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La Commission européenne entend relâcher la pression sur la Grèce

Le commissaire européen Pierre Moscovici appelle les pays de la zone euro à prendre des mesures d’allègement de la dette grecque lors de leur réunion de jeudi 21 juin, qui doit acter la sortie d’Athènes du programme d’aide.

19/06/2018 | ACTUALITÉ

La pression monte à quelques heures d’une réunion des pays de la zone euro cruciale pour l’avenir de la Grèce. Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a appelé, mardi 19 juin, l’Eurogroupe à ne pas imposer à Athènes un nouveau programme d’aide “déguisé”. Ces déclarations interviennent quelques jours avant la réunion du jeudi 21 juin, qui doit conclure le troisième programme d’aide à la Grèce, composé de prêts internationaux assortis d’une stricte austérité.  “Je le dis avec force : il n’y aura pas de quatrième programme déguisé envers la Grèce”, a affirmé mardi 19 juin le commissaire européen lors d’une conférence de presse à Paris, jugeant qu’il serait “indécent” d’imposer un dispositif “tatillon et intrusif” à Athènes de vérification de ses engagements après la fin du troisième programme.  Pierre Moscovici a certes reconnu que l’Union européenne devait “s’assurer que les réformes sont mises en œuvre et que les politiques budgétaires continuent d’être saines”, mais il a prôné une solution qui soit à mi-chemin “entre le trop peu et le trop”, rappelant que la Grèce avait “respecté sa part du contrat”.   Rassurer les marchés Avant la réunion de jeudi de l’Eurogroupe, le commissaire a une fois de plus plaidé pour “des mesures d’allègement crédibles de la dette grecque qui soient suffisamment fortes”, estimant que les marchés devaient être rassurés.  Pierre Moscovici s’est déclaré “intimement persuadé” que l’Eurogroupe allait conclure le troisième programme grec. “Il est invraisemblable que nous ne parvenions pas à cette conclusion”, a-t-il assuré, rappelant le programme de réformes appliquées par le gouvernement grec. “C’est une page qui doit se tourner pour le pays et pour toute la zone euro”, a-t-il ajouté.  La Grèce, dont la dette publique atteint 178 % de son PIB et qui a renoué avec la croissance en 2017, doit définitivement quitter la tutelle de ses créanciers le 20 août. (avec AFP)


Un nouveau gouvernement en Égypte pour poursuivre les réformes du FMI

Le nouveau cabinet égyptien est composé de 33 membres, principalement des technocrates. Son installation intervient dans un contexte social assez tendu, à la suite d’importantes coupes dans les subventions au carburant, à l’électricité et à l’eau.

18/06/2018 | ACTUALITÉ

Le nouveau gouvernement égyptien n’a pas de temps à perdre. En charge de poursuivre les réformes convenues avec le Fonds monétaire international (FMI) il y a deux ans, il a annoncé, au lendemain de sa nomination jeudi dernier par le Président Abdel Fattah al-Sissi, une hausse allant jusqu’à 50 % du prix du carburant. Selon le ministre des Finances, Mohamed Maeit, cette mesure est “nécessaire pour préserver la situation financière du pays” après la hausse des cours mondiaux des hydrocarbures. Son homologue qui dirige le ministère du Pétrole, Tarek El Molla, a fait savoir que la subvention des produits pétroliers avait coûté à l’État l’équivalent de 25 milliards d’euros au cours des cinq dernières années. Pour prévenir une réaction négative de la population, le gouvernement a indiqué que 90 % des décisions “dures et difficiles” du programme de réformes économiques avaient été réalisées. Il s’est engagé, par ailleurs, à limiter les répercussions des mesures d’austérité sur les citoyens. Ce week-end, le nouveau Premier ministre, Mostafa Madbouli, a annoncé des sanctions contre les chauffeurs de taxi qui seraient tentés d’augmenter les tarifs de leurs courses. Les gouverneurs de plusieurs provinces ont été par ailleurs déployés dans les stations de transport urbain pour voir si les conducteurs de bus se conformaient bien aux prix officiels. Climat social Mais en dépit de toutes ces précautions, le climat social risque de se détériorer davantage. En mai dernier, la hausse du tarif du ticket de métro a déjà provoqué des manifestations, très vite contenues par les autorités. Mais Mostafa Madbouli, qui assurait l’intérim à la tête du précédent cabinet, a également avalisé, le 13 juin, une augmentation de 26,6 % du prix de l’électricité à partir du mois prochain. Le tarif de l’eau potable a connu aussi une croissance de 45 % pour certaines catégories sociales. Les encouragements du FMI devront pousser le gouvernement égyptien à réaliser d’autres coupes. En janvier dernier, l’institution monétaire internationale avait affirmé que l’économie égyptienne était “sur la bonne voie”, se félicitant de la reprise de la croissance, de la résorption du déficit budgétaire et de la stabilisation de la livre. La devise du pays a subi une dévaluation de 50 % en 2016. La même année, les autorités ont instauré la TVA. Ces premières mesures ont été la conséquence immédiate de l’accord de prêt de 10 milliards d’euros, conclu avec le FMI. Après son élection au mois de mars, le Président al-Sissi a fait savoir qu’il faisait du redressement de l’économie égyptienne un de ses plus grands chantiers. La seconde priorité concerne la lutte contre le terrorisme et les réseaux djihadistes dans la vallée du Sinaï, où les touristes ont encore peine à revenir. 33 membres du gouvernement, dont 8 femmes Pour sécuriser davantage le pays, des changements aux postes clés de la Défense et de l’Intérieur ont été effectués. Le gouvernement de Mostafa Madbouli comprend deux figures connues des Égyptiens. L’ancien chef de la garde républicaine Mohamed Zaki a été nommé ministre de la Défense. C’est lui qui avait exécuté, en 2013, l’ordre donné par l’armée d’arrêter l’ancien Président Mohamed Morsi. De son côté, Mahmoud Tewfik, ex-directeur de la sécurité nationale, a été désigné ministre de l’Intérieur. Le nouvel exécutif comprend 33 membres au total. Plusieurs départements, comme le Pétrole, les Affaires étrangères et la Justice, n’ont pas changé de titulaire. Les remplacements ont été effectués dans une douzaine de ministères, dont les Finances, le Commerce et l’Industrie, la Santé, l’Agriculture, l’Environnement, les Communications, les Sports, le Développement local et le Secteur public. Ces deux derniers départements avaient déjà connu un remaniement en janvier dernier. Globalement, le nouveau cabinet est formé de techniciens. Le Premier ministre lui-même est un technocrate. Anciennement ministre du Logement – un poste qu’il conserve –, Mostafa Madbouli a occupé, entre 2012 et 2014, le poste de directeur régional au sein du Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU Habitat). Il avait également dirigé, de 2009 à 2011, l’Autorité générale de la planification urbaine au ministère égyptien du Logement. Parmi les 33 membres de son cabinet, 8 sont des femmes, ce qui constitue un record dans le pays. Six étaient déjà en poste, comme Sahar Nasr, ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale (nommée en septembre 2015), et Rania El Mashat, au Tourisme depuis janvier 2018. Samia Lokmane-Khelil        


Vague de réformes sans précédent en Éthiopie

Le nouveau Premier ministre a annoncé une vague de privatisations dans des secteurs clé du pays. Un bouleversement économique qui s’accompagne d’un changement de cap dans les domaines sécuritaire et diplomatique.

15/06/2018 | ACTUALITÉ

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, en poste depuis à peine deux mois, a pris tout le monde de court en annonçant, la semaine dernière, des réformes majeures, parmi lesquelles la libéralisation de pans entiers de l’économie et en opérant un important remaniement parmi les responsables sécuritaires. Le nouvel homme fort a pris les rênes du pays à un moment où, selon de nombreux observateurs, la coalition au pouvoir depuis 1991, à laquelle il appartient, s’est retrouvée dos au mur. Confronté au plus important mouvement de protestation depuis vingt-cinq ans et à la mobilisation des deux principales ethnies du pays (oromo et amhara), le pouvoir a d’abord répondu par la répression, avant de lâcher du lest, avec la démission du Premier ministre Hailemariam Desalegn en février, puis la nomination d’Abiy Ahmed. Ce dernier a annoncé, le 5 juin, l’ouverture au secteur privé du capital des grandes entreprises publiques du pays, comme la compagnie aérienne Ethiopian Airlines ou Ethio Telecom, une inflexion majeure pour cette économie dirigiste. Privatisations totales à venir Le Premier ministre pourrait rencontrer de fortes résistances, les caciques de la coalition au pouvoir étant largement perçus comme ayant des intérêts particuliers dans ces entreprises publiques, au cœur de l’économie éthiopienne. La majorité des parts des groupes concernés sera détenue par le gouvernement et le reste sera mis sur le marché pour des investisseurs nationaux ou étrangers, a indiqué le gouvernement. Les autorités ont également annoncé que les chemins de fer, les parcs industriels et des usines pourraient être totalement privatisés bientôt. De façon tout aussi surprenante, Abiy Ahmed a déclaré que l’Éthiopie respecterait désormais l’accord d’Alger de 2000, qui avait mis fin à la guerre avec l’Érythrée voisine (1998-2000). Puis le Premier ministre a remplacé plusieurs hauts responsables dans l’armée et les renseignements. Ce virage s’effectue dans un contexte de fort dynamisme économique, puisque le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 8,5 % pour l’Éthiopie en 2018. (avec AFP)


Le fonds InvestEU va succéder au plan Juncker à partir de 2021

La Commission européenne veut rassembler tous les instruments d’investissement de l’Union européenne au sein d’un nouveau fonds qui financera toujours des projets innovants et à risque. L’exécutif européen espère lever 650 milliards d’euros d’investissements supplémentaires entre 2021 et 2027.

