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L’Europe propose un nouveau mécanisme de lutte contre les catastrophes naturelles

1 déc. 2017, PAR Acteurs Publics
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Un incendie de forêt, le 17 août 2017, dans le central du Portugal. - © Armando Franca/AP/SIPA

Nommé RescEU, le programme que veut faire adopter la Commission européenne renforcerait le mécanisme de protection civile mis en place depuis 2001. Face à des phénomènes météo de plus en plus nombreux et intenses, l’Union européenne veut augmenter ses capacités pour aider les États débordés. 


L’année 2017 a été particulièrement dramatique en matière de catastrophes naturelles, avec près de 200 personnes décédées et plus d’1 million d’hectares détruits. Rien qu’au Portugal, très touché par les feux de forêt, le préjudice économique des incendies survenus entre juin et septembre est estimé à 600 millions d’euros, soit 0,34 % du revenu national brut du pays.

“Les tragédies de l’été dernier et des années précédentes ont montré que notre système d’intervention actuel en cas de catastrophe naturelle a atteint ses limites dans sa forme actuelle de volontariat”, a développé Christos Stylianides, commissaire chargé de la Gestion humanitaire et de la Gestion des crises, lors de la présentation du programme RescEU, le 23 novembre dernier.

Ce mécanisme constitue “une réserve de capacités au niveau européen en matière de protection civile, comprenant des avions de lutte contre les incendies de forêt, des pompes à eau spéciales, des recherches et du sauvetage en milieu urbain ainsi que des hôpitaux de campagne et des équipes médicales d’urgence”, a ajouté le responsable politique chypriote.

Catastrophes naturelles deux fois plus coûteuses

L’actuel mécanisme européen de protection civile, créé en 2001, montre désormais ses limites face à l’ampleur et la survenance simultanée de catastrophes naturelles à plusieurs endroits du globe. Depuis son lancement, le mécanisme a permis de surveiller plus de 400 catastrophes et de recevoir plus de 250 demandes d’assistance. Mais l’ampleur des dégâts s’est accrue ces dernières années.

En 2016, les catastrophes naturelles ont coûté deux fois plus cher qu’en 2015. L’aide européenne, qui favorise la coopération entre 34 États (les 28 membres de l’UE auxquels s’ajoutent l’Islande, le Monténégro, la Norvège, la Serbie, la Macédoine et la Turquie), a été activée 17 fois par le pays du sud européen durant l’été 2017 mais “dans des situations où les moyens sont limités ou indisponibles, l’UE ne dispose pas de sa capacité de réserve pour aider les États membres débordés”, a ajouté Christos Stylianides.

Concrètement, la proposition prévoit que la Commission loue des avions de lutte contre les incendies de forêt, achète des pompes à eau et du matériel médical d’urgence. Un centre de coordination des interventions d’urgence fonctionnant nuit et jour toute l’année serait créé pour surveiller les catastrophes et coordonner les interventions.

280 millions d’euros pour la période 2018-2020

La Commission européenne souhaite également mieux prévenir et préparer aux catastrophes et, pour cela, propose de mettre au point un réseau européen de connaissance en matière de protection civile grâce auquel les meilleures pratiques pourront être partagées et des exercices communs organisés.

Le coût de RescEU a été estimé à 280 millions d’euros pour la période 2018-2020. Il reste au Parlement et au Conseil des États à voter pour cette proposition durant l’année 2018.

Jean-Bernard Gallois