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L’Allemagne priée par le FMI de dépenser plus

16 mai 2017, PAR Acteurs Publics
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La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances. - © Jose Luis Magana/AP/SIPA

Les marges budgétaires dont dispose l’Allemagne “devraient être utilisées pour des initiatives renforçant le potentiel de croissance”, préconise le Fonds monétaire international dans un rapport qui critique une nouvelle fois les excédents outre-Rhin.


Le Fonds monétaire international (FMI) s’en est de nouveau pris, lundi 15 mai, aux excédents allemands, jugés trop élevés, enjoignant le pays à baisser les impôts et à investir pour stimuler à la fois sa demande intérieure et les économies de ses partenaires commerciaux.

Les marges budgétaires dont dispose l’Allemagne “devraient être utilisées pour des initiatives renforçant le potentiel de croissance, comme des investissements dans les infrastructures physiques et numériques, l’aide à l’enfance, l’intégration des réfugiés et l’allègement du poids fiscal sur le travail”, a énuméré le Fonds monétaire international dans son rapport régulier sur l’économie allemande (Chapitre IV).

Le FMI suggère aussi une politique incitant les Allemands à travailler plus longtemps, ce qui pourrait encourager la population vieillissante à consommer plus au lieu d’épargner pour la retraite. 

Possibles baisses d’impôts après les élections

L’Allemagne a engrangé un excédent record de son budget l’an passé, de près de 24 milliards d’euros, ce qui correspond à un excédent de 0,8 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que la plupart de ses voisins européens, dont la France, se débattent avec des déficits.

Le grand argentier allemand, Wolfgang Schäuble, adepte de l’orthodoxie budgétaire, avait certes évoqué de possibles baisses d’impôts, mais seulement après les élections générales prévues à l’automne et si le parti conservateur d’Angela Merkel l’emporte de nouveau.

Dans son rapport, le FMI préconise aussi “une hausse continue des salaires et de l’inflation” dans le pays “pour augmenter l’inflation dans la zone euro et faciliter la normalisation de la politique monétaire”.

Critiques récurrentes

Le FMI a réitéré aussi ses critiques contre l’excédent des comptes courants allemands (solde des échanges commerciaux et financiers). En 2016, ce surplus “était le plus élevé au monde en dollars” et représentait plus de 8 % du PIB allemand, a-t-il rappelé.

L’Allemagne est la cible de critiques récurrentes des institutions internationales ou de ses partenaires commerciaux tels que les États-Unis et la France, qui l’accusent de ne pas suffisamment importer et investir afin de faire profiter par ricochet d’autres économies de son succès.

(avec AFP)