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Le pari de Jean-Michel Blanquer

1 sept. 2017, PAR Bruno Botella
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La culture managériale a du mal à percer à l’école car les profs ont souvent peur de perdre leur âme et leur autorité en se soumettant à une hiérarchie contrainte.


La fraîcheur et l’optimisme affichés par Jean-Michel Blanquer, soucieux de restaurer une « école de la confiance », alors que la plupart des signaux de l’éducation sont à l’orange, voire au rouge, ont de quoi troubler. Jusqu’à présent, ces propos de rentrée, dans la bouche du ministre, étaient mis sur le compte d’une méconnaissance de la tâche ou d’une forme d’inconscience qui fait le charme des politiques… Pas de risque avec l’actuel titulaire du portefeuille qui, certes, a vite appris la politique, mais connaît encore trop bien son ministère pour biaiser… Dans un long entretien à Acteurs publics, Jean-Michel Blanquer explique qu’il entend remettre de la « motivation et du bonheur de travailler » dans la gestion des profs. Un chantier laissé quasiment en friche par ses prédécesseurs avec pour conséquence une faible attractivité et des carrières marquées par l’amertume. La solution du ministre : « remettre de l’humain dans la gestion des ressources humaines ». Cela passe-t-il par un recrutement plus proche du terrain ? Par une gestion plus individualisée ? Au ministre de prendre le risque, mais aussi aux enseignants d’accepter cette évolution, car on ne peut pas se plaindre durant quarante ans d’être traité comme un numéro et être réticent à travailler en équipe, à être évalué, en clair à être « managé ». La culture managériale a du mal à percer à l’école car les profs ont souvent peur de perdre leur âme et leur autorité en se soumettant à une hiérarchie contrainte. C’est une erreur, car le discrédit qui rejaillit sur les enseignants vient avant tout de l’opinion largement répandue que l’école vogue au fil de l’eau, sans cap ni ambition.