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L’Élysée fourbit ses armes antiterroristes

14 juin 2017, PAR Soazig Le Nevé
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Jacques Witt/SIPA

Présenté en Conseil des ministres le 14 juin, un décret vient préciser l’organisation du Centre national de contre-terrorisme (CNCT) et le rôle, crucial, que devra jouer le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, Pierre de Bousquet de Florian.


Tout devra passer par lui : le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme sera l’homme clé du nouveau dispositif national mis en place par l’Élysée. Un décret présenté en Conseil des ministres le 14 juin vient préciser les contours du Centre national de contre-terrorisme (CNCT), que Pierre de Bousquet de Florian va diriger à compter du 21 juin [lire notre article].

Ce décret, relatif au coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, à la coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme et au Centre national de contre-terrorisme, transforme la coordination nationale du renseignement en “coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme” et crée, en son sein, le “Centre national de contre-terrorisme” (CNCT).

Coordination quotidienne

“Le dispositif national de renseignement fait intervenir plusieurs ministères, services et directions, détaille le compte-rendu du Conseil des ministres. La coordination quotidienne entre ces services est une condition essentielle à l’efficacité du combat contre le terrorisme.” Cette nouvelle organisation “renforcera la coordination des services, favorisera le partage d’informations, permettra de s’assurer de la bonne utilisation, par tous les services, des dispositifs régis par le livre VIII du code de la sécurité intérieure et de développer la coopération européenne et internationale en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme”, assure encore l’Élysée.

Pierre de Bousquet de Florian coordonnera l’action des services spécialisés et transmettra les instructions du président de la République aux ministres responsables de ces services et s’assurera de leur mise en œuvre. Les chefs des services spécialisés, ainsi que, en tant que de besoin, les chefs des autres services de renseignement, lui communiqueront les renseignements devant être portés à la connaissance du président de la République et du Premier ministre, et lui rendront compte de leur activité.

Coordination ? Opérations ? Analyse ?

Le coordonnateur national du renseignement “veillera en outre à la mise en place et à l’effectivité, au sein de chaque ministère et sous l’autorité de chaque ministre, des mécanismes de coordination et d’échange d’informations internes”, souligne l’Élysée.

Pour le professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) Alain Bauer, la création du Centre national de contre-terrorisme (CNCT) est une bonne initiative, qui pourrait aider la France à “sortir de la prégnance du contre-espionnage (temps long et secret) et entrer dans celle de l’antiterrorisme (temps court et partage)”. Mais il va falloir que le président de la République, Emmanuel Macron, “décide de ce que doit être l’outil : coordination, opérations, analyse ? Il y a autant de modèles que de pays et d’histoires”, expliquait-il à Acteurs publics le 13 juin [lire notre interview].

Se posera notamment la question d’une éventuelle refonte, au sein du CNCT, des services à disposition du ministère de l’Intérieur que sont l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) et l’état-major opérationnel de prévention du terrorisme (Emopt).