Quantcast

Votre journal Acteurs Publics

sécurité

THEMES

TYPES D'ARTICLES

JOURNALISTES




Quand la Bulgarie met en scène sa lutte contre la corruption

L’arrestation très médiatique d’une élue de la capitale bulgare, Sofia, accusée de corruption, a suscité une vive polémique dans le pays. L’unité judiciaire anticorruption mise en place en début d’année par le gouvernement est sous le feu des critiques.

20/04/2018 | ACTUALITÉ

Les méthodes musclées employées par la nouvelle unité spéciale mise en place par la Bulgarie pour lutter contre la corruption, fléau du pays, ont été mises en cause, jeudi 19 avril, à l’occasion de l’arrestation spectaculaire d’une élue locale. Maintenue menottée pendant des heures sur la chaussée, en plein centre de Sofia, sous l’œil des caméras de télévision et sous la surveillance de policiers cagoulés : c’est ainsi que les Bulgares ont assisté à l’interpellation, mardi 17 avril, de Dessisava Ivantcheva, maire d’un arrondissement de la capitale. Il s’agissait de l’une des toutes premières opérations chapeautées par l’unité judiciaire anticorruption mise en place en début d’année par le gouvernement bulgare. La Bulgarie, qui occupe actuellement la présidence tournante de l’Union européenne, est sous pression de l’UE depuis des années pour son inefficacité dans la lutte contre ce fléau, qui place ce pays au plus mauvais rang des Vingt-huit dans la perception de la corruption. Procédé “démonstratif et humiliant” Le quotidien d’opposition Sega a qualifié jeudi de “démonstratif et humiliant” le mode d’arrestation de cette élue interpellée, en compagnie de 2 complices présumés, avec 70 000 euros en petites coupures. “Cette arrestation démonstrative n’a rien à voir avec le droit. On prouve un pot-de-vin au moment de la remise et pas dans une voiture après une course poursuite en plein centre-ville”, a estimé un avocat, Nikolay Hadjiguenov, sur la radio publique.  La vice-Première ministre en charge de la Justice, Ekaterina Zaharieva, a admis que “les limites ont été un peu dépassées”, s’attirant une réplique cinglante du procureur général, Sotir Tsatsarov : “Quel est le sens de cette déclaration (…) alors qu’il s’agit de la première investigation commune d’un crime de corruption grave !” s’est exclamé le procureur général, évoquant “un décalage entre les déclarations officielles et les attentes réelles” en matière de lutte contre la corruption. Nouvelle loi anticorruption Dessisava Ivantcheva est accusée de s’être entendue avec un entrepreneur sur le versement d’un pot-de-vin de 500 000 euros pour faire avancer un dossier de construction, selon le parquet.  Le gouvernement conservateur bulgare avait été incité par la Commission européenne à adopter une nouvelle loi anticorruption avant que le pays ne prenne en janvier la présidence de l’UE. Cette loi votée en décembre a institué la nouvelle unité dans le but d’enquêter sur les personnalités de haut rang, leurs revenus et les éventuels conflits d’intérêts. Elle avait aussitôt été critiquée par le chef de l’État, soutenu par l’opposition socialiste, qui avait jugé le nouvel outil “inefficace”. (avec AFP)


Cybersécurité : vers des pouvoirs élargis pour l’Anssi

Face à l’explosion de la menace informatique, qui va de pair avec la transformation numérique, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information a souligné, lors de la présentation de son rapport d’activité 2017, mardi 17 avril, l’importance des moyens réglementaires qui doivent lui être conférés par la loi de programmation militaire 2019-2025.

17/04/2018 | ACTUALITÉ

En 2017, la France est entrée “dans un nouvel état de la menace, beaucoup plus préoccupante”. La couleur est annoncée dès le début de la présentation du rapport d’activité 2017 de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et des enjeux pour l’année 2018. Désormais, selon l’agence, l’État, comme les acteurs privés, n’ont plus seulement à traiter et contrer des opérations d’espionnage, mais aussi de “destruction et de déstabilisation”, et même, parfois, des opérations plus pernicieuses aux motifs inconnus. Les attaques d’envergure mondiale que sont WannaCry et NotPetya sont les preuves les plus vibrantes et récentes de cette diversification et sophistication de la menace. Néanmoins, c‘est en partie grâce à de telles attaques qu’une “prise de conscience des différentes acteurs” du numérique, ou non, s’est opérée sur la concrétisation d’attaques toujours “plus agiles et aux moyens manifestement considérables”, souligne Guillaume Poupard, directeur de l’Anssi. L’année 2017 aura, pour l’agence, été celle de l'explosion de la cybercriminalité, avec la volonté de "faire le plus dégâts et d’influencer les processus démocratiques". Au total, elle aura enregistré 2 435 signalements de menaces, 794 incidents de sécurité, et mené 12 opérations de cyberdéfense en réaction à des incidents majeurs touchant des opérateurs d'importance vitale (catégorie d'opérateurs particulièrement sensibles créée par la loi de programmation militaire 2014-2019). Vers une Anssi renforcée “Le problème des attaques, c'est que si on ne les cherche pas, on le les trouve pas”. Or, selon le directeur, l’Anssi ne dispose pas, à ce jour, des moyens réglementaires pour anticiper la menace en identifiant par exemple d’éventuelles intrusions en vue de la préparation d’une opération importante. Pour faire face à cette menace croissante et toujours plus diverse, le gouvernement a pris des dispositions dans le projet de loi de programmation militaire 2019-2025 adoptée par l’Assemblée Nationale et en cours de discussion au Sénat. L’article 19 du projet de loi propose d'élargir le pouvoir d’action de l’Anssi en matière de détection. Celui-ci vient en effet modifier le code de la défense afin de permettre à l’agence, “lorsqu’elle a connaissance d’une menace affectant la sécurité des systèmes d’information des opérateurs d’importance vitale ou des autorités publiques, de mettre en place sur le système d’information d’un hébergeur ou le réseau d’un opérateur de communications électroniques, pour une durée et sur un périmètre limités, un dispositif permettant de détecter, à partir de marqueurs techniques, les événements susceptibles d’affecter la sécurité des systèmes d’information”. Concrètement, cet article l’habilite à installer des sondes de détection d’anomalies, comme elle le fait déjà sur les réseaux des ministères et administrations, chez les hébergeurs, et dans certains cas, les opérateurs, bien que cela ne soit pas envisagé dans l’immédiat. De cette manière, les sondes peuvent détecter précocement les actions malveillantes, en alerter les experts de l’Anssi qui se chargent de vérifier la nature et la cible de l’attaque pour ensuite la traiter. “Cela nous permet de faire de la détection et non de l’intervention sur les flux”, ajoute le directeur de l’agence, qui tient à rassurer sur la nature de l’implication de celle-ci, qui sera par ailleurs placée sous le contrôle de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). Les dispositifs de détection, assure un expert de l’Anssi, ne permettent en aucun cas de révéler le contenu des échanges, mais seulement la nature de l’alerte et les métadonnées concernant la cible de l’attaque. L’objectif étant d’identifier et de signaler des modes opératoires précis afin de les diffuser en vue de prévenir leurs recours futurs. Davantage de coopération ”Il n’y a pas de raison que les attaques s’arrêtent, car le rapport coût-risque est très favorable”, estime Guillaume Poupard, d’autant plus dans un contexte de transformation numérique globale et continue. Pour être à la hauteur des enjeux de demain, l’Anssi mise sur une coopération plus forte entre tous les acteurs du numérique. Ainsi, l’article 19 du projet de loi, qui modifie également le code des postes et des communications, autorisera, sans les obliger, les opérateurs de communications électroniques, à mettre en place leurs propres dispositifs de détection, qui permettront d'alerter l’autorité sur d’éventuelles attaques. En retour, celle-ci leur fournira des marqueurs d’attaques, ces fiches de modes opératoires déjà utilisés dans un but malveillant. Cette disposition inédite s’inscrit dans la logique de “responsabilisation des acteurs”, définie par l’agence depuis plusieurs années. A ce titre, Guillaume Poupard se félicite des récents progrès en matière de coopération entre les acteurs du numérique et les acteurs de la sécurité du numérique, qui n’allait pas de soi auparavant, les premiers pouvant percevoir les seconds comme des freins. Notamment avec la Direction interministérielle du système d’information et de communication de l’État (Dinsic), avec laquelle “la situation s’est complètement inversée”, indique le directeur de l’Anssi. Désormais, “les acteurs du numérique pensent sécurité et ceux de la sécurité savent penser objectifs”, précise-t-il. Une Europe de la cybersécurité Cette coopération doit en outre dépasser le cadre du territoire national. “Nous avons absolument besoin d’une Europe plus forte dans le domaine, en matière de politique industrielle, de réglementation et de développement de mécanismes de certification”, insiste Guillaume Poupard, pour qui la collaboration entre états membres est essentielle dans le cadre du partage de l’information, à condition qu’elle “n’empiète pas sur les domaines liés à la souveraineté nationale”. Pour autant, juge-t-il, “souveraineté nationale et autonomie stratégique européenne ne doivent pas être opposées”, auquel cas, toute l’efficacité des politiques de cybersécurité en serait compromise. Enfin, pour faire face aux défis de sécurité informatique, toujours plus nombreux et relevés, l’Anssi entend poursuivre, en plus de ses opérations de défense, ses activités de certification, afin de restaurer un climat de confiance, en même temps qu’elle doit continuer de porter les problématiques de cybersécurité auprès du plus grand nombre d’acteurs, notamment à travers sa nouvelle plateforme d’information cybermalveillance.gouv.fr.


La Commission européenne veut partager les données chiffrées avec la police

L’exécutif européen devrait dévoiler, le 17 avril, une proposition de loi qui obligerait les entreprises de services numériques à fournir les données de leurs utilisateurs à la police dans les dix jours suivant la demande. Et ce même si les sociétés n’ont pas de bureau sur le territoire européen.

