Ces ministres qui jouent leur avenir

7 juin 2012, PAR Acteurs Publics
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Jean-Marc Ayrault et 24 membres de son gouvernement sont candidats aux élections législatives, dimanche 10 juin, dans des circonscriptions où François Hollande est arrivé en tête le 6 mai, mais parfois de justesse. Le Premier ministre l’a annoncé : les perdants devront quitter le gouvernement.


Ayrault et Fabius en “pole”
Porté par une popularité record depuis sa nomination à Matignon, Jean-Marc Ayrault pourrait être réélu dès le premier tour dans sa circonscription de Loire-Atlantique, dont l’ancien maire de Nantes est le député PS depuis 1989 et où François Hollande avait été plébiscité au second tour de la présidentielle (65,22 % des voix).

Sauf tremblement de terre politique, l’élection législative sera aussi une formalité pour le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en Seine-Maritime, dans une circonscription ancrée à gauche – 63,9 % de votes Hollande le 6 mai. Son suppléant, Guillaume Bachelay, semble assuré de siéger à l’Assemblée.

Les ministres assurés de l’emporter (ou presque)
Peu de suspense non plus pour ces ministres candidats dans des circonscriptions où le score de François Hollande a dépassé 55 % à la présidentielle :
   > Manuel Valls (Intérieur), candidat dans l’Essonne
   > Cécile Duflot (Égalité des territoires, Logement), candidate à Paris
   > Marylise Lebranchu (Réforme de l’État, Décentralisation et Fonction publique), candidate dans le Finistère
   > Victorin Lurel (Outre-mer), candidat en Guadeloupe
   > Valérie Fourneyron (Sports), candidate en Seine-Maritime
   George Pau-Langevin (Réussite éducative), candidate à Paris
   Alain Vidalies (Relations avec le Parlement), candidat dans les Landes
   Delphine Batho (ministre déléguée à la Justice), candidate dans les Deux-Sèvres
   François Lamy (Ville), candidat dans l’Essonne
   Bernard Cazeneuve (Affaires européennes), candidat dans la Manche
   Michèle Delaunay (Personnes âgées), candidate en Gironde dans une circonscription ou Alain Juppé, battu en 2007, a renoncé à se présenter
   Frédéric Cuvillier (Transports et économie maritime), candidat dans le Pas-de-Calais
   Kader Arif (Anciens Combattants), candidat en Haute-Garonne

De son côté, le ministre du Travail, Michel Sapin, se présente dans l’Indre comme suppléant du député Jean-Paul Chanteguet dans une circonscription où François Hollande a remporté 55 % des voix le 6 mai.

Touraine, Moscovici : suspense pour deux poids lourds
Candidat dans le Doubs, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a dû mener campagne pour sa réélection dans une circonscription que François Hollande a remportée avec un faible écart (51,27 %). Mais le président de la communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard devrait bénéficier de son ancrage local.

Autre “poids lourd” du gouvernement, Marisol Touraine n’est pas assurée de la victoire dans sa circonscription d’Indre-et-Loire (51,79 % de votes Hollande), même si, comme Pierre Moscovici, l’ancrage de la présidente du conseil général est un atout.

Vont-ils rester ministres ?
La circonscription de Moselle où se présente la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti (photo), a été redécoupée avec une circonscription acquise à l’UMP. Même si François Hollande a obtenu 52,27 % des suffrages le 6 mai, la ministre trentenaire est en danger. Un signe qui ne trompe pas : Jean-Marc Ayrault a fait le déplacement à Metz pour venir la soutenir.

En venant défier le député-maire UMP de Sablé-sur-Sarthe, Marc Joulaud, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, prend un gros risque. La victoire est loin d’être acquise dans cette circonscription sarthoise autrefois détenue par François Fillon, même si le bon score de François Hollande à la présidentielle (52,63 %) lui permet d’y croire.

Ministre de l’Économie sociale et solidaire, Benoît Hamon brigue une circonscription – la 11e des Yvelines – traditionnellement ancrée à droite et détenue par le sortant, Jean-Michel Fourgous. Mais le résultat de François Hollande (57,08 %) lui permet d’y croire.

C’est l’une des grandes incertitudes du scrutin : la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, survivra-t-elle au 17 juin ? Candidate dans les Bouches-du-Rhône, elle défie Renaud Muselier dans son fief, où François Hollande ne l’a emporté que d’un cheveu en mai (50,22 %).

Autres ministres dans l’incertitude : Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, candidat dans le Lot-et-Garonne (51,82 % pour François Hollande), Sylvia Pinel, ministre chargée de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, dans le Tarn-et-Garonne (50,86 %) et Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, en Isère (53,95 %).

Sylvain Henry

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