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Légère baisse de l’engagement syndical dans la fonction publique

12 oct. 2018, PAR Bastien Scordia
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© Serge Pouzet/SIPA

Selon le ministère du Travail, le taux de syndicalisation dans la fonction publique était de 19,1 % en 2016, contre 19,8 % en 2013. Le désengagement est particulièrement perceptible chez les moins de 40 ans.


Voilà des données qui ont de quoi interroger, à l’heure où le gouvernement comme les représentants du personnel appellent à la participation la plus large possible aux élections professionnelles du 6 décembre prochain dans le secteur public. Selon la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail, le taux de syndicalisation a baissé de près de 0,7 point au cours des dernières années, pour s’établir à 19,1 % en 2016 contre 19,8 % en 2013. Reste maintenant à savoir si ce mouvement de désengagement se traduira dans les urnes.

La fonction publique reste le secteur où l’engagement syndical est le plus important. À titre de comparaison, le taux de syndicalisation était en 2016 de 8,4 % dans le secteur privé (contre 8,7 % en 2013). Sur l’ensemble des salariés, le taux de syndicalisation observé par la Dares s’élevait à 11 % en 2016 contre 11,2 % en 2013.

Pour fournir ces données [cliquez ici pour les consulter], le service statistique se base sur les résultats de deux enquêtes réalisées tous les trois ans “en alternance et articulées entre elles”, à savoir l’enquête “Conditions de travail” et l’enquête “Risques psycho-sociaux”.

Désengagement de la jeunesse

La série statistique de la Dares fournit aussi de précieuses indications sur le profil des salariés qui adhèrent à une organisation syndicale. Ce qui permet de savoir chez qui le désengagement est le plus important dans la fonction publique.

La diminution du taux de syndicalisation est ainsi particulièrement marquée chez les jeunes agents de la fonction publique, notamment parmi les trentenaires. En 2016, 17,1 % des salariés de la fonction publique âgées de 30 à 39 ans déclaraient en effet adhérer à un syndicat alors qu’ils étaient 18,9 % en 2013. Chez les moins de 30 ans, ce taux s’élevait à 5,6 % en 2016 après 6,7 % en 2013.

Chez les 40-49 ans, le taux de syndicalisation est quasiment stable (21,7 % contre 21,9 % en 2013). Ce taux est en hausse chez les seuls quinquagénaires et sexagénaires (+ 0,5 point, à 24,4 % en 2016).

Les hommes de moins en moins syndiqués

Concernant la catégorie sociale des salariés syndiqués de la fonction publique, le taux de syndicalisation est notamment en baisse du côté des professions intermédiaires (17,3 % contre 18,6 % en 2013) et des employés (17,9 % contre 18,5 % en 2013). Quant aux cadres et aux ouvriers, ce taux n’a chez eux que très légèrement augmenté, avec une hausse de 0,1 point pour chacune de ces catégories sociales, qui atteignent des taux de syndicalisation respectifs de 23,5 % chez les cadres et de 20,6 % chez les ouvriers.

À noter par ailleurs que les hommes fonctionnaires se syndiquent de moins en moins. Leur taux de syndicalisation était ainsi de 21,7 % en 2016 contre 23,5 % en 2013. A contrario, la part des femmes adhérant à une organisation syndicale reste stable, à 17,5 %.