09/04/2018 | ACTUALITÉ

Accélérer les enquêtes, tel est l’objectif de la proposition de loi sur les preuves électroniques que devrait annoncer la Commission européenne le 17 avril prochain. Selon des documents obtenus par le site Euractiv, le texte autorisera les autorités des États membres à demander aux entreprises de services numériques de partager leurs données dans les dix jours, voire dans les six heures “en cas de menace imminente pour la vie ou l’intégrité physique d’une personne ou pour une infrastructure cruciale”. La proposition de loi précise que les services qui seront concernés par ces nouvelles règles sont des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, des fournisseurs de services en nuage et des plates-formes d’e-commerce, quels que soient l’endroit où siège l’entreprise ou le lieu où sont stockées les données. Cette loi, si elle est adoptée, imposera aussi à toute société fournissant des services et collectant des preuves électroniques dans l’Union européenne à nommer un représentant légal qui devra répondre aux demandes de données de la part des polices européennes. Le document précise que les demandes des États membres se concentreraient sur des infractions graves, telles que “l’appartenance à une organisation criminelle, le financement de groupes terroristes ou le soutien à une organisation criminelle”. Le “Cloud Act” américain Cette annonce fait suite à la pression des ministres de l’Intérieur français et allemand, qui avaient demandé la mise en place de règles facilitant l’accès de la police aux données stockées dans d’autres États membres de l’Union européenne à la suite des attentats qui ont touché la France et la Belgique. La commissaire à la Justice, Vera Jourova, avait indiqué à de nombreuses occasions, l’an dernier, que des changements juridiques étaient nécessaires car les autorités nationales sont confrontées à de longues procédures pour recevoir des données électroniques stockées dans d’autres pays. Cependant, l’exécutif européen va plus loin que les demandes des États en couvrant les entreprises situées en dehors de l’Union européenne. La Commission européenne a sans doute décidé d’accélérer la communication de sa proposition après que les États-Unis ont adopté le “Cloud Act”, le 23 mars dernier. Voté en catimini parmi les 2 200 pages de la nouvelle loi de finances américaine, ce texte oblige les géants du Net à transmettre des données personnelles aux agences gouvernementales, y compris lorsque celles-ci sont dans des centres de données situés à l’étranger. Le “Cloud Act” permet au Président américain de conclure des “accords exclusifs” avec des gouvernements étrangers pour acquérir les données d’utilisateurs stockées dans ces pays sans se conformer aux lois locales sur la protection des données personnelles.  Jean-Bernard Gallois


La Cour de cassation restera hors du contrôle de l’inspection judiciaire

Le décret instaurant une inspection unique et transversale au ministère de la Justice a été validé par une décision du Conseil d’État, qui a toutefois proscrit toute possibilité de contrôle de la Cour de cassation censurée.

26/03/2018 | ACTUALITÉ

Un petit revers pour l’ancien gouvernement et une victoire pour la Cour de cassation. La haute juridiction, au sommet de l’ordre judiciaire français, restera hors du contrôle de l’inspection générale de la Justice, a tranché, le 23 mars, le Conseil d’État, mettant en avant la “mission particulière” de la haute juridiction. “Le Conseil d’État valide la création de l’inspection générale de la Justice mais estime qu’elle ne peut, en l’état des garanties existantes, contrôler la Cour de cassation”, explique-il dans un communiqué. Il avait été saisi par plusieurs syndicats de magistrats, dont l’USM et FO Magistrats, qui avaient déposé un recours contre un décret du 5 décembre 2016, lequel portait, selon eux, “atteinte à la séparation des pouvoirs”. Pour rappel, le gouvernement Valls avait réformé par décret la fonction d’inspection du ministère, faisant ainsi suite à un référé de la Cour des comptes du 30 avril 2015 qui recommandait la création d’une inspection unique dotée d’un véritable statut juridique et permettant une meilleure transversalité : l’inspection générale de la Justice. Colère de la magistrature Le décret actait donc le regroupement dans une “inspection générale de la Justice” des compétences jusqu’alors dévolues aux 3 corps d’inspection de la Place Vendôme : l’inspection générale des Services judiciaires (IGSJ), l’inspection des services pénitentiaires (ISP) et l’inspection de la protection judiciaire de la jeunesse (IPJJ). Et ce dans l’objectif d’exercer une mission “permanente d’inspection, de contrôle, d’étude, de conseil et d’évaluation” sur l’ensemble des organismes, établissements, directions et services du ministère de la Justice. Mais alors qu’auparavant ce contrôle se limitait aux tribunaux de grande instance et aux cours d’appel, le décret du 5 décembre supprimait, lui, cette restriction, faisant de facto entrer la Cour de cassation dans le champ. Ce “glissement” avait immédiatement suscité la colère des magistrats de la Cour de cassation, qui avaient dénoncé un “statut dévalorisé” et une atteinte grave “au principe de séparation des pouvoirs”. Quelques semaines avant la présidentielle de 2017, des sénateurs RDSE avaient même déposé une proposition de loi visant à exclure la Cour de cassation du champ de compétence de la nouvelle inspection générale de la Justice afin de “garantir le respect du principe constitutionnel de l’indépendance de la justice”. Dans sa décision du 23 mars, le Conseil d’État juge qu’“eu égard à la mission particulière confiée par le législateur à la Cour de cassation, placée au sommet de l’ordre judiciaire, et aux rôles confiés par la Constitution à son Premier président et à son procureur général, notamment à la tête du Conseil supérieur de la magistrature (CSM, organe indépendant), le décret attaqué ne pouvait inclure la Cour de cassation dans le champ des missions de l’inspection générale sans prévoir de garanties supplémentaires”.  Selon Le Monde, le rapporteur public avait fait valoir à l’audience, le 16 mars, qu’une “validation de cette inspection générale de la Justice lèverait tout obstacle constitutionnel à un rattachement au ministère de la Justice des inspections des juridictions administratives et financières actuellement attachées au Conseil d’État et à la Cour des comptes.” “Victoire en demi-teinte” Pour Patrice Spinosi, avocat de FO Magistrats, la décision du Conseil d’État est “un coup d’arrêt à la volonté du gouvernement d’étendre son contrôle à l’ensemble des juridictions”. Toutefois, il a regretté auprès de l’AFP une “victoire en demi-teinte”, le recours de FO Magistrats visant non pas la seule Cour de cassation mais l’ensemble des juridictions : le syndicat ne contestait pas l’existence d’un organe de contrôle, mais le fait qu’il soit sous tutelle gouvernementale, ce qui restera donc le cas pour les juridictions judiciaires hors Cour de cassation. La Cour de cassation se contrôle elle-même, faisant une fois par an un rapport sur son fonctionnement, et peut être auditée par la Cour des comptes, qui veille au bon usage des deniers publics. Pour garantir la séparation des pouvoirs, certains magistrats suggéraient de confier le contrôle des juridictions au Conseil supérieur de la magistrature, d’autres de rendre indépendante l’inspection générale des services. Avec AFP


Cérémonie d’hommage au gendarme Arnaud Beltrame mercredi 28 mars aux Invalides

Emmanuel Macron avait annoncé qu’un “hommage national” serait rendu à cet officier de gendarmerie, dont la mort “en héros” des mains d’un djihadiste dans l’Aude suscite une vive émotion.

26/03/2018 | ACTUALITÉ

Une cérémonie publique en hommage au lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, tué vendredi 23 mars par le terroriste djihadiste de l’Aude après s’être substitué à une otage, aura lieu mercredi 28 mars aux Invalides en présence du président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé l’Élysée. La cérémonie d’hommage national au lieutenant-colonel Beltrame aura lieu à partir de 11 h 30, en présence de sa famille et des familles des autres victimes de l’attaque terroriste de Carcassonne et Trèbes, a indiqué l’Élysée. “Accompagné de son épouse, le président de la République prononcera un éloge funèbre”, a ajouté la présidence de la République. Vive émotion Emmanuel Macron avait annoncé, samedi 24 mars, qu’un “hommage national” serait rendu à l’officier de gendarmerie, dont la mort “en héros” continue de susciter une vive émotion.  Le terroriste, qui était muni d’une arme de poing, d’un couteau de chasse et de 3 engins explosifs artisanaux, selon une source judiciaire, a été abattu par les forces de l’ordre après une prise d’otages dans un supermarché Super U à Trèbes, commune proche de la cité historique de Carcassonne. Peu après cette prise d’otages qui avait déjà fait 2 morts, le lieutenant-colonel Beltrame s’était livré à la place d’une femme que l’assaillant avait prise comme bouclier. Grièvement blessé par ce dernier, il a succombé samedi à ses blessures à l’âge de 44 ans. Les drapeaux et étendards de la gendarmerie, comme ceux de l’Assemblée nationale, ont été mis en berne en son honneur. (avec AFP)


Cyberattaques : les députés permettent aux opérateurs de traquer les virus

Un article adopté le 22 mars dans le cadre de l’examen au Palais-Bourbon du projet de loi de programmation militaire prévoit que les opérateurs pourront mettre en place des dispositifs de détection des attaques sur leurs réseaux “pour les besoins de la sécurité et de la défense des systèmes d’information”.

