Michel Barnier : "Les fusions de structures offrent des opportunités"

4 juil. 2008, PAR Acteurs Publics
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Le ministre de l'Agriculture revient sur les principaux chantiers de son administration. Il dit son attachement aux directions départementales des services sanitaires et à un accompagnement en douceur des réformes.
Quelles seront les missions et les objectifs de votre ministère en 2012 ?

L’agriculture est essentielle pour relever le défi alimentaire. Elle est nécessaire pour desserrer la contrainte énergétique. Elle est indispensable à un développement durable des territoires ruraux. Elle est utile pour maintenir un lien social. La pêche, la forêt rejoignent l’agriculture sur plusieurs de ces aspects. J’ai donc l’ambition de focaliser les compétences de mon ministère autour de la construction d’une politique alimentaire, agricole et rurale qui permette tout à la fois de stabiliser les marchés, de garantir une alimentation sûre, accessible et diversifiée, de participer à la préservation des ressources naturelles et de contribuer à un équilibre durable des territoires.

Quel est aujourd’hui le chantier prioritaire de réorganisation de votre administration ?

C’est au service de cette ambition que j’ai proposé au président de la République et au Premier ministre la réforme du ministère, qui a été adoptée par le Conseil de modernisation des politiques publiques. C’est un ensemble cohérent qui se construit, et j’ai voulu que toutes ses composantes se mettent en œuvre rapidement et simultanément. L’administration centrale vient d’être réformée, en moins de six mois, avant la présidence française de l’Union européenne. J’ai voulu rassembler dans une seule direction la direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires, le traitement de toutes les questions de politique agricole, développer la fonction prospective pour mieux éclairer les décisions politiques et rationaliser l’organisation pour la rendre plus efficiente. Dans le même temps, j’étends les compétences des directions régionales à tout le champ du ministère. Au niveau départemental, dont les usagers ont besoin, le ministère s’est engagé dans la constitution de services interministériels, avec la fusion des directions départementales de l’agriculture et de la forêt avec celles de l’équipement, et bientôt avec la participation des directions départementales des services vétérinaires à la construction de directions au champ de compétences plus large.

Certaines activités de votre ministère ont-elles vocation à être externalisées demain ? Pourquoi ?

Pour mettre en œuvre ses politiques, le ministère de l’Agriculture s’appuie depuis longtemps sur des établissements publics dont il assure la tutelle. C’est le cas dans le domaine agricole, où des offices par filière facilitent la concertation avec les professionnels, apportent une expertise économique et gèrent certains instruments d’intervention. Le paiement des aides de la Pac est également confié à d’autres établissements. Cet appui doit demeurer, et ces établissements sont eux-mêmes concernés par les réformes. La fusion des offices agricoles d’une part, des agences de paiement d’autre part, est en cours. Le nouvel office va aussi être rapproché du ministère au niveau régional pour améliorer la cohérence de l’action. Dans le domaine sanitaire, certains ont songé à remplacer les directions départementales des services vétérinaires par une agence. Je n’ai pas fait ce choix, car je suis convaincu de la nécessité de rassembler les services de l’État autour du préfet, pour un meilleur traitement des crises, fréquentes dans ce domaine.

Ne pas remplacer un retraité sur deux, est-ce possible dans votre ministère ?

Le retour à l’équilibre des finances publiques et une diminution sensible du rythme de progression des dépenses publiques sont une nécessité pour notre pays. Le processus de Révision générale des politiques publiques (RGPP) a été engagé pour permettre ces économies, tout en satisfaisant aux exigences d’efficacité et de qualité du service rendu. Ce sont les réformes que je viens de rappeler qui permettent d’atteindre tous ces objectifs à la fois, et c’est pourquoi je suis si attaché à les mener dans la cohérence, à un rythme soutenu.

Comment motivez-vous les agents autour de la réforme de votre ministère ?

Je suis très attentif à la situation des agents et je sais que les réformes peuvent provoquer de l’anxiété. Je m’attache à leur exposer mes orientations et à leur expliquer les décisions dès qu’elles sont prises. Mais cela ne suffit pas et des dispositions sont en place pour faire en sorte que le plus rapidement possible ceux dont l’activité est fortement affectée par les réformes retrouvent une position qui leur convienne. Ces réformes, en particulier les fusions de structures, offrent d’ailleurs l’opportunité d’élargir le champ des missions. Cette ouverture s’est accompagnée dans les dernières années d’un important mouvement de fusion des corps de fonctionnaires qui se poursuit, favorisant ainsi la mobilité. Les actions du ministère s’inscrivent par ailleurs dans le cadre des mesures de retour aux agents de la moitié des économies réalisées grâce aux réformes.

Propos recueillis par L. F.

Ses objectifs

Construire une politique alimentaire afin de : - Stabiliser les marchés
- Garantir une alimentation sûre, accessible et diversifiée
- Participer à la préservation des ressources naturelles
- Contribuer à un équilibre durable des territoires

Acteurs Publics