14/06/2018 | ACTUALITÉ

Le plan Juncker va disparaître, vive InvestEU ! Le nouveau fonds proposé par la Commission européenne prolonge le plan initié par le président de l’exécutif en 2014, sous l’appellation Invest EU. Doté de 15,2 milliards d’euros, ce fonds ambitionne de soutenir des projets à hauteur de 650 milliards d’euros avec le privé durant le prochain budget financier de l’Union européenne, entre 2021 et 2027. Comme le plan Juncker, InvestEU ciblera les projets les plus prometteurs et les plus risqués qui n’auraient pas pu obtenir un financement via le circuit traditionnel de la Banque européenne d’investissement. La Commission souhaite que 15,2 milliards d’euros du prochain budget 2021-2027 y soient dédiés. Elle affirme que cette garantie mobilisera 650 milliards d’euros d’investissement supplémentaires à travers l’Union européenne. Le chiffre peut paraître élevé, mais le plan Juncker a réussi à mobiliser 315 milliards d’euros d’investissements de 2015 à 2018 et vise 500 milliards à l’horizon 2020. Efforts pour simplifier Après l’expérience du plan Juncker, qui avait été critiqué pour sa complexité, InvestEU se veut plus simple. Tout d’abord, il rassemblera 14 instruments financiers existants sous un seul fonds. Ensuite, cet instrument se concentrera sur 4 domaines prioritaires pour l’Union européenne, contre 7 secteurs auparavant : l’investissement dans l’infrastructure durable ; la recherche, l’innovation et la numérisation ; les petites et moyennes entreprises et l’investissement social. Enfin, une autre critique reprochait au plan Juncker de manquer de dimension régionale. InvestEU sera toujours géré par la Commission européenne avec la BEI pour partenaire principale. Mais des banques régionales, nationales ou d’autres institutions pourraient devenir partenaires pour mieux répondre aux besoins locaux. Soutien des 27 La Commission européenne espère aussi que les promoteurs de projets régionaux seront plus nombreux. Pour ce faire, elle fluidifie davantage sa communication : les 13 services d’assistance fusionneront pour devenir une seule et unique plate-forme de conseil. Reste désormais à obtenir l’accord des 27 États membres de l’UE sur ces propositions, qui devrait intervenir en 2019. Si tous soutiennent le plan d’investissement, son adoption dépend de l’accord sur le budget 2021-2027 qui, lui, divise les pays, en particulier sur les sujets de la politique agricole commune et des fonds de cohésion. Jean-Bernard Gallois


L’Algérie va recruter des milliers d’enseignants

Ces trois dernières années, 48 000 enseignants ont été embauchés en Algérie. 50 000 de plus seront recrutés à partir de 2019. Depuis le gel des embauches en 2014, le ministère de l’Éducation est le seul autorisé à recruter du personnel.

13/06/2018 | ACTUALITÉ

Le ministère algérien de l’Éducation nationale a lancé une nouvelle campagne de recrutement. Ce mardi 12 juin, 740 000 candidats ont pris part à la première phase d’un concours externe pour l’embauche d’enseignants et d’encadrants pédagogiques et administratifs. Le nombre global des postes à pourvoir s’élève à 8 586. Ceux-ci se répartissent comme suit : 3 378 instituteurs, 2 265 superviseurs de l’éducation, 1 400 laborantins, 300 laborantins principaux, 694 intendants adjoints, 213 intendants principaux et 231 conseillers d’orientation et de guidance scolaire et professionnelle. Le concours, qui se déroule en pleine période d’examens de fin d’année, dont le baccalauréat, est organisé selon des critères très stricts. Un dispositif de sélection draconien a été mis en place. Les inscriptions au concours et le retrait des convocations ont été effectués sur une plate-forme numérique. Intervenant sur la radio nationale, Kamel Hamadou, directeur central chargé de la formation au ministère de l’Éducation, a fait savoir que la surveillance et la correction des épreuves se dérouleraient suivant les mêmes principes d’équité et de transparence que ceux qui prévalent pour les examens scolaires. Manque d’enseignants en maths, physique et berbère Le ministère de l’Éducation s’est engagé par ailleurs à recruter en priorité les diplômés des écoles supérieures des enseignants. En janvier dernier, les étudiants de ces établissements avaient organisé une grève pour dénoncer l’obligation qui leur a été faite de s’inscrire comme tous les autres candidats au concours de recrutement (ingénieurs, diplômés de langues arabe et étrangères…) sur des plates-formes numériques. Ils ont finalement obtenu gain de cause. Pour autant, leur nombre ne suffit pas à combler les besoins du ministère, qui se voit de plus en plus contraint de se tourner vers les universités pour combler son manque d’effectifs. Depuis trois ans, le secteur a enrôlé 48 000 enseignants. Il prévoit d’en recruter environ 50 000 de plus à partir de l’année prochaine. Le déficit d’encadrants est considérable dans certaines matières comme les mathématiques, la physique et les langues, surtout tamazight (les langues berbères), dont il est prévu de généraliser l’enseignement à toutes les écoles du pays. Actuellement, cette langue officialisée en 2014 est enseignée uniquement dans les régions berbérophones. Il y a quelques mois, la ministre de l’Éducation, Nouria Benghebrit, a annoncé l’embauche de 300 instituteurs de tamazight pour l’année scolaire 2018-2019. Dans le sud du pays, ce sont plutôt les enseignants de français qui manquent le plus. Les conditions de vie relativement rudes dans cette région dissuadent beaucoup des diplômés de s’y rendre. Retraites anticipées Plus globalement, les sous-effectifs dans l’éducation nationale en Algérie s’expliquent par le recours massif à la retraite anticipée, durant les dernières années. Avant son abrogation en octobre 2016, cette disposition a provoqué une véritable saignée. Des dizaines de milliers d’enseignants en ont bénéficié. Actuellement, l’Algérie compte 500 000 enseignants du primaire, du moyen et du secondaire pour un effectif global de 8 451 370 élèves. Depuis le gel des recrutements dans la fonction publique en 2014, à la suite de la chute des prix des hydrocarbures, l’éducation nationale est le seul secteur encore autorisé à embaucher du personnel. Il figure d’ailleurs parmi les départements ministériels les plus lotis en nombre d’effectifs. En avril dernier, les enseignants ont obtenu une augmentation de salaire, après plusieurs semaines de grève. Cette décision devra affecter lourdement le budget du ministère, qui s’élève à environ 7 milliards d’euros, engloutis à 91 % par la masse salariale. Samia Lokmane-Khelil


Minicrise politique en Tunisie après le limogeage du ministre de l’Intérieur

Le départ de Lotfi Brahem intervient quelques jours après le naufrage dramatique d’une embarcation d’immigrés clandestins à l’est du pays. Dix responsables sécuritaires de la région ont également été démis de leurs fonctions.

