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État d'urgence aux urgences

26 févr. 2013, PAR Xavier Sidaner
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Les élus du Front de gauche à la mairie de Paris ont vivement réagi à l’annonce du député PS de Paris et président de l’AP-HP Jean-Marie Le Guen de fermer le service des urgences de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Les syndicats de médecins attendent quant à eux le plan promis par la ministre de la Santé pour les services d’urgences.


Le Parti de gauche et le Parti communiste français, réunis au Conseil de Paris, ont fait bloc contre la proposition choc de Jean-Marie le Guen, député PS et président du conseil d’administration de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le 24 février, ce dernier avait annoncé une fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu, justifiant son choix par un manque de moyens. “Faute de pouvoir financer des travaux de mise aux normes au coût exorbitant, le très vieil Hôtel-Dieu ne pouvait plus fonctionner. À la place, nous allons créer un hôpital debout, un hôpital de santé publique où l’on ne dormira pas, l’hôpital du XXIe siècle”, s’était-il justifié.

Une idée farfelue”, ont réagi les élus de gauche. “À ce rythme-là, l’hôpital moderne aura bientôt pour vocation de n’accueillir que des gens en parfaite santé”, ont protesté les élus du Front de gauche pour qui tous les artifices rhétoriques du monde ne sauraient masquer le caractère profondément injuste d’une telle vision de l’AP-HP, qui fait fi de l’intérêt des patients et de l’urgence de la situation. Un hôpital sans lit est un hôpital mort”.

Et même si Jean-Marie Le Guen a promis le maintien d’un centre d’accès aux soins en urgence ouvert 24 heures sur 24 à tous les cas non graves, le compte n’y est pas. Selon le groupe PCF-PG, “cette sortie va à l’encontre de la très forte mobilisation de la communauté médicale et s’inscrit contre la position de la majorité municipale. L’Hôtel-Dieu (…), seul hôpital situé au centre de Paris, accueille chaque année près de 45 000 patients”, soulignent les élus.

Plan en 2013

Pour l’heure, aucune décision formelle n’est prise. C’est en tout cas la garantie qu’a apportée la direction de l’AP-HP à l’AFP en précisant que “le processus de consultation des instances internes et des partenaires externes [n’était] pas achevé”.

Du côté du ministère de la Santé, c’est silence radio, même si l’avenir des urgences, et pas seulement de l’Hôtel-Dieu, préoccupe la ministre, Marisol Touraine, au point qu’elle a lancé un plan d’action à l’automne dernier. Je ne veux plus voir des patients attendre des heures sur des brancards dans les couloirs”,avait déclaré la ministre le 18 octobre. Le plan en question vise principalement à désengorger les urgences en organisant mieux les services en lien avec la médecine de ville.

Cette nouvelle organisation des urgences devait être arrêtée en fin d’année dernière pour une mise en œuvre début 2013. En attendant les premières décisions, les syndicats d’urgentistes – l’Amuf et le Samu-Urgences de France –, deux jours avant la polémique déclenchée par Jean-Marie Le Guen, sont montés au créneau pour crier à “l’urgence”.

Attention, nous allons droit vers un mur et, sauf à engager immédiatement un plan visant à redonner une visibilité et une réelle attractivité aux métiers de l’urgence, nous n’aurons plus demain que des coquilles vides, vides de professionnels qualifiés, en lieu et place de nos structures d’urgence”, avaient-ils écrit dans une lettre adressée le 22 février à la ministre.

Xavier Sidaner