23/03/2018 | ACTUALITÉ

Les opérateurs de télécommunications pourront jouer un rôle dans la détection des cyberattaques, l’Assemblée nationale ayant donné son feu vert, le 22 mars, à cette disposition dans le cadre du projet de loi de programmation militaire (LPM). Le texte, examiné en première lecture, prévoit en effet que les opérateurs, “pour les besoins de la sécurité et de la défense des systèmes d’information”, pourront mettre en place des dispositifs de détection des attaques sur leurs réseaux. Après en avoir informé l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), ils le feront à partir de marqueurs techniques capables de repérer la “signature” d’une attaque informatique. De son côté, l’Anssi, si elle a connaissance d’une menace, pourra demander aux opérateurs d’exploiter ces dispositifs en recourant, le cas échéant, à des marqueurs qu’elle leur fournira, comme l’adresse IP d’un serveur appartenant à l’attaquant ou un site Internet piégé. Destruction des données non stratégiques Les opérateurs devront informer l’agence en cas de cyberattaque et, à la demande de l’Anssi, avertir leurs abonnés de la vulnérabilité ou de l’atteinte de leurs systèmes d’information. Le texte prévoit aussi que les données recueillies dans le cadre de la mise en œuvre des dispositifs de détection et qui ne seraient pas directement utiles à la prévention des menaces visées soient immédiatement détruites. Sur cet article, qui a peu fait débat dans l’Hémicycle, le rapporteur, Jean-Jacques Bridey (LREM), a souligné que “tous ces dispositifs seront contrôlés par l’Arcep”, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes. Mettant en avant l’enjeu “primordial de la confidentialité des données personnelles”, les députés Insoumis ont plaidé en vain pour que les opérateurs n’aient pas le droit d’ajouter des marqueurs autres que ceux demandés par l’Anssi. En février, le directeur général de cette agence, Guillaume Poupard, avait expliqué que jusqu’alors, les opérateurs n’avaient “pas le droit de fouiller dans leurs flux pour détecter des attaques”. “Ils ont le droit de protéger leurs systèmes, mais dans les flux qu’ils transportent, ils n’ont pas le droit d’aller voir s’il y a des attaques ou pas. Ils transportent l’eau, qu’elle soit potable ou pas potable, pour prendre cette analogie”, avait-il ajouté. Excuse pénale Toujours au chapitre de la cyberdéfense, les députés ont adopté dans la foulée un article qui permet aux cybercombattants de bénéficier du régime protecteur dit d’excuse pénale, dans le cadre de leur participation à des opérations extérieures. Cette mesure “renforce le bouclier juridique de nos soldats”, a affirmé Fabien Gouttefarde (LREM), spécialiste du droit de la guerre. Le régime d’excuse pénale permet, sous certaines conditions, d’exonérer de leur responsabilité pénale les militaires exerçant des mesures de coercition, faisant usage de la force ou en donnant l’ordre. Les députés communistes ont tenté en vain de faire supprimer l’article, se disant opposés aux “immunités pénales”. Mais la ministre des Armées, Florence Parly, a rétorqué qu’il s’agissait de “donner des protections” aux soldats, “à condition bien sûr que ceux-ci respectent les règles du droit international”, et qu’il ne s’agissait “pas du tout d’immunité et de couvrir des comportements délictueux”. Avec AFP


La purge qui touche les fonctionnaires turcs dénoncée par l’ONU

Dans un rapport publié le 20 mars, le haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme condamne notamment les arrestations arbitraires et le renvoi de 152 000 fonctionnaires, en Turquie, depuis le putsch manqué de juillet 2016.

20/03/2018 | ACTUALITÉ

La prolongation de l’état d’urgence instauré en Turquie après le putsch manqué de juillet 2016 a conduit à de “graves” violations des droits de “centaines de milliers de personnes”, a accusé, mardi 20 mars, le haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, qui publie un rapport sur la situation dans ce pays en 2017 [cliquez ici pour lire le rapport "Report on the impact of the state of emergency on human rights in Turkey"]. Parmi ces violations, figurent la torture et autres mauvais traitements, les détentions arbitraires, la privation arbitraire du droit au travail et de la liberté de mouvement, ou encore les atteintes à la liberté d’association et d’expression, selon le rapport. “Les chiffres sont stupéfiants : près de 160 000 personnes arrêtées pendant dix-huit mois d’état d’urgence ; 152 000 fonctionnaires renvoyés, dont beaucoup de manière totalement arbitraire ; des enseignants, juges et avocats renvoyés ou poursuivis ; des journalistes arrêtés, des médias fermés et des sites Web bloqués”, a déclaré le haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, cité dans un communiqué. Informations “biaisées et fausses”, selon Ankara L’état d’urgence a été instauré en Turquie quelques jours après une tentative de coup d’État, le 15 juillet 2016, imputée par les autorités au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux États-Unis et qui nie toute implication. Le haut commissariat reconnaît “les défis complexes auxquels la Turquie a dû faire face pour répondre à la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 et à un certain nombre d’attentats terroristes”. Mais le rapport indique également que “le simple nombre” et “la fréquence” des décrets d’urgence, ainsi que “l’absence de lien” entre ces décrets et la “menace nationale semblent pointer (…) une utilisation des pouvoirs d’urgence pour étouffer toute forme de critique ou de dissidence à l’égard du gouvernement”. Évidemment, ces critiques ont fortement déplu aux autorités turques. Ce rapport, qui “contient des informations déformées, biaisées et fausses, est inacceptable pour la Turquie”, a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. Ankara accuse même le haut commissaire d’avoir préparé le rapport “en collaboration avec des cercles affiliés aux terroristes”. (avec AFP)  


Au Maroc, la police veut recruter plus et mieux

La direction générale de la sûreté du royaume a mis en œuvre, depuis quatre ans, une politique de modernisation et de renouvellement des effectifs qui privilégie le recrutement de compétences et entend tourner le dos aux mauvaises habitudes.

19/03/2018 | ACTUALITÉ

La direction générale de la sûreté nationale (DGSN) marocaine a publié cette semaine un avis de recrutement sur concours de 6 970 fonctionnaires de police : 170 commissaires, 620 officiers, 1 940 inspecteurs et 4 090 gardiens de la paix. Cette opération d’embauche fait suite à 3 autres campagnes de même ampleur, organisées en 2015, en 2016 et en 2017 et qui ont conduit à intégrer 15 000 policiers de divers grades. En quatre ans, les effectifs de la police (62 000 actuellement) ont ainsi augmenté d’environ un quart. Ils pourraient augmenter encore dans le cadre de l’intensification des mesures de lutte contre l’insécurité et la criminalité. Selon une étude de l’Institut royal des études stratégiques (Ires), publiée il y a quelques mois, la couverture policière du territoire reste encore faible, malgré la progression du nombre de recrues. On comptait 187 policiers pour 100 000 habitants en 2013 contre 147 pour une population similaire en 2003. Un autre problème concerne la mauvaise réputation de la police, désignée par beaucoup au Maroc comme corrompue, répressive et absente. Lors de sa désignation à la tête de la DGSN, en 2015, Abdelatif Hammouchi, un ancien responsable des services de renseignements, s’est engagé à changer cette image déplorable, en élaborant des réformes qui visent à la fois l’augmentation et le renouvellement graduel des effectifs, grâce à des recrutements ciblés de compétences. Le slogan qui accompagne cette mue porte sur la mise en place d’une “police citoyenne”, garante de la sécurité comme “droit humain fondamental”. Népotisme et clientélisme Jouant la carte de la transparence, le patron de la DGSN a ordonné la révision des modalités de déroulement des concours de recrutement, afin de mettre fin aux pratiques de népotisme et de clientélisme, très courantes dans la sélection des candidats. Lors de la dernière session, en juillet 2017, un peu plus de 150 000 postulants ont pris part aux épreuves. L’absence de restrictions concernant la diffusion de l’avis de recrutement (il a été publié aussi sur les réseaux sociaux) explique cet engouement. Par ailleurs, les offres d’embauches qui s’adressaient auparavant aux populations de villes spécifiques ont concerné, cette fois, tout le territoire. À l’issue de l’examen écrit, organisé sous forme de QCM, 26 000 candidats avaient été retenus. Fait inédit, c’est une commission scientifique formée en partie par des professeurs de la faculté de droit qui a élaboré les questions. Pour éviter toute forme de complaisance, les enseignants universitaires ont été également associés aux corrections. La même rigueur a été employée dans la sélection des dossiers de candidature au concours. L’un des critères porte sur le niveau de compétences. Pour les postes de commissaires de police par exemple, la détention d’un diplôme supérieur dans l’administration ou de droit a été rendue obligatoire. Une limite d’âge de 35 ans pour l’accès à ce poste été également imposée. Le but étant de limiter en interne les promotions sur la base de l’ancienneté. Resserrer le lien avec la population Mais en dépit de tous ces garde-fous, la machine ne semble pas encore tout à fait rodée. Plusieurs cas de fraude et de favoritisme ont d’ailleurs entaché le concours de 2017. L’entendue du scandale a fait réagir la DGSN, qui a engagé des poursuites judiciaires contre les auteurs. Son directeur a également fait savoir qu’il serait sans merci contre les policiers corrompus. Selon le dernier rapport de l’ONG Transparency International, la police est, avec l’administration, la justice et la santé, l’un des secteurs publics les plus touchés par la prévarication au Maroc. En plus du durcissement des conditions de recrutement, la DGSN mise sur la formation continue, dans le domaine de la déontologie notamment, pour moraliser le fonctionnement de ses services. Des dizaines de cycles ont été organisées ces derniers temps. Elle entend aussi resserrer le lien avec la population. Des postes de commandement et d’intervention ont été mis en place dans plusieurs préfectures de police, afin d’optimiser la qualité des opérations de secours et de préservation de l’ordre public. Samia Lokmane-Khelil


Une policière belge nommée à la tête d’Europol

L’officialisation de cette nomination est intervenue jeudi 8 mars au niveau ministériel, à l’occasion d’une réunion à Bruxelles des ministres de l’Intérieur des 28. 

08/03/2018 | ACTUALITÉ

Pour la première fois, une femme va diriger l’agence européenne spécialisée dans la lutte contre la criminalité, Europol. La Belge Catherine De Bolle prendra les rênes de l’organisme à partir du 1er mai, a en effet annoncé, jeudi 8 mars, le Conseil de l’Union européenne représentant les 28 pays membres. Catherine De Bolle, à la tête de la police fédérale belge, a été nommée pour quatre ans et prendra ainsi la succession de l’actuel directeur exécutif d’Europol, le Britannique Rob Wainwright. Le nom de la commissaire de police belge avait été retenu en décembre dernier parmi une liste de candidats et validé par les 28 pays de l’Union européenne au niveau des ambassadeurs. Première femme à la tête d’Europol L’officialisation de cette nomination est intervenue au niveau ministériel, à l’occasion d’une réunion, jeudi 8 mars à Bruxelles, des ministres de l’Intérieur des 28. Après sa sélection, Catherine De Bolle avait fait l’objet d’un “avis positif” d’une commission du Parlement européen. Dans un tweet, le ministre belge de l’Intérieur, Jan Jambon, a félicité jeudi sa compatriote, “première femme patronne d’Europol”. Il a relevé la coïncidence d’une nomination finalisée un 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Europol, dont le siège est situé à La Haye (Pays-Bas), a pour principal rôle de soutenir les 28 dans leur lutte contre la grande criminalité internationale et le terrorisme. (avec AFP)


Les syndicats de magistrats “consternés” par la réforme des peines

En réponse au Président Macron, qui a annoncé, le 6 mars, vouloir mettre fin à “l’aménagement systématique” des courtes peines, les syndicats lui ont rétorqué que l’aménagement systématique n’existe pas et que 10 000 détenus purgent actuellement des peines de moins d’un an.