12/06/2018 | ACTUALITÉ

Le chef de l’exécutif tunisien, Youssef Chahed, a démis de ses fonctions, mercredi 6 juin, le ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem. Le communiqué publié sur le compte Facebook de la Présidence du gouvernement n’évoque pas les raisons de cette décision. Mais certains pensent qu’elle est liée au naufrage, samedi 2 juin, d’une embarcation de migrants clandestins, au départ de l’archipel de Kerkennah, à l’est de la Tunisie. Sur les 180 personnes à bord, une soixantaine seulement a survécu. Le drame a provoqué un grand émoi en Tunisie et des manifestations ont été organisées dans les villes d’où sont originaires certaines des victimes. Face à l’ampleur du sinistre, le chef du gouvernement a décidé de se rendre, il y a deux jours, à Kerkennah, où il a annoncé des investigations pour déterminer les responsabilités dans ce naufrage. Le couperet est tombé très vite car en plus du ministre de l’Intérieur, une dizaine de responsables de la sécurité (police, gendarmerie et garde-côtes) de la région du drame ont été écartés. Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Sfax a annoncé de son côté l’ouverture d’une instruction sur l’implication présumée d’agents sécuritaires dans l’opération de migration clandestine qui a entraîné le naufrage. Crise économique et sociale D’autres enquêtes judiciaires ont également été lancées pour neutraliser les réseaux de passeurs. Selon Khalifa Chibani, porte-parole du ministère de l’Intérieur cité par l’AFP, Kerkennah connaît “un vide sécuritaire”. Un tiers des 6 000 clandestins comptabilisés depuis le début de l’année dans le pays ont tenté la traversée de la Méditerranée vers l’Europe depuis le petit archipel. En 2018, la Tunisie a été classée premier pays de provenance des migrants vers l’Italie. Elle a été désignée, au cours d’une réunion le 5 juin des ministres de l’Intérieur européens au Luxembourg, comme “nouveau hot spot” de départ des clandestins. Pour beaucoup de responsables politiques tunisiens, la multiplication du nombre des candidats pour l’immigration clandestine en Tunisie est la preuve que le pays est bord du gouffre sur le plan social et économique. L’utilisation du pays comme territoire de transit par les migrants africains est en outre expliqué par le délitement des institutions de l’État. Manifestation de soutien Des chefs de l’opposition sont d’ailleurs montés au créneau pour accuser le Premier ministre Chahed d’avoir sacrifié son ministre de l’Intérieur alors qu’il devrait lui-même démissionner pour avoir échoué à redresser la Tunisie. Au cours d’un rassemblement de soutien à l’ex-ministre de l’Intérieur, organisé dans la soirée du 6 juin, des manifestants ont scandé des slogans hostiles à Youssef Chahed, le traitant d’agent à la solde du parti Ennahda (un allié du gouvernement). Le député du Front populaire (opposition) Mongi Rahoui est plus explicite, estimant que l’ancien ministre a été sanctionné pour avoir neutralisé les différents courants politiques qui minaient l’action de son département. Mais au gouvernement, l’argumentaire est tout autre. S’exprimant pour la première fois jeudi 7 au matin, le porte-parole de l’exécutif, Lyed Dahmani, a indiqué que “le limogeage de Lotfi Brahem n’a rien de personnel et dans toutes les démocraties le chef du gouvernement peur recourir à des remaniements”. Série de polémiques Il a indiqué par ailleurs que cette décision avait été prise d’un commun accord par Youssef Chahed et le chef de l’État, Beji Caïd Essebsi. “Les couleurs portées par Carthage et la Kasbah – les sièges de la présidence de la République et du Premier ministère – sont les mêmes et le naufrage de Kerkennah a précipité la décision”, a souligné Lyed Dahmani. Selon lui, d’autres événements ont motivé le départ du ministre de l’Intérieur. “L’ambiance était troublée par des sujets comme la campagne qu’il a menée contre les cafés ouverts durant le Ramadan ou encore le problème qu’il y a eu avec le syndicat des journalistes sur la question de la liberté de la presse. Cette orientation a gêné le gouvernement et ne correspond pas à sa vision”, a précisé le porte-parole du gouvernement. Au début du mois de jeûne, il y a trois semaines, Lotfi Brahem a provoqué une vive polémique, en affirmant que “la minorité non pratiquante devait respecter les croyances de la majorité”. Il a également irrité les médias il y a quelques mois lorsqu’il a révélé avoir mis des journalistes sur écoute. Son énième revers concerne l’affaire Nadjem Gharsali, un ancien ministre de l’Intérieur, recherché dans le cadre d’une enquête anticorruption et qui n’a pas été retrouvé. La direction des recherches dans ce dossier est désormais confiée au ministre de la Justice, Ghazi Jeribi, désigné pour assurer l’intérim à la tête du ministère de l’Intérieur. Samia Lokmane-Khelil  


En Italie, la Ligue marque des points aux élections municipales

Le premier tour du scrutin municipal partiel du 10 juin a été marqué par une poussée de l’extrême droite, qui a remporté plusieurs grandes villes. À Rome, Le Mouvement 5 étoiles, qui dirige la capitale depuis deux ans, est écarté de deux arrondissements. 

11/06/2018 | ACTUALITÉ

La coalition de droite italienne, emmenée par la Ligue, a enregistré un nouveau succès électoral lors d’un scrutin communal partiel, remportant plusieurs grandes villes, alors que les autres forces politiques stagnent. Au total, 6,7 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour des scrutins locaux dans 760 villes et dans deux des 15 arrondissements de Rome, un premier test pour les partis soutenant le nouveau gouvernement populiste. Les maires sortants des villes en lice les plus importantes – Catane, Sienne, Pise, Brescia et Vicenza – étaient tous de centre gauche, soutenus par le Parti démocrate (PD). Catane, la plus grande des villes en jeu, avec 294 000 habitants, est passée à la droite, de même que Vicenza. La gauche réussit à garder Brescia et se trouve en ballottage contre un candidat de droite à Sienne et à Pise. À Messine (243 000 habitants), dont le maire sortant était un pacifiste à la tête d’une liste civique, le ballottage opposera deux candidats de la droite. Déconvenues pour le M5S Le Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste), sorti premier des législatives du 4 mars avec plus de 32 % des voix, est absent de tous les ballottages dans les principales villes. À Pise le M5S a obtenu environ 10 % des votes, selon des résultats préliminaires, et près de 13 % à Messine. Pire encore, à Rome, où la maire depuis deux ans est Virginia Raggi, membre du M5S, ce mouvement est absent de la course dans les deux arrondissements qui devaient élire leur maire. Avec une abstention record – seulement quelque 30 % des électeurs ont voté –, l’un des deux arrondissements romains devrait avoir un maire de gauche, tandis que l’autre se rendra dans deux semaines aux urnes pour un second tour entre le candidat de gauche en ballottage favorable devant celui de droite. Un deuxième tour est éventuellement prévu le 24 juin pour départager les deux premiers arrivés dans les villes de plus de 15 000 habitants où aucun candidat n’aurait recueilli plus de la moitié des suffrages. (avec AFP)


Échec programmé de la réforme de la zone euro à la française

Trois semaines avant le sommet européen du 28 juin, Angela Merkel met de sérieux bémols aux propositions d’Emmanuel Macron pour réformer la zone euro, notamment sur le montant d’un futur budget commun. La chancelière allemande ne veut pas d’une “union de l’endettement”.

07/06/2018 | ACTUALITÉ

La chancelière allemande vient enfin de répondre aux propositions d’Emmanuel Macron sur l’évolution de la zone euro. Neuf mois après la feuille de route du Président français, Angela Merkel a indiqué qu’elle était en faveur de la création d’un fonds monétaire européen et d’un budget d’investissement pour la zone euro. Mais elle annonce des montants beaucoup plus modestes et rejette toute idée d’une mutualisation des dettes de la zone euro. En septembre 2017, le Président français avait lancé différentes propositions pour relancer l’Europe post-Brexit en crise. Sur le plan économique, il prônait la création d’un budget spécifique pour la zone euro et la désignation d’un ministre des Finances, ainsi que la transformation du mécanisme européen de stabilité en un Fonds monétaire européen. À trois semaines d’un sommet européen sur le sujet qui se tiendra le 28 juin, l’Allemagne vient de répondre au Président français. Dans un entretien accordé au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, Angela Merkel a accepté le principe de deux mécanismes limités d’entraide entre pays de la zone euro : un budget d’investissement et un nouveau système de prêts pour les États en difficultés. L’Élysée s’est félicité que la chancelière allemande “se rapproche des vues françaises”. Moins de 100 milliards d’euros Cependant, celle-ci a précisé que ce budget devrait atteindre un montant inférieur à 100 milliards d’euros, très loin des souhaits initiaux d’Emmanuel Macron, qui avait appelé de ses vœux un budget équivalent “à plusieurs points du PIB de la zone euro”, soit plusieurs centaines de milliards d’euros. Le budget serait introduit étape par étape et évoluerait au fil du temps pour remédier aux faiblesses structurelles de certains États membres. L’arrivée au pouvoir en Italie d’un gouvernement qui veut appliquer un programme anti-austérité a renforcé l’appréhension de l’Allemagne envers une solidarité entre les États du Nord et ceux du Sud. La chancelière a ainsi répété qu’elle est pour réformer la zone euro avec une limite : “la solidarité entre partenaires de la zone euro ne doit jamais conduire à une union de l’endettement”. Le mois dernier, 154 économistes allemands avaient estimé que la création d’un fonds monétaire européen affaiblirait la détermination des établissements bancaires et des autorités de supervision nationales à lutter contre les créances douteuses. Sur ce point, Angela Merkel a donné son accord pour créer une nouvelle structure chargée d’évaluer les économies des pays membres et d’accorder des prêts aux États en difficulté. “Ces prêts seraient étalés sur trente ans et seraient conditionnés à des réformes structurelles radicales”, a-t-elle ajouté. La chancelière allemande souhaite qu’il soit contrôlé par les Parlements nationaux et non par la Commission européenne, qu’elle estime trop laxiste avec les pays en déficit chronique. Pour le sommet européen du 28 juin prochain, l’Allemagne et la France font donc “feuille de route commune” pour réformer la zone euro, mais avec des propositions moins ambitieuses que celles lancées par le Président français quatre mois après son élection. Jean-Bernard Gallois


La patronne du budget européen devient ministre de l’Économie en Espagne

Sa nomination a été perçue comme un geste de bonne volonté envers Bruxelles du socialiste Pedro Sanchez, nouveau chef du gouvernement espagnol, pour démontrer son engagement à poursuivre la réduction du déficit.

