laboratoire antivirus de haute sécurité Seuls l’Afrique du Sud, le Kenya, la Côte d’Ivoire, le Nigeria ou le Sénégal possèdent des pôles régionaux pourvus d’hôpitaux et de laboratoires spécialisés. Et ce n’est donc pas un hasard non plus si le Sénégal et le Nigeria ont vaincu (provisoirement ?) le virus sur leur sol. Pays le mieux armé, l’Afrique du Sud dispose de 11 hôpitaux publics capables d’accueillir les malades d’Ebola ainsi que du seul laboratoire antivirus de haute sécurité du continent, assure Lucille Blumberg, directrice adjointe de l’Institut national des maladies transmissibles (NICD). Bref, l’Afrique ne vaincra pas seule la plus grave épidémie d’Ebola. Et à cause de cas de contamination survenus hors d’Afrique (États-Unis, Espagne), les pays développés, inquiets, ont fini par sonner la mobilisation face à une question “d’urgence sanitaire planétaire”. Conséquence ? Un sujet qui n’intéressait qu’une poignée de chercheurs est devenu un enjeu majeur pour la recherche mondiale. Les premières avancées dans la détection et le diagnostic n’ont pas tardé. Le 21 octobre, des chercheurs français du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ont validé un test de diagnostic rapide, conçu dans le laboratoire de haute sécurité microbiologique P4 Inserm-Jean Mérieux, à Lyon. De la taille d’un briquet, ce test décèle la maladie en 15 minutes à partir d’une goutte de sang, de plasma ou d’urine. Au Kenya, une application téléphonique, conçue autour d’un système de cartographie et réunissant IBM, les opérateurs de téléphonie et des universitaires, doit permettre de localiser les cas d’infection. En phase de test, elle permet “de détecter des régions spécifiques où le nombre de cas suspects d’Ebola augmente et où, en conséquence, il y a un besoin urgent de savon, d’électricité, ou encore d’une collecte rapide de cadavres et d’enterrements”, a expliqué dans un communiqué Uyi Stewart, responsable de la recherche Afrique pour IBM. Course aux traitements et au vaccin Depuis la découverte d’Ebola, en 1976, les épidémies étaient restées confinées dans des villages très réculés. Cette nouvelle irruption du virus, la plus grave, suscite désormais l’intérêt commercial des laboratoires pharmaceutiques pour élaborer des traitements et des vaccins. L’Américain Mapp Biopharmaceutical, avec le Zmapp, son homologue Chimerix et son Brincidofovir, la molécule canadienne TKM-Ebola et le japonais Toyama Chemical, avec l’Avigan, sont aux avant-postes pour le développement de traitements. En France, plusieurs laboratoires travaillent sur la sérothérapie, qui consiste à isoler les anticorps du plasma de patients guéris ou d’animaux. Le service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard ou le Centre international de recherche en infectiologie (Ciri), à Lyon, sont par exemple mobilisés. Enfin, le 24 octobre, la directrice générale adjointe de l’OMS, chargée des systèmes de santé et de l’innovation, Marie-Paule Kieny, a annoncé la distribution en Afrique des 200 000 premières doses de vaccin contre Ebola au cours du premier semestre 2015. Et table sur 1 milion d’ici la fin de l’an prochain. Dérogeant aux essais cliniques traditionnels, des vaccins sont déjà en test aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Mali, où un premier cas de contamination a été officiellement enregistré le 23 octobre. Les tests devraient être étendus à tous les pays d’Afrique touchés par le virus d’ici décembre. Coût de 32 milliards de dollars pour l’Afrique “Nous mettons en œuvre en quelques semaines un processus qui prend généralement plusieurs années mais nous veillons à ce que l’innocuité reste la première des priorités, la seconde étant, immédiatement après, la vitesse et la capacité de production”, a précisé Marie-Paule Kieny. Deux vaccins pourraient être distribués en Afrique début 2015 avec l’aval de l’OMS, celui du britannique GlaxoSmithKline et celui de l’Agence de la santé publique du Canada. Dans cette course contre la montre, le gouvernement canadien a pris une longueur d’avance en livrant 800 doses à l’OMS le 20 octobre. Mais pour élaborer une riposte véritablement efficace, il manque des fonds. Sur les 988 millions de dollars requis auprès des États par les Nations unies pour éradiquer Ebola, l’organisation n’a perçu à ce jour que 377 millions de dollars. À titre de comparaison, la Banque mondiale a calculé que les dégâts de l’épidémie pourraient coûter 32 milliards de dollars à l’Afrique.   Questions sur l’action de la France Indifférente, la France ? Accusée de n’avoir débloqué que 6 millions d’euros pour l’installation d’un premier centre de traitement en Guinée, la France s’est sentie obligée de réagir, le 28 octobre, par l’intérmédiaire du porte-parole du Quai d’Orsay. “Le président de la République a annoncé que l’ensemble des financements mobilisés pour lutter contre l’épidémie d’Ebola s’élevait à 100 millions d’euros. Cela inclut l’aide bilatérale et multilatérale. L’aide que nous apportons est mise en place aussi vite que possible. J’ai indiqué hier que 30 formateurs français étaient arrivés en Guinée le 26 octobre pour contribuer à former 200 personnels des unités de la protection civile guinéenne”, a-t-il précisé. Au 1er octobre, la France, qui compte, avec le professeur Jean-François Delfraissy, un coordonnateur interministériel de la lutte contre Ebola, a engagé 75 millions d’euros. La moitié est consacrée à des aides sur le terrain. Ainsi, 12 millions d’euros seront alloués à la mise en place et à la gestion, avec la Croix-Rouge et Médecins sans frontières, d’un centre de traitement Ebola en Guinée forestière. Cette enveloppe comprend aussi la création d’un futur centre de l’Institut Pasteur à Conakry, l’envoi d’experts de santé, la fourniture d’équipements médicaux et de protection en Guinée, ainsi que l’aide au financement de plans de pévention contre l’épidémie dans les pays voisins, dont la Côte d’Ivoire, et le renforcement des moyens des laboratoires dans 7 pays d’Afrique de l’Ouest. Les autres 35 millions d’euros seront alloués aux structures internationales, par le détachement d’experts auprès d’équipes de l’ONU ou de l’OMS. Ils se matérialiseront également comme la contribution de la France aux programmes de la Commission européenne, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement dans la lutte contre Ebola.    