07/03/2018 | ACTUALITÉ

Les syndicats de magistrats ont vivement critiqué, mercredi 7 mars, la réforme du système des peines de prison annoncée la veille par le Président Emmanuel Macron, accusé d’avoir dit des “inepties” et des “contre-vérités”. Le syndicat majoritaire, l’Union syndicale des magistrats (USM), se dit pour sa part “consterné” et déplore des “inepties”. Il critique “une méconnaissance inquiétante des dispositions actuellement applicables en matière de prononcé et d’exécution des peines” et “un profond mépris pour le travail” des professionnels. “Non, les aménagements de peine ne sont pas automatiques” pour les condamnations inférieures à un an, écrit le syndicat dans un communiqué. “10 000 détenus purgent actuellement des peines de moins d’un an”, selon lui. Le président a affirmé mardi 6 mars que “l’aménagement systématique des peines” serait transformé. “Pour les peines inférieures à un an, nous mettrons un terme à l’automaticité”, a-t-il dit. Actuellement, tout primo-délinquant condamné à une peine inférieure ou égale à deux ans a la possibilité de demander un aménagement de cette peine. “Communication” et “mesures gadgets” “Non, les peines alternatives ou aménagées ne pourront pas être systématiquement prononcées à l’audience”, poursuit l’USM. “Cela augmentera encore le travail du juge alors que les audiences se terminent souvent entre 22 heures et minuit”, a expliqué à l’AFP Céline Parisot, secrétaire générale de ce syndicat. Le président a annoncé le recrutement de 1 500 conseillers d’insertion et de probation, mais ces nouveaux postes sont évoqués depuis 2014, selon le syndicat. L’USM déplore en revanche “le renoncement” d’Emmanuel Macron “à sa promesse de construire 15 000 places de prison”. Seulement 7 000 places seront construites pendant le quinquennat, a reconnu le président. “Il y a des objectifs louables, comme réduire la surpopulation carcérale et élargir les peines en milieu ouvert, mais sans effectifs suffisants, cela restera de la communication”, ajoute Céline Parisot. Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) dénonce, lui, des “mesures gadgets” et estime que le Président “ne fait que reprendre à son compte une rengaine sécuritaire” : “Il produit de la confusion, des contre-vérités”. Le syndicat Unité magistrats se dit “extrêmement déçu”. “Au lieu de réfléchir à la peine, l’objectif est surtout de désengorger les prisons”, déplore sa secrétaire générale, Béatrice Brugère. Elle met en avant le développement des bracelets électroniques : “C’est une illusion totale, ça ne sert à rien car il n’y a aucun contenu de réinsertion.” Scepticisme de l’Unsa Police Les annonces du Président n’ont pas convaincu non plus le syndicat des gardiens de la paix Alliance : “Calquer la politique pénale sur la surpopulation carcérale et non sur la criminalité, ce serait envoyer un message inquiétant aux victimes et un signal rassurant aux délinquants”, a déclaré à l’AFP Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint. “On a une part d’inquiétude sur les petites peines et le fait que le délinquant puisse échapper à la prison”, a réagi Philippe Capon, secrétaire général du syndicat Unsa Police. “Beaucoup de condamnations à moins de deux ans ne sont actuellement pas effectuées”, a-t-il reconnu. Emmanuel Macron a annoncé que les peines de prison de moins d’un mois seraient interdites et que les peines d’un à six mois pourraient être effectuées en milieu ouvert. Avec AFP


Sondage exclusif : 1 agent public sur 2 juge son administration incapable de détecter une cyberattaque

Parmi les principaux obstacles au développement de programmes de cybersécurité, les agents invoquent un manque de moyens et de personnels qualifiés, indique un sondage Acteurs publics/EY pour l’Observatoire des Politiques Publiques réalisé par l’Ifop. L'étude révèle une large fracture entre l’État et les collectivités, les agents territoriaux s’estimant les moins armés face aux cybermenaces.

06/03/2018 | ACTUALITÉ

Quelle protection face aux cybermenaces dans la sphère publique ? Acteurs publics et EY ont voulu connaître, pour l’Observatoire des Politiques Publiques, la perception des agents publics face à ces enjeux [voir l'émission L'Obervatoire des politiques publiques]. L’Ifop a donc interrogé un panel de fonctionnaires majoritairement de catégorie A, évoluant dans les trois fonctions publiques (État, territoriale, hospitalière). Six personnes interrogées sur 10 affirment que l’organisation dans laquelle elles travaillent possède un programme de cybersécurité formel (60 %). Lorsque l’on regarde plus en détail, il apparaît toutefois que les agents contractuels (41 %) et les interviewés travaillant en collectivités territoriales (34 %) font moins état d’un tel programme que les autres. En conséquence, ils tendent également moins à considérer que leur organisation a correctement évalué l’impact de sa stratégie sur la sécurité de l’information et qu’elle tient suffisamment en compte les cybermenaces et les vulnérabilités critiques : deux tiers des personnes interrogées partagent ce sentiment au global (66 %), contre 49 % des interviewés issus de collectivités et 58 % des agents contractuels. On notera également que les femmes semblent plus optimistes que les hommes sur ce sujet en ce que 65 % d’entre elles (vs 57 % des hommes) témoignent d’un programme de cybersécurité formel dans leur organisation et que 71 % (vs 63 % des hommes) pensent que l’organisation a justement évalué l’impact de sa stratégie sur la sécurité de l’information. Le principal obstacle au développement de programmes de cybersécurité est très clairement le défaut de moyens, qu’il s’agisse d’un manque de ressources budgétaires (40 % des interviewés pointent du doigt le budget restreint, et notamment ceux des collectivités) ou humaines (38 % citent le manque de ressources qualifiées). Viennent ensuite, mais dans une mesure moindre, les problèmes de gouvernance ou de management (23 %), l’absence de relais ou de soutien du management (18 %), la mauvaise qualité des outils de gestion relatifs à la sécurité du système d’information (16 %) et enfin la fragmentation de la conformité et de la régulation (11 %). On notera néanmoins que 9 % des interviewés n’identifient aucun obstacle au développement des programmes de cybersécurité. Si des dispositifs de cybersécurité sont déployés pour 6 interviewés sur 10, il n’en demeure pas moins que seuls 4 d’entre eux sur 10 (43 %) jugent performante la politique de protection des données – c’est-à-dire l’identification des données les plus sensibles, la mise en place et le maintien de mesures de sécurité appropriées, la capacité à détecter des violations de données. Assez logiquement, les personnes qui faisaient déjà moins état d’un programme de cybersécurité formel affichent un scepticisme plus fort : 27 % des personnes travaillant en collectivités estiment que la politique de protection des données est performante et 30 % des agents contractuels. Peu d’interviewés, toutefois, estiment que cette politique est complètement inexistante (9 %). Au final, à peine la moitié des personnes interrogées partagent le sentiment que leur organisation est capable de détecter une cyberattaque sophistiquée (53 % jugent cette hypothèse probable), quand 11 % n’en sont absolument pas convaincus. Encore une fois, les interviewés travaillant au sein de collectivités ainsi que les agents contractuels font montre de doutes plus constitués (respectivement 34 % et 37 %). Marion Chasles-Parot, cheffe de groupe Opinion et stratégies d’entreprise, Ifop L’enquête a été menée du 9 au 19 février 2018 auprès d’un échantillon de 706 personnes (466 fonctionnaires de catégorie A, 111 de catégorie B, 32 de catégorie C et 97 contractuels) évoluant au sein de l’État (529), des hôpitaux (32) et des collectivités territoriales (145). Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing).   L’expertise d’EY Cybersécurité : le secteur public est-il prêt à se défendre ? L’étude réalisée pour l’Observatoire des politiques publiques témoigne de la prise de conscience des acteurs publics sur les enjeux de cybersécurité, même si des efforts peuvent encore être fournis pour que leur protection soit plus efficace contre les attaques informatiques.  Fulgurant, le développement des nouvelles technologies s’accompagne de nouveaux risques, de nouvelles menaces. Au gré de l’imagination des pirates, les attaques se multiplient, ainsi que leurs noms de code : malware, phishing, rançongiciel, cryptojacling, etc., désorganisant les structures touchées, pillant leur propriété intellectuelle, provoquant des dommages financiers potentiellement irréparables. Selon le Ponemon Institute, le coût moyen d’une attaque a été estimé à plus de 3 millions d’euros en 2017. Ce nouveau sondage réalisé par l’Ifop pour EY et Acteurs publics fait un point sur le niveau de sécurité des systèmes informatiques dans toutes les administrations. Premier constat, 6 personnes interrogées sur 10 affirment que l’organisation dans laquelle elles travaillent dispose d’un programme de cybersécurité formalisé. Les efforts menés par l’État et son bras armé, l’Anssi, pour sensibiliser les acteurs publics semblent donc porter leurs fruits. Les exigences imposées par la politique de sécurité des systèmes d’information (PSSI) de l’État et par le Référentiel général de sécurité (RGS) pour les téléprocédures sont respectées dans la majorité des administrations. Néanmoins, des écarts apparaissent selon les acteurs publics : ainsi, le pourcentage recule à 34 % parmi les dirigeants des collectivités territoriales. Les organisations ont-elles correctement évalué l’impact de leur stratégie sur la sécurité de l’information et prennent-elles suffisamment en compte les cybermenaces et les vulnérabilités critiques ? Là encore, des différences se font jour. Si 66 % des personnes interrogées en sont globalement convaincues, cette proportion tombe à 49 % dans les collectivités. Certes, ces statistiques témoignent d’une certaine prise de conscience des enjeux. Mais de nombreux obstacles à une protection efficace persistent. Le principal reste le manque de moyens financiers et humains, sans surprise. Ainsi, 40 % des personnes interrogées pointent du doigt les budgets limités. Elles sont 38 % à citer le manque de ressources qualifiées. Viennent ensuite les problèmes de gouvernance ou de management (23 %), l’absence de relais ou de soutien du management (18 %), la mauvaise qualité des outils de gestion relatifs à la sécurité du système d’information (16 %) et enfin la fragmentation de la conformité et de la régulation (11 %). Seules 9 % n’identifient aucun obstacle au développement à ce type de programmes. Si 66 % des personnes consultées constatent que ces dispositifs sont déployés, seules 43 % d’entre elles, dont 27 % dans les collectivités, jugent performante la politique de protection des données consistant à identifier les données les plus sensibles, à mettre en place et à maintenir des mesures de sécurité appropriées, à être capable de détecter des violations de données. Moins de 10 % considèrent que cette politique n’existe pas. Conclusion du sondage, 53 % des personnes interrogées estiment que leur organisation est en mesure de détecter une cyberattaque sophistiquée, 11 % n’en étant absolument pas convaincues. Une fois de plus, les répondants travaillant au sein des collectivités sont encore moins confiants : ils ne sont que 37 % à estimer qu’une attaque techniquement pointue peut être parée. À titre de comparaison, le secteur privé a-t-il davantage pris la mesure des enjeux ? La 20e enquête EY sur la cybersécurité, réalisée auprès d’un échantillon de 1 200 entreprises à travers le monde et dévoilée en janvier, témoigne également du chemin à parcourir, 57 % d’entre elles n’ayant pas de programme de cybersécurité formel. Ainsi, si l’on croit ces deux enquêtes, le secteur public serait mieux armé que les entreprises. Certes, 59 % des directeurs des systèmes d’information (DSI) et des responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) interrogés déclarent que leur budget a augmenté sur un an. Mais les efforts doivent se prolonger. Alors que 87 % des répondants souhaitent que le budget attribué à la cybersécurité soit augmenté de 50 % ou plus cette année, 12 % d’entre eux anticipent une hausse limitée à 25 %. Résultat, 4 % d’entre eux considèrent qu’ils ont correctement évalué l’impact de leur stratégie et 75 % estiment que la maturité de leur système d’identification des vulnérabilités est de très faible à modérée. Seuls 12 % des répondants pensent qu’ils détecteraient une cyberattaque sophistiquée. Le secteur public montrerait-il l’exemple ? Laurent Peliks, Associé EY, Fabien Piliu, responsable du Content Lab, EY