06/06/2018 | ACTUALITÉ

L’économiste Nadia Calviño, chargée depuis quatre ans de la gestion du budget de l’Union européenne (UE), sera la ministre de l’Économie du nouveau gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez, selon l’AFP, qui cite une source au Parti socialiste. Nadia Calviño est actuellement la directrice générale du service de la Commission européenne gérant les dépenses de l’UE et percevant les contributions budgétaires des pays membres de l’Union. Cette nomination est donc considérée comme un geste – une garantie ? – de sérieux budgétaire vis-à-vis de Bruxelles. Le 1er juin, devant les députés, Pedro Sanchez avait assuré que son gouvernement se fixait comme “priorité principale” de “respecter les engagements européens” de l’Espagne et de “garantir la stabilité budgétaire et la stabilité macro-économique”. Deux femmes aux ministères économiques et financiers Avant de rejoindre, en 2006, les institutions européennes, Nadia Calviño avait déjà travaillé au ministère espagnol de l’Économie, quand les conservateurs puis les socialistes étaient au pouvoir. Elle sera désormais chargée de représenter l’Espagne au sein de l’Eurogroupe, le forum des ministres des Finances des 19 pays membres de la zone euro, qui se réunissent chaque mois à Luxembourg. Quatre jours après avoir renversé le conservateur Mariano Rajoy par le vote d’une motion de censure au Parlement, Pedro Sanchez met la dernière main à la composition de son gouvernement. Selon les annonces confirmées, Maria Jesús Montero sera la titulaire des Finances, une responsabilité qu’elle assumait jusqu’à présent au gouvernement régional de l’Andalousie.  L’Espagne aura ainsi deux femmes en première ligne de son équipe économique, Nadia Calviño et Maria Montero, dans un gouvernement qui sera “paritaire”, selon le vœu du chef du gouvernement. Une Barcelonaise pour dialoguer avec les indépendantistes Carmen Calvo sera la vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Égalité, l’ancien président du Parlement européen Josep Borrell dirigera la diplomatie espagnole en tant que ministre des Affaires étrangères et le numéro trois du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), José Luis Ábalos, se verra confier le ministère de l’Équipement. A également été confirmée la nomination de la Barcelonaise Meritxell Batet au ministère de l’Administration territoriale. C’est elle qui devrait être chargée de dialoguer avec le nouveau gouvernement indépendantiste catalan. (avec AFP)


En Jordanie, un projet de hausse des impôts fait chuter le Premier ministre

Sous la pression du FMI, le royaume hachémite veut augmenter les impôts des particuliers et des entreprises provoquant des manifestations dans le tout le pays. La Jordanie, dont l’économie est au plus mal, a dû accueillir, ces dernières années, des centaines de milliers de réfugiés syriens.

05/06/2018 | ACTUALITÉ

Le Premier ministre jordanien, Hani Mulqi, a été contraint à la démission lundi 4 juin, après plusieurs jours d’une contestation populaire inédite depuis des années dans le royaume contre un projet de réforme fiscale et la hausse des prix. Le roi Abdallah II a aussitôt désigné le ministre de l’Éducation, Omar al-Razzaz, pour former un nouveau gouvernement. Alors que la Jordanie est sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) pour mener des réformes et réduire ses déficits, un récent projet fiscal et l’annonce d’une hausse de certains prix ont suscité une contestation grandissante contre le gouvernement Mulqi. La colère populaire vise un projet de loi élargissant l’impôt sur le revenu à des salaires plus modestes. Présenté sur recommandation du FMI, il prévoit une augmentation d’au moins 5 % des impôts pour les particuliers et impose désormais les personnes ayant un salaire annuel de 8 000 dinars (environ 9 700 euros). Les impôts des entreprises doivent augmenter de 20 à 40 %, dans un pays à l’économie affaiblie. Réduire la dette publique L’accueil de centaines de milliers de réfugiés syriens ayant fui la guerre dans leur pays, voisin de la Jordanie, pèse lourdement sur les finances du royaume hachémite, où 18,5 % de la population sont au chômage et 20 % à la limite du seuil de pauvreté, selon des chiffres officiels. Depuis cinq jours, des milliers de personnes se sont rassemblées en soirée devant les bureaux du Premier ministre à Amman, réclamant sa démission. Ce mouvement de contestation, qui a touché d’autres villes, est le plus important depuis fin 2011 dans ce pays de quelque 10 millions d’habitants. À l’appel des syndicats, une journée de grève nationale doit être observée mercredi 6 juin. En 2016, le FMI a approuvé une ligne de crédit de 617 millions d’euros sur trois ans. En contrepartie, le royaume jordanien s’est engagé à mettre en place des réformes structurelles pour, entre autres, réduire progressivement sa dette publique à 77 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2021, contre 94 % en 2015. (avec AFP)


Le gouvernement tunisien reporte les augmentations salariales dans le secteur public

Les autorités évoquent l’insuffisance de ressources et répondent à une demande du FMI, qui conditionne le déblocage de la dernière tranche de son prêt à la Tunisie par la mise en œuvre de réformes sérieuses et la maîtrise de la masse salariale dans la fonction publique.

04/06/2018 | ACTUALITÉ

Sur la sellette depuis plusieurs mois, le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, n’a pas osé annoncer lui-même aux fonctionnaires qu’ils ne toucheraient pas d’augmentation de salaire cette année. La mauvaise nouvelle a été révélée par un responsable de son cabinet, vendredi 1er juin. Ce haut fonctionnaire qui a requis l’anonymat a souligné, auprès de l’agence Reuters, que l’État ne disposait pas dans l’immédiat de ressources suffisantes pour décaisser les augmentations, qui seront reportées à 2019, au plus tard 2020. Il a affirmé par ailleurs que le gouvernement allait opérer dans les prochains jours une majoration du prix du diesel et vendre des bons de Trésor pour un montant de 852 millions d’euros.  Selon lui, ces mesures entrent dans le cadre de l’exécution des directives du Fonds monétaire international (FMI) et conditionnent l’obtention par la Tunisie, en juillet, de la prochaine tranche du crédit global de 2,4 milliards d’euros qui lui a été accordé en 2016. À ce sujet, le même responsable a confié qu’au cours du dernier conseil d’administration de l’institution monétaire internationale, les États-Unis avaient refusé de valider le déblocage de la somme convenue (219 millions d’euros), pour absence de “réformes sérieuses” dans le pays. Réduire le déficit budgétaire Le FMI reproche en particulier à l’État tunisien de ne pas fournir suffisamment d’efforts pour maîtriser l’inflation de la masse salariale dans la fonction publique qui est, proportionnellement, parmi les plus élevées dans le monde. Dans un communiqué élaboré à la suite de la mission qu’elle a effectuée entre le 8 et le 30 mai en Tunisie, une équipe du FMI dirigée par Björn Rother a demandé au gouvernement Chahed de “prendre des mesures décisives” pour réduire le déficit budgétaire et sauver les finances publiques. En avril dernier, une mission similaire avait émis les mêmes recommandations, évoquant “des risques pour la stabilité macro-économique plus prononcés”. Plus tôt, en janvier, un rapport alarmant avait été publié, pointant le doigt sur les répercussions dramatiques des mesures populistes relatives aux embauches et à l’augmentation des salaires dans la fonction publique, ces dernières années. L’institution monétaire a souligné que la hausse des recrutements et les rémunérations excessivement élevées ont été suivies par un repli de 10 % de la productivité dans le secteur public, entre 2010 et 2015. Selon le même rapport, la masse salariale de la fonction publique représente aujourd’hui 14,4 % du PIB, soit les deux tiers des revenus fiscaux et près de la moitié du total des dépenses de l’État. Les effectifs ont augmenté pour leur part de plus d’un tiers. Le nombre de fonctionnaires de l’administration publique est passé de 430 000 à 590 000. Pressions du syndicat UGTT Pour réduire la taille du mammouth, le gouvernement de Youssef Chahed a mis en place, en 2017, une politique de départs volontaires à la retraite. Mais le dispositif, qui comprend des mesures incitatives, dont une indemnité de départ, n’a pas attiré grand monde. Seuls 6 000 fonctionnaires ont fait valoir leurs droits. Les autorités ont également du mal à gérer plus efficacement les effectifs. Il était question, en effet, de restructurer les emplois pour garantir une exploitation optimale des ressources humaines et éviter de nouveaux recrutements. Résultat : beaucoup d’administrations restent pléthoriques alors que d’autres, au niveau des territoires notamment, manquent de personnel. En matière de salaires, le gouvernement doit faire face aux revendications récurrentes de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). À l’opposé du FMI, le puissant syndicat estime qu’une augmentation des rémunérations est impérative dans le secteur public afin de permettre aux travailleurs d’affronter un coût de la vie de plus en plus élevé. Ces derniers mois, l’UGTT a accentué la pression sur le chef du gouvernement, dont elle a ouvertement demandé la démission. Pour éviter de nouveaux mouvements sociaux et gagner du temps, Youssef Chahed a accepté, le 27 avril dernier, d’ouvrir des négociations salariales. Mais aucun accord n’a été conclu. Au cours de leur dernier séjour en Tunisie, les responsables du FMI ont rencontré des représentants de l’UGTT afin de leur expliquer l’impossibilité actuelle, pour le gouvernement, d’accéder à leur demande. Reste à savoir s’ils ont été convaincus. Pour le moment, le syndicat n’a pas réagi à la décision du gouvernement de bloquer les augmentations de salaires. Samia Lokmane-Khelil  