NOMINATIONS

Fleur Pellerin va changer de dircab'

La ministre de la Culture et de la Communication va nommer le 17 novembre à la tête de son cabinet l'un de ses anciens collègues de la Cour des comptes, notamment spécialiste du numérique.

31/10/2014 | NOMINATION FRANCE

La ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, vient de décider de changer de directeur de cabinet. Martin Ajdari, nommé quelques mois avant le départ d'Aurélie Filippetti, et que Fleur Pellerin avait maintenu après sa promotion rue de Valois en août, va finalement quitter son poste et sera remplacé le 17 novembre par le magistrat de la Cour des comptes Fabrice Bakhouche. Un énarque au profil éclectique que la ministre connaît bien pour avoir été sa voisine de bureau à la Cour des comptes, grand corps de l’État dont elle est également issue. Pendant les deux premières années du quinquennat de François Hollande, les deux magistrats ont suivi un dossier commun : le numérique. Lui en tant que conseiller technique de Jean-Marc Ayrault à Matignon, elle en tant que ministre à Bercy. Fabrice Bakhouche avait décidé de quitter l'équipe Ayrault quelques semaines avant les municipales de mars dernier pour effectuer une mobilité à l'international au sein du gouvernement Renzi dans le cadre de la la présidence italienne de l’Union européenne. Il était depuis le printemps affecté au cabinet de Pier Carlo Padoan, le ministre de l’Économie – ancien chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’un des rares techniciens de l’équipe Renzi –, et travaillait aux propositions que sera amenée à faire la présidence italienne dans le domaine du financement de l’économie et des PME. Fabrice Bakhouche s'était laissé tenter par cette aventure italienne autant pour des raisons familiales que pour de solides convictions politiques pro-européennes. En rejoignant Rome, ce Montpelliérain entendait aussi consolider l’une des deux dominantes – l’international – qu’il entend donner à sa carrière. Des débuts au quai d'Orsay Car au départ, cet ancien fonctionnaire du Quai d’Orsay se destinait plutôt à la diplomatie. Le concours de secrétaire des affaires étrangères en poche en 1998, Fabrice Bakhouche a fait ses premières armes à la direction des Amériques et des Caraïbes. La réussite au concours de l’ENA et un bon classement à la sortie le conduisent rue Cambon, avant une première mobilité à Bercy comme chef du bureau « La Poste et France Télécom » à l’Agence des participations de l’État, dirigée à l’époque par Bruno Bézard. En 2011, le nouveau patron de l’Agence France-Presse, Emmanuel Hoog, en fait son numéro deux et lui confie les finances, les relations avec les pouvoirs publics et la Commission européenne, ainsi que le développement de nouveaux produits. Avec des débuts un peu difficile comme la motion de défiance infligée à la direction de l’AFP par le personnel, en réaction au projet de modification du statut de l’agence, vieux serpent de mer de cette entreprise depuis toujours plongée dans des relations compliquées avec l’État. L’alternance de mai 2012 a écourté cette expérience. Il est ainsi appelé comme conseiller technique chargé des médias et de l’économie numérique au cabinet du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Martin Ajdari, un spécialiste de la Culture Rue de Valois, Fabrice Bakhouche succédera à Martin Ajdari, énarque lui aussi. Rien n'a filtré sur les raisons de son départ ni sur le nouveau poste qu'il pourrait prendre. Ce haut fonctionnaire s'était porté candidat à la présidence de Radio-France l'hiver dernier. Une maison dont il a été le directeur général délégué de 2004 à 2009. Mais Mathieu Gallet l'avait finalement emporté. Martin Ajdari dispose d'une solide expérience dans le milieu de la culture. Il a notamment exercé en tant que directeur général délégué à la gestion, aux finances et aux moyens, puis secrétaire général, directeur général délégué aux ressources de France Télévisions, entre 2010 et 2014. Il a également été le directeur adjoint de l’Opéra national de Paris entre 2009 et 2010.


