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L’État veut étendre l’usage du “cloud” à toute l’administration

Il est souvent question de la transformation numérique des services de l’État, quel que soit leur champ d’action, mais qu’en est-il de la transformation des services informatiques eux-mêmes ? Afin de répondre à cette question, le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, a présenté, mardi 3 juillet, devant les principaux acteurs de l’informatique en nuage (cloud) réunis au salon Cloud Week, sa stratégie pour bâtir une offre de cloud d’État et en généraliser l’utilisation parmi les administrations. Cette offre, qui sera chapeautée par la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic), se décline en 3 volets. L’État proposera ainsi aux différentes administrations plusieurs niveaux de services, plus ou moins sécurisés. Trois offres de cloud Pour les données et applications les plus sensibles, Mounir Mahjoubi propose une solution de cloud “interne”, qui serait accessible à “l’ensemble des ministères [...] via un portail interministériel”, a fait savoir le secrétariat d’État dans un communiqué. Ce cloud sécurisé sera entièrement “fabriqué par l’administration et maîtrisé par l’administration”, explique Côme Berbain, conseiller “transformation numérique et sécurité” du secrétaire d’État, tout en n’écartant pas la possibilité que “certaines briques technologiques viennent de l’extérieur”. Cette solution conviendrait ainsi aux usages “régaliens”, comme les applications du ministère de la Santé qui gèrent des données sensibles ou encore celles des Armées et de l’Intérieur. Ensuite, une offre de cloud “dédié” sera proposée pour les activités de “sensibilité moindre”. Cette solution de cloud public sera opérée par un prestataire externe, mais “paramétrée et personnalisée pour les besoins de l’État”, assure le conseiller. “Cela veut dire, par exemple, qu’on y mettra les sondes de l’Anssi [l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, ndlr] et les briques qui permettent à l’État de s’appuyer sur l’échange de données automatique de FranceConnect”, poursuit-il. Pourront ainsi y être hébergés des éléments comme les sites Web de l’État, car leur déploiement sur une solution qui ne soit pas entièrement externe permet de garantir que ces sites demeurent opérationnels à tout moment. Enfin, pour les données et applications les moins sensibles, l’État entend proposer un référencement d’offres de cloud “externe”, c’est-à-dire de cloud entièrement public. S’il permet de répondre plus rapidement aux besoins fluctuants des utilisateurs, le cloud public ne garantit en effet pas les mêmes niveaux de sécurité, du fait de la mutualisation des ressources mises à disposition. L’idée est aussi de permettre aux collectivités et établissements publics d’en profiter à travers des plates-formes d’achats. Stratégie pas si nouvelle Pour l’État, s’emparer du cloud représente un enjeu de souveraineté et de rationalisation de son informatique. L’informatique en nuage est aujourd’hui l’architecture plébiscitée pour l’hébergement et la fourniture de services informatiques. Ce nuage de serveurs, reclus dans de lointains centres de données, permet en effet de faire tourner virtuellement ressources informatiques et applications à distance, et ce de manière adaptative, et donc à la demande. Il s’agit ainsi de garder la maîtrise de son infrastructure et de ses coûts. L’État ne s’y était d’ailleurs pas trompé. En avril 2015, il publiait son premier appel d’offres interministériel. L’objectif : “permettre le juste dimensionnement des infrastructures supportant des projets soumis à de fortes fluctuations et pics de charge” et la sécurisation, à travers “la mise en conformité avec la politique de l’Anssi” relative à l’hébergement de données sur le territoire national. Le marché avait alors été remporté par Orange Business Services et son offre de cloud public fondée sur Cloudwatt. Ce marché est toujours en cours, nous précise le conseiller de Mounir Mahjoubi, et arrive à échéance l’année prochaine. Il sera alors remplacé par la “nouvelle approche”. Dans le même temps, plusieurs ministères ont également développé leur propre infrastructure de cloud privé. Certains ministères, comme l’Intérieur, Bercy ou l’Écologie, ont ainsi commencé à construire leur offre pour “leurs besoins propres, rappelle Côme Berbain, et ils commencent à la fournir à d’autres ministères ou à des programmes interministériels comme le projet d’archivage Vitam”. Désormais, l’ambition est de “passer à l’échelle” et de “simplifier les usages” pour généraliser ce mode de fonctionnement à tous les ministères. Généraliser le recours au cloud Cette annonce fait directement écho à l’appel lancé, le 25 octobre 2017, par les principaux acteurs du cloud regroupés au sein d’EuroCloud, au gouvernement. Cette association de professionnels avait ainsi interpellé le secrétaire d’État au Numérique quant à l’urgence de la transition de l’informatique de l’État vers le cloud. “Pour réellement adopter une transformation aussi radicale et atteindre les ambitions du Chef de l’État, il est impératif que les administrations disposent des meilleurs outils et cela passe par le socle : les infrastructures informatiques”, pouvait-on lire dans l’appel. Le groupe avait alors formulé 10 propositions. Il recommandait notamment au gouvernement de diffuser une circulaire “priorité au cloud”, de renforcer le rôle de la Dinsic afin de professionnaliser la gestion du cloud au niveau de l’État, d’adapter le cadre de la comptabilité publique pour les dépenses de cloud, lesquelles sont encore considérées comme des dépenses de fonctionnement et non d’investissement – à l’inverse de l’informatique “traditionnelle” – ou encore de publier les données de consommation des centres de données de l’État. Pour passer à la vitesse supérieure, la Dinsic a fait acte de candidature au Fonds pour la transformation de l’action publique, un programme de financement de projets innovants lancé en mars à l’issue du premier comité interministériel de la transformation publique. Son projet phare, France Cloud, a remporté, le 20 juin dernier, le lot le plus important : 24,3 millions d’euros pour accélérer la mutualisation des capacités d’hébergement de l’État et le développement de nouveaux services. Lancement en 2019 Du côté du secrétariat d’État, on table ainsi sur deux types d’économies. Les premières économies, de l’ordre de 60 millions d’euros par an, se feront sur la rationalisation des capacités d’hébergement. Le second type d’économies, “beaucoup plus difficilement chiffrables”, prévient le conseiller du secrétaire d’État, se feront sur “l’agilité et la vitesse de développement d’applications qui viennent se poser sur le cloud”. Or c’est de ce gain d’agilité offert par le cloud que viendront la majorité des économies. Le secrétaire d’État a également annoncé certaines adaptations réglementaires afin de faciliter le recours au cloud par les administrations. C’est notamment le cas du code du patrimoine, qui devrait évoluer pour permettre de recourir à un hébergement hors du territoire national. Enfin, en ce qui concerne les dates de lancement des différents volets annoncés par Mounir Mahjoubi, rien n’est encore précisément arrêté. Le cloud interne devrait pouvoir être lancé vers le début de l’année prochaine, quand les appels d’offres pour le cloud dédié et le cloud externe seront certainement émis à la fin de l’année 2018.

