Quantcast

Une ministre rwandaise bientôt à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie

10 oct. 2018, PAR Acteurs Publics
  • 02
    MIN
  • 0

Louise Mushikiwabo, actuelle ministre des Affaires étrangères du Rwanda et prochaine secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie - ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

À la veille du sommet de la francophonie d’Everan, Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, soutenue par la France, l’Union africaine et désormais par le Canada a toutes les chances de succéder à la Canadienne Michaëlle Jean.


Le coup de grâce est venu de son pays, le Canada, et de la province du Québec, qui ont annoncé, mardi 9 octobre, qu’ils ne soutenaient plus la candidature de Michaëlle Jean à la direction de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), dont elle est la secrétaire générale sortante, lors du prochain sommet de l’organisation.

La Canadienne, née en Haïti, ancienne gouverneure générale et ex-journaliste vedette, sera candidate à sa succession lors du prochain sommet de l’OIF, jeudi 11 et vendredi 12 à Erevan, en Arménie. Elle sera opposée à Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, soutenue par la France et l’Union africaine. La tradition veut que le choix soit fait par consensus, plutôt que par vote formel.

“Le Canada a décidé de se rallier au consensus, comme c’est la tradition, ça a toujours été la manière de faire, on ne va pas la changer”, a déclaré à l’AFP une source gouvernementale. “On a bien vu qu’elle [Michaëlle Jean] n’avait pas les appuis nécessaires, la suite lui appartient, il faut se rendre à l’évidence.”

Dépenses “somptueuses”

De son côté, François Legault, le nouveau Premier ministre élu du Québec, attendu à Erevan avec le Premier ministre fédéral, Justin Trudeau, a lui aussi annoncé qu’il ne soutiendrait pas Michaëlle Jean. Il prend ainsi le contrepied de son prédécesseur, le libéral Philippe Couillard, qui avait émis des réserves sur la gestion de l’actuelle secrétaire générale de l’OIF avant de finalement appuyer sa candidature.

Les médias québécois ont pointé les dépenses, qualifiées de “somptueuses”, de la Francophonie pour Michaëlle Jean et sa famille, comme la rénovation de sa résidence officielle pour 500 000 dollars canadiens (plus de 335 000 euros).

Selon la presse québécoise, Paris aurait proposé à Ottawa de retirer la candidature de Michaëlle Jean, en échange d’appuis aux Nations unies, où le Canada fait campagne pour un siège non permanent au Conseil de sécurité. L’information a été démentie par le bureau du Premier ministre.

(avec AFP)