Bientôt un nouveau «SG» adjoint à l’Élysée

Le recrutement d'un nouveau sera secrétaire général adjoint de la présidence de la République sera validé une fois que l'actuel titulaire du poste, Nicolas Revel, aura vu sa nomination confirmée à la tête de la Caisse d'Assurance maladie.

31/10/2014 | NOMINATION FRANCE

Boris Vallaud, ancien directeur du cabinet d'Arnaud Montebourg à Bercy, devrait succéder à Nicolas Revel comme secrétaire général adjoint de l’Élysée si ce dernier prend les rênes de la Caisse d'Assurance maladie, a-t-on appris vendredi 31 octobre de source proche du dossier, confirmant une information de Libération. Le magistrat de la Cour des comptes, Nicolas Revel, 48 ans, devrait prendre les rênes de la Caisse d'Assurance maladie à partir de la mi-novembre, en remplacement de Frédéric Van Roekeghem, sur propositions des ministres Marisol Touraine et Michel Sapin. Le Conseil de la Cnam doit se réunir le 6 novembre. Consulté pour avis, il a toutefois la possibilité de s'opposer à ce choix à la majorité des deux tiers. Boris Vallaud, 39 ans, par ailleurs époux de la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, a dirigé le cabinet d'Arnaud Montebourg jusqu'à l'éviction de ce dernier du gouvernement fin août. L'élu de Saône-et-Loire l'avait appelé à ses côtés en 2008 pour diriger les services administratifs du conseil général. DGS de l'assemblée départementale pendant quatre ans, Boris Vallaud suit son patron à Bercy lors de l'alternance de mai 2012. D'abord comme conseiller auprès du ministre puis, après le départ de Stéphane Israël en avril 2013, comme directeur de cabinet. Boris Vallaud est issu de la célèbre promotion de l'ENA Leopold Sédar Senghor (2004) tout comme l'actuel ministre de l'Économie Emmanuel Macron, qui fut lui aussi secrétaire général adjoint de l’Élysée, et le chef du pôle communication de la présidence, Gaspard Gantzer. A sa sortie de l'ENA, il débuté dans la préfectorale et occupe les postes de directeur du cabinet du préfet du Gard en 2004 puis secrétaire général de la préfecture des Landes en 2006.



Les collectivités participeront jusqu'en 2017 au financement de l'immobilier de la sécurité

L'Assemblée nationale a adopté jeudi le budget 2015 de la police et de la gendarmerie, et prolongé jusqu'à fin 2017 la possibilité que les collectivités locales participent au financement de l'immobilier de la police, de la gendarmerie et de la justice.

