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La Place Beauvau expliquera tous les ans comment est utilisé l’“argent des radars”

17 oct. 2017, PAR Soazig Le Nevé
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© JS EVRARD/SIPA

En 2016, 91,8 % des recettes des “amendes radars” ont financé la lutte contre l’insécurité routière et 8,2 % le désendettement de l’État, indique un rapport du ministère de l’Intérieur.


À quoi les recettes des “amendes radar” ont-elles servi concrètement en 2016 ? Le ministère de l’Intérieur pose lui-même la question, dans un communiqué du 17 octobre relatif à un rapport qui sera déposé prochainement sur le bureau des assemblées parlementaires, avant l’examen par l’Assemblée nationale de l’article d’équilibre du projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2018.

Le document révèle que “la quasi-totalité des amendes radars (91,8 %, soit 845,2 millions d’euros), a bien été consacrée à la lutte contre l’insécurité routière, notamment à l’amélioration du réseau routier, contre 8,2 % (75 millions d’euros) affectés au désendettement de l’État”.

Ces 845,2 millions sont répartis entre l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (351,5 millions d’euros), les collectivités territoriales (254,7 millions d’euros) et la délégation à la sécurité routière (239 millions d’euros).

Bitumage et mise en sécurité

Ils ont notamment servi au bitumage du réseau routier national, à la mise en sécurité de tunnels, au percement de galeries de sécurité, à la pose de panneaux de signalisation “intelligents” (panneaux à messages variables) ou encore à déployer et maintenir les systèmes automatiques de contrôle et de sanction, détaille le ministère de l’Intérieur. Lequel cite par exemple la mise en sécurité de 8 tunnels en Île-de-France, en Normandie et en Occitanie, le percement de deux galeries de sécurité en Auvergne-Rhône-Alpes…

“Ce premier rapport officiel, qui sera publié chaque année en annexe du projet de loi de finances, témoigne du désir de transparence pour répondre aux détracteurs de la sécurité routière : on entendait que les radars, c’étaient des pompes à fric, des recettes fiscales pour l’État”, a expliqué à l’AFP Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière.

Les 4 398 radars ne sont pas implantés “en considération d’intérêts financiers, mais uniquement pour contribuer à la réduction des morts et des blessés sur nos routes”, fait valoir le ministère.

Plus d’1 milliard d’euros de recettes

En 2016, le produit des amendes liées aux infractions de la route s’est élevé à 1,8 milliard d’euros, dont 920 millions d’euros d’amendes des radars automatiques. Les 897 autres millions correspondent aux amendes de stationnement et des contraventions émises par la police de circulation.

Depuis 2003, les recettes des radars n’ont cessé d’augmenter et devraient rapporter plus d’1 milliard d’euros à l’État en 2018. La mortalité routière, elle, connaît sa troisième année d’augmentation consécutive, une première depuis 1972.

(avec AFP)