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Clotilde Valter remplace Thierry Mandon à la Réforme de l’État

17 juin 2015, PAR Bruno Botella
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Clotilde Valter, nouvelle secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification. - Patrick Kovarik/AFP

Un an après sa nomination comme secrétaire d’État à la Simplification et à la Réforme de l’État, Thierry Mandon part à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. Il est remplacé à son ancien portefeuille par la députée du Calvados Clotilde Valter.


François Hollande et Manuel Valls ne se sont pas contentés de remplacer Geneviève Fioraso et Carole Delga, ils ont aussi fait bouger Thierry Mandon. Secrétaire d’État très médiatique chargé depuis un an de la Réforme de l’État et de la Simplification, l’ex-député de l’Essonne récupère le portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, passant de la tutelle directe du Premier ministre à celle de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale.

Thierry Mandon revient ainsi à un sujet qu’il connaît bien. Comme député, il a été rapporteur spécial des crédits de l’enseignement supérieur et il a présidé dans son département le groupe d’intérêt public Génopole, premier biocluster français. Comme Geneviève Fioraso – qui a quitté le gouvernement pour raisons de santé –, sa proximité avec le monde de l’entreprise lui permettra de consolider les passerelles entre la recherche et l’industrie.

Méthode Mandon

Thierry Mandon quitte le secrétariat d’État à la Simplification et à la Réforme de l’État sans avoir terminé le chantier de la revue des missions. Après quelques semaines de retard, les premières conclusions devaient être rendues fin juin. C’est surtout en matière de simplification que Thierry Mandon s’est illustré. Ancien coprésident du Conseil de la simplification, il a présenté fin mai une dernière vague de mesures pour faciliter la vie des entreprises.

L’ex-député de l’Essonne ne s’est pas privé d’empiéter sur le périmètre de ses collègues. Il s’est notamment prononcé en faveur d’une réforme des recrutements des plus hauts fonctionnaires, épousant les propositions du commissaire de France Stratégie, Jean Pisani-Ferry, qui préconise de recruter d’ici dix ans un quart des hauts fonctionnaires en dehors de la fonction publique. Une prise de position de Thierry Mandon qui avait fait grincer des dents chez Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, qui avait dû, en juin 2014, laisser, à contrecœur, à son bouillant collègue le portefeuille de la Réforme de l’État.

Thierry Mandon aura aussi remis en ordre de marche le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), après plusieurs mois de flottement début 2014. Voulant en faire “son” administration, il n’a pas hésité à bousculer les équipes et en particulier sa patronne, Laure de La Bretèche, nommée en juillet 2014.

Cabinet Jospin

C’est donc dans ce contexte que Clotilde Valter arrive rue de Babylone. C’est en quelque sorte un retour à Matignon pour cette ancienne conseillère de Lionel Jospin. Au cabinet du Premier ministre de l’époque, cette ex-élève de l’ENA, inspectrice générale de l’administration, s’occupait des affaires intérieures (sécurité, immigration, Corse). Elle y a croisé Yves Colmou, aujourd’hui conseiller auprès du Premier ministre et, précisément, Manuel Valls, qui était le patron de la communication de Matignon. Jeune conseillère discrète, Clotilde Valter s’était retrouvée sous les feux des projecteurs à l’occasion de la rocambolesque affaire des paillottes corses.

Entrée en politique dans le sillage d’Yvette Roudy, Clotilde Valter a été élue conseillère municipale de Lisieux en 2001 et conseillère générale du Calvados en 2004. Elle n’a pas réussi à se faire élire députée en 2002 ni en 2007, mais la troisième tentative sera la bonne, en 2012. Haute fonctionnaire, la députée Clotilde Valter s’était surtout investie depuis trois ans dans les dossiers industriels. Placée directement sous la tutelle du Premier ministre, la nouvelle secrétaire d’État peut se targuer d’être une proche de Manuels Valls, contrairement à Thierry Mandon, dont les relations avec le Premier ministre n’ont jamais été très chaleureuses.  

Autre nouvelle arrivée au gouvernement, la députée de Charente Martine Pinville remplace Carole Delga comme secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire, auprès du ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la Famille, récupère pour sa part le portefeuille de l’Enfance.