31/10/2014 | ACTUALITÉ

Socialistes, écologistes et radicaux de gauche ont voté en première lecture pour les crédits 2015 de la mission Sécurités (police, gendarmerie, sécurité civile, sécurité routière), saluant notamment "le renforcement des moyens humains après des années de réduction d'effectifs". Le Front de Gauche s'est abstenu au motif que "les efforts même réels ne remédient pas à l'insuffisance récurrente de moyens", mais son orateur Gabriel Servile a voté pour, devant "l'écoute attentive dont bénéficie la Guyane". UMP et UDI ont voté contre un budget "d'affichage". "Les plus cachent pas mal de moins et votre budget est à l'image de votre politique (...) dont les résultats ne sont pas à la hauteur de vos discours", a ainsi déclaré l'UMP Guy Geoffroy. Sur ce budget figurant dans les priorités gouvernementales, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a souligné que les crédits étaient globalement en hausse (+0,5% pour la police à 9,69 milliards d'euros et +0,4% à environ 8 milliards pour la gendarmerie) sur fond d'"effort historique" de réduction des dépenses et que des postes seraient à nouveau "recréés", 405 en additionnant police et gendarmerie. L'empreinte de la RGPP Il a insisté sur "la volonté du gouvernement de préserver la capacité opérationnelle des forces de sécurité", et ce "dans un contexte de menaces sérieuses et multiformes", mais aussi sur "la parole honorée" pour améliorer les conditions matérielles de vie et de travail des personnels de sécurité. S'il a concédé que "ce budget ne réglera pas tout, notamment car la RGPP a laissé des empreintes fortes", le député apparenté PS Yves Goasdoué a affirmé que "budget après budget, nous redressons la barre". Le gouvernement a fait adopter un amendement rétablissant, jusqu'en 2017, la possibilité pour les collectivités territoriales de maintenir leur engagement dans le financement de l'immobilier de la police, la gendarmerie nationale des forces de sécurité. L'objectif est de ne pas remettre en cause plusieurs projets immobiliers en cours de montage voire programmés, par exemple pour la police à Torcy, Corbeil-Essonnes et Sarcelles, ou à Deuil-la-Barre et Digne-les-Bains. Sans ce dispositif, le ministère devrait financer seul 131 millions d'euros sur cinq ans, a souligné Bernard Cazeneuve. L'UMP, qui a voté l'amendement, s'est demandé s'il ne faudrait pas pérenniser cette procédure. Des orateurs de droite mais aussi de gauche se sont montrés préoccupés du "malaise" des forces de sécurité, évoquant plus de 40 suicides de policiers et gendarmes depuis début 2014. Présent dans les esprits, le décès de Rémi Fraisse sur le site du barrage de Sivens (Tarn) a été évoqué indirectement. L'orateur des radicaux de gauche Stéphane Claireaux, après une référence aux grenades offensives dont le ministre a suspendu l'usage, a plaidé pour "former parfaitement" les forces de l'ordre aux moyens de défense dont elles disposent. L'écologiste Paul Molac n'en a pas parlé. Il a réclamé en revanche des avancées sur des fichiers comme le Stic, douté de l'efficacité de la vidéosurveillance ou alerté sur la hausse des cambriolages en zone rurale, notamment dans des exploitations agricoles. L'UMP Philippe Goujon s'est notamment inquiété de l'impact de la réforme pénale sur le fonctionnement des forces de sécurité, ce à quoi le ministre a répondu qu'il veillerait à éviter de "nouvelles charges indues", ou des effectifs pour sécuriser les sites des futures salles de shoot.


