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Fonction publique : l’exécutif refait l’unité (syndicale) contre lui

16 avr. 2018, PAR Bastien Scordia
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Lundi 17 avril, l’Unsa a finalement décidé de rejoindre les autres syndicats de fonctionnaires pour la mobilisation du 22 mai prochain. Comme le 10 octobre dernier, toutes les organisations syndicales appelleront à l’action … ce qui n’était pas le cas lors de la journée du 22 mars. 


L’union fera-t-elle la force ? Après la CFDT, c’est désormais au tour de l’Unsa de se joindre à l’appel à la mobilisation lancé par sept syndicats de fonctionnaires pour le 22 mai prochain. Cette décision a été prise par l’organisation syndicale lors d’un bureau national extraordinaire lundi 17 avril.

Comme le 10 octobre dernier, toutes les centrales appelleront donc à l’action (CGT, CFDT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC, CFTC, Fa-Fp et donc l’UNSA). Cela n’avait pas été le cas le 22 mars, où seules la CFDT et l’Unsa n’avaient pas rejoints les rangs de la mobilisation.

Après avoir écouté « attentivement » le président de la République (lors de ses récentes allocutions télévisées notamment, ndlr) et « noté son silence sur la fonction publique », l’Unsa Fonction Publique regrette dans un communiqué que « celui-ci n’envisage les services publics que sous l’angle d’un fardeau budgétaire alors qu’ils constituent le socle de la solidarité républicaine ». Et de déplorer également « une posture fermée et uniforme » du gouvernement.

Alerte

Dans le viseur de l’organisation syndicale « l’absence d’un véritable dialogue social » dans le cadre notamment de la concertation lancée par l’exécutif en vue de refonder le cadre statutaire des agents publics. Censé durer jusqu’en amont des élections professionnelles du 6 décembre, avant un probable projet de loi début 2019, ce chantier intitulé “Refonder le contrat social avec les agents publics” est articulé autour de 4 axes : l’amélioration de l’organisation et du fonctionnement des instances de dialogue social, l’élargissement du recours au contrat, l’évolution des politiques de rémunération (rémunération au mérite notamment) et l’accompagnement des agents pendant leur carrière [cliquez ici pour consulter notre article : « Top départ des discussions sur la refonte du dialogue social dans la fonction publique »].

A ce propos, l’Unsa « alerte » notamment sur « l’impact réel des changements majeurs qui sont envisagées pour les agents publics » (modifications statutaires, suppression de postes mais aussi restructurations dans le cadre d’Action publique 2022) et sur les protections et garanties « dont ils disposent qui se verraient affaiblies » via la « diminution du nombre et du rôle des instances de dialogue social », par « l’amoindrissement des capacités de recours »,

Autre grief de la part de l’Unsa : la politique salariale de l’exécutif à l’égard des agents du secteur public. L’occasion pour l’organisation syndicale de rappeler les mesures « délétères déjà effectives qu’elle combat », parmi lesquelles le gel de la valeur du point d’indice, le rétablissement du jour de carence, la compensation « partielle » de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) ou encore la suspension pendant une année du protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR). Sur ce point, l’Unsa « rappelle son exigence de reconnaissance des agents publics qui passe par la réussite » du prochain rendez-vous salarial, prévu au mois de juin prochain.

Unité « nécessaire »

Face à la politique du gouvernement, « l’unité la plus large des organisations syndicales était nécessaire », explique Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa Fonction publique. Un constat que partageait également Mylène Jacquot, secrétaire général de la CFDT, pour justifier le ralliement de son organisation syndicale à l’appel à la mobilisation du 22 mai prochain.

« Nous n’acceptons pas et nous n’accepterons jamais que les agents publics soient montrés du doigt comme étant réfractaires à toute évolution. Et cela vaut aussi pour les organisations syndicales, qui ont des propositions à faire, encore faut-il que le gouvernement veuille bien les entendre », expliquait-elle dans nos colonnes [cliquez ici pour lire son interview].

Reste désormais à savoir si les syndicats de fonctionnaires mobiliseront en masse le 22 mai prochain. Pour rappel, lors de la journée de mobilisation du 22 mars (où l’Unsa et la CFDT n’appelaient pas à la mobilisation), les chiffres de la participation atteignaient 12,80 % dans la fonction publique d’État et 8,11 % dans la territoriale. Des taux en légère baisse par rapport à la journée d’action du 10 octobre 2017. L’automne dernier, le taux de grévistes s’établissait à 13,95 % pour l’État et à 9,5 % pour la territoriale.

Seule l’hospitalière avait alors enregistré un niveau de participation supérieur à la précédente journée d’action, avec 10,9 % le 22 mars, contre 10,4 % le 10 octobre 2017 [cliquez ici pour consulter nitrer article : « Le nombre de grévistes en baisse dans la fonction publique »]. Les organisations syndicales du secteur public ont d’ores-et-déjà prévus de se retrouver le 3 mai pour une intersyndicale afin de préparer la mobilisation du 22 mai.