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Baisse des tarifs : les hôpitaux publics dénoncent “la poursuite d’une politique de rabot”

27 févr. 2018, PAR Bastien Scordia
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JEROME MARS/JDD/SIPA

La baisse de 0,5 % (voire de 1,2 %) des tarifs des hôpitaux publics en 2018 “engendrera une nouvelle aggravation du déficit des établissements publics de santé et des tensions accrues sur l’emploi et les organisations de travail”, a réagi la Fédération hospitalière de France (FHF).   


La baisse des tarifs des hôpitaux annoncée par le gouvernement passe mal. La Fédération hospitalière de France (FHF) a dénoncé, mardi 27 février, une “mise sous tension insoutenable” des établissements hospitaliers, après l’annonce par l’exécutif d’une baisse de 0,5 % des tarifs de séjours en 2018. Un taux “sensiblement plus favorable” qu’en 2017 (- 0,9 %) et en 2016 (- 1 %), a souligné le ministère des Solidarités et de la Santé, lundi 26 février. 

Mais cette baisse pourrait être potentiellement portée à 1,2 % dans le cas où des crédits gelés ne seraient pas débloqués. Comme en 2017, un “coefficient prudentiel” de 0,7 % est en effet appliqué afin de constituer une réserve, qui n’a vocation à être libérée qu’en cas de respect de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam).

Tensions sur l’organisation du travail

La FHF “ne peut se réjouir d’un simple infléchissement de la baisse tarifaire, ni d’un léger coup de pouce donné à certaines dotations [+ 1,1 % pour la dotation de financement aux établissements psychiatriques, + 2 % pour les dotations aux missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation, ndlr], alors que les calculs tarifaires continuent à reposer sur des prévisions d’activité irréalistes pour 2018 (+ 2,6 %) et que le tendanciel des charges reste supérieur à 3 %”.

La fédération estime notamment que cette “nouvelle” baisse tarifaire engendrera “une nouvelle aggravation” du déficit des établissements publics de santé (1,5 milliard d’euros en 2017, selon la FHF) et “des tensions accrues sur l’emploi et les organisations de travail”.

L’occasion aussi pour cette dernière de dénoncer la “poursuite d’une politique de rabot”, puisque, pour revenir “à l’équilibre” à la fin de cette année, les hôpitaux devraient “supprimer 33 000 emplois […], ce qui est bien sûr inenvisageable”.

Mesures rapides

Alors que le gouvernement a promis (dans un certain flou), il y a une quinzaine de jours, une “réforme globale” du système de santé sur la pertinence des soins ou les modes de financement notamment [cliquez ici pour consulter notre article sur le sujet], “des mesures doivent être annoncées dès 2018 afin d’enrayer la dégradation en cours”, juge la FHF.

La fédération présidée par le maire Les Républicains de Fontainebleau, Frédéric Valletoux, espère ainsi une répartition “équitable” des contraintes et “la mise en place d’une régulation de tous les acteurs de santé”.