NOMINATIONS

Ludovic Zekian prend son premier poste de sous-directeur d'administration

Haut fonctionnaire issu de l'école nationale supérieure des postes et télécommunications (ENSPTT) et passé par la banque, Ludovic Zekian rejoint le ministère de la Culture au poste de sous-directeur du développement de l'économie culturelle (groupe II) à la direction générale des médias et des industries culturelles, en remplacement de Frédéric Bokobza. Ludovic Zekian travaillait depuis un an au Service des achats de l’État (SAE) à Bercy et était en charge des achats publics d'innovation et de leur promotion auprès des ministères et établissements publics de l’État. Cet ancien élève de l'IAE d'Aix-en-Provence a débuté, à sa sortie de l'ENSPTT, au sein de la Poste comme chef de mission en charge de l'audit des directions du siège et des filiales du groupe à la direction de l’audit interne en 1999. Avant de rejoindre en 2002 la direction générale du Trésor à Bercy comme adjoint au bureau Bancfin 3 chargé du suivi du groupe Caisse des dépôts et consignations, de la gestion de l’épargne logement et de la réglementation des obligations foncières. En 2005, Ludovic Zekian part dans le privé, au groupe Caisses d'épargne notamment et au Crédit foncier de France comme directeur développement et marketing entreprises. De retour à Bercy en 2009, Ludovic Zekian se voit confier le poste de chef du bureau Europe à la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) (2009-2012).

31/10/2014 | NOMINATION FRANCE

Haut fonctionnaire issu de l'école nationale supérieure des postes et télécommunications (ENSPTT) et passé par la banque, Ludovic Zekian rejoint le ministère de la Culture au poste de sous-directeur du développement de l'économie culturelle (groupe II) à la direction générale des médias et des industries culturelles, en remplacement de Frédéric Bokobza. Ludovic Zekian travaillait depuis un an au Service des achats de l’État (SAE) à Bercy et était en charge des achats publics d'innovation et de leur promotion auprès des ministères et établissements publics de l’État. Cet ancien élève de l'IAE d'Aix-en-Provence a débuté, à sa sortie de l'ENSPTT, au sein de la Poste comme chef de mission en charge de l'audit des directions du siège et des filiales du groupe à la direction de l’audit interne en 1999. Avant de rejoindre en 2002 la direction générale du Trésor à Bercy comme adjoint au bureau Bancfin 3 chargé du suivi du groupe Caisse des dépôts et consignations, de la gestion de l’épargne logement et de la réglementation des obligations foncières. En 2005, Ludovic Zekian part dans le privé, au groupe Caisses d'épargne notamment et au Crédit foncier de France comme directeur développement et marketing entreprises. De retour à Bercy en 2009, Ludovic Zekian se voit confier le poste de chef du bureau Europe à la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) (2009-2012).


Un nouveau directeur de l’action sociale de l'enfance et de la santé à la mairie de Paris

Le poste de directeur de l’action sociale, de l'enfance et de la santé (Dases) à la mairie de Paris va être confié à compter du 10 novembre à Jean-Paul Raymond. Il succédera ainsi à Laure de la Bretèche, inspectrice des affaires sociales, nommée en juillet secrétaire générale pour la modernisation de l'action publique (SGMAP) dans les services de Matignon. Jean-Paul Raymond, 56 ans, était depuis 2008 le directeur général adjoint des services du conseil général de l'Essonne, en charge des solidarités. Il a aussi été le directeur de l'insertion et de la lutte contre les exclusions et pour l'emploi au sein de cette collectivité (2006-2008). Auparavant, il a dirigé le centre communal d'action sociale de Versailles jusqu'en 2000. Directeur général adjoint chargé du développement social et des projets urbains de la zone urbaine sensible (ZUS) du Val Fourré en 2000, Jean-Paul Raymond part ensuite au conseil général du Loiret comme directeur des politiques sociales (2003-2006).

31/10/2014 | NOMINATION FRANCE

Le poste de directeur de l’action sociale, de l'enfance et de la santé (Dases) à la mairie de Paris va être confié à compter du 10 novembre à Jean-Paul Raymond. Il succédera ainsi à Laure de la Bretèche, inspectrice des affaires sociales, nommée en juillet secrétaire générale pour la modernisation de l'action publique (SGMAP) dans les services de Matignon. Jean-Paul Raymond, 56 ans, était depuis 2008 le directeur général adjoint des services du conseil général de l'Essonne, en charge des solidarités. Il a aussi été le directeur de l'insertion et de la lutte contre les exclusions et pour l'emploi au sein de cette collectivité (2006-2008). Auparavant, il a dirigé le centre communal d'action sociale de Versailles jusqu'en 2000. Directeur général adjoint chargé du développement social et des projets urbains de la zone urbaine sensible (ZUS) du Val Fourré en 2000, Jean-Paul Raymond part ensuite au conseil général du Loiret comme directeur des politiques sociales (2003-2006).