Coup de balai au sommet de l’armée saoudienne

Aucune explication officielle n’a été donnée à ces changements à la tête de l’armée, qui surviennent alors que le royaume d’Arabie Saoudite intervient militairement au Yémen depuis près de trois ans en soutien aux forces gouvernementales.

27/02/2018 | ACTUALITÉ

Le roi Salman d’Arabie Saoudite a opéré un remaniement majeur, aux allures de limogeage, à la tête de l’armée en remplaçant les principaux commandants militaires, y compris le chef d’état-major, ont annoncé, lundi 26 février, les médias d’État. Le monarque a remplacé les chefs de l’armée de l’air et de l’armée de terre, ainsi que des fonctionnaires civils, dont plusieurs sous-ministres, par une série de décrets royaux pris tard dans la nuit. Le chef d’état-major, le général Al-Bunyan, a été démis de ses fonctions après avoir inauguré à Ryad le salon militaire Sami, organisé par les Industries militaires saoudiennes (Sami), la compagnie de défense nationale, un événement qui a attiré plusieurs entreprises de défense mondiales. Le remaniement survient également au lendemain de l’annonce à Sanaa d’une “bavure” de la coalition emmenée par l’Arabie Saoudite, dont l’aviation aurait bombardé par erreur une base militaire de l’armée yéménite, son alliée, faisant entre 6 et 20 morts ainsi que 15 blessés, selon des sources militaires progouvernementales. Une femme nommée ministre adjointe du Travail Le roi Salman a également décrété une série de nominations de civils qui voit de plus jeunes fonctionnaires promus à des postes clés comme ministres adjoints, gouverneurs adjoints de provinces et conseillers à la Cour royale. Tamadar ben Yousef al-Ramah a été nommée ministre adjointe du Travail et du Développement social, un poste gouvernemental de haut niveau sans précédent pour une femme dans ce royaume conservateur. Le prince Turki ben Talal, frère du prince milliardaire Al-Waleed ben Talal, a été nommé vice-gouverneur de la province d’Assir. Le prince Al-Waleed, surnommé “le Warren Buffett d’Arabie Saoudite”, faisait partie des princes, ministres et magnats détenus dans le luxueux hôtel Ritz-Carlton de Ryad dans le cadre d’une répression sans précédent contre ce que le gouvernement appelle “la corruption des élites”. Sur les 381 suspects interrogés dans le cadre de cette campagne anticorruption lancée le 4 novembre, 56 sont toujours en détention. Et selon les accords conclus avec certains suspects, les autorités ont annoncé pouvoir récupérer plus de 400 milliards de riyals (86,5 milliards d’euros), remboursés sous forme d’avoirs immobiliers, commerciaux, en titres et en espèces. Guerre par procuration Le prince héritier Mohammed ben Salman, 32 ans, fils du roi saoudien, qui dirige le ministère de la Défense, consolide son emprise sur le pouvoir depuis quelques mois, tout en faisant avancer d’importantes réformes économiques et sociales. Le jeune prince poursuit une politique régionale affirmée, y compris la conduite depuis 2015 de l’intervention militaire au Yémen voisin, considérée comme une guerre par procuration avec l’Iran, l’ennemi juré. Le conflit au Yémen est qualifié par les Nations unies de “pire crise humanitaire au monde”. Plus de 9 200 personnes ont été tuées, près de 53 000 ont été blessées et près de 2 200 autres sont mortes du choléra, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’Iran a affirmé lundi que le confit au Yémen était le résultat des ventes d’armes britanniques et américaines à l’Arabie Saoudite, rejetant les accusations selon lesquelles Téhéran envoyait des armes aux rebelles Houthis. (avec AFP)


Radicalisation : le gouvernement veut passer la fonction publique au crible

L’État “n’étant pas épargné par la radicalisation”, le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé une série de mesures visant à mieux détecter les cas d’agents publics soupçonnés de radicalisation. Une réflexion menée par le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, visera notamment à “mobiliser et compléter” les instruments juridiques permettant d’écarter les agents en contact avec du public et “susceptibles d’avoir une influence”.

26/02/2018 | ACTUALITÉ

Tous concernés. Vendredi 23 février, le Premier ministre, Édouard Philippe, a présenté un nouveau plan de lutte contre la radicalisation djihadiste, qui visera notamment les agents publics. “L’État, en tant qu’employeur, n’est pas épargné par la radicalisation […], or ses missions lui confèrent une responsabilité particulière”, a expliqué le chef du gouvernement à l’issue du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), réuni à Lille. Pour prévenir cette “radicalisation islamiste qui menace notre société”, le Premier ministre a ainsi annoncé la signature “dans les tout prochains jours” de deux “importants” décrets d’application de la loi du 30 octobre dernier renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, visant spécifiquement les fonctionnaires. Radiation Ces textes édicteront les conditions dans lesquelles pourront être écartés de leurs fonctions les militaires ou les fonctionnaires “participant à l’exercice de missions de souveraineté de l’État ou relevant du domaine de la sécurité ou de la défense” et dont le comportement serait devenu incompatible avec l’exercice de ces fonctions. Les décrets en question préciseront notamment la composition et le fonctionnement d‘une commission paritaire consultée par l’autorité de nomination d’un fonctionnaire préalablement à la prise d’une mesure de mutation ou de radiation, et ce sur la base des résultats d’une enquête administrative. Il sera ainsi “possible de tirer les conséquences d’un processus de radicalisation qui serait intervenu après l’entrée en fonctions, dans le respect des garanties accordées aux agents publics”, a précisé Édouard Philippe. Réflexion plus large Dans cette lignée, le Premier ministre a également annoncé le lancement d’une réflexion, portée par le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, pour étudier les cas de la fonction publique en général. “Nous devons élargir notre réflexion et envisager de pouvoir écarter de ses fonctions un agent en contact avec des publics sur lesquels il est susceptible d’avoir une influence, et dont le comportement porte atteinte aux obligations de neutralité, de respect du principe de laïcité, voire comporte des risques d’engagement dans un processus de radicalisation”, a précisé le chef du gouvernement. En lien avec les ministères concernés (Éducation nationale et Justice notamment), cette réflexion devra aboutir à “mobiliser et compléter les instruments juridiques” permettant d’écarter des agents publics soupçonnés de radicalisation. Ses conclusions devraient être remises avant la fin du premier trimestre.  Les collectivités également sollicitées Le plan national de lutte contre la radicalisation prévoit aussi d’inciter les collectivités territoriales à nommer des “référents” afin de renforcer et de sécuriser l’échange d’informations avec les cellules de prévention de la radicalisation et l’accompagnement des familles (CPRAF), réunies à l’initiative des procureurs de la République. L’élaboration d’un cadre national de formation en direction des élus locaux fait également partie des mesures présentées par le gouvernement.   


Un rapport international alerte sur les risques liés au développement de l’intelligence artificielle

Les experts auteurs de ce document appellent les gouvernements et les différents acteurs concernés à mettre en place des parades pour limiter les menaces potentielles liées à l’intelligence artificielle.  

