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La réélection de Donald Tusk à la tête du Conseil européen attise les tensions entre l’UE et la Pologne

14 mars 2017, PAR Acteurs Publics
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Virginia Mayo/AP/SIPA

Le gouvernement conservateur au pouvoir à Varsovie s’opposait vivement à la reconduction du Polonais à la présidence du Conseil européen. Un conflit de politique intérieure qui a fait échouer le sommet européen du jeudi 9 mars. 


La reconduction du Polonais Donald Tusk, jeudi 9 mars, à la tête de la présidence du Conseil européen a encore élargi la fracture entre l’Union européenne (UE) et la Pologne, qui était farouchement opposée à ce nouveau mandat et qui a fustigé un “dangereux précédent”.

L’ex-Premier ministre libéral polonais a été élu par “27 voix contre une”, selon deux sources diplomatiques, confirmant l’écrasant soutien témoigné par les dirigeants des pays de l’UE, France et Allemagne en tête. En représailles, la Pologne a décidé de “ne pas accepter les conclusions de ce sommet, a lancé la cheffe du gouvernement conservateur nationaliste polonais, Beata Szydlo. Le sommet européen qui se déroulait à Bruxelles jeudi 9 mars avait débuté par la reconduction de Donald Tusk.

En l’absence de consensus, les conclusions, qui portaient aussi sur des points de migration, d’économie, de défense ou encore sur la situation dans les Balkans occidentaux, ont finalement été faites au nom du président du Conseil européen, avec le “soutien de 27 États membres”. Une tournure qui juridiquement n’engage pas le Conseil européen en lui-même puisqu’il n’y a pas eu unanimité. Le document “n’a pas fait consensus, pour des raisons sans lien avec sa substance”, est-il précisé sur la première page.

Vif mécontentement

Certains pays, comme le Luxembourg ou la Belgique, ont fait part de leur vif mécontentement de voir un problème “interne” déboucher sur un “blocage” de l’Union, a rapporté une source européenne.

Le gouvernement nationaliste et conservateur au pouvoir à Varsovie, qui considère Donald Tusk comme un ennemi politique, a qualifié de “dangereux précédent” ce vote qui, à ses yeux, ignore la volonté d’un État membre, pays d’origine du candidat de surcroît. “Nous savons maintenant que c’est une UE sous le diktat de Berlin, a ainsi réagi le ministre des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, interrogé par le site Internet wpolityce.pl.

Varsovie reproche à Donald Tusk d’avoir abusé de ses fonctions en s’impliquant “personnellement” dans la vie politique de la Pologne, où certaines réformes récentes ont été critiquées par Bruxelles, qui a dénoncé des atteintes à l’État de droit.

Le blocage polonais ne remet pas en cause la réélection de Donald Tusk. “Nous avons atteint un bon résultat ce jour, même si nous n’avons pas l’unanimité. Mais nous avons prolongé (le mandat) du président du Conseil. Avec ça, nous sommes capables de travailler”, a observé la chancelière allemande, Angela Merkel.

(avec AFP)