03/07/2018 | ACTUALITÉ

Il est souvent question de la transformation numérique des services de l’État, quel que soit leur champ d’action, mais qu’en est-il de la transformation des services informatiques eux-mêmes ? Afin de répondre à cette question, le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, a présenté, mardi 3 juillet, devant les principaux acteurs de l’informatique en nuage (cloud) réunis au salon Cloud Week, sa stratégie pour bâtir une offre de cloud d’État et en généraliser l’utilisation parmi les administrations. Cette offre, qui sera chapeautée par la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic), se décline en 3 volets. L’État proposera ainsi aux différentes administrations plusieurs niveaux de services, plus ou moins sécurisés. Trois offres de cloud Pour les données et applications les plus sensibles, Mounir Mahjoubi propose une solution de cloud “interne”, qui serait accessible à “l’ensemble des ministères [...] via un portail interministériel”, a fait savoir le secrétariat d’État dans un communiqué. Ce cloud sécurisé sera entièrement “fabriqué par l’administration et maîtrisé par l’administration”, explique Côme Berbain, conseiller “transformation numérique et sécurité” du secrétaire d’État, tout en n’écartant pas la possibilité que “certaines briques technologiques viennent de l’extérieur”. Cette solution conviendrait ainsi aux usages “régaliens”, comme les applications du ministère de la Santé qui gèrent des données sensibles ou encore celles des Armées et de l’Intérieur. Ensuite, une offre de cloud “dédié” sera proposée pour les activités de “sensibilité moindre”. Cette solution de cloud public sera opérée par un prestataire externe, mais “paramétrée et personnalisée pour les besoins de l’État”, assure le conseiller. “Cela veut dire, par exemple, qu’on y mettra les sondes de l’Anssi [l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, ndlr] et les briques qui permettent à l’État de s’appuyer sur l’échange de données automatique de FranceConnect”, poursuit-il. Pourront ainsi y être hébergés des éléments comme les sites Web de l’État, car leur déploiement sur une solution qui ne soit pas entièrement externe permet de garantir que ces sites demeurent opérationnels à tout moment. Enfin, pour les données et applications les moins sensibles, l’État entend proposer un référencement d’offres de cloud “externe”, c’est-à-dire de cloud entièrement public. S’il permet de répondre plus rapidement aux besoins fluctuants des utilisateurs, le cloud public ne garantit en effet pas les mêmes niveaux de sécurité, du fait de la mutualisation des ressources mises à disposition. L’idée est aussi de permettre aux collectivités et établissements publics d’en profiter à travers des plates-formes d’achats. Stratégie pas si nouvelle Pour l’État, s’emparer du cloud représente un enjeu de souveraineté et de rationalisation de son informatique. L’informatique en nuage est aujourd’hui l’architecture plébiscitée pour l’hébergement et la fourniture de services informatiques. Ce nuage de serveurs, reclus dans de lointains centres de données, permet en effet de faire tourner virtuellement ressources informatiques et applications à distance, et ce de manière adaptative, et donc à la demande. Il s’agit ainsi de garder la maîtrise de son infrastructure et de ses coûts. L’État ne s’y était d’ailleurs pas trompé. En avril 2015, il publiait son premier appel d’offres interministériel. L’objectif : “permettre le juste dimensionnement des infrastructures supportant des projets soumis à de fortes fluctuations et pics de charge” et la sécurisation, à travers “la mise en conformité avec la politique de l’Anssi” relative à l’hébergement de données sur le territoire national. Le marché avait alors été remporté par Orange Business Services et son offre de cloud public fondée sur Cloudwatt. Ce marché est toujours en cours, nous précise le conseiller de Mounir Mahjoubi, et arrive à échéance l’année prochaine. Il sera alors remplacé par la “nouvelle approche”. Dans le même temps, plusieurs ministères ont également développé leur propre infrastructure de cloud privé. Certains ministères, comme l’Intérieur, Bercy ou l’Écologie, ont ainsi commencé à construire leur offre pour “leurs besoins propres, rappelle Côme Berbain, et ils commencent à la fournir à d’autres ministères ou à des programmes interministériels comme le projet d’archivage Vitam”. Désormais, l’ambition est de “passer à l’échelle” et de “simplifier les usages” pour généraliser ce mode de fonctionnement à tous les ministères. Généraliser le recours au cloud Cette annonce fait directement écho à l’appel lancé, le 25 octobre 2017, par les principaux acteurs du cloud regroupés au sein d’EuroCloud, au gouvernement. Cette association de professionnels avait ainsi interpellé le secrétaire d’État au Numérique quant à l’urgence de la transition de l’informatique de l’État vers le cloud. “Pour réellement adopter une transformation aussi radicale et atteindre les ambitions du Chef de l’État, il est impératif que les administrations disposent des meilleurs outils et cela passe par le socle : les infrastructures informatiques”, pouvait-on lire dans l’appel. Le groupe avait alors formulé 10 propositions. Il recommandait notamment au gouvernement de diffuser une circulaire “priorité au cloud”, de renforcer le rôle de la Dinsic afin de professionnaliser la gestion du cloud au niveau de l’État, d’adapter le cadre de la comptabilité publique pour les dépenses de cloud, lesquelles sont encore considérées comme des dépenses de fonctionnement et non d’investissement – à l’inverse de l’informatique “traditionnelle” – ou encore de publier les données de consommation des centres de données de l’État. Pour passer à la vitesse supérieure, la Dinsic a fait acte de candidature au Fonds pour la transformation de l’action publique, un programme de financement de projets innovants lancé en mars à l’issue du premier comité interministériel de la transformation publique. Son projet phare, France Cloud, a remporté, le 20 juin dernier, le lot le plus important : 24,3 millions d’euros pour accélérer la mutualisation des capacités d’hébergement de l’État et le développement de nouveaux services. Lancement en 2019 Du côté du secrétariat d’État, on table ainsi sur deux types d’économies. Les premières économies, de l’ordre de 60 millions d’euros par an, se feront sur la rationalisation des capacités d’hébergement. Le second type d’économies, “beaucoup plus difficilement chiffrables”, prévient le conseiller du secrétaire d’État, se feront sur “l’agilité et la vitesse de développement d’applications qui viennent se poser sur le cloud”. Or c’est de ce gain d’agilité offert par le cloud que viendront la majorité des économies. Le secrétaire d’État a également annoncé certaines adaptations réglementaires afin de faciliter le recours au cloud par les administrations. C’est notamment le cas du code du patrimoine, qui devrait évoluer pour permettre de recourir à un hébergement hors du territoire national. Enfin, en ce qui concerne les dates de lancement des différents volets annoncés par Mounir Mahjoubi, rien n’est encore précisément arrêté. Le cloud interne devrait pouvoir être lancé vers le début de l’année prochaine, quand les appels d’offres pour le cloud dédié et le cloud externe seront certainement émis à la fin de l’année 2018.