21/02/2018 | ACTUALITÉ

Des experts internationaux sonnent l’alarme sur les risques d’une utilisation malveillante de l’intelligence artificielle (IA) par “des États voyous, des criminels, des terroristes”, dans un rapport publié mercredi 21 février [lire le rapport The Malicious Use of Artificial Intelligence]. Selon eux, dans les dix prochaines années, l’efficacité croissante de l’IA risque de renforcer la cybercriminalité, mais aussi de conduire à des utilisations de drones ou de robots à des fins terroristes. Elle est aussi susceptible de faciliter la manipulation d’élections via les réseaux sociaux grâce à des comptes automatisés (bots). Ce rapport de 100 pages a été rédigé par 26 experts spécialistes en intelligence artificielle, cybersécurité et robotique. Ils appartiennent à des universités (Cambridge, Oxford, Yale, Stanford) et à des organisations non gouvernementales (OpenAI, Center for a New American Security, Electronic Frontier Foundation). Pour illustrer leurs craintes, ces spécialistes évoquent plusieurs “scénarios hypothétiques” d’utilisation mal intentionnée de l’IA. Ils soulignent que des terroristes pourraient modifier des systèmes d’IA disponibles dans le commerce (drones, véhicules autonomes) pour provoquer des crashs, des collisions ou des explosions. Les auteurs imaginent ainsi le cas d’un robot nettoyeur trafiqué qui se glisserait subrepticement parmi d’autres robots chargés de faire le ménage dans un ministère berlinois. Un jour, l’intrus passerait à l’attaque après avoir reconnu visuellement la ministre des Finances. Il se rapprocherait d’elle et exploserait de façon autonome, tuant sa cible. Renforcement de la cybercriminalité Par ailleurs, “la cybercriminalité, déjà fortement en hausse, risque de se renforcer avec les outils procurés par l’IA”, déclare à l’AFP Seán Ó hÉigeartaigh, directeur du Centre for the Study of Existential Risk de l’université de Cambridge, l’un des auteurs du rapport. Les attaques par hameçonnage ciblé (spear phishing) pourraient ainsi devenir beaucoup plus aisées à mener à une large échelle. Mais pour lui, “le risque le plus sérieux, même s’il est moins probable, est le risque politique”. “Nous avons déjà vu comment des gens se servaient de la technologie pour essayer d’interférer dans les élections et la démocratie”, rappelle-t-il. Avec l’IA, il devrait être possible de réaliser des fausses vidéos très réalistes et cela pourrait être utilisé pour discréditer des responsables politiques, avertit le rapport. Les États autoritaires vont aussi pouvoir s’appuyer sur l’IA pour renforcer la surveillance de leurs citoyens, ajoute-t-il. “Actuellement, il y a encore un écart important entre les avancées de la recherche et ses applications possibles. Il est temps d’agir”, déclare à l’AFP Miles Brundage, chargé de recherche au Future of Humanity Institute de l’université d’Oxford. “Les chercheurs en IA, les concepteurs de robots, les compagnies, les régulateurs, les politiques doivent à présent collaborer pour tenter de prévenir” ces risques, conclut Seán Ó hÉigeartaigh. (avec AFP)


Pas de réhabilitation du travail en prison sans modernisation de sa gouvernance

La revalorisation du travail en prison implique une responsabilisation accrue des pouvoirs publics ainsi qu’une modernisation de sa gouvernance, estiment l’Institut Montaigne et la Fondation M6 dans un rapport. La création d’une agence dédiée au travail en prison y est préconisée. 

20/02/2018 | ACTUALITÉ

Rénover la gouvernance. C’est l’une des conditions préalables à la réhabilitation du travail pénitentiaire, cette “figure oubliée” par les pouvoirs publics, selon un rapport coproduit par l’Institut Montaigne et la Fondation M6 et dévoilé jeudi 15 février. À les croire, la modernisation de l’action des pouvoirs publics dans ce domaine serait même devenue une urgence, tant le travail en détention – qui n’est plus obligatoire depuis 1987 – pourrait contribuer à abaisser le taux de récidive et donc de la population carcérale. Or, malgré ses bénéfices avérés – un détenu formé ou ayant travaillé diminuerait de “près de moitié” ses risques de récidive –, le travail en prison est devenu de plus en plus rare au cours des dernières années. La part de détenus exerçant une activité rémunérée est ainsi passée de 46,5 % en 2000 à “uniquement” 29,2 % en 2016. Actuellement, sur les 78 796 personnes incarcérées, moins d’un tiers exercerait donc une activité rémunérée. “Si cette diminution s’explique par certaines dynamiques extérieures à l’action des pouvoirs publics (la crise économique de 2008 ou les mouvements de délocalisation des entreprises depuis le début des années 1990), elle révèle également que le développement du travail en détention ne fait pas partie des priorités stratégiques de l’administration pénitentiaire”, souligne le rapport [cliquez ici pour le consulter]. Ce document est issu d’un groupe de travail présidé par Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6, et par Jean-Marie Delarue, acine contrôleur général des lieux de privation de liberté. Renforcer le pilotage Face à un besoin de “pilotage plus fort au niveau national” et avec une direction de l’administration pénitentiaire qui “ne peut agir seule”, le rapport invite à repenser la gouvernance actuelle du travail pénitentiaire en deux temps. Tout d’abord, en créant à titre transitoire une task force au niveau national pour impulser une “dynamique nouvelle”, une structure “en mode projet pour mettre en place un dispositif de pilotage du travail pénitentiaire et de la formation professionnelle”. Celle-ci devrait notamment s’efforcer de fixer une stratégie nationale de développement avec des priorités “spécifiques et volontaristes”, telles que la systématisation de la dimension qualifiante d’un emploi occupé en détention ou encore le développement du numérique comme métier et comme outil de travail. Cette task force devra aussi “construire et outiller” une “véritable” offre de services vis-à-vis des entreprises concessionnaires du travail en détention “à décliner en directions interrégionales”. Agence nationale Dans un second temps, cette task force aurait vocation à aboutir à la création d’une Agence nationale dédiée, dénommée “Agence nationale pour la réinsertion des personnes placées sous-main de justice par le travail et la formation professionnelle”. “Il s’agirait de créer une administration légère, spécialisée, dans le but de répondre au besoin de consolider et de coordonner la déclinaison territoriale de la stratégie de développement du travail pénitentiaire”, précise le rapport. Les auteurs du rapport préconisent que cette agence dispose du statut d’établissement public et soit sous la cotutelle du ministère de la Justice et du ministère du Travail. “Ce statut a l’avantage de permettre à l’agence de définir de manière autonome une stratégie de développement du travail pénitentiaire dans une logique d’objectifs chiffrés et de performance et de recruter les compétences nécessaires à ses activités de production, de commercialisation et d’accompagnement à l’insertion professionnelle”, ajoute le rapport. Il est par ailleurs “essentiel” que son conseil d’administration soit ouvert à des représentants de l’État (ministères du Travail, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de l’Économie, du Numérique), à des représentants d’établissements publics (Agence nationale pour la formation des adultes, Pôle emploi), à des collectivités territoriales, à des parlementaires, à des prestataires de l’orientation et de la formation professionnelle (organismes de formation) et “surtout” aux acteurs économique (Medef, CGPME, chambres de commerces et d’industrie…). Formation des agents L’organisation de cette agence devrait ensuite être déclinée en un service central et des services déconcentrés, chargés notamment d’appuyer les directions interrégionales des services pénitentiaires dans l’exécution de leurs missions mais aussi de “fournir un service direct” aux établissements pénitentiaires. Selon le rapport, l’Agence devrait aussi avoir dans son périmètre la formation continue des agents de l’administration pénitentiaire “dans un souci de professionnalisation de la filière travail et insertion professionnelle” au sein de la direction de l’administration pénitentiaire. Objectifs : la formation particulière des directeurs des services pénitentiaires, des responsables locaux du travail et des surveillants d’atelier.  Travail en prison : de quoi parle-t-on ? Le travail en prison revêt plusieurs formes, explique le rapport : le “service général” pour les détenus employés directement à l’entretien des locaux et au fonctionnement courant de la prison (9 800 personnes en moyenne chaque mois pour une rémunération mensuelle nette moyenne de 254 euros) ; le “travail en ateliers”, où les prisonniers occupent des activités productives marchandes (manufacture, production industrielle) pour des concessionnaires privés (7 000 détenus par mois pour une rémunération moyenne de 408 euros mensuels) et le “service de l’emploi pénitentiaire” (SEP), où les détenus réalisent également des activités marchandes, cette fois-ci pour la régie industrielle des établissements pénitentiaires (1 150 détenus en moyenne par mois pour une rémunération mensuelle moyenne de 532 euros). Les travaux de cette dernière (textiles, menuiserie, imprimerie) sont directement commandés et gérés par l’administration pénitentiaire.


NOMINATIONS

Les J.O. de 2024 ont leur coordinateur national pour la sécurité

Alors que la France se prépare à accueillir les jeux Olympiques et Paralympiques en 2024 et que plusieurs nominations dans ce sens ont eu lieu au cours des derniers mois, un arrêté du ministre de l’Intérieur publié ce 20 avril nomme Pierre Lieutaud en tant que coordinateur national pour la sécurité des jeux Olympiques et Paralympiques 2024. Ce préfet de 58 ans est donc maintenant à la tête de la coordination du dispositif de sécurité qui sera mis en place lors de la tenue des J.O. en France. Un enjeu de taille pour le pays, frappé plusieurs fois au cours des dernières années par des actes terroristes. Ancien élève de l’ESM Saint-Cyr, Pierre Lieutaud était jusque-là coordinateur ministériel “Jeux Olympiques et Paralympiques 2024”, et “Exposition universelle 2025” au ministère de l’Intérieur depuis 2016. Il avait, avant cela, notamment été secrétaire général de la coordination nationale du renseignement à la présidence de la République de 2008 à 2014, avant d’enchaîner avec les fonctions de coordonnateur national délégué de la task force “Ebola” en 2015. Plus tôt dans sa carrière, cet ancien officier de l’armée active (1982-1996) avait en outre occupé à plusieurs reprises des postes en préfectorale, notamment celui de directeur du cabinet du préfet de la Guadeloupe (Jean Fédini puis Jean-François Carenco) entre 1998 et 2000. Par ailleurs, Pierre Lieutaud a été chef de cabinet du préfet de police de Paris Jean-Paul-Proust entre 2002 et 2004, puis sous-directeur de la recherche à la direction centrale des renseignements généraux du ministère de l’Intérieur jusqu’en 2006, ainsi que conseiller pour l’intérieur à la direction générale de la gendarmerie nationale, au ministère de la Défense, entre 2006 et 2008.

20/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle mission pour un ancien conseiller de Manuel Valls

Ancien conseiller pour les affaires intérieures de Manuel Valls lorsque celui-ci était Premier ministre, entre 2014 et 2016, le préfet Renaud Vedel a été nommé, au ministère de l’Intérieur, coordonnateur ministériel en matière d’intelligence artificielle. Diplômé, entre autres, de Sciences Po Paris et de l’Institut des hautes études de sciences et de technologies, cet énarque (Promotion, Cyrano de Bergerac, 1999) âgé de 46 ans avait débuté en 1999 comme directeur du cabinet du préfet du Vaucluse (Pierre Mongin), avant de devenir, de 2001 à 2002, secrétaire général de la préfecture de l’Ariège. Il a ensuite travaillé au cabinet de Michel Gaudin, directeur général de la police nationale. Chef du cabinet, de 2002 à 2004, puis chargé de mission (2004-2005), il est ensuite devenu directeur adjoint de son cabinet et a gardé le même poste auprès de son successeur, Frédéric Pechenard, entre 2005 et 2007. Renaud Vedel a ensuite rejoint Michel Gaudin, alors préfet de police de Paris, pour être à nouveau son directeur adjoint de cabinet, de 2007 à 2012. C’est à cette date qu’il est entré au cabinet de Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, en tant que directeur adjoint de cabinet, jusqu’en 2014. La même année, il l’a suivi à Matignon comme conseiller, avant de prendre, en 2017, une année sabbatique.