Les socialistes reviennent au pouvoir en Espagne

La nouvelle majorité, hétéroclite, comprend les 84 députés socialistes alliés à Podemos, aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques, pesant au total 180 voix sur 350 députés. Après six années au pouvoir, Mariano Rajoy a été renversé par le Parlement espagnol.

01/06/2018 | ACTUALITÉ

Le socialiste Pedro Sanchez s’apprêtait, vendredi 1er juin, à accéder au pouvoir en Espagne après avoir convaincu une majorité hétéroclite de renverser le conservateur Mariano Rajoy, qui a jeté l’éponge. L’Espagne tourne ainsi la page Rajoy. Celui qui gouvernait depuis six ans a reconnu, vendredi 1er juin au matin, avant même le vote, qu’une majorité des députés allait approuver la motion de censure déposée par le Parti socialiste (PSOE) de Pedro Sanchez et porter ce dernier à la tête du gouvernement. La motion contre le dirigeant conservateur a été adoptée, comme prévu, en fin de matinée, à une majorité de 180 députés sur 350.  Au pouvoir depuis décembre 2011, Mariano Rajoy, 63 ans, avait survécu à plusieurs crises majeures : de la récession, face à laquelle il a imposé une sévère cure d’austérité, aux mois de blocage politique en 2016, jusqu’à la tentative de sécession de la Catalogne l’an dernier. Coup de poker politique À 46 ans, Pedro Sanchez tient sa revanche, lui dont l’investiture à la tête du gouvernement avait été rejetée par les députés en mars 2016, avant qu’il ne réalise, en juin de la même année, le pire score de l’histoire du PSOE aux élections législatives. Débarqué de sa formation à la suite de cette déroute électorale, il en a repris les rênes l’an dernier grâce au soutien de la base contre les barons du PSOE. Monté au front contre Mariano Rajoy dès l’annonce, jeudi 31 mai, de la condamnation du PP dans un mégaprocès pour corruption, baptisé Gürtel, il a tenté, cette fois avec succès, un coup de poker politique. Mais il a dû former autour des 84 députés socialistes une majorité hétéroclite, allant de Podemos aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques, et pesant au total 180 voix sur 350 députés.  Promesses aux Basques et aux Catalans Reste à savoir désormais combien de temps Pedro Sanchez, qui veut faire adopter des mesures sociales et a promis de convoquer par la suite des élections, sera en mesure de gouverner avec une majorité qui apparaît aussi instable.  Afin de convaincre le Parti nationaliste basque, le futur chef du gouvernement a dû assurer qu’il ne toucherait pas à ce budget qui prévoit des largesses financières pour le Pays basque. Il a en outre promis aux indépendantistes catalans qu’il essaierait de “jeter des ponts pour dialoguer” avec le gouvernement régional de Quim Torra. (avec AFP)


Les fonds de cohésion européens plus orientés vers le Sud que vers l’Est

La Commission européenne a proposé une réorientation des fonds selon de nouveaux critères dans le budget 2011-2027. Pour soutenir l’accueil des migrants, l’Italie et la Grèce pourraient recevoir plus d’argent, alors que la Pologne et la Hongrie verraient leurs fonds baisser de 20 %.

31/05/2018 | ACTUALITÉ

Coup de pouce au Sud. En présentant devant le Parlement européen sa nouvelle stratégie en matière de fonds de cohésion, la Commission européenne a changé la destination de cette enveloppe, qui représente pas moins d’un tiers du budget européen (1 100 milliards d’euros entre 2021 et 2027). Dans le document que l’exécutif européen va négocier avec les États et le Parlement, les fonds de cohésion seront toujours principalement attribués aux pays dont le PIB par habitant est situé sous un certain seuil. Les trois catégories des “régions en développement”, “régions en transition” et “régions développées” vont subsister. Mais la Commission souhaite tenir davantage compte de critères comme le chômage des jeunes ou l’accueil des migrants. Ainsi, les régions italiennes pourraient recevoir près de 10 milliards d’euros supplémentaires du budget européen sur la période 2012-2027.  Au contraire, les anciens pays communistes d’Europe centrale vont toucher moins que prévu. La Pologne pourrait ainsi connaître un budget de cohésion en baisse de 82 milliards d’euros en sept ans, mais elle demeurerait un des premiers pays bénéficiaires. De même, la Hongrie pourrait voir baisser son budget de 20 %. “Les pays comme la Slovaquie, les pays baltes ou la Pologne reçoivent moins d’argent dans notre proposition de budget parce qu’ils sont devenus plus compétitifs, qu’ils ont grandi économiquement”, a développé le commissaire au Budget, Günther Oettinger, devant les eurodéputés. Compromis peu probable “Nous proposons aujourd’hui une politique de cohésion pour toutes les régions, qui ne laisse personne de côté”, a indiqué Corina Cretu, la commissaire chargée de la Politique régionale, en ajoutant que celle-ci était “adaptée aux nouvelles priorités”.  Dans certaines régions allemandes, la population a doublé à la suite de l’arrivée massive de migrants. La Pologne considère la chute drastique de ses subsides comme une punition en raison du fait qu’elle refuse d’accueillir des migrants. Le responsable des affaires étrangères du pays, Konrad Szymanski, a jugé cette nouvelle politique “inacceptable”. “Nous rejetons toute proposition discriminatoire à l’égard de la Pologne et de la région”, a-t-il lancé. Les tractations promettent d’être tendues autour de ce budget 2021-2027, qui requiert une décision unanime des États membres de l’Union. En prévision du Brexit, la Commission a proposé une coupe globale de 7 % dans la politique de cohésion, un chiffre que les députés contestent. D’après les calculs des services du Parlement, les projets de l’exécutif européen aboutiraient à une baisse de 10 % au total, dont une réduction de 45 % aux fonds de cohésion destinés aux pays les moins développés. La bataille budgétaire pourrait durer longtemps et un compromis avant les élections européennes de mai 2019 semble désormais peu probable, tant les positions des différents États sont éloignées. Jean-Bernard Gallois Régions de France plaide la cause des régions d’Europe Les régions françaises ont défendu le maintien de la politique de cohésion européenne et de la politique agricole commune (PAC) lors d'une rencontre avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, jeudi 31 mai à Bruxelles. Une délégation de l’association Régions de France, conduite par son président, Hervé Morin, a fait part au président de la Commission européenne de la déception des régions “quant à la baisse globale du budget consacré à ces deux politiques historiques à fort impact territorial”. “Ces politiques sont particulièrement importantes pour assurer la cohésion économique, sociale et territoriale sur le continent européen comme dans les régions d'outre-mer”, souligne Régions de France.   


Le Luxembourg résiste sur la volonté de taxer les géants du numérique

“On ne peut pas continuer à accepter que les géants de l’Internet payent 8 % d’impôts et que les PME payent 30 %”, a répondu le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au Premier ministre luxembourgeois, qui défend “la nécessité de maintenir et de renforcer la compétitivité mondiale de l’UE”.

