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La Norvège va moins puiser dans ses réserves pour boucler son budget

15 mai 2018, PAR Acteurs Publics
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La cheffe du gouvernement norvégien Erna Solberg (à gauche) et la ministre des Finances, Siv Jensen, en 2013 - Lise Aserud/AP/SIPA

Oslo, qui détient le plus gros fonds souverain du monde – estimé à plus de 1 000 milliards de dollars – prévoit de moins ponctionner son bas de laine, secoué ses derniers temps par les cours du pétrole, très volatiles. 


Toujours très réticente à puiser dans son imposant fonds souverain pour équilibrer le budget national, la Norvège va encore se limiter cette année, grâce à une reprise robuste de son économie, a indiqué le gouvernement norvégien mardi 15 mai.

Le gouvernement va limiter à 225,5 milliards de couronnes (28,1 milliards de dollars et 23,9 milliards d’euros) ses ponctions dans le fonds qui cumulent plus de 1 000 milliards de dollars (852 milliards d’euros) d’actifs, selon le projet de loi de finances rectificative. Légèrement inférieur à ce qui était prévu dans la loi de finances initiale, adoptée fin 2017, ce montant représente 2,7 % de la valeur totale du fonds, soit sensiblement moins que les 3 % autorisés.

Croissance jugée “solide”

“L’économie s’est maintenant redressée après le trou d’air” dû à la baisse du prix des hydrocarbures, le moteur principal du pays scandinave, a déclaré la ministre des Finances, Siv Jensen, en présentant le projet de budget, qualifié de “neutre”. “La croissance est maintenant solide”, a-t-elle dit.

Selon des statistiques officielles publiées le même jour, le produit intérieur brut (PIB) “continental” (hors production d’hydrocarbures et transport maritime) a progressé de 0,6 % sur les trois premiers mois de 2018, un rythme élevé et quasi stable depuis début 2017. Le gouvernement a confirmé sa prévision de croissance de 2,5 % pour l’année en cours et de 2,6 % pour 2019, tout en réduisant ses projections pour le chômage (3,8 % cette année, puis 3,7 % l’an prochain).

2 fois et demi le PIB du pays

Après avoir abondamment puisé dans le fonds souverain pour aider l’économie à encaisser la baisse du prix du pétrole, il peut donc désormais lever le pied, d’autant que le cours du baril a rebondi ces derniers mois.

La Banque de Norvège, de son côté, a laissé entrevoir un resserrement de sa très accommodante politique monétaire avec une remontée attendue après l’été de son taux directeur, qui languit à un niveau historiquement bas de 0,5 % depuis mars 2016.

En 2017, le fonds norvégien avait battu un record de rendement, générant environ 120 milliards de dollars (102,25 milliards d’euros) de gains, mais au premier trimestre 2018, il avait perdu 20 milliards (17 milliards d’euros). Créé en 1990 pour recueillir les revenus tirés de l’exploitation pétrolière et gazière, ce fonds représente l’équivalent de 2 fois et demi le PIB du pays.

(avec AFP)