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Fermeté du gouvernement sur le point d’indice des fonctionnaires

15 mai 2014, PAR Sylvain Henry
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© Witt/SIPA

Alors que la croissance est nulle, le gouvernement ne peut faire aucun geste sur les salaires des fonctionnaires, font savoir Manuel Valls et Marylise Lebranchu. Les organisations syndicales espéraient une forte participation des agents publics à la grande journée de mobilisation du 15 mai.


“Nous ne pourrons faire de geste que le jour où la croissance redémarrera dans notre pays. Elle est nulle. En croissance zéro, il n’y aura pas de revoyure.” Invitée sur France Info, jeudi 15 mai au matin, la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, n’a laissé aucun espoir aux organisations syndicales, qui appelaient à une grande journée de mobilisation des agents publics sur les salaires.

La ministre a donc confirmé le maintient du gel du point d’indice des fonctionnaires cette année, après l’annonce par l’Insee d’une croissance nulle au premier trimestre. Le produit intérieur brut (PIB) entre janvier et mars n’a pas progressé par rapport au trimestre précédent, selon une première estimation publiée jeudi par l’Insee.

Fin de non-recevoir

Sept syndicats (CFDT, CFTC, CGT, FA-FP, FSU, Solidaires et l’Unsa) ont lancé un appel commun pour que les agents se mobilisent “massivement”, réclamant notamment un dégel du point d’indice, qui sert de base au calcul des salaires et n’a pas été augmenté depuis juillet 2010. FO appelle de son côté à cesser le travail.

La fermeté de Marylise Lebranchu confirme celle du Premier ministre, Manuel Valls, qui a opposé par courrier une fin de non-recevoir aux syndicats de fonctionnaires sur leurs revendications. “Les mesures fortes que j’ai annoncées le 16 avril dernier afin de stimuler notre économie et de créer davantage de richesse et d’emplois impliquent des efforts de l’ensemble de la société française”, justifie-t-il dans le courrier daté du 13 mai, révélé par Les Échos et dont l’AFP a obtenu copie.

Il s’adresse aux 7 syndicats qui ont appelé à la journée d’action : “Les efforts demandés doivent être justes et équitablement répartis”, écrit-il, tenant “à saluer” la contribution “déterminante” des fonctionnaires à l’effort “collectif de redressement”. Il réaffirme que le point d’indice n’est “pas destiné à rester indéfiniment gelé”, rappelant que la “question serait réexaminée chaque année au vu de la croissance et du redressement économique” du pays.

Réunion le 19 mai

“Je souhaite que les discussions sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations se poursuivent”, écrit encore Manuel Valls. Une réunion est prévue à l’agenda social le 19 mai. Cette lettre, qui reprend des éléments de la déclaration de politique générale de Manuel Valls, “invite les syndicats à poursuivre le dialogue”, plaide-t-on dans l’entourage du Premier ministre.

Par ailleurs, Marylise Lebranchu a précisé qu’elle n’avait toujours par “arbitré” sur la question de savoir si les plus hauts salaires de la fonction publique “pourraient faire un geste de solidarité”: “Je n’ai toujours pas arbitré. (..). Je pense qu’en période de crise nos plus hauts fonctionnaires pourraient faire un geste de solidarité”, a-t-elle dit. La ministre a précisé que cet appel s’adressait aux hauts fonctionnaires “qui gagnent un peu plus de 7 000 euros” par mois.