30/05/2018 | ACTUALITÉ

L’Union européenne doit “éviter les solutions provisoires” dans son combat pour mieux taxer les géants du numérique, comme celle proposée par la Commission sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, a estimé, mercredi 30 mai, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, lors d’un discours sur l’avenir de l’Europe devant les eurodéputés à Strasbourg. La Commission européenne a présenté fin mars une proposition qui prévoit la mise en place rapide d’une taxe sur le chiffre d’affaires des géants du Net, comme Facebook et Amazon, le temps qu’une solution soit négociée à l’échelle mondiale. Mais les petits pays comme Malte, l’Irlande et le Luxembourg, accusés de tirer profit de leur fiscalité avantageuse vis-à-vis de ces entreprises, sont opposés à cette solution “de court terme”. Or, dans l’Union européenne, les décisions en matière de fiscalité doivent se prendre à l’unanimité. “Pour éviter les erreurs d’interprétation : je suis en faveur d’une taxation équitable des bénéfices des sociétés Internet”, a développé Xavier Bettel. “Toutefois, cette taxation devrait être compatible avec la nécessité de maintenir et de renforcer la compétitivité mondiale de l’UE”, a-t-il ajouté. Taxation des revenus à 3 % Xavier Bettel craint qu’une taxe seulement européenne ne handicape l’UE à l’avenir. Il plaide pour une solution globale au niveau de l’OCDE, où des discussions sont déjà en cours. “Sur Internet, il s’agit d’équité fiscale”, lui a ensuite répondu le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans l’hémicycle européen. “On ne peut pas continuer à accepter que les géants de l’Internet payent 8 % d’impôts et que les PME payent 30 %. C’est injuste et inéquitable et il faut rectifier le tir”, a-t-il ajouté. Le texte de la Commission, ardemment défendu par la France, prévoit dans un premier temps de taxer à hauteur de 3 % les revenus – et non les bénéfices – générés par l’exploitation d’activités numériques. Cette taxe ne visera que les groupes dont le chiffre d’affaires annuel mondial s’élève à plus de 750 millions d’euros et dont les revenus dans l’UE excèdent 50 millions d’euros. Les Français se sont fixé l’objectif d’adopter cette proposition au plus tard début 2019. (avec AFP)


Coup de pression de Bruxelles sur le programme Action publique 2022

Réduction des dépenses publiques oblige, la Commission européenne a récemment recommandé à la France de donner un coup d’accélérateur au programme Action publique 2022. Le rapport du comité d’experts ad hoc et les arbitrages gouvernementaux se font en effet toujours attendre.

29/05/2018 | ACTUALITÉ

Toute promesse doit être tenue. C’est en substance le message que vient d’envoyer la Commission européenne à la France au sujet du programme Action publique 2022. Transmises au Conseil de l’Union européenne le 23 mai, ses “recommandations de recommandations” à adresser aux États membres témoignent ainsi de l’impatience de Bruxelles à connaître les ressorts précis de ce programme de transformation de l’action publique lancé en octobre dernier par le gouvernement d’Édouard Philippe. L’exécutif français tarde en effet à dévoiler ses intentions à cet égard : initialement prévue pour le mois de mars, la remise du rapport du comité Action publique 2022 se fait toujours attendre, tout comme la feuille de route du gouvernement sur l’évolution des services publics qui devrait découler dudit rapport. Nécessaire assainissement budgétaire L’occasion ainsi pour la Commission européenne de recommander à la France de “pleinement préciser les objectifs et les nouvelles mesures nécessaires dans le contexte de l’Action publique 2022, afin qu’ils se traduisent en mesures concrètes de réduction des dépenses et de gain d’efficience dans le budget 2019” [cliquez ici pour consulter ses recommandations]. Pour justifier cette manifestation d’impatience, la Commission européenne agite bien entendu le spectre du nécessaire assainissement budgétaire et de la réduction des dépenses publiques pour les années à venir. Objectif assigné à la France : veiller à ce que le taux de croissance des dépenses publiques ne dépasse pas 1,4 % en 2019, “ce qui correspondrait à un ajustement structurel annuel de 0,6 % du PIB”. À l’heure actuelle, le niveau des dépenses publiques en France est le plus élevé de l’Union européenne. Le ratio de ses dépenses rapporté au PIB “devrait atteindre 56 % en 2018, soit 10,6 points de pourcentage de plus que la moyenne de l’UE”, précise la Commission européenne. Pas d’effets avant 2020 La stratégie de revue des dépenses initiée en 2014 (et aujourd’hui abandonnée) n’a “pas engendré d’économies substantielles et les gains d’efficience obtenus sont restés limités en raison de l’absence de suites appropriées et d’un faible niveau d’adhésion politique”, explique l’institution. Néanmoins, concernant la nouvelle méthode – en l’occurrence le programme Action publique 2022 – “aucune mesure n’a encore été proposée et ce processus ne devrait générer de nouvelles économies qu’à partir de 2020”. “Une mise en œuvre rapide de mesures de réduction des dépenses profiterait aux efforts déployés pour répondre à la nécessité d’assainissement budgétaire à court et moyen termes”, ajoute Bruxelles. Charge donc au gouvernement français de rectifier le tir s’il compte, comme il l’a avancé, réduire “de plus de 3 points de PIB” la dépense publique “d’ici 2022” via son programme de transformation de l’action publique. Une problématique qui, à n’en pas douter, sera évoquée mercredi 30 mai, lors du séminaire gouvernemental sur la transformation de l’action publique organisé à l’Élysée à l’issue du traditionnel Conseil des ministres. “Recommandations de recommandations” : de quoi parle-t-on ? Les “recommandations de recommandations” aujourd’hui transmises par la Commission européenne au Conseil de l'Union européenne s’inscrivent dans le cadre du “semestre européen”, ce système de coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres de l’Union européenne. Plusieurs étapes jalonnent ce cycle, initié en 2010 après la crise économique de 2008 et à la veille de celle des dettes souveraines en Europe. Tout débute au mois de novembre, lorsque la Commission européenne présente les priorités et les orientations pour l’année suivante dans le cadre du “paquet d’automne” (examen annuel de la croissance, rapport sur le mécanisme d’alerte, recommandations pour la zone euro…). En février-mars, la Commission publie ensuite des rapports économiques et sociaux pour chaque pays de l’Union européenne [cliquez ici pour consulter le rapport pour la France, publié le 7 mars denier]. Puis, en mars-avril, les gouvernements des États membres présentent leurs programmes nationaux de réforme et leurs programmes de stabilité [cliquez ici pour consulter le programme national de réformes de la France et ici pour consulter son programme de stabilité, présentés en Conseil des ministres le 11 avril]. La Commission publie ensuite, généralement au mois de mai, ses recommandations spécifiques par pays. Ces dernières sont in fine examinées par les États membres réunis au sein du Conseil, avalisées par les dirigeants de l’Union européenne lors d’un sommet en juin et officiellement adoptées par les ministres nationaux des Finances en juillet. 


NOMINATIONS


La directrice de l’Iddri nommée au gouvernement espagnol

Jusqu'à récemment directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), Teresa Ribera vient d’être nommée ministre de la Transition écologique au sein du nouveau gouvernement espagnol, dirigé par Pedro Sanchez, du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Rappelons que l’Iddri a été créé en 2001 à l’initiative de Laurence Tubiana lorsque cette dernière était conseillère du Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, avec pour objectif de combler le retard de la diplomatie française en matière de développement durable. Lancé d’abord sous la forme d’un groupement d’intérêt scientifique (GIS), et réunissant 6 ministères et 6 organismes de recherche publics, il est devenu depuis une fondation reconnue d’utilité publique. L’Iddri compte notamment, parmi ses membres de droit, des représentants d’établissements tels que l’Ademe, l’Inra ou le CNRS. Ancienne secrétaire d’État Directrice de l’Iddri depuis 2014, Teresa Ribera est diplômée en droit constitutionnel et en sciences politiques du Centre d’études politiques et constitutionnelles espagnol. Cette haute fonctionnaire et femme politique madrilène de 49 ans avait notamment été secrétaire d’État au Changement climatique du pays de la péninsule ibérique entre 2008 et 2011 et directrice générale de l’Office espagnol des changements climatiques sur la période 2004-2008. Appartenant au corps des cadres supérieurs de la fonction publique de l’État espagnol, Teresa Ribera a en outre, durant sa carrière, enseigné à l’université autonome de Madrid et occupé plusieurs postes liés à l’environnement dans l’administration espagnole. Membre de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), un établissement public français dédié à la recherche en faveur des pays en développement, elle est par ailleurs membre du Groupe de Milan sur la sécurité alimentaire et les changements climatiques, créé sous l’impulsion des Nations unies.

