Quantcast

Encore 7 000 policiers, soldats, et membres de ministères limogés en Turquie

17 juil. 2017, PAR Acteurs Publics
  • 02
    MIN
  • 0

Le président turc Erdogan et son épouse, le 16 juillet 2017 à Ankara - AP/SIPA

Accusant le prédicateur Fethullah Gülen d’être derrière le putsch du 15 juillet 2016, Ankara traque les sympathisants de ce dernier depuis un an : au total, 50 000 personnes ont été arrêtées, plus de 100 000 limogées de l’administration.


Recep Tayyip Erdogan a promis, samedi 15 juillet, d’“arracher la tête des traîtres” responsables de la tentative de putsch de l’été dernier, imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, qui nie toute implication. “Avant tout, nous arracherons la tête de ces traîtres”, a déclaré le Président turc lors d’une cérémonie marquant l’anniversaire du putsch manqué du 15 juillet 2016, ajoutant qu’il approuverait le rétablissement de la peine capitale en Turquie si le Parlement votait en ce sens.

Quelques heures plus tôt, plus de 7 000 officiers de police, soldats et membres de ministères avaient été limogés en Turquie, selon un nouveau décret publié vendredi 14 juillet dans le cadre de l’état d’urgence. Au total, 7 563 personnes ont été limogées dans cette nouvelle purge, selon l’agence officielle Anadolu, qui ajoute que les autorités ont également dégradé 342 militaires à la retraite. Plus tôt, le journal Hurriyet avait fait état de 7 348 personnes limogées, dont 2 303 policiers.

Accusant le prédicateur Fethullah Gülen d’être derrière le putsch, ce que nie l’intéressé, Ankara traque inlassablement ses sympathisants depuis un an : 50 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées.

Réaction de Jean-Claude Juncker

Le Président turc inaugurait, samedi 15 juillet au soir, à Istanbul, un monument en hommage aux 249 personnes tuées la nuit du putsch manqué, dont l’épisode le plus sanglant a eu lieu sur l’un des ponts qui enjambe le Bosphore, désormais rebaptisé “pont des Martyrs du 15 juillet”.

Les propos du Président Erdogan ont suscité des réactions en Europe. “Un an après la tentative de putsch, la main de l’Europe reste tendue”, a écrit le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans une tribune publiée par l’édition dominicale du journal allemand Bild, alors que les négociations en vue d’une adhésion de la Turquie à l’UE sont au point mort depuis plusieurs années. Mais en échange, a-t-il ajouté, il est nécessaire “que la Turquie démontre clairement sa volonté d’être européenne et prenne à cœur de manière décidée les valeurs européennes fondamentales”.

(avec AFP)