Contractualisation financière : 70 % des collectivités concernées approuvent le dispositif

C’est l’heure du bilan pour le dispositif de contractualisation mis en place par le gouvernement en vue de limiter à 1,2 % la hausse annuelle des dépenses de fonctionnement des collectivités. Au total, au 30 juin, 229 maires et présidents d’exécutif local ont confirmé leur engagement dans cette démarche, soit 71,12% des collectivités concernées, indiquent les services du Premier ministre. Instauré par la loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022, ce dispositif devait en effet s’appliquer à 322 des plus grosses collectivités de France (celles aux dépenses réelles de fonctionnement supérieures à 60 millions d’euros), qui avaient jusqu’au 30 juin pour s’engager avec l’État. Pour rappel, en cas de non-respect du contrat, les sanctions pourraient être plus lourdes pour les collectivités qui n’auraient pas signé. Dans le détail, comme le précise Matignon, ce sont 121 maires qui ont dit “oui” à ce principe de contractualisation (83 % des maires concernés), ainsi que 35 présidents d’agglomération ou de communauté urbaine (83 % des collectivités concernées), 20 présidents de métropole (95 % des élus concernés), 44 présidents de conseil départemental (44 % des présidents concernés) et 9 présidents de conseil régional (53 % des présidents concernés) [cliquez ici pour consulter la liste des collectivités signataires obtenue par Acteurs publics]. S’ajoutent également 16 collectivités dites volontaires, qui n’étaient pas concernés par la loi (leurs dépenses de fonctionnement ne dépassant pas 60 millions d’euros par an) “mais qui ont souhaité conclure un contrat de maîtrise de leurs dépenses”, précise le Premier ministre, Édouard Philippe dans un communiqué [cliquez ici pour consulter la liste des collectivités volontaires]. Satisfaction gouvernementale Au regard de ces chiffres, le gouvernement dit se réjouir “de l’adhésion d’un grand nombre d’élus […], elle traduit l’expression d’une décentralisation assumée et responsable”. La campagne pour la signature desdits contrats n’avait pourtant pas été de tout repos. En cause : la vive opposition des élus locaux et notamment de leurs associations, l’Association des maires de France (AMF), Régions de France et l’Assemblée des départements de France (ADF). Récemment encore, ces deux dernières associations avaient menacé de ne pas contractualiser avec l’État [cliquez ici pour consulter notre article : “Après les régions, les départements menacent de ne pas contractualiser avec l’État”]. Un message qui ne semble donc pas avoir été reçu cinq sur cinq par leurs adhérents. De leur côté, l’Assemblée des communautés de France (ADCF) et France urbaine – représentantes des grandes villes et intercommunalités – s’étaient déclarés favorables au dispositif. Quoi qu’il en soit, ce sujet de la contractualisation ne manquera pas d’être évoqué lors de la conférence commune que tiendront, mardi 3 juillet, l’AMF, Régions de France et l’ADF. Une conférence sur le thème “Décentralisation en danger, unis pour la sauver” au cours de laquelle les maires et les élus régionaux annonceront s’ils suivent ou non la position de l’Assemblée des départements de France de ne pas participer à la prochaine Conférence nationale des territoires [cliquez ici pour consulter notre article : “Les associations d’élus prêtes à boycotter la Conférence des territoires”]. Quelles suites pour les contrats ? Dans son communiqué, le Premier ministre, Édouard Philippe annonce également que l’évaluation des contrats financiers entre l’État et les collectivités s’effectuera au printemps de l’année prochaine, “avant l’élaboration du projet de loi de finances pour 2020”. Pour rappel, comme le détaille une circulaire de mars dernier, les préfets constateront, chaque année après la signature desdits contrats, l’écart entre l’objectif d’évolution des dépenses fixées dans les contrats et les dépenses réellement exécutées. Les représentants de l’État devront ainsi organiser au minimum “une réunion par an” avec chaque collectivité concernée, mais “il est toutefois recommandé de convenir d’un rythme plus fréquent de rencontre”, souligne la circulaire. Cet “examen partagé” doit notamment permettre de “prendre en compte les éléments susceptibles d’affecter la comparaison des dépenses réelles de fonctionnement sur plusieurs exercices” : changements de périmètre budgétaire ou géographique (création de commune nouvelle ou modification du périmètre des intercommunalités), transferts de compétences entre collectivités ou “survenance d’éléments exceptionnels”, comme des catastrophes naturelles par exemple. À l’issue de cet examen, le préfet aura le soin d’activer le mécanisme de reprises financières s’il constate un dépassement de l’objectif annuel d’évolution des dépenses fixé dans le contrat. En cas de non-respect de ce contrat, les sanctions pourraient en effet être plus lourdes pour les collectivités qui n’auraient pas signé. Dans le cas où ces collectivités ne respecteraient pas la trajectoire d’évolution des dépenses fixée dans le contrat, les pénalités sont en effet importantes : “100 % de l’écart entre les dépenses exécutées et le plafond, contre 75 % pour les échelons signataires”

02/07/2018 | ACTUALITÉ

C’est l’heure du bilan pour le dispositif de contractualisation mis en place par le gouvernement en vue de limiter à 1,2 % la hausse annuelle des dépenses de fonctionnement des collectivités. Au total, au 30 juin, 229 maires et présidents d’exécutif local ont confirmé leur engagement dans cette démarche, soit 71,12% des collectivités concernées, indiquent les services du Premier ministre. Instauré par la loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022, ce dispositif devait en effet s’appliquer à 322 des plus grosses collectivités de France (celles aux dépenses réelles de fonctionnement supérieures à 60 millions d’euros), qui avaient jusqu’au 30 juin pour s’engager avec l’État. Pour rappel, en cas de non-respect du contrat, les sanctions pourraient être plus lourdes pour les collectivités qui n’auraient pas signé. Dans le détail, comme le précise Matignon, ce sont 121 maires qui ont dit “oui” à ce principe de contractualisation (83 % des maires concernés), ainsi que 35 présidents d’agglomération ou de communauté urbaine (83 % des collectivités concernées), 20 présidents de métropole (95 % des élus concernés), 44 présidents de conseil départemental (44 % des présidents concernés) et 9 présidents de conseil régional (53 % des présidents concernés) [cliquez ici pour consulter la liste des collectivités signataires obtenue par Acteurs publics]. S’ajoutent également 16 collectivités dites volontaires, qui n’étaient pas concernés par la loi (leurs dépenses de fonctionnement ne dépassant pas 60 millions d’euros par an) “mais qui ont souhaité conclure un contrat de maîtrise de leurs dépenses”, précise le Premier ministre, Édouard Philippe dans un communiqué [cliquez ici pour consulter la liste des collectivités volontaires]. Satisfaction gouvernementale Au regard de ces chiffres, le gouvernement dit se réjouir “de l’adhésion d’un grand nombre d’élus […], elle traduit l’expression d’une décentralisation assumée et responsable”. La campagne pour la signature desdits contrats n’avait pourtant pas été de tout repos. En cause : la vive opposition des élus locaux et notamment de leurs associations, l’Association des maires de France (AMF), Régions de France et l’Assemblée des départements de France (ADF). Récemment encore, ces deux dernières associations avaient menacé de ne pas contractualiser avec l’État [cliquez ici pour consulter notre article : “Après les régions, les départements menacent de ne pas contractualiser avec l’État”]. Un message qui ne semble donc pas avoir été reçu cinq sur cinq par leurs adhérents. De leur côté, l’Assemblée des communautés de France (ADCF) et France urbaine – représentantes des grandes villes et intercommunalités – s’étaient déclarés favorables au dispositif. Quoi qu’il en soit, ce sujet de la contractualisation ne manquera pas d’être évoqué lors de la conférence commune que tiendront, mardi 3 juillet, l’AMF, Régions de France et l’ADF. Une conférence sur le thème “Décentralisation en danger, unis pour la sauver” au cours de laquelle les maires et les élus régionaux annonceront s’ils suivent ou non la position de l’Assemblée des départements de France de ne pas participer à la prochaine Conférence nationale des territoires [cliquez ici pour consulter notre article : “Les associations d’élus prêtes à boycotter la Conférence des territoires”]. Quelles suites pour les contrats ? Dans son communiqué, le Premier ministre, Édouard Philippe annonce également que l’évaluation des contrats financiers entre l’État et les collectivités s’effectuera au printemps de l’année prochaine, “avant l’élaboration du projet de loi de finances pour 2020”. Pour rappel, comme le détaille une circulaire de mars dernier, les préfets constateront, chaque année après la signature desdits contrats, l’écart entre l’objectif d’évolution des dépenses fixées dans les contrats et les dépenses réellement exécutées. Les représentants de l’État devront ainsi organiser au minimum “une réunion par an” avec chaque collectivité concernée, mais “il est toutefois recommandé de convenir d’un rythme plus fréquent de rencontre”, souligne la circulaire. Cet “examen partagé” doit notamment permettre de “prendre en compte les éléments susceptibles d’affecter la comparaison des dépenses réelles de fonctionnement sur plusieurs exercices” : changements de périmètre budgétaire ou géographique (création de commune nouvelle ou modification du périmètre des intercommunalités), transferts de compétences entre collectivités ou “survenance d’éléments exceptionnels”, comme des catastrophes naturelles par exemple. À l’issue de cet examen, le préfet aura le soin d’activer le mécanisme de reprises financières s’il constate un dépassement de l’objectif annuel d’évolution des dépenses fixé dans le contrat. En cas de non-respect de ce contrat, les sanctions pourraient en effet être plus lourdes pour les collectivités qui n’auraient pas signé. Dans le cas où ces collectivités ne respecteraient pas la trajectoire d’évolution des dépenses fixée dans le contrat, les pénalités sont en effet importantes : “100 % de l’écart entre les dépenses exécutées et le plafond, contre 75 % pour les échelons signataires”

