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Parlement(s) : Mai 68 en débats

5 juin 2008, PAR Acteurs Publics
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La revue Parlement(s) n'a pas échappé à la mode de Mai 68. Ses auteurs reviennent sur un épisode inédit de ce moi troublé : les événements vus de l'intérieur du Palais-Bourbon et du Palais Bourbon. Inédit.
Les lecteurs sont saturés de Mai 68, au point d’en atteindre au moins l’overdose sinon un point de non retour. Mai 68 vu par les étudiants, par les journalistes, les photographes, les agriculteurs, les ministres, les fonctionnaires, les syndicalistes…Et pourtant, dans ce flot de témoignages loin d’être inintéressants, il s’en démarque un, pour le moins original : celui des parlementaires. Comment députés et sénateurs ont-ils vécus ce printemps effervescent ? Le décalage décelé entre les « élites » parlementaires et l’opinion, la rue était-il réel ? Oui répond sans ambages François Audigier qui rappelle le surprenant ordre du jour de l’Assemblée nationale de ce moi de troubles : recherche scientifique, engagement dans l’armée, exploitations du plateau continental océanique, extension du statut du fermier et métayer…Cependant, les auteurs de ce captivant ouvrage appellent à la prudence.Tout n’était pas noir ou blanc. Les « Godillots » du Général De Gaulle ont douté et se sont même divisés. Les gaullistes de gauche s’écharpent sur le soutien ou non au général et au mouvement. Tiraillé, le groupe des Républicains indépendants (RI) l’est tout autant, entre l’ordre et le dialogue, souligne plus loin Mathias Bernard quand Frédéric Foggaci tente de briser la mythique « surprise » sinon l’apathie des partis de la gauche non communiste face à l’événement. Après Gilles Morin qui analyse les raisons de la mise hors-jeu de la FGDS de FrançoisMitterrand, Jean Vigreux et Emmanuel Ranc, s’intéressent à l’attitude des députés PCF et Daniel Valence dissèque avec beaucoup de finesse l’attitude du Sénat au cœur du Quartier latin : « une île battue par le vent de la contestation ». Et « La crise de mai servit d’exutoire à bien des ambitions et sentiments refoulés » Ces deux jolies formules résument bien toute la complexité des rapports que les deux chambres ont pu ressentir et nourrir à l’égard de mai 68. En guise de bouquet final n’omettez pas de relire (avec délectation) la passe d’armes, le 22 mai au Palais-Bourbon, entre Mitterrand et Pompidou… C.S-C. Mai 68 en débats – Editions l’Harmattan-Pepper-Comité d’histoire parlementaire et politique – 190 pages – 19,50 euros.