20/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Le préfet de police de Paris a un nouveau chef de cabinet

Michel Delpuech, préfet de police de Paris, change de chef de cabinet. Le sous-préfet Yann Drouet, en poste depuis 2016, est ainsi remplacé par Jérôme Guerreau. Sous-préfet hors classe de 40 ans, ce dernier était jusqu’ici chef de la mission chargée de la politique de mobilité et de débouchés de la direction de la modernisation et de l’action territoriale, au ministère de l’Intérieur. Titulaire d’une maîtrise d’histoire, diplômé de Sciences Po Lyon et de l’IRA de Metz, Jérôme Guerreau a été, dans les débuts de sa carrière, chargé de mission à la préfecture de Seine-et-Marne (2002-2005), avant de prendre un poste de chef de bureau à la sous-préfecture de Torcy, dans ce même département (2005-2008). Il avait ensuite rejoint la direction de la modernisation et de l’action territoriale, place Beauvau, comme chef de section d’un bureau (2008-2010), puis adjoint au chef du bureau des élus locaux, du recrutement, de la formation des personnels territoriaux à la direction générale des collectivités locales (2010-2012). De 2012 à 2014, Jérôme Guerreau a dirigé le cabinet des préfets de la Haute-Corse, Louis Le Franc puis Alain Rousseau, avant d’être chargé de mission auprès des préfets de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfets des Bouches-du-Rhône, Michel Cadot puis Stéphane Bouillon (2014-2016).

18/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Le général de brigade Marc de Fritsch part dans le privé

Chef de la division "Coopération bilatérale Sud" de l'état-major des armées depuis 2016, le général de brigade Marc de Fritsch est devenu, au début du mois d’avril, le nouveau directeur général de l’entreprise MASA Group, comme l’a annoncé sur son site internet l’entreprise spécialisée dans les marchés de la défense et de sécurité civile. Pour rappel, le groupe MASA Group propose des logiciels pour la modélisation et la simulation à base d’intelligence artificielle utilisés dans les marchés de la défense et de sécurité civile. À 52 ans, Marc de Fritsch a notamment travaillé, de 2013 à 2016, au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), comme conseiller adjoint puis conseiller pour le secrétariat des conseils de défense et de sécurité nationale. De 2011 à 2013, il a aussi été sous-directeur "politique et prospective de défense" à la délégation aux affaires stratégiques du ministère de la Défense. Ancien élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, diplômé de l’Essec, ce général de brigade qui a fait toute sa carrière dans l’armée, a aussi, et entre autres, été officier à l'état-major des armées, chargé du suivi de la gestion des crédits de l'armée de terre, de 2006 à 2008, ainsi que chef de corps du 4ème régiment d'hélicoptères des Forces spéciales à Pau sur la période 2008-2010.

18/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Un ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy part diriger la sécurité du PSG

Le club de football du Paris-Saint-Germain (PSG) s’offre les services d’un préfet de la direction générale de la police nationale, en remplacement de Jean-Philippe d’Hallivillée, parti en octobre dernier. Chef de l’unité de coordination des grands événements, depuis 2012, place Beauvau, Michel Besnard, qui a aussi piloté la sécurité de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était président de la République, devient ainsi le nouveau directeur de la sécurité du club de football parisien. Michel Besnard, 53 ans, a débuté sa carrière comme inspecteur de police stagiaire au commissariat central d’Évry, de 1987 à 1992. Affecté ensuite au service des voyages officiels et de la sécurité des hautes personnalités au ministère de l’Intérieur (1992-1994), il a rejoint le groupe de sécurité pour les Premiers ministres Édouard Balladur, de 1994 à 1995, et Lionel Jospin, de 1997 à 2002. À partir de cette date, il a assuré la sécurité de Nicolas Sarkozy. Il a en effet été chef du groupe de sécurité lorsque celui-ci était ministre de l’Intérieur (2002-2004), ministre des Finances (2004), président de l’UMP (2004-2005), puis à nouveau ministre de l’Intérieur (2005-2007). En 2007, Nicolas Sarkozy est entré à l’Élysée et Michel Besnard a alors pris la direction du groupe de sécurité du président de la République (2007-2012).

13/04/2018 | NOMINATION FRANCE

La députée Yaël Braun-Pivet à la tête d’une délégation parlementaire

En remplacement du président de la commission des lois du Sénat, Philippe Bas, la députée LREM des Yvelines et présidente de la commission des lois au Palais-Bourbon, Yaël Braun-Pivet, a pris, jeudi 12 avril, la présidence de la délégation parlementaire au renseignement (DPR) pour un an. Créée en 2007 et composée de 4 députés et de 4 sénateurs, cette délégation commune à l’Assemblée nationale et au Sénat a pour mission de suivre l’activité générale et les moyens des services de renseignement. Si ses travaux sont couverts par le secret de la défense nationale, la délégation établit chaque année un rapport public sur le bilan de ses activités. Elle adresse également ses recommandations et observations au président de la République et au Premier ministre. Sa présidence, quant à elle, est assurée alternativement par les présidents des commissions des lois des deux chambres du Parlement. Dans un communiqué, la députée des Yvelines déclare souhaiter que cette délégation “puisse continuer à se renforcer, tout en se modernisant. Beaucoup de sujets liés au renseignement font parfois polémique. Par le travail approfondi et objectif qu’elle mène, la DPR peut être porteuse d’un éclairage informé dans le débat public sur ces différents sujets”. À noter que Christian Cambon (LR), président de la commission des affaires étrangères du Sénat, est devenu premier vice-président, et Jean-Jacques Bridey (LREM), président de la commission de la défense nationale de l’Assemblée nationale, deuxième vice-président. Yaëlle Braun-Pivet, 47 ans, est entrée à l’Assemblée nationale en 2017. Elle a pris, la même année, le poste stratégique de présidente de la commission des lois de la Chambre basse. Diplômée d’un master 2 de droit des affaires de l’université de Toulouse, elle devient avocate au barreau de Paris après l’obtention du Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa) de 1996 à 1999. Elle rejoint ensuite le barreau des Hauts-de-Seine jusqu’en 2003, date à laquelle elle part pour l’étranger. De 2014 à 2017, elle intègre les Restos du cœur, d’abord comme responsable des consultations gratuites d’aide juridique pour les Yvelines, puis au niveau national, avant de devenir chargée du projet d’ouverture de l’association de Sartrouville, dans le département dont elle est députée aujourd’hui, et responsable nationale “Accès à la justice”.

13/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Jean-Claude Servan-Schreiber est décédé

L’ancien résistant, député gaulliste et homme de presse Jean-Claude Servan-Schreiber est décédé mercredi 11 avril, le jour de son centième anniversaire. Ce résistant a combattu pour la libération de la France lors de la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment fait partie du 4e régiment de cuirassiers en Flandres, en Belgique et à Dunkerque. En 1941, il reçoit la décoration militaire pour ses faits d’armes et, dans le même temps, son avis d’exclusion de l’armée parce qu’il est juif. Il s’engage alors dans le réseau de Résistance Liberté. Interné en camp de concentration, il parvient à s’échapper et participe au débarquement de Provence en août 1944. Il a également lancé le magazine L’Express en 1953, a pris la tête des Échos en 1958 et créé, en 1968, à la demande du gouvernement, la Régie française de publicité, introduisant la publicité à la télévision. En 1965, Jean-Claude Servan-Schreiber est élu député de la 11e circonscription de Paris. En 1968, il est défait dans la Nièvre par François Mitterrand puis, en 1973, par Émile Jourdan dans le Gard. Dans un communiqué, l’Élysée lui rend hommage : “Homme loyal, ardent, discret, Jean-Claude Servan-Schreiber aura mis sa vie au service des idéaux dont il était pétri.” La secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, a elle aussi réagi à l’annonce de son décès : “« Tête haute », c’est bien un héros français de la Seconde Guerre mondiale qui nous a quittés. Un héros auquel la Nation rend son hommage.”

13/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle directrice de cabinet pour le préfet de la Marne

Le poste de directeur de cabinet de Denis Conus, préfet de la Marne, vacant depuis la nomination fin mars d’Anthmane Aboubacar à la préfecture de Paris [lire notre article sur le sujet], a été confié à Blandine Georjon, jusqu’ici sous-préfète de Pithiviers, dans le Loiret. Cheffe du bureau du contentieux et des étrangers à la direction des libertés publiques et des affaires juridiques, au secrétariat général du ministère de l’Intérieur de 2012 à 2016, date à laquelle elle a été détachée en qualité de sous-préfète, sous-préfète de Pithiviers, Blandine Georjon, conseillère d’administration de l’intérieur et de l’outre-mer, a aussi été directrice de la cohésion sociale à la préfecture de Seine-Saint-Denis en 2009-2010 et directrice départementale adjointe de la cohésion sociale de Seine-Saint-Denis de 2010 à 2012. Passée par Sciences Po Strasbourg et l’IRA de Lyon, Blandine Georjon a d’abord été adjointe au chef du bureau de l’action économique et de l’emploi à la préfecture d’Eure-et-Loir (1995-1999), puis adjointe au chef du bureau de l’administration territoriale à la préfecture d’Eure-et-Loir (2000-2001). En 2001, elle est promue cheffe du bureau de l’administration territoriale à la préfecture d’Eure-et-Loir, jusqu’en 2003. La sous-préfète a ensuite été cheffe du bureau de l’état-civil et des étrangers à la préfecture d’Eure-et-Loir (2003-2006) et de celui de la communication interministérielle et des relations publiques à la préfecture des Yvelines jusqu’en 2009.  

