Quantcast

Hulot, une “bouffée d’oxygène” pour les négociateurs climatiques

18 mai 2017, PAR Acteurs Publics
  • 03
    MIN
  • 0

Nicolas Hulot, le 20 novembre 2015 à l'Élysée, dix jours avant la COP21 - Michel Euler/AP/SIPA

Le nouveau ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, en charge de l’Énergie, est attendu sur les orientations énergétiques de la France, notamment sur le sort du nucléaire.


Dans les couloirs des négociations climatiques, à Bonn, l’arrivée dans le gouvernement français de Nicolas Hulot a été saluée, jeudi 18 mai, comme une “bouffée d’oxygène”, signe positif, selon certains des participants, que Paris entend tenir sa place dans la transition énergétique mais aussi peser sur les politiques européennes. 

Parmi les centaines de délégués réunis depuis dix jours en Allemagne, ils ne sont toutefois pas nombreux à connaître celui dont François Hollande avait fait son “envoyé spécial pour la planète” avant la COP21 organisée fin 2015 en France et qui est depuis mercredi 17 mai le nouveau ministre français en charge de l’environnement. “Il a une réputation plutôt francophone”, résume un négociateur européen, même si, comme envoyé spécial de François Hollande, il fit le tour de la planète de la Pologne au Canada, en passant par les Philippines.

Selon la Guadeloupéenne Yamide Dagnet, ex-négociatrice “climat” pour le Royaume-Uni puis pour l’Union européenne, aujourd’hui au think tank américain WRI, “il peut apporter de la créativité, de l’imagination. C’était fantastique de voir Emmanuel Macron évoquer le climat” dans ses premières prises de parole, ajoute-t-elle.

Trump et l’accord de Paris

Aux prochains sommets du G7 puis du G20, face à un Président Trump indécis sur un maintien des États-Unis dans l’accord de Paris, “il faudra défendre cet enjeu diplomatique, et je pense qu’avec un ministre comme Nicolas Hulot, on pourra compter sur la France”, ajoute-t-elle.

Pour le négociateur malien Seyni Nafo, “c’est une bouffée d’oxygène”, a fortiori dans le contexte présent. “On a besoin de bonnes volontés et d’hommes politiques pour l’incarner, car aujourd’hui, ce leadership manque”, estime le président du groupe des pays africains.

Nicolas Hulot à l’international, c’est l’encyclique Laudato Si’ du pape François sur l’environnement, dont il a rédigé la préface de l’édition française, et la tenue du “Sommet des consciences”, qui avait réuni des dignitaires de toutes religions avant la COP21, retient pour sa part Pierre Cannet, responsable “climat” du WWF France.

Le nouveau ministre d’État, de la Transition écologique et solidaire, en charge de l’Énergie, est notamment attendu sur les orientations énergétiques de son pays – le sort du nucléaire, la fermeture anticipée des dernières centrales à charbon –, souligne Célia Gautier, du Réseau Action Climat.

Parler à la société civile

Nicolas Hulot est également attendu au niveau européen, où se décident les engagements et la politique climatiques, apanage des ministres de l’Environnement.

Depuis l’accord de Paris, le combat climatique prend un tour nouveau. Il est certes diplomatique, mais aussi beaucoup dans les solutions, l’implication de la société civile, des entreprises, des villes… “Il faut entretenir un dialogue rapproché sur la mise en œuvre, avec les pays du G7 comme avec les pays en développement, qu’il faut rassurer”, explique Célia Gautier. Et, issu lui-même de la société civile, l’ancien animateur de télévision “peut être un très bon ambassadeur”.

(avec AFP)