Départements, régions et communes claquent la porte de la Conférence des territoires

L’Assemblée des départements de France, Régions de France et l’Association des maires de France (AMF) ont annoncé qu’elles ne participeraient pas à la prochaine Conférence nationale des territoires. La décentralisation est “en danger”, selon elles. C’est un camouflet pour l’exécutif.

03/07/2018 | ACTUALITÉ

Unis face au gouvernement. Mardi 3 juillet, l’Assemblée des départements de France (ADF), Régions de France (ex-ARF) et l’Association des maires de France (AMF) ont annoncé qu’elles boycotteront la réunion de l’instance de pilotage de la Conférence nationale des territoires (CNT), prévue mercredi 4 juillet, mais aussi la conférence proprement dite du 12 juillet prochain. Les motifs de leur mécontentement : le recul, selon eux, de la décentralisation par la “mise sous tutelle financière” des collectivités, le “faux-semblant” actuel de concertation et de dialogue et les décisions prises de manière “unilatérale” par l’exécutif. “Depuis un an, les relations entre l’État et les collectivités locales ne fonctionnent plus […] nous sommes dans une impasse de dialogue”, a souligné lors d’une conférence de presse le président de l’AMF, François Baroin, rejoint par ses homologues de Régions de France, Hervé Morin, et de l’ADF, Dominique Bussereau, qui ont respectivement évoqué un “simulacre de dialogue” et une décentralisation qui, là encore, “ne fonctionne pas”. Départements instigateurs Par cette annonce, les régions et les communes ont donc décidé de suivre la position adoptée la semaine dernière par leurs homologues départementaux de ne pas participer à ce grand raout semestriel du monde local, lancé en juillet 2017 par Emmanuel Macron. Lors de la réunion d’un bureau extraordinaire le 29 juin, l’ADF avait en effet décidé de geler ses relations avec l’État après ce qu’elle a appelé “l’incroyable volte-face” du gouvernement, “qui a renoncé à toute prise en compte des besoins des départements et donc des plus démunis de nos compatriotes” en matière d’allocations individuelles de solidarité (AIS), estime l’ADF. Dans le viseur précisément de l’association : le refus de l’exécutif de procéder à une augmentation du taux plafond des droits de mutation (DMTO, les frais de notaire) de 4,5 % à 4,7 %. Cette option aurait permis aux départements de lever quelque 490 millions d’euros. Une enveloppe qui aurait ensuite été répartie entre les départements les plus en difficulté dans le versement de leurs AIS (revenu de solidarité active, allocation personnalisée d’autonomie, prestation de compensation du handicap) [cliquez ici pour consulter notre article : “Les départements gèlent leurs relations avec l’État”]. “C’est ce qui a fait déborder le vase, a expliqué le président de l’ADF et président du conseil départemental de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau. Matignon a décidé de punir les départements puisque nous n’étions pas favorables aux contrats financiers entre l’État et les collectivités.” Mise sous tutelle Initié par l’exécutif en vue de limiter à + 1,2 % la hausse des dépenses de fonctionnement des collectivités, ce processus de contractualisation cristallise en effet les critiques des 3 grandes associations d’élus, qui ont même appelé leurs adhérents à ne pas contractualiser avec l’État. Au total, à l’échéance du 30 juin fixée par la loi, ce sont finalement plus de 70 % des 322 collectivités concernées par cette démarche qui ont signé lesdits contrats [cliquez ici pour consulter notre article : “Contractualisation financière : 70 % des collectivités concernées approuvent le dispositif”]. “Les régions n’ont pas attendu l’État pour être vertueuses, mais ceux qui nous donnent des leçons ne cessent d’augmenter leurs dépenses […], l’État se doit aussi d’être vertueux”, a souligné Hervé Morin, président de Régions de France et de la région Normandie. Un constat partagé par François Baroin, patron de l’AMF : “Nous contractualisons avec l’État depuis des années, mais cette contractualisation n’est pas une contractualisation, mais un diktat, une lettre ministérielle qui vient de Bercy et qui dit : tu signes ou t’es mort”, a-t-il critiqué, en référence aux mécanismes de reprises financières en cas de non-respect de l’objectif d’évolution des dépenses. Ces sanctions risquent même d’être plus lourdes pour les collectivités non-signataires. “Même ceux qui ont signé l’on justement fait pour inverser la charge de la preuve (et) pour montrer que dans les semaines et les mois à venir, l’État n’a pas de parole et ne tient pas ses engagements [en matière de contrats de plan État-régions ou de cofinancement d’investissements avec les départements, communes ou intercommunalités, ndlr]”, a-t-il ajouté pour justifier le choix de la commune de Troyes, dont il est le maire, de signer un contrat financier avec l’État. Échec pour l’exécutif Le boycott de la Conférence nationale des territoires est dans tous les cas “un terrible échec politique pour l’exécutif”, comme l’a résumé Dominique Bussereau, de l’ADF. Un échec d’autant plus important qu’un sujet qui devrait être évoqué lors de la Conférence nationale des territoires nécessite un consensus a minima avec les associations d’élus : la réforme de la fiscalité locale impliquée par la suppression de la taxe d’habitation. Selon nos confrères des Échos, le gouvernement devrait en effet annoncer, mercredi 4 juillet, ses premiers arbitrages sur les scénarios de compensation de la perte du produit de cette taxe. L’exécutif serait ainsi favorable au transfert des parts départementales et intercommunales de la taxe sur le foncier bâti vers les communes. En compensation, les départements et les intercommunalités bénéficieraient d’une part d’impôt national. Des pistes que la mission conduite par le sénateur LREM Alain Richard et l’ancien préfet Dominique Bur avait avancées dans son rapport remis en mai dernier au Premier ministre, Édouard Philippe. France urbaine, Villes de France et l’ADCF participeront à la CNT Dans un communiqué commun, France urbaine, Villes de France et l’Assemblée des communautés de France (ADCF) ont annoncé qu’elles présenteront “de concert”, lors de la Conférence nationale des territoires, “une liste des améliorations majeures” du processus de contractualisation. Dans le désordre : neutralisation de l’impact des dépenses imposées par l’État (dépenses de personnel qui résultent de la gestion des Pacs par les services de l’état civil, du “plan mercredi” pour les écoliers, de la réquisition des policiers municipaux lors des grandes manifestations…), déduction des recettes apportées par l’État ayant fait l’objet d’une contractualisation avec la collectivité, déduction des participations allouées à un syndicat ou un budget annexe concourant à l’autofinancement d’un grand équipement, possibilité pour le préfet ou la collectivité de saisir pour avis la chambre régionale des comptes... Pour rappel, ces associations s’étaient, elles, déclarées favorables à la démarche lancée par le gouvernement.


