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L’inspection du travail doit élargir son vivier de recrutement

20 déc. 2016, PAR Bastien Scordia
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© Michel Gile/SIPA

Face à la baisse du nombre de candidats aux concours d’inspecteur du travail, le troisième concours doit être élargi et les partenariats avec l’enseignement supérieur renforcés, recommande dans un rapport l’Inspection générale des affaires sociales dévoilé le 16 décembre.


Entre 2001 et 2016, le nombre de candidats au concours d’inspecteur du travail a baissé de plus de 60 %, passant de 1010 à 403 postulants.  Face à ce constat, la politique de recrutement des inspecteurs du travail doit être renforcée “pour élargir les viviers et mieux sélectionner les candidats sur les compétences recherchées”, préconise l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un rapport de juillet 2016 rendu public 16 décembre.

Ce décrochage concerne particulièrement le concours externe et interne d’inspecteur du travail, qui connaissent, à eux seuls entre 2015 et 2016, une baisse respective de 31 et 34 % du nombre des candidatures. Les candidatures au troisième concours augmentent quant à elles de 47 % par rapport à 2015.

Sélectivité en peine

La tendance se confirme également pour la sélectivité des concours, c’est-à-dire le nombre de candidats présents aux épreuves pour un admis. Les concours interne et externe ont ainsi vu leur niveau de sélection dépassé par celui du troisième concours. En 2016, sur 13,3 candidats se présentant au concours, un seul était admis dans le cadre du troisième concours contre 9,8 pour le concours l’externe et 3,4 pour l’interne

Selon l’Inspection générale des affaires sociales, la perte de sélectivité du concours interne est “directement liée” au plan de transformations d’emplois initié en 2014 par l’actuel ministre de l’économie et des Finances et ancien ministre du Travail, Michel Sapin. Cette réforme prévoyait la transformation, en sept ans, de 1 500 postes de contrôleurs en poste d’inspecteur. Concernant le niveau de sélectivité du concours externe, “une prolongation de cette tendance à la baisse pourrait rapidement constituer une menace pour la qualité du recrutement”, ajoute l’organe de contrôle dans son rapport [cliquez ici pour le consulter].

Troisième concours et partenariat

Tout en soulignant la prédominance des diplômés en droit au sein des candidats et des lauréats (71%), l’Igas appelle ainsi à diversifier les profils, tant en termes de compétences, d’expériences professionnelles que d’origine sociale. “Le recrutement des personnes ayant eu des cursus universitaires différents et des expériences professionnelles antérieures constitue ainsi une plus-value pour les collectifs de travail”, ajoute-t-elle.

L’occasion pour l’inspection de recommander une augmentation de la part du troisième concours en doublant la part de ses admis tout en réduisant ce pourcentage pour le concours interne. Le nombre d’années d’expérience requises pour candidater à ce concours “pourrait [devoir] en outre être diminuée”, précise le rapport. Actuellement fixée à huit ans, l’Igas propose de la réduire à cinq ans.

L’Inspection générale des affaires sociales recommande également de développer les partenariats avec les établissements supérieurs. En dehors de la classe préparatoire intégrée (CPI) de l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (INTEFP), “l’offre de préparation au concours externe d’inspecteur du travail est dispersée, peu lisible et ne relève pas d’une stratégie nationale” précise l’organe de contrôle. Des Instituts de préparation à l’administration générale (IPAG) au Centre national d’éducation à distance (CNED) ou les Instituts d’études judiciaires (IEJ), onze types de préparation sont ainsi recensées dans le rapport. “L’INTEFP pourrait être chargée de la mise en place d’un réseau de pôles de préparation au concours en s’appuyant sur les centres interrégionaux de formation mais aussi avoir un rôle d’animation partenariale avec les établissements d’enseignement supérieur”, ajoute l’Igas.