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Les fonctionnaires ont fait grève toute la semaine en Côte d’Ivoire

12 janv. 2017, PAR Acteurs Publics
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Le président de la République de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara - Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Dans un climat politique et sécuritaire crispé, les 200 000 fonctionnaires ivoiriens étaient appelés à la grève du 9 au 13 janvier pour protester notamment contre la montée en puissance de la réforme des retraites de 2012.


Les fonctionnaires ivoiriens ont observé, du lundi 9 au vendredi 13 janvier, un mouvement de grève de cinq jours pour dénoncer une réforme des retraites en Côte d’Ivoire qui baisse les pensions de 30 à 50 %, et réclamer une revalorisation salariale. “La grève touche tous les secteurs, notamment l’éducation, la santé, avec un service minimum, et l’administration territoriale”, expliquait mardi 10 janvier à l’AFP le responsable du mouvement, Théodore Gnagna Zadi.

Les grévistes protestaient contre une réforme intervenue en 2012 mais dont les premiers effets se sont véritablement fait sentir en 2016 avec la mise à la retraite de fonctionnaires touchés par la loi. Cette réforme fait passer l’âge de la retraite de 55 à 60 ans, voire 65 ans pour les grades les plus élevés. Les cotisations augmentent de 6 à 8,33 % du salaire, alors que les pensions ont été réduites de 30 à 50 % selon les catégories.

La plate-forme des organisations professionnelles du secteur public – regroupant 50 syndicats de la fonction publique – à l’origine de cette grève réclame aussi le “paiement des arriérés des revalorisations salariales d’un montant global de 243 milliards de francs CFA (environ 371 millions d’euros) et le respect des libertés syndicales” dans le pays.

Chefs de l’armée, de la gendarmerie et de la police limogés

Les grévistes souhaitent “des réponses immédiates” à leurs revendications, malgré une proposition du gouvernement d’organiser en février prochain un forum pour débattre de ces problèmes. “La plate-forme considère ce forum comme (une manœuvre) dilatoire”, a répondu son président, Théodore Gnagna Zadi, rappelant que la première grève de trois jours organisée en novembre de l’année dernière n’avait pas abouti à la “satisfaction de leurs revendications”. L’administration ivoirienne compte plus de 200 000 fonctionnaires, selon les chiffres officiels.

Cette grève des fonctionnaires est intervenue dans un climat politique et sécuritaire tendu en Côte d’Ivoire. Le Président ivoirien, Alassane Ouattara, a démis de leurs fonctions, lundi 9 janvier, ses chefs de l’armée, de la gendarmerie et de la police suite à une récente mutinerie à Bouaké, deuxième ville du pays.

Au début de la grève, le pays était également dans l’attente du nom du nouveau Premier ministre après la démission, lundi 9 janvier, de Daniel Kablan Duncan et de son gouvernement près d’un mois après les législatives remportées par la coalition au pouvoir. Mardi 10 janvier, Alassane Ouattara a nommé comme chef du gouvernement, Amadou Gon Coulibaly, auparavant ministre d’État et secrétaire général de la présidence de la République. Le chef de l'État a également annoncé qu’il désignait nommait Daniel Kablan Duncan vice-président de la République, un poste créé par la nouvelle Constitution.

(avec AFP)