Pour la première fois, une femme élue maire de Tunis

Souad Abderrahim, tête de liste du parti islamo-conservateur Ennahdha, a été élue, mardi 3 juillet, maire de la capitale tunisienne.

03/07/2018 | ACTUALITÉ

C’est une première pour la capitale tunisienne. Une femme, Souad Abderrahim, tête de liste du parti islamiste Ennahdha lors des récentes élections municipales, a été élue maire de Tunis mardi 3 juillet. Celle qui se définit comme indépendante, tout en étant membre du bureau politique d’Ennahdha, l’a emporté par 26 voix contre 22 pour son principal adversaire, Kamel Idir. Considéré comme islamo-conservateur, le parti de la nouvelle maire était arrivé en tête à Tunis, mais sans majorité, avec 21 sièges sur 60, lors des municipales du 6 mai, les premières depuis la révolution. Kamel Idir, ancien responsable local sous le régime de Ben Ali, était la tête de liste du parti Nidaa Tounès, fondé par le Président tunisien, Béji Caïd Essebsi, et actuel allié d’Ennahdha au niveau national. Réputation de moralisatrice “J’offre cette victoire à toutes les femmes de mon pays, à toute la jeunesse et à la Tunisie”, a lancé cette gérante d’une entreprise pharmaceutique âgée de 53 ans. “Le premier dossier, ça sera l’amélioration de l’esthétique de Tunis”, a-t-elle déclaré à l’AFP. La capitale tunisienne est notamment confrontée à un problème de gestion des déchets, qui a empiré après la révolution de 2011 ayant chassé Ben Ali du pouvoir. Militante durant ses années universitaires, Souad Abderrahim avait siégé au sein du bloc Ennahdha à l’Assemblée constituante de 2011 à 2014, où elle s’était taillé une réputation de moralisatrice. Elle avait ensuite quasiment disparu du paysage politique, jusqu’aux municipales du 6 mai. Ces élections municipales ont marqué le début de la décentralisation, un projet crucial dans un pays où les municipalités étaient jusque-là peu autonomes et dépendantes d’une administration centrale souvent clientéliste. (avec AFP)


NOMINATIONS

Le DGS du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine rejoint une association

Jean-Baptiste Fauroux, directeur général des services (DGS) du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine depuis 2011, va devenir directeur général de l’Association départementale d’amis et de parents d’enfants inadaptés (Adapei) de Gironde. Rappelons que cette association, créée en 1958, accueille notamment plus de 2 000 personnes handicapées mentales et psychiques dans 45 établissements. Jean-Baptiste Fauroux remplace ainsi Emmanuel Devreese, qui quitte ses fonctions, selon le quotidien Sud-Ouest, à la suite de tensions avec les salariés de la structure. Âgé de 63 ans, Jean-Baptiste Fauroux a été, pendant dix ans, le directeur général des services de la ville de Lyon (2001-2011). Il a également été secrétaire général adjoint, directeur des ressources humaines de la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) en 2000-2001. Passé par Sciences Po Paris, cet énarque (promotion Droits de l’Homme, 1981) a débuté sa carrière dans la préfectorale. D’abord directeur de cabinet du préfet de l’Orne, à l’époque Louis de Faucigny-Lucinge, de 1981 à 1982, il a ensuite dirigé, en 1982, le cabinet du préfet des Hauts-de-Seine de l’époque, Jean Terrade. Puis, après un MBA de l’Institut national supérieur européen de l’administration des affaires (Insead), Jean-Baptiste Fauroux a intégré le cabinet de conseil Mc Kinsey and Company, à Paris, où il a été consultant, puis chef de projet, de 1989 à 1995. Il a ensuite rejoint le groupe métallurgique français Strafor Facom, en tant que directeur de la stratégie et du contrôle de gestion. De 1998 à 2000, il est ensuite devenu directeur général d’une filiale de ce même groupe.

03/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Comment ébaucher la fiscalité locale de demain ?

Économiques ou démocratiques, les défis que la réforme de la fiscalité locale devra relever sont légion. Il s’agit aujourd’hui de faire des choix. Troisième volet de notre enquête sur la suppression de la taxe d'habitation et la réforme de la fiscalité locale à venir. 

