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Les maires ne se font pas prier pour revenir à la semaine de 4 jours d’école

19 sept. 2017, PAR Soazig Le Nevé
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POUZET/SIPA

Selon l’Association des maires de France (AMF), plus de 43 % des communes ont opté pour un retour à la semaine de 4 jours à l’école. Les régions académiques Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse et Nord-Pas-de-Calais caracolent en tête.


À force, l’Association des maires de France (AMF) aura bel et bien la peau de la réforme des rythmes scolaires initiée par l’ancien ministre, Vincent Peillon. En cette rentrée, pas moins de 43,3 % des communes sont repassées à la semaine des 4 jours, annonce l’association le 19 septembre. Soit plus encore qu’escompté par le ministère de l’Éducation nationale, qui tablait en juillet sur un total – déjà impressionnant – de 36,8 %.

D’assouplissement en dérogation, le premier coup de canif avait été donné par les propres successeurs du ministre socialiste, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, à travers deux décrets en mai 2014 et en avril 2017. Mais le coup de grâce est venu de la main de Jean-Michel Blanquer, dès son arrivée rue de Grenelle, en mai.

À l’époque, les associations d’élus communaux s’étaient ouvertement inquiétées de tant d’empressement, tout en saluant sous cape la charge portée par le nouveau ministre à l’encontre de la semaine de 4,5 jours [lire notre article].

Année scolaire très courte

“Ce sujet des rythmes scolaires avait mis la France dans une ornière, estimait, fin août, Jean-Michel Blanquer [lire notre interview]. Le grand problème en 2012 et 2013, c’est qu’une solution uniforme a été appliquée à l’ensemble du pays. Et les discussions préalables n’ont rien changé à cette sensation de plaquage.”

Place, donc, aux “nouveaux rythmes”, clame l’AMF*. Ceux de 2017, qui ne sont autres que ceux de 2008, date à laquelle le ministre d’alors, Xavier Darcos, décidait subitement de passer à la semaine de 4 jours. Un acte très politique qui fait de l’année scolaire française l’une des plus courtes de l’OCDE, avec 144 jours.

La rentrée 2017 affiche néanmoins une différence notable : le planning des écoliers varie largement d’une localité à l’autre. L’enquête de l’AMF montre ainsi que dans l’académie de Lille, ce sont 78,5 % des communes qui sont revenues à 4 jours ; elles sont 82,4 % dans celle d’Aix-Marseille et 81,2 % dans celle de Nice (région académique Provence-Alpes-Côte d’Azur). “Le record est détenu par la Corse, avec 97 % de communes revenues à 4 jours (seules 4 communes ne l’ont pas fait)”, relève l’AMF. À l’inverse, les académies de Poitiers et Nantes (respectivement 12,3 % et 18,4 % de retour aux 4 jours) sont celles qui sont le plus restées sur une organisation à 4,5 jours.

Dix académies plus promptes au retour en arrière

Des disparités se font jour au sein même des académies, d’un département à l’autre. Ainsi, dans l’académie de Bordeaux, “on passe d’un taux de retour de 37,6 % dans le Lot-et-Garonne à… 1,6 % dans les Landes ; idem dans celle de Besançon, avec 51,6 % en Haute-Saône contre 5,5 % dans le Jura ; encore celle de Limoges, avec un grand écart entre les 74 % dans la Creuse et les 13,4 % de la Haute-Vienne”, énumère l’AMF.

Au final, 10 académies de métropole sont au-dessus de 50 % de retour aux 4 jours : Aix-Marseille, Amiens, la Corse, Créteil, Dijon, Lille, Montpellier, Nice, Rouen et Versailles. Pour leur part, les 3 grandes métropoles que sont Paris, Lyon et Marseille n’ont pas modifié leur organisation du temps scolaire, “même si les deux dernières réfléchissent à le faire l’an prochain”, indique encore cette enquête.

Pour soigner encore le travail, l’AMF promet de mener une nouvelle enquête auprès des communes et intercommunalités “pour connaître les motifs de leur choix d’un retour aux 4 jours ou d’un maintien à 4,5 jours et en mesurer les impacts en termes financiers et d’organisation”. Des résultats qui seront scrutés par la Rue de Grenelle lorsqu’ils seront rendus publics, à l’occasion du Congrès des maires, le 22 novembre.

 

* L’AMF a réalisé une carte – accessible sur le site Maire-info.com – des 21 735 communes disposant d’au moins une école publique.