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Salaires en hausse pour les fonctionnaires britanniques

25 juil. 2018, PAR Acteurs Publics
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Matt Dunham/AP/SIPA

Les augmentations de salaire décidées par le gouvernement de Theresa May, pouvant aller jusqu’à 3,5 % par an et qui interviennent après une période de gel, visent notamment à encourager les vocations dans certaines professions sinistrées, comme l’enseignement ou la médecine.


Plus d’1 million de fonctionnaires britanniques vont bénéficier de hausses de salaire allant jusqu’à 3,5 % par an, mettant fin à des années d’austérité budgétaire, a annoncé, le 24 juillet, le gouvernement de Theresa May. Les militaires vont par exemple bénéficier d’une hausse de 2 %, les employés de prison de 2,75 % et les enseignants de 3,5 %, soit bien au-delà du plafond de 1 % de hausse annuelle en vigueur depuis 2013.

En arrivant au pouvoir en 2010, les conservateurs, sous la houlette du Premier ministre de l’époque, David Cameron, avaient décidé d’un gel des salaires du secteur public pendant deux ans, avant d’instaurer ce plafonnement de + 1 % en Angleterre et au Pays de Galles à partir de 2013. Son assouplissement avait été annoncé à l’automne dernier par la Première ministre conservatrice, Theresa May, sous la pression des syndicats et du Parti travailliste, principal parti d’opposition du pays, qui dénonçaient une perte de pouvoir d’achat et des salariés contraints de faire appel aux banques alimentaires.

4 milliards d’euros

Le coût de cette mesure a été estimé à quelque 4 milliards d’euros et devrait contribuer, espère le gouvernement, à encourager les vocations dans certaines professions sinistrées, comme l’enseignement ou la médecine. Il s’agit “de la plus importante hausse des salaires en près de dix ans”, a souligné la secrétaire d’État au Trésor, Liz Truss, devant les députés britanniques. Ces hausses “sont les bienvenues”, a réagi le secrétaire général adjoint du syndicat Prospect, mais “le gouvernement devrait offrir des hausses de salaire au-dessus de l’inflation à tous les fonctionnaires, sans aucun groupe laissé pour compte, au lieu de jouer le jeu d’une division cynique entre travailleurs débordés et sous-payés”.

Les syndicats réclamaient des hausses plus importantes, de l’ordre de 5 %, pour rattraper le pouvoir d’achat perdu au cours des dernières années, et en tout cas de plus de 2 % pour coller au niveau de l’inflation, qui a atteint 2,4 % en juin sur un an après avoir dépassé la barre des 3 % fin 2017. Le ministre du Budget du cabinet fantôme du Parti travailliste, Peter Dowd, a lui aussi estimé que ces hausses ne compensaient pas les années d’austérité et a dit craindre qu’elles ne s’effectuent “au détriment d’autres services faute de nouveaux financements” annoncés.

Avec AFP