03/07/2018 | ACTUALITÉ

Comment aboutir à une fiscalité locale optimale ? C’est la problématique qui se pose à l’exécutif et aux élus locaux dans le cadre de la réforme annoncée de la fiscalité locale. Loin de se limiter aux seuls scenarii de compensation de la suppression de la taxe d’habitation, cette réforme englobe plusieurs défis de taille, qu’il s’agit aujourd’hui de relever. Ou, au mieux, d’essayer de relever compte tenu de la multitude des intérêts et des forces en présence. La fiscalité ne peut en effet être uniquement considérée d’un point de vue économique. « L’approche technicienne est la plupart du temps privilégiée, ce qui aboutit à en exclure le caractère politique et social, juge Michel Bouvier, professeur de droit public. Or la fiscalité est un fait social et politique par excellence, un élément clé de la démocratie de proximité qui contribue d’une certaine manière à organiser la vie en société. » Antinomiques et/ou complémentaires, quels sont donc les véritables enjeux pour la fiscalité locale de demain et les objectifs autour desquels le débat doit aujourd’hui s’organiser ? Trouver des ressources adéquates pour les collectivités. Tel est le défi originel posé par l’annonce de la suppression de la taxe d’habitation. Un sujet qui est aujourd’hui au cœur des discussions entre l’exécutif et les associations d’élus, pour trouver une ressource de remplacement adaptée à chaque catégorie de collectivités. De l’aveu de la mission conduite par le sénateur Alain Richard et l’ancien préfet Dominique Bur, les dimensions respectives de cet objectif seraient malgré tout « difficilement conciliables ». Selon ces derniers, la réforme de la fiscalité locale, pour déboucher sur une situation « optimale », devrait en effet à la fois aboutir à une cohérence entre la nature des ressources fiscales perçues et les compétences exercées par les collectivités, entre la dynamique des recettes et celle de la dépense locale, entre le produit de la fiscalité locale et l’ampleur des besoins de la population habitant dans le ressort géographique de la collectivité ou encore à une cohérence entre la localisation de la base taxable et le degré de proximité du service public rendu. Cette équation (complexe) pose avant tout la question de la ventilation actuelle de la fiscalité locale entre les niveaux de collectivités, où certains bénéficient de taxes sans lien avec les compétences qu’ils exercent. La réforme à venir de la fiscalité locale pourrait-elle donc aboutir à une plus grande adéquation entre les produits fiscaux et les spécificités de chacune des collectivités ? Nombre d’avis vont aujourd’hui en ce sens. « Si l’on compte faire de la fiscalité locale un véritable élément d’efficacité, l’on pourrait par exemple accorder davantage de recettes fiscales aux intercommunalités afin que celles-ci puissent disposer de l’ensemble des moyens pour mener à bien leurs politiques publiques », suggère Luc-Alain Vervisch, directeur des études de La Banque postale. Une solution prônée de manière beaucoup plus directe par Didier Gardinal, du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Compte tenu de la récente montée en puissance des intercommunalités et des régions – via notamment la loi de 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) –, celui-ci plaide en effet en faveur d’une concentration des ressources fiscales uniquement sur ces deux strates de collectivités locales, qui seraient ensuite chargées de ventiler les ressources auprès des communes pour la première et auprès des départements pour la seconde. Ce déplacement de la fiscalité locale, « qui ne présage bien entendu pas la disparition des communes, rassure-t-il, renforcerait la cohérence de gestion et la solidarité entre les collectivités d’un même territoire de vie et donnerait aux élus de véritables moyens d’action au service de leurs compétences ». Offrir une meilleure visibilité aux collectivités. Après les années de baisse unilatérale des dotations intervenues sous la Présidence socialiste de François Hollande, c’est l’autre objectif de taille de la réforme de la fiscalité locale. « Il est aujourd’hui très difficile pour les collectivités d’anticiper leurs ressources sur les prochaines années, souligne Thomas Rougier, de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGPL). Si le milieu de l’entreprise était autant malmené par les mesures législatives, il hurlerait. » Si, sur le long terme, la marge de prévisibilité pour les collectivités pourrait être accrue, le bât blesse encore sur le court terme, le gouvernement n’ayant pas encore rendu ses arbitrages sur les pistes de compensation possibles de la perte du produit de la taxe d’habitation (réallocation d’impositions locales existantes, transfert d’une fraction d’impôts nationaux…). « L’exécutif se doit de donner rapidement aux élus locaux des éléments sur les pistes de réforme qu’il pourrait envisager », explique un acteur du dossier. L’attente du bloc local est en effet grande. « Le jeu de bonneteau fiscal se poursuit […], c’est surréaliste, juge ainsi Pierre Monzani, délégué général de l’Assemblée des départements de France (ADF). Le gouvernement a eu le courage d’annoncer la suppression de la taxe d’habitation, il faut désormais qu’il la remplace et la paye. » Néanmoins selon nos confrères des Echos, le gouvernement pourrait annoncer, mercredi 4 juillet, à l’occasion de la réunion de l’instance de pilotage de la Conférence nationale des territoires, les scénarios qu’il envisage pour compenser la perte du produit de cette taxe. L’exécutif serait ainsi favorable au transfert des parts départementales et intercommunales de la taxe sur le foncier bâti vers les communes. En compensation, les départements et les intercommunalités bénéficieraient d’une part d’impôt national. Réduire les inégalités. C’est la justification qui a poussé le gouvernement à envisager la suppression de la taxe d’habitation : un impôt considéré comme injuste pour les collectivités comme pour les contribuables (lire pages …). Malgré tout, comme le souligne la mission Richard-Bur, si la fiscalité locale « n’a pas pour vocation principale de se voir assigner une fonction de redistribution, qui relève prioritairement de l’échelon national et en particulier de l’impôt sur le revenu, elle peut (néanmoins) être conçue de façon à éviter que les prélèvements n’aggravent » plusieurs types d’inégalités. Dans le désordre : les inégalités entre les différentes base taxables (actuellement, la fiscalité locale pèse en effet davantage sur les stocks, tels que la propriété foncière, que sur les flux, comme la valeur ajoutée des entreprises, les revenus), entre les collectivités territoriales elles-mêmes (liées aux écarts de richesses qui demeurent importants malgré les dispositifs de péréquation) et entre les types de ménages. Reste que ces deux derniers objectifs demeurent pour le moins contradictoires, explique Dominique Bur. Les écarts de richesse entre les collectivités « ne seraient qu’accentués en cas d’augmentation de la pression fiscale sur les ménages les plus aisés », estime l’ancien préfet. Rendre lisible la fiscalité locale pour les contribuables. On revient ici à la philosophie même de l’impôt et du consentement à ce dernier. « Les citoyens tiennent de plus en plus à savoir pourquoi ils payent et comment sont utilisés leurs impôts, explique Didier Gardinal, du CESE. Mais force