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Le Parlement européen approuve l’accord commercial UE-Canada

15 févr. 2017, PAR Acteurs Publics
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Manifestation contre l'accord UE-Canada (CETA), mercredi 15 février 2016, devant le Parlement européen à Strasbourg - Jean-Francois Badias/AP/SIPA

Malgré de vives contestations, le Parlement européen s’est prononcé, mercredi 15 février, en faveur du Ceta, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada.


C’est presque l’épilogue du tumultueux dossier de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta). Réunis en session plénière à Strasbourg, mercredi 15 février, les eurodéputés ont été 408 à se prononcer en faveur du texte, 254 à voter contre et 33 à s’abstenir.

Avec ce vote favorable, une grande partie du texte devrait très prochainement être appliquée de manière provisoire, le temps qu’il soit ratifié par l’ensemble des Parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne, ce qui prendra des années.

Les adversaires du Ceta le jugent antidémocratique, trop favorable aux multinationales, léger sur l’environnement ou encore dangereux pour l’agriculture européenne. Environ 700 opposants – selon la police – ont manifesté dans Strasbourg jusqu’au Parlement européen. Plusieurs dizaines d’autres ont bloqué l’entrée du bâtiment dès le matin.

Justin Trudeau à Strasbourg jeudi 16 février

“En ces temps d’incertitude, avec un protectionnisme croissant à travers le monde, le Ceta souligne notre ferme engagement en faveur d’un commerce durable”, leur a répondu la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, à l’issue du vote. “Rien dans cet accord” n’affectera “la sûreté de la nourriture que nous mangeons ou des produits que nous achetons” ni n’entraînera “la privatisation” des services publics, avait-elle assuré un peu plus tôt aux eurodéputés, au cours d’un débat de trois heures, parfois houleux.

Le Premier ministre libéral canadien, Justin Trudeau, doit, lui, s’exprimer dans l’hémicycle jeudi 16 février pour souligner “le caractère singulièrement progressiste de l’accord”, un “exemple pour les futurs accords commerciaux”, selon son cabinet. “Les échanges intenses sur le Ceta (…) témoignent du caractère démocratique de la prise de décision en Europe”, a pour sa part insisté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Coopération en matière sociale, sanitaire et environnementale

Le texte, dénommé Accord économique et commercial global (AECG, en anglais Ceta), supprimera 99 % des droits de douane. Mais il prône également la coopération en matière sociale, sanitaire et environnementale.

L’accord était soutenu par les eurodéputés de droite, ainsi que par les libéraux et la plupart des socialistes. Le Parlement de la région belge de Wallonie s’en était vivement inquiété en octobre 2016, entraînant une minicrise diplomatique avec le Canada. Au final, la signature formelle du traité par Bruxelles et Ottawa avait été retardée de quelques jours.

(avec AFP)