08/06/2018 | NOMINATION FRANCE

Le Comité des J.O. 2024 recrute son directeur des ressources humaines chez Apple

La vague de nominations au Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 (Cojo) se poursuit. Après l’arrivée en son sein de l’ex-directeur général de l’Agence France-Presse Fabrice Lacroix [lire notre article sur le sujet] et celle d’Anne Descamps à la direction de la communication [lire notre article sur le sujet], la jeune structure vient en effet de recruter David Lamy en tant que directeur des ressources humaines. Rappelons que le Cojo, chargé de gérer l’organisation, le financement et le déroulement des J.O. de 2024, a succédé, en janvier dernier, au comité de candidature Paris 2024. Notamment titulaire d’un DESS en ressources humaines stratégiques, David Lamy était jusque-là directeur des relations de travail chez Apple depuis 2015. Également maître de conférences en ressources humaines internationales à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne entre 2010 et avril dernier, le nouveau DRH a en outre occupé, durant son parcours, différentes fonctions à responsabilités au sein de groupes privés, notamment celle de DRH de Coca-Cola Europe, entre 2011 et 2015.

30/05/2018 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau consul général de France s’installe à Moscou

Succédant à Marc Sédille, en poste depuis 2015 et devenu consul général de France à Alger [lire notre article sur le sujet], un nouveau consul général de France a été nommé à Moscou : Rémi Lozachmeur. Ce secrétaire des affaires étrangères principal était, depuis 2015, adjoint au sous-directeur de l’état-civil et de la nationalité, Alain Sterbik, à la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, après avoir été chef du bureau du courrier réservé à la direction de l’immigration du ministère de l’Intérieur (2013-2015). Né en 1958, Rémi Lozachmeur avait été affecté au ministère des Affaires étrangères, comme attaché d’administration centrale, après être passé par les bancs de l’institut régional d’administration (IRA) de Lille, en 1994. En 2000, il avait été intégré dans le corps des secrétaires des affaires étrangères.

28/05/2018 | NOMINATION FRANCE

La Mission opérationnelle transfrontalière a un nouveau président

Changement de tête à la Mission opérationnelle transfrontalière (MOT). Les membres de cette plate-forme d’échanges et de réflexion sur la coopération transfrontalière, réunis le 22 mai en assemblée générale, viennent en effet d’élire Robert Herrmann à leur présidence. L’actuel président de l’eurométropole de Strasbourg succède ainsi à l’ancien ministre et ex-sénateur du Nord Michel Delebarre, qui occupait la fonction depuis 2008. Rappelons, comme le rappelle un communiqué de l’eurométropole, que la MOT est une “association interministérielle, créée en 1997 à l’initiative du gouvernement français”. Son objectif est de “promouvoir les intérêts des territoires transfrontaliers, accompagner les porteurs de projets et mettre en relation tous les acteurs (associatifs, institutionnels, entrepreneuriaux, européens…) investis dans le développement des rapprochements transfrontaliers”, précise en outre le document. Âgé de 63 ans, Robert Herrmann était déjà l’un des 12 vice-présidents de la MOT depuis 2017. Président de la communauté urbaine de Strasbourg (devenue l’eurométropole en 2015) depuis 2014, il est aussi adjoint au maire PS de Strasbourg (Roland Ries) en charge de la sécurité et du domaine public depuis cette même date. Titulaire d’un DESS en management public, le nouveau président de la MOT est par ailleurs président de l’Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise (Adeus) depuis 2008, du “Plan urbanisme construction et architecture” (Puca) depuis 2017, et est également membre du bureau et du conseil de l’eurodistrict Strasbourg-Ortenau, un “outil important de la coopération transfrontalière de part et d’autre du Rhin”, précise l’eurométropole.

23/05/2018 | NOMINATION FRANCE

Simon Bertoux prend un poste de sous-directeur

Pour remplacer Christophe Marot, parti à la préfecture de la Côte-d’Or en avril dernier, Simon Bertoux, conseiller référendaire à la Cour des comptes, a été nommé sous-directeur du séjour et du travail à la direction de l’immigration de la direction générale des étrangers en France du ministère de l’Intérieur. Âgé de 35 ans, il était jusque-là chef du bureau de la performance et des moyens de l’administration territoriale, à la direction de la modernisation et de l’action territoriale, toujours place Beauvau.  Cet énarque (promotion Émile Zola, 2010) était entré à la Cour des comptes comme auditeur à sa sortie de la prestigieuse école d’administration, avant d’être chargé de mission auprès du Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, un an plus tard. Directeur de cabinet des préfets successifs de l’ancienne région Aquitaine (Michel Delpuech et Pierre Dartout), de 2014 à 2015, puis, toujours pour Michel Dartout à la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes en 2016, à la suite de la réforme territoriale, Simon Bertoux avait ensuite rejoint l’administration centrale pour prendre son dernier poste de chef du bureau de la performance et des moyens de l’administration territoriale au ministère de l’Intérieur.

16/05/2018 | NOMINATION FRANCE

L’ex-patronne de la CFDT renonce à un siège à l’Organisation internationale du Travail

L’ancienne secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), ex-présidente de l'association Le Siècle, et actuelle présidente de l’agence de notation sociale Vigeo-Eiris, Nicole Notat, ne sera finalement pas la représentante de la France à l’Organisation internationale du travail (OIT). Et ce malgré sa nomination à cette fonction au sein du Bureau international du travail*, en mars dernier [lire notre article sur le sujet]. Un court communiqué du ministère du Travail, diffusé ce 14 mai, indique en effet qu’après “discussions et examen des risques d’interférence potentiels entre son activité professionnelle et la fonction de représentante de la France auprès de l’OIT, le gouvernement et Nicole Notat ont renoncé à cette nomination”. Rappelons que le représentant de la France au sein de cette agence spécialisée de l’ONU créée en 1946 était, jusqu’à janvier dernier, l’ancien sénateur Claude Jeannerot.  Secrétaire générale de la CFDT pendant dix ans Âgée de 70 ans, Nicole Notat a notamment été secrétaire générale de la CFDT pendant dix ans, jusqu’en 2002, et présidente de l’association Le Siècle de 2011 à 2013. Présidente de Vigeo (devenue Vigeo Eiris en 2015) depuis 2002, elle avait en outre été chargée, en janvier dernier, par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, d’une mission sur l’objet social des entreprises, aux côtés de Jean-Dominique Sénard. Cette institutrice spécialisée de profession avait débuté son parcours au sein de la CFDT en 1970, en tant que secrétaire du Syndicat général de l’éducation nationale de la CFDT (Sgen-CFDT) de la Meuse, puis comme secrétaire générale régionale du Sgen-Lorraine en 1978. Devenue secrétaire générale adjointe du syndicat en 1988 et secrétaire générale à partir de 1992, elle avait pris en outre, la même année, la présidence de l’Union nationale pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Unédic) jusqu’en 1994, puis de 1996 à 1998. * Le BIT est le secrétariat permanent de l’Organisation internationale du travail.

14/05/2018 | NOMINATION FRANCE

Nomination d'une ambassadrice en charge des questions de santé mondiale

Récemment devenue présidente du conseil d’administration de l’institut régional d’administration (IRA) de Lyon [lire notre article sur le sujet], l’inspectrice générale des affaires sociales Stéphanie Seydoux vient tout juste d’être nommée – en Conseil des ministres – ambassadrice en charge des questions de santé mondiale. Âgée de 51 ans, Stéphanie Seydoux est diplômée de Sciences Po Paris, de l’université d’Oxford et est une ancienne élève de l’ENA, issue de la même promotion que le Président Emmanuel Macron (Léopold Sédar Senghor, 2004). Elle débute sa carrière au ministère des Affaires étrangères en 1992 en tant que rédactrice, puis comme deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Moscou, en Russie, jusqu’en 2000. Devenue inspectrice adjointe des affaires sociales à sa sortie de l’ENA en 2004, elle enchaîne les postes de chargée de cours pour la préparation du concours de l’École nationale supérieure de sécurité sociale (2004-2006) et d’adjointe au chef de l’inspection générale des Affaires sociales (Igas) entre 2006 et 2007. Promue inspectrice des affaires sociales de 1re classe à cette dernière date, la nouvelle ambassadrice rejoint ensuite, toujours en 2007, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), en tant que cheffe de cabinet de Louis Schweitzer, alors président de l’autorité, puis comme directrice de la promotion de l’égalité entre 2008 et 2010. Devenue première conseillère, cheffe du service de presse à l’ambassade de France à Nairobi (Kenya) jusqu’en 2013, puis chargée de mission à la direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats du ministère des Affaires étrangères jusqu’en 2014, Stéphanie Seydoux se voit par la suite nommée cheffe du service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, adjointe à la directrice générale de la cohésion sociale au ministère des Solidarités et de la Santé. Elle occupe ce poste jusqu’en novembre dernier, date à laquelle elle réintègre l’Igas, avant de prendre, dans la foulée, la présidence du conseil d’administration de l’IRA de Lyon.

