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Le préfet incarne l’« esprit public » comme on le disait en 1800

3 sept. 2016, PAR Bruno Botella
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Parfois caricaturé en chef de la police, il assume dans les territoires des missions bien plus vastes.


« Le préfet est avant tout le serviteur et le héraut de la République. » En cette rentrée troublée, Acteurs publics a choisi de donner la parole à Jean-François Carenco, préfet d’Île-de-France et président de l’Association du corps préfectoral. Lui qui parle fort mais dont la parole publique est rare nous ramène à l’essentiel dans une période marquée par le terrorisme et une défiance sans précédent vis-à-vis de nos élites politiques, administratives et médiatiques. Le préfet incarne l’« esprit public », comme on disait du temps de leur création, en 1800. Plus de deux siècles après, cela a peu changé. La décentralisation, loin de marginaliser le préfet, lui a permis de brandir l’intérêt général même s’il n’en a pas le monopole.
Parfois caricaturé en chef de la police, il assume dans les territoires des missions bien plus vastes, balayant tout le spectre de l’action publique. Depuis leur création, les préfets en ont vu d’autres, dit en substance le préfet Carenco, qui appelle les siens au sang-froid, surtout après la pitoyable polémique entre des élus locaux et l’État qui a suivi la tragédie de Nice. Leur tâche n’est pas aussi lourde qu’en 1800, encore que… Il s’agissait alors de réhabituer les citoyens à l’État, d’affirmer l’autorité de la République partout sur le territoire, d’établir la confiance, de promouvoir ce que l’on n’appelait pas encore le consentement à l’impôt… Par les temps qui courent, on pourrait exhumer l’injonction de Bonaparte aux pionniers qu’il nomma : « Faites que la France date son bonheur de l’établissement des préfets ».