est de constater que le contribuable peine toujours à établir le lien entre sa contribution et la collectivité qui la perçoit. » Un simple coup d’œil à un avis de taxe d’habitation et au détail du calcul des cotisations suffit en effet à confirmer cette opacité. L’heure de la clarification et de la simplification aurait-elle donc sonné ? C’est en tout cas le souhait formulé par la mission Richard-Bur, selon laquelle la limitation des taxes « multiniveaux » contribuerait à simplifier et à rendre plus lisible le paysage fiscal local, particulièrement pour le contribuable. Maintenir un lien avec le contribuable. C’est le corollaire du besoin de simplification de la tuyauterie fiscale et de sa lisibilité pour ledit contribuable. La fiscalité directe locale étant un enjeu démocratique majeur, il s’agit désormais d’aboutir à une réforme de la fiscalité qui ne distendrait pas le lien établi entre l’administré et sa collectivité, notamment au travers de sa taxe d’habitation. « L’impôt n’est pas seulement une ressource financière, explique l’Association finances-gestion-évaluation des collectivités territoriales (Afigese). Il marque aussi un lien avec le citoyen en tant que contributeur à la charge de la collectivité et bénéficiaire des services publics fournis par ces dernières. » « Ce lien touche au vivre-ensemble et donc à la démocratie, il scelle la relation de confiance entre l’administré et l’élu de proximité, ajoute l’ancien ministre Alain Lambert. C’est la légitimation des actions de l’autorité locale. » Reste que ce lien entre le contribuable et sa collectivité (au travers de l’impôt) pourrait se voir prochainement mis à mal en raison des solutions qui pourraient être retenues en vue de remplacer la taxe d’habitation. « Quelle que soit la solution qui sera choisie, ce lien risque d’en pâtir », juge un observateur de la réforme. En cas d’octroi de nouvelles dotations pour compenser la perte du produit de la taxe d’habitation (une piste peu probable), le lien avec le contribuable serait bien entendu inexistant. Si le transfert d’une fraction d’impôts nationaux (quel qu’il soit) devait être envisagé, le lien avec le contribuable serait alors maintenu, mais uniquement à l’échelle nationale et non plus locale. La réallocation d’impositions existantes entre les différents niveaux de collectivités présenterait, pour sa part, l’intérêt de maintenir ce lien entre le contribuable et les services publics communaux et intercommunaux. Pour nombre d’acteurs néanmoins, la meilleure solution pour maintenir ce lien aurait été de créer un nouvel impôt local. Une piste abandonnée d’emblée par le gouvernement pour éviter une nouvelle pression fiscale sur les ménages, mais que la mission Richard-Bur a tout de même envisagée dans les toutes dernières pages de son rapport. Effectuée à la demande de « certaines associations d’élus auditionnées », la simulation a abouti à deux scenarii : l’instauration d’une contribution communale forfaitaire uniforme pour l’ensemble des foyers fiscaux ou la création d’une contribution communale, cette fois-ci progressive, dont le montant varierait selon la tranche marginale à laquelle est assujetti chaque contribuable, c’est-à-dire le taux d’imposition applicable à la partie supérieure des revenus (la dernière tranche). Autant de pistes jugées non crédibles par la mission Richard-Bur, puisque contradictoires « avec l’engagement pris par le président de la République de ne créer aucun impôt nouveau ». Ces nouvelles contributions risqueraient aussi de creuser les inégalités entre les communes dont les résidents ont des revenus élevés et celles comprenant une majorité de ménages à faibles ressources. Néanmoins, la dernière piste (un impôt local basé sur les revenus) aurait eu « un certain sens pour le contribuable, estime Alain Guenguant, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il perçoit en effet clairement ce qu’est un prélèvement sur le revenu ». Une voie que plusieurs de nos partenaires européens comme internationaux ont déjà empruntée (lire pages …). Garantir l’autonomie des collectivités territoriales. C’est une question qui revient sur le devant de la scène à chaque fois qu’un exécutif entend toucher aux finances des collectivités. Comme lors de l’annonce de l’instauration de pactes financiers entre l’État et les collectivités en vue de réduire les dépenses de fonctionnement de ces dernières, la décision prise de supprimer la taxe d’habitation n’a pas manqué de susciter les critiques du bloc communal notamment, qui voyait là une atteinte au principe constitutionnel régissant l’organisation des collectivités. « En privant de manière autoritaire les communes et leurs intercommunalités d’un tel montant de ressources propres, l’État remet en cause leur libre administration et leur capacité à assurer les services publics essentiels attendus par la population », avait notamment argué l’Association des maires de France. Érigé tel un totem par les élus locaux, ce principe constitutionnel de libre administration, accompagné du principe d’autonomie financière, ne peut malgré tout s’entendre comme une autonomie fiscale pleine et entière. La consécration constitutionnelle du principe d’autonomie financière, introduite par la révision constitutionnelle de 2003, a « été une désillusion », explique le député LREM Christophe Jerretie, corapporteur avec le Républicain Charles de Courson d’une mission de la délégation aux collectivités territoriales de l’Assemblée nationale sur l’autonomie financière des collectivités. Dans le détail, ce principe repose sur deux postulats. D’une part, celui selon lequel les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivités « représentent pour chaque catégorie de collectivité une part déterminante de leurs ressources ». D’autre part, les collectivités doivent pouvoir « recevoir tout ou partie du produit des impositions de toutes natures » et la loi doit pouvoir « les autoriser à en fixer l’assiette et le taux dans les limites qu’elle détermine ». « Malheureusement, la loi organique de 2004, nécessaire pour préciser cette notion de part déterminante des ressources propres, a retenu une définition beaucoup trop large de la ressource propre, en incluant les ressources fiscales sur lesquelles les collectivités ont un levier d’action, mais aussi celles sur lesquelles elles n’ont aucun pouvoir », a expliqué Charles de Courson, en séance publique le 19 juin, lors de l’examen d’une proposition de résolution visant à promouvoir l’autonomie fiscale des collectivités. Une résolution finalement non adoptée. Le gouvernement considère que la consécration de l’autonomie fiscale des collectivités serait « source de complexité », « limiterait les pouvoirs du législateur qui verrait s’affaiblir son pouvoir d’orientation de la fiscalité locale » et « pourrait conduire à une concurrence dommageable entre collectivités ». Outre ces revendications pour une consécration de l’autonomie fiscale dans le cadre de la révision en cours de la Constitution –une idée portée par ces deux députés, mais aussi par plusieurs associations d’élus –, la question reste aujourd’hui de savoir si le scenario de compensation de la taxe d’habitation qui pourrait être trouvé ne remettra pas en cause le principe de la « part déterminante des ressources propres » des collectivités, c’est-à-dire celles qui relèvent de leurs compétences. Une équation de plus.