14/05/2018 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau consul général de France pour Alger

En remplacement de Jean Wiet, qui occupait la fonction depuis 2015, le secrétaire des affaires étrangères principal Marc Sédille, déjà consul général de France à Moscou depuis 2015, a été nommé consul général de France à Alger. Ce haut fonctionnaire du Quai d’Orsay est familier du consulat de la capitale algérienne puisqu’il y avait déjà été, de 2012 à 2015, consul général adjoint, une fonction qu’il avait en outre déjà occupée à Toronto, au Canada (2001-2004), et à Buenos Aires, en Argentine (2004-2007). Titulaire d’un brevet d’administration et d’affaires consulaires appliquées, ce haut fonctionnaire avait débuté sa carrière au service des ressources humaines du Quai d’Orsay en 1983. Agent consulaire à Tunis (1989-1993), puis à Genève (1993-1998), Marc Sédille avait ensuite rejoint Paris pour devenir, entre 1998 et 2001, adjoint au chef de cabinet de Pierre Moscovici, alors ministre délégué chargé des Affaires européennes.

14/05/2018 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle directrice adjointe au développement durable au Quai d’Orsay

La direction du développement durable du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères tient sa nouvelle directrice adjointe : Donatienne Hissard. Elle remplace Élisabeth Claverie de Saint-Martin, partie pour rejoindre un établissement public à caractère industriel et commercial [lire notre article sur le sujet]. Ambassadrice chargée de la mobilité externe des cadres supérieurs du Quai d’Orsay depuis 2016, cette conseillère des affaires étrangères hors classe de 43 ans a notamment travaillé à la représentation de la France auprès des Nations unies en Italie, où elle était représentante permanente adjointe (2012-2016). Titulaire d’une licence de langue et littérature chinoises, d’une maîtrise de lettres modernes et diplômée de Sciences Po Paris, Donatienne Hissard démarre sa carrière à la sous-direction d’Extrême-Orient de la direction d’Asie et d’Océanie du ministère des Affaires étrangères, comme rédactrice, notamment sur les questions traitant de la Chine (2000-2003). Détachée auprès de la Commission européenne, elle y officie comme experte nationale à la direction générale des relations extérieures (2003-2004). Partie à l’ambassade de France en Chine de 2006 à 2009, comme attachée de coopération technique, puis comme conseillère de coopération et d’action culturelle adjointe, elle rejoint ensuite l’administration centrale à Paris pour devenir adjointe au sous-directeur du désarmement et de la non-prolifération nucléaires pour un an. En 2010, elle se voit déléguée dans les fonctions de sous-directrice de la coopération et des échanges scientifiques internationaux, pendant deux ans.

07/05/2018 | NOMINATION FRANCE

Jean-Pierre Raffarin annonce le lancement de son ONG

À la suite de l’annonce, l’été dernier, de son retrait de la vie politique [lire notre article sur le sujet], l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a créé officiellement sa propre ONG le 3 mai. Baptisée “Leaders pour la paix” et regroupant 25 personnalités, dont 7 anciens Premiers ministres à l’international, cette organisation a notamment pour objectif de faire de la pédagogie auprès des décideurs politiques, mais aussi d’être un relais d’opinion vis-à-vis des crises émergentes dans le monde. La nouvelle structure tiendra sa première conférence les 14 et 15 mai prochains à Paris. Âgé de 69 ans, Jean-Pierre Raffarin, diplômé de l’École supérieure de commerce de Paris, a notamment été Premier ministre de 2002 à 2005, sous la Présidence de Jacques Chirac. Il a auparavant été ministre des PME, du Commerce et de l’Artisanat entre 1995 et 1997, et député européen (1989-1995). Par ailleurs sénateur LR de la Vienne (sur les périodes 1997-2002, 2004 et 2005-2017), Jean-Pierre Raffarin a aussi été président du conseil régional de Poitou-Charentes (1988-2002).

04/05/2018 | NOMINATION FRANCE

Rachida Dati recalée d’un comité de sélection européen

Les députés européens, réunis en assemblée plénière le 3 mai, ont rejeté la candidature de l’eurodéputée LR et ancienne ministre de la Justice Rachida Dati, 52 ans, pour les représenter au sein du comité de sélection du futur parquet européen. L’ex-garde des Sceaux (de 2007 à 2009) avait pourtant reçu l’aval favorable, au sein du Parlement européen, de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures. À noter que le futur parquet européen, compétent pour poursuivre les auteurs des fraudes au budget européen, et notamment les fraudes à la TVA à caractère transfrontalier, devrait voir le jour d’ici 2021. Vingt États membres de l’Union européenne, dont la France, doivent y participer.

04/05/2018 | NOMINATION FRANCE

La France tient sa candidate au Comité des droits de l'homme des Nations unies

Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a annoncé que la France avait présenté la candidature de la professeure Hélène Tigroudja en tant que membre du Comité des droits de l'homme des Nations unies pour la période 2019-2022, alors qu'une élection au sein de la structure est prévue le 14 juin prochain à New York. Précisions que ce comité est fort de 18 experts indépendants élus pour 4 ans, et dont 9 d'entre eux voient leur mandat arriver à expiration le 31 décembre prochain. Sa mission est de surveiller et de contrôler l'application des obligations "incombant aux [169] États parties en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques", en matière de protection des droits fondamentaux de l'homme à l'échelle internationale. Hélène Tigroudja, pour sa part, est professeure agrégée de droit international public et de droit international des droits de l'Homme, et justifie, selon le ministère, d'une expertise "juridique reconnue" sur cette dernière thématique. Chercheur principal à l'Université de New York depuis septembre dernier, elle est en outre professeure de droit international public à l'Université Aix-Marseille, et directrice scientifique de l'École d'été sur la pratique des droits de l'homme. Inscrite sur la liste des experts en matière de réparations auprès de la Cour pénale internationale, la candidate française participe de surcroît, depuis 2002, "à des missions d'expertise et de terrain dans le monde entier pour les Nations unies, le Conseil de l'Europe et l'Union européenne notamment, en matière de droits de l'homme", indique le ministère.

25/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Nathalie Pilhes promue à la tête d’une délégation interministérielle

Jusque-là conseillère spéciale à la délégation interministérielle à la coopération technique internationale, Nathalie Pilhes vient d’être nommée déléguée interministérielle de cette même délégation pour exercer les fonctions de présidente du conseil d'administration de l'Agence française d'expertise technique internationale (Expertise France). Cette administratrice civile hors classe de 56 ans remplace ainsi Jean-Christophe Donnellier, parti en décembre dernier à Londres pour prendre le poste de chef du service économique régional « Royaume-Uni et Irlande » [lire notre article sur le sujet]. Précisons également que Bénédicte Fauvarque-Cosson exerçait jusque-là l’intérim des fonctions de présidente du conseil d’administration d’Expertise France. Pour mémoire, Expertise France est le bras armé du gouvernement en matière d’expertise technique internationale. Créé en 2015, cet établissement public à caractère industriel et commercial (Epic), placé sous la tutelle des ministères chargés des Affaires étrangères et de l’Economie, réunit et promeut notamment l’expertise internationale et l'assistance technique de l’Hexagone, à l’international. Ancienne collaboratrice de Jean-Pierre Chevènement Ancienne élève de l’ENA (promotion Marc Bloch, 1997), diplômée de l’Université de Cambridge, de l’IEP de Paris et de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), Nathalie Pilhes était conseillère spéciale à la délégation interministérielle à la coopération technique internationale depuis mars 2017. Elle est également, depuis 2016, présidence d’Administration moderne, une association de femmes haut fonctionnaires. La nouvelle déléguée interministérielle débute sa carrière en 1989 en tant que responsable de secteurs au ministère de la Défense, jusqu’en 1995. A sa sortie de la prestigieuse école d’administration, elle prend ensuite successivement les postes d’adjointe, puis de cheffe du bureau du régime économique de la presse et des interventions publiques au sein des services du Premier ministre, de 1997 à 2000. Devenue conseillère technique à cette dernière date, au cabinet de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur, elle poursuit ensuite son parcours au sein du même ministère. Cela, d’abord en tant que chargée de mission à la délégation aux affaires internationales, en 2001, puis comme chargée de mission à l’inspection générale de l’administration entre 2003 et 2006, et enfin comme secrétaire générale adjointe du comité interministériel de prévention de la délinquance. Une dernière fonction qu’elle occupe jusqu’en 2008, date à laquelle elle prend le poste de responsable de pôles à la mission interministérielle « Union pour la Méditerranée », avant d’enchaîner avec celui de secrétaire générale, puis d’adjointe, à la délégation interministérielle à la Méditerranée, sur la période 2012-2017. Par ailleurs investie en politique sous les couleurs du MDC (Mouvement des citoyens), puis MRC (Mouvement républicain et citoyen), Nathalie Pilhes a aussi été adjointe au maire du 13ème arrondissement de Paris (Serge Blisko), chargée des droits des femmes, entre 2001 et 2008, et parallèlement porte-parole du MDC, de 2001 à 2002.

17/04/2018 | NOMINATION FRANCE