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« La santé au cœur de la sécurité »

12 juil. 2017, PAR
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Intériale vient de terminer la 4e édition de son baromètre « santé et prévention » du ministère de l’Intérieur et des collectivités territoriales. Quels sont les points les plus marquants de ces baromètres ?

Comme vous le savez, le climat dans lequel évoluent nos forces de sécurité intérieures, et en particulier nos policiers, est particulièrement tendu en ce moment. Cette quatrième vague montre à quel point ces agents sont aujourd’hui atteints par un sentiment de grande fatigue physique et nerveuse. Les études réalisées au ministère de l’Intérieur montrent que la santé mentale et physique des policiers s’est cette année un peu dégradée par rapport aux vagues précédentes. Ils sont aujourd’hui 22 % à exprimer des symptômes de mal-être et 9 % à avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. Cette situation est en grande partie causée par le stress, dont trois quarts des policiers s’estiment victimes régulièrement. Ces chiffres sont également à rapprocher des derniers événements que nous avons traversés : 9 % des agents de police déclarent avoir été personnellement confrontés aux attentats (contre 6 % des Français). Cependant, seuls 10 % de ces mêmes agents ont consulté un médecin suite à ce traumatisme alors que nous connaissons les répercussions que ces événements peuvent avoir sur le sommeil, le stress, l’anxiété et les maladies cardio-vasculaires. Toutefois, même si les policiers sont peu optimistes quant à l’avenir de la société française (23 %), ils restent confiants quant à leur avenir personnel à 72 % (contre 69 % pour les Français) et sont satisfaits de leur travail à 78 %. Cette tendance est également partagée par les agents administratifs ainsi que par ceux des préfectures, pour qui le travail est aujourd’hui satisfaisant à 79 % (contre 78 % de la population). De leur côté, les agents des collectivités locales sont satisfaits de leur emploi à 79 %. Même s’il reste globalement bon, ce chiffre accuse néanmoins une baisse de 5 points en un an. Il traduit les tensions qui règnent actuellement au sein de la fonction publique territoriale, cible fréquente de discours négatifs sur son coût, tout en reflétant l’inquiétude des agents vis-à-vis des fusions et restructurations qui ont impacté les collectivités suite à la loi NOTRE. Que ce soit chez les agents du ministère de l’Intérieur ou chez les agents territoriaux, ces facteurs environnementaux impactent directement le sentiment de sécurité des agents ainsi que la reconnaissance de leur travail : ce sont les premiers points de vigilance que dégage cette étude. À l’inverse, les points de satisfaction des agents restent la mission de service public, l’utilité du métier ou encore l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle que permettent leurs emplois.  

Ce baromètre santé a également le mérite de mettre en évidence les thèmes de prévention santé que les fonctionnaires plébiscitent. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?  

Les résultats de ces baromètres nous apprennent d’abord que les agents publics affichent globalement une bonne santé générale (90%). Néanmoins, des facteurs comme les attentats ou encore le stress peuvent provoquer un mal-être parfois constant et impacter considérablement cet état. La volonté d’Intériale est de permettre à ses adhérents de préserver leur capital santé de façon autonome à chaque moment de leur vie. Pour cela, notre mutuelle s’investit dans une politique de prévention globale. Politique qui trouve d’ailleurs un très bon écho auprès des agents puisqu’un sur deux déclare aujourd’hui adopter des comportements préventifs (contre 34 % de la population générale). Parmi ces comportements, 85 % des agents attachent une attention particulière à l’équilibre de leur alimentation et 57 % d’entre eux pratiquent une activité physique intense régulière. La prévention est un vrai sujet qui intéresse : 60% des agents se disent intéressés par des ateliers de prévention sur leur lieu de travail et identifient des thèmes privilégiés à cette occasion. Intériale peut donc intervenir en premier lieu sur les actifs avec des ateliers centrés sur la gestion du stress, les douleurs lombaires et mauvaises postures ou encore sur l’alimentation.  

Vous venez d’ailleurs de signer avec le ministère de l’Intérieur un partenariat qui concrétise cet engagement en faveur de la ­prévention des agents. De quoi s’agit-il ?

Effectivement, une convention a récemment été signée avec la direction des ressources et des compétences de la police nationale et des discussions sont en cours pour en faire bénéficier dans les prochaines semaines l’ensemble des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. Grâce à ce partenariat, qui s’inscrit pleinement dans les relations naturelles que notre mutuelle entretient avec le ministère de l’Intérieur, nous pourrons amplifier les actions de prévention terrain auprès des services professionnels : dans les commissariats, les préfectures ou encore au siège de l’administration centrale. À cette fin, des « Journées prévention santé » seront organisées avec le soutien du ministère dès juillet prochain. La première édition s’attachera à soutenir et apporter des conseils de prévention aux policiers des commissariats de Nanterre, Mantes-la-Jolie, Bobigny, Argenteuil, ainsi qu’au siège de la préfecture de police, notamment sur la prévention du stress et de l’activité physique en partenariat avec la Fédération sportive de la police nationale. Une autre semaine d’actions est d’ores et déjà prévue en septembre dans les Alpes-Maritimes.  

Et dans les collectivités territoriales ? 

Intériale organise une centaine d’actions de terrain chaque année dans les collectivités locales en complément de celles déjà conduites par la collectivité locale employeur. Cela prend la forme de conférences-débats, ateliers collectifs, coaching individuel, audit sur des ­thématiques comme par exemple l’aménagement des lieux de travail, les risques psychosociaux, les addictions, l’alimentation, la gestion du stress ou encore la récupération et le sommeil de qualité. La moyenne est donc d’une action organisée sur le lieu de travail tous les deux jours ! Toutes sont systématiquement coconstruites avec les collectivités locales en question, en particulier les directions des ressources humaines, et répondent à des demandes qui émanent de la collectivité. Pour vous donner un exemple, Intériale s’est dernièrement associée à la ville de Bordeaux et à l’agence régionale de santé de Gironde dans le cadre de l’opération « Le sport prend ses quartiers », une action de prévention et d’éducation à la santé au bénéfice de la recherche sur les bienfaits du sport.

=> Découvrez les résultats du baromètre santé 2017 d'Intériale en partenariat avec le CSA