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Les services publics, l’autre sujet de la conférence sociale

19 juin 2013, PAR Sylvain Henry
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La ministre de la Réforme de l’État, Marylise Lebranchu, présidera, le 20 juin, la table ronde sur l’avenir des services publics lors de la grande conférence sociale. Une opération déminage face à des syndicats en colère après l’annonce du maintien du gel du point d’indice des fonctionnaires.


“Moderniser l’action publique pour conforter notre modèle de service public.” C’est le thème de la table ronde numéro 5, celle que présidera Marylise Lebranchu, jeudi 20 juin après-midi, dans le cadre de la grande conférence sociale 2013. Quatre heures de concertation censées esquisser ce que seront les services publics de demain. Pas de place, en théorie, pour parler des sujets qui fâchent.

Heureusement, parce qu’ils sont nombreux : le gel du point d’indice en 2014 que vient de confirmer la ministre de la Fonction publique, la possible refonte du mode de calcul des retraites des fonctionnaires après la publication du rapport Moreau, les suppressions de postes dans les ministères non prioritaires. Autant de gros nuages noirs qui obscurcissent l’horizon des relations sociales entre gouvernement et syndicats. Marylise Lebranchu sera donc d’abord en opération déminage. Il s’agira ensuite de fixer un cap et de tenter de rassurer des organisations syndicales qui ont acté le principe d’une grande mobilisation sur les services publics, les salaires et l’emploi public à la rentrée.

L’État doit assumer son rôle” pour la FSU

Pour la CGT, les services publics sont aujourd’hui “mis à mal” sous l’effet des réformes fondées “sur le dogme de la dépense publique et l’objectif d’accroissement de la compétitivité au détriment de la réponse aux besoins des usagers. Le premier syndicat de fonctionnaires cible la Modernisation de l’action publique (MAP), le nouvel acte de décentralisation et la réforme ferroviaire et demande le maintien de services publics “forts et présents partout sur le territoire”.

Pour la FSU et sa secrétaire générale, Bernadette Groison, “la question des services publics pose celle du choix de société, du modèle social que l’on veut ou non faire vivre”. “L’État doit assumer son rôle, martèle-t-elle. On ne pourra pas sortir de la crise sans s’appuyer sur les services publics, notamment en matière d’éducation, de formation et d’orientation.” Et pas question, s’agace-t-elle, d’envisager de confier au privé des secteurs aujourd’hui pilotés par la sphère publique.

Le ton sera plus dur que l’an passé”, a prévenu Jean-Claude Mailly dans un entretien aux Échos le 18 juin, alors que le patron de la CFDT, Laurent Berger, a jugé “important de dialoguer, de confronter nos points de vue pour essayer de faire émerger des solutions”. Il a aussi admis : “Il n’y a pas de miracle à attendre.”

Sylvain Henry

Les participants à la table ronde sur les services publics
Nathalie Gamiochipi (CGT), Thierry Cadart (CFDT), Pascal Pavageau (FO), Daniel Lefebvre (CFTC), Gérard Demarcq (CFE-CGC), Guy Barbier (Unsa), Denis Turbet-Delof (Solidaires), Bernadette Groison (FSU). Patronat : Jean-Louis Chaussade (Medef), Paulin Llech (CGPME), Monique Amoros (UPA).

Lire aussi :
- Le gel du point d'indice maintenu en 2014 (juin 2013)
- La vérité sur les salaires des fonctionnaires (juin 2014)
- Pourquoi le gouvernement impose la rigueur aux fonctionnaires (juin 2013)