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Un sommet à Paris pour accélérer les financements pour le climat

12 déc. 2017, PAR Acteurs Publics
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L'ancien gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, à la tribune du One Planet Summit, le 12 décembre à Paris - Christophe Ena/AP/SIPA

Plusieurs dizaines de dirigeants sont réunis, mardi 12 décembre, pour donner un coup d’accélérateur au financement de la lutte contre le changement climatique, un “défi immense”, selon le président de la COP 23, deux ans après la signature de l’accord de Paris.


“Le défi est immense, nous devons tout faire pour le relever.” Le Premier ministre fidjien, Frank Bainimarama, président de la 23e Conférence de l’ONU sur le climat (COP 23), a insisté, mardi 12 décembre à Paris, sur l’importance des financements publics et privés, lors de l’ouverture du One Planet Summit, qui rassemble des chefs d’État et de gouvernement sur l’île Seguin, à l’ouest de Paris, 

Le Président français, Emmanuel Macron, a lancé l’idée du sommet après l’annonce par son homologue américain, Donald Trump, du retrait de son pays du pacte historique de 2015 contre le réchauffement terrestre.

L’accord vise à contenir la hausse de la température sous le seuil critique de 2° C, mais sur la base des engagements pris par les États, la planète se dirige toujours vers + 3° C par rapport à l’ère préindustrielle. Déjà, une hausse de moins de 1° C a suffi à provoquer plus de précipitations, le rétrécissement de la banquise ou l’augmentation du niveau moyen des océans.

3 500 milliards de dollars par an

Pour réduire les gaz à effet de serre et atteindre les objectifs, il faudra des investissements massifs. “L’Agence internationale de l’énergie estime qu’il faudra en moyenne 3 500 milliards de dollars (d’investissements dans le secteur énergétique) chaque année pendant trente ans pour contenir l’augmentation des températures à un minimum de 2° C”, a souligné le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, juste avant le One Planet Summit.

Une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement devaient participer à l’événement, dont le Mexicain Enrique Peña Nieto, le roi du Maroc, Mohammed VI, des Présidents africains et de petites îles vulnérables au réchauffement, ainsi que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Mais la Chine, l’Inde ou le Canada, grands émetteurs de gaz à effet de serre, ne doivent être représentés qu’au niveau ministériel.

Les États-Unis, dont le Président n’était pas invité, ont envoyé un chargé d’ambassade, alors que les inquiétudes sont grandes, Washington n’ayant, par exemple, versé qu’1 milliard de dollars sur les 3 milliards promis au Fonds vert de l’ONU.

D’autres Américains ont fait le déplacement, comme l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, le gouverneur de Californie, Jerry Brown, le milliardaire Bill Gates ou encore l’acteur Sean Penn.

Accès à l’énergie propre

Les pays du Nord ont promis de porter à 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 leurs financements climat aux pays du Sud, qui réclament des assurances sur cette promesse, en particulier pour pouvoir s’adapter aux impacts des dérèglements (digues, surélévation des habitats, système d’alerte météo, etc.).

“La pièce manquante du puzzle est le financement pour aider les pays les plus pauvres à avoir accès à une énergie propre, pour qu’ils ne suivent pas le chemin du monde riche qui marche aux énergies fossiles”, a commenté Mohamed Adow, de l’ONG Christian Aid.

Mais le sommet de mardi n’est pas une conférence des donateurs, insiste la présidence française, qui en appelle à des “solutions concrètes” pour “multiplier les projets sur le terrain”.

(avec AFP)

Le Train du climat accompagne le One Planet Summit
À l’occasion du One Planet Summit, le Train du climat, agréé “side event” du sommet, s’expose à la gare de l’Est à Paris jusqu’au 15 décembre, avec une nouvelle exposition et un cycle de conférences scientifiques. Pour le collectif de scientifiques “les Messagers du climat”, l’association Météo et Climat et la SNCF, qui portent la nouvelle Association du Train du climat, il s’agit de mobiliser un large public en présentant une exposition sur les enjeux climatiques, orientée vers la mise en œuvre des solutions dans les territoires qui seront traversés.
Le Train du climat avait effectué une tournée dans 19 villes françaises en 2015 en amont de la COP 21.
Programme et conférences, cliquez ici trainduclimat.fr