Impôts locaux : un pouvoir local grignoté de l’intérieur

Au cours des dernières décennies, les réformes successives des impôts locaux se sont faites au détriment des collectivités. Au point de remettre en cause la philosophie décentralisatrice. Quatrième volet de notre enquête sur la suppression de la taxe d'habitation et la réforme de la fiscalité locale à venir. 

03/07/2018 | ACTUALITÉ

La fiscalité locale serait-elle victime de termites ? C’est l’opinion de plusieurs spécialistes du secteur et notamment du professeur de droit public Michel Bouvier, qui n’hésite pas à utiliser une telle métaphore. « Prenez une table rognée de l’intérieur par les termites […]. À première vue, vous n’avez pas l’impression qu’elle est en mauvais état, mais une fois que vous vous appuyez dessus, elle s’écroule […]. La situation est la même pour la fiscalité locale », explique celui qui est également président de l’Association pour la fondation internationale de finances publiques (Fondafip). En cause selon lui : un pouvoir fiscal local « de plus en plus miné de l’intérieur » depuis les lois de décentralisation des années 1980. Un constat que partage Alain Guenguant, directeur de recherches honoraire au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) : « Nous assistons depuis des années à un profond recul de la fiscalité locale ce que ne fera qu’accentuer la suppression de la taxe d’habitation et son éventuel remplacement par la réaffectation d’une fraction d’impôt national. » S’il a fallu attendre les années 1970 pour que la fiscalité locale « devienne une source de financement importante et que le pouvoir fiscal connaisse son apogée », « à partir de la seconde moitié des années 1980, le mouvement va progressivement prendre fin, au profit d’une décadence de l’autonomie fiscale locale », souligne Michel Bouvier. Atteinte progressive   Après la modernisation des impôts hérités de l’époque révolutionnaire – notamment par la création, en 1973, de la taxe d’habitation et des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties puis, en 1975, de la taxe professionnelle – et après la consécration du pouvoir fiscal des collectivités par une loi de janvier 1980 qui institua le droit de voter les taux, le périmètre de la fiscalité « s’est considérablement réduit du fait de la volonté des exécutifs et gouvernements successifs », juge un acteur clé de la réforme en cours de la fiscalité locale. Une conjoncture qui trouve notamment sa source dans la prolifération des dégrèvements, exonérations et autres abattements, qui vont « progressivement transformer les impôts locaux en dotations effectives ou déguisées par le biais des compensations », explique le professeur Michel Bouvier. Autant de mesures décidées le plus souvent par le législateur pour des raisons politiques, comme la réduction de la pression fiscale sur les contribuables. Pour la taxe d’habitation par exemple, les personnes âgées de plus de 60 ans ou les infirmes et invalides, les veufs et les veuves peuvent, selon leurs revenus, être exonérés de cet impôt, tout comme les titulaires de l’allocation solidarité ou supplémentaire d’invalidité ou encore les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (toujours selon leurs revenus). Reste que leur juste compensation par l’État n’est pas toujours au rendez-vous. « Et c’est là que le bât blesse ! » juge un élu local remonté. Selon une note de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGPL), l’État ne compenserait à l’heure actuelle que 39 % des allégements décidés par le législateur – au travers de dotations compensatrices, de fonds de péréquation ou d’allocations compensatrices. Plus de 60 % des allégements accordés par l’État, soit 2,5 milliards d’euros, sont donc aujourd’hui financés par les collectivités. Autre source « d’atteinte au pouvoir fiscal des collectivités », selon Michel Bouvier : la transformation progressive des impôts locaux en dotations. La création de la dotation globale de fonctionnement (DGF) – la subvention la plus importante que verse actuellement l’État aux collectivités (31 milliards d’euros en 2017) – en est l’exemple emblématique. Cette dotation trouve en effet son origine dans plusieurs impôts (sur les salaires notamment) qui se sont progressivement transformés en subventions. Autre exemple : la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (DCRTP), issue de la suppression de la taxe professionnelle en 2010 et octroyée aux territoires jugés comme « perdants », à savoir ceux qui étaient mieux dotés en taxes professionnelles qu’ils n’ont bénéficié de nouvelles impositions. Décentralisation en jeu « On en arrive à une situation particulièrement paradoxale, souligne Michel Bouvier. Alors qu’au travers des lois de décentralisation, l’on a voulu donner davantage de marges manœuvre aux collectivités en les responsabilisant, leur autonomie de gestion a été progressivement grignotée au fil des années. » Une situation qui n’est pas près de s’arranger avec la suppression de la taxe d’habitation, déjà actée dans le cadre de la loi de finances pour 2018 par le dégrèvement de cet impôt pour 80 % des foyers. « L’évolution de la fiscalité locale, à terme, est susceptible de rendre les collectivités totalement dépendantes des stratégies et surtout des contraintes financières de leur principal bailleur de fonds, c’est-à-dire l’État », ajoute Michel Bouvier. Anachronique ou non, le pouvoir fiscal local et son évolution au fil des réformes des finances locales pose nécessairement la question de la philosophie même de la décentralisation. « Nous sommes arrivés à un stade où il faut tirer les conséquences des lois de décentralisation, estime l’ancien ministre et président du Conseil national d’évaluation des normes (CNEN), Alain Lambert. Soit l’État rend pleinement responsables les collectivités, soit il donne le sentiment aux territoires qu’ils sont majeurs tout en les plaçant dans une situation de mineurs protégés. » L’esprit de la décentralisation s’éteindrait-il donc au fur et à mesure de son développement et des évolutions successives de la fiscalité locale ? Probable… Et de l’aveu d’un spécialiste, « la tendance n’est pas près de s’inverser ». 


NOMINATIONS

Nomination du responsable du rapprochement de France 3 et du réseau France Bleu

Alors que la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a dévoilé début juin les premières propositions de la réforme en cours de l’audiovisuel public, France Télévisions a notamment nommé, lundi 2 juillet, Germain Dagognet en tant que directeur en charge de son projet de “régionalisation”. Celui-ci aura désormais pour mission de coordonner, comme l’intitulé de son poste l’indique, la “régionalisation” du groupe, et notamment un des axes de la réforme voulue par le gouvernement, celui du rapprochement de la chaîne France 3 et du réseau de radios locales France Bleu, qui vont tester des matinales communes à la rentrée. La patronne du groupe, Delphine Ernotte, a également chargé son jeune directeur de cabinet, Stéphane Sitbon-Gomez, 30 ans, “de l’ensemble du projet de transformation [du groupe] en lien avec chacune des directions opérationnelles”. Rappelons que ledit projet prévoit notamment de reporter massivement les investissements de France Télévisions sur le numérique, un secteur où le groupe a accumulé du retard. Réorganisation de l’état-major Avec ces nominations, Delphine Ernotte poursuit ainsi la réorganisation de son état-major, à deux ans de la fin de son mandat. Pour mémoire, celle-ci avait déjà nommé, en janvier dernier, l’ex-président de Lagardère Studios, Takis Candilis, au poste de directeur général délégué à l’antenne et aux programmes, en remplacement de Xavier Couture [lire notre article sur le sujet]. Le groupe a par ailleurs décidé récemment de remplacer, dès 2019, les patrons de chaînes par des directions “transverses”, aux documentaires, aux magazines ou à la culture [lire notre article sur le sujet]. Ancien rédacteur en chef à LCI Germain Dagognet, pour sa part, était jusqu’ici, et depuis 2015, directeur délégué à l’information pour France Télévisions et directeur délégué du projet France Info, qu’il a contribué à lancer sur la TNT fin 2016. Titulaire d’une maîtrise de droit et d’un DEA de “politique criminelle et droits de l’Homme”, cet ancien journaliste et présentateur de Radio France à Lyon (1984-1986) a notamment été conseiller technique, entre 1988 et 1990, au cabinet du ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Lionel Jospin. Passé ensuite par plusieurs chaînes télévisées entre 1991 et 2015, il a notamment été, durant cette période, rédacteur en chef à LCI (1998-2008) et rédacteur en chef des journaux du week-end de TF1 à partir de 2008.

03/07/2018 | NOMINATION FRANCE

Un rapporteur général pour le projet de loi “Pacte” à l’Assemblée nationale

Après la création d’une commission spéciale, à l’Assemblée nationale, chargée d’examiner le projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (dit “Pacte”), Roland Lescure, député LREM des Français établis hors de France et président de la commission des affaires économiques du Palais-Bourbon, devrait être désigné, ce mardi 3 juillet, rapporteur général sur le texte. La députée LREM de Paris Olivia Grégoire devrait, quant à elle, se voir confier la présidence de ladite commission. Examiné à l’Assemblée nationale à partir de septembre prochain, le projet de loi prévoit une série de mesures visant à rendre les entreprises plus compétitives. Roland Lescure (photo), 51 ans, est député, président de la commission des affaires économiques, depuis 2017. Ce polytechnicien, passé par l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae) et la London School of Economics, était, avant son élection, premier vice-président et chef des placements de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et ce depuis 2009. Passé par des postes d’adjoint à des chefs de bureau à Bercy, il a également été, au cours de sa carrière, chef de la division “Synthèse conjoncturelle” à la direction générale de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), de 1997 à 1999, avant d’évoluer dans plusieurs compagnies de gestion d’actifs entre 1999 et 2009. Olivia Grégoire, 39 ans, est aussi entrée à l’Assemblée nationale en 2017. Passée par Sciences Po Paris et l’Essec, cette porte-parole du groupe La République en marche du Palais-Bourbon était, avant son élection, directrice d’un cabinet de conseil en communication et accompagnement des entreprises qu’elle avait aussi fondé, Olicare. Ancienne conseillère, entre 2005 et 2007, de Xavier Bertrand puis de Philippe Bas au ministère de la Santé, elle a également été, entre autres, directrice de la communication et du développement durable du pôle “Conditionnement” du groupe Saint-Gobain en 2011.

03/07/2018 | NOMINATION FRANCE