11/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Un groupe d’études sur l’industrie de la défense a été constitué à l’Assemblée nationale

À l’Assemblée nationale, un groupe d’études sur “l’industrie de la défense” est coprésidé par les députés La République en marche des Yvelines Didier Baichère et LR de l’Ain Damien Abad. Composé de 34 députés, ce groupe a vocation à se concentrer sur deux axes particuliers. Selon son coprésident Didier Baichère, qui se confie à Acteurs publics, il se penchera notamment sur les petites et moyennes entreprises (PME) du secteur de la défense, “innovantes”. Le second axe est de se concentrer sur “l’économie de la défense sur le territoire”, explique le député, et notamment de “savoir où sont positionnées les industries et les sociétés”, en particulier dans le cadre du programme Scorpion, piloté par la direction générale de l’armement (DGA), visant à la modernisation des groupements tactiques interarmes (GTIA). Le groupe d’études se réunira trimestriellement, avec un thème pour chaque séance.  Didier Baichère, 47 ans, est député des Yvelines depuis 2017, membre de la commission de la défense à l’Assemblée nationale. Diplômé d’un master 2 en psychologie du travail à l’université René-Descartes Paris-V, il a été directeur des ressources humaines de plusieurs groupes au cours de sa carrière, chez Alcatel-Lucent (2008-2012), chez DCNS Group (2014-2015) et chez Akka Technologies (2015-2017), jusqu’à devenir député en 2017. Cet élu a été, sur le projet de loi de finances 2018, porte-parole LREM du budget de la discussion budgétaire “Défense” et est référent du volet BITD (base industrielle et technologique de défense) dans le cadre de l’examen de la loi de programmation militaire. Damien Abad, 38 ans, est député de l’Ain depuis 2012 et également membre de la commission de la défense. Conseiller du département depuis 2015, il a été centriste à ses débuts. Chargé d’études sur les questions budgétaires et fiscales auprès du groupe UDF, puis du Nouveau Centre à l’Assemblée nationale de 2006 à 2009, il a fondé le mouvement des Jeunes Centristes en 2008. Diplômé de Sciences Po Paris, il a également été député européen de 2009 à 2012. 

10/04/2018 | NOMINATION FRANCE



Un groupe d’études sur la cybersécurité constitué à l’Assemblée nationale

À l’Assemblée nationale, un groupe d’études “Cybersécurité et souveraineté numérique” a tenu sa réunion constitutive le 4 avril. Il est coprésidé par le député LREM d’Ille-et-Vilaine et premier questeur Florian Bachelier et par la députée UDI, Agir et Indépendants d’Eure-et-Loir Laure de La Raudière. Une première réunion qui s’est fait attendre pour son coprésident Florian Bachelier, le groupe d’études ayant démarré ses travaux de manière informelle depuis le mois de juillet dernier. Expliquant à Acteurs publics que “le numérique est une forme d’organisation sociale” plus qu’un secteur d’activité, le député d’Ille-et-Vilaine entend investir tant le champ économique que ceux de la défense, de l’énergie, des médias, des données personnelles ou encore de la santé. Plusieurs axes de réflexion sont ainsi à l’étude, notamment la prise de conscience par l’ensemble du corps social que “ce sujet n’est pas seulement techno mais touche l’organisation sociale”, et la sensibilisation du législateur sur ces enjeux. Il souhaite en outre se pencher sur la sanction des auteurs d’attaques, mais aussi de ceux qui ne font pas “ce qu’il faut”, selon ses mots, pour garantir la protection des données qui leurs sont confiées. Le groupe a en outre vocation à travailler sur l’assurance du risque de cyberattaques. C’est également pour le député, une “opportunité gigantesque de création d’emplois”, avançant que la cybersécurité apporterait “3 millions d’emploi d’ici 2021 en plus”. “Cela signifie qu’il faut être en capacité de mobiliser des filières de formation rapidement”, autre point de réflexion avancé par le député. Florian Bachelier, 39 ans, est député d’Ille-et-Vilaine depuis 2017 et a été élu dans la foulée premier questeur de l’Assemblée nationale. Un poste stratégique, puisqu’il est en charge du budget et des dépenses de fonctionnement. Il était, avant son mandat, avocat d’affaires au barreau de Rennes depuis 2005, après des études de droits à l’université de Rennes-I. Spécialisé notamment sur les questions liées aux entrepreneurs du numérique et des biotechnologies, il a fondé et est devenu associé du cabinet Avoxa en 2007 et en a pris la présidence en 2011. Florian Bachelier a été, au cours des années 2000, militant au Parti socialiste dans le département dont il est élu LREM aujourd’hui. Il est membre depuis 2017 de la mission d’information de la commission de la défense sur la cyberdéfense. Laure de La Raudière, 53 ans, est députée d’Eure-et-Loir depuis 2007. Ingénieure en chef des télécommunications honoraire, elle a notamment travaillé chez France Télécom, où elle a occupé plusieurs postes de direction entre 1989 et 2001, notamment celui de directrice départementale d’Eure-et-Loir à partir de 1997. Conseillère municipale de Saint-Denis-des-Puits (Eure-et-Loir) depuis 2001, elle en a été la maire UMP puis LR de 2012 à 2017. Depuis février, Laure de La Raudière est également corapporteure, avec Jean-Michel Mis (LREM), de la mission d’information commune sur les blockchains.

06/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau sous-directeur de la fonction militaire nommé au ministère des Armées

En remplacement de Gilbert Ansberque, ayant fait valoir ses droits à la retraite, un nouveau sous-directeur de la fonction militaire a pris ses fonctions au sein du service des statuts et de la réglementation des ressources humaines militaires et civiles du ministère des Armées. Alexis Willer, chef du bureau “Personnel, moral, formation” à l’état-major des armées depuis 2016, a rejoint la direction des ressources humaines du ministère dimanche 1er avril. Diplômé de l’institut d’études politiques de Paris, titulaire d’une maîtrise de lettres et d’un DESS de stratégie, ce commissaire en chef de 1re classe des armées de 53 ans a intégré l’École du commissariat de la Marine à Toulon en 1989, après trois ans de service comme attaché d’administration centrale au ministère de la Défense (DGA/DCN). Alexis Willer effectue une première partie de carrière comme commissaire de bâtiment, à bord de l’aviso-escorteur Protet (1991-1992) et de la frégate La Fayette (1992-1995), avant d’être nommé chef de cabinet du commandant à bord du porte-hélicoptères Jeanne d’Arc (1995-1997). À partir de 1997, il devient chef de cabinet du directeur central du commissariat de la Marine et adjoint au sous-directeur “personnel”, puis est chargé, de 2001 à 2002, des relations internationales au sein de l’état-major de l’amiral commandant les forces maritimes en océan Indien, embarqué à bord du bâtiment de commandement et de ravitaillement Var. Alexis Willer exerce ensuite successivement les fonctions d’attaché naval à l’ambassade de France à Moscou, en Russie (2003-2006), de chargé de mission au bureau “Organisation-audit-gestion” de la direction centrale du commissariat de la Marine (2006-2007), puis d’attaché de défense à l’ambassade de France à Kiev, en Ukraine (2007-2010). Affecté en septembre 2010 à l'état-major des armées, il y occupe les fonctions de chef de section “Balkans-Turquie” puis “CEI-Géorgie” au sein du bureau “Bilatéral Nord” de la division des organisations internationales. Il est en outre, de 2013 à 2016, chef du bureau de la coopération militaire bilatérale pour l’hémisphère Nord à l’état-major des armées.

04/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Anthmane Aboubacar rejoint Paris

Directeur de cabinet du préfet de la Marne, Denis Conus, depuis 2016, le sous-préfet Anthmane Aboubacar a été nommé directeur de cabinet de Julien Marion, directeur de la police générale à la préfecture de police de Paris. Il succède ainsi à Baptiste Rolland, en poste depuis 2015, et devenu chargé de mission pour l'insertion des réfugiés au cabinet du préfet de la région d'Ile-de-France. Diplômé de droit et sciences politiques des universités de la Réunion et de Montesquieu-Bordeaux IV, Anthmane Aboubacar a été lauréat du concours externe direct d'attaché de préfecture. Chef de cabinet du préfet de la région Réunion de 2006 à 2008, il part ensuite pour le Conseil général de l’île pour prendre les fonctions de directeur adjoint de cabinet et, parallèlement, directeur de cabinet par intérim entre 2008 et 2009. À cette date, il rejoint Paris et devient adjoint du conseiller juridique au cabinet du directeur général de la police nationale, au ministère de l'Intérieur (2009-2012). Anthmane Aboubacar a ensuite été l’adjoint du chef du bureau de l'organisation et des missions de l'administration territoriale à la direction de la modernisation et de l'action territoriale (DMAT), toujours Place Beauvau (2012-2013).

30/03/2018 | NOMINATION FRANCE

Yves Dareau part en outre-mer

Après un an et demi passé en Isère, en tant que sous-préfet chargé de mission auprès du préfet de département Lionel Beffre, Yves Dareau, directeur départemental de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF) de 2e classe, détaché en qualité de sous-préfet, vient d'être nommé sous-préfet de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. Il succède ainsi à Claude Vo-Dinh, en fonction depuis 2015, et devenu récemment secrétaire général de la préfecture de l'Aude [lire notre article sur le sujet]. Agé de 54 ans, le nouveau sous-préfet a effectué une bonne partie de sa carrière au sein de plusieurs DDCCRF, entre 1986 et 2009. Cela, d'abord en tant que contrôleur de la répression des fraudes dans le Val d'Oise puis les Côtes-d'Armor, de 1986 à 1994, ensuite comme inspecteur de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes dans la Manche, l'Ille-et-Vilaine, et à nouveau les Côtes-d'Armor, sur la période 1995-2006, et enfin aux postes d’adjoint aux directeurs départementaux de l'Oise et des Côtes-d'Armor, jusqu'en 2009. Toujours dans les Côtes-d'Armor, il a ensuite été chef du service de la protection économique du consommateur et de la régulation économique à la direction départementale de la protection des populations (2010-2011), puis directeur adjoint de la cohésion sociale, du travail, de l'emploi et de la population de Saint-Pierre-et-Miquelon jusqu'en 2014. De retour en Métropole à cette dernière date, Yves Dareau avait alors rejoint la Corse-du-Sud pendant deux ans en tant directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations, avant d'être nommé, en juillet 2016, sous-préfet chargé de mission auprès du préfet de l'Isère.

30/03/2018 | NOMINATION FRANCE