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L’État plate-forme ne sonne pas la fin de la puissance publique, au contraire

1 sept. 2017, PAR Bruno Botella
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L’administration doit sans tarder détecter et encourager en son sein les talents qui peuvent l’aider à négocier ce tournant..


De même qu’Acteurs publics avait fait sa une bien avant tout le monde sur « La révolution open data » (n° 67, octobre 2010), nous éclairons nos lecteurs en cette rentrée sur la montée en puissance de l’État plate-forme. Encore abstrait, voire fumeux pour 99,9 % des fonctionnaires et du grand public, le concept vient se confondre avec la promesse d’ubérisation des services publics, qui sonne comme une menace pour notre modèle. Loin d’être anxiogène, notre dossier démontre que la France, malgré son système administratif réputé procédurier, bureaucratique, peut réussir ce virage en grande partie numérique mais pas seulement.
L’État plate-forme ne sonne pas la fin de la puissance publique. Il faut au contraire un État fort et sûr de lui pour permettre en toute sécurité, y compris juridique, le déploiement de services qui ne seront plus forcément assurés par lui-même, mais par des acteurs plus compétents, voire (mais oui !) plus légitimes. Aujourd’hui, le défi n’est donc pas technologique, mais avant tout humain, RH. L’administration doit sans tarder détecter et encourager en son sein les talents qui peuvent l’aider à négocier ce tournant. Il faut aller vite et c’est sans doute cela qui inquiète le plus, car la réflexion, comme vous pourrez le lire, est très avancée en France grâce à quelques pionniers. Et pour approfondir ce sujet passionnant, la rédaction y consacrera une journée des Rencontres des acteurs publics, le 9 octobre, au Conseil d’État*. L’étude annuelle de la haute juridiction, publiée fin septembre, portera précisément sur cette révolution en cours.